Dernière faveur

 

Bonjour tout le monde, me revoilà avec une histoire mais avec mes propres personnages.

Au début c'était une fanfiction sur Twilight (elle est sur le site) mais elle a été beaucoup retravaillée pour donner cette dernière version qui n'a plus rien avoir avec la première version.

Je l'avais refaite pour le concours HARLEQUIN français (sur le site WeLoveWords), et vu que je n'ai pas gagné

je la publie moi même.

N'hésitez pas à me donner votre avis, toute critique constructive est bonne à prendre.

 

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Bonne Lecture

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DERNIERE FAVEUR

 

Je m'appelle Maxence, 21 ans, en troisième année fac de droit. Aux yeux de tous, je ne suis qu'une gêne dans leur monde parfaitement superficiel ; le petit intello de service, transparent, pas au sens propre bien sûr mais au sens figuré. J’ai un physique passe partout, comme mes vêtements. Je ne suis pas vraiment musclé, j'ai des cheveux châtains clair tirant sur le blond délavé, toujours bien coiffé, un nez droit, la seule chose que je pourrais avoir pour moi sont la couleur de mes yeux : bleu, cachés par des lunettes.

Mais vu que de toute façon personne ne sait que j’existe il n’y a pas de quoi en parler pendant des heures. Au lycée j'étais déjà comme ça et à la fac où j'aurai pu espérer du changement, et bien, il n'en est rien. On aurait pu se dire que les gens avaient pris en maturité mais malheureusement pour moi, ma vie est restée la même.

De toute façon, l’apparence physique m’importe peu dans ce monde où l'aspect extérieur est tellement important

Si jamais ma sœur Naomi m’entendait dire ça, elle pousserait les hauts cris. J’adore ma sœur, surtout quand elle avait dix ans ; maintenant à vingt et un ans on se déteste. Ses hormones l’ont trop travaillée et elle est devenue ce que tout le monde aime. Nous n'avons plus grand chose en commun, quelque part cela m'attriste mais j'ai appris à faire avec.

On ne peut pas parler de ma sœur sans parler de sa meilleure amie. C'est la fameuse Ashley. Miss popularité par excellence. Jolie brune, sportive, elle a gagné de nombreuses courses en athlétisme et en plus elle n’est pas idiote. Personne n’est indifférent à son charme.

 

Quant à moi, plus je suis loin d’elle mieux je me porte.

 

Il est vrai qu’avec sa description on pourrait la considérer comme un ange… Un ange déchu. Elle et sa bande de copines aiment faire des coups tordus aux personnes comme moi. Et le pire dans tout ça c’est qu’elles ne se font jamais prendre.

Devrais je être attristé par ce qui lui arrive ? Elle a fait de ma vie un enfer alors non je ne le suis pas. On récolte ce que l’on sème. Mais… Il y a toujours un mais ; comme je l’ai dis plus tôt personne n’est indifférent à son charme et moi pauvre humain que je suis, ne déroge pas à la règle.

Cette fille est envoûtante mais je la déteste vraiment, elle et ses regards supérieurs, ses manies de petite diva, ses manières d'allumeuse et sa façon de rire de moi avec ses copines. Aucun homme n’est pas assez bien pour elle. J’ai malheureusement entendu ma sœur chérie en discuter au téléphone avec elle.

Pauvre petite fille gâtée par la vie. Qu’est-ce que ça peut me faire qu’elle se retrouve sur un lit d’hôpital ?

 

Je m’assoie à une table de la cafétéria pour déjeuner tranquillement et pour améliorer ma journée ma sœur et sa bande de crétin ne sont pas loin.

 

- Vous avez appris la nouvelle pour Ashley ? raconte une fille

 

Bien sûr, ils discutent ensemble et ne prêtent aucune attention à moi.

 

- Vous êtes allés voir Ashley , demande l'un d'eux dont je n'ai pas pris la peine de retenir le nom.

- Oui, lui répond une fille ; elle sortait de ses rayons et dormait.

 

Miss parfaite à l'extérieur serait elle pourrie à l’intérieur ? D'après ce que je comprends, elle a un cancer. J’irais bien la voir, simplement pour voir son état lamentable et lui montrer que pour une fois je suis supérieur à elle ; que personne n’est à l’abri d’être en position inférieure.

On récolte ce que l’on sème, Ashley Roussel. Tu as pourri ma vie, c’est bien fait pour toi. C'est peut être cruel d'avoir ce genre de pensés, je l'avoue, mais ma rancœur est trop présente pour que je reste sans rien faire.

 

Je me demande ce qu’elle peut avoir comme cancer. Elle paraissait en bonne santé, c’est vrai que cette année, elle n’a pas brillé par ses résultats sportifs. En fouillant dans ma mémoire, je me rends compte qu’elle était souvent absente, parce qu’en plus on a quasiment les même options. .

A parler ainsi d' Ashley, on pourrait croire que je suis amoureux d‘elle. Pourtant je rêve de lui tordre le cou quand elle me regarde de travers comme si j’étais un déchet. On va pouvoir inverser les rôles.

 

Je me dirige pour prendre le bus et je surprends - encore - une conversation.

 

- Qui va voir Ashley ?

- Pas moi, grimace une fille du groupe, les hôpitaux me font peur !

- Et puis ça servirait à quoi ? De toute façon elle passe son temps à dormir.

 

Comment peut on avoir ce genre de discours pensais-je ?

 

- Tu as un problème, mon frère ? grimace Naomi.

 

Apparemment je ne suis pas bon pour camoufler mes émotions.

 

- Si je n'en avais qu’un, murmurai-je pour moi-même. Non, répondis je simplement avant de grimper dans le bus.

 

Je ne suis pas timide, je suis solitaire. Ce n’est pas pareil. Je préfère rester dans mon coin, je fuis les autres. Comment pourrais je être différent avec tous les tourments que j'ai subi ? J'ai suffisamment été déçu par les gens pour ne plus leur faire confiance

 

OoO

 

C’est le weekend suivant où je me décide à aller la voir. Je dois être masochiste, elle me manque !

Devant la porte j’hésite à entrer. Si cela ce trouve, elle n’est pas seule ? Mon idiote de sœur y est peut être ? Non, il y a un match de football, ils y sont tous. Bonjour l’amitié.

L’infirmière qui sort de la chambre me fait sursauter.

 

- Bonjour, vous pouvez entrer, Mademoiselle Roussel est éveillée, m' informe t-elle gentiment

- M… Merci.

 

J' entre dans la pièce, ayant préparé ce que j’allais lui dire : Ses quatre vérités. J’avance dignement dans la chambre à un seul lit. Mais ce que je vois me coupe toute parole. Elle est là, allongée, des tuyaux sortent de ses bras. Les bip des machines résonnent dans la pièce quasiment vide. Sa peau est très blanche, elle d’habitude si bronzée. Ses cheveux sont ternes. Je peux aussi voir qu’elle n’est pas épaisse, déjà qu’elle ne l’était pas avant. On peut croire qu’elle est à moitié morte. Cela fait bizarre de la voir si paisible, les yeux clos. Elle ouvre les yeux. L’étonnement est le premier sentiment que je peux y voir, elle esquisse un sourire.

 

- Maxence en personne devant moi, murmure t' elle d’une voix rocailleuse, dénuée de toute haine.

- Tu dois vraiment être dans un sale état pour être aussi aimable, dis je essayant d’être le plus désagréable possible.

 

Être méchant n'est pas dans ma nature.

Nous ne sommes dupes ni l'un ni l'autre du ton forcé de ma phrase.

 

- Que veux tu ? demande t’ elle doucement

- Juste voir si ce qui se raconte est vrai.

- L’attraction Ashley Roussel pour vous servir, grogne t' elle moitié amusée, moitié sarcastique.

 

Comment une chose aussi fragile peut être hargneuse ? Cette fille me dépasse complètement.

 

- Tu as vu, maintenant barre toi, crie t’ elle à présent complètement énervée.

 

Qu’est-ce que je suis venu faire ici ? Je suis vraiment un idiot. Je me dirige vers la sortie. La malade se met à tousser s’arrachant la gorge, je tourne les yeux vers elle et vois du sang sur ses mains.

Pourquoi ai je un cœur ?

Pourquoi suis-je aussi gentil ?

Pourquoi je suis retourné vers elle pour l’aider à boire un peu d’eau ?

Pourquoi ?

Parce que je ne suis pas comme elle.

Je me recule et me dirige vers la porte.

 

- Reste, demande t’ elle avec sa voix rocailleuse. S’il te plait, rajoute t’ elle doucement en baissant les yeux

 

C’est la première fois que j’entends de la bouche de la vipère ce ton si plaisant, agréable. Elle qui d' habitude n’est que méchanceté.

 

- Pourquoi ferais je ça ? demandai-je assez sèchement. Tu n'as jamais été sympa avec moi.

 

Cette fille à le don de me fait sortir de mes gonds.

 

- Parce que je vais mourir, m'explique t' elle sur le ton de la conversation.

 

Je me retourne brusquement vers elle, mes yeux doivent sortir de leurs orbites. Aurai-je mal entendu ? Ce n’est pas bénin comme le laisse croire ses amis ? C’est vrai qu’elle n’est pas au meilleur de sa forme.

 

- Ne me regarde pas comme ça, dit elle autoritaire.

- Tu es peut être mourante mais tu es toujours une personne arrogante.

 

Pour la première fois de ma vie je vois la grande Ashley Roussel triste.

Je soupire agacé, pas contre elle, mais contre moi.

 

- Alors, tu restes ?

- Pourquoi voudrais tu de ma compagnie ? Tu as besoin d’une distraction et ensuite tu vas t’empresser de tout raconter à tes stupides amis ?

 

Mon cerveau fait défiler les images de mes pires craintes. La voix d' Ashley me sort de mon cauchemar éveillé.

 

- Amis ? Lesquels ? Ceux qui ne viennent plus me voir ? Ceux qui s’amusent sans me donner de leurs nouvelles ? Ceux qui font comme si je n’existais pas sous prétexte que je ne suis plus en bonne santé ou la championne en athlétisme ?

- Pauvre chérie, grimaçai-je

 

Elle me fixe d' un regard désolé. C'est perturbant, il va me falloir un peu de temps pour m' habituer à la voir si douce.

 

- Je ne te t’en veux pas. C’est vrai, tu as de quoi être en colère contre moi, je n’ai pas été gentille avec toi.

- Non c’est vrai, dis je amer.

 

C'est le moins que l'on puisse dire mais je n'ai pas le courage de lui avouer mes pensées. Son regard m'oblige à me taire. Je prends des risques ; me laisser faire par elle n'est pas la meilleure option mais pour cette fois, je vais baisser ma garde. On verra si je le regretterai.

Elle ouvre la bouche mais je la coupe.

 

- Laisse moi deviner, tu avais une bonne raison ? Raillais je

-  Oui.

 

La bonne blague. Comme si on ne s'y attendait pas... Sarcasme quand tu nous tiens.

Je la vois réfléchir. Je commence à m‘impatienter.

 

- Je… Euh…

 

Elle regarde son corps si maigre qu'il déforme à peine le drap avant de reprendre la parole.

 

- Quand je suis arrivée au lycée, tout le monde était gentil avec moi et toi tu ne m'as pas vu, soyons honnête j'étais vexée. Tu étais, à mes yeux, parfait, différent des autres. Alors je t’ai détesté.

 

Sérieux ? Elle se moque de moi, ce n'est pas possible autrement.

 

- Un peu cliché, lâchai-je. La fille populaire amoureuse de l’intello.

 

Je suis convaincu qu'elle se moque de moi.

 

- Pourtant c’est vrai.

- Mais bien sur, dis je septique. C’est encore une de tes blagues avec ma sœur ?

 

Elle ne dit rien, le regard toujours baissé.

Je me détourne d'elle.

 

- Ce n'est pas une blague !

 

Après avoir haussé le ton, elle se met à tousser fortement. L'alerte du monitoring s'enclenche et deux infirmières et un médecin se précipitent en m'intimant l'ordre de sortir.

Même mourante, elle m’emmerde. J’espère ne pas l’avoir tuée. Après de longues minutes interminables, une infirmière finit par sortir :

 

- Mademoiselle Roussel va bien et maintenant elle dort ; il ne faut pas la déranger.

- C’est vrai qu’elle va mourir ?

- Oui, me confirme t' elle. Un ou deux mois maximum. Son cancer a évolué très rapidement se répandant sur tous les organes vitaux, les rayons n’ont rien fait et la chimio n'est pas envisageable, son cœur et son corps sont trop faibles, m’informe l’infirmière. Je crois qu’elle se laisse aussi mourir, dit elle

- Pourquoi ferait elle ça ?

 

Après tout elle a tout pour être heureuse. Je ne la comprends pas.

 

- Vous êtes son ami. Revenez demain et essayez de l'aider.

 

OoO

 

Cela fait maintenant une semaine. Ma sœur n’est pas allée la voir, ni ses autres amis. Comment peut on être aussi insensible ? Certes je ne suis pas retourné la voir le lendemain mais je ne suis pas son ami, j’ai une excuse. Par contre j’ai pensé à elle, beaucoup trop.

Je décide de prendre mon courage à deux mains et d'y retourner.

Je frappe à sa porte. Pas de réponse. J’entre quand même.

 

- Tu es revenu, constate t’ elle

- Tu as maigri.

- Les rayons, explique t’ elle d’une voix fatiguée. Mon corps n'aime pas trop.

 

Je m’assoie dans le fauteuil.

 

- Pourquoi te laisses tu mourir ?

- Parce que j’en ai marre.

 

Ses mots sont trop honnêtes. Comment a t' elle fait pour en arriver à ce point de non retour? Elle doit vraiment souffrir pour penser à cela à son âge.

 

- J’aurais voulu une autre vie.

- Plains toi.

- Malgré mes insultes tu continuais à vivre, heureux, comme si tout ce que je te faisais n'avait pas d'importance.

 

Moi ? Heureux ? Pas d'importance. C’est la meilleure. Cela me touchait sauf que je ne le montrais pas. J'arrivais à me vider la tête en rentrant à la maison avec des parents aimants et attentionnés ; ça fait surement beaucoup.

Veut elle me faire croire que sa vie n' a pas été facile, en dehors de son cancer ?

 

- Tu as la vie que beaucoup de personnes veulent, l’informai je

- Peut être mais moi je te voulais toi.

- Et juste à cause de moi, tu veux en finir avec la vie ? C'est très mélodramatique.

- Je pourrai me battre, mais pour combien de temps ? Un mois ? Deux mois ? Je n’en vois pas l’intérêt. Même si c’est pour me dénigrer, tu es là en face de moi, sourit elle gentiment avant de tousser.

 

Le bruit des machines branchées sur son corps frêle perturbe le silence qui s'est installé.

 

- Je peux te demander… Une faveur ? me demande t’ elle prudemment

- Une faveur ? C'est une blague ?

 

Je la fixe attendant sa réponse. Elle ferme les yeux.

 

- Apparemment, non, murmurais je.

- Qu’est-ce que tu fais ici ?

- Honnêtement, je ne le sais pas moi-même.

 

Elle tourne la tête vers moi en grimaçant.

 

- Peu importe les raisons, je suis contente que tu sois là.

 

Sa main remonte vers le verre d’eau. Je me lève, m’assoie sur le coté de son lit et l’aide à boire, comme la dernière fois.

 

- Qu’elle est ta faveur ? Demandai-je pour une raison obscure.

 

Je sens que je vais regretter d’avoir poser cette question. Tout d’un coup elle est mal à l’aise.

 

- Je… Euh… Est ce que tu voudrais…

- Toc toc, l’infirmière entre.

 

Elle nous voit, moi le bras sur les épaules d' Ashley, sa tête à moitié sur moi. On pourrait croire qu' il se passe quelque chose entre nous. Bien sur il n'en est rien.

 

- Je peux repasser plus tard si vous voulez, sourit elle bienveillante.

- Non, non c’est bon, dis je me reculant le plus rapidement possible sans lui faire mal.

 

L’infirmière fait des examens de routine et s’en va toute souriante.

 

- Alors ?

- Non, rien, laisse tomber, dit elle gênée.

- Comme tu veux.

 

Je me lève et commence à sortir.

 

- Tu reviens demain ?

- Je verrai.

 

Sur ces paroles, je m’en vais.

 

Le lendemain, je reviens. Mon côté gentil a pris le dessus.

 

- Tu es revenu, sourit elle à moitié.

- Mouais.

 

Je me laisse tomber dans le fauteuil.

 

- Tu as l’air fatigué, dit elle fixant mon visage.

- A qui la faute Que veux tu ? Qu’est-ce que tu me veux ?

- Toi.

- Moi, quoi ? demandai-je ne comprenant pas sa réponse.

- Je veux passer du temps avec toi, te connaitre, rattraper tout ce que je t' ai fait, me dit Ashley d’une voix vibrante. Je veux te montrer que je ne suis pas une fille superficielle et sans cœur.

- Nous passons déjà du temps ensemble.

- Non, tu n'as pas compris, je veux qu'on passe du temps hors de cet endroit morbide... Laisse moi te donner ce que je n'ai jamais donné à personne.

 

Que dois je répondre ? Pourquoi veut elle sortir d'ici ? Les machines l'aident à rester en vie, une fois encore je ne la comprends pas.

 

- Pardon ?

- Je veux… commence Ashley

- Ça va j’ai compris.

 

La situation m'échappe, être ici est envisageable mais si nous sortons de sa chambre, toute cette histoire prendra un autre tournant nous ramenant à la réalité comme si tout devenait normal. Au fond de moi, je me demande quand même si ce n'est pas encore un piège.

 

- Cela veux dire que tu refuses ? dit elle triste

- Bien sur que je refuse.

 

Mon comportement peut paraitre odieux mais c'est au dessus de mes forces. J'ai mis une semaine à me convaincre de venir la voir et là, je devrais passer du temps en sa compagnie ? Impensable.

Je reste là sans bouger. La voir si vulnérable lui donne du charme. Je peux voir ses larmes rouler sur ses joues.

 

- Sort, ordonne t' elle d’une voix cassée.

 

Elle me transperce de son regard brillant.

 

- J’en ai marre Ashley Roussel que tu me donnes des ordres, que tu te prennes pour ce que tu n’es pas ! Je sors, certes, mais parce que j’en ai envie. Je te déteste Ashley ! Dis je en claquant la porte

 

Je rentre chez moi furieux et m‘allonge sur le canapé. Ma mère vient me voir et pose ma tête sur ses genoux. Ses doigts passent dans mes cheveux.

 

- Qu’as-tu ? Tu t’es encore disputé avec ta sœur ? Avant vous étiez si proches. Comme vous étiez mignons tous les deux !

- Non non maman. Ce n’est pas Naomi. C’est…Ashley.

- Ashley, Ashley Roussel ? demande ma mère.

- Elle est à l’hôpital elle va mourir. Je suis allé la voir deux ou trois fois.

- Tu l’aimes ?

- Non, disons que je la déteste moins, commençai-je. Elle m’a demandé un truc et j’ai refusé. Je lui ai fait de la peine. Maintenant je me demande si j’ai fait le bon choix.

- Elle va mourir bientôt ? demande t’ elle émue.

- Il ne lui reste qu' environ deux mois.

 

Maman déglutit avec difficulté. Elle connait Ashley, et visiblement cette nouvelle l'affecte.

 

- Es ce quelque chose d’illégal ? Demande t' elle après quelques minutes de silence.

- Non, elle veut que…

- Tu peux tout me dire.

- Elle m’a demandé de passer du temps avec elle, seuls, en dehors de l’hôpital. Elle m'a dit qu'elle voulait m'offrir ce qu'elle n'avait jamais donné à personne.

 

Maman se met à sourire comme si elle avait compris quelque chose que je n'ai visiblement pas saisi. L'esprit féminin est vraiment tordu.

 

- Pourquoi le refuser ?

- Tu es ma mère, tu es sensée être de mon côté ! Pas donner raison à...

- Une mourante. Je sais que c’est plus l’amie de Naomi que la tienne, mais elle va disparaitre. Ne veux tu pas lui accorder une dernière volonté même si cela te coûte. Bien qu' à mon avis tu veuilles passer du temps avec elle sinon tu ne serais pas en train de douter, tu aurais tout simplement dit non pour reprendre ta vie là où tu l'as laissée.

- Elle a pourri toutes mes années au lycée, comme celles à la fac.

- Qu'est ce que je disais ? Même si ces moments ont été douloureux tu as continué d'avancer. Tu as toujours eu du cœur Maxence, pardonne. Je ne veux pas que tu aies de regrets.

 

Elle m’embrasse sur le front et sort du salon.

Je vais me coucher en pensant que la nuit porte conseil.

Finalement, après les cours, je décide de retourner la voir.

 

- Bonjour, dit elle avec un léger sourire.

- Salut, comment vas-tu ce soir ?

- Plutôt bien. A quoi penses tu ? me demande Ashley doucement.

 

Je ne réponds rien et m’assoie dans l’antique fauteuil.

 

- Tu sais que tu peux être chiante, dis je sans aucune méchanceté. Mais bon, te crier dessus n’y changera rien, tu es ainsi et c’ est ce qui fait ton charme.

- Tu trouves que j’ai du charme ?

 

J'ai dit ça moi ? Vu son sourire, apparemment.

 

- Quand tu es comme ça, oui, dis je avec honnêteté.

 

On reste quelques minutes silencieux. Mon cerveau est en ébullition. Tout est remis en question. Dois je accepter sa demande ? Il y a bien sûr le pour, tous mes tourments seront apaisés et je n’aurai pas de regrets plus tard ; et il y a le contre, c’est Ashley Roussel, la meilleure amie de ma sœur, la peste qui m'en faisait baver depuis des années.

Pourquoi je devrais lui faire plaisir ?

A-t-elle été gentille avec moi ?

Non.

Pourquoi suis je tenté de lui dire oui ?

Pourquoi ai-je un cœur ?

C’est définitif je suis complètement masochiste.

 

- En admettant que j’accepte, tu feras comment pour sortir? Tu tiens à peine debout.

 

J’ai trouvé une faille dans son plan.

 

- Les rayons me fatiguent, je les arrête et je ne suis pas non plus en prison.

 

Elle n'a pas tort.

 

- Pourquoi refuses tu de m'accorder un peu de ton temps ? Je ne suis pas assez jolie pour toi ?

- Je ne suis pas comme ça et tu le sais très bien. Mes parents m'ont bien éduqué.

- Tu acceptes oui ou non ? s’énerve t’ elle

- Si les médecins acceptent de te laisser sortir, alors c'est oui.

 

Elle me fait un sourire resplendissant, ses yeux pétillent. Se pourrait il qu’elle ne m’aie pas menti sur ses sentiments pour moi ?

 

- Merci.

 

Sa voix résonne jusqu'au fond de mes tripes. Je ne l'ai jamais entendu si sincère.

Un silence gêné fini par s’installer, qui fort heureusement est coupé par l’infirmière.

 

- Es ce que vous pourriez me débrancher des machines, je voudrais aller me promener ?

- Mais bien sur ma jolie, tu peux aller te promener avec ton petit ami.

 

Quelques minutes plus tard on se promène dans le parc, elle n’a pas voulu prendre le fauteuil roulant, je la soutiens.

Un léger malaise s'installe, je me sens observé. Si on me voyait avec miss popularité ça serait la fin de ma tranquillité.

Nous parlons de notre après midi, parce qu'il faut s'organiser, nous savons très bien qu'elle n'a pas vraiment le droit s'éloigner de l' hôpital. Une fois tout mis en place, je la ramène et l‘aide à se mettre dans son lit.

 

- Merci, tu n’es pas obligé d’être aussi adorable. C’est vrai j’étais une vraie garce avec toi, je ne mérite pas tous ces gestes tendres. Je ne mérite pas ta présence à mes côtés.

 

Elle lève les yeux au plafond pour retenir ses larmes. sa main s' accroche à mon tee shirt. Je n’ose pas lui faire lâcher prise, elle a tellement maigri que je la casserai.

 

- Si tu savais comme je m’en veux.

 

Je ne peux que la prendre dans mes bras. Son visage se niche dans mon cou. Je lui remonte le menton, je n’ai jamais aimé voir les gens pleurer, ça m'a toujours ému. Je suis envouté par son regard, ses yeux sont la preuve qu'elle est bien vivante. Nos visages sont très proches, nos lèvres se frôlent. Pourtant, je ne peux me résoudre à poser ma bouche sur la sienne.

Au dernier moment je me détourne et pose mon regard partout sauf sur elle. Je ne veux pas voir la tristesse dans ses yeux. J'ai compris l'importance de ses sentiments à mon égard et savoir que je ne peux pas lui rendre est au dessus de mes forces.

Je vais pour partir mais elle me retient, suppliante.

 

- Reste, s’il te plait. Je ne veux pas être seule. Tout le monde m’a oublié, même mes parents, ils font leur deuil alors que je ne suis pas encore morte.

 

Comment veut elle que je parte après ce qu’elle vient de me dire ?

 

- Fais moi de la place.

 

Une fois installé dans le lit, elle m’embrasse tendrement sur la joue avant de se coller contre moi. Je ne l’ai jamais vu aussi câline, même avec ses précédents copains, le peu qui ont trouvé grâce à ses yeux.

Il faut vraiment que je m’habitue à sa gentillesse, c'est déroutant.

Je suis un peu tendu.

 

- Je me sens abandonnée. Ma meilleure amie n’est pas venu me voir une seule fois. Comment va-t-elle ?

- Bien. Je suppose.

- Elle ne t’a pas parlé de moi, demande Ashley un peu tendue.

- Non, on ne se parle quasiment plus depuis cinq ans.

- J‘avais presque oublié.

- Pourquoi dis tu cela ?

- Pour rien, laisse tomber, dit elle soudain nerveuse

- Comme tu veux.

- Tu es un bon oreiller. Mieux que quiconque.

 

Elle s’endort rapidement. Je reste quelques minutes et part.

 

OoO

 

Je tourne en rond chez moi, me demandant toujours si j’ai fait le bon choix. Qui serait assez idiot pour passer délibérément du temps avec sa pire ennemie ?

Je me décide finalement à y aller. Après tout elle a droit à une seconde chance. Si j'étais complètement honnête avec moi, j'avouerais avoir envie de passer du temps avec elle.

 

Décidé je la rejoins à l’hôpital et entre dans sa chambre.

 

- Tu es venu.

- Comme tu vois.

- J’ai cru que tu ne viendrais pas, me confie elle.

- J’y ai pensé.

- Alors pourquoi es tu là ? Par pitié ? Par curiosité ? Pour qu' à ton tour tu te moques de moi ?

 

Son regard me transperce.

 

- Non, tu n'es pas comme ça, la gentillesse te caractérise. Tu n'es pas capable de faire le moindre mal ; en revanche, je sais que tu n'oublies rien. Pourquoi es tu là Maxence ?

 

Dois je lui dire la vérité ?

 

- Pour que tu ne sois pas seule.

 

Elle ne répond rien, sûrement blessée par mes paroles.

 

- Peut importe mes motivations ou même les tiennes...

- Parce que tu crois que mes sentiments pour toi ne sont pas réels ?

- Ne me fait pas dire ce que je n'ai pas dit.

 

Les mots se bousculent dans ma tête.

 

- Je ne veux pas me disputer avec toi alors que ça n’en vaut pas la peine. Mais pour te rassurer, je suis là parce que j’en ai envie.

 

Sinon pourquoi serais je là ? Après tout elle n' a pas été si mauvaise ces derniers jours. J'ai appris à aimer les petits moments que nous avons passé ensemble me faisant l' apprécier de plus en plus.

 

- Tu es prête ? Ils vont te laisser sortir ?

- Je vais mourir, alors oui ils vont me laisser sortir.

 

On se dirige en silence vers la sortie de l’hôpital pour rejoindre le chemin. Ashley préfère marcher pour profiter pleinement du moment, se sentir libre une dernière fois. Nous marchons en silence à son rythme, je regarde partout sauf elle, mais Ashley ne se gêne pas pour me fixer, son regard me brule la peau, j'imagine bien un léger sourire qui embellit son visage. Sa petite main vient prendre la mienne et la serre assez fort de peur que je recule, chose que je ne fais pas.

C'est pour elle cette journée.

Après avoir traversé un petit bois qui permet d'avoir de l'intimité, nous arrivons devant la falaise. La vue est vraiment jolie. La mer en contre bas est calme, le soleil brille au dessus de nos têtes, pas un nuage pour gâcher cette journée. La chaleur du soleil nous réchauffe et pour une fois, il n'y a pas de vent, le temps est parfait.

 

- J’adore cet endroit.

 

Pour la première fois depuis sa sortie, je l' observe. Ses joues ont repris des couleurs, ses lèvres sont plus roses, elle est plus vivante ici. Ashley lâche ma main et se recule légèrement pour tourner sur elle même en rigolant. Je m' assoie sur la couverture que je viens d' installer. Mes yeux n'arrivent pas à la quitter, sa bonne humeur est contagieuse, je me mets à mon tour à sourire, heureux d'être ici. La voir ainsi me confirme d'avoir fait le bon choix.

 

- Quand j'étais petite, mes parents m'emmenaient ici. On passait des heures à jouer tous les trois. Plus tard, je continuais de venir mais seule, c'était mon havre de paix, ici je me sens apaisée. J'oublie tout.

 

Une fois son récit fini, elle me rejoint pour continuer de me parler de sa vie. Finalement sa présence est des plus agréable. Je me décide à lui poser une question qui me tourne dans la tête depuis quelque temps.

 

- Comment fais tu pour être aussi détachée sachant que tu vas mourir ?

- Ne crois pas que cela m’indiffère, m'explique Ashley. Quand j'ai appris que mon cancer était à un stade avancé, cela m’a fait un choc. Il ne me restait que 6 mois, j’ai pleuré tous les soirs pendant une semaine. Puis je me suis rendue compte que ça ne servait à rien, alors j’ai préféré faire comme si tout allait bien et continuer ma vie. Je venais en cours pour ne pas éveiller les soupçons.

 

Je la regarde de travers, son mensonge est trop flagrant pour passer inaperçu.

 

- J'avoue ! J' allais en cours pour te voir même si tu ne t'occupais pas de moi. Je savais qu’il n’y avait pas de remède miracle alors je me suis amusée, j’ai fait tout ce que je voulais, surtout des bêtises !

 

Même lorsqu'elle rigole, il y a toujours une pointe de tristesse qui persiste au fond de ses yeux. Pourquoi en serait il autrement ? Sa sincérité me fait l'apprécier de plus en plus. C'est courageux de faire face à la mort.

Elle devient sérieuse.

 

- Il y a une chose que j'ai pas réussi à faire.

- Quoi ?

- Je n’ai pas eu le courage de venir te voir. Tu es mon seul regret. Ne fais pas cette tête, sourit ma nouvelle amie, oui tu étais mon seul regret. Quand tu es entré dans la chambre, j'ai cru avoir une hallucination. Une fois revenu sur terre, tu étais toujours là, je me suis dis que je pouvais mourir, la fin de ma vie aurait été heureuse.

 

Dans un élan de tendresse, ma main vient serrer la sienne.

 

- Tu es venu pour moi.

 

Sa tête vient se poser doucement sur mon bras.

 

- S’il te plait, ne me rejette pas.

 

Que dire à cela ? Rien, parce que ça serait sûrement idiot et sans aucun sens.

Un léger malaise s'installe entre nous.

 

- Maxence ?

 

Je tourne la tête dans sa direction, ses lèvres se posent sur les miennes.

 

- Pourquoi fais tu ça ?

- Je profite de la vie, murmure t' elle charmeuse s'approchant de moi une nouvelle fois.

 

OoO

 

Le soleil décline doucement, je m’allonge sur le dos pour profiter de ce beau spectacle, Ashley colle son corps au mien, mon bras lui sert d'oreiller.

 

- Tu n’es pas trop fatiguée ? demandai-je soucieux de sa santé.

 

Pour toute réponse elle baille.

 

- On ferait bien de rentrer.

- Non, je suis bien ici.

 

Je rigole.

 

- J’aime ton rire, dit elle fatiguée.

- On doit rentrer, tu dois prendre tes médicaments.

- Je ne les prends plus. Il me reste peu de temps, je ne veux pas être droguée pour vivre mes dernières heures.

- Ashley...

 

C’est dur pour moi de l’entendre parler ainsi, non pas que je sois amoureux mais la voir si sereine par rapport à la mort, c’est difficile.

 

Elle me tape gentiment sur le torse avant de se relever. J' en fais autant.

Nous rentrons. Je la soutiens par la taille, sa peau très blanche m'inquiète.

 

- Une bonne nuit de sommeil et tout ira mieux.

 

Je sais qu' elle n'y croit pas, moi non plus. Son corps est épuisé, seul ses yeux montrent une étincelle de vie.

Nous arrivons dans le service cancérologie. Dès qu'elles nous ont vu, les infirmières se précipitent pour la soutenir, m'obligeant à leur laisser la place. Tout en l'aidant à s'installer, elles la fâchent d’être sortie.

 

- Si c’était à recommencer, je le ferais, dit elle me regardant du coin de l' œil.

 

Les femmes sortent nous laissant. Mal à l'aise, je ne sais pas quoi faire de mon corps ce qui fait sourire ma nouvelle amie qui me tend la main avec difficulté.

 

- Merci.

 

Le ton de sa voix me fait frissonner, il y a tellement de reconnaissance dans ce seul mot.

 

- Si c'était à recommencer, je le ferais.

 

Avant qu'elle ne s'endorme je l'embrasse sur le front. Mes lèvres s'attardent quelques secondes sur sa peau.

 

- Je ne regrette pas d'être tombée amoureuse de toi, murmure t' elle endormie. Je regrette juste mon comportement.

- Oublie le comme je l'ai oublié.

 

Ce n'est pas complètement vrai mais elle a besoin d'entendre ses mots. Maintenant j'ai de nouveaux souvenirs plus heureux.

 

- Tu es un ange.

- Repose toi.

 

Je l' embrasse sur la joue avant de partir.

 

OoO

 

Le soir au diner - je suis là uniquement pour faire plaisir à ma mère - je ne mange quasiment pas, puis le regard insistant de ma sœur me dérange.

 

- Maxence, il faut qu’on parle.

 

Ne comprend t' elle pas que je veux être tranquille ?

 

- Pas envie.

 

Je n'ai pas le temps de faire le moindre geste qu' elle me tire par le bras vers le jardin, et m'oblige à la suivre jusqu'à la balancelle où elle se laisse tomber. Vaincu je m'assoie à côté d' elle.

 

- Tu es allé la voir.

- Maintenant qu’elle va mourir tu t’y intéresses ?

- Tu es injuste, elle est ma meilleure amie, et j’ai toujours surveillé son état de santé. Je ne vais pas la voir, c’est tout.

- Tu es vraiment bizarre. Elle aurait voulu te voir.

- Je sais, moi aussi.

 

Ses larmes coulent mais je ne fais pas le moindre geste pour la consoler. Par contre, je ne comprends pas tous les mystères qu'elle fait. Une fois calmée ma sœur tente de se justifier.

 

- Je l’ai fait pour une bonne raison.

- Quoi ? Qu'est ce qui est plus important que ta meilleure amie  ?

- Je l’ai fait pour elle. Pour toi. Je savais qu'elle avait des sentiments pour toi. En n’y allant pas, je savais que tu irais même par curiosité morbide. J’ai eu raison.

 

Je la regarde de travers.

 

- Ai-je mal fait ? Ashley a tout de suite été attiré par toi, elle n'a jamais osé venir te parler. Je n'en suis pas sûr mais à ses yeux tu étais l' homme parfait même si je ne comprends pas pourquoi ; normal tu es mon frère mais je sais que tu es quelqu’un de bien. Tu l’as rendu heureuse. As-tu fait ce qu’elle t’a demandé ?

 

Je ne réponds rien voulant garder cela pour moi.

 

- As-tu passé du temps avec elle ?

- Je ne vois pas en quoi ça te regarde.

- Tu l' as fait, affirme ma fouineuse de sœur. Ne me regarde pas comme ça. Je savais qu’elle te voulait. Elle me l’a dit en rigolant. Au début j‘ai cru que c‘était une plaisanterie mais je l‘ai observé et son regard était souvent tourné vers toi.

- Tu dis n’importe quoi, affirmai-je dans le seul but de la contredire.

 

Toutes les révélations de Naomi donnent une autre dimension aux paroles d' Ashley.

 

- C’est toi qui dit n’importe quoi. Tu sais que je dis la vérité sinon tu n’aurais pas fait l'effort de la connaitre.

 

Nous restons silencieux, sans bouger fixant un point devant nous. Seul les sanglots de ma sœur troublent le calme.

 

- Je sais qu’elle partira heureuse et cela grâce à la personne qu‘elle détestait en public... Tu sais que je t’en veux. Après tout je suis sa meilleure amie. Je suis triste de ne pas avoir été près d'elle jusqu'à la fin.

Naomi se lève et commence à partir.

 

- Elle t’a toujours adorée. Alors ne culpabilise pas.

- Merci. Pour moi, et pour elle.

- Il est encore temps, viens avec moi demain pour la voir.

- Tu as raison nous irons ensemble.

Nous entrons dans sa chambre qui est vide, plus de machine, plus de bruit, plus d' Ashley. Des draps propres ont remplacés les siens.

 

- Désolée, nous dit l’infirmière

 

Juste ce mot me fait comprendre ce qui s’est passé. Même si je savais que cela allait arriver, ça me fait un choc, je pensais avoir plus de temps pour m'y préparer. Elle ne devait pas partir si vite.

Mes jambes cèdent, je m'appuie contre le mur pour ne pas tomber. Malgré moi, des sentiments sont apparus pour la nouvelle personne que j'ai appris à connaitre.

Mes pensées vont vers la jolie brune, nos bons moments passés ensemble, à tout ce qui la faisait sourire. Au fond de moi je sais que tout cela va me manquer.

L'infirmière me tend une feuille de papier.

 

- Il y a votre nom dessus, Ashley a laissé cela pour vous

 

Je prends la feuille et attrape Naomi en pleurs et l'emmène.

 

- Je voudrais que nous lisions ce qu' Ashley voulait me dire à l'endroit où je l'ai vu heureuse la dernière fois et me dirigeai vers le chemin que nous avions pris.

 

Arrivés au bord de la mer, à l' endroit exact où nous nous étions assis, j'ouvre la feuille et commence à lire à haute voix :

 

« Maxence,

Quand tu liras cette lettre je ne serais plus là. J'avais encore tant de chose à te dire mais il m'aurait fallu une vie entière et je ne l'ai pas.

Tu ne peux pas imaginer tout le bonheur que tu m'as apporté ces derniers jours. Je n'aurai pas pu rêver mieux que les instants que nous avons passé ensemble. Tu m'as aussi permis de faire la paix avec moi même.

Dis à Naomi que peut importe l'endroit où je vais, elle restera ma meilleure amie.

Te voir m'a fait comprendre que mon seul regret ce sera toi. Je préfère garder ces dernières images, ta tendresse, mon émoi, même si ces instants ont été trop court, le temps qui passe ne pourra pas les abîmer, ils te resteront en mémoire à jamais.

Nous n'aurons connu que cette brève passion, le temps n'aurait fait que la ternir.

J' ai souvent imaginé ma mort, je ne me voyais pas dans un hôpital en train de souffrir.

Si tu te rends au bord de la falaise où nous étions, tu verras tout au bord ce parterre de fleurs bleues que nous avions admiré, c'est la dernière image que je garderai avant de rejoindre le bleu de la mer.

Tendrement, Ashley »

 

Je me baisse pour caresser les fleurs à mes pieds en un dernier au revoir et mon regard se perd dans l'immensité de cette mer où Ashley repose à jamais.

 

FIN

 

Alors ?

 

Es ce que j'ai droit à un petit commentaire ?

 

xx

 

hp-drago

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Commentaires (5)

1. hp-drago mercredi, 13 Février 2013

coucou Luna
Je suis désolée de t'avoir fait pleurer en tout cas merci de m'avoir lu

bisous

2. hp-drago samedi, 09 Février 2013

coucou Suchii

C'est vrai que j'aurai pu faire plus long mais je trouve avoir fait le tour, en tout cas je suis contente que tu en veuilles plus
bisous

3. Luna vendredi, 08 Février 2013

J'ai littéralement adoré.
C'était TRÈS triste ! Tellement que j'ai pas arrêté de pleurer tout du long.
Une magnifique histoire Félicitation pour ton travail

4. Celia brandon masen lundi, 04 Février 2013

Coucou, bon tu as l'habitude de mes message un peut fou donc sa vas pas trop te choquer de me revoir ici, mais je vais faire sage pour une fois

comme j'ai aimer cette histoire, elle ai tres triste, peut etre meme trop triste, j'aurai aimer qu'il ai plus de temps, et pour etre franche j'ai pleurer

suis trop emotive en se moment, je pleure souvent

gros bisous a bientot pour un autre ecris, et desoler que tu n'ai pas gagner, mais elle ai superbe comme histoire bravo

bizz celia

5. Suchii lundi, 04 Février 2013

C'était un belle histoire dommage que sa n'est pas durée plus longtemps.

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Date de dernière mise à jour : mercredi, 26 Avril 2017