Doutes et confusion

Voyage

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Chapitre 14 : Voyage

J'arrivais dans notre salle de réunion et Démétri ainsi que Rosalie m'attendaient. Ils étaient en pleine discussion. Lorsque je pénétrais dans la pièce ils se levèrent et me saluèrent tel que le protocole l'exigeait.

-Tu lui as dit ? demandai-je à Rosalie.

-Non j'ai préféré te laisser lui annoncer, me répondit ma sœur.

-Très bien tu peux nous laisser va attendre Alec je te laisse ta journée de repos.

-Merci maîtresse ! Elle partit un sourire aux lèvres. Il ne lui fallait pas grand chose pour lui faire plaisir.

-Démétri installe-toi nous devons parler de certaines choses tous les deux.

Il fronça les sourcils une ride prenant place entre ses yeux montrant qu'il était soucieux. Il s'exécuta néanmoins, attendant que je lui annonce ce que j'avais à lui dire. Et je dois dire que j'étais présentement assez mal à l'aise de devoir le faire.

-Je vais déjà te présenter mes excuses je n'aurais pas dû être aussi dure tout à l'heure.

-Ce n'est rien j'ai compris maîtresse, il me gratifia d'un sourire tendre et je voyais que pour cela j'étais vraiment pardonnée.

-L'autre sujet est plus délicat à aborder. J'ai dû pendant ton absence intervenir en personne à l'encontre de Heïdi. Je suis au regret de t'annoncer que tout ce que tu possédais a été complètement détruit nous n'avons rien pu sauver, il grogna de mécontentement. J'en suis désolée, repris-je. Mais il n'y a pas que ça. Elle a poussé sa rébellion et son insubordination beaucoup plus loin elle m'a ouvertement discriminée et surtout manqué de respect et humiliée par le biais d'affiches douteuses. Je te passerais les détails de ces représentations. Le fait est que j'ai dû prendre une décision importante.

-Vous l'avez sanctionnée comme elle le méritait ? me demanda-t-il.

-Elle n'est plus Démétri, rétorquais-je en le fixant dans les yeux scrutant chaque réaction, et chaque mouvement qu'il aurait.

Il me dévisageait impassible je ne pouvais pas même dire ce qu'il lui passait à l'esprit. Était-il fâché ? M'en voulait-il ? Voulait-il me tuer ?

-Je sais que vous étiez proche et j'en suis désolée, insistai-je pour avoir une réaction., afin que je puisse savoir dans quel état d'esprit cette annonce le mettait.

-Vous n'avez pas à l'être elle était au courant de ce qu'elle encourait en s'en prenant à vous.

-Démétri veux-tu toujours garder ta place ? Je ne t'en voudrais pas si tu ne voulais plus me servir !

-Pourquoi vous quitterais-je ? Demanda-t-il surpris. Elle n'était pas ma compagne, nous avions une liaison mais aucun engagement elle n'était pas mienne, maîtresse. Rien ne me fera revenir sur mes positions, j'ai prêté serment. De plus j'aime ma place et j'aime vous servir, vous êtes une personne juste et honnête, et c'est réellement un honneur d'être votre garde.

-Merci Démétri, rétorquai-je émue.

Il me sourit et je le lui retournais. J'aurais voulu aller chercher un réconfort plus tactile, mais cela aurait été déplacé. Surtout après l'annonce de l'exécution de sa maîtresse que je venais de lui apprendre. Exécution que j'avais moi-même ordonnée.

-Le dernier point. Tu ne seras dorénavant plus obligé d'aller avec Caïus lorsqu'il partira en mission. Je te garde avec moi en permanence. Il me regarda surpris arquant un sourcil en question silencieuse.

Je lui souris de nouveau pour lui faire comprendre que j'avais des ressources cachées, mais je repris rapidement.

-Bien que je sache que tu es précautionneux, je te demanderais de redoubler d'effort lorsque tu seras en présence de Caïus qu'il n'ait rien à te reprocher. Je ne pourrais pas intervenir si cela devait arriver.

-Vous n'aurez pas à vous inquiéter pour moi maîtresse. Je serais irréprochable.

-Je n'en doute pas Démétri. Bien je vais t'accompagner jusqu'à tes nouveaux appartements j'ai essayé de respecter tes goûts pour l'ameublement de base et ta décoration mais tu es bien sûr libre de réarranger ça à ta guise.

Il me gratifia d'un sourire amusé et se leva en même temps que moi. Nous avancions en silence, un silence complice, serein, agréable et reposant. Je me rendais compte qu'il m'avait beaucoup manqué le temps qu'il s'était absenté avec Caïus. Je savais que je m'attachais rapidement et surtout intensément aux personnes mais avec Démétri c'était particulier. Il était devenu important dans ma vie. Surtout depuis qu'il me servait et principalement depuis que je l'avais vu sous son vrai jour, que j'avais aperçu sa vraie personnalité. D'ailleurs un jour je lui demanderais pourquoi il avait été si distant et aussi amer avec moi au début. Bien que le fait que je sois la véritable compagne d'Edward Cullen devait y être pour quelque chose, aux sus de ses sentiments pour lui.

Nous arrivâmes dans l'aile où résidait Alec et Rosalie maintenant. Vu que tout le monde avait déserté l'ancienne aile des gardes à cause de la puanteur des putois. Car même disparus et la pièce désinfectée l'odeur restait incrustée dans les murs et si nous nous étions tous incommodés par cette puanteur, pour mon traqueur cela aurait été pire. Nous arrivâmes dans sa pièce, je l'ouvris et le laissais découvrir ce que j'avais fait faire pour lui. Il pénétra et je lui emboîtais le pas.

-C'est parfait, me dit-il serein et sincère.

-Démétri encore une chose.

-Oui maîtresse, me répondit-il.

-J'aimerais que tu m'aides dans mes séances de travail. Aro m'a conseillé de pousser mes capacités de contrôle sur mon bouclier à son maximum. C'est-à-dire pourvoir le retirer afin qu'il puisse avoir accès à mon esprit et que toi tu puisses capturer mon odeur afin de t'en imprégner et de pouvoir ainsi me localiser. Enfin si je veux l'être bien entendu, lui avançai-je. Il s'amusa de ma réflexion et redevint sérieux lorsqu'il me répondit.

-Je le ferais vous n'aviez pas à me le demander.

-Tu sais que je ne fonctionne pas comme ça. Et puis pour être honnête j'ai déjà essayé de le contrôler et de le retirer mais je n'avais que Jane et tu comprendras que de devoir goûter à sa médecine ne me motivait pas vraiment.

Là il rit ouvertement, j'arquais un sourcil pour le taquiner il cessa son rire mais ne put se résoudre à décrocher le sourire moqueur qu'il avait sur le visage. Il devait très certainement se remémorer le moment où j'avais appris à déployer mon bouclier pour lui venir en aide et ainsi bloquer Jane qui s'amusait à le torturer.

-En tout cas je trouve que c'est une bonne idée. J'ai également entendu que vous avez fait échouer une tentative du clan de Stephan.

-Je n'ai rien fait de spectaculaire. J'ai seulement senti son don sur mon bouclier, pour le reste c'est Santiago qui s'en est chargé.

-En tout cas il était de bon augure que maître Caïus vous ait laissé sa place à ce moment là. Mais je crois que ce que vous a demandé Maître Aro est de circonstance maintenant. La nouvelle de votre présence dans la famille royale en plus de votre pouvoir vont faire que vous êtes dorénavant une cible à atteindre pour les ennemis de la famille. Et je dois reconnaître que pouvoir vous localiser serait d'une aide précieuse dans ma tâche de vous garder en sécurité.

-Et cela me permettra surtout de pouvoir négocier avec Caïus mon retour sur le terrain parce que franchement je commence à m'ennuyer ici. Il me fit un sourire compréhensif. Je crois que j'ai fait le tour de ce que je devais te dire. Pour toi c'était comment ? Bien que j'ai une vague idée de ce que tu as pu vivre ce dernier mois, il me sourit.

-Vous savez maître Caïus a raison sur un point je ne suis plus un enfant, et depuis très longtemps. Vos n'avez pas à vous soucier de moi comme vous le faites. Je gère plutôt bien la situation avec maître Caïus, j'ai l'habitude de son caractère.

Je me rembrunis légèrement, je voulais seulement savoir comment cela s'était passé, je ne le couvais pas. Enfin je crois... Faudrait peut-être que je revoie cela.

-Je ne voulais pas vous agacer maîtresse c'était juste une petite plaisanterie. Excusez-moi, me dit-il avec une moue adorable. Tout le monde sait à quel point vous êtes avenante avec vos gardes. Mais cela vous éviterait pas mal de dispute avec votre... compagnon si vous ne vous obstiniez pas à nous couver comme vous le faites.

-Ça c'est mon problème Démétri. Et puis si tu te tiens à ce que nous avons parlé précédemment nous devrions plus avoir de dispute du tout. Il hocha la tête pour affirmer ses propos précédents. Bon je te laisse prendre possession de tes appartements je t'attends demain dans notre salle vers huit heure. Nous n'avons pas besoin d'aller en salle d'entraînement pour mon bouclier nous serons plus tranquille là-bas.

-Bien maîtresse. Et merci pour tout ça, me dit-il en ouvrant les bras pour désigner l'ensemble de sa chambre.

-J'espère seulement qu'il n'y avait pas d'effets irremplaçables dans tes anciennes affaires.

-Rien d'irremplaçable, me répondit-il avec un sourire reconnaissant. Puis je partis rejoindre mes appartements.

Les jours passèrent laissant places aux semaines puis aux mois. J'avais dépassé mon statut de nouveau-né depuis pratiquement six mois, mais aucun progrès dans mes tentatives de retirer mon bouclier. J'avais l'impression qu'il ne voulait pas se décoller entièrement de mon corps et principalement autour de ma tête comme s'il y était collé. Mais personnellement je ne pensais pas pouvoir le retirer. Si je persistais dans mes entrainement c'est que de par cela, je pouvais m'isoler avec mon garde. En plus cela me permettait d'avoir Démétri avec moi et ainsi lui faire sauter ses gardes dans la salle d'audiences assez fréquemment. Nous pouvions discuter même si nous restions principalement en silence l'un en face de l'autre la plupart du temps.

-Maîtresse lorsque vous avez réussi à étendre votre bouclier la première fois vous avez eu besoin de me toucher pour y arriver.

-Ce n'est pas pareil Démétri. En fait pour t'expliquer, je le perçois comme un voile transparent qui me recouvre entièrement. Lorsque je t'ai touché pour pouvoir te protéger, je me servais de mon bras pour faire glisser ce voile sur toi. Mon bras me servait de conducteur.

-Et là comment vous y prenez-vous ?

-J'essaie de le retirer, de m'en dégager mais il reste collé. Il n'y a pas moyen de l'ôter.

-Si j'ai bien compris vous essayez de vous en séparer complètement ?

-Oui.

-Et si vous le faisiez glisser ou coulisser le long de votre corps. Je pense qu'en fait c'est une partie de vous. Et c'est comme s'arracher un bras tout seul c'est impossible avec notre instinct de préservation. Mais si vous preniez conscience qu'il vous suffit de le gardez sur vous mais seulement en le concentrant sur une partie précise de votre corps, cela pourrait peut-être fonctionner vu que mon don comme celui de maître Aro est cérébral si votre esprit est dégagé de votre bouclier nous devrions y avoir accès.

-Mais tu es un génie Démétri ! M'écriai-je. Pourquoi n'y avais-je pas pensé toute seule. C'était tellement évident. Il me sourit satisfait.

-Je pense que vous devriez vous calmer un peu si vous voulez arriver à vous concentrer, me dit-il.

-Je commence à me fatiguer de devoir te dire que tu as raison. Lui rétorquai-je avec un sourire taquin.

Il se recula dans son fauteuil et attendit que je me calme. Je fermais les yeux me disciplinant comme je le pouvais afin de me calmer et de trouver la concentration dont j'avais besoin pour bouger mon bouclier. Puis je fis ce qu'il m'avait conseillé et je m'aperçus que c'était un peu plus facile, bien que j'avais du mal à le retirer complètement de ma tête. Après quelques heures d'acharnement la dernière résistance céda et je pus concentrer tout ce voile sur l'ensemble de mon corps laissant ma tête à découvert. Mais la réaction de Démétri me fit peur dans le sens où j'étais tellement concentrée et lui tellement silencieux que je l'avais presque oublié je savais qu'il était là je le sentais mais je ne m'attendais pas à ce qu'il (s'écrit: ç vérifier) de cette façon.

-Je vous sens maîtresse ! dit-il en se redressant d'un coup.

Mais comme je le disais il m'avait surprise donc je ne pus retenir la pression que mon bouclier exerçait sur mon corps. Il reprit donc sa place et sa fonction habituelle rendant mon esprit de nouveau hermétique et inaccessible.

-Je crois que l'on va s'arrêter pour aujourd'hui j'ai la gorge qui me brûle et je veux aller prévenir mon compagnon et ses frères que nous avons trouvé comment le retirer.

Il me gratifia d'un sourire mais quelque chose le tracassait, je le voyais. Il réfléchissait bien trop et il aurait dû être plus enthousiaste même s'il n'était pas le genre expansif.

-Qu'est-ce qu'il y a Démétri ?

-Rien maîtresse ! se reprit-il. J'étais parti dans mes pensées. Tout va bien je vous promets, me dit-il un sourire plus franc. Je le regardais suspicieuse, puis il me précéda. Les maîtres sont dans les appartements de maître Aro.

-Merci Démétri, puis je partis en direction des appartements du frère de mon compagnon.

Lorsque nous arrivâmes comme à son habitude Sulpicia vint m'ouvrir en bonne hôtesse qu'elle était.

-Il était temps que tu viennes me rendre une petite visite je commençais à m'ennuyer.

-Désolée Sulpicia. J'étais obnubilée par mon bouclier qui ne voulait pas se plier à mes volontés, répondis-je avec un sourire repentant.

-Ça y est tu le maîtrises ?

-Pas tout à fait, rétorquai-je alors que je la suivais en direction du salon où se trouvaient mon compagnon et ses frères. Mais grâce à Démétri j'ai enfin trouvé la solution ce n'est plus qu'une question d'entraînement maintenant.

-En voilà une bonne nouvelle, m'accueillit Aro enjoué. Je lui accordais un sourire de remerciement alors que je pris place sur les genoux de mon compagnon.

-Travaille ça rapidement, me dit Sulpicia. Car je dois aller voir des amis en Russie.

-Sulpicia je croyais que nous en avions déjà parlé, s'irrita Caïus.

-Oui effectivement j'en ai parlé avec toi, répondit-elle nonchalamment. Maintenant j'en parle avec Bella, retourna-t-elle à Caïus pas impressionnée de par le ton qu'il mettait dans son exclamation.

-Je t'avais dit ce que je pensais de cette sortie ! ajouta-t-il.

-Oui tu l'as fait mais franchement Caïus tu as l'intention de la garder séquestrer ici au château ? Au bout d'un moment elle ne le supportera plus et tu le sais.

-Nous avions établi un accord tu ne devais en aucun cas te mêler de ma vie privée.

-Non c'est ce que toi tu as dit et puis pour avoir un accord il aurait fallu que tu me proposes quelques chose en contre partie. Ce que toi tu appelles un « accord » n'est ni plus, ni moins qu'un ordre, hors je ne suis pas un soldat. Je n'obéis que si j'ai envie. De plus ce sont des amis et j'y vais bien entouré, Bella ne craindra rien avec nous.

-Caïus j'ai besoin de sortir, et puis Sulpicia a raison. Je prendrais mes gardes en plus de ceux de Sulpicia.

-Je n'aime pas que vous me forciez la main de cette façon, je me tournais pour lui faire face toujours sur ses genoux.

-Caïus s'il te plaît, j'aimerais sortir d'ici un peu de temps en temps. En plus ce sont des amis de Sulpicia et Aro.

-De toute façon ce n'est pas comme si j'avais le choix ! rétorqua-t-il amer. Mais j'émets une condition. Tu ne prends pas tes deux gardes, tu en choisiras qu'un seul et tu prendras Félix avec toi. Je savais maintenant pourquoi il réagissait comme ça et je le comprenais.

-D'accord pour cette condition, transigeai-je.

-Et vous devrez prendre l'un des jumeaux avec vous, dit-il à Sulpicia. Elle hocha la tête pour acquiescer.

-Si je compte bien ça fait deux conditions, le taquinai-je. Il fronça les sourcils pour me faire comprendre qu'il n'était pas d'humeur au badinage.

-C'est d'accord j'accepte toutes tes conditions, lui répondis-je plus sérieuse.

-Tu choisis quel garde ? me demanda Sulpicia, certainement pour adapter son choix concernant les jumeaux sur le mien.

-Je prendrais Démétri avec moi, répliquai-je tranquillement.

Mon pauvre traqueur devait s'ennuyer ferme à rester au château. Car mon arrangement avec Caïus s'était retourné contre moi, enfin plutôt contre mon garde. Car il ne partait plus en mission, lui qui avant ne passait pas deux semaines consécutives sans partir, se retrouvait confiné au château avec moi en permanence. Je m'en étais voulu même s'il m'avait certifié que des vacances lui faisait du bien. Je ne sais pas si c'était par esprit de dévotion ou si seulement il essayait de ne pas me blesser. J'aimais à croire que c'était cette seconde hypothèse.

Car j'aimais vraiment beaucoup notre relation il était toujours attentif et attentionné. Il était loin le Démétri distant, caractériel et lunatique du début. Et depuis que je l'avais dans ma garde, j'avais pu découvrir d'autres facettes de sa personnalité qui me plaisaient beaucoup plus que les premières. J'étais heureuse d'avoir dépassé les sentiments et les préjugés que j'avais à son égard.

Je ne parle pas de l'attirance car ça malheureusement pour moi ce n'était pas passé au contraire. Le fait de voir en lui « les bonnes facettes de sa personnalité » avait renforcé mon attirance que je nourrissais pour lui. Je le trouvais extrêmement séduisant surtout lorsqu'il était calme et qu'il réfléchissait, ou lors de ces moments plus taquin, sans parler de son odeur qui m'hypnotisait toujours autant. J'aimais qu'il me raconte les dernières blagues qu'il faisait à Félix ou Alec, ou même à Rose certaines fois. Il n'avait rien à voir avec Caïus c'était une évidence et je crois que je pourrais même affirmer que s'il ne m'avait pas repoussée lorsque l'on s'était rencontrés je pense que j'aurais refusé les avances de Caïus.

J'aimais mon compagnon et je l'aimais sincèrement, mais Démétri avait ce petit plus qui me manquait avec Caïus, ce petit côté complicité que je n'avais pas avec lui. Je ne sais pas si c'était parce qu'il pensait toujours à Athenodora ou parce que moi j'avais connaissance de certains faits, mais le résultat était là. Nous nous aimions je n'avais aucun doute là-dessus, mais il manquait cette complicité, cette compréhension que je n'avais qu'avec Démétri. Lui seul était capable de reconnaître mes humeurs même lorsque je les dissimulais. Ce que même Rose ne pouvait détecter, car j'étais devenu experte dans l'art de dissimuler mon état d'esprit, mais avec un compagnon tel que le mien il valait mieux savoir donner le change. Je devais être partie trop longtemps dans mes pensées car Sulpicia me demanda :

-Bella quelque chose ne va pas ?

-Non tout va bien je pensais seulement à ce voyage. Répondis-je lui offrant avec un sourire ravie. Elle me retourna mon sourire. Démétri appelle Chelsea je dois aller chasser.

-Oui maîtresse, répondit en s'emparant de son téléphone.

Les jours passèrent et j'arrivais grâce à l'aide et la technique de Démétri à retirer mon bouclier.

J'étais heureuse car j'allais pouvoir partir. Bon ce n'était pas une mission mais au moins je pourrais m'éloigner de ce château quelques jours et j'étais aux anges. Nous étions à la veille de notre départ, j'étais dans notre salle de réunion avec Démétri qui venait de me rejoindre.

-Prépare une voiture pour 6h00 demain matin.

-Oui maîtresse.

-Oh et tu as réservé le jet ?

-J'ai tout fait correctement maîtresse et Rosalie m'a supervisé, répondit mon traqueur limite blasé.

-Désolée Démétri mais il y a tellement longtemps que j'attends de sortir d'ici.

-Je sais, répondit-il compréhensif mais également assez anxieux.

-Ne t'en fais pas tout se passera bien. Je t'écouterais au doigt et à l'œil, lui dis-je pour le rassurer et le détendre.

-Ce serait bien la première fois, répondit-il.

-Nous serons en extérieur et je veux gagner votre confiance à tous les deux. Alors si je te dis que je t'écouterais je le ferais.

Il me regarda surpris puis je vis une étincelle de compréhension dans les yeux. Il les fronça puis baissa la tête. Je lui pris sa main dans la mienne, il leva la tête je pouvais voir de la souffrance dans ses yeux.

-S'il te plaît, lui demandai-je en secouant la tête.

Il serra ma main dans la sienne un peu plus fort. Je répondis avec un sourire tendre. Je savais que nous dérogions au protocole mais je ne pouvais pas m'empêcher d'avoir des contacts avec lui même simple mais il m'en fallait et heureusement pour moi il ne me repoussait pas. Bien évidemment lorsqu'il entendait Caïus arriver il se retirait prenant la distance qui lui était indiquée de respecter.

-Bien va dîner et te reposer demain sera une grande journée.

-Passez une bonne soirée maîtresse.

-Toi aussi Démétri, puis je montais l'étage qui me séparait de mes appartements.

J'allais me faire couler un bain en attendant que mon compagnon arrive. Il arriva très tard à peine une poignée d'heures avant que je ne parte. Nous passâmes un moment tendre ensemble. Je sentais qu'il était agacé et que n'importe quelles excuses auraient été une bénédiction pour lui afin de m'empêcher de partir. Mais j'avais redoublé de vigilance. Il avait même été jusqu'à chercher la dispute pour me pousser à bout mais je savais ce qu'il souhaitait et donc j'étais restée de marbre. Et du coup il n'avait pas eu d'autre choix que de se résigner. À cinq heure trente Caïus grogna.

-Qu'est-ce qu'il y a ? Lui demandai-je alors que je terminais de mettre mes derniers effets dans ma valise.

-Ton garde est apparemment un peu trop pressé de t'éloigner de moi, répondit-il avec animosité.

-Il est dans notre salle ?

-Oui, répondit Caïus qui ne décolérait pas.

-Calme-toi Caïus, lui dis-je délaissant ma valise pour lui afin de l'apaiser.

Je ne voulais pas qu'il s'en prenne à Démétri car le connaissant c'était peut-être encore une ruse pour me faire rester au château. Je lui posais mes mains sur son torse et l'embrassais pour le calmer. Il s'enflamma rapidement délaissant sa colère à l'encontre de Démétri, parcourir mon corps de ses mains et de ses baisers.

-Caïus je n'ai plus le temps, il grogna son mécontentement.

-Très bien mais tu fais attention à toi et tu laisses les gardes gérer les problèmes s'il devait y en avoir.

-Oui, ne t'en fais pas tout ira bien et je t'appelle ce soir.

Il m'embrassa de nouveau et je pouvais sentir son appréhension dans ce baiser. Puis je partis retrouver mon garde avec ma valise. Il s'en empara et nous allâmes à la rencontre de Sulpicia qui arriva entourée par Santiago et Jane. Ce que j'aimais chez Sulpicia c'est qu'elle était très humaine si je puis dire. Elle s'arrangeait toujours pour que tout le monde trouve son avantage. C'était la raison pour laquelle elle m'avait demandé qui j'emmenais avec moi car si j'avais répondu Rosalie elle aurait choisi Alec pour nous accompagner.

-Pressée de partir découvrir le monde ? Me demanda-t-elle taquine.

-Prête à le conquérir, rétorquai-je tout sourire. Félix était à la voiture avec Afton.

-Nous prenons deux véhicules ? demandai-je.

-C'est le protocole Bella. Nous sommes six et à moins de prendre un limousine il n'y a que cinq place dans nos berlines.

-Et nous devons sous aucuns prétextes nous éloigner de vous, ajouta Démétri qui avait dû anticiper ma réponse.

Ce qui me fit sourire. Il m'ouvrit la porte arrière d'un des véhicules. L'allée jusqu'à l'aéroport se passa tranquillement nous discutâmes cinéma avec Félix principalement car Démétri était trop sérieux et je dirais même, distant. Je pense que c'était sa façon à lui de gérer son angoisse. Moi je savais que tout se passerait bien mais je pense que tout ce que l'on pourrait lui dire ne l'apaiserait pas.

Nous prîmes place dans le jet privé de la famille. C'était mon tour d'être angoissée, dès que j'entendis les moteurs se mettre en marche et augmenter leur ronflements au fur et à mesure que l'avion prenait son élan. Je pensais que le fait que je sois devenu un vampire indestructible en tout cas quasiment indestructible serait venu au bout de cette angoisse. Mais il fallait croire que certains aspects de notre humanité nous accompagnaient dans l'éternité.

-Ça ne va pas Bella ? Me demanda Sulpicia.

-Je pensais m'être débarrassée de certaines de mes phobies en devenant vampire mais il faut croire que non, répondis-je.

-Tu as peur de l'avion ? Me demanda-t-elle amusée. Ce qui me m'agaça légèrement je devais l'avouer.

-Si Dieu avait voulu que nous volions ils nous aurait pourvu d'ailes. Ce n'est pas une aptitude normale de voler en tout cas pas pour nous et je crois que mes capacités vampiriques ne changerons pas cette donnée. Je vis Démétri se lever et m'apporter un objet qu'il me tendit. Je le regardais sceptique, c'était un iPod.

-Comme chez de nombreuse personne, c'est le bruit des réacteurs qui doit vous perturber. Cela ne camouflera pas le son mais vous pourrez détourner votre attention avec la musique.

-Tu n'en as pas besoin toi ?

-Non je ne crains pas l'avion et en plus pour moi ce ne serait pas très efficace. La musique c'est juste pour passer le temps.

-Merci Démétri, lui dis-je en m'emparant de son appareil.

Je positionnais les écouteurs dans mes oreilles, et l'allumais. Je sursautais lorsque la musique démarra, ce qui le fit sourire clairement amusé.

-Qu'est-ce que c'est ? Lui demandai-je ne connaissant pas ce morceau un peu « fort » pour moi.

-Cryin' d'Aerosmith, répondit-il toujours avec ce sourire. Laissez la musique se dérouler vous devriez aimer. Il y a peu de gens qui n'aime pas Aerosmith, m'indiqua-t-il.

Je remis les écouteurs et me calais dans mon siège alors que l'avion amorçait son décollage. Je fermais les yeux et me concentrais sur la musique et effectivement elle ne me déplaisait pas, bien que ce n'est pas ce que j'écoutais en temps normal. Mais là au moins elle avait eu l'avantage d'atténuer le son des réacteurs. Et il avait raison ce sont bien eux qui m'angoissaient. Le voyage se déroula sereinement.

J'avais remercié Démétri pour son prêt, et j'avais pu à certain moment discuter avec Sulpicia. Elle me raconta un peu sa vie d'avant au château et elle m'avait remercié d'avoir suggéré à Aro un rôle au sein de la communauté car le temps lui paraissait un peu moins long et monotone maintenant qu'elle avait une tâche à accomplir. J'en étais heureuse pour elle et je suppose que le fait de rester des siècles sans rien faire devait être pesant au bout du compte.

Nous atterrîmes enfin j'aurais voulu requérir aux écouteurs de Démétri encore une fois mais je devais dépasser mes craintes en tout cas en présence de Sulpicia. Car il était assez impoli de ma part de devoir l'ignorer plus que je ne l'avais fait lors du décollage. Bien qu'elle m'avait certifié qu'elle comprenait.

Une fois au sol et sortis du jet un couple de vampires nous accueillirent, ils paraissaient avenant et conviviaux. Ils s'approchèrent de nous et la femme blonde tout en rondeur prit Sulpicia dans ses bras avec vigueur. Ce qui me fit sourire car Sulpicia avait totalement disparut dans l'étreinte de son amie. Son homologue blond et tout aussi imposant s'approcha de moi, je pris peur je me demandais quel sort il allait me réserver. Moi qui trouvait Félix imposant, je le trouvais presque normal à côté du vampire russe. Il n'eut pas le privilège de m'approcher d'avantage que Démétri d'un mouvement vif et rapide s'interposa entre le géant et moi. Félix l'avait rejoint et tous deux avaient adopté une position défensive avec des grognements plus que dissuasifs à l'encontre du vampire russe. Ce dernier s'arrêta net et se soumit comprenant qu'il ne pourrait pas m'approcher.

-Démétri, Félix ça suffit ! Leur ordonna Sulpicia. Matvey est un ami il ne fera aucun mal à Bella.

-Je suis désolé, s'excusa le géant. Je ne voulais pas que vous vous sentiez agressée. C'est une tradition chez nous d'accueillir chaleureusement nos invités, s'expliqua-t-il avec un fort accent.

-C'est moi qui vous présente mes excuses, mes gardes sont un peu trop zélés. Lui rexpliquai-je pour rétablir une bonne humeur dans ces retrouvailles. Il me sourit avec bienveillance.

-Bien Matvey, Lidyia, je vous présente Isabella Volturi compagne de Caïus Volturi. Bella voici mes plus vieux amis, Matvey et son épouse Lidyia.

-Je suis enchantée, leur répondis-je en dépassant mes gardes pour aller leur serrer la mains.

Mais contre toute attente Matvey me prit dans ses bras et j'eus droit au même traitement de faveurs que Sulpicia plus tôt. Ce qui fit grogner Démétri qui s'était rapproché dangereusement du géant russe.

-C'est bon Démétri, tout va bien. Lui dis-je pour le calmer.

Il cessa de grogner mais pas de toiser l'homme qui me tenait dans ses bras. Il me relâcha sans porter attention à mon garde et déposa un baiser sonore sur ma joue.

-Bienvenue en Russie, me dit-il.

Si j'avais pu je crois que j'aurais été écarlate devant un tel accueil. Sa compagne me prit à son tour dans ses bras avec autant de vigueur que son mari. Avant que Démétri ne se fasse entendre je lui jetais un regard pour l'inciter à se taire, ce qui le renfrogna. Il était tout de même proche de moi, prêt à intervenir, si pour une raison ou une autre quelque chose devait se passer.

-Nous allons vous conduire dans notre maison, le reste du clan nous y attend. Je me ferais un plaisir de vous servir de chauffeur, m'informa Matvey.

-Et j'en serais heureuse. Vous pourrez me détailler votre clan de cette façon, rétorquai-je.

-Tiens-toi correctement mon chéri parce que je pense que ses gardes t'ont bien à l'œil, le taquina sa compagne en l'embrassant.

-Je saurais me comporter comme un gentil homme, lui dit-il.

-Je te le conseille, lui rétorqua Sulpicia avec un sourire amusé. Parce que Démétri n'a pas apporter son légendaire sens de l'humour aujourd'hui. Je lui souris et retournai mon sourire à mon traqueur qui ne sourcilla pas, restant enfermé dans son rôle de garde, le visage impassible.

Matvey nous précéda jusqu'à son véhicule alors que Sulpicia discutait joyeusement avec son amie. Je voyais qu'elle était heureuse de la retrouver, et cela me ravissait. Matvey m'ouvrit la porte passager j'allais pour y prendre place lorsque Démétri me retint par le bras. Je le regardais surprise.

-Vous vous installerez à l'arrière avec moi, me dicta-t-il.

-Démétri...

-Vous m'aviez promis maîtresse.

-D accord, acquiesçai-je de mauvaise grâce.

-Félix prend place devant, lui ordonna mon traqueur. Le géant russe nous regardait agir sans émettre la moindre parole.

-C'est pour moi cette mesure de sécurité ? Demanda-t-il abruptement à mon traqueur. Je voyais bien que la réaction de mon garde l'avait vexé.

-Non cela n'a rien à voir avec vous Matvey. Seulement mon compagnon n'était pas très favorable à ce que je fasse ce voyage. Et donc mon garde ainsi que le sien, lui expliquai-je en désignant respectivement Démétri et Félix. Ont pour ordre de resserrer la surveillance autour de moi. Ils auraient réagit de la même façon si j'étais montée avec votre épouse. Il parut soulagé et je le vis m'adresser un regard plein de compassion, ce qui me toucha je devais l'avouer.

Je pris donc place à l'arrière à côté de mon traqueur. Durant le trajet je m'acquittais de lui demander le plus d'information possible sur son entente avec Aro et Sulpicia. Il m'expliqua que sa femme et Sulpicia s'étaient rencontrées et avaient été nomade ensemble avant qu'il ne les rencontre. Il a tout de suite été épris de Lidyia, et ils ne se sont jamais quittés depuis, et cela dure depuis près de deux siècles à quelques décennies près. Puis peu de temps après Sulpicia à fait la connaissance d'Aro et elle est parti avec lui. Je comprenais mieux pourquoi elle était aussi proche de Lidyia.

Nous arrivâmes à destination qui se trouvait être un peu à l'extérieur de Tiksi. Un grand manoir perdu au milieu d'une foret luxuriante nous faisait face. J'aimais cette atmosphère isolée au milieu de la nature, je me sentais étrangement à l'aise ici. Démétri n'avait pas ouvert la bouche depuis l'aérodrome où notre jet s'était posé et je dois dire que son inquiétude m'irrita quelque peu car je n'aimais pas du tout ce côté trop rigide qu'il avait. Il n'avait pas été comme ça la fois où nous l'avions rencontré à l'aéroport avec Rosalie.

-Démétri détends-toi s'il te plaît. Tout va bien. Lui dis-je à lui seul bien que je savais pertinemment que tous m'entendaient.

-Je suis désolé maîtresse mais vous savez que je n'ai pas le droit à l'erreur, il ne me le pardonnerait jamais.

-Il n'est pas là et tout va bien nous sommes avec des amis de Sulpicia rien de mal ne peut arriver ici.

-Je vais me gérer, me répondit-il. Mais je savais que c'était peine perdu j'avais appris à le connaître depuis tout ce temps et je savais qu'il était buté.

Il ferait en sorte de ne plus se faire remarquer c'est tout. Devant le manoir trois autres vampires nous attendaient. Deux mâles et une femelle tous blonds également. Sulpicia s'approcha avec Jane, Santiago et Lidyia. Nous suivîmes avec mes gardes et Matvey.

-Bonjour, nous accueillit l'un des deux mâles blonds avec un sourire enjôleur. Je suis Yulan, voici Nikoleï et Katya, présenta le jeune homme.

-Yulan comme vous pouvez le remarquer par vous même est le beau parleur de notre clan, ajouta Lidyia. C'est également le dernier arrivé parmi nous.

-Effectivement je ne le connaissais pas, repris Sulpicia. Je suis Sulpicia Volturi femme et compagne d'Aro Volturi. Et Voici Isabella Volturi compagne de Caïus Volturi, nous présenta Sulpicia.

-Quelle dommage qu'une si belle Déesse soit déjà conquise, je n'ai décidément pas de chance, se plaignit Nikoleï en me couvant du regard. Ce qui attisa l'irritation de Démétri qui le fit savoir en grognant.

-Et voici Démétri et Félix mes gardes, renchéris-je à l'intention particulière du don Juan de service. Ainsi que Jane et Santiago, repris-je pour présenter également les gardes de Sulpicia. Au nom de Jane tous se raidirent ce qui amena un sourire sur les lèvres de la seule garde féminine.

-Nikoleï je serais toi je me tiendrais à distance raisonnable de Bella... Je peux t'appeler Bella ? Me demanda soudainement Lidyia.

-Oui bien évidemment, lui rétorquai-je.

-Donc tiens toi à bonne distance de Bella car ses gardes ne sont pas très compréhensifs avec sa sécurité et l'approche des mâles apparemment.

-Non effectivement, reprit Démétri en toisant Nikoleï dans les yeux le défiant de s'approcher. Même moi je sentais son excès de testostérones.

-Et si tu me montrais ta belle maison, coupa Sulpicia lançant un regard d'avertissement à Démétri.

Nous pénétrâmes dans la magnifique demeure à la suite de nos hôtes, après un rapide tour du propriétaire délaissant les caves nous prîmes place dans le salon.

-Pouvez-vous nous dire pourquoi vos yeux sont différents des nôtres ? me demanda Yulan avec un intérêt particulier. Je l'avais vu me scruter avec attention lors de notre arrivée et aussi lors de la visite de la maison.

-Je suis végétarienne, donc ma particularité alimentaire se remarque sur la couleur de mes yeux.

-Oh et comment faites-vous pour être végétarienne ? Demanda Katya.

-Je ne me nourrie pas de sang humain, je chasse les animaux, répondis-je naturellement.

-Que c'est intéressant, mais comment faites-vous avec l'odeur? Car les animaux ont une odeur assez forte.

-On s'y fait à force, rétorquai-je.

-En tout cas même si je doute pouvoir arriver un jour à chasser les animaux. Je dois avouer que cette particularité vous sied merveilleusement. Vos yeux sont tout simplement magnifique, tout comme vous si je puis me permettre.

Je sentis Démétri se tendre à mes côtés. J'étais installée dans un fauteuil et Démétri se tenait debout à ma droite, je lui attrapais son bras avant qu'il ne lui saute à la gorge. Car il est vrai qu'il était peu discret et qu'il ne cessait de me dévisager à tel point qu'il en arrivait à me gêner. Et bien entendu cela n'avait échappé à aucun de mes gardes, car je voyais bien que Félix aussi avait revêtu son masque de « méchant » comme j'aimais à l'appeler, car quand il faisait cette tête là on avait pas vraiment envie d'aller le titiller.

-Merci Yulan. Répondis-je simplement, en cherchant un soutien auprès de Sulpicia. Je n'étais pas très à l'aise face aux compliments surtout lorsque je sentais que ces derniers étaient intéressés.

-Nikoleï, Katya et Yulan allez chercher la mise en bouche de bienvenue, Démétri grogna.

-Qu'est-ce qu'il y a ? Demandai-je à mon traqueur.

-Ce sont des humains maîtresse.

-Oh je vois.

-Nous sommes désolés. Nous ne connaissions pas votre régime alimentaire sinon nous aurions prévu pour vous. S'excusa Matvey.

-Et c'est entièrement ma faute dans ma joie de vous revoir j'ai oublié de parer à cette petite tradition, s'excusa Sulpicia.

-Ce n'est pas grave je vais aller faire un tour à l'extérieur et explorer votre jolie forêt. Déclarai-je pour les déculpabiliser. Je me levais et allais pour sortir.

-Me permettez-vous de me joindre à vous ? Demanda Yulan.

-Ne vous souciez pas de moi Démétri va me tenir compagnie. Lui rétorquai-je espérant qu'il saisirait la subtilité que je ne souhaitais pas spécialement sa présence.

-Ce serait un honneur pour moi de partager un peu de votre temps. Et puis pour être tout à fait franc j'aimerais que vous m'en appreniez d'avantage sur votre régime alimentaire et vos chasses. Ce doit être très intéressant et puis cette diversité de goût que cette opportunité vous offre. Je suis assez curieux, insista-t-il.

Je ne pouvais décemment pas lui dire non, il était notre hôte et cela aurait été malpolie. De plus je me devais de représenter mon compagnon et son statut de roi. Je n'avais pas vraiment le choix.

-D'accord j'accepte votre proposition. Il me tendit son bras en gentlemen, que je pris non sans réticence je devais l'avouer. Démétri nous emboîta le pas, mon « chevalier servant » se retourna.

-Tu peux profiter des festivités, je ne lui ferais aucun mal, lui fit part Yulan.

-Ma place est auprès de ma maîtresse et elle seule me donne des ordres, répliqua Démétri assez durement.

-Je pense que ta suspicion à l'égard de mon clan concernant nos intentions vont finir par nous vexer, lui retourna à son tour Yulan. Sans compter le fait que ce cadeau de bienvenue est une tradition à laquelle les miens attachent beaucoup d'importance.

-Démétri reste ici je ne m'éloigne pas. Je reste dans la périphérie de ton audition, tu pourras m'entendre à tout moment. Nous ne devons pas vexer nos hôtes, Caïus et Aro seraient d'autant plus contrariés. Je le vis se renfrogner il n'avait apparemment pas l'intention de me laisser seule avec Yulan.

-Démétri elle ne risque absolument rien avec moi, nous restons sur la propriété. Lui annonça Yulan d'une voix apaisante et doucereuse.

Je vis Démétri abandonner la partie ce qui me surprit mais il devait essayer de me faire confiance. J'avais bien l'intention de saisir cette opportunité pour lui montrer que je saurais être raisonnable et disciplinée.

Nous sortîmes avec Yulan et nous nous dirigions tranquillement vers l'orée de la forêt, je sentais une petite rivière à proximité. Nous allions y prendre place. Je savais que Démétri pouvait encore m'entendre à cette distance et qu'il serait le seul d'ailleurs.

-Il est très protecteur votre garde... Plus que les autres d'après ce que j'ai pu constater, commença le vampire russe.

-Oui Démétri est très attentionné et précautionneux, surtout lorsqu'il s'agit de moi.

-J'ai remarqué oui effectivement. Et il doit avoir beaucoup de travail avec un maîtresse comme vous. Vous êtes sublime même pour un vampire.

-Je vous remercie. Mais si vous pouviez cesser vos compliments, ils me gênent, lui avouai-je sans détour.

-Il ne le faut pas surtout lorsque c'est sincère. Je dois avouer que je suis particulièrement attiré par vous, vous avez une force d'attraction des plus déroutantes, me dit-il en approchant son visage du mien.

-Que faites-vous ? lui demandai-je abruptement en me reculant.

-Je vais vous embrasser, et vous vous laisserez faire parce que vous en avez tout autant envie que moi, me dit-il.

Je me relevais rapidement ce qui le surprit. Mais j'avais senti une attaque similaire à celle que j'avais déjoué avec l'envoyée des roumains. Il avait un don, un pouvoir hypnotique je dirais de part les propos qu'il me tenait. Je voyais bien qu'il était surpris de ma réaction et inquiet, il s'attendait vraiment à ce que je l'embrasse avec « envie ».

-Bella que vous arrive-t-il ? Je ne vous veux aucun mal. Je sais que vous ressentez cette attraction entre nous, cette tension qui ne demande qu'à être dissipée. Personne n'en saura rien, me dit-il en se levant. Mais de nouveau je sentais cette pression contre mon bouclier.

-Je sais que vous avez un pouvoir. Il ne fonctionne pas sur moi, l'avertis-je. Je le vis se rembrunir. Vous devriez vous reculer, car je vous ressens comme une menace et mon traqueur ne va pas tarder d'arriver.

-Il ne le fera pas, m'avertit-il. Et personne ne me résiste et vous ne serez pas la première à le faire, il s'avança j'allais m'échapper mais il fut beaucoup plus rapide que moi. Il m'attira contre lui.

-Démétri ! hurlai-je pour qu'il se dépêche d'arriver.

-D'une part il ne peut pas nous entendre et en plus je pense que mon frère a saisi mes intentions et il ne pourra pas se libérer de son pouvoir.

-Comment ça ? Demandai-je paniquée.

-Mon frère peut bloquer et empêcher les gens de faire ce qu'ils veulent. Donc en ce moment Démétri doit être bien sagement dans le salon de la maison à nous attendre... Il m'embrassa de force. Je gardais mes lèvres bien scellées, l'empêchant d'entrer dans ma bouche alors que ses bras étaient autour de moi m'empêchant de me débattre ou de fuir.

Puis l'espoir apparut lorsque j'entendis avant de voir un puissant rugissement. Dans la seconde qui suivit je fus projetée au sol dans la collision du corps de mon traqueur contre le mien et celui de mon agresseur. Les grognements ne cessèrent pas ils se battaient avec une telle ferveur que cela m'effraya. Mais Démétri était plus agile, plus vif et plus expérimenté et cela se vit car rapidement le corps du russe gisait démantibulé à mes pieds.

-Démétri, l'appelai-je doucement.

Lentement et surtout avec prudence car sur l'instant il me faisait vraiment peur. J'avais peur qu'il ne se contrôle pas et qu'il s'en prenne également à moi, car sa fureur était telle que je ne savais pas encore s'il était capable de me distinguer normalement. Il me darda de son regard dur, je me tassais encore plus. Il s'approcha, je priais intérieurement qu'il ne me fasse pas de mal car son grognement ne s'était pas arrêté. Il était toujours furax et je crois qu'il avait perdu son combat contre son démon.

Mais contre toute attente il me prit dans ses bras dans une étreinte étrangement douce et protectrice. Je me sentis soudainement mieux et protégée, je savais que plus rien ne pourrait m'arriver tant qu'il restait là me prenant dans ses bras. Cette sensation de bien être était étrange mais comment pouvait-il en être autrement ? Il venait de me sauver d'une probable agression. Peu de temps après tout le monde arriva et ils virent tous Yulan en pièces à nos pieds. Démétri ne relâcha pas son étreinte, et je crois que cela était plus prudent pour Nikoleï. Mon traqueur le toisait avec son regard le plus mauvais même Félix était moins impressionnant que Démétri en cet instant.

-Qu'est-ce qu'il s'est passé ? Demanda Lidyia avec appréhension et angoisse.

-Yulan a essayé de se servir de son pouvoir sur moi pour me contraindre à céder à ses avances, leur répondis-je.

-Yulan n'a pas de pouvoir, répliqua Katya agressive.

-Et moi je vous certifie du contraire. Il a un pouvoir hypnotique je pense.

-Nous le saurions si c'était le cas, reprit Lidyia.

-Écoutez je n'ai pas pour habitude d'avancer des choses dont je ne suis pas sûre. Je suis un bouclier mental et je peux affirmer que Yulan a bel et bien essayé de me contraindre avec son pouvoir. Et Nikoleï a même utilisé le sien sur mon traqueur afin permettre à son frère de pouvoir arriver à ses fins.

-C'est vrai ? demanda Matvey au bloqueur d'esprit.

-C'était juste pour tenir son garde que je trouvais un peu trop protecteur afin de laisser une opportunité à Yulan. Je ne savais pas qu'elle n'était pas consentante, elles le sont toutes habituellement.

-Et pour cause, il les conditionne pour cela, crachai-je.

-Je n'arrive pas à y croire ! déclara Katya.

-Et moi je peux vous assurer que Bella n'est pas le genre de personne à créer des problèmes s'il n'y en a pas, intervint Sulpicia.

-Sulpicia s'il te plaît épargne-le, il est comme mon fils, implora Lidyia à son amie.

-Je suis désolée Lidyia mais ce n'est pas à moi qu'il a fait offense. Ce n'est donc pas à moi de décider de son sort, répondit Sulpicia attristée.

-Bella s'il vous plaît...

-Vous vous rendez compte qu'il vous manipule depuis des années ? lui rétorquai-je.

-Nous en avons conscience, mais nous l'aimons comme notre fils, renchérit Matvey. Et maintenant que nous sommes au courant de son pouvoir il ne pourra plus nous manipuler aussi facilement.

-Je veux voir comment est son pouvoir avant de prendre une décision, répliquai-je. Santiago peux-tu le reconstituer s'il te plaît ?

-Oui maîtresse, et il s'activa.

Je m'étais retirée des bras de Démétri car notre proximité n'était pas très recommandée de par mon statut devant des étrangers qui plus est. Mais il resta si prêt dans mon dos que je pouvais sentir son souffle dans mes cheveux. Yulan fut reconstitué rapidement, il lui fallu néanmoins cinq bonnes minutes pour pouvoir avoir des mouvements cohérents et retrouver ses esprits correctement. Lorsqu'il nous vit il comprit que rien ne s'était passé comme il l'avait souhaité. Je pris tout le monde sous mon bouclier excepté lui car je voulais voir avant toute chose si son pouvoir était général ou non. Car hormis le fait qu'il l'utilise pour assujettir des femmes à ses fins personnelles, il fallait voir s'il pouvait être un danger pour notre famille. Si les Roumains mettaient la mains dessus je ne doute pas qu'avec un pouvoir pareil ils pourraient nous prendre à défaut, surtout s'ils s'en servaient avec ruse.

-Yulan est-ce que ce que nous a dit Bella est vrai ? As-tu un pouvoir hypnotique ?

-Non, répondit-il. Je sentis une nouvelle attaque seulement sur la personne de Lidyia.

-Ce n'est pas très convaincant, le provoquai-je.

-Je n'ai de pouvoir, répondit-t-il et de nouveau un pic mais seulement sur Lidyia.

-Je pense que son pouvoir n'est pas général, il ne peut toucher qu'une seule personne à la fois. Il grogna alors que mon traqueur s'interposant entre lui et moi grognant de nouveau. Le russe se soumit et cessa ses grognements.

-Isabella s'il vous plaît épargnez-le, me supplia Katya en se mettant à genoux à mes pieds.

-S'il ne recommence plus à se servir de son pouvoir pour contraindre les femmes afin d'assouvir ses pulsions. Je pense que je pourrais effectivement l'épargner, sachant qu'il n'est pas un réel danger pour notre famille. Mais seulement parce que vous êtes des amis de Sulpicia.

-Je vous promets que je ne recommencerais plus jamais.

-Ta parole ne me suffira pas, répliquai-je sèche.

-Nous allons rentrer à Volterra, soupira Sulpicia résignée.

-Non Sulpicia profite de ton moment avec tes amis. Moi je rentre avec Félix et Démétri cela rassurera Caïus et j'aurais le temps de le préparer à votre venue. Tu passeras dans les mains d'Aro et s'il s'avère que tes intentions sont douteuses il le saura et à ce moment là ta sentence sera la mort. Tu as deux jours pour te décider et surtout te tenir à tes engagements car Aro saura si tu essaies de nous tromper.

-S'il est sincère il pourra s'en sortir ? Demanda Katya.

-S'il l'est il s'en sortira vivant je vous en donne ma parole, rétorquai-je. Le concerné baissa la tête avec gratitude et remords. Félix va chercher mes affaires nous repartons, lui ordonnai-je. Il hocha la tête et partit en direction du manoir.

-Merci Bella, me dit Sulpicia.

-Rien n'est encore fait, lui rétorquai-je.

-Je sais mais tu lui donnes l'opportunité de pouvoir revoir son positionnement concernant son pouvoir. Et ainsi une chance à mes amis de garder leur fils. Surtout que je sais ce que cela te coûte toi qui attendait tellement de cette première sortie. Et te voilà contrainte de rentrer plus tôt au château pour tenter de calmer Caïus qui plus est.

-Merci beaucoup Bella, me gratifia Matvey avec reconnaissance. Tenez, prenez ma voiture pour retourner à l'aérodrome laissez les clefs dessus je la récupèrerais plus tard.

-Merci à vous, Démétri s'empara des clefs et nous pûmes partir.

Je savais que cela ne serait pas une mince affaire. Caïus allait m'enfermer dans notre tour jusqu'à la fin des temps. J'espérais toutefois que le fait que je sois rentrée aussitôt jouerait en ma faveur. Et qu'il me ferait un peu plus confiance ainsi qu'à Démétri et nous permettrait de pouvoir sortir de temps à autre du château.

Missions

Chapitre 15 : Missions

Pov Démétri

Elle venait de se blottir contre moi, et rien au monde ne pouvait être aussi réconfortant. J'aimais ces moments privilégiés auxquels j'avais droit de temps à autres. Bella était très tactile et ce protocole l'obligeait à prendre des distances avec tout le monde et même avec sa sœur. Elle ne pouvait plus l'étreindre comme elle le souhaitait mais elles se débrouillaient toujours pour se retrouver seules quelques instants par jour pour se comporter en sœurs et cela leur plaisait à toutes les deux. Avec moi aussi elle était « tactile » bien que pour moi c'était différent pour deux raisons. La première je devais faire en sorte de ne pas déraper lorsqu'elle me touchait ou déposait un baiser sur ma joue. Et la deuxième je devais redoubler de vigilance car si Caïus venait à nous tomber dessus il ne chercherait même pas à comprendre, ni à prendre en considération le tempérament de sa compagne et ce serait catastrophique. Et d'ailleurs c'est toujours cette deuxième pensée qui faisait que j'arrivais à me contenir un minimum.

Je respirais sa magnifique fragrance qui demeurait toujours un mystère pour moi en fin la plupart du temps car malgré les entraînements elle n'arrivait toujours pas à baisser son bouclier comme bon lui souhaitait. Mais j'avais pu l'espace de quelques secondes m'emparer de son odeur qui était différente des autres. Car le point la représentant dans mon esprit lorsque j'avais pu saisir son essence était différente de toutes celles que j'avais capturé jusqu'à maintenant. La sienne était lumineuse presque éblouissante. Était-ce parce que j'en étais amoureux? Ou parce qu'elle était l'une des rares être insaisissable à mon pouvoir?

Elle dut m'entendre j'avais été moins prudent. Merde ! Elle se saisit un centième de seconde puis se détendit et se fondit encore un peu plus dans mon étreinte, je ne pus empêcher mes mains de caresser son dos. Cette situation me mettait dans un état pour lequel il me faudrait certainement plusieurs jours afin de m'en remettre. Mais je prenais tout ce que je pouvais. Je ne pensais déjà pas que je puisse avoir une chance pareille. La voir tous les jours, être avec elle en permanence était une chance inespérée pour moi. Elle avait choisi Rosalie en première garde mais c'est moi qu'elle appelait lorsqu'elle avait un besoin. Je ne savais pas si c'était parce qu'elle appréciait ma présence ou bien le fait qu'elle veuille laisser Rosalie avec Alec. Le fait est que je ne m'en plaignais pas.

Lorsque Caïus lui avait interdit de prendre ses deux gardes pour partir en Russie chez les amis de Sulpicia. J'étais persuadé qu'elle allait choisir sa sœur, mais contre toute attente encore une fois elle m'avait choisi moi. Ce qui bien sûr n'avait pas plu à Caïus. Mais elle était obstinée et quand elle avait une idée elle s'y tenait. D'ailleurs j'étais leur principal sujet de dispute, mais elle n'en démordait pas et elle ne transigeait jamais à mon sujet. J'étais fier quelque part d'être aussi important pour elle, même si ce n'était pas dans le sens que je l'aurais souhaité mais au moins j'étais avec elle.

Elle s'écarta de mon étreinte je voyais que quelque chose clochait dans son regard mais apparemment elle ne voulait pas en parler. Je savais que le moment venu elle viendrait en discuter toute seule, il fallait seulement être patient. Elle me souhaita rapidement une bonne journée après m'avoir signifié que demain nous reprendrons les entraînements. Elle était contrariée de par sa sortie ratée en Russie et sa dispute avec Caïus qui lui avait reproché d'avoir été trop indulgente avec ce russe. Avis que personnellement je partageais, mais je n'aurais jamais mis Bella dans cet état. Il avait été un peu rude avec elle et j'ai même cru qu'il allait falloir que j'intervienne. C'est Aro qui avait sorti Bella de cette situation m'évitant ainsi de m'emporter contre le compagnon de la femme que j'aimais. Je savais que cette situation était dangereuse et qu'un jour nous ne pourrions pas éviter l'affrontement, et je remerciais ma bonne étoile d'avoir toujours eut une échappatoire. Pas que je sois un pleutre mais je savais pertinemment que même si j'avais le dessus physiquement sur Caïus et encore ce n'était pas une certitude, je mourrais de toute façon. Mourir ne me faisait pas peur, ce qui me terrifiait c'était de devoir laisser Bella seule face à lui ou face à d'autres dangers car ils étaient nombreux.

Je repartis dans ma chambre, il fallait que je retire sa fragrance de moi au cas où Caïus vienne à m'appeler pour une raison ou une autre. Comme cela arrivait souvent depuis que j'étais au service de sa compagne.

D'ailleurs ce jour là je ne m'y attendais pas du tout et j'ai bien cru qu'il allait me tuer sur place. J'ai tout de même réfléchi avant d'accepter son offre. Pas à cause de Caïus, mais parce que cela signifiait que j'allais passer du temps avec elle. Et par le fait je ne pouvais plus me cacher derrière une fausse animosité pour pouvoir m'en détacher et cacher mes sentiments. Et puis je me suis dit que si je laissais passer cette opportunité je ne pourrais plus jamais être proche d'elle. Là au moins j'avais une excuse.

Je revois encore son visage lorsqu'elle m'avait appelé moi. Elle était soucieuse, anxieuse je dirais. Elle avait dû avoir peur que je la rejette devant tout le monde. Puis son soulagement lorsque je me suis agenouillé devant elle pour accepter son offre cela m'avait gonfler d'orgueil.

Ma douche prise je m'installais dans un de mes fauteuils avec un livre à la main, pas que j'aime spécialement lire mais au moins mon attention était moins sollicitée et cela me permettait de pouvoir m'évader dans mon esprit et de pouvoir penser à elle et au temps que nous passions ensemble.

Comme ce phénomène assez étrange, celui qui nous permettait de déchiffrer nos silences. Elle n'avait pas besoin de parler je savais à l'avance ce qu'elle voulait, pareil dans l'autre sens elle anticipait toutes mes actions. Comme lorsque j'avais failli me jeter sur Yulan parce qu'il la draguait devant tout le monde. Elle m'avait pris par le bras au moment même où j'allais me jeter sur lui. Puis son enflure de frère lorsqu'il m'avait bloqué avec son pouvoir, je ne pouvais plus aller la rejoindre alors que mon esprit se débattait comme il le pouvait. Et malgré qu'elle ne m'en veuille pas d'avoir tardé, moi je m'en voulais. Car je savais qu'il avait eu le temps de la toucher, et cela n'aurait jamais dû se produire. J'ai pu me libérer de cette emprise seulement à cause de ma jalousie, c'est seulement ce sentiment qui m'avait permis de me libérer de cette attache mentale. J'étais en train de me repasser encore une fois cette scène lorsque la voix d'Aro résonna à mes oreilles.

-Caïus j'aimerais que tu revoies ta position concernant le fait d'envoyer ta compagne en mission.

-Aro ce n'est même pas envisageable.

-Regarde comme elle s'est montrée raisonnable, elle aurait pu rentrer en même temps que Sulpicia. Si elle ne s'était pas déplacée nous n'aurions jamais su pour le pouvoir de ce Yulan car même sa famille n'en savait rien. De plus elle a agi aussi sagement et avec autant d'efficacité que son statut l'exige d'elle.

-Ça c'est ton avis, pour moi elle a été trop laxiste il aurait dû mourir pour cet outrage. Et puis c'est trop dangereux je ne supporterais pas de la perdre une seconde fois.

-Ce n'était pas elle Caïus et tu sais très bien que Bella est moins légère et insouciante que pouvait l'être Athenodora. Bella pense à toi et ton bien-être avant tout mais elle a besoin de s'épanouir également. Je l'entendis souffler car il savait qu'Aro avait raison.

C'est vrai que physiquement elles se ressemblaient beaucoup mais leur ressemblance s'arrêtait là. Car même si j'avais aimé et respecté ma première maîtresse qui était également ma créatrice. Il est vrai que Bella était plus réfléchi et moins personnelle et égocentrique que ma créatrice et l'épouse de Caïus.

-Je sais mais c'est difficile.

-Je crois qu'il faut que tu prennes en considération en plus du reste que Démétri est particulièrement attentif à Isabella lorsqu'ils sont en extérieur.

-Ce n'est pas vraiment le sujet qui m'encourage à revoir ma position Aro.

-Caïus j'ai lu son esprit et je peux t'assurer que personne d'autre n'aurait pu échapper à cette entrave mental qui le retenait. Il a été parfaitement consciencieux et attentif.

-C'est possible mais il n'en reste pas moins Démétri pour autant. J'ai perdu ma première et véritable compagne à cause de lui. Je ne tiens pas à réitérer l'expérience maintenant que j'ai retrouvé un semblant de vie.

-Ne sois pas aussi négatif d'une part il n'est en rien responsable, il a fait ce qu'il a pu pour la sauver et tu le sais. Je conçois qu'il te faille un responsable pour te sentir mieux et accepter la terrible vérité, mais le temps a passé et tu as refait ta vie. Il serait bien que tu concèdes que Démétri a fait ce qu'il a pu et que tu lui fasses confiance de nouveau. Je sais qu'il est dévoué à Bella encore plus qu'il ne l'avait été à Athenodora parce que comme toi il ne veut pas que cela vienne à se reproduire.

-Ça ne sert à rien je ne changerais pas d'avis concernant Démétri. Tu auras beau me détailler chacune de ses qualités s'il en a je ne me remettrais pas en cause, en tout cas pas pour Démétri. Pour Bella je veux bien tester une mission simple, sans danger et avec un des jumeaux présent. Juste pour voir comment cela se passe.

-Très bien je pense qu'elle sera heureuse. Nous en avons terminé pour aujourd'hui je te laisse le soins d'aller lui annoncer je pense que cela lui fera plaisir.

-Je n'en doute pas.

Je l'entendis partir pour retourner rejoindre sa pièce. Bella allait être aux anges elle qui attendait ce moment depuis qu'elle avait été officialisée, elle allait enfin pouvoir aller sur le terrain. Il faudra que je redouble de vigilance Caïus n'avait pas dans l'intention de me pardonner, de toute façon je le comprenais. Comment pourrait-il me pardonner alors que je ressens toujours cette culpabilité en moi ?

Le lendemain lorsque j'allais chercher Bella en bas de sa tour elle était guillerette et véritablement de bonne humeur. Elle me sauta dans les bras comme une gosse à qui l'on venait de faire le cadeau qu'elle espérait. Elle me prit par surprise mais je la rattrapais tout de même profitant d'une nouvelle étreinte en si peu de temps. J'aimais quand il la rendait heureuse car elle rayonnait, mieux que ça elle irradiait de bonheur.

-Tu devineras jamais ? Me dit-elle comme entrée en matière.

-Ce n'est pas avec moi qu'il faut jouer à ce jeu. Mais je suis content pour vous maîtresse, depuis le temps que vous attendiez pour partir.

-Tu me casserais presque mon plaisir, me dit-elle en déposant un baiser sur la joue. Baiser que pu entendre son amant qui descendait également car un grognement me parvint, elle roula les yeux.

Puis elle me prit par le bras afin de me conduire dans la salle d'entraînement. Elle brisait toutes les règles du protocole aujourd'hui et ouvertement en plus. Nous croisâmes plusieurs vampires dont les anciennes du clan des mégères comme aimait les appeler Bella. Elles baissèrent les yeux lorsqu'elles virent Bella mais je vis bien la colère qu'elles avaient dans leur regard. Bien évidemment Bella avait fait tuer Heïdi pour l'outrage qu'elle avait subi. De toute façon si ce n'avait pas été Bella, je l'aurais fait moi-même invoquant ce même droit. Jane m'avait détaillé les fameuses affiches et j'avais été frustré de ne pas avoir pu la tuer moi-même. Même si je ne doutais pas qu'elle fusse détruite dans d'atroces souffrances, vu que Bella avait accordé cette faveur à Jane.

Bella était d'humeur joyeuse ce qui pour l'entraînement s'avéra totalement inefficace, elle appela donc Félix et nous l'accompagnâmes en chasse. Les jours passèrent et l'euphorie de Bella s'était tari, elle attendait maintenant le moment où elle pourrait partir en mission. Sulpicia était rentrée avec ses « amis ». Et Aro avait pu toucher l'espèce de salaud qui avait osé toucher Bella. Caïus était dans la pièce et s'il me réservait des regards noirs en temps normal, ceux pour ce vampire étaient meurtriers. D'ailleurs il ne s'était pas caché du fait qu'ils resteraient tous en vie parce que sa compagne s'était avancée. Mais qu'il le surveillerait de très près et qu'à la moindre incartade il aurait le châtiment qu'il méritait pour avoir osé se servir de son pouvoir pour contraindre sa compagne. Je crois que cette seule menace eut son effet escompté car je les vis tous tressaillir devant la colère contenue mais visible du compagnon de ma maîtresse. Mais comme l'avais très judicieusement fait remarquer Aro à Caïus en privé. Maintenant le clan entier était redevable d'une dette de vie comme nous appelions ça dans notre monde. Elle portait ce nom car de par la grâce qui avait été accordé à leur clan ils seraient redevable tant que les maîtres ne feraient pas appel à eux pour un service exceptionnel.

Pratiquement un mois depuis l'annonce faite à Bella les maîtres nous convoquèrent. J'étais censé être de repos mais un ordre ne se discute pas même en congé.

J'arrivais et je vis qu'il y avait tous les maîtres, Bella sur l'accoudoir de Caïus. Heureusement qu'elle ne subissait plus les désagréments de l'inconfort. Il y avait aussi Félix, et Jane, je supposais donc que nous allions être mandatés pour une mission.

-Bien vous êtes ici car il se trouve que nous sommes confrontés à un petit problème qu'il nous faut résoudre. Rien d'exceptionnel seulement un petit rappel à l'un de nos débiteurs. Vous irez chez John Briscott. Démétri où se trouve-t-il en ce moment ? Me demanda Aro. Je me concentrais une petite minute pour pouvoir le situer correctement, voilà son point bleu s'illumina dans ma tête.

-En Irlande maître. Lui répondis-je.

Je vis les yeux de Bella s'illuminer. Je savais qu'elle était admirative de mon pouvoir et c'était un jeu auquel elle aimait bien jouer lorsque nous nous installions pour discuter après ses chasses. Elle me demandait toujours où était qui ? Et à chaque fois cela la stupéfiait. Elle me fit un sourire, j'aurais aimé lui répondre mais avec son conjoint à ses côtés il valait mieux éviter, surtout que ma présence avec eux voulait dire que je partais également. En plus Rose était elle aussi en mission avec Santiago et Corin pour un couple de vampires qui faisait un carnage au Portugal. Ils avaient apparemment un goût prononcé pour aller chasser dans les orphelinats. Et bien sûr Aro envoyait Rosalie dès que cela touchait des enfants nous connaissions tous sa frustration de ne pouvoir en avoir, et du coup elle rentrait dans des rages noires lorsqu'elle attrapait ces fumiers. Car nous avions beau nous nourrir d'humain nous ne touchions pas aux enfants.

-Donc je vous demanderais d'aller chez notre ami pour lui rappeler qu'il a toujours une dette en cours. Vous assisterez Isabella qui tiendra les négociations en temps que membre de la famille royale. Bien évidemment il ne la connait pas encore donc s'il vient à outrepasser les limites je vous permets de lui inculquer les règles de bonnes conduites. Démétri je sais que tu es en congé mais ta maîtresse ne voulait pas attendre demain pour retarder son départ et ne voulait pas partir sans toi non plus.

-Ce n'est rien de toute façon je n'ai rien de mieux à faire et je serais ravi de retourner en Irlande.

-Bien dans ce cas allez préparer vos affaires nous partons dans une heure, annonça la voix enjouée de ma maîtresse. Je souris à sa bonne humeur et je sortis avec tout le monde pour aller préparer mes affaires dans ma chambre.

Je rejoignis le bas de la tour et bien évidemment il la retenait et je sentais les odeurs de sexe jusqu'en bas. Je retenais un grognement de jalousie. Généralement j'évitais de laisser traîner mes oreilles lorsqu'ils étaient ensemble car aussi bien l'un que l'autre étaient totalement accroc au sexe. Je ne pouvais plus les écouter car cela me rendait malade de jalousie. Et j'étais reconnaissant qu'il n'y ait personne d'autre que moi et Aro à savoir ce que cela me faisait. Je savais qu'Aro garderait ça pour lui, et je crois même qu'il compatissait car certaines fois il avait des réactions surprenantes. Comme lorsqu'il avait vu que cette fameuse jalousie qui avait réussi à briser l'entrave mentale de l'autre russe, il ne l'avait pas révélé. Il avait juste déclaré que cela avait été un combat intérieur, que j'ai pu me sortir de cette entrave grâce à mon esprit. C'est ce que cela avait été mais ce qui m'avait largement aidé avait été ce sentiment violent. J'étais déjà obligé de la partager avec Caïus je n'allais pas tolérer que d'autres entrent en jeu, et ce sans son consentement. J'avais une place bien spécial dans sa vie, au-dessus de moi il y avait sa sœur et Caïus et je ne laisserais personne d'autre venir s'interposer.

Elle arriva avec son regard d'excuse, elle avait toujours le même lorsqu'elle se sentait obligée d'excuser le comportement de son conjoint. Nous avançâmes en silence alors qu'elle trépignait d'impatience de sortir de ce château pour partir en mission. Nous arrivâmes à la voiture Félix allait se mettre comme à son habitude au volant.

-Non Félix donne-moi les clefs. Demanda Bella.

-Pardon ? Demanda-t-il surpris.

-Donne-moi les clefs, répéta-t-elle s'impatientant.

-Maîtresse vous n'avez pas à conduire.

-Depuis que j'ai été transformée je n'ai pas touché un volant. Je veux conduire alors donne-moi ces clefs. Dois-je te l'ordonner ?

-Donne-lui les clefs Félix, intervins-je amusé.

Il s'exécuta et je pris la place passager le laissant s'installer derrière sous son air bougon avec Jane.

Elle prit le volant et démarra rapidement. Durant le trajet où nous discutions d'un peu de tout elle nous demanda.

-Comment est ce John Prescott ? Et je ne veux pas une version édulcorée Aro s'en est déjà chargé de celle-ci. Elle avait un don pour me divertir, j'aimais son approche.

-C'est un gros con, arrogant, prétentieux et pingre, clarifiai-je.

-Pourquoi est-ce qu'ils ne me résument jamais les situations de cette façon nous irions beaucoup plus vite ? Déclara-t-elle amusée.

Le voyage jusqu'en Irlande fut une vraie partie de plaisir, nous n'avions pas dans l'esprit de partir en mission, l'humeur était dans la détente et la bonne humeur. Nous débarquâmes dans un petit aérodrome que j'avais indiqué de par la localisation de Prescott. Nous arrivâmes et nous le trouvâmes rapidement. Bella avait revêtu sa robe qui indiquait son appartenance à la famille royale. Elle avança à la tête de notre groupe et j'étais à sa droite comme toujours, c'était ma place même si Rosalie était sa première garde elle s'était effacée naturellement pour me laisser ce privilège. Il se figea lorsqu'il nous aperçut.

-Oh ! Démétri, Jane, et Félix il semblerait que je vous ai oublié.

-Il semblerait effectivement monsieur Prescott, appuya Bella.

-Et vous êtes ? Je ne crois pas vous connaître.

-Et vous croyez bien monsieur. Je suis Isabella Volturi, je suis la compagne de Caïus Volturi.

-Mais n'a-t-il pas déjà une compagne ? Demanda-t-il curieux.

-Il serait bien monsieur Prescott de vous tenir informer de ce qu'il se passe au sein de votre communauté. Une parole telle que celle-ci en présence de mon compagnon vous aurait valu la vie, heureusement pour vous que je suis plus diplomate et tolérante.

-Veuillez m'en excusez. Il est vrai que je ne me soucis pas vraiment de ce qui se passe dans le monde.

-Vous nous inviterez bien chez vous le temps que l'on vous explique la raison de notre petite visite ?

-Mais bien évidemment, répondit ce dernier pas très à l'aise.

Il nous fit pénétrer dans un manoir richement décoré où je pus voir des toiles originales de grands peintres renommés, ce qui nous prouvait qu'il ne vivait pas chichement. Il nous invita à nous installer dans un salon où d'autres œuvres d'arts tout aussi originales trônaient.

-Vous avez une jolie collection d'œuvres d'arts monsieur Prescott dont certaines très renommées.

-Oui je suis féru d'art. Tout ce qui se rapporte à l'art sous toutes ses formes. Œuvres littéraires, peintures, sculptures...

-Ce qui tombe bien car je suis moi même très amatrice d'art. Le pauvre sot il venait de se faire manger tout cru alors qu'elle était assise depuis à peine une minute et le tout sans qu'il ne s'en soit rendu compte en plus. Aro apprécierait certainement son tact et son doigté.

-Bien vous savez certainement pourquoi nous sommes ici ? Nous n'allons pas tourner plus longtemps autour du pot.

-J'admets vous voir oublié mais vous comprenez entre mes recherches, le travail, je n'ai pas vu passer le temps.

-Soixante dix ans de silence, ce n'est pas rien monsieur Prescott.

-Comment clarifier nos accords chère Isabella ? Puis-je vous appeler Isabella ?

-Mais je vous en prie. Pour nos petits accords je pense qu'il serait convenable que vous nous remettiez la totalité du montant que vous nous devez avant que nous ne repartions. Cela permettra que l'on puisse garder de bons rapports dans l'avenir. Il serait dommage que nous soyons amenés à repartir contrariés vous comprendrez bien ?

-Oui c'est un effort que je suis prêt à consentir, il se leva et alla chercher un chéquier.

-Comprenons-nous bien Monsieur Prescott. La transaction à l'époque s'était effectuée en liquide. Je vous serais grée de bien vouloir nous rendre l'appareil.

-Oh je vois ! Excusez-moi mon manque de discernement. Je vais aller vous chercher cela dans le coffre. Donc pour être en accord je vous dois la somme de cinq cent mille dollars.

-C'est bien cela vous rajouterez un petit pourcentage de vingt pour-cent en dédommagement des années passées et de notre déplacement.

-Vous êtes rude en affaire Isabella, Dit-il comprenant qu'elle ne plaisantait pas.

-Je veille au bien-être des miens rien de plus monsieur Prescott. Chacun défend son propre intérêt.

-Donc va pour cinq cent mille plus vingt pour-cent. Si l'on convertit avec la valeur de l'époque...

-Non monsieur Prescott ! À la valeur actuelle !

-Pardon ! S'exclama-t-il. Mais c'est complètement hors de propos c'est bien au delà de ce que j'ai pu vous emprunter.

-J'en suis consciente monsieur Prescott. Seulement ma famille n'a pas attendu soixante dix ans pour vous donner l'argent dont vous aviez besoin à l'époque. Et si vous aviez tenu vos engagements et remboursé en temps et en heure cela ne vous aurait coûté que de petits intérêts. Hors là vous vous faites oublier et vous évitez d'entrer en contact avec ma famille, alors que vous nous êtes débiteur. Nous pourrions croire que vous essayer de nous duper et vous comprendrez que cela est intolérable pour mon compagnon et ses frères. Vous risquez certainement plus à vous entêter à vouloir ne pas nous rembourser que de payer la somme demandée. Une sorte de compensation pour le préjudice subi.

-Mais c'est que je n'ai pas cette somme sur moi au manoir.

-Oh que si vous l'avez.

-Je n'ai pas cette somme ici je le garantis.

-Dans ce cas aller chercher la somme dont vous disposez ici et nous allons trouver un arrangement suite à votre bonne foi.

Il hocha la tête dépité et il partit dans les escaliers menant aux étages. Bella se leva et alla faire un tour dans la bibliothèque elle s'arrêta devant une œuvre. Elle la prit et je vis pétiller ses yeux, je regardais l'auteur Jane Austin, ce qui ne me surprit pas. Je rangeais cette information dans un coin de ma tête et entendis le vampire ventripotent redescendre.

-Maîtresse ! L'avertis-je.

-Merci Démétri. Elle reposa le livre et retourna s'asseoir, au moment où il arriva avec une mallette. Il l'ouvrit.

-Il y a trois cent milles Dollars.

-C'est déjà un bon début, toutefois il nous en manque encore. Elle se releva et elle fit le tour de la pièce et s'arrêta devant un Rembrandt.

-Je pense que cette œuvre suffira à combler la différence.

-Mais vous n'y pensez-pas ! S'énerva-t-il en grognant. Jane l'immobilisa au sol avec son pouvoir, il hurla de douleur.

-Merci Jane je crois que monsieur Prescott a compris que nous ne plaisantions pas. Je suis extrêmement sérieuse monsieur.

-Elle vaut plus chère que le montant qu'il me reste à vous devoir.

-Oui j'en suis consciente mais votre tranquillité d'esprit ne mérite-t-elle pas ce petit sacrifice ? Il la regarda choqué. Puis au bout de cinq longues minutes il consentit.

-Très bien prenez-là.

-Je vois que vous êtes un homme avisé monsieur Prescott. Ceci dit je pense que vous pourrez de nouveau parcourir le monde sans avoir peur de nous. Nous sommes à jours de nos différents. Démétri peux-tu t'occuper de cette toile s'il te plaît ? Et je sais bien qu'il est inutile de te préciser d'y aller avec un extrême délicatesse c'est l'une de mes toiles préférées.

-Oui maîtresse, c'est effectivement inutile. Auriez-vous un étui de protection, Demandai-je à Prescott qui était translucide.

-Au premier dans le placard, répondit-il amorphe.

-Félix s'il te plaît, demanda Bella. Il hocha la tête et partit également.

Dix minutes plus tard nous étions partis de sa demeure avec beaucoup plus que ce qui était prévu au départ. Nous étions dans le jet.

-Maîtresse si vous pouvez me permettre vous êtes un requin, commença Félix.

-C'est bien la première fois que j'assiste à un infarctus vampirique, commenta Jane tout sourire et clairement amusée.

-Je dois avouer que je n'y suis pas allée de main morte, mais il m'a agacée. Il nous oblige à lui courir après pour lui réclamer une somme d'argent presque dérisoire quand on voit les œuvres qu'il a d'accrochées chez lui. Attention je suis heureuse d'être sortie et d'être en mission mais cela il n'avait pas besoin de le savoir.

-En tout cas je pense que vos méthodes vont beaucoup plaire à maître Aro. D'ailleurs attendez-vous à traiter ce genre de problèmes dorénavant, avançai-je à mon tour.

-En tout cas plus avec ce bon vieux Prescott, lui ne reviendra plus jamais rien demander à la famille, renchérit Jane.

Le voyage de retour se fit à l'identique de l'aller tout dans la joie et la bonne humeur. S'il n'y avait pas ce protocole nous aurions pu penser que nous étions de nouveau comme avant, enfin la bonne entente entre Bella et moi en plus. Il manquait seulement Rosalie et Alec et cela aurait été parfait.

Nous arrivâmes au château et nous allâmes dans les appartements d'Aro, ils s'y trouvaient tous. Sulpicia vint ouvrir à Bella et lui donna une accolade de bienvenue. Bella alla rejoindre le trio royal qui à n'en pas douter était en train de se transformer en quatuor car l'avis de Bella prenait de plus en plus de poids dans les décisions royales. Elle allait dans le sens du château, toujours les intérêts du château en priorité. Et cela plaisait à Aro qui avait la même vision et les mêmes principes de régences. Elle alla directement vers Caïus et c'est à ce moment où je repris place dans la réalité. Elle était à lui et c'est vers lui qu'elle rentrait, c'est à lui qu'elle réclamait son affection. Mon cœur se serra comme à chaque fois que je passais un moment avec elle et que je la voyais revenir vers lui. C'était écœurant et étouffant.

-Alors comment s'est passé cette mission ? demanda-t-il.

-Merveilleusement bien. J'ai tout récupéré et ramené.

-C'est parfait. Elle tendit la mallette et me fit signe pour que j'apporte l'étui, ce que je fis puis je retournais à ma place attendant de savoir ce que je devrais faire. Il ouvrit la mallette et sortit la toile de son étui.

-Mais c'est merveilleux ! Dit-il plein d'admiration. Jane approche s'il te plaît, elle s'exécuta et lui tendit la main sachant pertinemment ce qu'il souhaitait. Il la prit et pendant sa lecture je pouvais voir son sourire s'élargir.

-Effectivement ton garde a raison Isabella je vais te confier toute nos taches financières et nos négociations. Le pauvre Prescott il ne va jamais s'en remettre, rit-il.

Il expliqua à ses frères le déroulement de l'entretient et le bénéfice que Bella avait fait de par sa transaction. Et je vis même de la fierté dans le regard de Caïus.

Comme je le pensais Bella avait eu à effectuer plusieurs mission de cette ordre à tel point que sa renommée la précédait et que beaucoup des nos débiteurs venaient régler rubis sur l'ongle leurs dettes avant même que Bella ne se déplace car si elle le faisait ils savaient qu'elle ne se déplacerait pas pour rien. Tant et si bien que pour la première fois depuis de la formation de notre constitution vampirique le château n'avait plus d'argent à l'extérieur, nos caisses avaient été toutes renflouées et tout ça grâce au sens de négociation de ma maîtresse.

Moi aussi j'étais fier d'elle car elle gagnait ses galons et faisait ses preuves bien que ces dernières étaient seulement pour son compagnon. Car les deux autres régents avaient reconnu les talents de Bella depuis longtemps.

Nous n'avions plus de mission et cela commençait à peser sur le morale de ma maîtresse. Elle devenait maussade elle qui était tellement enjouée quelques mois auparavant devenait de plus en plus triste. Même Caïus s'en était aperçu car j'avais surpris une conversation entre lui et Aro, où il parlait de la laisser aller gérer des affaires un peu moins facile si cela influençait vraiment sur son moral. Ce qui ne tarda pas d'arriver quelques mois après notre dernières missions. Moi aussi cela me manquait car en plus de quitter le château j'étais plus où moins seul avec elle et quand je dis cela, je voulais insinuer que loin du château j'étais l'homme le plus important pour elle.

Nous étions dans la salle d'entraînement, le bouclier de Bella étant une formalité maintenant elle concentrait majoritairement ses entraînements aux entraînements physique en plus cela lui permettait de passer beaucoup de temps avec sa sœur et bien entendu j'étais souvent présent. En fait il était rare de voir Bella sans que je ne sois pas avec elle. J'étais devenu son ombre veillant sur elle toujours avec le plus grand soin. De toute façon elle était tout ce que j'avais de plus précieux et je n'étais heureux que lorsque j'étais avec elle. Je ne supportais pas mes jours de congés car ces jours là je ne la voyais pas en général et cela me tuait. Elle esquivait avec grâce les attaques de sa sœur, lorsque j'entendis.

-Démétri je sais que tu m'entends, demande à Isabella et Rosalie de venir en salle d'audience, et viens également, demanda Aro.

-Maîtresse, maître Aro vous fait demander en salle d'audience. Toi aussi, déclarai-je à Rosalie.

-Merci Démétri, me gratifia Bella enfilant sa robe royale.

Nous la suivîmes à travers le dédale de couloirs menant à la salle d'audience. Nous arrivâmes, tous les rois étaient présents ainsi que Jane et Félix. Je pressentais une mission et vu que Rose et moi étions présents cela me laissait supposer que Caïus s'était enfin décidé à laisser sa compagne partir en mission. Elle alla aux côtés de son compagnon alors que nous nous agenouillâmes devant les régents avec les autres gardes présents.

-Levez-vous tous, nous demanda Aro. Après lui avoir obéit il poursuivit. Nous avons un soucis pour lequel nous devons agir rapidement. Nous avons à faire à une vague importante de meurtres et de disparitions en ce moment à Détroit en Amérique. Nous supposons qu'il y a des nouveaux-nés là-dessous. Pour le moment nous n'en savons pas plus, seulement que les autorités humaines commencent à avancer l'hypothèse d'un tueur en série. Ce qui va nous compliquer la tâche comme vous pouvez vous en douter. Car s'ils retrouvent des cadavres totalement exsangues cela risquerait de mettre notre secret en danger. Nous devons intervenir rapidement. Vous irez Démétri, Rosalie, Félix et Jane sous le commandement d'Isabella en Amérique. Pour commencer vous essaierez de les localiser car il s'avère qu'ils se déplacent. Ils restent plus où moins dans le même secteur mais ne chassent pas toujours aux mêmes endroits ce qui me laisse supposer qu'il y a un vampire « adulte » à leur tête.

Oui ce genre de pratique n'était pas le comportement normal de nouveaux-nés sanguinaires et impulsifs, pensai-je.

-J'ajourerais que c'est la première mission « dangereuse » de ma compagne. Vous tous aurez la tâche de faire attention à ce qu'il ne lui arrive rien et à ce qu'elle me revienne entière; déclara Caïus généralement mais en me regardant moi spécifiquement.

Je savais ce que cela sous entendait, je n'étais pas bête et il aurait dû se douter que ses avertissements voire même ses menaces à peines voilées n'étaient pas nécessaire. Car comme lui avait certifié Aro j'aurais à cœur que cela ne se reproduise jamais. Car cette fois-ci je crois que je ne chercherais même pas à survivre à sa vengeance, je le laisserais me tuer sans même me défendre. Je ne pourrais plus vivre dans un monde où elle n'existait pas. J'étais irrémédiablement transi d'amour pour Isabella Volturi.

-Allez préparer vos affaires nous ne savons pas pour combien de temps nous partons. Démétri tu es le plus rapide tu passeras chercher ma valise le temps que je finalise la logistique. Je vous rejoins au garage.

-Bien maîtresse, répondis-je avant de partir et la laisser organiser notre déplacement.

Je m'exécutais et rapidement je mis quelques affaires dans un sac de voyage et partis dans notre salle où je savais que Bella avait dû déposer sa valise dans l'attente que je vienne la chercher. Je récupérais ses affaires ce qui me fit sourire c'est que contrairement à Jane par exemple elle voyageait léger un sac à peine plus grand que le mien et je pouvais sentir qu'il y avait des livres donc l'espace qu'offrait sa valise n'était même pas utilisé dans sa totalité pour des vêtements.

Nous étions tous à la voiture attendant que Bella arrive ce qu'elle fit accompagnée de Caïus. Ce dernier l'embrassa alors que j'attendais pour monter en voiture vu qu'elle était censée être entre Rosalie et moi. Il fit durer leur baiser et je dus faire appel à tout mon self contrôle pour ne pas lui sauter dessus et l'arracher de ses bras. Elle se dégagea et lui répéta encore une fois que tout se passera bien. Elle lui fit un dernier signe et monta à bord de la voiture, j'allais l'imiter lorsque Caïus m'interpella.

-Démétri ! Je tournais la tête.

Il n'eut pas besoin de parler j'avais saisi le message qu'il me faisait passer. Je hochais la tête et je montais à mon tour dans la voiture. Félix démarra et nous partîmes enfin. Je dois dire que j'étais heureux de partir en mission parce que d'une part il y avait longtemps que je n'avais pas effectué de vraies missions. Et en plus avec celle-ci j'aurais Bella pour moi enfin les autres gardes étaient là mais ils ne représentaient pas la même « menace » que Caïus pour moi. Même Rosalie était moins encombrante que le compagnon de Bella. Peut-être parce qu'elle connaissait mes sentiments pour sa sœur et du fait mon dévouement pour elle.

-Je suis désolée Démétri je crois que j'aurais beau lui démontrer et lui certifier que tu es compétent il ne cessera de te prendre pour cible, s'excusa Bella.

-Vous n'y êtes pour rien maîtresse, c'est une vieille histoire qui ne cessera jamais de nous hanter lui et moi. Que ce soit vous ou quelqu'un d'autre cela ne changerait pas son animosité envers moi.

-Je m'en doute, répliqua-t-elle.

Certaine fois j'avais la sensation qu'elle connaissait l'histoire et qu'elle se taisait pour nous éviter de souffrir à la ramener sur le tapis. Et pourtant elle était la première à en souffrir même si cela ne la concernait pas.

Certaines fois je la plaignais, en fait je la plaignais souvent car en plus du reste elle était véritablement amoureuse de son compagnon. Et ce n'est pas par jalousie enfin pas totalement mais il ne la méritait pas. Je ne sais pas si je la méritais plus que lui, certainement pas. Elle méritait quelqu'un capable de l'aimer et de la respecter pour ce qu'elle était, d'avoir autant de compassion qu'elle, d'être aussi bon qu'elle, d'avoir autant de respect et d'amour qu'elle pouvait en distribuer. Je sais que peu de personne pouvait prétendre à ce titre et moi je n'en faisais pas partie même si je tentais de m'améliorer pour m'acclimater à son univers.

Dans le jet je la vis se saisir comme à chaque fois qu'elle y montait. Je lui tendis mes écouteurs et cette fois-ci j'avais programmé une chanson des Soundgarden, Let me Drown, je savais qu'elle allait encore une fois sursauter car les derniers morceaux que je lui avais mis étaient plus calme je m'attendais à ce qu'elle soit surprise. Je dois dire que j'attendais ce moment avec impatience depuis que j'avais remanié mon iPod. Elle me gratifia d'un sourire reconnaissant et elle enfila les écouteurs alors que je prenais place à ses côtés. La seule place de libre que tout le monde me laissait sachant que de toute façon elle leur aurait demandé de le faire. Jane, Rosalie et Félix avaient pris place dans l'espace travail où une table séparait deux banquettes qui se faisaient faces. La musique résonna dans les écouteurs et comme je m'y attendais elle sursauta.

-Merde Démétri ! Dit-elle en retirant les écouteurs de ses oreilles alors que je ne pouvais m'empêcher de rire. Elle sourit pas rancunière mais me gratifia d'un bon coup de poing sur l'épaule.

-Les autres seront plus calme, l'informai-je toujours avec un sourire.

-Tu es sûr ? Me demanda-t-elle doutant de ma bonne foi.

-Je vous le promets, répliquai-je sans me départir de mon sourire. Elle me fixa intensément et finit par dire :

-Tu sais un jour tu me paieras tous tes tours.

-Je n'ai pas été trop mauvais avec vous. Juste quelques petites taquineries de bases.

-Ce qui n'empêchera pas ma vengeance Démétri. En plus j'ai une très bonne imagination moi aussi, répliqua-t-elle avec un sourire quasiment équivalent au mien.

-Et moi j'ai hâte de voir ça, se fit entendre Félix. Avec l'approbation des deux filles.

-Ne m'en veuillez pas maîtresse mais chacun son domaine. Vous êtes une femme d'affaire un moi le joyeux luron, chacun sa place.

-Tu crois ça, tu verras le moment venu. Sur ce elle remit les écouteurs après avoir sélectionné un autre morceau alors que l'avion prenait son élan.

Trois jours que nous arpentions les alentours de Seattle, enfin trois nuits principalement car pas de chance pour nous le soleil brillait depuis que nous étions arrivés. Mais quoi qu'il en soit ils n'étaient pas dans la périphérie de Détroit c'était évident. Nous n'avions repéré aucune odeur vampirique même la plus petite particule, rien, nada.

Bella avait décidé que nous devions étendre notre secteur elle aurait également voulu que l'on se sépare en deux équipes mais ça tout le monde s'y était opposé farouchement. J'avais vu son agacement mais c'était les ordres des maîtres Aro et Caïus et leurs gardes respectifs ne pouvaient se dérober à ces ordres direct. C'est pour cela que les recherches prenaient plus de temps mais nous savions que nous allions bientôt avoir des indices car les nouveaux-nés se nourrissaient tous les deux à trois jours donc nous étions aux aguets. Nous avions été plus au sud par rapport à Détroit espérant être sur la bonne piste. En plus la pluie venait se mêler à la partie ce qui voulait dire que nous allions pouvoir également les chercher durant la journée, mais il fallait prendre en compte que les odeurs s'effaceraient plus rapidement. Puis enfin je sentis la première fragrance vampirique qui n'était pas à nous.

-Maîtresse, j'ai une piste, lui indiquai-je.

-Dans quelle direction ? Me demanda-t-elle excitée.

-Plus au sud encore, lui répondis-je.

-Prends la tête on te suit.

Je m'exécutais, non sans appréhensions car la savoir avec nous sans Alec pour immobiliser tout le monde au cas où m'angoissait. Je pistais l'odeur qui se renforçait au fur et à mesure de nos kilomètres. Puis je me stoppais car plusieurs odeurs de vampires se regroupaient six selon mes comptes.

-Ils sont six vampires, informai-je tout le monde.

-Oui je les sens moi aussi, répondit Bella. Bien nous allons tenter de nous rapprocher un maximum. Il nous faut des informations. Essayez de repérer le créateur ou le superviseur, nous ordonna-t-elle.

-Maîtresse vous...

-Non Démétri je viens, et ce sera moins dangereux pour moi avec vous que seule ici, me coupa-t-elle.

-Ce n'est pas ce que j'allais dire, répliquai-je plus sèchement. Vous restez derrière moi et toujours à porté de vue et si vous avez un problème vous m'appelez.

-Démétri j'ai suivi un entraînement intensif, je n'ai pas ton expérience mais je sais me défendre et je saurais faire face à un nouveau-né. Je me renfrognais car elle avait raison mais je ne pouvais pas m'empêcher de la protéger en plus c'était mon rôle, mais même sans ça je l'aurais fait quand même.

-Par contre toi arrête de t'inquiéter pour moi c'est toi qui va finir blesser si tu te laisses distraire par mon combat.

-Elle a raison Démétri, approuva Jane. Elle se bat bien Rosalie a été particulièrement dure avec elle pour justement qu'elle soit plus efficace.

-Allez on y va, on essaye de les prendre à contre vent pour profiter de l'effet de surprise. Jane le temps que nous maîtrisions nos adversaire respectif essaie de prendre le dernier sous ton pouvoir.

-Oui maîtresse, répondit la concernée.

Nous avancions nous pûmes contourner le secteur pour arriver comme Bella l'avait ordonné à contre vent ce qui était une bonne idée.

Nous les avions trouvé ils étaient devant nous dans une espèce de cabane. Je me doutais que cela devait être un avant poste car les meurtres d'après ce que nous avions pu répertorier nous laissaient supposer qu'il devait être entre quinze et vingts vampires, hors là ils n'étaient que six. Ils étaient en train de se chamailler et tous n'étaient pas dehors. Bella nous fit signe de ne pas bouger, elle attrapa la main de sa sœur et alla pour avancer afin de se montrer. Je la retins par le bras elle mit sa main sur la mienne et me fit comprendre que tout irait bien. Je voyais dans son regard cette confiance qu'elle me destinait, elle avait trop confiance en moi. Et si je n'arrivais pas à venir à bout de ses assaillants?

Elle serra ma main dans la sienne. Quand je disais qu'elle savait ce que je pensais sans même que j'ai besoin de m'exprimer. Elle savait que je doutais et elle me témoignait sa confiance par ce simple geste qui n'avait rien de simple en fait. Elle me relâcha, sa sœur lui prit la main à son tour. Elle avait compris que Bella voulait attirer tout le monde à l'extérieur pour que nous puissions tous les avoir d'un coup. Afin qu'ils ne profitent pas que nous soyons à découvert pour nous attaquer par derrière.

Elles arrivèrent à proximité de la cabane et bien entendu deux belles femelles seules attisaient les curiosités. Tous les vampires sortirent attirés par la présence de Bella et Rosalie.

Bientôt elle se firent encercler, l'un deux toucha Rosalie qui d'un geste vif le repoussa et bien sûr cela échauffa les esprits. Un autre essaya de prendre Bella. Jane intervint et le vampire s'écroula au pied de notre maîtresse. La discorde était semé il fallait intervenir avant que les filles ne se fassent déborder ce qui ne tarderait pas. Nous sortîmes à notre tour, ils nous aperçurent rapidement et ils comprirent qu'elles n'avaient été que des appâts.

Les combats s'engagèrent je tombais sur un nouveau-né avec un peu de technique, et ce que je pensais faire rapidement pris un tout petit plus de temps. Tout le monde avait l'air de gérer et Bella y compris. Je savais que ses entraînements avec Rosalie étaient plus rudes que ceux que Santiago dispensait aux gardes. Rosalie avait une méthode de travaille différente et était également plus exigeante et deux fois plus avec Bella. J'arrivais enfin à étêter mon nouveau-né. Mon attention fut vite captée par le hurlement de Jane. Elle était en prise avec deux nouveaux-nés et venait de se faire mordre. J'allais lui donner un coup de main, je sautais sur celui qui venait de la mordre. Et d'un geste rapide je le décapitais à son tour.

-Maîtresse non ! Entendis-je. Mon corps se tendit douloureusement et je tournais la tête pour la voir partir en courant dans la foret.

-Ils étaient huit. M'indiqua Rosalie qui se battait toujours contre un nouveau qui venait de rejoindre la bataille.

-Ils viennent d'arriver. Rattrape là, M'ordonna-t-elle alors qu'elle venait de se ramasser un coup qui lui brisa certainement les os de la mâchoire.

Mais avant qu'elle eut fini sa phrase j'étais déjà parti. Je courus aussi vite que je pouvais et heureusement que nous étions vampires et que la pluie ne nous gênait pas. Sauf peut-être pour les odeurs, quoique d'après ce que je pouvais sentir le vampire que suivait Bella ne devait pas en avoir car je ne sentais que la fragrance de ma maîtresse. C'était rare mais j'avais déjà croisé ce cas une fois, et il n'était plus sur terre pour pouvoir en parler. Je n'aimais pas que l'on me résiste et j'étais trop suffisant à l'époque. Malgré ma vitesse je n'arrivais pas à la rattraper.

-Bella, hurlai-je. Je savais que je ne devais pas l'appeler par son prénom mais j'étais trop énervé. Je lui avais dit de ne pas prendre de risque, de rester à porté de vue et dès que je tournais la tête deux secondes elle en profitait pour courir après le premier danger qui survenait.

En plus un vampire sans odeur, s'il arrivait à la distancer assez il pourrait l'attaquer sans même qu'elle ne le sente arriver, elle était vraiment inconsciente. Et si elle mourrait je ferais quoi moi ? J'accélérais puisant dans ma colère la force supplémentaire pour aller encore plus vite. La vue se dégageait et je la vis elle était à côté d'une espèce de ferme abandonnée, vu les ruines de la maison. Seul restait debout le hangar. J'arrivais encore plus en colère, je ne pus me contrôler je la pris avec brusquerie et la plaquais contre le mur de la ferme qui s'effondra à moitié.

-Mais t'es inconsciente ou quoi ! hurlai-je. Je t'avais dit de rester à porté de vue. Et toi tu fais quoi !

-Démétri... essaya-t-elle. Mais j'avais tellement eu peur de la perdre, de ne pas arriver à temps.

-Je fais quoi moi si je te perds ! Tu y penses ? Criai-je sans me soucier du fait que je parlais à ma maîtresse. J'ai cru te perdre Bella ! put... et contre toute attente je me retrouvais contre les lèvres de Bella, où plutôt elle plaqua ses lèvres aux miennes.

J'étais tellement surpris que je ne réagis pas tout de suite. Puis elle se mit sur la pointe des pieds et passa sa langue sur ma lèvre me demandant l'accès à ma bouche. Et ce fut ma perte, je la pris par la taille et l'attirais contre moi, il me fallait la sentir. Je ne pouvais plus lutter, je lui donnais accès à ce qu'elle voulait et je pus la goûter de nouveau. J'avais l'impression d'être au Paradis, j'avais l'impression d'être heureux et d'avoir trouvé ce qu'il me manquait sur terre. Elle était mon tout, ma vie, mon monde, mon univers. Nos langues se cherchaient, se caressaient dans un ballet plein de grâce, de douceur, et de tendresse. Je la serrais encore plus contre moi alors qu'elle accrocha ses bras autour de mon cou. Rien n'était plus merveilleux que de la sentir contre moi, s'offrir à moi. J'en avais rêvé tellement de fois et je dois dire que mêmes dans mes fantasmes elle n'avait pas été aussi parfaite. Dieu que j'étais heureux, tout mon corps était en fête, je n'avais plus d'esprit, plus rien d'autre qu'elle. Puis comme un signe de mauvaise augure j'entendis la course des membres de notre groupe. Je me détachais à contrecœur, et ce fut la chose la plus difficile que j'ai eu à faire.

-Ils arrivent, répondis-je beaucoup plus calme.

Je vis qu'elle était perturbée, j'espérais seulement qu'elle ne regrettait pas. Je savais que je n'avais pas le droit et que je risquais de payer cher cet outrage mais je ne le regrettais pas. Et je voulais qu'elle garde ce moment en tête comme l'un des plus beau baiser qu'elle ait reçu car il était de loin le plus beau que j'ai jamais donné. Et j'avais espoir qu'elle le prenne de cette façon, car j'avais senti son affection, sa tendresse pour moi, j'aimerais pouvoir dire son amour également mais j'avais peur d'être trop présomptueux.

Je me reculais ne pouvant la lâcher des yeux, je voulais tellement la reprendre dans mes bras que cela m'en faisait mal physiquement. Ils arrivèrent et s'arrêtèrent à bonne distance de nous peut-être par pure prévoyance connaissant nos tempérament à chacun ou une simple intuition mais leur réaction était ce qu'il fallait car s'ils s'étaient approché d'avantages ils auraient pu sentir que nous venions d'être « trop proche » quelques instants plus tôt.

-Tout va bien maîtresse ? Demanda Félix me scrutant les yeux froncés.

-Oui Félix. Je n'ai pas pu rattraper le vampire. En plus il n'avait pas d'odeur donc Démétri ne pourra pas le localiser. Nous devrons attendre qu'ils retournent se nourrir pour reprendre la traque.

-Maîtresse... tenta de parler Jane.

-Laissez-nous, la coupa Bella. Nous avons des choses à régler avec Démétri, et nous ne courrons plus de danger il ne reviendra pas en tout cas pas cette nuit.

-Maîtresse... essaya à son tour Félix. Rose quant à elle avait compris car elle fit demi-tour.

-J'ai dit laissez-nous ! S'énerva Bella en les toisant sévèrement. Ils baissèrent la tête et ils partirent tous les deux dépités. Bella replongea son regard dans le miens.

-Je crois qu'il va falloir que l'on parle ! À ses paroles le reste de ma bulle de bonheur explosa définitivement en un millier de morceaux.

Aveux réciproque

-Je crois qu'il va falloir que l'on parle! À ses paroles les restes de ma bulle de bonheur explosa définitivement en un millier de morceaux.

Chapitre 16: Aveux réciproque:

Je le précédais pour aller nous mettre à l'abri dans ce bâtiment qui devait être une étable à une certaine époque. Il me suivit sans un mot. Mais merde qu'est ce qu'il m'avait prit pourquoi est ce que je l'avais embrassé comme ça?

En fait je savais pourquoi je l'avais embrassé. C'est que j'étais incapable de lui résister, je savais que ce n'était pas bien, que j'étais avec Caïus mais sur l'instant je ne voulais rien d'autre que d'être à lui et avec lui. Mais ce qui me travaillait c'est pourquoi est-ce qu'il avait répondu aussi langoureusement et amoureusement. Car il avait été aussi doux et tendre une fois la pulsion qui m'avait poussé à l'embrasser s'était dissipée. Son baisé avait été passionné et amoureux.

Se pouvait-il qu'il partage mon trouble, mon affection? Et si c'était le cas comment allions nous gérer ça. Car je ne pouvais pas être infidèle ce n'était pas dans ma nature, mais comment lui résister.

-Pourquoi m'as tu embrassé? Demanda-t-il au bout de quelques minutes de silence.

-Parce que je ne sais pas te résister, et je crois même que je n'ai jamais su le faire. Tu étais tellement en colère et quand je t'ai entendu dire que tu allais me perdre, tu étais si... si, désirable et perturbé, tu avais si peur que mon instinct m'a poussé à te réconforter, et je n'ai pas su contrôler ma pulsion et mon désir de t'embrasser. Et si te ne nous avait pas arrêté je pense que je n'aurai pas été capable de le faire seule.

-Tu sais que nous ne pouvons pas? Me dit-il d'une voix faiblarde par rapport à son intonation habituelle.

-Oui je sais, je sais que je n'aurai jamais dû agir ainsi, je n'ai pas d'excuse.

-Bella je ne veux pas que tu regrettes. Je ne regrette pas ce baiser moi. Je regrette seulement que l'on ne puisse pas avoir l'opportunité de voir ce que cela pourrait donner.

-Je peux te poser une question?

-Il n'y a qu'un sujet que je refuse d'aborder, si cela ne le concerne pas je pense que je te répondrai.

-En fait j'avais bien un question la concernant, mais tant pis. Il soupira et s'installa sur le sol je m'installais à ses cotés. Nous nous touchions mais ni l'un ni l'autre ne bougions il fallait cette proximité entre nous, en tout cas moi j'en avais besoin.

-Pose la on verra si j'y répondrais. Lança-t-il.

-Peut être plus tard j'ai autre chose à te demander.

-Oui?

-Pourquoi est ce que tu as été aussi distant et froid voire même blessant avec moi au début?

-Au tout début c'était à cause de deux choses. La première ta ressemblance avec elle, tu me la rappelais. Ensuite ce qui m'a vraiment refroidit si je puis dire c'est quand j'ai appris que tu étais la compagne de Cullen. J'ai cru que j'allais exploser de colère. Puis j'ai réussi à passer au delà de ça parce que je n'arrivais pas à t'en vouloir à toi. J'éprouve moi aussi quelques difficultés à rester maître de moi même lorsque tu es avec moi. C'est un combat de tous les instants. Mais je ne laisserais jamais ma place pour ça. Je ne peux pas ne pas te voir une journée.

-Oh! Démétri je ne savais pas...

-C'est ce que je te dis je ne remettrais pas ça en cause je garderais ma place quoi qu'il m'en coûte. Dit-il déterminé. Ensuite pour revenir à ta question quand j'ai vu Caïus se lever pour venir te protéger en personne. Je me suis dit qu'il valait mieux que je me force à te détester, à t'éloigner de moi pour apprendre à me détacher parce que je savais qu'il allait t'avoir.

-As tu été amoureux d'elle également? Il fallait que je sache s'il était comme Caïus. S'il était amoureux de sa mémoire et de ce que je lui rappelai d'elle.

-Non je l'aimais pas, elle était ma créatrice et j'aurais donné ma vie pour elle. Mais je n'en étais pas amoureux. Ce que je ressens pour toi est unique et je ne l'ai jamais ressenti pour personne. Je ne suis pas Caïus mes sentiments sont pour toi et pas pour elle.

Cette réponse me soulagea aussi fortement qu'elle me brisa le cœur. Car lui m'aimait pour moi pas parce que je lui ressemblai. Comment ne pas se laisser submerger par les sentiments que cette annonce provoquait en moi? Ne pas plier sous le poids de cette déchirure que cette révélation avait créé dans mon cœur? Comment résister à l'envie de l'étreindre, de me blottir contre lui? Comment ne pas succomber à son parfum si envoûtant, ses gestes tendres? Merde j'allais me perdre et Dieu seul sait à quel point j'en avais envie. Il leva son bras comme s'il lisait mes pensés et m'attira à lui.

-Lorsque nous rentrerons nous reprendrons chacun nos places respectives mais là j'en ai envie. Je te veux contre moi et à moi juste pour ce qu'il reste de la nuit. Qui pourrait lui refuser ça alors que les sentiments étaient partagés, que mes désirs étaient identiques aux siens?

-Jusqu'au petit matin et ensuite comme avant! Repris-je comme pour me donner bonne conscience et surtout pour m'en convaincre.

Il me serra contre lui et je me fondis littéralement dans ses bras. Et c'était tellement puissant comme si nous lâchions en même temps tout notre amour secret et mutuel. Je pensais au gâchis que nous avions causé tous les deux. Lui refusant de se dévoiler à cause de Cullen et moi refusant de lui laisser une chance. Mais s'il n'avait jamais su que Cullen était soit disant mon compagnon, il aurait été comme il est là et je n'aurais jamais cédé à Caïus. Car il était lui et qu'il m'avait ensorcelé dès l'instant où j'avais posé mes yeux sur lui dans cet aéroport. Je ne regrette pas ce que je vis avec Caïus car malgré tout je l'aime même si c'est moins passionnel et intense que ce que je peux ressentir pour Démétri.

Après plusieurs minutes à savourer le temps que l'on avait l'un avec l'autre, après avoir rêvé secrètement à des fantasmes similaires, enfin je le supposais. Je venais à m'interroger sur son passé. Comment en était-il arrivé là? Et je me rendis compte subitement qu'en fait je ne le connaissais pas. Que je ne m'étais jamais posé la question de savoir ce qu'avait été sa vie humaine. Quel age avait-il réellement?

-Démétri?

-Hum! Me répondit-il encore dans ses pensées.

-Tu peux me raconter ton histoire?

-C'est possible oui! Dit-il surpris.

-Tu t'attendais à quelque chose d'autres?

-Non pas spécialement mais je ne m'attendais pas à ce que tu me demandes de te raconter mon passé.

-Et pourquoi?

-Parce que ça n'intéresse personne. Je crois même que jamais personne ne m'a demandé qui j'étais ou ce que je faisais lorsque j'étais humain.

-Et bien moi ça m'intéresse.

-C'est ce que je constate, dit-il en me serrant la main dans la sienne pour l'amener à sa bouche et y déposer un baiser. Je suis né il y a cent cinquante trois ans, d'une mère grecque et d'un père russe. D'où le choix de mon prénom, ma mère voulait m'appeler Démétrius en hommage à Déméter la déesse de la terre et mon père voulait m'appeler Dimitri comme son frère mort alors qu'il n'était qu'un petit garçon. Donc ils ont fait un compromis ce qui a donné Démétri. Mon père était minier donc nous ne faisions pas partie de la population riche de Russie. Ma mère quant à elle était employée dans une famille d'aristocrates pour s'occuper des enfants, c'est d'ailleurs comme ça qu'elle est arrivée en Russie. Cette famille était en Grèce pendant la guerre de Crimée, le patriarche était adjudant général du régiment des chevaliers. Ma mère était une jeune fille tout ce qu'il y a de plus normal à cette époque. Elle s'était retrouvée à la rue car sa famille entière avait périt lors d'une attaque entre russes et français. Elle fut la seule survivante de son foyer. L'adjudant lorsqu'il la vit, la prit et la mena chez lui où il lui enseigna le russe et puis lorsqu'il fut contraint de retourner en Russie il l'amena avec lui.

Ma tendre enfance fut heureuse enfin en tout cas pleine d'amour ma mère était vraiment parfaite, aimante et attentionnée, mon père se tuait à la tache pour que nous puissions avoir un minimum de confort matériel mais malheureusement la vie était dure à l'époque dans ce pays.

Il tomba malade alors que j'avais dix ans, c'était courant dans ce temps pour les miniers. Aujourd'hui on appel cette maladie Boncho-pneumopathie chronique obstructive, c'était une maladie mortelle à l'époque.

Peu de temps avant ma mère avait été remerciée par la famille qui l'employait car les enfants étaient devenus grands, et elle n'arrivait pas à retrouver de travail. Donc mon père était obligé de travailler pour que l'on puisse avoir à manger et ce même malade. Puis un jour après une quinte de toux plus forte que les autres, il tomba pour ne plus jamais se relever.

Ma mère tenta de nous faire vivre mais elle n'y arriva pas, alors je me suis retrouvé à errer dans Leningrad qui comme tu le sais est Saint-Pétersbourg aujourd'hui. J'ai commencé par voler un peu de nourriture aux étals des marchés publics où dans les magasins. Je me suis rendu compte que les enfants bien habillés avaient certains avantages et n'attiraient jamais les regards des marchands. Donc une nuit je me suis glissé dans la demeure des anciens employeurs de ma mère et j'ai volé des vêtements qui appartenaient à leurs enfants. C'est vrai que c'était un peu grand mais avec un manteau par dessus ça passait et puis j'ai pu les garder plus longtemps. Mais dans la maison cette nuit là il y avait quelqu'un d'autre et il fut aussi surpris que moi.

Il était là pour voler les objets de valeurs. Il me prit sous son aile et m'apprit l'art du vol sans violence. Des petits larcins de nourriture je suis vite passé au niveau au dessus. Il me faisait une liste de ce que ses clients lui demandaient et il m'envoyait chez les gens pour voler. J'ai pu apporter nourriture, vêtements et je pouvais également payer le médecin lorsque ma mère tombait malade ce qui arrivait fréquemment. Après la mort de mon père elle dépérissait et n'avait plus l'envie de rester en vie sans lui. J'essayais de la combler de présents pour lui montrer que la vie pouvait être belle même sans lui. Mais elle ne tint pas et environ cinq ans après elle s'éteignit de chagrin à son tour me laissant seul.

Mon mentor à l'époque m'enseigna tout ce qui avait rapport à l'art. Comment reconnaître des œuvres originales, savoir identifier une peinture de par le coup de pinceau du maître. Parce que je ne savais pas à l'époque mais mon don était tout comme le tien déjà actif et j'étais capable d'entendre les gens plus loin que la normal humaine. En plus j'avais cette espèce d'intuition qui faisait que j'arrivais toujours à m'éclipser avant de me faire prendre, parce que je savais si les gens rentraient ou pas.

Je fus rapidement l'un des meilleurs voleurs de cette époque et beaucoup de monde surtout les grands magnas passaient par Stanislas mon mentor pour me demander des œuvres de plus en plus difficile à voler. Je roulais sur l'or je n'avais plus aucun soucis d'argent. Mais malgré l'argent que je possédais qui faisait que j'aurais pu arrêter, je continuais mes activités tout simplement parce que j'aimais l'adrénaline que me procurait mon métier.

Puis un jour je reçu un ordre spécial je devais voler une toile le « terrasse à sainte adresse de Monet » dans un manoir dans le sud de la France. J'étais allé en repérage comme habituellement, j'avais pris mes renseignements et pendant un mois durant . J'avais épié les moindres allés et venues, les moindres mouvements et j'avais également enquêté sur les visiteurs et propriétaires, ne laissant rien au hasard. Puis nous fixâmes la date avec Stanislas, comme il n'y avait pas de problèmes particuliers pour pénétrer dans le domaine et dans la demeure. Il m'accompagna comme il le faisait habituellement lorsque le lieu était sans risque. Nous sommes entrés et nous avons vu la toile. Je venais de la décrocher lorsque je me sentis oppressé c'était mon don en fait. Je savais qu'il y avait quelqu'un j'ai reposé la toile que j'avais dans les mains et j'ai entraîné Stanislas dans une petite pièce qui servait de placard. Je lui dis qu'il y avait quelqu'un. Il m'avait demandé si j'étais sûr et j'ai répondu que je les sentais. Pour moi il y avait trois ou quatre personnes dans le manoir. Même s'il n'y avait aucun bruits, je les sentais et il avait assez confiance en mes compétences et mon sixième sens pour me croire.

Mais la porte s'ouvrit d'un coup sur une femme brune au teint pâle, d'une beauté exceptionnelle. Malgré la nuit j'avais pu remarquer ses yeux rouges et je savais que ce n'était pas normal. Elle se fit rejoindre par un homme blond assez nerveux et très en colère. Elle prit Stanislas par la gorge sans mal et le passa au blond qui tu l'auras deviné était Caïus. Elle lui dit d'aller manger ailleurs. Elle lui dit également qu'elle pensait que l'autre donc moi avait des qualités spéciales qui pourraient plaire à Aro. Bien sûr je ne savais pas qui était qui. Et puis elle se pencha sur moi et me mordit dans le cou. C'est comme ça que j'ai été transformé et que je suis rentré au service des Volturi.

-Et bien c'est une histoire passionnante. Je suis surprise que personne ne te l'ait jamais demandé.

-Non, il n'y a que Aro qui la connaisse. Même Heïdi ne connaissait pas mon passé.

-Oui je t'imagine très bien en petit garnement malicieux et débrouillard. Il me sourit avec un regard espiègle.

-Oui et je n'aurai fait qu'une bouchée de la petite fille sage que tu devais être.

-J'aurai aimé te dire si tel était bien le cas mais je ne sais pas.

-Ce doit être difficile de ne rien se souvenir?

-En fait ce qui est le plus difficile est de savoir que je n'ai pas beaucoup compté pour ma mère. Il paraît que j'étais proche de mon père le temps ou j'ai vécu avec lui. Mais avant que vous nous tombiez dessus avec Rosalie je venais de retrouver la retrouver et ma visite a été très perturbante. En fait j'ai appris juste avant d'aller la voir par mon fiancé enfin le fiancé que j'avais avant mon accident. Qu'elle n'a pas voulu pousser les autorités à me rechercher d'avantage lorsque j'ai disparu. Afin de pouvoir me déclarer morte et de pouvoir vendre la maison que mon père m'avait légué et bien empocher l'argent de son assurance vie. Quand nous y sommes allées avec Rose, elle a été froide et distante. Rose m'a dit qu'elle avait appelé son mari pour lui dire que j'étais présente et qu'elle avait peur que je lui réclame les papiers de vente de la maison ainsi que l'argent qui me revenaient de droit.

-D'où les questions concernant le montant de mes comptes en banque. Je souris. C'est malheureux! Tu veux que j'aille faire un tour par chez elle? Peut être sent-elle aussi bon que toi et dans ce cas je me ferais un plaisir de rendre ce petit service.

-J'avoue que c'est tentant. Plaisantais-je. Nous restâmes l'un conte l'autre en silence encore quelques minutes nous délectant de ce moment volé qui n'appartiendrait qu'à nous. Puis il nous ramena à la réalité.

-Bella nous approchons de l'aube il va falloir rentrer, me dit-il avec moins d'entrain.

-Je sais, rétorquais-je lasse à mon tour.

-Bella m'offrirais-tu une dernière faveur? J'aurais aimé lui répondre « tout ce que tu veux mon amour » mais je ne pouvais pas.

-Quelle est-elle? Demandais-je plus prudemment.

-Embrasse moi une dernière fois. Un dernier baiser avant que nous reprenions nos places. Je le fixais intensément aussi intensément que lui. Puis sans rien répondre je me penchais vers lui et posais mes lèvres délicatement sur les siennes. Ce baiser devait être mémorable car il n'y en aurait plus jamais d'autre après celui-ci.

Il prit mes lèvres entres les siennes et elles dansèrent ensemble se goûtant, se cherchant, se savourant, puis ce ne fut plus suffisant il passa sa langue tendrement sur ma lèvre inférieur, pour me goûter, ma langue vint rejoindre la sienne. Elles se caressèrent avec beaucoup de tendresse, son coté frais, son goût, son amour, il m'envoûtait j'en aurais pleuré si j'avais pu. Rien ne pouvait décrire ce que je ressentais au fond de moi, ce courant électrique qui ne faisait que me parcourir de long en large, mon estomac qui se contractait, ce vertige qui me transcendait, cette sensation de ne plus faire plus qu'un.

Nous ne nous précipitâmes pas, je me déplaçais sans rompre ce baiser, sans casser ce moment magique où nous étions dans une connexion parfaite, où le temps lui même s'était arrêté pour nous laisser ce dernier moment de bénédicité. Il m'aida à m'installer sur lui pour que nous soyons plus en communion, plus collé l'un contre l'autre. Je mis mes mains dans ses cheveux les doigts écartés pour les sentir me caresser les paumes et les doigts, glisser entre mes phalanges, lui me caressait le dos avec force et tendresse.

C'était tellement plus qu'un simple baiser c'était une promesse, la promesse d'un amour presque éternel. Car un jour il tombera sur sa véritable compagne et il me laissera. Et bien que cette idée me transperça le cœur, je souhaitais que cela lui arrive vite. Qu'il ne vive pas avec le fait que j'appartienne à Caïus et que nous ne pourrons jamais nous aimer et nous unir comme j'aimerais que cela se fasse là tout de suite. Mais non cela nous était interdit je ne pouvais pas faire ça. Comme je ne devais pas l'embrasser non plus, ce qui était déjà une tromperie en soit.

Un baiser est tout ce qu'il y a de plus personnel, c'est encore plus intime qu'une union charnelle. Car on embrasse avec son âme et son cœur et on fait l'amour par désir, c'est juste un instinct primaire à l'origine même si dans certains cas il peut être la preuve physique d'un amour sincère. Moi j » mettais toute mon âme et tout mon cœur dans ce baiser, tout comme lui d'ailleurs car je recevais tout son amour avec la force d'un tsunami. Au bout d'un certain temps nous séparâmes nos lèvres mais nos fronts restèrent collés.

-Bella...

-Chuuttt fis-je tout bas. Je sais Démétri, je sais. Ne le dis pas ce sera encore plus dur après. Mais sache que moi aussi.

-Je sais, répondit-il à son tour. Il mit ses mains sur mes joues, décolla son front du mien et inclina ma tête de façon à pouvoir déposer un baiser sur mon front.

-Maîtresse Bella il est temps de renter.

-Oui, répondis-je d'une petite voix à la limite de la fêlure. Qu'est ce que cela pouvait être douloureux et difficile. Comment faisait-il pour se reprendre aussi facilement? Je me redressai toujours sa mains dans la mienne, puis comme on arrache le dernier souffle de vie à un combattant nous nous lâchâmes d'un même geste regardant la main de l'autre. Comme toujours il fut le premier à nous ramener dans la réalité.

-Maîtresse il faut vraiment rentrer avant que le soleil ne se lève.

-Oui Démétri, fis-je d'une voix que je voulais neutre, il me sourit et nous pûmes enfin partir.

-Si nous nous dépêchons nous pourrons peut être éviter Jane et Félix qui ont dû aller chasser.

-Et bien voyons si tu es aussi rapide que tu le prétends traqueur.

-J'aimerai bien vous faire une petite démonstration maîtresse mais mon devoir est de rester à vos cotés pas de vous semer.

-Vantard. J'accélérais et bien évidemment il tint la distance et me rattrapa rapidement.

Il avait raison nous avions pu éviter Félix et Jane. Il me laissa à la porte de ma suite et partit dans sa chambre juste à coté de la mienne. J'allais rentrer dans ma salle de bain lorsque Rosalie débarqua, elle s'immobilisa au milieu de ma pièce et m'observa intensément.

-Ne dis rien Rose je n'ai pas besoin de sermon, ni de leçon de moral.

-Je ne t'en ferais pas Bella. Je sais qu'il est difficile de faire abstraction de ses sentiments. Mais fait attention c'est sa vie que tu mets en danger.

-Je sais, et c'est pour cela que ça ne se reproduira jamais. Je n'ai pas franchi l'ultime limite Rose.

-Je sais Bella. Et je ne te juge pas, je sais que vous avez des sentiments l'un pour l'autre. Mais faites attention il y aurait pu y avoir Félix et bien qu'ils soient amis il aurait été obligé de tout dire à Caïus.

-Il n'y aura pas de prochaine fois, entendis-je de l'autre coté du mur venant de la chambre de Démétri. Nous nous sommes dit ce que nous avions à nous dire les choses sont claires entre nous. Merci Rose de ton soutient mais ne la culpabilise pas plus, même si je sais que ce n'est pas ce que tu souhaites. Je fis un sourire entendu à Rose.

-Tu sais que tu peux prendre du repos, tu n'es pas obligé de la protéger de moi. Répondit-elle pour alléger l'atmosphère.

-Déformation professionnel. Je suis un obsessionnel compulsif, qui ne se satisfais que du travail bien fait. Maîtresse vous devriez aller vous lavez ils arrivent.

-Merci Démétri.

-Donne moi tes vêtements. Et les tiens aussi mets les sur le lits je vais passer les chercher.

-Merci entendis-je. Je fis un signe de tête à Rose alors que je me déshabillais lui donnant mes vêtements au fur et à mesure que je les enlevais. Je me retrouvai nue devant ma sœur mais je n'en éprouvais aucune gêne.

Quatre jours passèrent et notre fuyard ne s'était toujours pas manifesté. Nous lui laissions du temps pour qu'il se calme et cesse d'être aux aguets. En plus nous avions vu au journal télévisé que les disparitions ne s'étaient pas arrêtées mais seulement déplacées les autorités étaient sur la piste des chauffeurs routiers. Nous avions décidé de suivre à distance le carnage. Nous nous étions donc rapprochés d'une ville plus à l'Est de Lansing.

La nuit du quatrième jour n'avait rien donné et avec Rosalie nous commencions à avoir soif. Vu que nous venions d'écumer toute la zone et qu'aucune odeur suspecte détectée. J'ordonnais à Jane et Félix de retourner à l'hôtel, chacun pour faire leur rapport l'une à Aro et l'autre à mon conjoint que je devrais appeler plus tard dans la journée. Démétri resta avec moi à distance bien évidemment car pour la chasse je tenais à être seule, d'une par pour ne pas l'écœurer et en plus parce que c'était mon plaisir.

Après avoir bu plus que de raison mais à ma décharge j'étais tombée sur deux félins et j'aimais les carnivores. Je m'installais sous un arbre et je retirais mon bouclier quelques secondes pour signifier à Démétri que j'avais terminé et qu'il pouvait venir me rejoindre à l'endroit où j'étais. C'était pratique comme méthode de communication. Il arriva quelques minutes plus tard, et s'installa à mes cotés. Et nous restâmes là ensemble en silence il n'y avait rien de gênant, et les silences entre nous étaient plus révélateur et parlant que nos mots. Nous attendions que Rose nous rejoigne pour rentrer ensemble mais je la trouvais bien longue. J'allais faire part de mes impressions à Démétri lorsque mon téléphone sonna. Je décochais soucieuse lorsque je vis que c'était Rose qui m'appelait.

-Stenson j'ai six problèmes. Déclarât-elle. Je grognais au même moment où elle raccrocha. C'était un code que l'on avait convenu entre nous si jamais un jour l'une de nous devait tomber sur « eux ». Nous devions utiliser mon nom d'emprunt pour prévenir l'autre, à l'époque nous avions mis ça en place, s'était juste avant notre première mission et mon officialisation dans la famille Volturi.

-Ce sont les Cullen localise là, ordonnais-je à Démétri. Il grogna lui aussi parce que qui disait Cullen disait Edward Cullen. Je pris mon téléphone et contactait Jane.

-Oui maîtresse.

- Reviens vite avec Félix les Cullen ont attrapé Rose.

-Merde où est elle? Je regardais Démétri

-Va au nord et vous allez leur tomber dessus nous y serons avant dépêchez-vous.

-On fait au plus vite.

Nous étions déjà en course, je suivais Démétri qui m'ouvrait la route. Nous dûmes courir environ une dizaine de kilomètres avant que je ne les sente puis les entende et enfin les vis.

Ils étaient tous en train de faire face à Rose qui se débattait dans les bras d'un grand brun qui selon les explications de Rose devait être Edward. Le gros costaud qui venait de donner une gifle phénoménale à ma sœur et qui par le fait me fit grogner de colère, devait être Emmett. Les autres étaient en retrait, un blond les cheveux long enfin aux épaules se tourna vers nous rapidement. Je détachais ma cape alors que tout s'enchaîna rapidement le grand costaud Emmett qui avait vu Démétri arriver sur lui se mit en position pour le recevoir. Je pris Rose et Démétri sous mon bouclier. Démétri anticipant Emmett se jeta au sol imitant les joueurs de foot pour tacler et passa entre les jambes du costaud. Au moment où il fut en dessous il décrocha un coup de poing dans ses testicules, j'en aurais eu mal pour lui si je n'avais pas apprécié la beauté du coup. Pour ma part je n'avais pas arrêté ma course, je croisais le regard dudit Edward qui se figea.

-Baisse toi! Ordonnai-je à Rosalie qu'il tenait toujours mais avec moins de conviction. Elle obéit et je me jetais sur Edward qui sous coup lâcha ma sœur. Elle percuta le sol avec nous. Je fus rapide, je me relevais d'un bond et vint me positionner juste devant ma sœur encore au sol apparemment ils l'avaient malmené. Je grognais de rage en position d'attaque.

-Bella? fit une voix cristalline. C'est toi Bella? Edward se releva à son tour toujours sous le choc et je pense que ce n'était pas le choc du plaquage. Emmett qui avait atterrit plusieurs mètres plus loin et qui devait en plus je pense avoir prit un coup dans sa fierté masculine et pas qu'au sens propre du terme tenta d'attaquer mon traqueur.

-STOP! Hurlais-je à son intention. Je te promet Cullen que si tu fais encore un pas, tu es un vampire mort. Ma voix était glaciale et autoritaire.

-Bella, ma Bella ! Fit une voix chaude qui me fit un effet bizarre. Pas bizarre dans le sens elle me plait, mais plutôt dans le sens je l'ai déjà entendu. Je tournais la tête en même temps que Démétri vint à mes cotés.

-Ça va Rose? Demandais-je à ma sœur ne relevant même pas la question ni la possession qui découlaient de cette simple phrase.

-Vous êtes arrivés à temps. Me dit elle en se tenant la joue. Je me tournai vers celui qui avait levé la main sur ma sœur.

-Tu devrais mourir pour avoir osé toucher ma sœur. Crachais-je à l'intention de son ex mari.

-Et depuis quand tu considères cette garce comme ta sœur. Répondit il haineux. Je grognai et m'approchai de lui. Il ne cilla pas.

-Maîtresse non ! Fit Démétri en se rapprochant également.

-Comment ça maîtresse? Fit Edward revenant à lui.

Je tournai la tête vers lui un regard neutre. Je n'éprouvai rien de spécial pour lui. Il était beau oui mais je n'éprouvai aucune attirance. Comment pouvait-il être mon compagnon si je n'étais pas attirée par lui?

-C'est moi qui pose les questions! Rétorquai-je toujours aussi froide.

-Toi tu es Edward c'est ça? Il me regardait sceptique comme s'il cherchait à lire en moi. Répond moi et non tu ne peux pas lire mes pensées pas plus que ceux de mes gardes.

-Bien sûr que c'est moi. C'est quoi cette histoire? Que t'ont-ils fait? Ils t'ont effacé la mémoire pour que tu m'oublies?

-Et dire que Rose m'avait dit que tu étais intelligent. Comment veux tu qu'on arrive à me trifouiller le cerveau vu que je suis un bouclier mental?

-Elle est amnésique elle a tout oublié de son passé. Expliqua Rose. Lorsqu'elle a disparu et que tout le monde la croyait morte elle était plongée dans un comma qui a duré plusieurs mois.

-Tu ne sais pas qui je suis? Demanda le brun à la voix de Ténor.

-Hormis ce que ma sœur m'a dit de toi et de ta famille. Mais non je ne sais pas qui tu es.

-Je suis ton compagnon.

-Tu iras dire ça à son compagnon actuel, lança Démétri méprisant et franchement amusé. Edward grogna à son intention.

-Attention Cullen je suis très attachée à mes gardes, s'il te prenait l'envie de lever la main sur l'un d'entre eux encore une fois j'en ferais une affaire personnelle.

-Dites moi que c'est pas lui? Dit-il énervé en fixant Démétri. Mon traqueur lui adressa un sourire méprisant.

-Une compagne pour une compagne Cullen. Répliqua-t-il seulement.

-Je vais le tuer ! Ragea-t-il. Je me déplaçai rapidement pour me trouver devant lui et je lui assénai un coup de poing magistral.

-Attention à tes menaces. Il est mon compagnon et une menace de mort sur un régent peut coûter très cher à toute ta famille. Ce que je ne regretterai pas vu ce que vous avez fait à ma sœur.

-Calme toi Bella. Tenta Alice.

-Que les choses soient claires, je suis Isabella Volturi, seuls mes proches et mes gardes ont l'autorisation de diminuer mon prénom. Maintenant que la hiérarchie est rétablie. Je veux savoir pour quelle raison avez-vous attaqué à six un membre de ma garde personnelle?

-Elle a attaqué mon épouse. Clama Emmett.

-Rose?

-Non c'est elle qui m'a attaqué me reprochant de les avoir suivit pour tenter de récupérer son lourdaud de mari.

-Je te crois Rose.

-C'est un peu facile ça. Et puis nous tu nous as oublié mais elle, elle est ta sœur! Je trouve ça un peu tiré par les cheveux.

-Ce que tu penses m'est complètement égal. Et je sais qu'elle dit vrai parce qu'elle en a véritablement rien à faire de toi car elle a trouvé son compagnon. Et je suis assez pressée de voir sa réaction lorsque l'on va lui dire que tu as frappé sa compagne et sans raison valable de surcroît.

-Je crois qu'il ne va pas être content du tout. Renchérit Démétri.

-C'est sa parole contre celle de mon épouse. Je portai mon regard sur la brune qui était au sol dont le vampire à ses côtés, Carlisle d'après les descriptions de ma sœur, recollait les morceaux.

-Impressionnant Rose tu as été capable de faire ça avec six vampires autour de toi.

-Je ne suis pas maître d'arme pour rien. Dit-elle pleine de fierté.

-Effectivement. Je m'approchai de cette Alyson.

-Alyson c'est ça? Demandais-je avec dégoût.

-Oui, bafouilla-t-elle.

-Quelle est ta version? Et attention ne ment pas de toute façon dans très peu de temps le renfort va arriver et Jane adore les interrogatoires. Et puis après ce que ton mari vient de faire à sa belle-sœur, je suppose qu'elle sera pour mâcher le travail de son jumeau.

-Ils seront là d'ici deux minutes maîtresse, m'avertit mon traqueur.

-Merci Démétri.

-C'est Alec ton compagnon? s'exclama Jasper. Rose hocha la tête fière, ce qui me fit sourire.

-Alors? Repris-je plus sèchement.

-J'ai... j'ai cru qu'elle venait pour le récupérer. Dit-elle d'une voix mesquine.

-Tu as mal cru et à cause de toi ta famille est sur une pente très raide car vous êtes tous complice de ce lynchage sur ma garde personnelle qui en plus est l'un des maîtres d'armes de Volterra. J'entendis Jane arriver en grognant. Elle sortit de la pénombre alla ramasser ma cape signifiant mon rang et mon appartenance et vint me la placer sur les épaules puis me l'attacha. Elle se baissa à mes genoux pour bien montrer aux autres que j'étais ce que je prétendais être et Félix vint en faire autant.

-Relevez vous. Bien repris-je à l'attention des Cullen. Je dois avouer que je suis devant un dilemme. Que dois-je faire? Jane as tu entendu les dernières paroles échangées.

-Oui maîtresse.

-Et selon la procédure que risquent-ils ?

-La mort maîtresse, dit-elle placide.

-C'est bien ce qu'il me semblait.

-Non Bella tu ne peux pas nous tuer. Tu ne te souviens pas mais tu fais parties de notre famille. Dit Alice avec une voix pleine de tristesse.

-Vu comment vous avez traité ma sœur qui était des vôtres. Une que vous avez créé, je suis désolée mais je suis bien mieux dans la mienne.

-Ils ne sont pas ta famille. Il n'est pas ton compagnon, tu es mienne Bella! Et je revendique mon droit.

-Tiens donc tu as retrouvé la parole toi. Bien nous allons régler ça une bonne fois pour toute. Jasper, appelais-je en me tournant vers lui. Il me semble que tu es empathe?

-C'est bien cela dit-il avec un léger accent du sud.

-J'aime bien ton accent, déclarais-je le plus naturellement du monde.

-J'ai cru remarquer en effet. Répondit-il amusé. Je sentis deux autres vampires arriver je tournais la tête vers Démétri qui me fit signe que tout était sous contrôle.

-Bien Jasper tu es le dernier de cette famille qui a su garder un minimum d'estime de ma sœur, qui est la tienne également. Repris-je, il hocha la tête pour affirmer. Pourrais-tu informer ton frère qui se prétend être mon compagnon quels sont mes sentiments à son égard. Jasper me regarda un instant puis il se tourna vers son frère.

-Je suis désolé Edward mais elle n'est pas ta compagne.

-Elle l'est ! Elle te manipule c'est tout. Cria-t-il.

-Edward je suis là moi ! Minauda une blonde qui vint se pendre à son bras. Je me fixais sur cette voix, et cette douleur, qui d'un coup vint m'engloutir. Je me pliais en deux sous la surprise, des souvenirs c'étaient seulement des souvenirs, mais ils étaient douloureux car je les revivais. C'était elle.

-Maîtresse! M'appelèrent mes gardes paniqués. Mais le premier auprès de moi fut Démétri. Carlisle s'approcha également mais Démétri le tint en respect.

-Je veux juste la regarder, je ne lui ferais rien.

-Personne ne la touchera, grogna-t-il.

-C'est qui elle? Demandais-je alors que je prenais appui sur Démétri.

-C'est Tanya. M'informa-t-il.

-C'est elle! Dis-je à voix haute. Elle se recula prête à partir. Démétri attrape la moi! Ordonnais-je mauvaise. Il partit aussi vite qu'il le pu mais Edward s'interposa.

-Jane ! Ordonnai-je à nouveau. Et Edward s'écroula au sol de douleur laissant libre Démétri de me rapporter celle qui était responsable de mon amnésie, j'en étais certaine.

-Bella que vas-tu lui faire? Demanda Alice.

-Rien de moins que ce qu'elle ma fait c'est à dire me prendre ma vie. Jane relâche le mais tiens le à l'œil on ne sait jamais.

-Avec plaisir maîtresse.

-Qu'est ce que tu dis Bella ? Demanda ma sœur.

-Rose je n'ai rien contre la familiarité mais en privé.

-Désolée maîtresse.

-C'est elle qui m'a mise dans cet état. Elle m'a laissé pour morte dans le caniveau.

-Comment peux-tu en être sûre si tu es amnésique? demanda Alice.

-C'est sa voix qui a débloqué un souvenir. « A cause de toi Eddy a reprit sa parole. Il allait enfin m'épouser. Et maintenant il ne me regarde plus, il n'a que toi en tête. Tant que tu seras en vie il ne me reviendra pas. » Récitais-je. Lui avais-tu promis le mariage avant de me rencontrer?

-Rosalie aurait pu te le dire ça, cracha Emmett.

-Non j'ai toujours évité de lui parler de Tanya en tout cas le temps que je croyais qu'elle était sa compagne. Et après l'opportunité ne s'est jamais présentée.

-Elle dit la vérité, affirma Jasper.

-Parce que tu ne le penses plus. Demanda le concerné.

-Non, je ne le pense plus. Répondit ma sœur.

-Vous pouvez dire ce que vous voulez, je sais qu'elle ne peut pas être la compagne de Caïus il avait la sienne, même si je ne suis pas sûr qu'elle l'ait été vraiment.

-C'est un sujet tabou chez nous. Et si tu veux éviter de te faire décapiter par Démétri je te prierais de garder tes convictions personnelles pour toi. Pour en revenir à ta fiancée nous en aurons le cœur net quand Démétri la ramènera. Quant à toi je peux t'assurer que tu n'es pas mon compagnon. Je ne ressens aucune attirance pour toi. Revoilà Démétri avec ta blonde.

Mon cœur se gonfla de joie lorsqu'il réapparu fier et droit tenant la garce qui m'avait torturée à mort sans me la donner. Une grognement se fit entendre provenant d'Edward il ne devait pas trop apprécier de voir sa blonde aussi peu respectée par mon traqueur vu la haine qu'ils se vouaient tous les deux.

-Pourquoi Tanya? Demanda-t-il sèchement me prenant à contre pied.

-Parce que tu n'avais qu'elle en tête. Je voulais qu'elle sorte de nos vies à tout jamais.

-Pour ta gouverne c'était prévu puisque je devais me marier quelques semaines plus tard.

-Tu devais te marier? M'interrogea Edward abasourdis.

-Quand je dis que tu n'es pas mon compagnon.

-Avec qui?

-Jacob Black, répondis-je comme si c'était une information banale et elle l'était.

-Ce chien, tu allais te marier avec ce chien.

-Je crois que l'on va avoir des problèmes toi et moi, si tu n'es pas capable de garder tes réflexions pour toi.

-C'est justement à cause de tout ça que je voulais me débarrasser d'elle.

-Comment as tu réussis à déjouer ma surveillance? Demanda Alice.

-Ce n'était pas prémédité. J'avais repéré une maison à vendre près de la votre dans l'état de Washington. Tu aimes tellement cet endroit que j'ai voulu l'acheter comme ça j'aurai eu un pied à terre lorsque tu serais retourner à Forks. Et l'agence qui s'en occupait était de Seattle, ils devaient m'envoyer un de leur agent, ils n'avaient rien précisé. Jamais je n'aurais pensé que j'aurais à faire à Isabella Swan, la même qui me pourrissait l'existence et qui m'avait volé l'amour de ma vie. La seule femme que je détestai le plus au monde. Alors quand elle est apparue j'ai agi rapidement, justement pour éviter que tu ne voies quelque chose. Mais c'est également de ta faute si elle n'est pas morte. Car tu te souviens du jour où tu m'as appelé pour me dire que tu ne me voyais plus et que je courais un danger?

-Tu étais en train de battre à mort Bella. S'écria-t-elle choquée.

-Je la faisais souffrir comme elle m'avait fait souffrir. Mais tu m'as fait peur en disant que tu ne me voyais plus j'ai cru que j'allais rencontrer un vampire quelconque. J'ai jeté le corps de Bella rapidement dans ma voiture et j'ai roulé, puis au bout d'un moment je me suis arrêtée et je l'ai jeté dans un caniveau sur une route perdue. Je pensais que la nature allait faire son travail. Elle est encore plus coriace que nous. N'importe qui serait mort après ça mais non pas elle.

-Et tu ne sais pas encore de quoi je suis capable. En tant que principale victime dans cette affaire je réclame mon droit de vengeance. Félix je te charge de t'en occuper on la ramène avec nous à Volterra. Je veux qu'Aro lui sonde l'esprit qu'il me dise tout ce qu'elle m'a fait avant de la tuer avec tous les honneurs qu'elle mérite.

-Non! Hurla-t-elle. Edward fait quelque chose.

-Je ne peux rien faire elle est dans son droit. Répondit-il naturellement.

-Non! Hurla-t-elle de nouveau.

-Tais-toi! Criais-je à bout de patience. Bien! Repris-je une fois qu'elle se fut enfin calmée avec quelques salves de Jane pour l'y aider.

-Est ce que tes souvenirs sont revenus? Me demanda Carlisle.

-Non j'ai juste eut un flash de moi à l'agonie et de sa voix qui me répétait ces phrases. Maintenant si l'on venait au but de votre présence ici?

-Nous habitons dans cette région un peu plus loin et nous sommes à la recherche de Victoria. Reprit Carlisle.

-Et qui est Victoria?

-C'est la compagne de ce James celui qui vous a attaqué lorsque vous étiez humaine. Vous savez l'histoire de Phœnix. Me rappela Rosalie.

-Oui je m'en souviens. Et pourquoi la traquez vous?

-Parce qu'elle est en train de monter une armée de nouveaux-nés, pour tenter de nous éliminer afin nous faire payer le fait d'avoir tuer son compagnon en voulant te protéger. Répondit Edward.

-D'accord, je sens que cette histoire ne va pas plaire du tout à Caïus.

Je me tournai vers Démétri, pour l'informer silencieusement que j'allais être obligée de l'appeler pour lui faire part de la situation. Il hocha la tête pour me signifier qu'il avait compris et que nous n'avions pas le choix. Je pris mon téléphone, et appuya sur la première touche.

-Bella j'espère que c'est important je suis en audience.

-Ça l'est je suis présentement en face des Cullen. Il grogna violemment, je savais qu'il n'allait pas aimer croyant qu'Edward était mon compagnon.

-Éloigne toi d'eux, rentre tout de suite à Volterra! M'ordonna-t-il autoritairement.

-Caïus pour commencer tes craintes n'ont plus lieu d'êtres. Il n'est pas mon compagnon et j'en suis certaine.

-C'est vrai ce que tu me dis ou c'est seulement pour tenter de m'endormir.

-Tu sais parfaitement que je ne te mens pas. Et certainement pas sur quelque chose d'aussi important. Deuxièmement la mission sur laquelle je suis a un rapport avec mon passé. Je t'ai raconté comment j'avais cette cicatrice au poignet.

-Oui! Dit-il toujours fâcher.

-Et bien il se trouve que la nuée de morts et de disparitions sont l'œuvre de la compagne de celui qui m'a laissé cette marque. Elle est d'après les Cullen en train de monter une armée de nouveaux-nés pour les éradiquer.

-Et alors qu'elle fasse ce qu'elle veut.

-Caïus ce n'est pas le régent qui parle. Et là tout de suite j'ai besoin d'un roi pour me dire ce que je dois faire.

-Et que veux tu que je te dise ! Tu connais la loi non?

-Et bien dans ce cas là envoie moi Alec je reste ici avec eux pour voir où en est la situation.

-J'arrive! Et il raccrocha.

-Bien il semblerait que nous allons devoir nous supporter un peu plus longtemps que prévu.

-Bella vous êtes les bienvenues toi et tes gardes chez nous. Nous invita gentiment Esmé.

-Merci, répondis-je. Je pense que nous allons accepter la proposition vu que de toute façon c'est vous qu'elle vise. Donc nous serons sur place si ce moment devait arriver avant que nous ayons le soutient de nos renforts.

-Renfort qui serons déterminant. Reprit Jasper visiblement soulagé.

-Ne fais pas cette tête beauté. Tu as un délai supplémentaire auprès de l'homme de ta vie. Je tiens à t'avertir toutefois de ne pas essayer de t'échapper. Tu ne seras jamais à l'abri du pouvoir de Démétri. Et je me ferais une joie de lancer Jane à tes trousses si l'envie de nous fausser compagnie se faisait ressentir. Avertis-je Tanya. Bien nous vous suivons. Déclarais-je. Et s'est entourée par mes gardes, Démétri plus proche que les autres que nous les suivions. Félix gardant un œil et une main sur la blonde qui était à l'origine de mon amnésie.


Voilà alors c'est un chapitre pleins de rebondissements...

Que pensez-vous de l'histoire de Démétri? Moi personnellement je l'aime particulièrement.

Et cette fameuse rencontre avec Edward? Dites moi tout j'attends vos commentaires avec impatience.

Chacun sa place

Chapitre 17 : Chacun sa place

-Notre maison ne comporte pas assez de pièces privées, mais nous avons une chambre pour toi et Caïus, m'informa Esmé.

-Merci Esmé c'est très aimable à vous, je me tournais vers mes gardes. Avez-vous eu le temps de chasser ?

-Non maîtresse vous nous avez appelé juste avant, répondit Félix.

-Dans ce cas vous allez-y. Je me charge avec Rosalie de la surveillance de la prisonnière.

-Non maîtresse avec tout le respect que je vous dois je ne vous laisse pas seule avec eux.

-Démétri tu es le plus assoiffé de tous va chasser je ne risque rien.

-Pense qu'il y a un empathe dans cette maison et de par ta soif il est lui même assoiffé, argua Alice.

-Ce n'est pas mon problème. Je ne laisserais pas ma maîtresse seule parmi vous.

-Nous lui ferons rien. Elle faisait partie de notre famille bien avant qu'elle ne vous rencontre toi et tes maîtres ! déblatéra Emmett.

-Je crois avoir déjà dit ce que je pensais de votre esprit de famille. De plus je n'ai aucun souvenir de cette époque, donc pour moi elle n'a jamais existé. Et je n'ai pas plus confiance en vous que vous avez confiance en nous.

-Nous faisons confiance aux Volturi, rétorqua Carlisle.

-C'est pour ça que vous nous avez contacté pour nous annoncer ce que vous saviez sur l'épidémie de disparations et de meurtres qui se sévissent dans la région. En plus de connaître le nom de la responsable.

-C'est que...

-Oui c'est ce que je disais. Bref, Démétri tu resteras avec moi et Rose jusqu'à ce que Caïus et Alec arrivent. Jane et Félix vous partez tous les deux, ne coupez pas vos téléphones. Nous resterons vigilants tant que nous ne connaîtrons pas les intentions de Victoria.

-Bien sûr maîtresse.

-Et si vous pouviez aller chasser hors de ce secteur je crois qu'il y a eu assez de disparition dans la région, reprit Edward avec une moue dégoûtée.

-Ne fais pas celui qui est écœuré tu t'es nourri comme nous et c'était il n'y a pas si longtemps, chargea Démétri.

-C'était dans une autre vie.

-Bon ça suffit! De toute façon nous savons parfaitement ce que nous devons faire et ils savent comment agir et où se nourrir sans tes conseils, tranchai-je sèchement.

-Je crois que je ne vais pas me faire à cette manie que tu as de prendre sa défense, me dit Edward la mine renfrognée en me fixant durement.

-Tu n'es pas le seul, et il va falloir t'y faire ! Reprit Rose . Même Caïus se confronte à son entêtement, lorsqu'il s'agit de Démétri.

-Et de toi également, repris-je ne voulant pas attiser la curiosité de cette famille et surtout d'Edward concernant Démétri.

Je savais qu'il ne l'aimait pas et je ne voulais pas qu'il puisse utiliser nos sentiments réciproque contre lui en les dévoilant à Caïus. Cela aurait probablement conduit à la mort de Démétri et ça je ne le permettrais pas. Depuis que je connaissais la portée de ses sentiments et que je savais qu'ils faisaient écho aux miens. Je me sentais encore plus proche de lui comme si un lien indéfectible nous liait tous les deux. Nous nous protégions mutuellement, chacun à notre niveau et dans la mesure de nos possibilités. Lui en se mettant toujours entre moi et le reste du monde et moi en utilisant mon niveau social pour qu'il reste hors d'atteinte de Caïus principalement. En fait nous avions toujours agit de cette façon.

Je vis Jasper me regarder étrangement puis son regard alla jusqu'à Démétri, j'avais omis ce détail. Si le télépathe ne pouvait pas lire nos esprits il en était différent de l'empathe et je n'étais apparemment pas hermétique à son pouvoir. Je le pris rapidement sous mon bouclier pour que ses pensées et ses déductions restent pour lui pour le moment. Je jetais un rapide coup d'œil à Démétri qui n'avait non plus rien perdu de ce qui venait de se passer silencieusement. Il hocha la tête pour me faire comprendre qu'il avait saisi le problème.

-Jasper pourrais-tu m'accorder un moment en privé ?

-Je crois en effet que cela est nécessaire, répondit-il.

-Maîtresse que faites-vous ? Demanda Démétri.

-Je dois m'entretenir avec le Major. Rose tu restes ici avec la prisonnière. Vous autre je tiens à vous prévenir qu'il n'arrive rien à ma sœur, déclarai-je en fixant le couple que formait Emmett et Alyson. Et n'aidez en aucun cas la prisonnière à s'échapper sans quoi je mettrais à feu et à sang votre famille. Je vous traquerais et décimerais la famille Cullen jusqu'au dernier. Suis-je claire ?

-Nous ne ferons rien de cet ordre, m'assura Carlisle.

-Je viens avec vous, renchérit Edward.

-Non ! Tu restes ici. L'entretient que je dois avoir avec le Major doit rester entre le Major et moi.

-Et lui :

-Lui c'est mon garde, grondai-je méchamment. Et son rôle est de toujours rester auprès de moi. Il va vraiment falloir t'y faire et vite.

-Ça va aller Edward leurs intentions ne sont pas mauvaises, le rassura Jasper.

Il me précéda, j'emboîtais le pas avec Démétri à mes côtés. Assez loin de la maison il me prit la main pour attirer mon attention. Je voyais qu'il était soucieux et il me posait la question silencieuse de si je savais ce que je faisais. Je secouais la tête pour lui signifier que non mais nous n'avions pas le choix.

-Est-ce que nous sommes assez loin ? Demanda Jasper à mon traqueur. Deux secondes de réflexion plus tard Démétri acquiesça.

-Tu sais pourquoi je t'ai demandé de m'accorder cet entretient ?

-J'ai une vague idée oui.

-Je veux que tu gardes ça pour toi. Personne dans ta famille ne doit savoir.

-Pourquoi ?

-Parce que ton frère principalement pourrait se servir de cette information en la dévoilant à Caïus. Et bien évidemment vu l'aversion de mon conjoint pour Démétri, ce serait sa mort assurée.

-Bella ne fais pas ça pour moi.

-Ce n'est pas que pour toi, que crois-tu que je ferais sans toi à mes côtés ! Répondis-je à mon traqueur.

-Comment fais-tu pour supporter qu'un autre la touche ? Demanda-t-il à Démétri compatissant.

-Je ne le supporte pas. Je m'éloigne pour ne pas perdre le contrôle et que je commette un acte irréparable. Répondit mon traqueur avec honnêteté. J'étais peinée de devoir entendre ses ressentiments concernant ma relation avec Caïus.

-Je ne sais pas quoi penser de tout cela et de votre comportement à tous les deux.

-Tu n'as pas à penser ni à juger ce que nous faisons. Je te demande seulement si tu vas garder cela pour toi ?

-J'ai un marché à te proposer, me répondit-il. Je n'aimais pas du tout cette situation. Je n'avais pas pensé qu'il pouvait tracter quelque chose en échange.

-Quel est-il ? Demandai-je prudente et sur mes gardes.

-Je garderais pour moi votre liaison, mais en contre partie tu épargnes la vie de ma cousine.

-Pardon ? Demandai-je abasourdie.

-Personne ne saura jamais rien de votre histoire, pas même Alice. Ce qui est d'autant plus vrai qu'elle ne peut avoir de vision si tu es dans les parages ou de visions de toi. Sinon nous t'aurions retrouvé bien plus tôt.

-Premièrement nous n'avons aucune liaison tous les deux. Elle est une personne intègre et ne trahira pas son conjoint, déclara Démétri. Deuxièmement je préfère mourir sous les mains de Caïus, plutôt que de priver Bella d'une vengeance mérité, cousine ou pas, secret ou pas.

-Ça c'est ton point de vue mais nous savons tous deux que seul compte celui de Bella. Et excuse-moi mais pour moi ce sera toujours Bella, je me fous de ton statut. Donc pour résumer, seul ton point de vue est important dans cette histoire. Et puis il y a d'autre façon de réclamer justice. Tu étais une humaine intelligente prouve nous que nous ne nous trompions pas. Plusieurs minutes passèrent.

-J'ai besoin d'y réfléchir plus longuement.

-Tu as jusqu'au moment de ton départ pour prendre une décision.

-En attendant je te garderais sous couvert de mon bouclier. Un petit oublie ou une lecture émotionnelle en présence de ton frère serait malvenue.

-Fais comme bon te semble et ce serait en effet plus avisé. D'ailleurs je me demande comment il ne s'en est pas rendu compte tout à l'heure. Que ce soit lorsque tu es intervenue pour le protéger ou dans la maison ?

-Lors de notre affrontement il devait certainement se concentrer sur moi et dans la maison Bella t'a pris sous son bouclier, répondit Démétri. Je hochais la tête pour affirmer la deuxième partie.

-J'aurais besoin de quelques minutes seule avec Démétri. Pourrais-tu conserver tout cela quelques instants.

-Je vais aller retrouver Alice. En attendant que vous rentriez.

-Merci, répondis-je.

Il prit son téléphone.

-C'est moi retrouve-moi près de la rivière au gros rocher.

-J'y suis déjà.

-Évidemment, répondit-il. À tout de suite.

-À tout de suite mon chéri, et il raccrocha puis partit après nous avoir salué d'un hochement de tête.

-Que vas-tu faire ? me demanda Démétri.

-À ton avis !, Il sait pertinemment que je ne laisserais rien t'arriver.

-Tu dois te venger, tu ne peux pas laisser passer cette occasion.

-Je sais mais comme il l'a fait remarquer il y a d'autre moyen de réclamer réparation et pour ça j'ai besoin de la connaître.

-Il n'y a que les Cullen pour te dire qui elle est réellement.

-Toi à quelle occasion l'as-tu rencontré ?

-C'était au tout début de mon service auprès des Volturi, je venais de passer mes un an. Nous avons dû aller chez eux en Alaska car sa créatrice a été dénoncée auprès des maîtres pour avoir transformé un bébé. Lorsque nous sommes arrivés là-bas il s'est avéré que la délation était exacte. Et nous avons dû détruire le bébé et sa créatrice.

-Donc pour résumer, la créatrice de Tanya a été tuée par notre famille pour avoir violé une de nos règles ?

-Oui sous ses yeux ainsi que ceux de ses sœurs.

-Tiens donc elle a des sœurs ! Sont-elles proches ?

-Autant que les Cullen je pense, mais je ne les connais pas trop. Il faudrait peut-être demander cela à Marcus.

-Oui c'est ce que je vais faire. Je pris mon téléphone pour appeler le frère de mon conjoint.

-Oui, répondit-il de sa voix monotone toujours égale à lui même.

-Marcus, bonjour c'est Bella. Je me permets de vous appeler pour avoir un renseignement.

-Je t'écoute.

-Je voudrais connaître le lien qui uni Tanya de Denali à ses sœurs. Est-ce un lien solide et étroit ?

-Autant que je sache oui. Elles ont a peu près les mêmes liens que Rosalie et toi.

-Merci Marcus.

-Mais je t'en prie. Puis-je savoir pour quelle raison tu me demandes cela ?

-Pour résumer la situation, Tanya est la personne qui m'a laissée pour morte lorsque j'ai perdu la mémoire. Elle voulait me tuer pour avoir Edward Cullen pour elle seule. Et je viens de la retrouver ici avec eux avec son souvenir bien précis. Et je suis à la recherche d'une sanction adéquate, et il me fallait la connaître un peu mieux.

-J'espère t'avoir été utile.

-Très utile merci Marcus.

-Je t'en prie, et il raccrocha.

-Je suppose que tu as déjà une petite idée de ce que tu lui réserve.

-Effectivement. Et je crois qu'elle préfèrera la mort plutôt que le sort que je lui réserve. Qui a tué sa créatrice ?

-C'est Félix.

-Et bien j'en connais un qui va être heureux. Viens on rentre.

-Une minute encore, me dit-il en me retenant par le bras. Je me stoppais dans mon élan. Que vas-tu faire avec Caïus ?

-Je ne peux rien faire Démétri et tu le sais très bien. Si je prends la décision de lui dévoiler mes sentiments pour toi ou pire prendre le risque de le quitter c'est ta vie qui sera en jeu.

-Oui je sais, c'est juste que cela va être encore plus difficile maintenant que je sais que mes sentiments sont partagés. Je crois que je ne supporterais pas qu'il te touche alors que je ne le peux pas.

-Démétri je croyais que nous avions déjà abordé ce sujet.

-Je sais mais au plus je repasse dans ma tête ce moment ou nous avons été proche tous les deux au plus je me demande si ce n'est pas une erreur.

-Démétri ne me fais pas ça! C'est déjà dur pour moi de savoir que nous partageons cette affection et que je doive tout garder pour moi. Mais si en plus tu décides de ne pas y mettre du tien je n'y arriverais pas.

-Bella, je ne ferais jamais rien qui te chagrine mais comprends-moi. Comment dois-je réagir ? Je t'aime...

-Non tu ne dois pas le dire !

-Si je vais le dire, et tu vas l'écouter. Je t'aime Bella et ce depuis la toute première fois où je t'ai vu dans cet aéroport. Et je comprends ce que tu fais et pourquoi tu le fais. Je ferais la même chose pour toi si j'étais à ta place.

-Tu sais que je ressens la même chose pour toi. Mais j'aime également Caïus, même si avec toi c'est plus passionnel, voire même plus fusionnel. Mais je ne peux ni te dire ces mots et encore moins te laisser les dire. Ça va nous détruire.

-Bella, me dit-il en prenant mes deux mains dans les siennes. Je ne pourrais pas supporter qu'il te fasse l'amour. C'est plus fort que moi. Déjà avant c'était dur mais maintenant en sachant que tu partages mes sentiments, je ne pourrais tout simplement pas.

-Et si nous établissions un code. Quand je sens que le moment va arriver je ferais ça, j'ôtais mon bouclier deux fois brièvement et consécutivement de façon à faire une sorte d'appel lumineux dans son esprit, vu que c'est comme ça qu'il percevait son don.

-Tu as perçu le signal ?

-Oui un clignotement de deux lueurs c'est ça ?

-Oui et pour revenir ce sera un signal de trois secondes.

-OK et pendant qu'on y est je voudrais qu'on établisse un autre code pour les urgences.

-C'est simple dès que je veux que tu viennes à moi je laisserais mon bouclier levé plus de trois seconde, comme ce que nous faisons habituellement. Et si un danger ou une urgence un clignotement successif, de trois lueurs puis je le laisserais lever autant qu'il me sera possible pour que tu me localises et que tu me rejoignes.

-Ça me convient.

Il m'attira à lui et bien que nous avions convenu de ne plus être si proche l'un de l'autre, il m'était impossible de le repousser. Je me laissais aller dans cette étreinte, le cœur à la fois heureux de ce contact et meurtri parce que cela ne devait plus se faire. Tout était en contradiction entre nous, j'étais si bien lorsqu'il était présent mais je ne pouvais me laisser à profiter de sa présence parce que c'était dangereux, et avant tout dangereux pour lui. J'étais en plein doute, en plein désarrois car même mon cœur était partagé entre lui et Caïus. Mais ma raison faisait basculer la balance du côté du régent, de celui qui partageait ma couche où plutôt qui partageait la sienne avec moi. Je ne sais combien de temps nous restâmes l'un contre l'autre à profiter de notre proximité inhabituelle, interdite mais tellement réconfortante.

-Démétri nous devrions y aller.

-Je me fous des Cullen, me répondit-il. À partir de demain je ne pourrais plus avoir ces opportunités.

-Je m'en fous tout autant que toi. Mais il y a Jane et Félix et bien que Jane serait discrète nous savons que Félix même s'il est ton ami est fidèle et loyal à Caïus.

-Je sais, dit-il résigné. Mais je n'ai pas envie de te relâcher, je n'ai pas envie que tu partes de mes bras.

-Démétri nous n'allons pas y arriver comme ça. Tu sais que je ne peux pas, même ça je ne devrais pas. Je suis avec Caïus et tu sais ce qu'il nous ferait à tous les deux s'il nous voyait comme ça.

-Oui je sais, dit-il se reprenant.

Il embrassa mon front et laissa ses lèvres plus longtemps qu'un simple baiser innocent. Je le sentais tout aussi déchiré que moi, mais nous n'avions pas le choix, et surtout nous ne devions plus jamais nous laisser aller jusqu'à ce stade. Parce qu'après la séparation était encore plus difficile et je ne parlais même pas de ce que je devrais affronter en revoyant Caïus.

-Démétri, nous ne devons plus...

-Je sais c'est trop difficile après, répondit-il me devançant dans mon explication. Je m'en tiendrais exclusivement à mon rôle de garde à partir de maintenant. Mais s'il te plaît n'oublie pas les codes. Car même si je ne montrerais rien ça ne m'empêchera pas de souffrir de votre intimité m'indiqua-il.

-Je n'oublierais pas et je ferais en sorte de tous nous préserver et toi principalement, je ne peux rien te promettre de plus que ça.

-Et ça me suffira, me dit-il bien que je savais que ce n'était pas vrai.

Nous nous lâchâmes une nouvelle fois. Et cette fois-ci je partis tout de suite ne voulant pas faire traîner les choses. Une séparation rapide et brutale, c'est ce qu'il nous fallait. Bien évidemment il me suivait lorsque nous arrivâmes à la villa des Cullen et tous étaient là hormis Alice et Jasper.

-Où est Jasper ? Me demanda Emmett.

-Avec son épouse, répondis-je. J'allais vers Rose. Ça a été ?

-Ouais un peu tendu mais ça va. S'il vous plaît si vous pouviez éviter de me laisser de nouveau seule avec eux ça m'arrangerait.

-Promis et merci Rose.

-Mais de rien maîtresse c'est mon job, dit-elle avec un sourire amusé.

Je me doutais que j'avais dû louper quelque chose mais je suis sûre que je saurais plus tard. J'allais m'asseoir alors que mes yeux se portaient sur la garce blonde qui m'avait torturée, moi simple humaine parce qu'elle était jalouse de l'affection que me portait son amant. Je réfléchissais à ce que je venais d'apprendre. Démétri quant à lui était dans mon dos.

-Viens t'asseoir, lui dis-je.

Je savais qu'il était en train de foudroyer tout le monde du regard. Il s'exécuta et resta à mes côtés. Je restais un moment dans le silence le plus total alors que tous s'affairaient à de quelconques activités.

-C'est nouveau dans le protocole une telle proximité avec les maîtres ? Lança sarcastiquement Edward à Démétri. Ce dernier releva la tête pour le regarder froidement.

-Ce n'est peut-être pas dans le protocole mais j'ai le pouvoir de faire ce que je veux avec mes gardes. Et sache qu'il n'y a qu'eux et Caïus à avoir droit à une telle proximité, cela s'appelle de la confiance. Rétorquai-je en mettant une main sur l'avant bras de mon garde afin qu'il reste calme.

Edward me regarda droit dans les yeux essayant de trouver quelque chose. Mais quoi ?

-Donc son odeur sur toi et vice versa c'est aussi une preuve ou un geste de confiance.

-Je ne te savais pas si sarcastique Cullen, le railla Démétri.

-Vous ne répondez pas à ma question.

-Mais qui es-tu pour me demander des comptes ? Je n'ai en aucun cas à me justifier devant toi, m'agaçai-je.

-Qu'est-ce qu'on loupe ? Fit Alice en arrivant avec Jasper.

-Je demandais à Bella s'il était normal qu'elle porte l'odeur de Démétri sur elle rien de plus mais cette simple question à l'air de les embarrasser.

-Ça ne m'embarrasse en rien dans le sens où de toute façon je ne te dois rien. Et que ce que tu as l'air de sous entendre même si c'était vrai ne te concernerait en rien. Et comme je te l'ai dit je n'ai pas à me justifier devant toi. Tu en tireras les conclusions que tu veux je n'en ai rien à faire.

-Je pense que Caïus sera ravi d'apprendre à quel point Démétri est très « professionnel ». Démétri grogna pour le mettre en garde.

Je me levais pour aller devant Edward. Je me fixais droit devant lui et avec une voix que je voulais détachée je repris.

-Essaierais-tu de me menacer Cullen ?

-Ce n'était pas le but, ce n'est pas toi que je vise.

-Je commence à me fatiguer de devoir tout te répéter alors ouvre bien tes oreilles parce que je ne le répèterais plus. Laisse mes gardes tranquille ce qui inclus bien évidemment Démétri. Parce que dans le cas contraire je crois que je m'en tiendrais aux volontés de mon compagnon c'est-à-dire que je viendrais m'occuper de Victoria plus tard. Est-ce que mes menaces à moi sont assez subtiles et compréhensives pour toi ?

-J'ai parfaitement compris. Me dit-il sans bouger d'un millimètre. Nous étions très proche l'un de l'autre mais ça n'avait rien d'une attirance, au contraire j'étais même très en colère.

Démétri vint se poster dans mon dos et déposa ses mains sur mes épaules pour me reculer alors que je toisais le télépathe pour lui faire comprendre que j'étais très sérieuse.

-Edward fais attention à ce que tu fais, nous avons besoin de leur aide pour affronter Victoria et son armée de nouveaux-nés. Et pour répondre à ta question elle m'a sauté dessus à cause d'un désaccord et Démétri l'a simplement retenu. Mentit Jasper.

-Ne fais pas d'histoires Edward tu engagerais la famille sur ce terrain là, et nous ne pouvons pas nous le permettre, appuya Alice.

-Pourquoi est-ce que tu protèges l'esprit de Jasper ? Demanda Edward plein de suspicions.

-Nous sommes en pourparlers et pour le moment tant qu'aucunes décisions n'a été prises je protège son esprit et donc mes intérêts, répondis-je naturellement.

-Ce qui signifie que nous ne devons pas être au courant si je comprends bien.

-Effectivement cela ne concerne que le Major et pas votre famille. Je prends encore le temps de la réflexion Major.

-Comme je te l'ai dit tu as jusqu'à ton dépars.

-J'en ai bien pris note mais je pense que je vais en référer à Aro. Je l'appellerais lorsque Caïus arrivera.

Je m'isolais dans la chambre qu'Esmé avait mise à ma disposition. Je songeais à ce qui avait été dit jusqu'à présent. À ma prise de position concernant Démétri. Je devais me rendre à l'évidence oui je l'aimais et ce depuis la première fois où je l'avais vu. Mais il était hors de question que j'avoue quoi que ce soit à Caïus, il serait capable de le tuer et ce sans motif légitime. Je ne pouvais pas le quitter non plus, on ne quittait pas un régent que l'on soit ou non sa vraie compagne. Je n'avais pas d'autre choix que de tenir ma place. Mais surtout je ne devais plus jamais me compromettre avec Démétri parce que c'était trop dur de reprendre ma place après ça. De plus comme l'avait affirmé Démétri j'étais intègre, j'étais avec Caïus et je ne le trahirais pas. Sans omettre que j'aimais Caïus également ce n'était peut-être pas aussi puissant mais je l'aimais et il était tout aussi important pour moi que pouvait l'être Démétri.

-Maîtresse puis-je entrer ? Demanda Démétri à la porte.

-Oui je t'en prie.

-Maîtresse, maîtres Caïus et Aro arrivent.

-Aro aussi ?

-Oui il est présent avec Alec.

-Ils seront là dans combien de temps ?

-Moins d'une demi heure maîtresse.

-Très bien nous allons les accueillir. Demande à Jane de prévenir tous les Cullen.

-Oui maîtresse. Il partit et j'en profitais pour prendre une douche avant l'arrivée de mon compagnon.

Nous étions tous dehors, moi en première ligne entourée de mes gardes, les Cullen juste derrière nous. Je vis mon compagnon et son frère, accompagnés d'Alec arriver. Je les mis sous couvert de mon bouclier pour que le télépathe ne puisse avoir un accès à leur pensées.

Je voyais déjà le sourire majestueux de Rosalie s'étirer et le regard d'Alec qui la scrutait intensément, il ne souriait pas il était en mode garde. Mais je savais qu'il était heureux de retrouver sa compagne. Quant à moi je fixais Caïus qui affichait un air contrarié. Je lui souris à mon tour pour essayer de lui faire comprendre que tout allait bien qu'il ne devait pas s'en faire. Ils arrivèrent à notre hauteur.

-Bella je suis content de te revoir, me fit Aro en déposant un baiser sur ma joue.

-Je le suis également, et surprise je ne m'attendais pas à vous voir ici.

-Il y a bien longtemps que je n'ai vu mon ami Carlisle et son fils, je me devais de me déplacer.

Il me contourna et alla vers les Cullen. Jane suivit son maître vu qu'il était présent elle reprenait sa place initiale tout comme Félix qui alla se placer derrière Caïus. Ce dernier s'approcha de moi pour me prendre dans ses bras et il m'embrassa avec possessivité. Au bout de quelques seconde ou seuls nos gardes respectifs étaient restés présent. Il mit fin au baiser.

-As-tu fait bon voyage ?

-Non il était bien trop long et éprouvant à mon goût. Comment ça se passe ici ?

-Tout va à peut-prêt bien. J'ai juste dû intervenir auprès d'Edward qui a tendance à chercher un peu trop Démétri, mais dans l'ensemble ça va. Viens à l'intérieur pour écouter le résumer de ce qu'il se passe ici. Il me prit par la main et me tira vers la villa.

-Démétri profites-en pour aller chasser je ne risque plus rien maintenant.

-Oui maîtresse.

-Ça ne peut pas attendre ? Me demanda Caïus.

-Non il a vraiment attendu trop longtemps. Il n'a pas voulu me laisser seule une seconde avec les Cullen.

-Dans ce cas je n'y vois pas d'objection. C'était dans son langage une sorte de remerciement pour être resté avec moi chaque secondes depuis que nous avions rencontré les Cullen.

-Rosalie tu gardes Tanya sous surveillance. Lui ordonnai-je alors que la prisonnière avait rejoint la maison avec les Cullen.

Nous pénétrâmes à l'intérieur je fus un peu tendu car Edward et Caïus dans la même pièce cela pouvait être dangereux. Heureusement Démétri venait de partir sinon je pense que j'aurai eu du mal à éviter une catastrophe apocalyptique.

-Caïus, le salua Carlisle. Mon compagnon lui fit un signe de tête.

Il s'approcha du canapé où Aro s'était installé et prit place à ses côtés. Il me prit par la taille alors que j'étais restée debout à ses côtés comme le voulait le protocole, et il m'attira sur ses genoux.

-Le protocole a vraiment changé à ce que je vois, cracha Edward. Il y a beaucoup plus de largesses qu'à mon époque, je grognais de concert avec Caïus.

-Edward ! Intervint sèchement Carlisle.

-Effectivement l'arrivée d'Isabella dans notre famille a fait que nous avons remanié certaines de nos coutumes un peu vieillottes, répliqua Aro avec diplomatie.

-Oui c'est ce que j'ai pu constater dans les comportements de Bella et de Démétri.

-Qu'est-ce qu'il veut dire ? Demanda Caïus. Cet espèce de salaud avait réussi son coup.

-Je t'explique ça tout de suite. Jane ! Ordonnai-je n'ayant pas besoin de m'expliquer d'avantage car elle savait pertinemment ce que je lui avais promis.

Edward se plia au sol en hurlant. Je le regardais avec mépris et attendis quelques minutes avant de faire cesser la torture de la jumelle. Tous les Cullen étaient tendus mais impuissant. Je l'avais averti et j'avais été très claire. Il avait volontairement outrepassé mon avertissement.

-Arrête Jane, elle cessa et il se remit debout péniblement. Je t'avais prévenu, mais il semblerait que tu aies des problèmes d'audition. Cette fois-ci je te promets qu'à la prochaine insinuation de ce genre je te ferais démembrer et jeter au feu. Et j'offrirais ce cadeau à Démétri. Est-ce que tu comprends ce que je te dis ? Lui demandai-je en le faisant passer pour le dernier des crétins.

-Oui, répondit-il la mâchoire crispée.

-Je l'espère car je ne plaisante pas.

-C'est quoi cette histoire ? Redemanda Caïus.

-Comme je te l'ai dit depuis que nous avons rencontré les Cullen, Démétri ne m'a pas lâchée d'une semelle une seule seconde.

-Et cela a attisé la jalousie de mon frère qui n'apprécie pas beaucoup votre traqueur en temps normal. Mais le fait qu'il bénéficie d'une proximité qu'il ne peut pas avoir avec Bella, ça le rend malade de jalousie. Il a voulu se venger de Démétri. Conclu Jasper, rendant plus crédible l'histoire que j'allais raconter, vu qu'elle était assez similaire puisque c'était la vérité.

-Sache Edward que je n'apprécie pas beaucoup Démétri ce n'est pas un secret et toi plus que quiconque en connait la raison. Mais je l'estime certainement plus que toi et je fais entièrement confiance à son professionnalisme pour empêcher quiconque d'approcher MA Bella, conclut Caïus.

Ce qui me surprit car il venait d'admettre devant témoin qu'il était confiant dans les qualités de garde de mon traqueur. Edward baissa la tête devant le poids des regards de toute sa famille. Sans le savoir ou peut-être le savait-il bien au contraire Jasper venait de sauver la vie de son petit con de frangin.

J'entrepris de raconter à Aro et Caïus ce qu'il s'était passé et Aro voulu voir par lui-même. Il demanda à Edward de se laisser toucher et ce dernier accepta mais j'aurais pu parier que ce n'était pas de gaité de cœur.

-Je crois que l'on va avoir besoin de votre hospitalité quelques jours de plus si cela ne vous dérange pas Carlisle.

-Prenez le temps dont vous avez besoin.

-Merci mon vieil ami. Isabella il semblerait que tu as fait une prisonnière ?

-Oui je voulais justement vous en parler en privé, il avança sa main pour me toucher. Non pas ici, déclarai-je.

-Tu es capable d'ôter ton bouclier ? Demanda Edward aussitôt.

-Vous voyez ?

-Oui très bien allons nous nous promener, décréta le régent. Je me relevais avec mon compagnon. Vous nous excuserez nous devons régler certaines affaires internes, nous excusa Aro.

-Jane et Alec vous nous suivez.

-Excusez-moi Aro mais ne pouvons nous pas laisser Alec ici ? Rosalie est un peu tendue depuis que son ex-mari lui a levé la main dessus, dans l'intention de la jeter dans un bûcher. Je vis le sourire d'Aro apparaître sur son visage alors qu'Alec émit un grognement menaçant en direction de l'armoire à glace Cullen.

-Bella c'est un coup bas ça, me fit Jasper.

-Un coup mérité ils étaient deux sur elle. Sur une personne qui faisait partie de votre famille précisons-le. Et même toi tu n'es pas intervenu, alors excuse-moi mais c'est mérité. Et puis nous n'avons pas d'accord sur ce fait bien précis. Sans parler que contrairement à certains d'entre vous, Alec sait agir comme il se doit. Il ne s'attaquera à personne tant que sa compagne et que ma prisonnière sont épargnées. C'est en quelque sorte une garantie.

-Il se trouve que Bella est très attachée à ses gardes, vous le découvrez à vos dépends, s'amusa Caïus. Je le regardais cette fois-ci complètement abasourdie. Pour une fois que je n'ai rien à voir avec ton mécontentement et de ton humeur surtout les concernant eux, j'en profite, se défendit-il.

Ce qui me fit sourire et pas que moi Aro et Rose également. Dommage que Démétri ait manqué ça. Nous nous éloignâmes de la villa assez loin pour que notre conversation reste privée. Je levais enfin mon bouclier et laissais Aro lire ce qu'il s'était passé. Je savais qu'il allait tomber sur une certaines scènes mais de toutes façon il les aurait vu dans l'esprit de Démétri. Je préférais qu'il ait ma version en premier lieu pour peut-être arriver à sauver ce qui pouvait être sauvé. Il arriva sur cette scène.

-Je suis désolée, mais il ne s'est rien passé, nous en sommes restés là et il n'y aura plus jamais d'autre effusion de ce genre. Ne le dénoncez pas à Caïus il perdrait la vie pour une erreur dont je suis tout autant responsable. Il hocha la tête pour me signifier son accord ce qui me soulagea. Il lut tout jusqu'à ce qu'il venait de se passer.

-Bien je vois ton problème Bella. Jane appelle Démétri et dis lui que sa maîtresse va bien qu'il peut continuer ce qu'il est en train de faire.

-Pourquoi tu lui donnes cet ordre ? Demanda Caïus surpris.

-Oh j'avais oublié, me repris-je. Nous avons conclus d'un code avec Démétri si je suis en danger je dois lever mon bouclier assez longtemps pour qu'il puisse me localiser.

-Ce qui est ingénieux Isabella, me complimenta Aro. Je hochais la tête pour confirmer que je partageais son avis.

-Quel est le problème et cet arrangement avec le Major ? Demanda Caïus dont la patience arrivait à son terme.

-Le Major a voulu négocier la vie de sa cousine en contre partie de l'entraînement de nos gardes, mentit Aro.

-Je ne suis pas d'accord d'après ce que j'ai compris elle est responsable de ta perte de mémoire, me demanda Caïus.

-Effectivement c'est elle qui m'a laissée pour morte dans le caniveau. Mais je n'ai encore rien conclu j'attendais de pouvoir vous en référer. Parce que j'aurais peut-être pire que la mort pour elle. Démétri m'a informé que vous avez tué sa créatrice parce qu'elle avait transformé un nourrisson.

-Oui c'est bien ça, acquiesça mon compagnon.

-Aro connaissez-vous les sentiments qu'elle porte à notre famille ?

-Ils ne sont pas très tendres ni très attentionnés. Elle était plus proche de sa créatrice que ses autres sœurs.

-Très bien c'est ce que j'espérais, repris-je. Aro se réjouissait à l'avance.

-Je pourrais être mis dans la confidence ?

-Cela gâcherait l'effet attends un peu de toute façon Isabella a pris sa décision et va donc en informer les concernés.

-Maîtres, maîtresse. Démétri arrive il était déjà en route.

-J'espère qu'il se sera nourrit convenablement ? Repris-je dépitée. J'aurais dû parer et prévenir ce pépin.

-Je me renseignerais au pire il ira se nourrir dans les environs nous ne sommes plus à une disparation supplémentaire, déclara Aro. Je ne dis rien car bien que je tolérais leur régime j'avais encore du mal à concevoir leur vision de l'espèce humaine.

-En ce qui concerne cette armée de nouveaux-nés, que faisons-nous ? Demanda Caïus.

-Je pense que nous n'avons pas le choix, cette Victoria, d'après ce que j'ai pu voir dans l'esprit d'Edward veut détruire les Cullen mais Isabella également.

-Dans ce cas la question ne se pose même pas, effectivement, gronda Caïus.

Je plaçais ma main sur sa poitrine pour qu'il se calme. Mais mes gestes n'avaient pas le même impact qu'avec Démétri il fallait plus de temps à Caïus pour se ressaisir.

-Calme-toi mon frère il ne pourra rien arriver à Isabella. Nos meilleurs gardes sont présents pour la protéger.

-Comment fait-on ? On ne va pas attendre qu'elle se constitue une armée encore plus grande et plus puissante. Nous devons agir avant qu'elle ne se décide d'attaquer les Cullen. Vu qu'elle n'est pas au courant de notre présence.

-Je pense que nous allons créer des groupes de recherche. Je partage ton avis Isabella nous devons la trouver avant qu'elle ne se constitue une armée plus importante. Bien que même dans ses conditions elle ne pourrait pas être dangereuse pour nous. Mais elle compromet sérieusement notre secret, approuva Aro.

-Oui et au plus tôt nous aurons réglé ce problème au plus tôt nous retournerons chez nous.

-Je suis d'accord avec ça, confirmai-je.

-En ce qui concerne ce Cullen tu es sérieuse. Il n'est pas ton compagnon ? Me demanda de confirmer Caïus.

-Non il ne l'est pas. Je dirais même qu'il m'agace particulièrement, avouai-je à mon compagnon.

-Elle te dit la vérité. Seul le jeune Edward est épris de ta compagne, Isabella t'est loyale. Je me sentis mal à l'aise car oui j'étais loyale à Caïus mais j'aimais également Démétri et surtout je l'avais embrassé. Donc c'était en quelque sorte une tromperie, même si elle ne se reproduirait plus jamais.

-J'en suis bien aise, mais je suis tout de même pressé de mettre le plus de distance possible entre eux et nous.

-Moi aussi car ils m'agacent avec leur manie de vouloir m'intégrer à leur famille.

-Tu es de notre famille! tonna Caïus.

-Je sais à qui j'appartiens et où va ma loyauté Caïus. Et si je te le dis c'est que pour moi il n'y a pas d'incertitude. J'ai beau être végétarienne cela ne fait pas que je me sente à l'aise parmi eux. Au contraire je crois que je m'ennuierais vite de leur vie morne et sans intérêt. Aller au lycée alors qu'ils ont plus de cent ans c'est pitoyable.

-Ne les juge pas trop sévèrement, les Cullen sont un modèle d'intégrité dans notre monde. Plaida Aro.

-Peut-être mais ils sont loin de ce qu'ils laissent paraître. Nous jouissons d'une certaine réputation mais nous ne renions pas les nôtres. Même Caïus adopte cette position face aux étranger avec Démétri. Qu'ont-ils fait à ma sœur ? Et si nous n'étions pas arrivés à temps avec Démétri ils l'auraient mise au bûcher sans aucune autre forme de procès.

-Je suis d'accord avec toi Isabella, ils ont agi un peu trop vivement mais c'était pour protéger l'une des leurs. Qu'aurais-tu fait à leur place ?

-Ce que j'ai fait. J'ai demandé les deux versions et j'ai pu décider de la conduite à tenir en tout état de cause.

-C'est vrai. De toute façon je dois avoir une conversation avec Carlisle. J'en profiterais pour lui glisser ta position concernant leur famille et leur comportement. Nous verrons également avec Rosalie si elle veut demander réparation. Est-ce que cela te satisfait-il ?

-Oui cela me convient.

-Bien rentrons pour informer nos hôtes de notre position, et de ta sanction concernant le membre de leur famille, proposa Aro.

Nous rejoignîmes la villa ils étaient tous présents et anxieux attendant de connaître notre position, seul manquait encore Démétri.

-Bien nous avons pu discuter entre nous de ce qu'il conviendrait de faire. Nous avons donc pris la décision de nous occuper de Victoria et de son armée. Car bien que cela reste dans nos devoirs il s'avère qu'elle en veut également à Isabella Volturi. Et nous ne laisserons aucune menace peser sur notre famille, commença Aro. Nous avons donc pensé qu'il serait bien de la traquer avant qu'elle ne puisse gagner en puissance. Pas que cela soit d'une grande importance avec Alec dans nos rangs, mais elle compromet sérieusement notre anonymat.

-Nous sommes d'accord avec cela, intervint Carlisle.

-C'est pour cela que vous nous avez contacter ! Lâcha Caïus amèrement.

-Nous pensions que nous pouvions gérer ceci sans aide, reprit Edward.

-Vous pensiez surtout qu'Aro aurait découvert que vous aviez mis une humaine dans le secret, Repris-je pour appuyer mon soutien à mon compagnon.

-Tu as découvert toute seule notre secret, reprit Edward.

-C'est vrai, rétorqua Aro. Mais la loi est la loi. Et jouer sur les mots n'est pas une solution ni une dérogation. Tu l'as connait parfaitement pourtant Edward. Mais nous n'en sommes plus là. Le fait est qu'Isabella est bien l'une des nôtres maintenant et quand je dis, nôtre, c'est de notre espèce. Donc ceci étant dit, nous allons établir des groupes de recherche. Je prendrais part moi aussi à la mission. Je propose que nous formions quatre groupes afin d'étendre au maximum nos recherches. Nous resterons en famille pour éviter les petits désagréments si vous ne voyez pas d'inconvénients à cela ?

-Non cela nous convient, répondit Carlisle.

-Dans le premier groupe Carlisle, Esmé et Edward. Dans le second groupe Emmett et sa compagne, le Major et la sienne, ils hochèrent la tête en accord. Dans le troisième groupe Jane, Alec, et moi. Et dans le dernier groupe. Caïus, Isabella, Démétri, Rosalie et Félix.

-Aro je ne suis pas d'accord avec cette répartition. Je veux Alec avec nous. Si non tombons sur l'armée vu qu'ils sont également programmés pour éliminer ma compagne j'ai besoin de plus d'assurance.

-Si tu veux mon frère. Alec viendra avec toi en contre partit je te prendrais Félix et Démétri. Est-ce que cela te convient ?

-Oui mieux. Répondit mon conjoint. Mais c'est à moi que cela ne convenait pas, je perdais mon traqueur dans cet arrangement.

Aro le vit et me sourit. Démétri arriva à ce moment précis.

-Démétri as-tu entendu ce qui vient d'être dit ? Demandai-je à mon traqueur.

-La répartition des groupes seulement.

-Tu entends d'aussi loin ? Demanda Emmett impressionné. Démétri ne le regarda même pas.

-Nous allons prendre en chasse Victoria et son armée et donc tu sais dans quel groupe tu seras, résumais-je.

Il hocha la tête. Je savais qu'il était soucieux car il avait une ride au milieux du front qui me signalait qu'il n'était pas vraiment ravi de cette organisation. Mais je ne pouvais rien faire pour le rassurer, pas devant tout le monde.

-Que faisons nous d'elle ? Demanda Caïus en indiquant ma prisonnière du menton avec un dégoût non dissimulé. Je souriais à l'avance de la sanction que j'avais prévu.

-Elle viendra avec moi, reprit Aro. Je suis certain que Jane et Démétri se feront une joie de veiller sur elle.

-En parlant d'elle, je me suis décidée concernant son sort, repris-je.

Je vis le Major attendre tout ouïe bien qu'il savait que je lui laisserais la vie sauve. Il avait parfaitement compris que je ne mettrais pas mon garde en péril pour cette traînée. Je tournais la tête vers elle et poursuivit.

-Je pense qu'un demi-siècle de servitude au château feront du plus bel effet sur ton CV.

-Non ! cria-t-elle.

Je regardais Jane lui demandant silencieusement de se rappeler à son bon souvenir, ce qu'elle fit. Je levais la main pour l'arrêter.

-Je n'ai pas fini, repris-je en la toisant de haut. Ton rôle sera d'assister et de remplacer certaine fois Sophia, je vis le sourire sadique et appréciateur de mon compagnon.

-Qui est Sophia ? Demanda Edward prudent devant la mine réjouit de mon compagnon.

-La remplaçante d'Heïdi que Bella a fait tuer, lui répondit Caïus amusé.

-Il en est hors de question ! Recommença la blonde. Je me déplaçais et cette fois-ci je lui collais une gifle.

-Je n'ai pas fini arrête de la ramener toutes les deux secondes. Tu auras également la charge de servir personnellement Félix, ce dernier me regarda avec scepticisme et incompréhension.

-Tu ne peux pas lui faire ça c'est lui qui a tué sa créatrice! S'offusqua Alice.

-C'est exactement la raison pour laquelle je lui fais ça. Répondis-je le plus naturellement du monde.

-Et si je refuse ! Tenta-t-elle avec l'espoir d'avoir un choix.

-Tu n'as pas le choix, c'est soit cette sanction, soit la mort. Mais je me suis avancée à te laisser en vie, enfin tant que tu auras un comportement adéquat. Ah, une dernière chose ne t'avise pas d'essayer de t'échapper ou à nous créer des problèmes, car j'irais chercher réparation auprès des tiens.

-Ce n'est pas dans la loi, ça.

-Parce que me prendre ma vie l'était peut-être ? Et quand je dis ma vie c'était la torture que tu m'as infligée sans même te nourrir. C'est me prendre mes souvenirs, ma vie, ma maison et mon mari puisque j'étais sur le point de me marier. Estimes-toi heureuse que ton cousin à le sens de la famille. Parce que moi je t'aurais bien laissé entre les mains de Jane. Donc je te prendrais ce que tu m'as pris.

-Tanya je crois que tu n'as pas vraiment le choix. Penses à tes sœurs. Lui conseilla Carlisle compatissant.

Comment pouvait-il être compatissant avec ça et assister à la mise à mort de celle qu'il a créée sans intervenir. Je trouvais cela totalement abominable. Je ne cachais pas mon dégoût, ce qui n'échappa ni à Aro, ni à Jasper.

-Il nous reste un point à aborder, reprit Aro. Tout le monde le regarda. Rosalie viens ici je te prie. Elle s'avança pour se placer à côté d'Aro. Tu as été injustement bafouée tout à l'heure et Isabella veut que justice soit rendu.

-Nous ne savions pas... Commença Alice paniquée.

-Pour une voyante c'est un comble, Rétorquai-je avec mépris.

Ils me dégoûtaient tous autant qu'ils étaient à prôner leurs valeurs familiales et dès que quelqu'un sortait un peu de leur concept ils devenaient intransigeant. Je n'aimais pas du tout cette mentalité.

-Je vous avais prévenu, réitéra Caïus. On ne s'en prend pas à un garde de Bella Volturi. Il était le plus serein de tous, on pouvait même dire qu'il s'amusait ouvertement de la sirtuation.

Je vis Démétri tourner la tête pour le regarder et moi aussi par la même occasion je haussais les épaules pour lui faire comprendre que c'était tout nouveau.

-Rosalie tu es en droit de demander réparation pour le préjudice subit. Tu as failli être tuée sans motif légitime. Elle me regarda puis baissa la tête.

Je savais qu'elle n'allait rien tenter parce qu'elle contrairement à eux, elle respectait le précepte de famille. Et même elle n'en faisait plus partie, elle avait été l'une des leur pendant longtemps.

-Tu es trop bonne avec eux Rose, aucun d'eux ne t'aurait épargné si nous n'étions pas intervenus avec Démétri.

-Je sais maîtresse, mais je ne peux pas. Ils ont fait partie de ma vie.

-Merci Rose, avança Alice.

-Vous pouvez la remercier effectivement et prenez exemple car c'est ça le véritable sens de la famille. Elle vous a pardonné alors que vous alliez la brûler sans même lui laisser une quelconque chance de s'expliquer. Vous vous dites une famille avec des valeurs ! Mais vous compatissez et prenez la défense de celle qui m'a torturée, qui m'a frappée et laissée pour morte dans le caniveau me laissant mourir d'agonie pour un homme qui n'est même pas son véritable compagnon. Moi qui soit disant vous qualifiez comme l'une des vôtres également. Expliquez-moi votre sens de la famille ? Parce qu'honnêtement je ne le comprends pas. Mais surtout arrêtez d'essayer de donner des leçons et appliquez-les vous à vous-même.

-Tu as parfaitement raison, acquiesça Jasper.

-Nous nous sommes trop focalisés sur nous-même et nos bien être respectifs. Nous allons revoir tout cela entre nous. Et nous te remercions toi et Rosalie de nous ouvrir les yeux, continua Esmé.

-Remerciez Rosalie parce que moi personnellement je n'attends qu'une chose de vous c'est que vous m'oubliez tout comme je vais ai oublié. J'étais mauvaise j'en avais conscience, mais je ne pouvais pas me retenir. Je me devais de rétablir l'honneur de ma sœur, et le mien dans le même temps car ils me bafouaient également en prenant la défense de la blonde.

-Maintenant que tout est réglé je propose que nous repartions sur de bonnes bases dans nos relations, proposa Aro pour apaiser l'atmosphère.

-Je ne demande que ça. Acquiesça Carlisle soulagé.

Quand à moi je partis dans la chambre qu'ils m'avaient attribuée. Je devais mettre au minimum un mur entre eux et moi car ils me donnaient la nausée. Et bien évidemment Caïus me rejoignit.

-Je suis fier de toi tu as géré tout ça avec sagesse.

-Tu parles ça n'aurait tenu qu'à moi je pense que ce clan serait déjà pas mal amputé. Aro qui arriva à son tour répondit.

-Nous en sommes tous conscients et tu aurais été dans ton bon droit. Mais tu as su faire preuve de raison, en te référant à nous lorsque cela devenait trop personnel. Et c'est ça faire preuve de sagesse. C'est la raison pour laquelle nous sommes trois à régenter, c'est pour justement fournir un meilleur jugement possible pour chacun.

-Bon et si nous nous allions nous entraîner et nous préparer. Avança Caïus. Nous nous levâmes tous et nous partîmes rejoindre le groupe d'entraînement dirigé par le Major.


Alors vos impressions?

Que pensez vous de la prise de position de Bella, concernant Démétri dans un premier temps? Et des Cullen dans un second?

L'armée de nouveaux-nés

Chapitre 18 : L'armée de nouveaux-nés

Cela faisait pas loin de six heures que nous cherchions le repaire de Victoria. Et trois jours que nous nous entraînions sans relâche pour nous préparer à la bataille qui allait se dérouler. Mais pour l'instant toujours rien, aucune pistes. Franchement ce n'était pas normal ils sortaient et se nourrissaient nous devions bien tomber à un moment ou à un autre sur une odeur.

Le téléphone de Caïus sonna.

-Oui.

-L'équipe de Carlisle les ont trouvé. Ils sont au nord-ouest depuis votre position, me confirme Démétri. Carlisle et sa famille nous attendent en retrait pour établir un plan d'attaque. Penses-tu que nous devons agir tout de suite ?

-Je pense qu'il serait bien, ils ne s'attendent pas à être interceptés maintenant. Profitons de l'effet de surprise, décréta Caïus.

-Oui j'avais le même avis. Bon retrouvons-les afin d'en finir rapidement, puis il raccrocha.

Caïus me prit la main.

-Tu feras attention à toi. Et tu resteras à mes côtés.

-Ne t'en fais pas, et puis ce devrait bien se passer, qui peut échapper à Alec.

-Vous maîtresse, reprit le concerné.

-Oui mais je suis du bon côté, je n'ai pas l'intention de les protéger, rétorquai-je amusée.

-Il ne manquerait plus que ça ! Reprit Caïus renfrogné.

Nous arrivâmes à proximité du point de ralliement. Nous étions les derniers car certainement les plus éloignés. Démétri revint instinctivement se placer à mes côtés sous le regard noir de Caïus qui ne perdait pas non plus ses habitudes, même s'il se contenait de par la présence des Cullen. Je plaçais ma main sur son avant bras et le caressais gentiment pour le détourner de mon garde comme habituellement. Edward avait les yeux braqué sur nous et observait la scène sans rien perdre. Je le fixais froidement pour lui signifier mon irritation. Il me sourit puis dirigea son attention sur la discussion qu'avait Jasper, Aro et Carlisle.

-Nous devrions tous y aller ensemble et les encercler comme ça ils sortiraient tous et nous pourrons ainsi agir plus rapidement, commença Aro.

-Je pense que nous devrions plutôt nous diviser en deux groupes. Le second les prendrait à revers afin d'éviter les fuites, car certains nouveaux-nés profiteront de cet affrontement pour Sse faire la belle. s'opposa avec diplomatie Jasper.

-Il n'a pas tort Aro, reprit Caïus.

-Oui effectivement, nous allons faire ça. Conclut Aro, se rangeant du côté de la sagesse guerrière de Jasper et de son frère. Bien nous allons par contre nous mélanger cette fois. Caïus, Félix, Démétri, Jane avec Jasper, Alice, Edward et Emmett. Tous les autres avec moi nous prendrons le revers.

-Je veux Bella à mes côtés.

-Elle sera plus en sécurité avec nous et Alec, tenta Aro.

-Ce n'est pas discutable je la veux à mes côtés! Je retournais prendre place aux côtés de mon compagnon. Il ne servait à rien de discuter il avait décidé qu'il n'allait pas me quitter des yeux.

-Bien tout le monde en position. Caïus laisse-nous le temps de prendre place, je te prie. Demanda Aro.

Mon compagnon acquiesça d'un mouvement de tête et tous partirent. Dans notre groupe la tension était palpable.

-Bella tu devrais peut-être nous prendre tous son ton bouclier, proposa Jasper.

-C'est une bonne idée en effet, approuva Caïus.

Je jetais un rapide coup d'œil à Démétri pour l'informer qu'il devait contrôler ses pensées. Il cligna une fois ses paupières pour m'avertir que c'était bon. Et je pus prendre tout le monde sous mon bouclier.

-Tu me caches toujours tes pensées. Commenta Edward à mon intention.

-Et ce n'est pas plus mal, crois-moi, rétorquai-je vivement.

-Et moi je peux de nouveaux avoir mes visons.

-Très bien dis-nous ce que tu vois et comment attaquer le plus sûrement possible pour tout le monde. Ordonna sèchement Caïus.

Elle se concentra puis quelques seconde après repris.

-Nous devons rester sur ce qui a été établi. Par contre je ne vois toujours pas votre compagne.

-Nous ferons ça. Et toi tu ne me quittes pas ! Répéta-t-il.

-Ne t'en fais pas je resterais à proximité de toi.

-Maître Caïus, le groupe de maître Aro est en place, nous informa Démétri.

-Très bien allons-y, déclara mon compagnon.

Et nous avançâmes rapidement. Nous arrivâmes à proximité du campement et là nous pûmes voir des cadavres de corps humains en décomposition traîner sur le sol comme si c'était de vulgaire papier d'emballage. Je ne pus retenir mon hoquet de dégoût, ce que fit également Alice. Les hommes eux avaient plus de retenue et ne montraient rien même si je pouvais me douter qu'ils n'appréciaient pas vraiment. Bientôt un attroupement de vampires nouveaux-nés nous fit face et ils étaient plus où moins instables. Jasper vint à côté de Caïus. Je me doutais qu'il tentait de contrôler la horde de nouveaux-nés qui ne cessaient de s'agiter en grognant en tout sens.

-Oui est votre créatrice ? Demanda Caïus.

-Je suis ici, répondit une rousse qui s'approchait.

-Victoria je présume.

-Moi-même. Elle porta son regard sur moi et se para d'un sourire sadique qui s'élargit d'avantage lorsqu'elle vit Edward un peu derrière moi.

-Si j'avais su que tu m'amènerais ta promise je ne me serais pas donné tout ce mal. Déclara-t-elle, amusée et visiblement satisfaite.

-Tu ne sais pas à qui tu t'adresse femelle. Isabella est ma compagne et elle est une Volturi! Intervint froidement mon compagnon.

Son sourire se fana instantanément ce qui étira le mien.

-Ce n'est pas possible elle est à lui! C'est pour elle qu'il a tué mon compagnon.

-C'est un fait, certes. Mais tu te trompes, elle est mienne et toi tu vas aller rejoindre ton compagnon.

-Chargez ! Ordonna-t-elle terrifiée.

Elle tenta de s'enfuir dans la cohue des nouveaux-nés qui se lançaient contre nous. Certains se roulèrent au sol hurlant de douleur. Je me doutais que cela avait avoir avec le Major mais il ne pouvait projeter car nous aussi nous serions dans le même état. Je dus faire face à un mâle qui tenta de me sauter dessus mais j'avais pu l'éviter et je lui avais arraché la tête. C'était bizarre de s'entraîner en faisant ses gestes et les répéter en allant jusqu'au bout de l'intention, bien que ce n'était pas ma première décapitation. Mais je ne pouvais pas me laisser aller à étudier mes ressentis maintenant. Je m'activais à la tache. Une femelle un peu plus habile que le lourdaud précédemment me donna un peu plus de mal. Mais je pus m'en sortir aussi. Je cherchais un peu tout le monde pour savoir si tout allait bien.

Mais que faisait Aro et Alec ne devraient-ils pas déjà être là ? Nous allions nous faire déborder s'ils n'arrivaient pas. Alice se figea alors qu'une femelle s'approchait d'elle, je dus intervenir pour la protéger je savais qu'elle était en train d'avoir une vision. Il était dangereux en fait son don, car quand elle avait l'une de ses prédictions elle n'était plus connectée au monde. Je tuais la femelle au moment où elle cria

-Edward non ! Je tournais la tête pour voir Edward partir à la suite de Démétri et s'enfoncer dans les bois.

Je ne réfléchis pas et je partis à leur suite. Il était hors de question que je les laisse seuls en plus que voulait dire son « Edward non ! » « ne le suis pas tu vas mourir » ou « ne le prends pas en traître ». Quoi qu'il en soit mon traqueur serait en danger. Je les suivais mais ils étaient tous deux bien plus rapide que moi et ils me semèrent sans mal. Je les pistais ne pouvant faire autrement. J'arrivais à proximité d'un combat j'espérais sincèrement pour lui qu'Edward ne s'en soit pas prit à Démétri. Mais lorsque j'arrivais ils se battaient contre cinq nouveaux-nés à deux.

-Bella ! Cria Démétri.

Et de par mon intervention il se fit déborder par les trois vampires qui l'assaillaient. Je grognais mauvaise prise d'une rage intense et sautais sur le premier qui me vint sous la main. Et lui arrachais son bras, j'allais continuer mais un autre vampire vint s'en prendre à moi. Démétri réussit à se libérer de celui qui le ceinturait il ne restait plus que lui sur mon traqueur. Et d'un mouvement vif et habile il l'envoya plusieurs mètres plus loin. Il vint me libérer de mon second assaillant et je pus en terminer avec celui que je maintenais. Edward était toujours aux prises avec les deux siens, il parait comme il pouvait les coups mais apparemment ces deux-là étaient plus coordonnés que ceux qu'avait eu Démétri. J'allais l'aider.

-Non maîtresse ! Tonna Démétri plus autoritaire que jamais.

Mais je ne l'écoutais pas, j'allais aider Edward. Pas qu'il était important en soit mais il avait besoin d'aide et c'était mon devoir de l'aider.

-J'ai été créé spécialement pour toi, m'informa un vampire blond.

-Et bien dans ce cas il est normal que ce soit moi qui te tue. Répondis-je alors que nous nous tournions autour.

-À droite Bella ! Cria Edward.

Je m'exécutais et sautais à droite pour éviter l'assaut mais Démétri intervint et se plaça entre le vampire et moi.

-Démétri laisse-moi finir.

-Non maîtresse. Je m'en occupe.

-Démétri ! Grondai-je.

-Edward, riposta-t-il.

Et la seconde qui suivit je me retrouvais prisonnière dans les bras du télépathe.

-Lâche-moi ! Grondai-je de plus en plus mauvaise.

-Non il va s'en sortir mais toi tu restes là.

-Je vais te tuer Cullen si tu ne me relâches pas.

-Je ne crois pas non. Tu ne peux pas, tu es bien trop gentille pour ça. Me dit-il sûr de lui, pendant que le combat entre mon traqueur et le blondinet faisait rage. Mon traqueur était en train de se débarrasser du blondinet.

-Tu ne devrais pas parler sans savoir. Et même si je ne le peux pas le faire moi-même je te ferais tuer. Relâches-moi ! Hurlai-je.

-Obéit ! Ordonna Démétri qui venait d'en terminer avec son vampire.

-Sinon quoi Démétri ?

-Je vais profiter de l'occasion pour régler un vieux compte avec toi! Lui rétorqua mon traqueur menaçant.

-C'est qui qui parle le garde ou l'amoureux ?

-Arrête ça tout de suite Edward ! Intervins-je alors qu'il me maintenait toujours dans ses bras tout contre lui.

Il poussa son audace à plonger son nez dans mes cheveux pour humer mon parfum. Ce qui fit grogner Démétri. Il n'eut pas le temps de rétorquer une de ses phrases sarcastiques que mon garde lui sauta dessus. Edward eut juste le temps de me repousser pour ne pas que Démétri me coince entre lui et le télépathe. Il commencèrent à se battre, les coups pleuvaient et le fait que j'avais gardé Démétri sous mon bouclier faisait que le télépathe n'avait pas l'avantage au contraire il était en train de perdre du terrain.

-Ça suffit vous deux ! Vous arrêtez maintenant ! Hurlai-je.

Mais aucun ne s'arrêtait. Je sentis Caïus arriver et bien sûr mon angoisse augmenter, car je me retrouvais avec les deux seuls vampires qu'il haïssait par dessus-tout.

-Qu'est-ce qu'il se passe ici ?

-Aide-moi à les séparer !

-Laisse-les s'entretuer, Déclarât-il.

-Caïus ! Grognai-je en m'interposant.

Il n'eut pas d'autre choix que d'intervenir. Je me collais contre Démétri pour l'empêcher de retourner sur Edward. Les deux combattants étaient hors de contrôle Caïus eut du mal à maintenir Edward. Quant à moi je crois que je devais le fait d'être en un seul morceau parce que j'étais moi justement.

Je ne suis pas sûre que si Caïus avait pris Démétri cela se serait passé aussi gentiment, si je pouvais qualifier mon intervention de gentille. Car je dus le gifler pour qu'il se reprenne, une fois ma main sur sa joue il se saisit. Je le fixais en colère, il baissa la tête pour plonger son regard noir dans le mien qui ne devait pas être bien plus clair. Edward s'était calmé après que Caïus ait recouru aux mêmes méthodes que moi en version plus viril toutefois. Tout le monde étant de nouveau plus ou moins attentifs et sous contrôle. Caïus reprit irrité.

-Qu'est-ce qu'il se passe ici ?

-Il y a qu'ils ne savent pas coopérer même en étant de le même camps, criai-je. Bande d'abrutis ! Vous voulez vous battre il y a de quoi faire là-bas, criai-je plus qu'énervée. Mais surtout la peur au ventre. Et pis toi ne recommence plus jamais ça c'est clair. Tu croyais quoi ? Pouvoir venir à bout de cinq nouveaux-nés à toi tout seul!

-Je... tenta de répondre mon garde.

-Ne réponds pas ! Et toi dégage avant que ta chance ne s'essouffle encore plus. Et c'est la dernière fois que je t'avertis. Retouche-moi ou contrarie-moi de nouveau et c'est ta mort assurée Cullen. Dégage laisse-nous entre nous !

Il ne se fit pas prier, et déguerpit rapidement en direction du carnage qui avait lieu un peu plus loin. Je reportais mon regard dans celui de Démétri.

-Plus jamais ça ! Ne t'avise plus jamais de passer outre un de mes ordres ! Déclamai-je plus calme mais pas moins en colère. Je sais que tu as agi pour moi. Mais quand je dis stop c'est stop. Il baissa la tête pris en faute mais surtout pour ne pas attiser encore plus ma colère et peut-être celle de Caïus également.

-Que-s'est-il-passé ? Demanda une nouvelle Caïus à bout de patience détachant chaque mot. (N/R : on dirait un vieux disque rayé, il se répète le pauvre vieux ! Lol...N/A: Ben l'est plus tout jeune non plus lol)

-J'ai entendu Alice crier après Edward quand j'ai levé la tête pour regarder, j'ai vu Edward prenant la suite de Démétri. J'ai suivi également quand je suis arrivée ces deux imbéciles faisaient face à cinq nouveaux-nés qui avaient dû prendre la fuite. Ils étaient en train de se faire déborder. Je suis intervenue et nous avons pu rééquilibrer les chances de s'en sortir. Mais celui là, dis-je en pointant Démétri du menton. Iln'a pas voulu me laisser m'occuper du dernier qui apparemment d'après ce qu'il m'a dit n'a été créé que pour moi. Il m'a poussé dans les bras de Cullen afin que ce dernier me retienne pour que lui puisse le tuer. Mais une fois fait, Cullen n'a pas voulu me relâcher et il s'est emporté. Tu as vu le résultat.

-Et toi tu n'aurais pas pu prévenir au lieu de te lancer à leur poursuite ! Qu'est-ce que je t'avais dit !

-Mais c'est pas vrai ça ! m'énervai-je encore plus qu'agacée et c'était peu dire. Tu as écouté ce que je viens de te dire ?

-Oui j'ai écouté! Et que ce soit lui qui est garde ou l'autre dont je n'ai strictement rien à foutre, sont parfaitement capable de faire face. Mais toi je t'avais dit de rester à mes côtés. Mais c'est plus fort que toi. Ce n'est pas à toi de le protéger, c'est son rôle ça! Il va falloir vraiment faire rentrer ça dans ton crâne! S'égosilla-t-il.

-Tu m'énerves ! Criai-je. Je commençais à partir d'un pas rageur.

-Tu oublies à qui tu t'adresses Bella. Grogna-t-il en m'attrapant par le poignet et m'attirant à lui. Je ne suis pas ton garde moi, déclara-t-il menaçant près de mon visage. Reparle-moi encore une fois comme ça et je te rappellerai à qui tu as affaire et te réapprendrai également le respect que même toi tu me dois! Il garda sa main sur mon bras m'obligeant à rester face à lui.

Je vis Démétri se tendre à la menace que Caïus représentait pour moi. Il se tourna vers mon garde.

-Tu nettoies ça! Ordonna-t-il à mon traqueur.

-Oui maître, répondit Démétri la mâchoire toujours crispée, et le regard dur dans celui de mon compagnon.

-Une dernière chose Démétri as-tu pu profité de l'occasion qu'il t'a été offerte ? Demanda-t-il subitement toute trace de colère dissipée et avec un sourire conspirateur sur les lèvres.

Je vis le même sourire apparaître sur Démétri lorsqu'il lui répondit.

-Vous êtes arrivé une minutes trop tôt et il aurait été dans le même état qu'eux. Ce qui élargit le sourire de Caïus. Une sorte de complicité malsaine venait de se créer entre les deux, les alliant contre Cullen.

Je me demandais si le fait d'obliger Edward à venir s'installer au château aurait une ascendance positive sur leur comportement réciproque.

-Tu as bien agi pour lui comme pour Bella. C'était la première fois que je voyais Caïus faire un compliment à Démétri, j'aurais presque pu en perdre ma mâchoire.

-Non mais tu vas pas lui donner raison en plus ! Me plaignis-je. Même si au fond j'étais contente qu'ils ne se soient pas encore confrontés.

-Faudrait savoir ce que tu veux ? Quand je ne suis pas satisfait de lui et que je lui dis ca ne te plaît pas. Quand je le suis et que je lui dis également ça ne te plaît pas non plus. Je vis Démétri me faire un sourire arrogant.

-Nettoie ça et reviens rapidement ! Ordonnai-je pour le lui retirer mais surtout pour ne pas perdre pied devant Caïus. Puis je partis accompagnée de mon compagnon rejoindre le groupe.

Je ne voulais pas qu'il soit dit que j'étais heureuse pour lui, en tout cas je ne voulais pas que cela se voit.

Nous arrivâmes sur le champs de bataille, les bûchers étaient en train de se monter un peu partout. Je rejoignis Rose et je commençais moi aussi à réunir les morceaux de cadavres humains et vampires pour les jeter dans les divers foyers qui avaient été allumés. Mais je fus interrompue dans ce grand ménage par Caïus qui avait rejoint Edward et qui venait de lui asséner un coup. Je me tournais rapidement ainsi que tous présent.

-Ne t'avise plus jamais de la toucher.

-C'est Démétri qui me la jeté dans les bras.

-Son geste était légitime, ton abus beaucoup moins. Elle est mienne, tu entends mienne ! Grogna Caïus.

-Elle était à moi bien avant de te rencontrer, Répondit Edward en grognant à son tour.

À sa réponse je savais qu'il fallait intervenir rapidement sinon il y allait avoir un corps de plus à mettre dans les bûchers. Pas que cela me touche particulièrement parce qu'en étant honnête j'aurais aimé l'y mettre moi-même. Mais nous devions respecter notre statut et nos devoirs et de par sa position Caïus ne pouvait pas s'emballer pour une histoire de jalousie. J'intervins rapidement entre les deux duellistes, encore une fois.

-Edward je crois que tu n'as pas saisi, pourtant je pensais que la déculottée que t'avait infligée mon traqueur était suffisante. Bien je vais me faire plus claire. Je ne t'appartiens pas, je ne t'ai jamais appartenu d'après ce que je sais, je suis celle qui a mis un terme à notre soit disant relation, ce qui n'est pas anodin. Et surtout quoi qu'il arrive je ne suis plus le fantôme après lequel tu cours. J'ai une vie, un compagnon et un statut qui font que tu ne dois plus m'approcher, jamais. Sauf si tu rencontres un problème pour lequel je pourrais éventuellement aider parce que c'est mon devoir, mais nos relations s'arrêtent là.

-Mais...

-J'ai dit stop. Je ne sais pas si tu as conscience de la chance que tu as de pouvoir partir en vie après les nombreux affronts qui tu as commis, sur moi, sur mes gardes, sur mon compagnon qui est ton roi. Jasper, conduis ton frère jusque chez vous. En fait retournez tous chez vous nous allons terminer le ménage, Déclarai-je.

-Bien Isabella, répondit Carlisle. Merci pour ta bienveillance. Nous allons reprendre Edward et plus jamais tu n'auras de soucis avec lui.

-J'y compte bien car je ne serais plus tolérante à partir de maintenant. Je ne vous dois plus rien, nous sommes quitte et dorénavant je vous traiterais comme chacun des autres sujets.

-Nous sommes d'accord avec ta prise de position. Caïus j'ai été ravi de te revoir et je te félicite, Isabella est digne du roi que tu es.

-N'oublie pas ce qu'elle a dit Carlisle. Elle est compatissante, je ne le suis pas, vous êtes avertis.

-Je n'oublierais pas. Aro ce fut un plaisir de te revoir et de pouvoir discuter avec toi.

-J'ai été ravi également mon ami. Je te souhaite de bonnes décennies de tranquillité. Et si tu passes en Italie n'oublie pas de venir nous visiter. Nous serons enchantés de te recevoir toi et les tiens après cette conversation qui s'avère nécessaire il en va sans dire.

-Oui je vais reprendre ma famille en main. Nous avons pu constater que nous nous sommes perdus en cours de route. Revoir Isabella et Rosalie parmi vous nous a montré où nous nous sommes égarés.

-J'en suis heureux. Rentrez chez vous nous allons terminer et nous repartirons ensuite.

-Bon retour et mes amitiés à Sulpicia et Marcus.

-Je transmettrais. Le clan des Cullen en entier repartit chez eux et la tension qui régnait s'évanouit aussi rapidement que leur départ.

-Enfin ! souffla Caïus.

-Ne sois pas aussi intolérant, il y a eu du bon à leur tomber dessus.

-Et quoi donc ? Demanda-t-il sceptique.

-Bien premièrement nous avons appris qui était en cause dans cette histoire de disparitions. Avançais-je.

-C'est un fait, renchérit Aro. Sans parler du fait que nous sommes sûrs maintenant qu'Edward Cullen n'est pas le compagnon de d'Isabella.

-C'était mon deuxième point, acquiesçai-je.

-Tu sais que j'aurais dû le tuer, pour t'avoir touchée et avoir déposé son odeur sur toi.

-On va dire que j'ai remboursé ma dette. Il m'a sauvé la vie deux fois, je lui ai rendu l'appareil.

-Tu es sage Isabella, une grande qualité malgré ton jeune âge, intercéda Aro. Nul doute que ton intégrité nous sera nécessaire dans nos futures directives. Démétri arriva et comme tous les gardes il fit le nettoyage.

-Et pour lui tu as l'intention de faire quoi ?

-Pour quelle raison ? Tu as dit toi même qu'il avait agi comme il fallait.

-Oui c'est ce que je pense, mais il a désobéi à un ordre avant toute chose. Il mérite une sanction même si elle n'est pas exemplaire et juste pour le symbolisme.

-Je rêve ou tu me demandes d'être indulgente avec Démétri. Aro veuillez recontacter Carlisle et lui dire que je veux Edward Cullen à résidence au château je vous prie, m'amusai-je.

-Très bien fais ce que tu veux ! Déclara-t-il de mauvaise humeur. Mais il faudrait vraiment que tu saches ce que tu veux.

-Je suis désolée je voulais seulement plaisanter. Je n'ai pas l'habitude de te voir en accord avec Démétri et surtout prendre sa défense. Ce que tu as fait à plusieurs reprises depuis que tu es ici.

-Ne prends pas ça pour une habitude, une fois à Volterra tout rentrera dans l'ordre comme c'était avant.

-C'est bien ce qu'il me semblait. Mais ne t'en fais pas, j'ai la sanction adéquate pour Démétri. Rétorquai-je un sourire sadique collé au visage. Ce qui me valut un haussement de sourcil interrogateur de mon compagnon.

-Je t'expliquerais tout ça en dehors des oreilles indiscrètes qui traînent. L'avertis-je en me tournant en direction de mon traqueur qui me regardait avec une certaine appréhension et un scepticisme non dissimulés.

Une semaine que nous étions revenus de notre mission, la vie avait repris son cours normal comme l'avait annoncé Caïus. Je pus m'apercevoir qu'il était plus serein qu'auparavant peut-être à cause du fait qu'il sache que Cullen ne viendrait plus menacer notre couple.

S'il savait que le seul qui pourrait nous nuire se trouvait à l'intérieur de nos murs, je crois qu'il serait beaucoup moins conciliant qu'il l'a été avec Edward. Mais je dois dire qu'avec Démétri nous avions trouvé un équilibre. Notre système marchait merveilleusement bien. Même s'il se doutait des activités qui nous occupaient lorsqu'il devait quitter le château. Mais il ne le montrait pas, il ne montrait plus rien à tel point que certaine fois je me demandais si je n'avais pas imaginé tout ce qu'il s'était passé entre nous.

Je me trouvais dans notre salle de réunion où j'avais convié Jane et Rosalie.

-Bon les filles c'est le grand jour aujourd'hui. Vous avez apporté ce qu'il faut ?

-Oui celle d'aujourd'hui est là. Si vous pouviez aller ranger les autres dans vos appartements maîtresse, me demanda Jane. Il serait dommage qu'il tombe dessus et qu'il les détruise avant de s'en servir.

-Effectivement. Je pris le coffre qu'elle me tendait et partis dans mes appartements pour le ranger. Une fois de nouveau près d'elles, je m'installais dans mon fauteuil.

-Que les réjouissances commence ! J'ôtais mon bouclier pour appeler mon traqueur. Moins de cinq minutes après il arriva devant nous toutes qui arborions des sourires conspirateurs.

-Vous m'avez appelé maîtresse ? Demanda-t-il prudent.

-Oui Démétri. Tu te souviens de ma petite discussion avec mon compagnon lors de notre mission. Celle où il me demandait d'être indulgente avec toi ?

-Oui maîtresse. Répondit-il en fronçant les sourcils.

-J'ai décidé que j'allais écouter Caïus et je vais être indulgente avec toi. Aujourd'hui je dois aller en shopping avec Sulpicia et Rosalie. Donc j'ai besoin de toi pour nous accompagner tout comme Jane qui accompagnera sa maîtresse.

-Je suis ravi de vous accompagner, Dit-il visiblement soulagé.

-Oh ! Mais je n'ai pas terminé. Pour cela il va falloir te changer, rétorquai-je en souriant. Les filles ! Lançai-je et elles comprirent. Elle s'avancèrent sur le traqueur et entreprirent de le déshabiller alors que je les regardais faire. Bien évidemment elles allaient lui laisser ses sous-vêtements. Il fut d'abord surpris et opposa une légère résistance.

-C'est ta sanction Démétri. Laisse les faire!

-Pas devant vous quand même ?

-Ne t'inquiète pas elles vont préserver ton intimité. Mais si devant moi parce que je sais que tu vas leur faire passer un calvaire si je ne suis plus là. Il se renfrogna et bougonna tout en se laissa faire tant bien que mal.

Rosalie enleva sa chemise alors que Jane lui retira son jean. Et moi qui avais ce sourire satisfait et moqueur sur les lèvres je le perdis subitement lorsque face à moi se trouvait un Démétri pratiquement nu. Je ne le pensais pas aussi développé, même lorsqu'il m'avait pris dans ses bras et que j'avais senti qu'il était plus large d'épaule que ce que ses vêtements laissaient deviner.

Mais là il était sacrément bien fait, un corps athlétique à faire damner une sainte. Je restais quelques secondes à le détailler scrupuleusement et intensément sans aucune gêne puisque j'avais relégué au loin tout ce qui n'était pas lui. J'étais en mode bug, j'avais fait un blocage. Je repris conscience au moment où il se racla la gorge et que je relève la tête jusqu'à son visage la bouche toujours ouverte. Je crois que je n'ai jamais atteint un degré de gêne aussi intense. Même en temps que vampire je suis certaine que je devais être en train de rougir. Il me fixa avec un sourire en coin amusé et séducteur et un regard où se mélangeait la fierté d'avoir pu m'impressionner de la sorte et son amusement. Mais surtout je pouvais y déchiffrer une expression qui ressemblait à « tel est pris qui croyait prendre ».

-Hum les filles, me repris-je. Dépêchez-vous. Elles avaient parfaitement saisi ce qu'il venait de se passer et arboraient elles aussi un sourire entendu et amusé.

Mon Dieu j'aurais voulu avoir le don d'invisibilité pour pouvoir disparaître et me cacher le temps qu'il me fallait réellement pour m'en remettre. Mais je crois que c'est peine perdue car maintenant qu'il exhibait devant moi, ce costume disco des années soixante-dix, je ne pouvais m'empêcher de repenser à ce qui se cachait en dessous. Mais son regard terrifié me donna l'avantage et me permit de me reprendre correctement, cette fois-ci.

-Te voilà fin prêt pour aller en shopping.

-Vous plaisantez maîtresse vous n'allez pas m'obliger à sortir comme ça.

-Tu fais moins le fier tout à coup. Et pour répondre à ta question, bien sûr que si. Et saches que tu as un costume différent pour chaque jour de la semaine.

Il parut choqué quelques secondes puis subitement se para de nouveau de son sourire en coin. Je savais qu'il repensait au trouble qu'il m'avait causé quelques instants plutôt lorsque je l'avais vu à demi nu. Mais je ne me laissais plus atteindre et décrétai :

-Allons chercher Sulpicia, tout en prenant la tête du groupe.

Nous croisâmes quelques gardes et tous gloussèrent se moquant de mon traqueur au fur et à mesure que nous avancions. J'arborais quant à moi un sourire amusé et fier tandis que Démétri ne cessait de grogner pour remettre en place certains qui étaient moins discrets que les autres.

Nous arrivâmes devant les portes de la salle d'audience où Sulpicia m'attendait auprès de son mari. Rosalie ouvrit les portes devant moi et je pénétrai dans la salle. Tous les regards se tournèrent vers moi puis me dépassèrent pour s'arrêter sur mon garde. Félix qui était présent ne put s'empêcher d'éclater de rire et se moquer littéralement de mon traqueur, accompagné par Alec. Aro quant à lui avait un sourire faussement compatissant. Mais je crois que ce qui me surpris le plus ce fut l'attention amusé que Marcus apporta au traqueur ainsi que le rictus moqueur mais pas mauvais de mon compagnon. J'allais le rejoindre et pris ma place sur son accoudoir. Il me laissa s'installer et posa sa main sur ma cuisse.

-Tu ne vas pas le laisser sortir comme ça ?

-Bien sûr que si. Une sanction est une sanction.

-Je crois que je dois te briefer sur ce qu'est une sanction Bella. Me dit-il dépité.

-Crois-tu ? Démétri ? Appelai-je.

-Oui maîtresse.

-Si tu avais le choix tu choisirais qu'elle sanction. Une infligée par Caïus ou la mienne?

-Sans hésiter par maître Caïus.

-Ça ne compte pas il est de parti pris.

-Félix même question ? Demandai-je sans même le regarder.

-Celle infligée maître Caïus également.

-Tu vois! Tu peux faire endurer tout ce que tu veux à un homme mais dès que tu touches à son orgueil et à son image ça change tout.

-Je dois avouer qu'elle n'a pas tort Caïus, intervint Aro.

-Je pense que nous venons de nous trouver notre reine de la torture dorénavant nous passerons par Bella, s'amusa Sulpicia.

-Je reste sceptique, grogna Caïus. Je me penchais à son oreille et lui murmurais même si je savais que tous pouvaient nous entendre.

-Tu es bien trop mauvais perdant pour reconnaître que j'ai raison.

-Tu devrais partir maintenant avant que je te démontre sur toi que ma méthode reste imparable, je souris et déposais un baiser sur sa tempe et me levais. Sulpicia es-tu prête ?

-Nous sommes parties, répondit-elle en embrassant son époux.

Nous passâmes notre journée dans différentes boutique de Rome. Nous devions jongler avec les rayons du soleil mais nous avions mis des chapeaux avec de grand pardessus pour nous les femmes et Démétri une casquette avec en plus sa cape.

Il n'arrêta pas de grogner tout du long. Il attirait les regards de toutes les vendeuses de par « son mauvais goûts vestimentaire ». Et bien sûr il se chargea de tous nos achats, il était littéralement enseveli sous les sacs des grandes enseignes qu'il devait porter.

La journée avait été longue certainement plus longue et harassante pour lui. Je lui donnais donc son congé pour la journée dès que nous fûmes arrivés au château. Et c'est avec un enthousiasme non dissimulé qu'il se hâta dans ses appartements. Sans bien entendu avoir bougonné sur les bonnes femmes et leur dangerosité avec une carte de crédit. Bien évidemment nous étions toutes amusées de le voir se renfrogner de la sorte.

Le lendemain matin alors que Caïus avait quitté notre chambre un peu plus tôt pour une affaire avec des homologues Australiens qui venaient d'arriver. J'étais tranquillement en train de lire lorsque j'entendis Rosalie grogner et rabrouer mon traqueur.

-Mais c'est pas possible arrête de faire le con. C'est ta sanction, s'emporta Rosalie.

-Hors de question que j'enfile ça, répondit-il sur un ton sans appel.

C'est bien ce que j'avais pensé, il fallait que je sois présente pour qu'il obéisse, un vrai gosse. Il ne pouvait pas accepter sa sanction sans se plaindre. Bon c'est vrai que j'ai été légèrement vicieuse sur ce plan. Mais j'avais envie de le l'agacer un peu et puis je l'avais prévenu qu'un jour je me vengerai pour toutes ses taquineries dont j'avais été la victime.

-Je vais être obligée de l'appeler, entendis-je Rosalie.

-Avec la bouche que tu t'ouvres elle t'a entendu. Et si elle avait vraiment voulu que j'enfile ce truc elle serait descendu depuis longtemps. Dans ce cas là puisque apparemment il n'y a que moi pour lui faire enfiler ce truc comme il disait si bien, allons-y.

Je me levais et descendis les deux étages pour arriver dans notre salle de réunion. Je vis Rosalie en train de contourner le canapé avec la tenue choisie pour aujourd'hui, celle-la même que je lui avais remise quelques heures plus tôt. Démétri bien évidemment se trouvait en face en train de la narguer.

-Et bien on vous entend dans tout le château. Démétri enfile ça.

-Maîtresse, s'il vous plaît !

-Rien du tout, une semaine comme ça c'est ta sanction tu n'as pas à discuter, répondis-je en souriant.

-Bien, répondit-il alors que je prenais le costume des mains de Rosalie pour le lancer à Démétri.

Il l'attrapa et nous regarda avec un sourire en coin. Je m'installais dans le canapé attendant qu'il aille se changer dans la salle de bains. Mais monsieur en avait décidé autrement il retira sa chemise devant nous, je me replongeais soudain dans ma contemplation. Rosalie vint s'installer à mes côtés et je la vis prendre son téléphone. Elle allait prendre une photo ? Je la regardais surprise mais elle se mit sur messagerie et composa rapidement un message.

-Je crois que c'était calculé, il l'a fait exprès.

-Je pense aussi. Tant qu'à faire profite, répondis-je après avoir pris le mien.

-Ferme la bouche, tu baves!

-Il y a de quoi baver non ?

-Tu m'étonnes il cachait bien son jeu.

Ce pendant malgré l'échange de SMS nous n'en perdions pas une miette. Bien évidemment nous ne pouvions pas parler dans le sens où Caïus nous entendrait et je soupçonnais Démétri d'avoir également pensé à cette éventualité. Monsieur essayait de se venger, très bien. Il me regardait alors qu'il venait d'enlever son pantalon. Je ne le lâchais pas des yeux et il s'en amusait. Tu veux jouer à ça je crois que ça peut être drôle, pensai-je fortement. Il prit le costume et fit la grimace, je rigolais franchement accompagnée par Rosalie.

-Sérieusement qui a eu cette idée ? Demanda-t-il en se plaignant.

-J'ai eu l'idée mais pour certains costumes Rose et Jane ont mis leur imagination à disposition. Par contre vu qu'il a fallu que j'intervienne encore une fois pour que tu obéisses et enfiles ta tenue, je vais me charger personnellement de te choisir celle de vendredi.

-Maîtresse... me supplia-t-il.

Je lui répondis avec un sourire satisfait et amusé. Je tapais rapidement sur mon téléphone.

-Trouve moi une tenue traditionnelle écossaise le Kilt et tout l'attirail. J'envoyais ça à Rose elle émit un drôle de bruit entre hoquet de surprise et gloussement, lorsqu'elle le reçut sur son téléphone.

Ce qui inquiéta Démétri. Il voulut lui prendre son téléphone des mains mais Rose lui échappa. Il grogna et voulut retenter mais j'intervins en me mettant entre eux.

-Rose vas-y et efface-moi ça, lui-dis-je en fixant Démétri dans les yeux. Il me dévisageait sans ciller. Je repris encore plus amusé.

-N'oublie pas les accessoires traqueur. Il me sourit et essaya de me passer alors que je venais de me pencher pour ramasser son chapeau tyrolien. Je relâchais tout et lui sautais dessus fracassant dans le même temps le étagères où reposaient les cd.

-Tu ne croyais tout de même pas me berner de cette façon? Il avait ses mains tendrement autour de ma taille.

-Qui ne tente rien n'a rien.

-Ne tente plus, lui dis-je à moins de 10 cm de son visage.

J'avais parfaitement saisi l'allusion, et j'espérais qu'il ne reproduirait pas cette situation. C'était vraiment dangereux, pour mon intégrité et pour sa vie.

Il me fallut tout le courage du monde pour me retirer de ses bras. Je tentais de lui dissimuler et je partis dans ma chambre d'une part prendre une douche pour retirer son odeur de sur moi et me changer pour les mêmes raisons.

J'avais aimé le voir si peu habillé, j'avais aimé ressentir ce que cela avait provoqué en moi, j'avais également aimé sa réaction et ce jeu qu'il voulait instaurer. Mais je ne pouvais pas il était hors de question que je nous compromette. En plus même si nous étions restées silencieuses avec Rose je suppose que Caïus avait dû laisser traîner ses oreilles dans notre tour. Il ne fallait plus que cela se reproduise, j'étais avec Caïus et j'étais heureuse avec lui.

Peu importe l'hormone vampirique ou je ne sais quoi qui me travaillait. Je ne devais pas laisser ça venir tout perturber à chaque fois. Non c'en était fini il fallait que je me ressaisisse et que je veille à ce que tout rentre dans l'ordre.

Je commençais à m'agacer de devoir me remettre en question à chaque fois qu'il décidait de me pousser un peu. Et puis il devait arrêter ça lui aussi, et même dans le cas contraire je ne devais plus me laisser troubler je devais garder mon self contrôle. Je sais qu'il était toujours plus facile à dire qu'à faire.

Le reste de la semaine se passa plus ou moins sereinement en tout cas pour moi. Car le pauvre Démétri était au supplice. Mais vu qu'il m'obligeait à descendre pour veiller moi-même à ce qu'il revête ce qu'on lui avait préparé, j'avais jugé bon d'aller jusqu'au bout de la sanction.

Aujourd'hui nous étions vendredi et c'était le jour de mon costume. Et je dois dire que j'attendais avec impatience de le voir là dedans. J'étais descendu dans notre salle de réunion un peu plus tôt et j'attendais qu'ils arrivent tous. Car aujourd'hui ils venaient tous enfin tous, Alec et Jane en plus de Rose et moi pour assister aux essayages de Démétri. Rose n'avait pu s'empêcher de dire à Alec en quoi serait le traqueur aujourd'hui. Et sans mauvais jeu de mot aujourd'hui le traqueur serait traqué.

Ils arrivèrent tous en même temps et je pus constater que la mine de Démétri était fermé il savait que je ne l'avait pas épargné lorsqu'il arriva entouré de tout le monde qui riait déjà.

J'étais assise dans mon fauteuil Rose, Jane et Alec allèrent s'asseoir eux dans le canapé. Démétri se plaça face à moi et je sentais tout le poids de sa supplique silencieuse. Mais je lui tendis quand même le costume, il ouvrit la housse pour voir ce qui était caché à l'intérieur. Son visage se durcit.

-Non maîtresse pas ça s'il vous plaît.

-Fallait y penser avant de me pousser dans mes retranchement Démétri. Il me supplia du regard mais il vit que je ne transigerais pas. Il prit le costume et se résigna alors qu'il allait dans la salle de bains.

-Nous en avons fini avec les privilèges, fit remarquer Rose amusée. Je lui retournais un sourire.

-N'oublie pas Démétri les vrais écossais ne porte rien en dessus, enfin c'est la rumeur, s'amusa Alec. Démétri grogna sans même se retourner.

Mon Dieu qu'est-ce que je faisais ? Je n'allais pas le laisser se ridiculiser de la sorte, pas devant tout le château? J'avais envie de le charrier pas de le ridiculiser non plus. Il soupira derrière la porte et tous se mirent à glousser d'impatience. Mes yeux étaient fixés sur la porte de la salle de bains attendant qu'il sorte, mais le cœur n'était plus à la fête. Quand la porte s'ouvrit je ne pus m'empêcher de sourire tendrement. Mon pauvre Démétri je ne lui épargnais rien. Bien évidemment des sifflements et des applaudissement se firent entendre. Alec se leva et voulut aller vérifier s'il avait laisser ses sous-vêtements et bien que cette question m'avait également traversé l'esprit je l'arrêtais avant que cela ne dégénère vu le visage renfrogné de mon traqueur.

-Alec stop ! lançai-je d'une voix neutre mais haute. Il cessa tout et retourna à sa place tous me regardèrent. Va te changer Démétri c'est fini ?

-C'est vrai ? Me demanda-t-il plein d'espoir.

Je hochais la tête avec conviction pour affirmer mes propos. Il fit demi tour rapidement et je pus voir dans le mouvement qu'il avait bien gardé ses sous-vêtements.

-Pourquoi ? Me demanda simplement Rose.

-Je voulais lui donner une leçon pas l'humilier. Je pense qu'il a compris maintenant, donc je peux me montrer clémente.

Ils hochèrent tous la tête même si je savais qu'ils auraient aimé le charrier encore un peu. Bien que cela ne les en empêchera pas lorsqu'ils seront sans moi.

Démétri sortit de la pièce d'eau et me fit un sourire reconnaissant.

-Bien allons travailler un peu, lançai-je.

Et mon traqueur prit place juste dans mon dos montrant par sa posture suffisante qu'il était heureux d'être passé à côté de ce dernier costume.

Le début de la fin

Chapitre 19 : Le début de la fin

J'étais de nouveau installée sur le trône de mon compagnon à écouter les éternelles complaintes des vampires que ma famille gouvernait. Mon compagnon était de nouveau parti en mission, me laissant ainsi la charge de sa fonction en audiences publiques. Car en plus de me faire confiance, ce que j'appréciais à sa juste valeur, il partageait mon agacement par rapport à ces séances, raison pour laquelle il partait quand il pouvait. Bien que je devais avouer qu'il partait un peu moins maintenant surtout depuis la mission qui avait impliqué les Cullen, peut-être avait-il peur que je rencontre mon âme sœur en audience ou peut-être tout simplement qu'il avait plus de mal à s'éloigner de moi. Je n'en savais rien, mais quoi qu'il en soit je n'allais pas m'en plaindre. Car oui j'aimais l'avoir auprès de moi, bien que cela signifiait que je devais garder mes distances encore plus qu'habituellement avec Démétri.

Comment font-elles ces héroïnes de roman pour pouvoir savoir vers qui elles devraient aller lorsque un choix affectif s'imposait à elles ?

Je n'ai pas de choix à faire dans mon cas, parce que quoi qu'il arrive je ne peux pas quitter Caïus et de toute façon je n'en ai pas envie non plus. Mais je dois avouer que j'aime Démétri et que dans d'autre circonstance, mon choix se révèlerait cornélien, car en toute objectivité je ne saurais qui choisir. Je les aime tous les deux de façon différentes mais tous les deux quand même. C'est d'ailleurs pour ça que je ne peux faire un choix car ils sont aussi important l'un que l'autre pour moi, pour ma vie et mon équilibre.

Je ne savais pas quand Caïus allait rentrer car il était parti sur une mission concernant des loups-garous en Bulgarie. Et comme toutes les missions où les loups-garous étaient mêlés cela pouvait prendre des jours et des jours.

-Rosalie fait entrer notre dernier visiteur pour cette cession je te prie, ordonna Marcus.

Je poussais un long soupir de contentement ce serait le dernier après cela je serais libre d'aller faire un tour dans ma merveilleuse baignoire. Celle qui m'apporterait la sérénité et le réconfort d'un silence bénéfique après une séance de plus de quarante heures d'écoute de jérémiades en tout genre. Le sourire attentionné d'Aro me redonna le sourire, et me permis d'être plus sereine et de contrôler mon empressement à retrouver ma salle de bains. Le vampire entra dans la salle d'audience et fit sa révérence, son regard glissa jusqu'à moi. Oui, il y avait encore quelques vampires à ne pas savoir qui j'étais à savoir la compagne de Caïus et le fait de me voir provoquait certains questionnements. Ce pendant je ne m'en formalisais plus.

-Bien cher visiteur, renseigne-nous sur ton identité et sur les motifs de ta présence, commanda Aro.

-Mes rois et reine, je suis Anthony Mac'Arthur et je viens d'Écosse. Je suis ici pour vous demander votre aide.

-Pour quel motif? Demanda Marcus.

-J'avais une compagne et elle a été tuée injustement et sans raison. Juste par plaisirmalsain, par un clan de nomade qui sévit dans mon pays en Écosse. Ce clan s'en prend aux couples comme le mien et tue un seul des compagnon laissant l'autre vivant. Beaucoup d'Écossais n'ont pas supporté cette souffrance et se sont arrangés pour mourir. Mais moi je veux que cela cesse, je ne veux pas que d'autre puissent vivre ce que je vis actuellement.

-Effectivement il est même temps d'intervenir, nous en avions entendu parler mais nous pensions que ce n'était qu'une rumeur de plus. Puis-je te toucher pour savoir à qui nous avons affaire afin de nous permettre de les retrouver plus facilement.

-Je vous en serais même reconnaissant mon roi, dit-il en s'accroupissant de nouveau.

Aro se leva et s'approcha du vampire malheureux et le toucha. Au bout d'une ou deux minutes il relâcha le vampire et lui dit :

-Je connais tes intentions et bien que je te comprenne, pense que tu pourrais retrouver un semblant de vie avec le temps.

-Je suis désolé mon roi mais je ne peux vivre sans ma compagne. Accordez-moi ce privilège s'il vous plaît. Vous connaissez ma souffrance.

-Oui je la connais, répondit Aro résigné. Soit tranquille nous ferons ce qu'il se doit pour ces vampires. Et je t'accorde ta faveur. Démétri veux-tu je te prie accorder à cet homme le privilège de mourir dignement.

-Oui maître, répondit mon garde.

Il se déplaça vers le vampire qui était resté accroupi devant Aro et d'un geste rapide et presque banal, mon traqueur lui arracha la tête de ses épaules.

-Était-ce nécessaire ? Demandai-je troublée.

-Oui cela l'était il avait l'intention de nous contraindre à le faire si nous n'acceptions pas sa requête.

-Il a perdu sa compagne d'éternité, rien n'est plus douloureux et insupportable que cela Isabella, reprit Marcus.

-Je m'en doute, c'est juste dommage que nous devions tuer quelqu'un qui souffre alors que ses bourreaux sont encore en vie.

-Il nous fait confiance, il sait que nous allons lui rendre justice, termina Aro. Démétri peux-tu apporter son corps à l'incinérateur. Quant à toi Isabella, Tanya et Sophia vont revenir, tu devrais en profiter pour aller te délasser... Son téléphone sonna, coupant ainsi la suite de sa phrase.

Il décrocha j'attendis de savoir si c'était mon compagnon qui appelait pour donner de ses nouvelles.

-Bonjour Inès, Salua Aro après avoir identifié le numéro.

-Bonjour Aro.

-Comment vas-tu ? Et comment va Oliver ?

-Je ne vais pas très bien. Je sais que ce n'est pas dans le protocole mais je t'appelle pour te demander ton aide.

-Que se passe-t-il ? Demanda le frère de mon conjoint, en me faisant signe de rester.

-Oliver m'a quitté pour Fanny, la jeune vampire que nous avions accueilli.

-Comment est-ce possible vous êtes des compagnons d'âmes? S'étonna-t-il.

-Fanny a apparemment un pouvoir, certainement hypnotique. Car Oliver m'a affirmé lorsqu'il m'a annoncé qu'il me quittait, qu'il était éperdument amoureux de Fanny et qu'elle était sa véritable compagne.

-Mais ce n'est pas possible! S'indigna Marcus. Je suis sûr de ce que j'ai avancé concernant leur lien. Précisa-t-il à Aro. Ce dernier hocha la tête pour lui signifier qu'il était d'accord avec ce qu'il avançait.

-Oui je pense que cette jeune vampire a dû utiliser son pouvoir sur Oliver. J'ai peut-être une solution Inès. Je dois cependant en parler avec Marcus et la compagne de Caïus qui pourrait t'être d'une grande aide dans cette histoire.

-Tiens-moi au courant s'il te plaît. Et transmet mes amitiés à Sulpicia, Caïus et sa compagne.

-Ce sera fait je te rappelle bientôt.

-Merci Aro. Il raccrocha se rasseyant les sourcils froncés.

-Tu sais que je ne me suis pas trompé Aro. Oliver est bien le compagnon d'âme d'Inès. Reprit Marcus.

-Oui je le sais, répondit Aro.

-C'est une véritable prolifération ce pouvoir. Intervins-je à mon tour.

-C'est un des pouvoirs les plus courant, dans notre monde Isabella. Car beaucoup d'humains le développent à l'état humain justement. Regarde tous ces hommes politique. Si tu les transformes tous, beaucoup auront ce don la transformation finie. C'est ce qui leur permet de pouvoir leurrer leurs électeurs.

-Vu comme ça effectivement, conclus-je tout de même surprise.

-Maîtresse, Tanya et Sophia arrivent vous devriez partir. Nous coupa Démétri qui était revenu des sous-sols, là où ce trouvaient les incinérateurs.

-Oui, merci Démétri.

-Isabella, après ta chasse, pourrais-tu revenir dans mes appartements que l'on puisse discuter de cela.

-Oui je passerai. Démétri nourris-toi, une fois terminé tu nous m'accompagneras avec Rose, nous irons chasser.

-Oui maîtresse. Puis je sortis accompagnée de Rosalie.

Moi qui voulais profiter de mon temps après la fin des audiences publiques pour me délasser dans mon bain, j'avais dû me contenter d'une douche pour ne pas faire attendre trop longtemps Aro et Marcus. Je sentis Démétri arriver dans notre salle de réunion. Je le rejoignis et ma sœur quelques secondes après moi. Tant mieux car autant j'aimais être avec Démétri autant j'évitais de rester seule avec lui. Car j'avais peur qu'il me pousse encore une fois.

Mais je dois dire que depuis les histoires de sanctions et de costumes il ne l'avait plus fait mais j'avais également fait en sorte de ne jamais me retrouver seule avec lui depuis. Et cela datait de presque neuf mois maintenant.

Nous allâmes rapidement en chasse et le rôle de Démétri était de s'assurer que les environs étaient dégagés. Pas que nous serions un danger pour les humains qui se seraient éventuellement perdus, mais à cause de mon statut de compagne d'un régent. Nous avions des ennemis et Caïus refusait que je chasse sans protection. Et depuis qu'il avait instauré cette règle j'étais toujours accompagnée lorsque je chassais et toujours de Démétri et Rose qui attendait que j'ai fini pour y aller à son tour.

Protocole instauré encore une fois par mon compagnon. Cela fait, nous retournâmes au château où je rejoignis directement les appartements d'Aro et Sulpicia avec Démétri ayant demandé à Rose d'aller préparer ses affaires. Car je savais que j'allais devoir aller aider l'amie d'Aro. Je lui avais en plus donné quelques instructions qu'elle devrait transmettre à Tanya. Car je faisais très attention à cette dernière, elle était peut-être dans la garde pour le moment mais c'était surtout à cause d'une sanction. De toute façon elle était étroitement surveillée par Félix qui l'avait sous son service. Mais ce dernier étant actuellement avec Caïus en mission, je me faisais un devoir de me rappeler à son bon souvenir.

J'arrivais dans les appartements des régents.

-Bien Isabella installe-toi, m'accueillit Aro. Je pris bien évidemment place dans le fauteuil de mon compagnon. Comme tu as dû le comprendre seule, Inès et Oliver sont des amis intimes de la famille. Et de par ce fait j'aimerais vraiment que tu acceptes de les aider. Commença le régent en chef.

-Oui je me doutais bien de cela, et je n'y vois pas d'inconvénients. Mais qui sont-ils exactement ? Et où je pourrais les trouver ?

-Pour ce qui est d'Inès je suppose qu'elle est restée dans son domaine en France. Démétri ? Demanda implicitement Aro.

-Oui maître elle est en France près de Marseille, répondit mon traqueur.

-Et Oliver ? Questionna de nouveau le frère de mon conjoint. Après quelques secondes Démétri répondit.

-En Pologne.

-Bien je vais appeler Inès pour la prévenir. Tu peux partir quand ? Demanda Marcus.

-Le temps de préparer un sac et c'est bon pour moi.

-Très bien je fais préparer le jet et la voiture, Inès viendra vous rejoindre à l'aéroport. Tu y vas avec qui ?

-Démétri, Rose et Chelsea, Répondis-je.

-Très bien je vais l'avertir, et vous organiser votre arrivée en Pologne. Fais attention à toi même si je sais que son pouvoir n'aura aucun impact sur toi.

-Je fais toujours attention et mes gardes sont très zélés, ajoutai-je avec un sourire entendu.

-C'est un fait, répondit Aro amusé.

C'est ainsi que je partis rejoindre le jet de la famille pour partir de nouveau en mission.

Je venais de prendre place dans le jet et Chelsea allait s'installer à mes côtés.

-Non pas ici, fit Rosalie qui savait que cette place était attribuée à mon garde.

C'était une habitude dans le jet, lorsque je ne voyageais pas avec Caïus c'était la place de Démétri. C'était comme ça depuis la première fois et c'était une habitude que je voulais conserver comme elle était.

-Pourquoi ? Maître Caïus n'est pas présent et un garde doit toujours rester à côté de nos maîtres c'est dans le protocole. Répliqua-t-elle en citant le protocole instauré par mon compagnon à la lettre.

-C'est la place de Démétri. Répondis-je d'un ton ferme.

Lui indiquant ainsi qu'il ne valait mieux pas qu'elle réponde.

Démétri arriva et se planta devant elle pour qu'elle s'en aille. Quant à moi je retournais dans mes pensées posant ma tête contre le hublot de l'appareil et attendant que le jet ne prenne son envol. Démétri me tendit mes écouteurs. Je ne prenais jamais l'avion sans mon iPod, enfin le sien. Pour une simple raison, je ne supportais toujours pas le bruit des réacteurs même si je m'y étais plus ou moins faite depuis le temps, mais j'aimais ce petit rituel.

C'est d'ailleurs pour cela que je l'avais accepté à mes côtés la premières fois. Il avait vu que j'étais tendue au départ j'avais cru que c'était à cause de la hauteur et d'un quelconque vertige que j'aurais gardé lors de ma transformation. Puis il m'avait soumis l'hypothèse que je ne supportais pas le bruit de la poussée des réacteurs. Il était donc venu à mes côtés et m'avait prêté ses écouteurs. Et bien que je les entendais toujours, la musique arrivait à me détendre un peu et depuis c'était resté. Il n'y avait que quand je devais prendre le jet avec Caïus qu'il me donnait les écouteurs un peu avant de monter dans le jet.

Chelsea nous observa avec attention et cela m'agaça je ne voulais pas qu'elle aille répéter à Caïus les liens et la complicité spéciale qui me liaient à Démétri. Je grognais pour la remettre à sa place et lui faire baisser les yeux. Ce qu'elle fit, j'entendis la poussée des réacteurs en plus de la sentir. Et augmentais le volume des écouteurs je pouvais entendre la musique des Pixies Monkey's gone to Heaven.

Démétri avait un goût spécial pour la musique et à chaque fois cela me faisait rire. D'ailleurs je crois qu'il s'était donné pour mission secrète de me convertir au Rock. Je dois avouer que j'aimais ça, en fait quand je bougonnais c'était plus pour le charrier, puisqu'en fait j'appréciais et partageais généralement ses goûts musicaux.

Nous arrivâmes à l'aérodrome français et je sortis accompagnée de Démétri pour accueillir l'amie de la famille qui ferait le voyage avec nous. Il faisait nuit lorsque nous atterrîmes donc nous n'avions aucun problème pour le fait de nous protéger. Nous avançâmes jusque dans une petit salle. Lorsque nous pénétrâmes une femme d'une petite quarantaine d'années lors de sa transformation nous faisait face. Elle fit une révérence devant les yeux surpris des deux humains qui nous observaient à distance, se croyant certainement discrets.

-Ma reine, dit-elle en guise de bonjour en s'agenouillant.

-Relève-toi Inès et je ne suis pas ta reine je suis seulement la compagne de Caïus.

-C'est juste une question d'interprétation, reprit la femelle que j'avais devant moi. D'après ce que m'a dit Aro vous auriez le pouvoir de me ramener mon compagnon.

-Si le pouvoir de ton ancienne protégée est bien celui que tu dis. Alors oui je suis insensible à ce genre de pouvoir. Je peux également protéger qui je le souhaite. Donc on va se rendre sur place et rencontrer cette personne. Nous la confronterons nous verrons bien ce qu'il ressort de cette entrevue.

-Je vous remercie de bien vouloir m'accorder de votre temps.

-C'est naturel, vous êtes une amie de la famille d'après ce qu'a pu m'en dire Aro. Il est normal que j'aide les amis de ma famille.

-Vous êtes réellement la compagne de Caïus ? Demanda la française avec un regard surpris. Ce qui fit sourire Démétri, je me tournais vers lui le regard plein de reproche.

-Désolé maîtresse, s'excusa mon traqueur.

-Je suis désolée également je ne voulais pas vous froissée non plus. C'est juste que vous êtes tellement plus compatissante que votre compagnon.

-Ce n'est pas qu'il ne l'est pas, répondis-je. C'est juste qu'il s'est forgé une carapace un peu plus solide que la moyenne. Mais ne doutez pas qu'il vous serait venue en aide également, s'il en avait eu les capacités. Elle baissa la tête honteuse d'avoir douté et jugé son roi devant moi, sa compagne.

-Bien allons-y maintenant. Commandai-je en prenant la direction du jet où nous attendaient le pilote, Rose et Chelsea que j'avais contraintes à attendre dans la carlingue.

Nous embarquâmes et comme à son habitude Démétri s'installa à mes côtés. Inès se plaçant face à moi. Par politesse je ne remis pas mes écouteurs et préférais discuter avec la nouvelle venue. Bien que le décollage m'angoissait et me stressait, j'essayais de donner le change.

Elle m'indiqua qu'en fait c'était son mari qui était un ami de la famille, qu'il avait même il y a de cela plusieurs années travaillé pour Aro et ses frères. Elle me raconta comment était sa vie, lorsque Oliver l'a rencontrée lors de l'une de ses missions. Suite de quoi il avait indiqué à Aro son souhait de partir pour vivre avec sa compagne et ce dernier lui avait accordé cette faveur.

Inès était humaine à cette époque et elle est tombée irrémédiablement amoureuse d'Oliver. Pourtant elle était mariée et heureusement pour elle n'avait jamais eu d'enfant. En fait cela était dû à une stérilité d'elle où de son mari mais il était impossible de le savoir à cette époque là. Donc elle m'expliquait que généralement les spécialistes remettaient la faute sur la femme. Hors aujourd'hui elle est persuadée que c'était son époux qui avait ce soucis médical. Car il n'a jamais eu d'enfant même après que cette dernière ait disparut et qu'il se soit remarié.

Elle l'a appris car un jour elle est tombée sur l'avis de décès de son ancien mari. Lorsqu'elle s'est rendu aux obsèques pour rendre un hommage à celui de qui elle avait partagé la vie durant une vingtaine d'années. Elle avait vu que seul sa nouvelle épouse était présente à l'enterrement.

Puis elle nous raconta comment un jour Oliver était revenu avec Fanny dans les bras, une jeune fille sur qui il était tombé. Elle paraissait douce et gentille. À cause des instincts maternelles d'Inès qui ne cessaient de la travailler, il avait cru bon de transformer cette jeune fille pour en faire la fille qu'elle désirait. Tout allait pour le mieux, bien sûr la période nouveau-né avait été difficile mais dans l'ensemble c'était la belle vie.

Ce bonheur instable et temporaire a duré une dizaine d'années. Elle s'était rendu compte que Fanny devenait de plus en plus directive et surtout qu'elle prenait souvent à partie Oliver. Et souvent Oliver prenait la défense ou le parti de Fanny. Elle ne s'était douté de rien jusqu'au jour où elle a trouvé la fragrance de Fanny sur les affaires d'Oliver. Là elle a demandé des explications à son compagnon car elle avait la certitude qu'Oliver était son compagnon d'âme. Car en plus de le sentir, Marcus avait certifié à Oliver que c'était bel et bien le cas lorsqu'ils avaient accepté de se réunir pour le départ d'Oliver.

C'est à ce moment là qu'il lui a annoncé qu'il la quittait, puis il est parti récupérant ses affaires et celles de Fanny. Je lui demandais depuis combien de temps il était parti elle répondit que cela faisait trois mois. Elle pensait que l'attraction entre eux allait le ramener à elle, mais en voyant qu'il ne revenait pas et qu'elle en souffrait de plus en plus elle s'est décidée à appeler Aro pour lui demander de l'aide. Je restais pantoise, j'étais moi perplexe concernant ces histoires d'âmes sœurs et malheureusement elle ne faisait que renforcer mon opinion. Rosalie dut s'en rendre compte car elle me dit :

-Vous devriez attendre maîtresse avant de vous conforter dans vos positions.

-Pourquoi dites-vous ça ? Demanda-t-elle à Rosalie.

-Parce que j'ai une théorie concernant ce fameux sentiments d'âmes sœurs et d'attraction. Répondis-je à la place de ma sœur.

-Et quelle est-elle ? Me demanda Inès avec appréhension.

-Je n'y crois tout simplement pas. Maintenant cela ne veut pas dire que je ne vous aiderais pas. Mais avant de lancer un châtiment, je m'assurerais que c'est bien ce qu'il convient de faire. Car même si je ne crois pas aux sentiments d'attractions entre deux personnes dans le sens des compagnons d'âmes. Je ne suis pas pour autant favorable au fait qu'une intrigante vienne à ensorceler avec son don, quelqu'un de déjà engagé. De plus Aro m'a certifié avant mon départ connaissant mes positions sur ce sujet précis que vous étiez l'un comme l'autre très liés, ce qui a été confirmé par Marcus. Donc ne vous en faites pas je vais vous aider tout de même.

-Merci, mais il est surprenant que vous n'y croyez pas, c'est quelque chose d'assez fort chez nous.

-Caïus est mon compagnon, nous nous sommes choisis. Mais nous n'éprouvons pas cette attraction. Pour preuve il est parti depuis deux semaines et voyez je ne suis pas dépressive, en manque ou je ne sais quoi d'autre encore. Enfin sans vouloir vous offenser.

-Vous ne m'offensez pas. C'est juste qu'il n'est pas votre compagnon d'âme. Et je suppose que vous ressentirez ça dès que votre compagnon, le véritable s'éloignera de vous.

-Nous arriverons dans une vingtaines de minutes maîtresse. Intervint Démétri, nous sortant de cette discussion qui prenait un sens perturbant et incommodant à mon goût.

-Merci Démétri. Est-ce qu'Oliver est toujours au même endroit ? Lui demandai-je. Il se concentra quelque seconde avant de répondre.

-Oui toujours par contre je ne saurais dire s'il est seul ou pas je ne connais pas la personne incriminée.

-Ce n'est pas un problème. De toute façon si ce qui a été dit est vrai elle ne devrait pas être dangereuse en tout cas pas contre nous.

-Il faudra tout de même prendre des précautions maîtresse, lança Chelsea.

-Oui Chelsea tu seras en première ligne avec Démétri et Rosalie. Je vous protègerais avec mon bouclier, ainsi que vous Inès. Vous resterez cependant à mes côtés, si pour une raison ou une autre il s'avère qu'ils ne sont pas seuls il vaut mieux être prudents. Mais quoi qu'il arrive je vous demanderais de ne pas vous jeter au cou de votre compagnon tant que nous ne savons pas à quel degré il a été hypnotisé. Il se peut qu'il essaie de vous tuer sous l'influence de sa manipulatrice.

-Je ferais comme vous pensez que c'est le plus juste et le moins dangereux, acquiesça-t-elle.

Je hochais la tête pour signifier mon approbation quant à sa position. Mon téléphone sonna à ce moment précis.

-Oui mon amour.

-Bella, où es-tu ? Demanda-t-il impatient.

-J'arrive en Pologne. Tu as eu Aro ?

-Oui il m'a dit que tu étais en mission spéciale pour aider Oliver et sa compagne.

-C'est effectivement ça, et nous arrivons d'ailleurs l'avion amorce sa descente.

-J'ai fini en Bulgarie, tu peux m'attendre avec le jet. Je te rejoins et nous rentrerons ensemble.

-Ça c'est une bonne nouvelle. Bien sûr que je t'attends tu seras là quand ?

-Je pense qu'en me dépêchant nous serons vers vous dans douze heures peut-être moins. Qui est avec toi ?

-Démétri, Rose et Chelsea.

-C'est tout, tu aurais dû prendre Jane en plus.

-C'est une mission assez simple Caïus. Et mes gardes en plus de la tienne sont suffisamment efficaces pour m'éviter d'emporter avec moi la moitié du château, repris-je irritée.

-Ça bon calme-toi. Tu diras à ton traqueur qu'il fasse attention à Oliver. Car s'il est hypnotisé comme me l'a confié Aro, il peut être dangereux. Il est un très bon combattant, qu'il ne le laisse pas s'approcher de toi. Et laisse ton garde s'en charger lui-même.

-Démétri connait parfaitement son travail. De plus il ne le laissera certainement pas m'approcher. Tu n'avais pas besoin de le lui rappeler.

-Je préfère m'en assurer personnellement, répondit-il. Tu fais attention à toi et tu m'appelles une fois que ta mission est terminée.

-Oui mon amour, allez raccroche et évite de t'en prendre à Félix et Alec ils ne sont pour rien dans cette situation. Lançai-je, sachant pertinemment que les deux gardes subiraient son irritabilité le temps qu'il me rejoigne.

-Oui ben au lieu de t'occuper de mes gardes, occupe-toi de rester en vie ce serait déjà pas mal. J'arrive, à tout à l'heure.

-Oui à tout à l'heure, soufflai-je exaspérée.

Il ne changera jamais, je crois que c'était peine perdue que d'essayer de le raisonner, surtout lorsqu'il est dans cet état. Je lançais un regard d'excuse à Démétri qui haussa les épaules pour me faire comprendre que ça ne le touchait pas.

-Vous n'êtes peut-être pas compagnon mais il est très protecteur, avança Inès.

-C'est un de ses défauts les plus difficile à gérer, repris-je.

Elle sourit et se prépara elle aussi à descendre de l'appareil qui durant ma conversation téléphonique avait atterrit.

Nous débarquâmes donc à Elblag ville de taille moyenne au nord du pays près de la mer Baltique. Comme en France, nous débarquâmes toujours en pleine nuit. Bien que le soleil n'allait plus tarder à se lever.

Une voiture nous attendait et nous pûmes aller directement là où Démétri nous guidait. Il avait pris le volant et pour une fois je montais derrière, laissant la place devant à Chelsea. Vu que j'avais une invitée je devais tenir mon rang. Au bout de trois heures de route dans l'arrière pays Polonais nous arrivâmes devant une bâtisse assez moderne mais retirée du reste de la civilisation. Ce devait être un trait caractéristique des vampires, nous aimions notre tranquillité.

Cependant juste avant d'arriver Démétri m'avait averti qu'Oliver se déplaçait. J'avais alors décidé de nous rendre sur les lieux où il était resté plusieurs heures, pensant que cela devait être son chez lui pour l'attendre. Nous serions ainsi déjà en place à son retours ce qui nous permettrait de nous mettre en position de force. Car ils seraient déstabilisés et nous déjà installés. Mais surtout nous serions à l'écart des humains si la situation venait à échapper à notre contrôle.

Une jeune femme blonde les cheveux bouclés et très jolie au demeurant, sortit pour nous accueillir. Lorsqu'elle croisa le regard d'Inès elle se renfrogna et un grondement menaçant sortit de sa poitrine. Démétri se mit face à nous et grogna à son tour pour la remettre en place. Moi j'étirais mon bouclier sur toutes les personnes présentes, enfin celles qui étaient venues avec moi. Je pris place juste derrière mon traqueur pour parler à la jeune vampire, enfin je dis jeune mais elle devait avoir mon âge légèrement plus jeune en fait.

-Fanny est-ce bien ça ?

-Vous devriez le savoir vu que vous êtes venu avec elle, cracha-t-elle.

-Nous allons établir une règle demoiselle. Je ne suis pas une personne à qui tu peux manquer de respect. Donc on va reprendre et tu me répondras avec courtoisie sur le même ton que j'emploierais avec toi, la repris-je. Je devais asseoir mon autorité tout de suite, qu'elle réalise qu'elle n'avait pas à faire à n'importe qui.

-T'es qui toi pour venir chez moi et me dicter ma conduite! M'agressa-t-elle.

-Rosalie s'il te plaît.

-Oui maîtresse, répondit ma sœur.

Elle sauta sur la femelle et la plaqua au sol sans ménagement, lui plantant ses dents dans le cou pour la brûler de son venin.

-Elle t'a dit de ne pas lui parler sur ce ton, vociféra ma sœur.

-Donc pour répondre à ta question si mal posée. Je suis Isabella Volturi, la compagne de Caïus Volturi. Tu n'es pas censée ignorer qui il est n'est-ce pas ?

-Je... je... suis désolée, je ne savais pas. S'excusa-t-elle maintenant apeurée.

-Raison pour laquelle la diplomatie est la meilleure alliée de l'ignorant, répliquai-je. Maintenant que les présentations sont faites officiellement. Tu dois te douter du motif de notre petite visite.

-J'en ai bien une vague idée, reprit-elle méprisante, à l'intention d'Inès qui la toisait de haut mais ne disait rien.

-Dans ce cas j'aimerais savoir où se trouve Oliver ? La questionnai-je.

-Il... est parti se nourrir, répondit-elle.

-Très bien nous allons l'attendre. Si tu veux bien nous inviter chez toi.

-Je... oui, répondit-elle se résignant toujours au sol.

-Bien tu deviens plus raisonnable. Rosalie relâche-là s'il te plaît. Elle s'exécuta mais resta à ses côtés.

Elle nous précéda dans sa demeure j'allais m'installer dans le canapé. Inès prit place à mes côtés et Fanny en face de nous dans un fauteuil. Démétri, Rose et Chelsea juste derrière nous.

-Si tu nous racontais ta version ? Demandai-je pour faire passer le temps et avoir l'autre version de cette histoire.

-Très bien, répondit-elle. Humaine j'étais en formation pour devenir vendeuse d'encyclopédie médicale pour les particuliers. J'étais en binôme avec un homme qui était censé me montrer sa technique de vente. Nous avons porté notre choix sur un quartier HLM d'Aix-en-Provence, ville dans laquelle je résidais. Nous avions donc prospecté toute la journée. Nous avions de par cela, obtenu quelques rendez-vous, dont deux à la même heure. Donc mon binôme m'a demandé d'assurer celle qu'il était sûr de signer afin que lui puisse se charger des clients un peu plus pointilleux. C'est comme ça que nous nous sommes séparés.

Je me suis perdue dans ce quartier, pour moi toutes ces tours se ressemblaient et donc je cherchais l'immeuble de mon rendez-vous. J'ai aperçu Oliver et j'allais lui demander mon chemin lorsqu'il m'a attrapée sans ménagement et tirée dans un endroit sombre. Ensuite j'ai ressenti une violente douleur dans mon cou puis la sensation que je brûlais vive. Lorsque je me suis réveillée j'étais chez eux et transformée. J'ai tout de suite été plus proche d'Oliver que d'Inès. J'ai fait des efforts, j'ai tenté de repousser les sentiments que je développais pour Oliver. J'ai lutté comme j'ai pu ne pouvant me résoudre à faire du mal à Inès. Mais quand je me suis aperçu qu'il me retournait mes sentiments, que ceux-ci étaient réciproques. J'ai cessé de lutter et nous nous sommes rapprochés.

Nous ne voulions ni l'un, ni l'autre faire du mal à Inès. Mais je ne pouvais pas lui laisser l'homme de ma vie sous prétexte qu'elle pense qu'ils sont compagnons d'âmes. Moi aussi j'étais malheureuse dans cette histoire. Oliver a dû faire un choix et il m'a choisi. Je sais que ce doit être dur pour Inès mais ce l'était pour moi également. Et je ne comprends pas pourquoi elle vous a contacté pour venir faire le tri dans tout cela. C'est une histoire simple et on ne peut plus banale de jalousie.

-Ton histoire est touchante Fanny, mais vois-tu je ne te crois pas. Répliquai-je, ce qui la fit froncer les sourcils. Ce que tu ne sais peut-être pas me concernant, c'est que je suis un bouclier. C'est mon pouvoir et je sens une attaque constante sur moi depuis le moment où tu nous racontes ton fameux rapprochement avec Oliver. Ce qui pour toi est fâcheux dans le sens où je suis de celles qui ne croient pas aux compagnons d'âmes. J'aurais pu croire à ce que tu disais si tu n'avais pas essayé de te servir de ton pouvoir de persuasion. Car c'est le don que tu as n'est-ce pas ?

-Ce n'est pas un don hypnotique ? Demanda Démétri.

-Non c'est un don de persuasion. Affirmai-je. Elle n'a pas essayé de nous renvoyer chez nous, hors si elle avait un don hypnotique elle nous aurait demandé de partir. Là elle nous raconte une histoire, c'est un don de persuasion. Conclus-je. N'est-ce pas ? Lui demandai-je de confirmer. Elle baissa la tête.

-Ce qui va nous compliquer la tâche pour Oliver. Compris Rosalie.

-Effectivement ce ne sera pas simple, car si j'ai bien compris elle utilise son don sur lui depuis une dizaine d'année. Donc pour lui il est certain que son amour pour elle est réel.

-C'est pas vrai je ne vais pas pouvoir récupérer mon compagnon. Se lamenta Inès.

-Chelsea pourra vous aider pour cela. Elle peut influencer sur les liens des personnes. Chelsea lorsque Oliver va arriver, je veux que tu interfères de façon à ce que l'influence de Fanny diminue et que tu augmentes les liens avec Inès.

-Pour cela il vaudrait mieux faire partir Fanny, non ? Demanda Inès.

-Non Chelsea en a besoin pour travailler.

-Mais Fanny pourrait avoir toujours son ascendant sur lui ?

-Non tu n'as pas remarqué que personne ne la croit. C'est parce que je peux tous vous recouvrir avec mon bouclier, et je ferais pareil avec Oliver ce qui n'empêchera pas Chelsea de pouvoir travailler.

-Non ! Ça fait plus de dix ans que je travaille quotidiennement ! Vous ne pouvez pas tout foutre en l'air comme ça ! Cria la blonde.

-Non seulement je vais le faire, mais une fois fait, ils décideront de la sanction que tu mérites. Car il est de coutume de demander réparation après un préjudice aussi important. Elle se leva prête à s'enfuir. Démétri, lançai-je.

Ordonnant de ce simple fait à mon traqueur de la retenir. Il l'attrapa avant même qu'elle ne sorte de la maison. Il revint avec elle et la retint avec fermeté.

-Il revient maîtresse.

-Très bien nous allons pouvoir en finir rapidement, déclarai-je. Une dernière chose Fanny. Démétri ici présent est traqueur, et le meilleur qui soit, personne ne peut lui échapper. Et maintenant qu'il s'est imprégné de ton odeur il n'y a pas un endroit sur terre où tu seras en sécurité, il saura toujours où tu es et en permanence. Lui indiquai-je. Je la vis frémir lorsqu'elle réalisa que plus jamais elle ne pourrait se soustraire à ma famille si nous décidions de la trouver.

-Oui c'est impressionnant je suis d'accord avec toi. Son pouvoir m'a toujours impressionné, avouai-je avec un sourire.

Je sentis enfin le fameux Oliver arriver. Et lorsqu'il pénétra dans la maison avec appréhension. Et qu'il nous trouva tous dans son salon, Inès et moi installées dans son canapé et Démétri tenant sa « compagne du moment », il grogna.

Démétri répondit ainsi que Rose et Chelsea. Ce qui le poussa à se calmer. Je l'avais bien évidemment pris sous mon bouclier pour que Fanny ne puisse interférer dans le processus de réarrangement de son esprit et ses émotions enfin si l'on pouvait parler ainsi.

-Relâche ma compagne ! Ordonna Oliver en guise de bonjour.

-Non, répondis-je à la place de mon traqueur. Il tourna la tête vers moi.

-Et vous êtes ? Demanda-t-il.

-Tu vois fanny c'est comme ça qu'il faut agir lorsque tu ne connais pas les personnes au lieu de les agresser d'entrée de jeu. Je retournais la tête vers Oliver et en me levant et lui tendant la main je lui répondis:

-Je suis Isabella Volturi, compagne de Caïus Volturi. Il tendit sa main fébrilement et me la baisa avec respect qui était dut à mon statut.

-Je suis honoré de recevoir la nouvelle compagne de mon ami Caïus. Pouvez-vous seulement m'indiquer le but de votre visite surprise ? Demanda-t-il soucieux.

-Nous avons été sollicités par Inès que je ne vous présente pas. Son regard alla sur sa compagne et dans son regard je ne vis aucune animosité, seulement de la nostalgie.

Je pense que le travail de Chelsea commençait à faire son œuvre.

-Non vous n'en avez pas besoin. Inès je pensais que nous en avions discuté. Pourquoi solliciter les Volturi pour cette histoire ?

-Tu es mien Oliver, tu l'as toujours été et tu le seras à jamais. Même Marcus nous a confirmé ce fait.

-J'aime Fanny, je suis désolé de te faire souffrir mais je l'aime sincèrement.

-Je ne doute pas que vous soyez persuadé de ce que vous avancez, mais je dois vous avouer que ce n'est pas le cas. Ce n'est qu'un leurre, lui indiquai-je.

-Ce n'est pas possible, me répondit-il serein. Je sais qu'Inès est persuadée que Fanny a un don hypnotique mais il n'en est rien je vous assure.

-Et je suis de votre avis également, elle ne possède pas de don hypnotique. Mais un don de persuasion, qu'elle a mis en action sur vous depuis plus de dix ans maintenant.

-Je...

-Je suis un bouclier Oliver. Le coupai-je avant qu'il aille plus loin dans ses arguments. Je suis immunisée contre ses tentatives et je peux vous assurer que lorsque je suis arrivée ici mes intentions étaient de démêler le faux du vrai. J'ai entendu la version d'Inès et j'ai entendu la version de Fanny. Mais cette dernière a tenté d'utiliser son pouvoir sur moi. C'est pour cela que je suis certaine qu'elle possède bien un don et que vous êtes personnellement victime de son pouvoir depuis une décennie. Il se tourna vers sa fausse compagne et lui demanda.

-Fanny est-ce que ce que vient de dire miss Volturi est vrai ?

-Tu ne vas pas les croire mon amour. C'est Inès qui leur a monté la tête. Ils veulent seulement nous séparer. Tenta-t-elle se servant de son pouvoir sur lui.

-Et pour quelles raisons je ferais ça? Qu'est-ce que j'ai à y gagner ?

-Elle est une amie de votre famille. Cracha la blonde avec rancœur.

-Dans ce principe ce pourrait être exacte, sauf que si tu veux vraiment attribuer un lien particulier. C'est Oliver l'ami de la famille, sans vouloir t'offenser Inès. Repris-je en direction de l'intéressée. De plus moi personnellement je ne connais ni l'un, ni l'autre et comme tu le vois je suis la seule représentante de ma famille. Ce qui veut dire en langage clair que ma famille me fait confiance pour trouver la solution au bonheur d'Oliver et seulement au sien.

-Fanny as-tu un pouvoir quelconque ? Demanda Oliver sur un ton plus sec.

Elle baissa la tête sachant qu'il ne lui restait aucune échappatoire et que son emprise sur lui commençait sérieusement à s'effriter.

-C'est pas vrai! Se lamenta-t-il en s'écroulant dans le fauteuil derrière lui. Qu'est-ce que j'ai fait ? Se blâma-t-il en se prenant la tête dans ses mains.

-Ne vous fustigez pas, vous n'y êtes pour rien. Vous avez été manipulé. Et si j'en crois ce qui a été dit, vous avez résisté longtemps. Il lui a fallu plus de dix ans pour vous faire quitter votre compagne, il releva la tête vers Inès.

-Pourras-tu jamais me pardonner ? Lui demanda-t-il.

-J'ai souffert, j'ai énormément souffert de cette situation, mais je ne t'en veux pas. Comme le dit si bien Isabella, tu t'es battu pendant plus d'une décennie contre ses attaques quotidiennes. Je vais avoir du mal à redevenir aussi confiante en ce que nous avons été mais je vais y travailler, lui répondit-elle. Alors qu'elle s'agenouillait devant lui, lui prenant les mains.

-Chelsea est-ce que ça fonctionne bien ?

-Oui c'est presque comme avant maîtresse d'ici un petit quart d'heure tout sera rétabli, Oliver nous regarda.

-Nous travaillons en ce moment même pour effacer les liens et de par ce fait l'ascendance de Fanny sur vous. Une fois cela fait vous déciderez de ce que vous voulez comme sanction pour elle.

-La mort, décréta aussitôt Oliver ma phrase à peine terminée.

Ce qui me surprit je dois dire. Car comme venait de me le dire Chelsea le lien n'était pas encore totalement dissous. Il dut comprendre mon incompréhension.

-Elle m'a manipulé, m'obligeant à faire du mal à l'amour de ma vie, à ma compagne. Et de par cette trahison mon Inès doutera toujours de moi. Je ne peux la laisser vivre et risquer que cette situation ne se répète un jour. Je dois récupérer la confiance de mon épouse. Celle-ci se releva et s'installa sur ses genoux puis ils s'embrassèrent.

Je me levais et me dirigeais vers la condamnée, qui ne cessait de crier de colère dans les bras puissants de mon traqueur. Elle m'agaçait surtout qu'elle avait réussi cette garce à mordre mon garde à l'épaule dans une tentative d'évasion. Arrivée à sa hauteur je lui assénais une gifle magistrale, lui fissurant par l'occasion une partie du crâne.

-Tu vas cesser tout de suite! Lui commandai-je. Puis je me tournais vers le couple reconstitué. Voulez-vous infliger vous même sa sentence où souhaitez-vous que Démétri s'en charge ?

-Je vais le faire moi même. Déclara Oliver. Je me doutais qu'il allait se proposer pour prouver à Inès qu'il voulait se racheter.

-Très bien. Chelsea ?

-Pour moi c'est OK à ce stade c'est à lui de faire le reste du travail. Je hochais la tête tout comme Oliver.

Il s'approcha d'elle, il la toisait froidement. Elle le suppliait de l'épargner en tentant de l'apitoyer avec ses sanglots secs. Elle lui disait qu'elle ne recommencerait jamais, qu'elle s'éloignerait et ne reviendrait jamais vers eux. Il la gifla encore plus fort que la gifle que je lui avais administrée.

-Plus jamais tu ne m'approcheras et plus jamais je ne te laisserais l'opportunité d'approcher Inès, et de la faire de nouveau souffrir. Et d'un coup rapide il la décapita alors qu'elle était toujours dans les bras de mon traqueur.

-Rosalie va faire un feu je te prie. Lui demandai-je. Permettez que je reste encore quelques petites heures avec vous. Le temps pour mon compagnon de venir me rejoindre ?

-C'est un honneur de vous accueillir chez moi. Même si à présent j'aime beaucoup moins cet endroit, ajouta-t-il.

-Je n'en doute pas mais je pense que vous pourrez vous trouver un nouveau nid d'amour. Lançai-je avec un tendre sourire.

-Je pense également que tes instincts maternelles devront rester inassouvis ma chérie. Je ne veux plus personne entre nous, déclara Oliver en reprenant sa compagne dans les bras.

-Et tu as tout à fait raison. Cette histoire m'a définitivement guérie de cette aspiration. Lui rétorqua-t-elle.

Les heures passèrent et nous avions pu discuter d'un peu de tout. Oliver était très curieux de savoir comment se passait la vie au château. Je crois que même s'il était heureux de vivre avec Inès, cette vie au château devait lui manquer. Ce que je comprenais car je trouvais qu'une vie en dehors de chez nous était ennuyeuse et routinière. Et Oliver devait avoir les mêmes opinions que moi.

-Maîtresse, maître Caïus, Félix et Alec arrivent. M'informa mon traqueur se reculant de quelques pas.

-Dans combien de temps ?

-Dix minutes, peut-être moins, m'annonça mon traqueur.

-Je te l'ai déjà dit mais ton pouvoir est remarquable Démétri, déclara Oliver impressionné.

-Je pense comme vous je suis admirative de son don.

-Il n'y a personne que tu ne peux retrouver, c'est véritablement fabuleux. La famille doit se réjouir souvent de t'avoir dans leur rang.

-En fait il n'y a qu'une seule personne dans ce monde que je ne peux retrouver, répondit Démétri, ce qui surprit Oliver.

-Bien sûr que tu peux me retrouver, lançai-je.

-Seulement si vous voulez être localisée, sinon j'en suis réduit à être impuissant comme tous les autres.

-Il est vrai que votre bouclier miss Volturi est impressionnant s'il permet de mettre en échec le don d'Aro.

-Et celui de tous les gardes également, reprit Rosalie.

-Je crois que Caïus a trouvé la perle rare en votre personne miss Volturi.

Je lui souris gênée car je n'aimais toujours pas être au centre des conversations et de l'attention qu'on pouvait me porter. Et ce même avec mon statut qui justement me donnait cette importance aux yeux de tous. Je ne savais pas si j'arriverais à m'y faire un jour. Ce qui me sortit de ma rêverie ce fut l'arrivée de mon compagnon escorté par sa garde. Il était si charismatique, tout en lui représentait le pouvoir, son allure, sa prestance, son air arrogant et hautain qui je le savais était la clef de voute de sa carapace.

-Caïus je suis heureuse de te revoir, l'accueillis-je en m'approchant de lui. Il me prit dans ses bras et me répondit.

-Pas autant que moi. Je vois que tu as su gérer ce conflit d'une main de maître.

-Elle a fait preuve d'une sagesse exceptionnelle et d'une efficacité troublante. Et tout ça sans vague ni que cela tourne à l'affrontement. Lui confirma Oliver.

-Oui elle est très douée. Je suis ravi de te revoir Oliver. Et ravi de constater que tu as su retrouver tes esprits.

-Grâce à votre compagne Caïus c'est à elle que revient tout le mérite. Vous avez été bien chanceux de mettre la main sur une personnalité pareille.

-Pour tout dire j'ai su tout de suite qu'elle était différente et j'ai pu l'attraper avant que quelqu'un d'autre ne le fasse avant moi.

Caïus me demanda de lui expliquer comment s'était passée la confrontation. Je lui expliquais tout dans le détail. Bien qu'il était déjà au courant de la conclusion de cette histoire car comme il me l'avait demandé je l'avais appelé pour l'avertir de l'issu de cette mission. Ce que j'avais également fait avec Aro. Nous passâmes quelques heures ensemble à discuter puis je décidais qu'il était temps d'aller chasser car ma gorge devenait de plus en plus douloureuse ce qui était surprenant car d'habitude je pouvais rester plus longtemps sans chasser.

-Quelque chose ne va pas Bella ? Me demanda Caïus.

-J'ai soif. C'est bizarre j'ai chassé avant de partir.

-Moi aussi j'ai soif, répondit Rosalie.

-C'est le climat qui vous fait ça, reprit Oliver. Moi aussi lorsque je suis arrivé ici j'ai dû me nourrir un peu plus qu'habituellement. Et le fait que vous ayez une alimentation végétarienne vous devez ressentir les effets un peu plus tôt que vos subordonnés, m'informa notre hôte.

-Bien si tu allais chasser avant de rependre l'avion. Je suppose que nous autres pourrons tenir jusqu'à notre départ. Déclara Caïus.

-Je pourrais tenir également mais cela serait assez gênant. Surtout qu'il y a une belle forêt, argumentai-je.

-Je viens avec toi. Rosalie tu devrais aller chasser également. Et laisse-la chasser Alec. Lança-t-il sarcastiquement au jumeau.

Ce qui tira mon sourire, le sien et celui d'à peu près tout le monde présent. Je me levais suivie de Caïus. Démétri prit notre suite.

-Toi tu restes ici! Je suis capable de prendre soin de ma compagne sans toi ! Lâcha-t-il méprisant à mon traqueur.

-Caïus s'il te plaît! Le réprimandai-je. Caïus me regarda grognant que j'ose le reprendre devant des sujets qui n'étaient pas de notre famille.

Je baissais la tête, mais je n'en restais pas moins contrariée. Il se retourna vers lui et Chelsea.

-Faites préparer notre jet, nous repartiront d'ici à trois heure minimum. Puis il me prit la main et m'entraîna dehors, en remerciant nos hôtes.

J'arrivais sur un secteur de chasse et cherchais une proie. Je trouvais un sanglier sur lequel je m'essayais et je dois dire que c'était plutôt bon. Et d'après mes souvenirs de la seule fois où j'avais goûté au sang humain c'est ce qu'il s'en rapprochait le plus. Bien que le goût était un peu plus fort, je crois que cela allait devenir mon met préféré. Puis un loup passa à proximité de mes sens olfactifs attirant mon attention.

Une fois repus je retrouvais Caïus qui s'était trouvé une espèce de petite clairière. Même si le terme clairière n'était pas vraiment la bonne définition. En fait c'était plutôt un espace étroit que la forêt ne possédait pas encore. Je vins m'asseoir à ses côtés.

-Tu vas bien mon amour ?

-Ça peut aller je suis frustré je n'ai plus de piste. Les informations que nous avons reçus étaient fausses, il n'y avait absolument rien en Bulgarie. Ou alors ils ont quitté le pays avant que nous arrivions.

-Tu les trouveras je ne me fais pas de soucis pour ça.

-Oui, répondit-il. Puis il se tourna vers moi les yeux d'une intensité que je connaissais trop bien. J'en souris d'appréhension. Tu m'as manqué Bella.

-Tu m'as manqué également Caïus, répondis-je en passant ma main sur sa joue tendrement.

Il s'empara de mes lèvres et gémit lorsque nos deux langues se rencontrèrent. Il m'embrassa et je fus prise d'un feu dévorant. Rapidement il retira nos capes respectives, puis je lui enlevais son tee-shirt qui le moulait parfaitement. Il n'était pas d'une musculature impressionnante en fait il était assez élancé et peu athlétique, mais il était beau et surtout tout était harmonieux chez lui. Et puis ce qu'il n'avait pas en musculature il le compensait largement par son assurance et son charisme.

Il dut relâcher mes lèvres quant à son tour il retira mon haut, je me retrouvais devant lui en soutien-gorge et en jean, d'un même mouvement nous entreprîmes d'enlever nos pantalons respectifs, il fut plus rapide que moi. Une fois en sous-vêtements je pus voir l'effet que je lui faisais et j'étais toujours fière de constater que je pouvais avoir cette emprise sur lui, que je pouvais être capable de lui faire perdre ses moyens.

Il accompagna mon corps lorsque dans un déplacement il m'allongea sur le sol son regard toujours empreint du désir de s'unir à moi. Il se déplaça jusqu'à ma poitrine et dégrafa mon soutien-gorge avec beaucoup de précaution. Caïus était autoritaire, dur et sévère mais il pouvait être d'une douceur extrême, d'une tendresse exacerbée dans l'intimité. Et j'aimais lorsqu'il revêtait cette facette de sa personnalité. Il prit mon sein en bouche, je ne pus retenir un gémissement de plaisir. Il connaissait tout ce qui arrivait encore plus à me stimuler. Sa main se dirigea vers mon entrejambe, puis se faufila sous ma culotte jusque dans l'intimité de mes plis. Il trouva ce qu'il convoitait intérieurement, mon clitoris. Le stimulateur extrême de mes désirs. Il le frôla à peine que je me contorsionnais déjà contre lui cherchant en plus de sa main le contact de son pénis contre moi.

-Je vois que je t'ai manqué autant que tu m'as manqué, me dit-il amusé.

-Tu n'as pas idée, répondis-je. S'il te plaît ne te fais pas attendre, on jouera plus tard mais là j'ai vraiment trop envie de toi et maintenant.

-On jouera plus tard, reprit-il en m'embrassant avec moins de délicatesse.

Cette fois-ci il frotta son sexe contre le mien et nos corps ondulaient ensemble cherchant cette fusion libératrice. À vitesse vampirique il retira sans les déchirer nos sous-vêtements et heureusement que c'est lui qui s'en était chargé parce que moi j'aurais été à la facilité, j'aurais tout arraché. Mais voilà la différence entre nous, lui avait plusieurs siècles d'expériences et bien qu'il avait lui aussi beaucoup plus de difficulté à ne pas laisser ses instincts sauvages reprendre le dessus, il arrivait encore à les museler le temps que nous fussions tous deux nus.

Il se repositionna au-dessus de moi et m'embrassa au moment où il me pénétra, et je me rendis compte qu'il m'avait encore plus manqué que ce que j'avais cru. Il bougea en moi faisant naître une douce chaleur au fond de mon ventre, j'accentuais ses coups en ondulant mon bassin lascivement à son rythme pour intensifier nos sensations. Il était en moi mais pas aussi profondément que je l'aurais souhaité, j'écartais le plus possible mes jambes de façon à ce qu'il aille plus en profondeur dans mon antre.

-Tu me rends fou Bella, je n'ai jamais assez de toi, dit-il de sa voix enrouée de désir.

Il accéléra le rythme de ses va-et-vient dans mes profondeurs et à chaque butées de son corps contre le mien, la douce flamme se transforma en incendie dévastateur puis en brasier ardent. Et lorsque j'arrivais au bord de l'extase je le serrais encore plus contre moi avec mes jambes que je fermais autour de sa taille l'empêchant ainsi de se retirer si l'envie lui en prenait. Il devait me libérer et il devait se libérer avec moi. Je sentais mon vagin commençait à se rétracter sur lui, ce qui l'incita à aller encore un peu plus fort. Trois coup de reins plus tard je hurlais son nom alors que lui grogna sa jouissance au moment même où mes parois l'emprisonnèrent à l'intérieur de moi. Et que je resserrais l'emprise de mes bras autour de son corps et que tous mes muscles se contractèrent. J'avais eu beaucoup d'orgasmes avec mon compagnon mais je crois que celui-ci bien que simple dans son développement s'était avéré l'un des plus satisfaisant et libérateur.

Nous restâmes quelques instant silencieux à la recherche d'un souffle facultatif. Puis soudain il se tendit et grogna menaçant.

-Habille-toi vite ! M'ordonna-t-il sans ménagement alors que lui sautait déjà dans son jean. Il ne prit même pas la peine d'enfiler son tee-shirt.

-Putain c'est trop tard. Appelle Démétri !

-J'ai pas mon portable.

-Votre code ! C'est une urgence.

-Qu'est-ce qu'il se passe Caïus ? Demandai-je soudain paniquée, parce qu'il l'était lui aussi. Je ne l'avais jamais vu dans cet état.

Il était paniqué, plus que ça même, il était totalement apeuré. Et voir Caïus Volturi dans cet état n'était pas rassurant du tout, c'était terrifiant.

-Des loups-garous! Un tas de loups-garous qui nous encerclent. On ne peut pas fuir! M'apprit-il. Et là, la panique, la peur que dis-je la terreur me submergea quand je réalisais que la nuit était tombée et que la lune était claire et surtout bien ronde.


Voilà une fin digne de ce que j'ai pu faire par le passé lol...

La fin d'une époque

Chapitre 20 : La fin d'une époque

-As-tu appelé Démétri ?

-Oui je suis en train de le faire, répondis-je apeurée.

-Nous allons devoir nous battre, fais attention à leurs gueules, leurs dents sont vraiment très acérées au moins autant que les nôtres.

-D'accord mais fais attention toi aussi et ne te soucies pas de moi bats-toi, j'en ferais autant. Il s'approcha de moi et m'embrassa avec passion et ce sentiment de peur et de perte qui me terrifièrent.

Je savais que cette histoire allait mal tourner, je sentais que quelque chose de tragique se préparait. Mais j'essayais de relayer au loin ces mauvaises sensations qui m'assaillaient de toute part et qui m'embrumaient l'esprit.

-Je t'aime Bella. Me dit-il dans un élan de tendresse infini, ou pris d'un désespoirs intense. Je ne savais trop à quoi attribuer cette déclaration.

-Ne fais pas ça Caïus, nous allons nous en sortir. Démétri va arriver nous devons juste tenir et nous maintenir en vie le temps que lui et les autres viennent nous secourir.

-Bella, ne fais rien qui te mettrait en péril s'il te plait ?

-Je ne peux pas te promettre ça et tu le sais.

-Bella ! Grogna-t-il. Promets-moi ! Demanda-t-il autoritairement.

Je lui dis ce qu'il avait envie d'entendre car si je devais me mettre en danger pour le secourir je le ferais. Et il savait lui aussi que je mentais, mais il préféra m'embrasser que de me tenir tête en cet instant de tension extrême.

-Je t'aime, me répéta-t-il et cette fois-ci je sentis toute la sincérité de ces paroles. Il m'aimait et il était honnête je le savais, je le sentais.

-Je t'aime aussi, et je t'interdis de faire n'importe quoi. Je sais que tu les hais mais ne fais rien d'inconsidéré. Nous devons tenir jusqu'à ce que Démétri arrive.

Je me raccrochais à l'espoir que l'arrivée de mon traqueur pouvait nous sauver et j'en étais certaine car il ne viendrait pas seul. Je savais que nous pourrions avoir le dessus et les tuer avec du renfort. Il fallait seulement qu'ils nous rejoignent rapidement. Je décidais de faire clignoter mon pouvoir espérant qu'il comprenne l'urgence de la situation.

-Les voilà ! M'avertit Caïus en se mettant dans une position de défense.

Je pris la même position mes grognements redoublèrent lorsque leurs puanteurs nous atteignirent. Ils sortirent tous plus ou moins en même temps dans notre petite clairière. Ils étaient tous synchronisés.

-Il y a quelque chose qui ne va pas ! Grogna Caïus.

-Pourquoi ? demandai-je en guettant les moindre gestes de ces créatures aussi vils que pouilleuses.

-Ils sont organisés, les loups-garous ne sont pas organisés en temps normal. Ils auraient déjà dû nous sauter dessus. Restes à mes côtés ne t'éloigne pas de moi et n'oublie pas, évite leur crocs.

Des grondements retentirent de la meute qui nous encerclait. C'est vrai que je n'avais pas fait attention que nous étions dans le dernier cycle de la pleine de la lune. C'était certainement le dernier soir de transformation pour eux. Et il fallait que cela tombe un jour où nous étions seuls et isolés avec Caïus. Je comprenais pourquoi mon compagnon exécrait ces créatures. Elles étaient repoussantes de par leurs corpulences, plus grand qu'un loup classique. Complètement disproportionnées, des gueules allongées et émaciées, le poil terne et pouilleux, leurs corps étaient squelettiques. Et rien n'était comparable à leur puanteur. Alors que je les détaillais un des loups sauta sur Caïus. Mon compagnon le repoussa aisément puis deux lui sautèrent dessus simultanément, puis trois autres vinrent sur lui. Ceux qui me faisaient face essayaient de m'acculer de façon à ce que je m'écarte de mon compagnon mais ils ne m'attaquaient pas.

Je ne comprenais pas mais je ne pouvais pas laisser mon compagnon se faire déborder. Je pris dans mes bras l'un de ceux qui avait réussi à planter ses crocs dans le bras de Caïus et lui brisai la mâchoire. Il se mit à hurler alors deux autres loups me sautèrent dessus, je réussis à en frapper un en plein vol et l'autre me déstabilisa et je tombais à terre sous l'impacte. Il était au-dessus de moi j'essayais de le repousser mais cette saloperie de chien mutant m'avait attrapé au bras et ne me lâchait pas. J'allais me relever mais un autre, puis deux autres arrivèrent et m'attrapèrent par les chevilles et commencèrent à me tirer comme s'ils voulaient m'éloigner de mon compagnon.

Caïus le vit et il se jeta sur moi faisant lâcher prise aux deux loups qui me tiraient par les bras. Il avait lui même trois loups accrochés à lui. Je commençais à croire que nous n'allions pas nous en sortir vivant.

-Ils te veulent, me dit Caïus. C'est toi qu'ils veulent. Les deux loups qu'il venait d'expulser revinrent à la charge sur lui. Il était en train de se faire déchiqueter sous mes yeux, et je ne pouvais rien faire car il venait de s'allonger sur moi. Il me tenait coincé sous son corps.

-Caïus libère-moi ! Laisse-moi t'aider.

-Non ! Tu ne bouges pas Démétri arrive, m'annonça-t-il. C'est toi qu'ils veulent et il en est hors de question.

-CAÏUS ! hurlai-je alors que les loups le dépeçait sous mes yeux.

J'étais totalement paniquée, il ne se défendait même plus pour se protéger. Ils allaient le tuer s'il ne réagissait pas, s'il ne me libérait pas. Mais il n'en avait apparemment pas l'intention, il utilisait toute sa force pour me maintenir au sol me protégeant ainsi des loups.

-Laisse-moi t'aider ! Hurlai-je toujours prise de peur et de désespoir. Il était en train de se laisser attaquer et dépecer pour me protéger. Il se laissait mourir ou plutôt se faire tuer pour me protéger.

Je ne pouvais pas laisser faite ça. J'essayais de me libérer redoublant mes grognements de rages, de frustration et de terreur. Il ne pouvait pas faire ça.

Je sentis Démétri arriver avec Chelsea accompagnés par Oliver et Inès. Je savais à partir de maintenant que nous pourrions nous en sortir.

Chelsea voyant son maître se faire assaillir de la sorte se jeta sur les loups qu'il avait sur le dos. Faisant par ce fait relâcher l'emprise que Caïus maintenait sur moi. Je me relevais et fracassais d'un seul coup de poing la boîte crânienne du loup qui me tirait toujours par le pied. Une fois sur mes deux pieds, je regardais Caïus qui était dans un état lamentable je pouvais même voir ses os et leurs couleurs à certains endroits, tellement les loups s'étaient acharnés sur lui. Je rugis dans une rage jamais atteinte. Caïus se saisit et regarda Démétri.

-C'est elle qu'ils veulent. Protège la ! Mon traqueur lui répondit.

-Au péril de ma propre vie maître. Puis il s'approcha de moi brisant le cou d'un des loups qui lui sauta dessus.

-Je t'aime Bella, ne l'oublie jamais. Dit-il avant de se tourner pour affronter un nouvel arrivage de loups. Ils étaient encore plus nombreux que les précédents, un véritable rassemblement. Tous les loups mutant du monde devaient se trouver ici en cet instant. Caïus leur fit face et dans un grognement rageur se lança dans la meute.

-NON ! Hurlai-je comprenant ce qu'il était en train de faire. Lâche-moi Démétri ! Lui ordonnai-je.

-Non maîtresse nous devons vous mettre en sécurité.

-DEMETRI je t'ordonne de me relâcher tout de suite ! Feulai-je.

Mon compagnon était en train de se faire tuer sous mes yeux et ils avaient eu Chelsea qui était en morceaux. Au plus ils enlevaient des morceaux de chairs de mon compagnon au plus il y avait de loups. Ils devait être à peu près une dizaine sur le corps de mon compagnon qui ne hurlait plus. Et avait même cessé de se battre.

Je hurlais tout ce que je pouvais alors que Démétri m'avait emprisonnée et qu'il tentait de nous sortir de ce guêpier. Oliver et Inès lui ouvraient la voie, en écartant les loups qui nous faisaient face. Puis une fois la voie dégagée Démétri me posa sur son épaule et courut le plus qu'il pouvait. À ses côtés Inès et Oliver alors que je ne faisais que de me débattre pour retourner secourir mon compagnon.

-NON CAÏUS ! Hurlai-je encore et encore. Je ne pouvais admettre ce qui était en train de se passer.

C'était une aberration, une tragédie, une démence qui ne pouvait être vraie. Il ne pouvait pas rester là-bas, il ne pouvait pas ne pas s'en sortir. Je devais aller l'aider, c'était mon rôle et mon devoir de le faire.

J'étais totalement anéantie Démétri me contraignait à abandonner mon compagnon, et je n'arrivais pas à me défaire de son emprise.

-Caïus... Ne cessai-je de hoqueter prise de spasmes douloureux... Non... Lâche-moi Démétri ! le suppliai-je.

-Je ne peux pas maîtresse. Je dois vous protéger.

-Démétri mon compagnon, ton roi est en train de mourir! Lâche-moi et va l'aider ! Hurlai-je après mon traqueur pour qui je n'avais du coup plus la moindre sympathie.

-Non ! Me contredit-il fermement ne s'arrêtant pas de courir.

Je le sentis relâcher la prise sur moi et j'en profitais pour le mordre afin qu'il me relâche et que je puisse retourner vers mon compagnon. Je pouvais encore peut-être arriver à le sauver. Il n'y avait pas d'autre solution il ne pouvait pas me laisser, il avait été sur cette terre longtemps avant moi et il devrait le rester longtemps après moi.

Il ne pouvait pas mourir c'était impensable. Je reconstituerais son corps toute seule. Je retrouverais chacun de ses morceaux et le reconstituerais petit à petit quitte à passer ma vie à faire ça. Je réussis à surprendre Démétri et je pus m'échapper mais Oliver m'attrapa dans mon élan je n'avais pas pensé à lui. Il me plaqua au sol. Démétri lui tendit son téléphone et me récupéra.

-Appelle Alec et Félix dis-leurs qu'il faut qu'ils aillent sur le champs à l'aéroport. Nous sommes toujours pourchassés.

Il avait dicté ses ordres tout en courant après m'avoir repositionnée sur son épaule. Quand je compris que je ne pourrais plus retourner auprès de mon compagnon je fus ensevelie sous une trombe de remords, de culpabilité, de chagrin immense. J'étais totalement brisée de l'intérieur. Mon compagnon j'abandonnais mon compagnon, je ne pourrais jamais me remettre de ça. Je m'en voulais tellement de ne pas avoir été assez forte.

Mes spasmes ne cessèrent jamais, pas une seule secondes durant le temps interminable que dura le trajet. Je ne cessais de répéter le nom de mon compagnon. Arrivés à l'aéroport Démétri demanda à Oliver de faire diversion le temps de m'emmener dans le jet qui nous attendait. Il savait que je ne pourrais pas me reprendre. Lorsque nous arrivâmes dans la carlingue. Félix était déjà là.

-Qu'est-ce qu'il se passe où est maître Caïus ? Démétri baissa la tête. Réponds ! lui ordonna le garde de mon compagnon.

-Ils se sont fait attaquer par une meute de loups, plus nombreux que je n'en ai jamais vu durant ma vie. Et maître Caïus ne s'en est pas sorti. Félix grogna sa rage alors que mes sanglots secs redoublèrent d'intensité devant la triste vérité.

Mon compagnon ne s'en était pas sorti. Puis le déclic vint en moi. Félix était le plus fort de nos soldats, il était également un garde fidèle de mon conjoint.

-Félix nous repartons là-bas. Nous récupèrerons ses restes et nous allons le reconstituer. Félix se leva et commença à amorcer sa sortie avec moi à sa suite.

-NON ! S'interposa Démétri.

-Tu m'as désobéi une fois de trop Démétri! Écarte-toi immédiatement ! Ordonnai-je d'un ton et d'une voix que je n'avais jamais utilisée en encore moins sur lui.

-Non, je ne peux pas. Reprit-il en fixant son regard dans le mien. Je suis désolé maîtresse. Je lui ai promis de vous protéger. Vous pourrez faire de moi ce que vous voudrez à Volterra mais je vous assure que je ne vous laisserais pas retourner là-bas.

-Félix, fais en sorte qu'il ne nous ennuie plus ! Ordonnai-je au garde de mon compagnon. Félix se mit en position.

-Tu sais pertinemment que tu n'auras pas le dessus sur moi. Lui rétorqua Démétri.

-Laisse-nous passer Démétri, nous devons aller chercher maître Caïus.

-Il n'est plus ! Rugit le traqueur. Et tu sais parfaitement qu'ils ont emmené tous leurs restes pour le brûler. Nous ne pouvons plus rien faire. Il m'a fait lui promettre de la garder en sécurité et même si c'est la dernière chose que je ferais sur cette terre je compte bien la ramener à Volterra saine et sauve ! gronda mon garde en toisant celui qui était censé être un ami également.

Alec et Rose arrivèrent à ce moment là, accompagnés par Inès et Oliver. Et lorsque le regard plein de compassion de ma sœur me transperça je sus que je ne pourrais plus rien faire. Ils s'étaient tous alignés aux côtés du traqueur, m'indiquant silencieusement qu'ils ne me laisseraient pas quitter cet avion. Félix grogna sa frustration.

-Nous ne pouvons plus rien faire ils se sont ligués pour nous empêcher d'y retourner. Félix ne cessa de grogner à l'encontre de ceux qui étaient ses amis.

-Bella... commença Rosalie.

-Non que personne ne m'approche, car je ne garantis pas la sécurité de qui que ce soit. Vous êtes tous des lâches !

-C'est trop tard. Reprit Alec prenant sa compagne dans les bras.

-Tu dis ça parce que ta compagne est bien en sécurité contre toi, crachai-je méprisante. Moi le mien n'est plus ! Hurlai-je essayant par cet acte de libérer la peine, le chagrin et la détresse que je ressentais en cet instant.

C'était si grand, si puissant que je n'étais pas sûre de pouvoir survivre à ça. Je tombais à genoux redoublant mes sanglots.

-Caïus... Ne cessai-je de murmurer et de gémir sans interruption entre deux hoquets de sanglots.

Une boule d'une taille inconsidérée s'était logée dans ma gorge étouffant mes plaintes et gémissements. Rosalie s'approcha de moi mais je la rejetais. Je jetais un regard suppliant à Félix le seul à s'être allié à moi pour essayer de retourner chercher mon compagnon, à avoir témoigné sa loyauté à son roi. Rosalie qui était encore à quelques pas de moi et tenta de nouveau une approche. Mais Félix s'interposa en grognant la menaçant. Il me porta dans ses bras et posa dans un des fauteuils alors que j'entendais l'avion commencer sa manœuvre pour nous éloigner de ce pays qui était dorénavant le tombeau de mon compagnon.

Je redoublais mes pleurs, et même les bras forts et réconfortant de Félix ne purent m'empêcher de hoqueter et d'être en proie aux soubresauts qui me secouaient littéralement. D'ailleurs je perçus même les siens. Nous étions en train de pleurer mon compagnon tous les deux alors que l'avion nous éloignait de cet endroit maudit où je l'avais perdu pour de bon. Je prenais vraiment conscience que je ne le reverrais plus.

-NON ! Hurlai-je en réponse à cette révélation. Caïus... sanglotai-je. Mon Dieu Caïus qu'est-ce que tu as fait... Me lamentai-je alors que Félix resserra encore plus ses bras autour de moi.

Je ne vis rien des longue heures de vol qui nous rapatriaient à Volterra. J'étais trop prise dans mon tourbillon de mal être, de perte, de remord, de rancœur, de haine et d'amour que je ne pourrais plus jamais lui témoigner. Ce vide que cette vérité produisait en moi était abominable, insupportable. J'avais entendu Alec appeler Aro pour lui annoncer la nouvelle. J'avais entendu le hoquet terrifié du frère de mon compagnon, puis son téléphone se briser lorsqu'il l'avait lâché.

Notre avion atterrit en Italie mais je n'avais plus la force d'amorcer le moindre mouvement. Félix me prit dans ses bras grognant contre tous ceux qui m'approchaient, je lui étais reconnaissante car je ne voulais personne d'autre auprès de moi et surtout pas Démétri.

Je lui en voulais à lui personnellement, car il ne m'avait pas obéi et aujourd'hui je devrais vivre avec le remord éternel de ne pas avoir tenté tout ce que je pouvais pour sauver mon compagnon. Il y avait deux voitures qui nous attendaient à la sortie de l'aérodrome où notre jet stationnait. Félix me déposa dans l'une d'elle.

-Vous prenez l'autre voiture personne dans la notre.

-Tu n'as pas à nous donner d'ordre, le contre-dit Rosalie.

-Obéis ! ordonnai-je simplement.

Félix monta dans la voiture et démarra sans attendre personne. Nous arrivâmes au château et je pus sortir de la voiture seule, j'avançais à vitesse humaine. Je croisais plusieurs gardes qui s'éloignèrent aux grognements menaçant de Félix. Je ne levais même pas la tête, j'aurais été bien incapable de dire malgré mes facultés vampiriques qui nous avions croisés. J'arrivais devant les appartements du régent en chef et la porte s'ouvrit automatiquement. Enfin presque car c'est Sulpicia qui l'avait ouverte, je ne l'ai su seulement parce qu'elle m'avait prise dans ses bras. Je ne lui rendis pas son étreinte et m'écartai d'elle pour aller rejoindre les régents.

Une fois que mon regard croisa celui attristé et blessé d'Aro, les spasmes qui remplacèrent les sanglots que je n'étais même plus capable de produire, réapparurent sans que je ne puisse me contenir.

Je relâchais tout le mal qui m'habitait, toute la désolation et la perte que je ressentais alors que je me jetais à genoux posant ma tête sur ceux du régent en chef. Il me caressa les cheveux ne disant rien, ne cherchant rien, attendant que je puisse me reprendre, mais je ne le pouvais pas. J'étais chez nous dans notre château, cet endroit où je l'avais connu et aimé, mais lui ne serait plus là, plus jamais alors que tout autour de moi me rappelait sa présence.

Au bout d'un long moment où j'arrivais enfin à me calmer légèrement sans pour autant cesser mes pleurs, je levais mon bouclier pour qu'il voit ce qu'il s'était véritablement passé. Il fut surpris car il ne s'attendait pas à voir quoi que ce soit, je le sentis lorsqu'il arrêta ses caresses réconfortantes dans mes cheveux. Puis il les reprit, s'arrêta de nouveau lorsqu'il arriva sur le moment où Caïus avait senti les loups. Et grogna lorsqu'ils avaient fait face, puis il passa tout relativement vite, il arrivait à lire mes pensées ayant l'habitude de lire tout rapidement, mais de cette façon il m'évitait à moi de revivre ça dans le détail. Ce qui ne m'empêcha pas de revenir sur l'image de Caïus au-dessus de moi me protégeant de son corps empêchant les loups d'avoir accès à moi. Son regard sur moi alors qu'il était en train de se faire dépecer vivant ne disant rien, essayant de me cacher sa douleur. Mais je savais qu'il avait mal parce que j'avais moi aussi goûté aux crocs acérés et je savais quelle douleur cela produisait. Il arriva à la fin de sa lecture alors que mon esprit était bloqué sur ses yeux rouges remplis d'amour et cette rage protectrice qui l'animait.

-Tu ne pouvais rien Isabella, il s'est sacrifié pour toi. Personne ne pouvait rien ils étaient trop nombreux.

-Personne ne m'a aidé à le sauver. Mon garde est un lâche, il a refusé de m'aider à le sauver, crachai-je avec rancœur.

-Non ton garde a agis comme il fallait. La perte de Caïus est une tragédie, une ignominie que nous allons bien entendu chercher à venger. Mais te perdre alors qu'ils en avaient visiblement après toi aurait été pire encore. Tu dois leur être indispensable. Pour quelle raison je l'ignore car comme Caïus c'est la première fois que je les vois agir en coordination et surtout en gardant sous contrôle leurs instincts meurtriers.

-J'en ai rien à faire qu'ils me veulent, ils ont pris mon compagnon, hurlai-je de désespoir. Que vais-je faire sans lui ?

-Tu vas survivre et essayer de trouver une raison, une motivation pour affronter chaque jour. Me répondit Marcus compatissant.

Il savait ce par quoi je passais, il l'avait vécu lui aussi. Et maintenant je le comprenais, je savais pourquoi il était aussi blasé de tout. Lorsque vous perdez ce pourquoi vous vivez, votre raison principale de vivre, plus rien ne vaut la peine après ça.

-Vous êtes bien courageux Marcus je ne suis pas sûre d'avoir votre force d'esprit et de caractère. Je me relevais avec beaucoup de difficulté tout de même.

C'est la première fois que je ressentais une véritable fatigue, tant physiquement que moralement. Je me sentais tellement faible en cet instant, que mon image extérieure devait très certainement refléter celle que j'étais à l'intérieur. C'est-à-dire quelqu'un de brisé. On avait fait de moi une ombre, ces loups avaient détruit ma vie. Et pour le moment je n'aspirais qu'à une seule chose, c'était retourner dans mes appartements. Ce même repaire où nous vivions Caïus et moi, notre antre à tous les deux.

-Je m'excuse, je voudrais pouvoir me retirer. Annonçai-je aux régents.

-Fais Isabella. Nous te laisserons le temps dont tu as besoin. M'informa Aro. Nous prendrons en charge tes fonctions pour le moment.

-Je n'ai plus de fonctions, mon compagnon est mort, je n'ai plus de fonction, ni d'utilité au sein de ce château.

-Bien sûr que si. Mais pour le moment trouve un moyen de te reconstruire nous t'informerons de l'avenir dans un moment un peu plus opportun.

-Si vous le souhaitez, répondis-je machinalement. Une dernière chose pour l'instant je ne tolère la présence que de Félix. Si vous voulez me faire passer un message passez par lui et personne d'autre que lui.

-Pardonne-lui Isabella, il n'a fait qu'écouter les ordres de Caïus. Plaida Aro en faveur du traqueur.

-Je ne peux pas, pour l'instant tout est encore frais, je sens encore l'odeur de mon compagnon sur moi. Je ne peux pas penser avec toute la réflexion et le recul que cette situation requière. Et je n'ai pas envie de le faire, je veux seulement qu'on me laisse en paix.

-Je comprends, nous passerons par Félix au cas où. Acquiesça-t-il.

Puis je partis, Félix m'accompagna jusque devant les appartements que je partageais avec mon compagnon.

-Vous êtes sûre de vouloir rester seule ici ? Me demanda Félix plein de compassion.

-Je ne suis plus sûre de rien Félix. Je suis totalement perdue et anéantie. J'ai juste besoin de lui, mais il n'est plus là. Me lamentai-je.

-Maîtresse... dit-il dépité.

-Je suis désolée Félix. Va retrouver Renata. Je t'appellerais si j'ai besoin de toi.

-N'hésitez pas maîtresse je vous serais toujours dévoué.

-Tu es le plus loyal de tous les gardes. Je comprends pourquoi il t'avait choisi. rétorquai-je.

Je lui déposais un baiser sur la joue et rentrais dans mon antre, mon cocon qui deviendrait mon enfer personnel pour les quelques jours à venir. Je m'installais dans notre lit, prenant dans mes bras son oreiller celui où sa tête reposait lorsqu'il s'allongeait après que nous ayons fait l'amour.

Je repassais le fil de notre vie ensemble. La première fois que je l'avais vu, la première fois qu'il m'avait protégée, puis notre première fois dans ce lit alors que je n'étais qu'humaine, sa morsure lorsque j'avais atteint l'orgasme. Toutes les fois où il m'avait enlacée, embrassée, étreinte, fait l'amour. Toutes les fois où il m'avait prouvé son affection, nos disputes, nos différences, nos discussions animées, les plus sereines, ses entêtements. Mon Dieu je n'aurais plus jamais tout ça, je n'aurais plus jamais affaire à sa jalousie, quelque fois bien sentie.

-Caïus ! Criai-je de désespoir.

Puis mes cris se fondirent en gémissements plaintifs parce que la boule dans ma gorge ne cessait de croître et m'empêchait même de respirer. J'étais si mal que je me demandais s'il ne valait pas mieux mourir à mon tour. Je ne pourrais jamais vivre avec ce poids sur les épaules, sur la conscience. Mon âme s'était littéralement et véritablement fendue, c'est tout mon être qui le pleurait. Cette sensation de vide, de désolation c'était intenable, insupportable. Je ne cessais de pleurer, de hoqueter, les spasmes, mes sanglots ne cessèrent jamais.

Comment vivre, je le comprenais enfin cet homme qui avait voulu mourir après nous avoir informé de ce que ces nomades avaient fait à sa compagne. Je crois que je devais moi aussi penser à cette alternative. Car la douleur était atroce, rien à voir avec celle de la transformation, non c'était bien au delà de ça. Je ne trouvais même pas les mots pour indiquer à quel point j'étais mal dans ma peau, dans mon corps, dans mon esprit.

Je sentis la présence de Sulpicia qui venait de rentrer dans mes appartements, j'avais aussi senti la présence de Félix devant ma porte. Il restait là des heures durant veillant sur moi certainement. Mais j'avais trop à faire avec mon propre mal pour pouvoir avoir de la pitié ou de la compassion pour le garde de mon compagnon ou n'importe qui d'autre d'ailleurs. Malgré le fait que je l'estimais et que je l'aimais profondément.

Sulpicia tenta de s'asseoir à la place de Caïus, je grognais pour la menacer de ne pas le faire. Elle dut comprendre car elle fit le tour du lit et vint s'installer derrière moi. Elle me caressa les cheveux un long moment, puis au bout d'un certain temps tenta de rompre le silence.

-Bella, tu devrais chasser tes yeux sont noir de soif.

C'est vrai que ma gorge me titillait un peu mais je n'avais pas envie de bouger et encore moins d'aller chasser. Je ne répondais pas, peut-être que mon silence la forcerait à partir et à me laisser seule. Ce qu'elle fit après un long moment, et après avoir poussé une quantité innombrable de soupirs. Je ne sais pas combien de temps je restais là j'avais perdu toute notion de temps, d'espace, le sens de la vie, je ne vivais plus j'étais une coquille vide dotée d'un esprit qui ne cessait de se repasser en boucle les images de la seule personne qui me manquait pour me permettre de me relever.

Quelque temps plus tard ce fut au tour d'Aro de venir dans ma chambre. Lui contrairement à sa compagne vint se placer directement derrière moi. Tout comme elle il me caressa les cheveux puis après un silence beaucoup moins long il me dit à son tour.

-Isabella je sais que je t'ai dit de prendre ton temps. Mais il est temps que tu commences à sortir de ta léthargie. Il faut que tu te nourrisses. Il n'aimerait vraiment pas te voir dans cet état.

Mais je ne répondis pas je ne voulais pas, je ne pouvais pas. Je ne voulais rien faire d'autre que de rester là et attendre. Attendre quoi je n'en savais rien, mais je ne voulais rien voir du monde extérieur, je ne voulais voir personne. Il comprit que je ne romprais pas mon silence. Il se leva et partit après avoir à son tour soufflé son impuissance et son dépit.

J'eus droit également aux visites de Marcus, Jane et Rose. Mais tous repartirent encore plus impuissants et désolés qu'à leur arrivée. Ma gorge me brûlait un peu plus mais c'était encore supportable, je savais que j'allais devoir un jour où l'autre me lever et sortir ne serait-ce que pour aller chasser. Mais tant que je supportais la soif je pouvais rester allongée dans notre lit à repenser à lui, à notre vie, à son amour, au mien.

Puis à un moment donné, j'entendis un raffut dans mon couloir. Une bagarre, attira mon attention sans pour autant me sortir de mon carcan de souffrance. Je sentis la présence de Démétri, c'est lui qui était en train de se battre avec Félix. J'espérais que le garde de mon compagnon puisse avoir le dessus. Mais je ne me leurrais pas car je savais que mon traqueur, enfin que Démétri était un combattant redoutable et le meilleur de ce château.

Puis ma porte s'ouvrit et je vis qu'il s'était permis d'entrer dans mes appartements, ces mêmes appartements dont Caïus lui avait interdit l'accès. Je me redressais sur mon lit et lui grognais après menaçante. Il referma la porte derrière lui et s'avança. Il s'adossa au mur en face de mon lit avec un regard dur et plein de reproche. Et en plus il se permettait de me reprocher quelque chose. Le monde avait dû plonger dans la quatrième dimension durant mon absence.

-Sors de mes appartements tout de suite ! Lui ordonnai-je un grondement roulant dans ma poitrine.

-Non, je ne sortirais pas d'ici.

-Tu n'as aucun droit d'être ici. Caïus t'a ordonné de ne jamais venir ici.

-Et Caïus est mort, maintenant je fais ce que je veux. Me défia-t-il. Je me relevais entièrement relâchant l'oreiller de mon compagnon que je tenais contre moi.

-Sors d'ici ! Grondai-je de plus en plus mauvaise.

-Et qui va m'en sortir ? Toi peut-être ? Me railla-t-il. Regarde-toi tu tiens à peine debout, rigola-t-il.

-J'ai bien assez de force pour te faire payer ce que tu m'as fait.

-Et que t'ai-je fait. Je t'en prie Bella dis-moi.

-C'est maîtresse pour toi ! Sifflai-je.

Il rit de nouveau. Je descendis de mon lit et le contournai en m'approchant de lui dangereusement. Il me poussait à bout il allait voir que je n'étais pas n'importe qui. Il recula se dirigeant vers mon lit. Et le salaud, parce qu'il n'y a pas d'autre mot qui lui convenait plus, se permit de me lancer un sourire sarcastique et me fit l'affront extrême de s'allonger à la place de mon compagnon. Je fus estomaquée par son culot, par son audace, il s'était allongé dans mon lit et à la place de mon compagnon.

Je ne contrôlais plus rien, je lui sautais dessus bien décidée à lui faire payer l'affront qu'il était en train de faire. Il m'attrapa au vol et me plaqua sur mon lit à ma place me dominant et surtout me maintenant prisonnière. Je me rendis compte que j'aurais peut-être dû chasser car je n'avais déjà plus de force. Mais je tentais quand même de le repousser, même si je savais que je n'y arriverais pas. Il était hors de question que je le laisser me dominer. C'était moi la maîtresse et lui le simple garde qui allait très bientôt quitter ma garde en plus.

-Que t'ai-je fait Bella ? Me dit-il plus sérieusement.

-Tu es responsable, il devrait être là. Tu as été lâche ! Sifflai-je mauvaise.

-C'est ce que tu penses ?

-Bien sûr que c'est ce que je pense.

-Je n'ai pas été lâche, j'ai agi pour le mieux. Tu es ma maîtresse c'est toi que je devais protéger. Chelsea devait s'occuper de Caïus, de son maître. J'ai seulement eu plus de chance qu'elle c'est tout.

-NON ! On aurait pu les tuer ces cabots puants. Tu n'as pas voulu. Pourquoi ? POURQUOI DÉMÉTRI ? Hurlai-je relâchant toute la colère que j'avais en moi.

-J'ai fait ce que je devais et si cela était à refaire je reproduirais exactement les mêmes choses, les mêmes gestes, les mêmes actions, toutes.

-Dis-moi la vérité Démétri tu as fait ça parce que tu savais que je ne serais jamais à toi. Tu savais que je resterais fidèle à Caïus quoi qu'il arrive. Tu as vu là le moyen d'éliminer un rival.

-Je savais que tu allais penser ça. Et je te dis que tu me connais bien mal Isabella. Répondit-il d'un ton glacial. Sache que j'aurais préféré vous voir vous accoupler sous mes yeux durant l'éternité entière plutôt que de voir l'état dans lequel tu es là maintenant. Ce que je souhaite pour toi ce n'est que ton bonheur. Et bien que Caïus et moi ce n'était pas le grand amour, il te rendait heureuse et juste pour ça j'aurais tout fait pour le sauver si cela avait été possible. Et sache également que je vénérerais sa mémoire aussi longtemps que je resterais en vie pour t'avoir protégée comme il l'a fait me permettant ainsi de te mettre à l'abri.

-Lâche-moi Démétri. Je t'interdis de parler de lui !

-Et tu penses être en mesure de m'en empêcher ? Me railla-t-il de nouveau. Et une autre question. Crois-tu qu'il apprécierait également ta nouvelle fragrance parce que moi je te le dis franchement, tu pues ! D'ailleurs tu vas aller te laver.

-Tu n'apprécies pas tu sors et d'ailleurs que tu apprécies ou pas tu sors. Criai-je outrée.

-Non. Il se leva et me porta jusque dans ma salle de bains.

-Qu'est-ce que tu fais ? Demandai-je stupéfaite.

-Je t'oblige à te laver, tu m'agresses avec ta puanteur.

-Mais ça va pas, sors d'ici, Grognai-je.

Mais il m'ignora et à la place il s'avança et attrapa le col de mon tee-shirt qu'il déchira. Je me retrouvais en soutien-gorge devant lui.

-Démétri sors d'ici ! Réitérai-je plus méchamment. Félix ! appelai-je.

-Il n'est plus là maître Aro lui a ordonné d'aller se nourrir lui aussi. Je grognai de mécontentement car je sentais que c'était un complot.

Le seul qui aurait pu m'aider n'était pas là pour le faire appeler par Aro et il m'avait envoyé le seul qui me sortirait de mes gonds et on pouvait constater que ça marchait bien. Car même en le sachant je ne pouvais m'empêcher de vouloir lui arracher les yeux. Il se baissa et destina le même sort à mon jean. Je tentais de le gifler, mais il me vit arriver et m'esquiva avec habilité. Il m'attrapa dans le même mouvement et me balança sans ménagement dans la cabine de douche.

-Lave-toi où je viendrais le faire personnellement.

-Démétri tu outre-passes tes droits et fonctions. Je t'assure que ça n'en restera pas là.

-Au point où j'en suis un peu plus ou un peu moins. Maintenant tu te laves! Il était hors de question que je lui obéisse. Non mais pour qui se prenait-il ce petit garde! Je grognais et sortis de la douche. Il souffla d'agacement.

-Tu commence à m'agacer sérieusement maintenant.

-Moi ça fait un moment que tu m'agaces et je suis obligée de faire avec. Tu ferais moins le malin si mon compagnon avait été ici.

-C'est un fait mais il n'est plus là. Et tout ce que je fais jusqu'à présent c'est pour toi. Il n'y a rien que je ne ferais pas pour toi. Me dit-il alors qu'il s'avançait me faisant rentrer par le fait dans la douche. Je donnerais ma vie pour toi, je l'échangerais même contre celle de Caïus vu qu'il n'y a que lui à mériter ton respect et ton affection. Il tourna le robinet de façon à ce que l'eau nous tombe dessus. Qu'est-ce qu'il faut que je fasse Bella ? Faut-il que je te maltraite, que je te domine violemment pour mériter ton respect et ta sympathie ? Parce que ce sont les méthodes que lui a utilisées et apparemment ça a l'air de fonctionner sur toi. C'est vraiment ce que je dois faire pour m'attirer tes bonnes grâces, parce que ça je peux faire je t'assure ! Je le regardais stupéfaite son regard était dur et à la fois douloureux et résigné.

Mais résigné pour quoi ? J'espérais simplement qu'il n'essaie même pas de mettre en pratique ce qu'il était en train de me dire, parce qu'avec lui comme il le disait si bien ça ne fonctionnerait pas.

-Personne ne sera jamais à son niveau Démétri pas même toi. Crachai-je. Il se renfrogna je savais que je l'avais blessé. Mais j'avais mal et pour moi il était le responsable de ça. Et surtout pas toi, repris-je pour enfoncer le clou.

-Tu veux pouvoir accuser quelqu'un ? Il te faut un responsable pour te permettre d'aller mieux ? Fais de moi le responsable de tous tes maux si cela te fait plaisir. Au moins si tu ne m'aimes pas tu me détesteras mais quoi qu'il en soit je serais toujours dans ton esprit. Encore mieux, tu veux que j'arrête de te harceler chez toi, dans votre univers à tous les deux, reprends ta vie et tes devoirs en main. Ton deuil a assez duré ! Il n'est plus là et la seule chose que tu peux encore contrôler et réclamer c'est ta colère et la vengeance. Tu veux vouloir haïr quelqu'un, hais les loups, ceux qui ont attaqué en meute organisée pour tuer ton compagnon. Mais avant tout pour te tuer toi. Parce que dans tout ça c'est toi qui était visée. Mais si tu es trop lâche pour en vouloir aux bonnes personne ou aux bonnes créatures plutôt, tu peux me choisir. J'ai subi la haine de Caïus pendant de nombreuses années je subirais la tienne aussi facilement. Maintenant tu te laves ou je le fais moi-même et je ne me répèterais pas.

J'aurais voulu répondre quelque chose, j'aurais voulu que mon cerveau me trouve quelque chose à lui lancer, quelque chose de cinglant, quelque chose qui lui fasse mal parce que je voulais qu'il souffre comme moi je souffrais, mais il ne trouva rien. Démétri sortit de la cabine et resta dans la salle de bains. J'allais lui dire que je n'avais pas besoin de chaperon mais il me devança.

-Je ne bougerais pas d'ici alors active un peu. Je grognai mais c'était pour la forme, parce que mon cerveau avait fait un bug mental et qu'il était incapable de me fournir une réplique cinglante à lui retourner.

Je me lavais comme il me l'avait « ordonné » après m'être débarrassée de mes sous vêtements. Et je dois reconnaître que l'eau me fit du bien, j'augmentais la température. Je passais quelques longues minutes sous le jet brûlant qui avait sur moi un effet des plus étonnant. Car en plus de m'enlever la saleté et les odeurs que j'avais gardé sur moi ces derniers jours. Elle enleva aussi, enfin symboliquement parlant, mon ancien état d'esprit. Celui « du je me laisse dépérir et du je ne veux plus rien faire de ma vie. ». Elle retira cette sensation de ne servir à rien, de ne plus avoir de but de mon corps, comme une simple pellicule de crasse.

Je ne sais pas si c'est inconsciemment ou pas mais il m'a donné un bu. J'allais consacrer ma vie à exterminer ces aberrations de la nature. J'allais reprendre le flambeau de mon compagnon et j'allais à mon tour chasser les loups-garous afin de les éradiquer une bonne fois pour toute de la surface de la Terre. Et pour cela j'allais devoir m'informer et m'entraîner afin de ne rien laisser au hasard. Mais surtout il me fallait savoir pourquoi est-ce que c'est moi qu'ils voulaient ? Mais encore plus trouver la taupe dans le château. Parce que personne à l'extérieur ne pouvait savoir. Cette mission en Pologne avait été décidée sur le moment, rien n'avait été prémédité. Donc il y avait une personne qui renseignait ou qui avait renseigné ces cabots puants.

-Merde ! M'exclamai-je en me rendant compte de ce que je venais de réaliser.

-Qu'est-ce qu'il y a ? Demanda Démétri qui était toujours là.

-Depuis quand me suis-je enfermée dans mes appartements ? Lui demandai-je en sortant de ma douche.

-À deux jours près ça fait un mois.

-Un mois ! M'exclamai-je abasourdie.

-Oui un mois sans te laver et sans chasser. insista-t-il me faisant comprendre du coup pourquoi il était venu me secouer.

-C'est un fait, mais pour l'instant veux-tu sortir d'ici. Car au cas où tu ne l'aurais pas remarqué je suis nue.

-J'avais remarqué j'ai de très bons yeux et de toutes façon je t'ai déjà vu dans cette tenue.

-Ce n'est pas une raison. Profite du temps que je m'habille, pour aller me chercher Félix je dois aller chasser.

-Ça y est maîtresse Bella est de nouveau parmi nous ? Demanda-t-il tout sourire.

-Oui et sache que tu me paieras ton insubordination même si tu m'as permis d'ouvrir les yeux sur certaines choses.

-Je suis prêt à enfiler n'importe quelle jupe qu'il vous plaira maîtresse. Me retourna-t-il amusé.

-Je crois que tu n'as pas bien compris Démétri ce temps là est terminé. C'est une nouvelle ère qui va commencer. Ce qui inclut également un nouveau style de régence en tout cas me concernant. Mais nous aviserons plus tard j'aimerais m'habiller et aller chasser je dois m'entretenir avec Aro et Marcus d'un sujet important.

-J'y vais de ce pas maîtresse, reprit-il.

Je venais apparemment de regagner mon statut vu qu'il remettait les formes dû à mon titre. Il partit et je pus aller me changer. J'aurais dû être gênée de me retrouver nue devant Démétri mais bizarrement non. Je ne ressentais aucune gêne, comme si c'était naturel. À moins que ce soit mes nouvelles perceptions de la vie dut au drame que je venais de vivre. Peut-être que ces petites absurdités qui m'auraient gênées ou troublées avant n'avaient plus lieu d'être parce que j'étais passée à un état d'esprit supérieur. Je m'habillais et une fois ceci terminé je sentis la présence de Démétri et Félix à ma porte. Je sortis avant qu'il ne lui prenne de nouveau l'envie de rentrer dans mes appartements.

-Démétri je réitère l'interdiction d'accéder à mes appartement. Est-ce bien entendu ?

-Oui maîtresse. Me répondit-il d'un ton neutre.

-Bien allons chasser. On va prendre la voiture et je vais tenir ma respiration mais veillez à ce que je n'ai pas de loupé, je ne suis pas du tout sûre de mon contrôle.

-Nous veillerons. Me soutint Félix.

-Félix, le retins-je alors qu'il allait faire demi-tour. Il s'arrêta et me regarda attendant que je poursuive. Merci, de m'avoir veillée discrètement et de m'avoir gardée comme tu l'as fait au détriment de ta santé.

-Vous êtes ma maîtresse et la compagne de mon maître et même s'il n'est plus cela restera comme ça pour moi. Je hochai la tête pour acquiescer et le remercier.

Nous sortîmes et je peux dire que j'étais bien escortée entre mes deux gardes qui me collaient comme si j'étais Aro lui même. Et encore je ne sais même pas s'ils étaient aussi précautionneux avec lui.

Bref je pus chasser et je choisis des loups. Je peux vous assurer que les pauvres bêtes si elles pouvaient communiquer entre elles devaient se dire de déserter la région. Une fois repu de trois loups et de deux biches, nous rentrâmes au château. Nous allâmes directement à la salle d'audience. Lorsque je poussais la porte pour entrer le visage d'Aro, Marcus ainsi que les gardes présent s'animèrent d'un sourire ravi. Moi je ne répondis rien et avançais jusqu'au trône de mon compagnon, je fis une halte devant ce dernier et le regardais nostalgique. Puis je m'y installais caressant l'accoudoir là où il avait l'habitude de laissé traîner sa main, surtout lorsqu'il s'ennuyait.

Le vampire que je venais d'interrompre reprit son récit. En fait il venait nous faire perdre notre temps parce qu'il souhaitait se monter un clan et nous demandait l'autorisation de le faire si je comprenais bien tout ce qu'il était en train de dire.

-Tu veux te monter un clan c'est bien ça ?

-Oui ma reine, me répondit-il. Je tiltais au fait qu'il m'appelle de cette façon mais ça arrivait souvent lorsque je siégeais, il fallait seulement s'y faire.

-Quelles sont les lois qui régentent notre monde, et je parle de notre monde vampirique il en va de soit ? Crus-je bon de préciser. Il me regardait comme si j'avais perdu l'esprit.

-Conserver le secret de notre existence aux humains, et ne pas transformer les nourrissons. Répondit-il pas sûr de lui.

-Tu vois il n'y en a que deux principales et primordiales. Ce qui veut dire que tant que tu respectes ces deux règles là tu peux faire approximativement tout ce que tu veux. Mais en restant vigilant bien sûr. Donc oui tu peux monter ton clan, mais tu devras gérer et contrôler ton nouveau-né et l'instruire sur les règles à connaître et à tenir. Et si tu avais réfléchi plus de trois secondes tu n'aurais pas eu besoin de nous faire perdre notre temps.

-Isabella. Me reprit Aro. Nous sommes là pour ça.

-Elle a raison mon roi. Je m'excuse et je tacherais de me débrouiller seul à l'avenir, du moins tant que je le peux.

-Bien, lâchai-je satisfaite qu'il ait compris.

-Si la situation t'échappe Julien reviens nous trouver. Et n'en tiens pas rigueur à ta reine. Comme tu es supposé le savoir elle est perturbée ces derniers temps.

-Je comprends et je ne lui en veux pas au contraire, comme je vous l'ai dit c'est elle qui a raison. J'aurais dû réfléchir par moi-même avant de venir vous importuner avec ce genre de petit problème. Aro hocha la tête tout comme moi et il partit.

-Isabella je suis heureux que tu sois sortie de ta tour. Mais tu ne peux pas te permettre de parler comme ça à nos sujets.

-Sans vous paraître offensante Aro vous en faites des assistés. Ils doivent apprendre à penser par eux-même et pour ce genre de sujet je ne pense pas que cela soit bien dramatique.

-Non mais si tu lui fais peur il n'osera pas revenir nous voir s'il a un problème plus sérieux qui requerrait notre intervention.

-Je ferais des efforts. Consentis-je constatant qu'il n'avait pas forcément tort.

-Bien maintenant que tu es parmi nous nous allons pouvoir discuter de ton avenir.

-Avant toute chose j'aimerais savoir si vous avez trouvé la taupe que nous avions au château ?

-Une taupe ? Répéta Marcus incrédule.

-Les loups en avaient après moi. Vous l'avez vu Aro ?

-Oui effectivement c'est toi qu'ils voulaient et pas spécialement morte vu qu'il ne t'ont pas fait de mal. Enfin peu.

-Personne ne savait que j'étais en mission. Cela s'est fait au dernier moment. Les loups savaient où me trouver vu le nombre qu'ils étaient.

-Effectivement, conclut Aro le visage crispé. Ça se tient comme hypothèse il va falloir que nous fassions attention à tout ce que nous allons dire et surveiller les gardes.

-Ce qui fait que nous sommes plus en danger que ce que nous pensions dès le départ. Et que nous devons rasseoir notre position au yeux de notre monde rapidement. Renchérit Marcus.

-Comment ça ? Demandai-je intriguée.

-Le temps que tu étais en retraite pour ton deuil. La nouvelle de la perte de ton compagnon et donc d'un des souverains a fait rapidement le tour du monde. Et en ce moment même c'est la débandade, il y a beaucoup de fautes commises et nous avons du mal à maintenir l'ordre. Car ils pensent en majorité que nous sommes plus faible avec l'un des nôtres manquant. ils n'ont pas forcement tort dans le sens où c'est Caïus qui assurait ce côté crainte et représailles.

-Je vois dans ce cas je me charge de cela personnellement. Vous allez m'informer de ce que j'ai manqué, où se trouvent les groupes qui sévissent le plus et je vais reprendre le flambeau de mon compagnon.

-Isabella je suis heureux de voir que tu prends à cœur ton nouveau rôle de régente. Mais c'est après toi que les loups en ont, nous ne pouvons te laisser courir le monde en sachant que cette espèce te cherche toi précisément. S'ils te trouvent et te détruisent à ton tour nous perdrons définitivement le contrôle de notre gouvernement.

-Je vois, mais les loups ne sont dangereux pour moi que lors des périodes de pleine lune. Donc si je pars à la chasse au vampires perturbateurs hors de cette période je ne risque rien.

-Elle n'a pas tort et cela permettrait de reprendre notre ascendance. Ils prendront les assauts de Bella pour une sorte de vengeance contre ceux qui ont... enfin tu vois. Et cela permettrait dans un premier temps de calmer les moins téméraires, argumenta Marcus.

-Vous avez raison, je suis d'accord avec ça. Mais je ne suis pas sûr que ce soit la bonne solution à adopter pour l'instant.

-La situation est délicate Aro, nos gardes sont pratiquement tous à l'extérieur de Volterra pour justement rétablir un peu d'ordre, renchérit Marcus. Si nous nous faisons attaquer là maintenant nous perdons tout.

-Je sais, reprit Aro la tête dans ses mains.

C'était la première fois que je voyais le régent en chef aussi soucieux, le visage fermé sans plus aucune trace de sérénité. Mis à part le jour de l'annonce de la disparition de son frère bien évidemment et cela était assez perturbant.

-Bien je consens à te laisser partir, mais tu attendras que la pleine lune soit passée. Tu prendras avec toi Alec en plus de tes gardes.

-Je pense plutôt prendre Jane et Félixi. Car Volterra n'est pas à l'abri d'une attaque à ce que je comprends. Et je pense qu'il vaut mieux qu'Alec reste ici pour sécuriser notre place forte.

-Avis raisonné encore une fois, me soutint Marcus.

-Démétri, Félix, Jane et Rosalie, je veux que tu aies un maître d'armes avec toi en plus de toute ta garde personnelle.

-Je suis d'accord avec ça. Je pense partir dès que la lune aura terminé son cycle. Je partirais en suivant son cycle pour ne jamais tomber dans un endroit où elle sera pleine.

-C'est plus raisonnable en effet. Je veux également que tu nous soumettes un rapport tous les jours, déclara Aro.

-Oui pas de problème avec ça. Maintenant si nous étudions les endroits pas lesquels je dois commencer. Et surtout rappeler ma garde pour que je puisse voir avec eux les futurs itinéraires.

Aro acquiesça et c'est ainsi que nous passâmes la semaine suivantes à établir un plan d'épuration pour rasseoir notre autorité. Et je savais que pour cela il allait falloir que je prenne le rôle de mon compagnon. De toute façon j'avais tellement de colère en moi que cet assainissement de notre monde tombait à pic. J'avais besoin d'extérioriser ma colère et ils allaient être mon exutoire.

La colère

Chapitre 21 : La colère

Pov Démétri

Je n'arrêtais pas de me repasser cette scène toujours la même, celle de Bella allongée sur le sol, celle de Caïus la protégeant de son corps. Celle où tous ces loups plus nombreux que je n'en ai jamais vu sur lui en train de le déchiqueter alors qu'il retenait Bella. Merde j'avais été pourtant rapide mais pas assez. J'étais trop loin et tout ça parce que je savais qu'ils allaient se donner l'un à l'autre, alors je m'étais éloigné encore plus pour être sûr de ne rien entendre, de ne rien sentir. Et à cause de ça il était mort et elle ne cessait de le pleurer. Je me demandais si cela allait cesser un jour.

J'avais été moi aussi anéanti lorsque Athenodora était morte, mais je m'étais relevé bien avant elle. Bella se laissait dépérir, elle ne se nourrissait plus, elle ne se lavait plus non plus en fait d'après ce que je pouvais saisir elle ne bougeait même plus. Elle s'était apparemment allongée sur leur lit et ne l'avait plus quitté, ni même changé sa position. Nous savions qu'elle n'était pas totalement morte parce que de temps à autre j'entendais un ravivement de sanglots et de gémissements me parvenir. Je ne relâchais jamais la surveillance de ses appartements, même si Aro m'avait déconseillé de m'en approcher. Bella m'en voulait, elle m'en voulait de l'avoir sauvée, de l'avoir retirée à cette mort que lui réservaient les loups. De l'avoir obligée à quitter son compagnon afin de la sauver.

Mais elle avait beau m'en vouloir et même si je ne l'avais pas promis à Caïus je recommencerais sans même hésiter un seul instant. Elle ne pouvait pas mourir mais surtout je ne pouvais pas la laisser mourir. Elle était mon univers, ma reine, ma vie. Je comprends qu'elle aurait souhaité qu'il soit encore là et je dois bien avouer que je le souhaitais également. Car malgré tout il savait la rendre heureuse. Et bien que cela me coûte de me l'avouer elle était heureuse avec lui, plus heureuse qu'elle ne le serait jamais avec moi.

Je n'étais qu'un garde et même si je sais ou du moins je pressens que Bella n'accordait pas tant d'importance que cela au statut social. Je savais que je ne pourrais jamais la rendre aussi heureuse qu'elle l'avait été avec lui. Cette lueur dans ses yeux lorsque je lui annonçais qu'il arrivait la rejoindre. Cette même lueur qui me détruisait à chaque fois mais qui était devenue pour moi une drogue, car je voyais là son bonheur et il n'y a rien que je n'aurais pas fait pour la voir heureuse.

De nouveau des spasmes me parvinrent annonçant une nouvelle crise de sanglots. Cela n'en finissait plus et désespérait nos rois. Même Marcus ne comprenait pas, elle n'aurait jamais dû être dans cet état. Aro tenta de lui expliquer qu'en plus de l'amour qu'elle ressentait pour lui, il y avait aussi le fait qu'elle culpabilise, elle se tient pour responsable de la mort de son compagnon. Tout ça parce que je l'ai obligée à le quitter parce que je ne lui ai pas donné le choix.

Tous sont allés pour essayer de la secouer, enfin au départ ils voulaient la secouer mais une fois devant elle, ils s'étaient tous effondrés. Sa douleur était contagieuse, et elle les contaminait, ils essayaient de tirer d'elle un son ou un regard mais sans succès. La seule qui réussit à avoir une petite réaction ce fut Sulpicia et parce que d'après ce que j'ai compris, elle avait failli s'asseoir sur le lit à la place de Caïus.

Puis Aro me fit appeler en désespoir de cause semblait-il.

J'arrivais dans ses appartements, et bien entendu il y avait Marcus et Sulpicia. Aro m'invita à m'asseoir ce qui laissait entrevoir que nous aurions une longue conversation ou au moins intense. Je tournais la tête vers le siège qu'occupait Caïus et à temps partiel Bella.

-Bien Démétri je crois que nous ne pouvons repousser cette conversation encore plus longtemps. Nous avons besoin de toi et c'est un besoin vital.

-Je ferais tout ce que vous ordonnerez maîtres vous le savez.

-Je le sais Démétri, mais ce que nous allons t'annoncer aujourd'hui va bouleverser ta vie, bien que tu aurais dû t'en douter depuis un moment. Mais nous allons confirmer ça.

Je le regardais attentif et avec réserve. Car il tournait autour du pot ce qui était courant avec lui mais pas de cette manière. On dirait qu'il attendait vraiment que quelque chose se produise pour revenir sur cette annonce ou cet aveux. Mais comme cette chose ne venait pas il se lança.

-Comme tu le sais nous subissons en ce moment une pression peu commune et surtout peu habituelle depuis quelques semaines. La mort de Caïus, celui qui était synonyme de sanction et de crainte dans notre trio de régence fait que nous ne sommes plus pris au sérieux. De ce fait certains gangs commencent à se former et à sévir pour s'accaparer quelques territoires comme cela se passe en Amérique du sud depuis quelques années. Je hochai la tête. Effectivement j'en avais eu vent dans le sens ou le château était pratiquement déserté, les gardes partant tous en mission.

-Nous devons reprendre de contrôle de notre régence et asseoir notre pouvoir, mais nous devons être trois pour cela. Et le troisième régent sera Isabella. Parce que selon la loi que nous avions instauré à l'époque ne pensant jamais avoir à nous en servir. Elle indique que seul un vampire transformé par un régent peut prétendre à ce titre, avec l'accord de celui ou ceux en place, m'informa Aro.

-Et nous savons tous que Bella enfin lorsqu'elle se reprendra est tout à fait apte à ce poste. Nous avons confiance en elle et en ses capacités de régences. Elle a su nous prouver qu'elle était digne d'être une reine, déclara Marcus. Je hochai la tête toujours acquiesçant cela.

-Mais pour l'heure Bella semble incapable de se remettre de la disparition de Caïus. Et bien qu'en plus de la situation délicate que nous traversons en ce moment, j'ai beaucoup de peine et de mal à la voir dépérir de cette façon, reprit Aro.

-Il était son compagnon, je pense que c'est un comportement normal enfin je suppose, avançai-je.

Car oui si j'avais acquis une certitude ces dernières semaines c'est qu'ils étaient bel et bien compagnons et j'avais même remis en cause le lien que mon ancien maître décédé avait avec ma créatrice.

-C'est là que mes déclarations vont te perturber Démétri. J'ai saisi lors de nos dernier échanges enfin lorsque je t'ai touché que tu t'étais convaincu que Bella était la compagne de Caïus et c'est vrai que son comportement pourrait le laisser supposer. Hors ce n'est pas le cas. Bella a un autre compagnon et quand je dis un autre, je dis un vrai compagnon. Et ce compagnon c'est toi. Je le regardais dubitatif. Je ne savais pas dire quels sentiments me parcouraient, ou même si j'en ressentais. Parce que cette annonce m'avait fait l'effet d'une douche froide.

-Je ne sais pas, je ne pense pas maître. Je ne veux pas vous contredire et je vous assure que j'aimerais sincèrement que cette annonce soit vraie. Mais elle ne le pleurerait pas comme ça ?

-Bella est comme tu le sais quelqu'un d'entier. Elle s'est donnée à Caïus et elle s'est donnée corps et âme ou du moins en partie. En plus il faut prendre en compte le fait qu'il était son créateur et qu'ils avaient une relation poussée. Tu te rappelles du sentiment de perte que tu as éprouvé lorsque tu as perdu ta créatrice. Il aurait été décuplé si vous aviez été aussi proche que l'ont été Bella et Caïus.

-Je reste sceptique. Comme je vous l'ai dit j'aimerais y croire, vraiment. Mais je ne peux pas me laisser submerger par un espoir qu'un jour elle puisse être mienne. Vous connaissez mes sentiments pour ma reine.

-Je les connais, je les ai vu aussi bien chez toi que chez elle. Vous vous êtes reconnus ce jour là à l'aéroport et pardonne-moi pour ce que je vais te dire. Mais si tu ne t'étais pas enfermé dans cette rancœur que tu nourris pour Cullen, elle serait tienne aujourd'hui. Elle t'avait choisi mais quand elle a vu que tu la rejetais elle s'est tournée vers le seul qui lui apportait de l'attention.

-Caïus... soufflai-je dépité en prenant conscience de la bêtise dont j'avais fait preuve.

-Oui Caïus, reprit Aro plein de compassions. Nous avons vu avec Marcus votre lien, il était là et présent alors qu'elle n'était qu'humaine. Nous avons su tout de suite qui elle était pour toi. Mais quand Caïus est intervenu pour la sauver des nouveaux-nés il était déjà trop tard pour rectifier ton erreur. Il a deviné que tu t'étais attaché à Isabella plus que tu ne le devais et que tu ne le montrais. C'est la raison pour laquelle il l'a déclarée officiellement en tant que compagne. Car du coup il te tenait toi à distance et en plus il prenait sa revanche sur Edward car il pensait comme nous tous au départ et à cause des informations que nous tenions, qu'elle était sa véritable compagne. Nous avons prié le ciel que tu sois patient et j'ai eu plusieurs grosses frayeurs lors de vos rapprochement significatif et surtout le dernier. Mais heureusement que vous êtes aussi honnêtes l'un que l'autre car il y aurait eu une guerre civil entre nos murs et nous aurions été dans une situations délicate.

-Elle est mienne ? Je veux dire elle est vraiment ma compagne ?

-Elle l'est et si vraiment tu doutes du pouvoir de mon frère, sache que le Major a lui aussi détecté cela. Et lorsqu'il vous a soumis sa position concernant sa cousine. Il pensait que c'était le fait de garder pour vous votre lien afin te protéger de Caïus. Dire que j'étais surpris ne correspondait vraiment pas à mon état d'esprit.

J'étais estomaqué, sans réaction, médusé un peu tout à la fois. Mais la seule information qui arrivait à parvenir dans mon esprit était que Bella était mienne, elle était ma compagne. MA compagne à moi et à personne d'autre. Bon pour le moment ce n'était pas ce que je pouvais qualifier de bonne nouvelle dans le sens où elle ne l'accepterait jamais. Car je suis certain qu'elle me reprochera de ne pas avoir sauvé Caïus parce que je l'aimais elle. Je sais pas d'où me venait cette intuition mais j'en avais l'intime conviction. Aro me sortit de ma rêverie.

-Tu dois nous la ramener Démétri. nous avons vraiment besoin qu'elle prenne conscience qu'elle a un devoir. Nous allons perdre notre gouvernement si nous ne l'intronisons pas rapidement pour montrer à nos sujets que nous sommes toujours trois et que nous comptons conserver notre pouvoir.

-Comment ? Elle refuse de réagir avec vous ! Comment voulez-vous que moi j'y arrive surtout qu'elle me tient pour responsable de ce qui est arrivé à Caïus. Elle a refusé que je l'approche durant le voyage, elle ne supporte que Félix.

-Je ne sais pas mais nous te faisons confiance Démétri. Toi seul as ce pouvoir maintenant.

-J'ai bien une idée mais pour cela il va falloir que j'enfreigne certains ordres qui m'ont été donnés et également que je fasse preuve d'insubordination.

-Nous te couvrirons. Me soutint Marcus.

-Dans ce cas je m'y attelle de suite.

-Nous serons en audience nous avons fait une coupure pour te parler.

-J'espère vous y retrouver avec elle. Puis je me levais pour partir.

La suite avait été un peu houleux. Félix m'avait barré l'entrée des appartements de Bella. Depuis que Caïus était mort il avait pris très à cœur la protection de Bella. Il culpabilisait de ne pas avoir été là pour secourir son maître. Car on ne pouvait pas nier que les gardes de Caïus lui étaient extrêmement fidèle. Chelsea n'avait pas hésité une seconde à sauter sur les loups pour débarrasser son maître de ces parasites. Et elle avait périt bien avant lui. J'avais dû me battre contre Félix et une fois à terre il consentit à me laisser passer, sachant que je ne ferais aucun mal à Bella. J'étais son garde attitré il avait seulement fallu que je le lui rappelle.

Je pénétrais dans ses appartements et ce que je vis me fit froid dans le dos. Elle portait toujours les même vêtements son odeur laissait sérieusement à désirer mais ses yeux étaient plus noir que jamais, elle avait même des rides c'était effrayant, je ne pensais pas voir un jour un vampire dans cet état. Nous avions le teint pâle de par notre nature mais le sien était gris avec de grosses cernes presque aussi noir que ses yeux. Elle leva ses yeux effrayants sur moi et grogna. Mais son grognement était faible, presque plaintif on aurait pu le comparer aux tentatives de rugissement des lionceaux. Elle était dans un état lamentable, il était grand temps de faire quelque chose effectivement.

-Sors de mes appartements tout de suite! M'ordonna-t-elle laissant rouler un grondement dans sa poitrine, enfin un ronronnement plutôt.

-Non, je ne sortirais pas d'ici. Déclarai-je fermement.

-Tu n'as aucun droit d'être ici. Caïus t'a ordonné de ne jamais venir ici.

-Et Caïus est mort, maintenant je fais ce que je veux.

Il fallait que je la fasse sortir de ses gonds, il fallait qu'elle se ressaisisse, elle ne pouvait pas se laisser dépérir de cette façon. Et cela marcha, j'avais un semblant de réaction elle s'était redressée.

-Sors d'ici ! Gronda-t-elle avec plus de conviction.

-Et qui va m'en sortir ? Toi peut-être ! Regarde-toi tu tiens à peine debout. Lançai-je en me moquant ouvertement d'elle.

-J'ai bien assez de force pour te faire payer ce que tu m'as fait.

-Et que t'ai-je fait. Je t'en prie Bella dis-moi. Oui je la poussais et ça marchait elle avait besoin d'un catalyseur et j'allais être cet élément qu'il lui fallait.

C'était mon rôle et maintenant que je savais qu'elle était ma compagne, qu'elle l'était réellement que ce n'était pas juste un fantasme, j'allais m'évertuer à la sortir de là.

-C'est maîtresse pour toi ! Tenta-t-elle. Je ris de nouveau pour l'énerver encore plus.

Elle descendit lentement de son lit et s'approcha de moi essayant de me faire peur. J'allais la pousser dans ses retranchements. Elle me vit amorcer le pas en direction de son lit, et je me permis de lui sourire sarcastiquement lorsque je m'allongeais sur son lit à la place de Caïus. Elle perdit le contrôle de ses émotions, elle se jeta sur moi avec un grognement rageur je savais que j'allais un peu loin. Mais je ne pouvais pas partir là maintenant alors qu'elle n'avait jamais autant parlé, jamais autant réagi depuis qu'il n'était plus. Je l'attrapais au vol la tournai de façon à ce qu'elle soit allongée à sa place. Je me plaçai sur elle pour lui montrer que je n'allais pas la laisser comme ça. Elle avait à peine plus de force qu'un humain et je vis qu'elle se fatiguait rapidement.

-Que t'ai-je fait Bella ? Lui demandai-je de nouveau.

Je voulais qu'elle sorte sa rancœur, qu'elle l'exprime mais surtout je voulais lui faire comprendre que rien ne me ferait changer mes actes. Elle devait rester en vie parce que c'était comme ça, parce que je l'aimais.

-Tu es responsable, il devrait être là. Tu as été lâche. Siffla-t-elle.

-C'est ce que tu penses ?

-Bien sûr que c'est ce que je pense.

-Je n'ai pas été lâche j'ai agi pour le mieux. Tu es ma maîtresse c'est toi que je devais protéger. Chelsea devait s'occuper de Caïus, de son maître. J'ai seulement eu plus de chance qu'elle c'est tout. Il fallait qu'elle comprenne.

-NON ! On aurait pu les tuer ces cabots puants. Tu n'as pas voulu. Pourquoi ? POURQUOI DÉMÉTRI ? Hurla-t-elle.

En cet instant je n'avais qu'une envie c'était de l'enlacer dans mes bras, la protéger de tout lui prendre sa douleur et voire même aller en Enfers le chercher pour lui rendre son sourire et la rendre de nouveau heureuse.

-J'ai fait ce que je devais et si cela était à refaire je reproduirais exactement la même chose, les mêmes actions, les mêmes gestes, toutes

-Dis-moi la vérité Démétri tu as fait ça parce que tu savais que je ne serais jamais à toi. Tu savais que je resterais fidèle à Caïus quoi qu'il arrive. Tu as vu là le moyen d'éliminer un rival.

-Je savais que tu allais penser ça. Et je te dis que tu me connais bien mal Isabella. Répondis-je sur un ton un peu trop dur, en tout cas plus que ce que je ne l'avais pensé.

Mais oui elle me blessait en pensant ça. J'ai toujours tout subi en silence, ne faisant passer que son bonheur en priorité.

-Sache que j'aurais préféré vous voir vous accoupler sous mes yeux durant l'éternité entière plutôt que de voir l'état dans lequel tu es là maintenant. Ce que je souhaite pour toi ce n'est que ton bonheur. Et bien que Caïus et moi ce n'était pas le grands amour, il te rendait heureuse et juste pour ça j'aurais tout fait pour le sauver si cela avait été possible. Et sache également que je vénérerais sa mémoire aussi longtemps que je resterais en vie pour t'avoir protégée comme il l'a fait me permettant de te mettre à l'abri.

-Lâche-moi Démétri et sors de cette chambre. Et je t'interdis de parler de lui !

-Et tu penses être en mesure de m'en empêcher ? Et une autre question tu crois qu'il apprécierait également ta nouvelle fragrance ? Parce que moi je te le dis franchement, tu pues ! D'ailleurs tu vas aller te laver.

-Tu n'apprécies pas tu sors, et d'ailleurs que tu apprécies ou pas tu sors ! Cria-t-elle.

-Non ! répondis-je simplement, je me levais je la pris dans mes bras et la portai dans la salle de bains.

-Qu'est-ce que tu fais ? Demanda-t-elle apeurée.

Comme si j'allais profiter d'elle dans un moment pareil. Le manque de sang dans son organisme faisait cruellement défaut à son intellect.

-Je t'oblige à te laver tu m'agresses avec ta puanteur !

-Mais ça va pas sors d'ici ! Je crois qu'elle en avait fait sa phrase du jour, en tout cas c'est toujours plus que ce qu'elle avait dit en un mois.

Je l'ignorais royalement je m'approchais d'elle et lui déchirai la loque qui lui servait de haut. Elle était devant moi à moitié habillée, mais contrairement à toute les fois où je l'avais imaginé dans pareille tenue face à moi, je n'avais pas d'idées mal tournées. Non je voulais juste prendre soins d'elle. D'ailleurs j'étais même persuadé que même si elle avait été nue là tout de suite je n'aurais pas envie d'elle. Pas qu'elle me rebute quoi que je la préfère largement lorsqu'elle revient de la chasse. Mais je voulais juste prendre soin d'elle, qu'elle aille mieux, retrouver celle que j'aimais.

-Démétri sors d'ici ! ordonna-t-elle de nouveau. Félix ! cria-t-elle. Comme s'il pouvait me sortir d'ici si j'avais décidé le contraire.

-Il n'est plus là maître Aro lui a ordonné d'aller se nourrir lui aussi. Et ce n'était pas un mensonge, j'avais sentis et entendu Aro s'approcher de la tour alors que j'étais au début de notre joute verbale.

Il m'avait félicité de l'avoir secoué et il avait dit à Félix d'aller chasser à l'extérieur car il ne quittait que trop rarement la porte des appartements de Bella et il ne voulait pas qu'il vienne à interférer dans les progrès que je faisais. Je me baissais et lui arrachai son jean également en faisant attention de ne pas toucher à son sous-vêtement pour lui préserver un minimum de pudeur. Puis je la poussai dans la cabine de douche qu'elle comprenne bien le message.

-Sors d'ici Démétri tu outre-passes tes droits et je t'assure que ça n'en restera pas là! Ça y est elle commençait à réfléchir et à reprendre inconsciemment sa place. J'étais sur la bonne voie.

-Au point où j'en suis un peu plus ou un peu moins. Maintenant tu te laves! Ordonnai-je plus autoritairement. Mais elle me défia et sortit de la douche.

-Tu commences à m'agacer sérieusement maintenant. Rétorquai-je sur un ton sec.

-Moi ça fait un moment que tu m'agaces et je suis obligée de faire avec. Sors d'ici maintenant ! Tu ferais moins le fier si mon compagnon avait été ici. Tenta-t-elle en dernier recours faisant référence à Caïus. Sauf que son compagnon était bel et bien là et c'était moi, mais pour le moment elle ne voulait pas le voir.

-C'est un fait mais il n'est plus là. Répondis-je tout de même car je ne voulais pas la perdre si je lui parlais de ça maintenant elle se fermerait et adieu mes progrès.

Mais il fallait qu'elle sache quand même, même si ce n'était qu'à demi mot il fallait qu'elle l'entende, j'en avais besoin. J'avançais la faisant ainsi reculer et elle se retrouva de nouveau dans la cabine de douche.

-Et tout ce que je fais jusqu'à présent c'est pour toi. Il n'y a rien que je ne ferais pas pour toi. Je donnerais ma vie pour toi, je l'échangerais même contre celle de Caïus vu qu'il n'y a que lui à mériter ton respect et ton affection. J'ouvris l'eau et elle nous tomba dessus, je ne bougeais pas bien que j'étais encore habillé et que mon téléphone était dans ma poche. Qu'est-ce qu'il faut que je fasse Bella ? Faut-il que je te maltraite, que je te domine violemment pour mériter ton respect et ta sympathie ? Parce que ce sont les méthodes que lui a utilisées et apparemment ça a l'air de fonctionner sur toi. C'est vraiment ce que je dois faire pour m'attirer tes bonnes grâces, parce que ça je peux faire je t'assure. Comprends Bella s'il te plaît comprends priais-je dans mon esprit.

Mais elle ne comprit pas elle était trop enfermée et ancrée dans sa douleur pour le faire, car ce qu'elle me répondit me lacéra le cœur.

-Personne ne sera jamais à son niveau Démétri pas même toi, puis comme si ses lacérations ne suffisaient pas elle fit couler de l'acide sur mes plaies. Et surtout pas toi. Elle voulait me faire mal je le savais, je le voyais.

Elle voulait un responsable à sa souffrance pour pouvoir s'en départir. Bien qu'à cela ne tienne.

-Tu veux pouvoir accuser quelqu'un ? Il te faut un responsable pour te permettre d'aller mieux. Fais de moi le responsable de tous tes maux si cela te fait plaisir. Au moins si tu ne m'aimes pas tu me détesteras mais quoi qu'il en soit je serais toujours dans ton esprit. Encore mieux, tu veux que j'arrête de te harceler chez toi, dans votre univers à tous les deux ? Sors d'ici, reprends ta vie et tes devoirs en main. Ton deuil a assez duré. Il n'est plus là et la seule chose que tu peux encore contrôler et réclamer c'est la colère et ta vengeance. Tu veux vouloir haïr quelqu'un ? Hais les loups, ceux qui ont attaqué en meute organisée pour tuer ton compagnon, mais avant tout pour te tuer toi. Parce que dans tout ça c'est toi qui était visée. Mais si tu es trop lâche pour en vouloir aux bonnes personnes ou aux bonnes créatures plutôt, tu peux me choisir. J'ai subi la haine de Caïus pendant de nombreuses années je subirais la tienne aussi facilement. Maintenant tu te laves ou je le fais moi-même et je ne me répèterais pas ! Je la laissais pantoise devant moi, la mâchoire légèrement tombante.

Je venais de la remettre à sa place comme il fallait, et je le savais tout comme elle d'ailleurs car elle n'avait rien trouvé à répliquer. Elle savait parfaitement que j'avais raison.

-Je ne bougerais pas d'ici alors active un peu ! Je savais qu'elle allait bougonner parce que je n'étais pas sorti de la salle de bains.

Et je dois dire que maintenant que j'avais la certitude qu'elle était ma compagne, je comprenais mieux certaines choses. Comme le fait de savoir ce qu'elle ressent ou encore la devancer dans certains de ses gestes, ce qu'elle fait elle aussi. Au départ j'avais mis ça sur le compte de notre proximité et de notre complicité, mais il s'avère que même ça était dû au fait de notre lien d'âme.

-Merde ! S'exclama-t-elle au bout d'un certain temps.

-Qu'est-ce qu'il y a ? L'interrogeai-je surpris.

-Depuis quand me suis-je enfermée dans mes appartements ? Demanda-t-elle en sortant de la douche.

-À deux jours près ça fera un mois.

-Un mois ! Reprit-elle stupéfaite. Apparemment elle avait perdu la notion du temps.

-Oui un mois sans te laver et sans chasser. Commentai-je pour bien lui faire comprendre que ma réaction excessive était dû au fait qu'elle se laissait dépérir sans même s'en apercevoir.

-C'est un fait, mais pour l'instant veux-tu sortir d'ici au cas où tu ne l'aurais pas remarqué je suis nue.

-J'avais remarqué j'ai de très bons yeux et de toutes façon je t'ai déjà vu dans cette tenue, Lançai-je, mais plus dans une taquinerie gentille que dans cette comédie pour la pousser à bout.

-Ce n'est pas une raison. Profites-en pour aller me chercher Félix le temps que je m'habille, je dois aller chasser.

-Ça y est maîtresse Bella est de nouveau parmi nous ? Demandai-je espérant qu'elle était bel et bien de retour, cette douche lui avait un bien fou.

Elle paraissait déterminée, à moins que ce soit ce que je lui avais dit. Mais quoi qu'il en soit malgré son regard noir dû à sa soif, elle était déterminée à quoi je ne savais pas mais elle n'allait apparemment pas rejouer son apathique.

-Oui et sache que tu me paieras ton insubordination même si tu m'as permis d'ouvrir les yeux sur certaines choses.

-Je suis prêt à enfiler n'importe quelle jupe qu'il vous plaira maîtresse. Répondis-je véritablement heureux d'avoir réussi là où tout le monde avait échoué.

-Je crois que tu n'as pas bien compris Démétri ce temps là est terminé. C'est une nouvelle ère qui va commencer. Ce qui inclut également un nouveau style de régence en tout cas me concernant. Mais nous aviserons plus tard j'aimerais m'habiller et aller chasser je dois m'entretenir avec Aro et Marcus d'un sujet important. Elle avait l'air extrêmement sérieuse, ce qui me perturbait un peu.

-J'y vais de ce pas maîtresse. Lui répondis-je me demandant également ce qu'elle pouvait bien avoir à dire aux maîtres, qu'Aro ne sache pas déjà, dans le sens où elle n'avait pas quitté sa chambre depuis un mois. Je partis à la recherche de Félix ne pouvant l'appeler dans le sens ou mon téléphone n'avait pas apprécié sa petite douche.

Présentement je sortais de l'une de nos réunions, et j'allais dans ma chambre préparer des affaires, car nous prendrons la route dès le lendemain. J'étais perplexe elle n'était plus la même qu'avant ce drame, son caractère changeait et pas dans le bon sens. Elle était en train de perdre son humanité, tout le monde, en tout cas tous les gardes se posaient la question de savoir si ces changements étaient définitifs. Elle était habitée par la soif de vengeance. Même lors des entraînement avec nous elle était dure, sèche, directive et autoritaire, mais surtout intransigeante et ne faisait plus dans la demi-mesure. Il nous fallait vraiment faire attention car elle laissait son démon se libérer et si elle arrivait à nous mettre la main dessus elle n'hésitait pas à arracher un membre ou à mordre.

J'étais sérieusement inquiet j'espérais que c'était une sorte de préparation, d'anticipation à ce qu'elle s'apprêtait à faire à l'image qu'elle devrait montrer à ses sujets, au rôle qu'elle devrait assumer maintenant que Caïus n'était plus. Elle était devenue son double féminin. Je ne craignais pas qu'elle soit prise au sérieux dans ce rôle, non je craignais qu'elle devienne cette femme, je craignais que Bella soit morte avec lui et que seule restait la reine Isabella Volturi.

Nous étions dans le jet qui nous menait en Roumanie pour démanteler l'un des clan qui faisait le plus de ravage dans cette partie de l'Europe. J'avais essayé de reprendre nos habitudes et hormis ma place à ses côtés, elle refusait toute proximité, et il en était de même pour mon iPod. J'étais perdu je ne savais pas comment l'aborder elle était si différente, si inaccessible malgré sa proximité, si distante que cela m'en faisait mal. Elle était à mes côtés mais c'est comme elle n'était plus là et cette absence me manquait elle me manquait.

Nous arrivâmes à Bucarest rapidement nous sortîmes du jet il faisait nuit noire. Ce qui nous permettait de pouvoir nous déplacer plus rapidement. Bella avait misé sur la surprise pour cette mission raison pour laquelle elle avait choisi ce clan principalement. Car d'après le peu d'informations que l'on avait, ils étaient huit vampires adultes et pour ce que l'on savait ils n'avaient pas de pouvoir particulier. Je les repérais assez facilement, ils n'avaient plus peur des représailles donc ils ne prenaient plus de précautions, ils ne se cachaient plus non plus. Ils étaient en groupe dans une grande maison qu'ils avaient apparemment investit depuis peu, car je pouvais encore sentir les odeurs de sang des anciens occupants qui imprégnaient la terre. Nous arrivâmes et les vampires sortirent de la maison assez excités, je commençais à me saisir d'appréhension. Je n'étais pas le seul nous nous étions d'ailleurs inconsciemment avec Félix rapprochés de Bella en mesure préventive. Un vampire mâle d'une trentaine d'année lors de sa transformation s'avança plus en avant que les autres.

-Et bien qu'avons nous là ? Des gardes de l'ex famille royale.

-Il me semble que nous sommes toujours en place. Personne ne nous a encore destitué, rétorqua Bella. À qui aie-je l'honneur ?

-Je m'appelle Grégory. Répondit ce dernier vindicatif comme si tout le monde devait le connaître.

-Bien Grégory, Moi je suis Isabella Volturi, et je suis ta future reine.

-Non il n'y a plus de royauté ma belle. Tu n'as pas plus de titre que moi.

-Jane ! Dicta Bella avec un sourire mauvais sur le visage.

Le fameux Grégory se tordit de douleur au sol criant de douleur comme une jeune fille.

Bella reprit alors que Jane continuait et que les autres grognaient de colère. J'avais peur qu'ils se lancent mais apparemment même s'ils disaient ne plus craindre la famille ils n'en restaient pas moins impressionnés et le pouvoir de Jane était assez dissuasif pour les tenir à distance.

-Bien donc je vais recommencer et ce sera la dernière fois. Je suis Isabella Volturi et je suis ta future reine. Me jures-tu allégeance ? Jane cesse quelques secondes qu'il puisse me répondre. Il arrêta ses cris. Bella était accroupie à proximité de lui ce qui ne me plaisait pas. Je fis quelque pas pour au cas ou la protéger.

-Vous allez tous brûler dans les flammes de l'Enfer. Répondit-il en fixant Bella dans les yeux.

-Certes ça arrivera un jour je n'en doute pas. Mais ce sera après toi. Et d'un geste vif elle le décapita.

Une des femelles qui était pas loin lui sauta dessus. Jane la maîtrisa avec son pouvoir et les autres se lancèrent également. Un combat s'engagea, je couvrais Bella qui du coup étêta la femelle qui avait essayé de lui sauter dessus alors que je me récoltais le gros colosse. Avec Félix dans les parages il fallait que le plus costaud me tombe dessus. Mais bon comme pour la plupart du temps ils privilégiaient leur force physique. Ma force à moi était justement ma rapidité. Donc j'arrivais assez aisément à avoir le dessus sur lui. Après avoir esquiver ses mains à de nombreuses reprise je pus le démembrer.

Tout le monde mit beaucoup de cœur à l'ouvrage et Bella plus que les autres. Son démon était redoutable, elle lui laissait le champs libre lors des combats et elle était époustouflante mais pas forcément dans le bon sens du terme. C'était en fait assez choquant de la voir aussi bestiale, aussi sauvage.

Assez vite nous avions éradiqué le clan entier. Nous fîmes le ménage tout aussi vite et nous mîmes le feu à la bâtisse avant de partir. Nous répétâmes ce même rituel en Angleterre, au Portugal, en France, en Australie, à Madagascar, aux Philippines. Pour ce dernier pays la rumeur que la compagne de Caïus Volturi parcourant le monde pour remettre de l'ordre dans les affaires de la famille royale avait fait son chemin. Et lorsqu'elle demanda à la femelle du clan de se soumettre à la régence de la famille Volturi, cette dernière se soumit avec son clan. Bella lui avait donc laissé la vie en lui rappelant qu'aucun d'eux ne serait à l'abri et que si elle apprenait qu'elle avait manqué à sa parole elle reviendrait et elle n'aurait pas de seconde chance, ni elle ni son clan.

Le monde revenait sous notre contrôle, il nous restait les États-Unis où les débordements avaient pris même au nord. Mais nous devions rentrer car cela faisait pratiquement un mois que nous étions partis et qu'Aro avait insisté auprès de Bella pour que l'on revienne. Sur notre demande officieuse car il commençait à souffler un vent de révolte dans nos rangs. Il avait fallu durant ce voyage que j'intervienne auprès de Rosalie, car cette dernière était à la limite de craquer et de repartir en laissant sa sœur. Ce qui laissait entrevoir l'étendu du changement qui se produisait avec Bella. Sa propre sœur voulait la quitter, elles n'avaient plus aucun rapport sororale. Et Rosalie n'avait pas plus d'estime qu'un garde en aurait eut avec Caïus par exemple. La garde souffrait de cette distance qui s'imposaient entre elles, en plus de souffrir de l'éloignement avec son compagnon, tout comme Jane également.

Aro avait avancé que d'une part ce que la lune devrait être pleine sur la partie de ce globe à cette période. Et d'autre part il fallait également préparer l'intronisation de Bella. Maintenant que la nouvelle de son prochain statut de reine avait fait le tour du monde. Il fallait organiser la cérémonie rapidement afin d'asseoir leur autorité à peine retrouvée. Nous rentrâmes donc mais Bella n'était pas vraiment heureuse de contre temps. Faisant notre rapport tous les jours elle nous laissa rejoindre nos appartements afin de nous octroyer un moment de répit. Elle alla directement à la salle des trônes où se trouvait les deux autres régents. Je gardais une oreille attentive sur ce qu'il se disait.

-Isabella ton voyage s'est-il bien passé ? L'accueillit Aro.

-Bien merci, lui répondit-elle. Je suis seulement agacée de devoir rentrer pour m'occuper de choses aussi futiles qu'une robe pour une réception.

-Je sais que tes priorités sont toutes autres, mais cette cérémonie est importante tant pour toi, que pour nous tous ou bien pour la sureté de notre monde Isabella.

-Je sais veuillez excusez mon humeur. C'est la période de la pleine lune. Dit-elle pour s'excuser.

-Oui nous le savons, c'est la raison pour laquelle nous t'avons fait revenir. Nous ne voulons pas qu'il t'arrive quelque chose.

-J'ai saisi, Aro. Bien si nous en finissions avec ces préparatifs.

-Tu viens de rentrer tu devrais aller te délasser dans un bon bain avant de commencer à te tracasser de ses choses, nous pourrons voir cela demain.

-Très bien, comme ça je vais préparer mon prochain voyage.

-Tu as déjà bien travaillé, crois-moi ça peut attendre.

-Non je veux en finir avec toutes ces rebellions donc dès que je peux reprendre la route j'irais aux États-Unis pour terminer le travail aussi bien au nord qu'au sud.

-Bella je comprends tes motivations, en plus du fait qu'il va te falloir te montrer deux fois plus convaincante à cause du fait que tu sois une femme. Mais je ne pense pas qu'intervenir sur les guerre du sud maintenant soit une bonne chose. Répliqua Marcus.

Avis que je partageais. Soit elle était devenu totalement inconsciente soit elle était folle tout simplement. Si nous n'avions jusqu'à présent jamais régler ce problème c'est que Maria et ses anciennes alliées étaient véritablement redoutable. Et que si nous venions à nous en mêler, elles pourraient très bien pu s'allier de nouveau pour nous éradiquer. Et même avec Alec dans nos rangs nous n'étions pas sûr d'en ressortir vivant.

-Et je pense que vous avez laissé trop longtemps cette partie du globe sans contrôle. Si vous voulez montrer à notre peuple que nous sommes les régents, il va falloir leur prouver que nous avons le pouvoir. Et sans offense de ma part tout le monde sait que vous craigniez Maria et ses compagnes de jeu. Si nous parvenons à les éradiquer nous ne laisserons plus de doute à personne quant à nos motivations et notre force.

-Ce n'est pas faux mais c'est très risqué surtout que nous somme tout de même affaiblit. Nous avons perdu quelques gardes dans les batailles que nous avons du livrer le mois dernier avant que tu ne te mettes en route. Et nous ne pouvons pas les remplacer comme ça. Rétorqua Aro. Tu nous laisses y réfléchir quelques heures ?

-Sans problème je vais aller en profiter pour prendre un bain, puis j'irais certainement chasser pendant votre repas.

-Bien tu prendras Afton et Jane avec toi je vais avoir besoin des compétences de Démétri.

-Très bien. Répondit-elle avant de quitter la salle d'audiences. Je l'entendis rejoindre sa tour. Mon téléphone sonna.

-Oui maître, répondis-je sachant qu'il allait me joindre.

-Rejoins-nous dans mes appartements s'il te plaît.

Ce que je fis sans délais car ils devaient très certainement avoir les mêmes appréhension que moi concernant la future reine. J'arrivais et comme habituellement ce fut Sulpicia qui m'ouvrit.

-Bonjour Démétri.

-Bonjour maîtresse Sulpicia.

-Tu es attendu. Suis moi je te conduis dans le bureau de mon mari. Je hochais la tête par politesse.

Elle me précéda dans la pièce réservée à son mari. Cette pièce où se prenaient toutes les grandes décisions de notre monde, celles qui devaient rester internes afin qu'il n'y ait aucune fuite. C'est une pièce que je n'avais jusqu'à présente encore jamais vu, j'en avais entendu parler certes mais je ne l'avais même encore jamais approché; aucun gardes n'étaient admis dans cette pièce. Ce qui voulait dire que la discussion que nous allions avoir allait être d'une extrême importance. Enfin je le supposais.

-Bien Démétri je t'en prie installe toi. M'accueillit Aro en me désignant un fauteuil. Ce que je fis.

-Comment s'est passé ce voyage ? Demanda Marcus.

-Bien dans l'ensemble, mais je suppose que vous voulez savoir ce que je pense du nouveau comportement de Bella ?

-Oui c'est tout à fait ça. Répondit le souverain.

-Honnêtement je suis inquiet. J'ai peur qu'elle ne redevienne pas celle qu'elle était auparavant. Elle est si froide, si distante et tellement pleine de colère et de rancœur.

-C'est ce que nous avons pu constater en effet. Nous pensions que cette excursion à l'extérieur du château surtout en ta compagnie arriverait à étouffer sa rage et son besoin de vengeance mais il semblerait qu'encore une fois nous ayons fait fausse route.

-Ce qui nous amène à son nouvel objectif. Reprit Marcus. J'ai peur que nous ne courrions à notre perte si nous laissons Bella aller jusqu'au bout de ses projets.

-Vous parlez de son intérêt pour reprendre le sud des États-Unis?

-Oui c'était déjà risqué à l'époque de Caïus. Mais maintenant que nous sommes, je dirais encore fragilisé même après la croisade d'Isabella pour nous restituer notre position au yeux de notre monde. Cela est encore plus délicat.

-Oui j'en ai conscience.

-C'est pourquoi je pense que nous devrons nous allouer les services d'alliés.

-Vous pensez à qui ? Demandai-je suspicieux.

-Je pense que l'aide du Major et de sa famille dans un premier temps pourrait nous être favorable.

-Maître Aro je ne veux en aucun cas intervenir dans vos décisions. Mais faire appel au Major et principalement à sa famille inclus Edward Cullen et j'émets quelques réserves le concernant.

-Je me doute bien Démétri c'est la raison pour laquelle je t'en parle afin que tu puisses agir en conséquence et asseoir ta place auprès de ta compagne.

-Vous savez bien que cela ne peut être aussi simple. Répliquai-je las.

-Je m'en doute Démétri mais je pense qu'il va nous falloir l'aide du Major. Il considère Isabella comme une sœur et il est au courant de votre lien à tous les deux. Enfin vos sentiments respectif, il est possible qu'il puisse être un allié.

-Il a beau être le Major Whitlock ce n'est pas pour autant que je lui fais confiance. Il est avant tout un Cullen et je ne veux pas tenter de parier sur son soutien.

-Malheureusement nous sommes dans une situation délicate car nous ne pourrons pas retenir Isabella. Elle est déterminée à prouver qu'elle a sa place parmi nous, et de plus elle a ce besoin de vengeance qui est en train de la ronger.

-Je me doute maître. Et il est vrai qu'elle n'attendra pas que nous ayons recruté pour aller reconquérir le sud Américain dans son état d'esprit actuel. Elle a laissé la place à son démon je ne suis même pas sûr aujourd'hui qu'elle puisse être assez forte pour le combattre. Elle lui a laissé prendre les rênes de leur entité et de leur souffrance.

-Oui j'en suis arrivé à la même conclusion. Malheureusement il va falloir qu'elle revienne et pour ça personne d'autre que toi n'est mieux placé pour nous la ramener encore une fois. Répondit Marcus.

-J'en ai conscience mais me mettre Cullen dans les pattes ne va pas arranger mes affaires.

-Nous le savons Démétri mais la situation est inextricable. C'est soit nous privilégions ta relation avec ta compagne afin de récupérer Isabella et nous risquons de la perdre lors de la bataille qu'elle veut livrer à Maria et ses compagnes de jeu. Soit nous demandons l'aide du Major qui est celui qu'il nous faut pour cette situation et bien évidemment cela rendra tes actions envers ta compagne délicate. Nous savons qu' Edward Cullen profitera du fait que Caïus n'est plus, pour tenter de la récupérer; mais nous n'avons pas le choix. M'informa Aro.

-En tant que régents nous avons un devoir de préserver et de protéger notre gouvernance et notre famille. Mais cela fait que nous sommes obligés d'aller contre tes intérêts personnels et nous en sommes sincèrement désolés Démétri. Car tu sais que nous t'apprécions particulièrement et pas seulement à cause de ton pouvoir. Renchérit Marcus.

-En tout cas je vous remercie d'avoir été honnêtes avec moi et de m'avoir permis de connaître vos positions. Mon rôle est avant tout de préserver Bella parce qu'elle est ma compagne mais également ma reine et que pour cela je suis prêt à affronter tous les défis et les obstacles qui se dresseront sur mon chemin.

-Je n'attendais pas d'autre réaction de ta part, tu feras un Prince consort remarquable Démétri.

-Je ne fais pas cela pour le titre maître.

-Nous le savons et c'est pour cela que nous savons que tu as toutes les qualités dignes d'un prince consort que tu deviendras lorsque ta compagne t'aura enfin accepté.

-Merci maître.

-Nous voulions voir avec toi d'un dernier point. Peux-tu nous localiser Tanya, elle a quelques jours de repos et je pense qu'elle est retourné auprès des siens. Je recherchais la végétarienne.

Vu que son point bleu la représentant se déplaçait et assez rapidement je supposais qu'elle était en avion et bien en direction de chez elle.

-Elle se déplace rapidement. Je suppose qu'elle est actuellement dans un avion.

-Ce qui expliquerait la raison pour laquelle nous n'arrivons pas à la joindre sur son téléphone.

-Si je peux me permettre une question. Y a t-il un problème avec Tanya ?

-Non pas de problèmes particuliers. Je veux juste savoir ou elle se trouve afin de m'assurer qu'elle ne tente rien pour se venger. Car Tanya a beaucoup de rancœur envers Isabella. M'expliqua Aro.

-Oui c'est mieux d'être attentif effectivement. Bella est n'a pas besoin d'aide pour se mettre dans des situations à risque. Et je dois dire que ce n'est pas un travail de tout repos que de veiller sur elle.

-C'est pourquoi nous pensons que pour la quête dont s'est investi Isabella il va nous falloir plusieurs alliés. Et bien que le Major et sa famille soient des associés de poids de par leurs dons, compétences et expériences il n'en reste pas moins que ce ne sera pas suffisant. Car j'ai dans l'idée que Lettie, Maria et Lucie oublieront leur querelle pour s'allier face à nous. Et vu que Isabella a parcouru le monde pour rétablir l'ordre et qu'elle y est arrivé. Je suppose qu'elle ont dû déclarer une armistice temporaire histoire d'allier leur force au cas où nous déciderions de profiter de notre nouvelle puissance à peine retrouvée pour reprendre le contrôle de partout. M'expliqua Marcus.

-Et en bons généraux qu'elles sont il n'y a pas de doute quant à cette probabilité. En tout cas c'est ce que moi j'aurais fait. Le seul avantage que nous aurons dans tout ça c'est qu'elles craignent le Major donc c'est un atout important pour nous.

-Je vois. Les avez-vous déjà contacté ?

-Non nous voulions te parler d'abord. Mais nous le ferons rapidement car nous profiterons du sacre d'Isabella pour leur proposer une alliance.

-Nous savons que Bella ne prendra pas forcément bien cette information mais nous n'avons malheureusement pas le choix.

-Il y a de forte chance qu'elle se fâche effectivement. Approuvai-je.

-On lui en parlera avant qu'ils n'arrivent...

Je n'écoutais plus car dans ma tête le signal doré et lumineux de Bella clignotait successivement. La panique me submergea alors que je me levais d'un bond. J'étais déjà à la porte des appartements d'Aro lorsque ce dernier me demanda.

-Qu'est-ce qu'il se passe Démétri ?

-Bella elle a un problème.

-Où ?

-La réserve naturelle. Répondis-je alors que je courrais le plus vite possible.

J'espérais arriver à temps, cela ne devait plus se reproduire, je ne sais pas à quel problème elle avait à faire mais elle devait tenir le temps que j'arrive. Si j'arrivais à temps et que l'on s'en sorte tous les deux plus jamais je ne la laisserais même pour aller chasser. Elle ne s'éloignerait plus de moi, j'en faisais la promesse.

Préparatifs

Chapitre 22 : Préparatifs

Pov Bella

Dire que je devais rentrer pour ces fichues préparatifs. J'étais en colère comme souvent ces derniers temps. Mais à ma décharge il n'y avait que cet état d'esprit qui me permettait d'avancer et de faire face à la mort de Caïus.

Caïus mon compagnon qui ne l'était pas si je suivais le point de vue de Marcus. Mais j'avais un peu de mal à le croire car ma peine était entière, puissante, envahissante, dévastatrice voire même destructrice.

Comment avait-il pu se sortir de cette enfer lorsqu'il avait perdu ce qu'il croyait être sa vraie compagne ? Parce qu'aujourd'hui je ne savais pas comment faire. Je laissais place à mes instincts car il semblerait qu'ils savaient mieux que moi gérer toutes les situations qui se présentaient à moi. Et je devais avouer que cela m'arrangeait car je n'avais plus qu'à me laisser submerger par mon chagrin.

Comme d'habitude après mes chasses je passais du temps pour moi. J'aurais bien dit à méditer mais ce n'était pas vraiment mon état d'esprit. La méditation entraînait des réflexions saines et des remises en questions mais pour l'heure je ne voulais pas que les choses changent. J'arrivais à me sentir un peu moins coupable, un peu moins vide et fautive, un peu moins responsable de ce qui était arrivé à mon compagnon mais également au roi qu'il était.

À l'un des régents qui était en place bien avant que je ne vois le jour. Et à cause de moi il n'était plus. Il était je pense normal que j'essaie de rétablir leur pouvoir, car c'était de ma faute s'ils avaient été mis à mal. C'est à cause de moi qu'ils avaient failli se faire renverser. Et si nous allions au fond de mon raisonnement c'est également pour ces raisons que je voulais éradiquer également la menace que représentait Maria.

Et qui sait, vu que même mon compagnon craignait cette femme et son ascendance. Peut-être que dans ma quête à vouloir rétablir l'assise et le pouvoir de ceux que je pourrais bientôt appeler mes frères de régences, elle pourrait me rendre le service de m'envoyer rejoindre Caïus. Peut-être que cela réduirait mon mal être et me permettrait de me libérer de cette tension qui m'habitait et qui m'étouffait littéralement. De toute façon je n'avais pas de compagnon car nous savions maintenant que Cullen ne l'était pas. Donc je ne serais pas une grande perte pour personne, ma sœur aurait Alec pour se réconforter et s'en remettre. En fait seul Démétri me souciait. Mais quelque part je lui en voulais toujours à lui, même si en étant honnête, je savais qu'il avait fait au mieux.

En prenant du recul je savais qu'il avait agi comme il convenait. J'aurais agi de la même façon si j'avais été à sa place. Bien que moi j'aurais sauvé Caïus et pas sa compagne qui n'en était soit disant pas une. Pour aller au bout de cette franchise interne c'est ce que je lui reprochais actuellement.

M'avoir sauvée moi alors que c'était Caïus le roi, c'était lui le plus important de nous deux. Ce pour quoi je ne pouvais pas lui pardonner était qu'aujourd'hui c'est moi qui devais vivre avec cette souffrance.

J'avais conscience de mon égoïsme, car je lui reprochais en fait ma douleur et surtout mon incapacité à pouvoir m'en remettre. Mais comment réagir autrement ?

Je comprenais Caïus qui lui en avait voulu durant des décennies entières. Et je devais avouer qu'il fallait que je prenne sur moi pour ne pas reproduire le comportement de mon compagnon car il était tellement simple de pouvoir rejeter la faute sur quelqu'un d'autre. J'arrivais encore à me contenir bien que j'étais partagée entre le fait de vouloir le préserver car je savais qu'il avait agi au mieux et celui de lui attribuer tous les torts, tous mes malheurs parce qu'encore une fois il était présent au mauvais moment et au mauvais endroit.

J'en étais à ce stade de mes délibérations mentales lorsque j'entendis un bruit étrange, un bruit de pas peut-être, en tout cas le craquement d'une branche morte. Je restais à l'affut car le son semblait assez proche mais je n'entendais rien. Pas de cœur d'animal ce qui aurait été surprenant dans le sens où il m'aurait senti et donc fuit. Pas d'odeur non plus autre que celles de Jane et d'Afton, mais surtout plus de bruit même pas un mouvement de mes gardes.

Je me levais car j'avais un pressentiment, ce n'est pas comme si j'avais rêvé ou que j'avais imaginé ce bruit, ce genre de sensations étaient réservés aux humains.

Je fis le tour sur moi-même scrutant les alentours mais je ne voyais rien. Je décidai de rentrer au château, car je ne me sentais plus en sécurité sans compter que la nuit n'allait pas tarder à tomber. Et vu que nous étions en période de pleine lune et que nous savions toujours pas ce que les loups me voulaient, je préférai jouer la carte de la raison pour cette fois. J'aurai le temps de les affronter ultérieurement en me préparant d'avantage.

J'allais appeler Jane et Afton à qui j'avais ordonné de rester à l'écart car j'avais besoin d'espace pour chasser mais surtout pour pouvoir avoir simplement un moment à moi. Car Démétri ne m'avait plus laissée ne serait-ce qu'une seconde seule depuis que j'étais sortie de ma léthargie.

J'avais mon téléphone dans ma main lorsque je me fis violemment plaquer au sol. Un homme se tenait sur moi. Je reconnaissais ce vampire, c'était celui sans odeur que j'avais pourchassé.

-Lâche-moi ! Lui ordonnai-je mauvaise.

-Comme si j'allais t'obéir ! Je ne suis pas ton garde moi et puis avec tout le mal que je me donne pour pouvoir t'approcher, ça ne risque pas.

-Qu'est-ce que tu me veux ?

-Moi rien, mais tu intéresses mes patrons ?

-Qui ? Stephan ?

-Cela tu le verras bien assez tôt. Je levais mon bouclier il fallait que j'avertisse Démétri que les choses tournaient mal.

Qu'il vienne m'aider puisqu'apparemment Jane et Afton n'étaient pas disposés à le faire. Je grognais menaçante puis j'utilisais le coup le plus vieux du monde pour me dégager. Un bon coup de genoux dans les parties. Il grogna de douleur et de colère également. Je réussis à me dégager et pris une posture agressive devant lui.

-Putain qu'est-ce qu'ils foutent ? Pesta-t-il juste avant de me sauter dessus. Ce fut à cet instant que j'entendis un hurlement d'homme, il était littéralement à l'agonie.

Je supposais que Jane devait y être pour quelque chose. D'où le fait qu'ils ne venaient pas à mon secours. Donc il faudrait que j'affronte seule ce vampire. Cela ne m'effrayait pas vu que ce dernier mois je l'avais passé à me battre et à tuer des vampires. Ce ne serait seulement qu'un combat de plus, un vampire mort de plus.

J'allais lui sauter dessus lorsque cinq fragrances différentes m'atteignirent et aucune que je connaissais.

Le vampire sans odeur me sauta dessus, je réussis à l'esquiver mais rapidement je me fis encercler par les cinq vampires qui venaient d'arriver en plus de celui sans odeur. Je me sentais mal car le un contre un je pouvais le gérer voire même du deux contre un. Mais un six contre moi toute seule je savais que je n'avais aucune chance. Je grognais menaçante et de colère.

-Nous avons deux solutions. La première tu nous suis de ton plein gré...

-Jamais ! Criai-je.

-Donc il nous reste la seconde option qui je dois t'avouer est celle que je préfère. Nous allons te démembrer pour te ramener à mes commissionnaires.

-Tu es un mercenaire ?

-C'est une façon de voir, moi je préfère dire que je loue mes services.

-Je double ta prime, si tu me laisses retourner chez moi, tentai-je de négocier.

-Malheureusement ce qu'ils me proposent est unique et personne ne peut me donner ce qu'eux m'offrent.

-Qu'est-ce que c'est ? Nous avons beaucoup de ressource également. Nous ne sommes pas n'importe qui. Je ne voyais pas ce qu'ils pouvaient lui proposer que ma famille ne pourrait pas aborder.

-Ma compagne. Ils ont dans leur rang une sorte de devin qui peut trouver le compagnon d'un vampire.

-Intéressant, mais comment sais-tu que cela fonctionne ? C'est peut-être une ruse pour utiliser ton pouvoir afin de m'approcher sans te faire repérer par mon traqueur ?

-Effectivement j'y ai déjà pensé mais il s'avère que ma compagne est auprès d'eux et que je l'ai reconnu. Je dois procéder à un échange, toi contre elle. Donc tu vois il n'y a rien que ta famille ne puisse me proposer qui ait plus de valeur que ma compagne.

-Je pense que nous allons avoir un problème alors, parce que mes gardes ne vont pas me laisser partir sans rien faire.

-Nous aurions eu certainement plus de mal si tu avais encore eu ton traqueur à tes côtés comme habituellement. Mais chance pour nous aujourd'hui il n'est pas là. Ce qui m'arrange bien, je dois dire. Car il est collant celui-là, vu que c'est le seul qui puisse accéder à ton territoire de chasse... Merde ! S'exclama-t-il. Ils arrivent déchiquetez-la que l'on puisse se barrer et vite. Ordonna le vampire sans odeur.

Trois de mes assaillants me sautèrent dessus simultanément. J'envoyais un coup de poing au premier qui se présenta ce qui le propulsa pratiquement de là où il venait. L'un des deux autres m'attrapa le bras tandis que le second planta ses dents dans ma cuisse droite voulant très certainement me l'arracher, je criais de douleur. C'est à cet instant que Jane arriva. Elle prit sous son pouvoir le vampire qui venait de me mordre alors que je lui décrochais un coup de pied en plein visage avec justement la jambe qu'il venait de mordre.

Je réussis à me libérer le bras de l'autre vampire, alors que celui sans odeur me donna un coup de poing en plein visage qui m'envoya directement au tapis. J'avais l'impression de m'être ramassée un coup de marteau en pleine face, j'étais sonnée. Afton arriva à son tour alors que Jane sauta sur le vampire sans odeur, lui s'occupa de deux autres en retrait qui allaient pour venir sur moi. Tout n'était que grognement bestiaux, coups qui ressemblaient plus à des coups de tonnerres que des bruitages de coups de poings que l'on pouvait entendre dans les films. Je me relevais et allais aider Jane qui avait du mal. D'ailleurs je devais constater que tous les vampires adverses avaient un très bon niveau de combat.

Je pris le relais contre le vampire sans odeur et Jane couvrit mes arrières contre deux autres. Le premier que j'avais frappé vint rejoindre mon adversaire. Je sentais que je me faisais déborder, j'allais perdre mon combat. Mais que faisait Démétri ! Jane et Afton avaient eux aussi du mal à résister à leurs assaillants. Puis le soulagement arriva en même temps que les grognements de Démétri me parvinrent.

-Mais c'est pas vrai ! Comment fait-il pour toujours arriver lorsque l'on est sur le point de réussir ! Grogna mon adversaire de frustration et de colère.

Il redoubla ses coups aussi bien que la violence avec lesquels il me les assénait. Apparemment Démétri lui faisait peur car je voyais bien qu'il essayait de me faire plier. Je résistais tant que je le pouvais mais lorsque mes deux adversaires se mirent à me cogner de concert je ne pus plus rien parer et je ne pus que me recroqueviller pour essayer de me protéger un minimum. Le vampire sans odeur m'attrapa sans ménagement et avec l'aide de son acolyte. Ils essayèrent de me porter pour m'éloigner de la zone de combat, cette même zone que Démétri venait de rejoindre. Moi j'essayais de me débattre redoublant mes grognements et mes tentatives de coups, mais sans succès. Démétri arriva à ce moment, juste avant que mes kidnappeurs ne pénètrent dans les bois pour tenter de s'enfuir avec moi.

Il sauta sur le premier que j'avais frappé et d'un geste pratiquement chirurgical et surtout avec une rapidité sans pareille, il l'étêta sans aucune autre forme de procès. Il laissa le cadavre tomber au sol et s'avança menaçant sur le vampire sans odeur. Démétri était dans le même état que lorsqu'il avait démembré Yulan. C'est-à-dire complètement terrifiant et méconnaissable. Ils se firent face j'étais quant à moi totalement impressionnée par l'aura de puissance qui émanait de Démétri. Si je pouvais résumer ce que je ressentais de cette façon.

-Tu croises mon chemin un peu trop souvent à mon goût. Tu n'auras plus l'opportunité de le refaire crois-moi. Lança Démétri d'une voix que je n'avais encore jamais entendu. Puis il se jeta sur le vampire sans odeur. Ce dernier esquiva mon traqueur, en criant.

-Replie !

Les deux gardes qui avaient pratiquement déchiquetés Afton le laissèrent à l'agonie pour s'enfuir. Enfin c'est ce que je pensais mais lorsqu'ils passèrent à proximité de mon traqueur ils lui sautèrent tous dessus. Et le vampire sans odeur put s'enfuir. C'est ce moment que choisit ma bête pour se réveiller. Moi qui attendait qu'elle vienne me relever un instant plus tôt c'est maintenant qu'elle venait à ma rescousse. Je sautais sur un des vampires qui étaient sur Démétri et avec autant de facilité que mon traqueur précédemment je lui arrachais l'appendice qui lui servait de tête. Le second reçut un coup de la part de mon garde qui l'éjecta quelques mètres plus loin. Il tourna la tête vers moi pour vérifier que j'allais bien je suppose. Jane attira notre attention lorsqu'elle se mit à hurler comme jamais je ne l'avais entendu le faire. Et pour cause l'un des deux venait de lui arracher un bras. Car ses assaillants n'avaient pas fui eux et ils continuaient de s'acharner sur la garde de Aro. Comme pour mon traqueur je sautais sur les adversaires de la garde et Démétri m'imita. Rapidement nous pûmes arriver à les déchiqueter. En un contre un il était plus facile d'avoir le dessus. Une fois ceci fait Démétri se tourna vers la forêt et je le vis hésiter.

-Vas-y retrouve le ! Lui dictai-je.

-Non je dois te ramener au château. De toute façon il a trop d'avance et je ne peux pas le pister. Rétorqua-t-il. Mais la prochaine fois que je lui mets la main dessus je jure qu'il n'en ressortira pas vivant. Grogna-t-il mécontent au possible. Tu... Vous allez bien ? Me demanda-t-il. Ils vous ont mordu ! Constata-t-il dans un grognement.

-Ça aurait pu être pire. Lui signifiai-je.

C'est à ce moment qu'Alec, Rosalie, Santiago, Renata et Félix arrivèrent accompagnés par Aro et Marcus eux-même.

-Isabella ! Comment vas-tu ? Demanda Aro en me prenant dans ses bras apparemment soulagé.

Bien que ce geste avait tout ce qu'il y a de plus affectueux cela me mit dans une position que je trouvais embarrassante. Depuis la mort de mon compagnon je n'avais laissé personne me toucher, hormis Félix ce jour maudit et Démétri lorsqu'il m'avait aidé à sortir de ma catatonie. Mais ce geste-là était plus intime et cela me dérangeait. Je me sortis de cette étreinte avec politesse je ne voulais pas froisser Aro qui n'avait pas conscience de la portée de ce geste.

-Je vais bien. Il s'en est fallu de peu pour qu'ils arrivent à m'enlever mais Afton, Jane et Démétri ont fait du bon travail.

Je portais mon regard sur mes gardes. Je voyais Santiago qui ne cessait de grogner en repositionnant le bras de sa compagne alors que Félix et Rosalie eux rassemblaient les morceaux de chairs d'Afton qui traînaient au sol pour le rassembler à son tour.

-Nous allons rentrer au château, je veux tout savoir. Alec tu nous accompagnes, Jane et Démétri également. Félix fait un feu et brûle-moi ça. Santiago ramène en un au château que je le sonde. Bien que je me doute qu'il ne saura pas grand chose, si c'est un envoyé de Stephan.

-Je pense que c'est le cas. L'un des mercenaires ne m'a pas contre-dit lorsque je lui ai posé des questions.

-Nous en reparlerons une fois en sureté Bella. Intervint Marcus. Je préfère rentrer au château maintenant, continua-t-il peu rassuré.

Renata ne le quitta pas d'une semelle, tandis que Démétri gardait lui aussi une distance plus rapprochée me concernant. Jane et Alec eux allèrent sur les flancs d'Aro.

J'allais pour partir lorsque je sentis une main sur mon épaule. C'était Rosalie à qui je n'avais pas porté d'attention et qui par ce geste me demanda une confirmation de mon état. J'avais aussi conscience que j'avais pas mal délaissé ma sœur ces derniers temps. Même si elle était avec moi en permanence, j'étais distante.

Mais la voir heureuse avec Alec me serrait le cœur, pas que je sois jalouse, quoique c'en était pas loin. Mais elle avait son compagnon, même si durant le mois qui s'était écoulé ils avaient été séparés de par ma croisade. Je ne pouvais supporter son bonheur alors que moi je vivais dans le drame d'une perte si importante. Je sais que j'aurais dû me réjouir pour elle et quelque part j'avais encore ce sentiment en moi pour ma sœur. Mais rien n'arrivait à surpasser mon manque à moi.

-Je vais bien. Lui signifiai-je simplement.

Elle me fit un signe de tête pas vraiment convaincu, avec cette tristesse dans le regard qui ne la quittait plus depuis un moment.

Nous partîmes tous au château. Nous allâmes directement dans les appartements d'Aro, tous les gardes avec nous.

Lorsque nous pénétrâmes dans les appartements de mon frère de régence. Sa compagne me sauta dessus.

-Comment vas-tu Bella ? Qu'est-ce qu'il s'est passé ? Tu n'es pas blessée ?

-Je vais bien Sulpicia, ne t'en fais pas. Nos gardes ont très bien géré la situation. Tout va bien.

-Laisse-nous entrer ma chérie. Nous devons prendre connaissance de tous les faits, pour savoir de quoi il en retourne exactement. L'informa Aro en la prenant dans ses bras.

Ce geste raviva mon propre mal être car personne ne pouvait me rassurer de cette façon maintenant. Je détournais les yeux de cette scène si banale mais qui me blessait également.

-Oui excusez-moi. Entrez. Nous invita-t-elle en se décalant, nous laissant ainsi le passage pour aller dans le salon des discussions.

Lorsque je m'installais dans mon fauteuil qui fut celui de feu mon compagnon, je sentis la présence de Démétri derrière moi. Ce qui me surpris car tous les gardes se devaient de garder une distance de courtoisie lorsque l'on venait à se réunir ici et qu'ils étaient autorisés à assister à nos débats.

-Démétri...

-Laisse-le Isabella. Je crois qu'il s'en veut beaucoup. C'est sa façon de compenser sa culpabilité du fait qu'il n'était pas avec toi et que tu t'es faite attaquer.

Je me renfrognais, car je trouvais la réaction d'Aro bien trop laxiste à mon goût, surtout lorsqu'il s'agissait de Démétri. J'avais l'impression qu'il avait bien plus de passes-droits que son statut de garde royal lui en octroyait. Mais je crois qu'il ne servait à rien de débattre de cela maintenant, je le ferais en privé avec Aro.

-Bien Isabella, peux-tu me montrer ce qu'il s'est passé ? Demanda Aro.

-Oui. Je me levais et allais prendre place à côté de lui, vu que Sulpicia se tenait derrière son compagnon, les mains sur ses épaules.

Lorsque je lui tendis la main elle enleva les siennes pour laisser Aro se concentrer sur ce que j'allais lui révéler. Je retirais mon bouclier et il put ainsi tout lire de ce qu'il venait de se passer. Mais je le surpris à aller fureter dans ma période de léthargie, puis parcourir les combats que nous avions mené.

Je le vis froncer les sourcils lorsqu'il les passa tous en revu. Puis il retourna sur un vieux souvenir celui où Démétri et moi avions dérapé cette fameuse nuit. Celle où j'avais appris ses sentiments pour moi et que je lui avais révélé les miens. Je remis mon bouclier en place aussitôt tout en grognant.

-Je suis désolé Isabella. Je voulais juste te rappeler certaines opportunités et te montrer que tu n'es pas aussi seule que tu le penses.

-Je vous prierais de ne plus recommencer ce genre d'intrusion. Et je pense qu'il est assez déplacé de me parler de ce genre d'opportunité alors que votre frère, mon compagnon a disparu depuis à peine deux mois.

-Tu sais que le temps est relatif chez nous. Et ce que les humains considèrent comme un laps de temps raisonnable pour certaines situations comme le deuil, n'est pas de rigueur pour nous. Vu que nous prenons plus de recul sur ces dites situations de par nos capacités plus évoluées. Mais tu as raison, nous avons d'autres préoccupations tout aussi importante à gérer pour le moment.

-La situation que vous venez d'indiquer à demi mots ne concerne que moi. Je vous demanderais de ne plus essayer d'intervenir.

-Je pense qu'effectivement le moment est mal choisi pour parler de sujet personnel. Stephan se fait de plus en plus présent. Et j'ai peur qu'il décide de passer à une offensive plus radicale dans un avenir proche. Déclara Marcus.

-Pourquoi ferait-il ça ? demandai-je.

-Je suppose qu'il veut profiter du temps qu'il faudra pour que nous puissions tous les trois avoir une harmonie de régence. Et surtout profiter du fait qu'il y ait encore certains de nos congénères qui restent sceptiques quant au fait d'accueillir une reine. M'informaAro.

-Il faut prendre en considération que la majorité des vampires qui constituent notre communauté sont âgés majoritairement de plusieurs centaines d'années. De part ce fait, ils restent sur une position plus phallocrate surtout s'il s'agit de gouvernance. Certains auront du mal au départ à se faire au fait qu'une femme soit en position de dominance. Précisa Marcus.

-C'est juste une question de sexisme ?

-Pas pour Stephan. Il va seulement appuyer sur ce fait pour essayer de rallier plusieurs alliés afin justement de se constituer une armée conséquente pour tenter un renversement de pouvoir. Argumenta Aro.

-D'où son obsession de vouloir t'enlever je pense. Il veut peut-être prouver que le fait que tu sois une femme fait que tu es moins apte à te défendre et de part le fait à défendre et protéger notre communauté.

-Il s'est lourdement trompé à ce sujet. Je pense qu'il ne se doutait pas que tu arriverais toi et nos gardes à réussir à t'en sortir ou en tout cas à résister le temps que les renforts arrivent. De plus d'après ce que j'ai compris ils craignent ton... garde et son pouvoir pratiquement autant qu'ils craignent Alec. Donc à partir de maintenant Démétri tu es assigné en permanence aux côtés de ta reine. Tu seras relevé seulement lorsque tu devras aller te nourrir et seulement par Alec. Nous allons renforcer les mesures de sécurités.

-Oui maître. Répondit Démétri.

Je soufflais de dépit, déjà qu'il ne me quittait pas d'une semelle en temps normal là il allait littéralement s'accrocher à moi.

-Je pense qu'il faudrait revoir pour réhabiliter vos bureaux en espace à vivre afin que Démétri puisse avoir une proximité plus rapprochée. Car je suppose que tu n'acceptes toujours personnes dans tes appartements ? M'interrogea Aro.

-Vous supposez bien. Répondis-je très agacée.

-Dans ce cas je me charge d'aménager cette pièce. Intervint rapidement Sulpicia voulant se rendre utile.

-Vous ne pensez pas que c'est un peu exagéré ? Nous sommes au château qui pourrait être assez fou pour venir s'en prendre à moi dans mes appartements ?

-Vu de quoi est capable Stephan, je crois qu'il est préférable de ne pas prendre ces mesures de sécurités à la légère. Répliqua Aro.

-De plus je n'ai pas pu tuer le vampire sans odeur. Il peut parfaitement réussir à rentrer dans le château lors d'une cession de doléances et accéder à vos appartements. Et ce sans que les gardes ou moi-même ne puissions le repérer. Argumenta Démétri.

-Oui bien vu Démétri. Approuva Aro. Et vu qu'il doit te ramener à ces maîtres en échange de sa compagne il reste fort à parier qu'il se tente à cette solution en désespoir de cause. Je soufflais de dépit et d'agacement.

J'espérais que l'on arrive à mettre la main sur Stephan rapidement car je n'étais pas certaine que j'allais accepter et supporter cette intrusion dans mon espace privé très longtemps.

-Pour ton voyage au États-Unis je pense qu'il va falloir le reporter Bella. Ce n'est pas vraiment le moment pour affronter Maria dans ces conditions. Lança Marcus.

-Ah ! Là je ne suis pas d'accord. Justement jusqu'à présent vous l'avez laissé en paix et vous des hommes. Je pense que pour gagner la confiance et le respect de mes futurs sujets quelques peu récalcitrants de me voir monter sur un trône. Je n'ai pas d'autre choix que d'aller là où vous ne vous êtes jamais aventurés.

-Si cela était ton argument premier je serais d'accord avec toi. Mais j'ai vu ce que tu attendais de cette confrontation. Et pour cela je suis désolé mais je m'y oppose fermement. Nous ne pouvons pas perdre un autre membre de notre famille et un autre régent. Démétri grogna de colère.

Je tournais la tête pour le remettre en place. Mais mes paroles restèrent à l'intérieur de ma gorge lorsque je croisais son regard lourd de reproches et glacial. Je le ressentais comme une menace silencieuse.

J'en baissais la tête de culpabilité. Je ne voulais pas que cela soit dévoilé et Aro venait de me trahir. Je tournais la tête pour me soustraire au poids du regard de Démétri et je vis Rosalie avoir à peu près la même expression que mon traqueur.

-Il n'y a rien que je fasse qui soit à la hauteur de ce que l'on attend d'un pouvoir pareil. Ne pensez-vous pas qu'il soit plus judicieux de vous choisir un homme pour vous assister dans votre régence. Je pense que l'on pourrait ainsi couper l'herbe sous le pied de Stephan et de ce fait repousser la prochaine tentative ? Demandai-je même si je savais que cela ne résoudrait pas forcément le problème.

Mais cela me permettrait de pouvoir me soustraire à toutes ces mesures de sécurités draconiennes qui m'empêcheraient de me morfondre comme j'aimais le faire.

-Non je ne suis pas de cet avis. Les temps changent et les mentalités doivent elles aussi évoluer. Et puis justement nous sommes le pouvoir en place et c'est à nous de montrer que cette évolution vaut également à notre communauté. Tu es parfaitement apte et compétente pour occuper cette place dans notre société Isabella. Et dans quelque temps même les plus récalcitrant seront d'accord avec nous.

-Et puis si tu as réussi à convaincre Caïus, le plus entêté de nous tous. Ne doute pas de réussir à t'attirer le respect de nos autres congénères. Renchérit Marcus.

-Si vous le dites. Rétorquai-je pas convaincu.

-Maître me permettez-vous de souligner un sujet qu'il serait bien d'aborder pour la sécurité de ma maîtresse ?

-Je t'en prie Démétri. Répondit Aro. Je fixais mon traqueur qui était toujours renfrogné lorsqu'il croisa mon regard.

-Je pense qu'il faudrait voire pour envoyer Tanya chasser pour maîtresse Isabella. Car je pense qu'ils sont parfaitement au courant des habitudes de notre future reine.

-Ah non ! M'exclamai-je. Je continuerais mes chasses. Il est hors de question que je remette ce principe en cause.

-Isabella, Démétri a raison. Il serait bien que pendant quelque temps...

-Écoutez Aro. Je trouve que vous lui donnez bien trop souvent votre soutien ces derniers temps. Je m'accommode de toutes les mesures prisent pour ma sécurité. Mais je ne transigerais pas sur celle-ci. Je ne vais pas me laisser enfermer dans ce château, je vais devenir folle autrement. Pour mes chasses Démétri et Alec m'accompagneront et j'accepte de laisser Alec pénétrer dans mon espace de chasse lorsque j'y suis. Et puis comme vous l'avez souligné les mercenaires de Stephan craignent Démétri donc s'il le savent près de moi accompagné d'Alec pendant mes chasses je devrais être en sécurité.

-C'est acceptable comme compromis. Acquiesça Marcus. Il est évident qu'il ne faut pas montrer à Stephan que nous le craignons plus qu'il ne le souhaiterait, sans pour autant négliger la sécurité de Bella,. Précisa-t-il.

Aro hocha la tête en accord silencieux avec ce que venait de dire son frère. Démétri lui crispa la mâchoire pas vraiment satisfait du compromis en question. Mais il était hors de question que je reste enfermée ici.

-Bien maintenant que nous savons ce qu'il vient de se passer et que nous avons pris les dispositions adéquates. Voyons pour ton couronnement.

Je me levais pour retourner dans mon fauteuil laissant la place à Sulpicia, toujours sous le regard noir de Démétri que j'essayais d'éviter.

Il y avait peu de chose depuis la mort de Caïus qui arrivait à me toucher, ou à me faire réagir d'une quelconque manière. La première était la colère et la mienne, ce sentiment qui me permettait d'avancer et ce malgré mon chagrin.

Le second était Démétri. Il avait toujours un pouvoir sur moi même si je me battais de toutes mes forces pour ne pas lui laisser d'ascendance. Car malheureusement je devais me rendre à l'évidence il était toujours aussi important pour moi et dans ma vie. Mais je ne pouvais laisser cela se faire, ni même le tolérer surtout en ce moment. Car contrairement à ce que pouvait penser Aro, pour moi Caïus méritait un deuil digne du roi qu'il était.

Quelle image donnerai-je de moi si je m'affichais avec le premier venu, surtout peu de temps après la perte de mon compagnon ? Même si cette personne était Démétri. personne hormis Aro savait ce qu'il y avait eu entre Démétri et moi et je ne tenais pas à ce que cela change.

-Bien nous avons reçu ton diadème. Sulpicia pensait que c'était plus élégant qu'une traditionnelle couronne. Commença Aro me sortant de mes pensées.

-Je vous fais confiance. Vous connaissez mon engouement pour ce genre de détails. Répliquai-je sans enthousiasme.

-Un détail important Bella, vu que c'est avec ces accessoires que tu vas être représentée sur les toiles qui viendront compléter celles déjà présentes des régents.

-C'est un peu le même principe que pour les photos présidentielles. Précisa Aro devant mon regard interrogateur.

-Je ne voulais pas te contrarier Sulpicia c'est juste que ce sont des sujets pour lesquels je ne suis pas très aguerrie. Si tu acceptes je te laisse le soin de gérer à ma place ce qu'il convient le mieux. Tu connais mes goûts je te fais entièrement confiance.

-Bien sûr que j'accepte. Dit-elle toute heureuse de pouvoir aider.

-Dans ce cas nous aborderons alors le déroulement de la cérémonie. Jane, Alec, Rosalie et Renata vous pouvez disposer. Jane j'aimerais que tu t'assures que les morceaux du vampire qu'Afton a ramené sont bien en attente dans nos geôles et surtout que personne ne s'en approche. J'irais sonder l'esprit de ce soldat un peu plus tard.

-Bien maître. Répondit-elle avant de partir accompagnée des autres gardes, hormis Démétri qui resta à mes côtés.

-Moi je vais aller faire quelques plans pour les futurs appartements de Démétri. Glissa Sulpicia dans l'oreille de son mari.

-Très bien ma chérie à tout à l'heure. Dit il avant de l'embrasser.

Ce qui me fit tourner la tête pour ne pas être témoin de ce genre de scène. Je croisais le regarde de Démétri, il n'avait plus cette animosité dans le regard, je pouvais y lire de la tristesse. Oui je crois que c'était ça. Cela me serra le cœur mais je ne devais lui montrer. Je ne voulais plus laisser transparaître mes troubles le concernant. Je ne devais plus lui laisser de doute concernant nos ententes futures. Elles resteraient uniquement professionnelles et seulement professionnelles.

Une fois Sulpicia partie, nous restâmes quelque heures à discuter du déroulement du couronnement. Des invités que nous recevrons et de la conduite à tenir surtout me concernant à cause de la menace qui pesait sur moi. Et bien évidemment jamais Démétri ou Alec ne devait être loin de moi.

Bien entendu comme le couronnement devait avoir lieux dans les semaines à venir je ne pus repartir pour les USA. Mais je savais que ce n'était qu'une formalité une fois couronnée et reine de la communauté vampirique, je pourrai continuer ma quête.

J'avais du mal à réaliser que j'allais devenir reine. Pas la femme d'un roi, non bel et bien une reine avec tout le pouvoir qui en découlait. Cela devrait me faire peur ou me donner quelques frissons mais je restais de marbre. Pour moi ce n'était qu'un protocole de plus dans mon esprit. Peut-être parce que je ne me voyais pas comme telle. Je n'arrivais pas à me voir ou à me projeter à la tête d'une communauté entière de vampires. Pour moi j'étais toujours la compagne de Caïus pas la future reine de Volterra et de sa communauté mondiale de vampires.

À peine plus d'une semaine de l'intronisation, nous reçûmes les premiers invités. Les plus proches de notre famille. D'abord le couple de français Inès et Olivier. Les revoir ramena sur le devant de mon esprits les dernières images de mon compagnon et le mal être qui les accompagnait. Car c'est en allant leur rendre service que j'avais perdu celui qui fut mien. Ce sont les derniers vampires étrangers qu'il avait vu et aujourd'hui ils étaient là devant moi à peine trois mois depuis la disparition de mon conjoint, pour mon couronnement.

-Miss Volturi. Lancèrent-ils ensemble en s'agenouillant avant même de saluer Aro et Marcus qui étaient leurs amis.

-Inès, Olivier. Je suis ravie de vous savoir présent parmi nous. Mentis-je.

-Nous sommes heureux que nous ayez convié et j'espère que nous aurons le temps de nous reparler. J'avais aimé notre conversation.

-Je verrais si je peux m'arranger pour vous accorder un peu plus de temps durant le temps où vous serrez présents. Leur répondis-je pas vraiment enthousiaste à l'idée, bien que je gardais pour moi mon état d'esprit.

-Bien Olivier et Inès je pense que nous aurons effectivement l'occasion de nous reparler d'ici peu. Santiago peux-tu conduire nos amis dans les appartements que leur a réservé Sulpicia ?

-Bien maître. Répondit ce dernier. Veuillez me suivre je vous prie. Leur indiqua-t-il.

-À plus tard. Nous salua Olivier avant de suivre Santiago.

-Qui sont les prochains arrivant ? Demandai-je.

-Les Cullen maîtresse. Répondit Démétri avec un certain dédain dans la voix.

Sachant qu'Edward devait très certainement déjà sonder les esprits de tout le monde présent moi mis à part. Je prenais sous mon bouclier mes frères de régences ainsi que les gardes présents. Dont Démétri qui était à ma droite juste à côté de mon trône, vu que la sécurité avait été renforcée autour de moi. Démétri ou Alec lorsque c'était son tour, étaient dans un périmètre plus rapproché que ce que le protocole habituel prévoyait.

Les Cullen entrèrent tous et tous s'inclinèrent devant nous. Je vis que Jasper avait un peu plus de mal que les autres à le faire et ce fut sa femme qui d'un coup de coude dans les côtes qui le décida à s'exécuter. Ce qui me tira un sourire de satisfaction, mal placé je l'avoue mais je me contentais de ce que j'avais.

Il releva la tête et me gratifia d'un sourire de connivence. Je dois dire que chez les Cullen il était celui que j'appréciais le plus. Peut-être parce qu'il était moins lisse et plat que le reste de leur famille. Je n'en savais rien, néanmoins il était celui que j'appréciais le plus de revoir. Je le vis froncer les sourcil et tourner la tête sur sa droite alors qu'Aro échangeait quelques paroles de bienvenue avec Carlisle. Je suivis son regard pour tomber sur l'échange visuel des deux frères, Edward et Jasper. Et de ce que je pouvais décrypter le premier n'avait pas l'air d'être heureux.

Je vis Démétri amorcer un pas pour se rapprocher de moi. À lui non plus l'échange n'avait pas plu.

Ce fut Esmé qui me fit perdre le fil de leur échange silencieux.

-Nous sommes sincèrement désolés pour la perte à laquelle tu dois faire face Isabella. Nous serons heureux de pouvoir t'apporter du soutien si tu le désires.

-Merci Esmé, j'apprécie ton offre mais comme tu peux le constater je suis plutôt bien entourée. Je garde tout de même cette proposition dans un coin de ma tête pour le jour où j'en aurais besoin.

-N'hésite pas, nous répondrons tous présent. Soutint Edward.

-Je n'en doute pas Edward. Répliquai-je d'un ton neutre.

Après un échange de banalités et des promesses de se revoir pour discuter rapidement. Ils partirent prendre possession des appartements préparé par Sulpicia. Nous reçûmes également la famille de Matvey et Lidyia. Bien évidemment leurs « progénitures » passèrent dans les mains d'Aro, simple mesure de sécurité aux vus de ce qu'ils s'étaient déjà passé. Contraintes qu'ils acceptèrent de bonnes grâce, bien que ce n'est pas comme si nous leur laissions le choix non plus. Yulan tenta un regard vers moi mais Démétri grogna le faisant baisser la tête immédiatement. Nous reçûmes encore quelques vampires proches de la famille. Ce fut ensuite le tour de tous les invités qui ne résidaient pas au château mais à l'extérieur. D'ailleurs nous avions dû organiser des groupes de surveillance qui s'occuperaient de la sécurité extérieur du château et des humains aux alentours.

Le fait que j'ai, avec nos gardes, réussi à rétablir notre hiérarchie fit que les vampires étaient assez échaudés et craignaient ma colère. D'après ce qu'avait pu me révéler Démétri qui les entendait parler lorsqu'ils sortaient de la salle d'audience.

Puis les séances habillages et les répétitions arrivèrent ce que nous entrecoupions entre quelques discussions de courtoisie avec certains de nos invités. J'avais une sainte horreur de ces mondanités mais malheureusement pour moi vu qu'ils étaient tous là pour moi je n'avais pas d'autre choix que de me plier à ces simagrées.

Nous y étions, Sulpicia m'avait rejoint avec tout le nécessaire. Je commençais à angoisser ce qui était une bonne chose en soit. Pas à cause de responsabilités et le devoir que j'allais épouser avec cette cérémonie. Non c'était la cérémonie en elle-même qui me terrifiait. Devoir être la cible de tous les regards, de toutes les attentions, surtout de toutes les indiscrétions concernant le fait que je sois intronisée en lieu et place de Caïus. Je dois dire qu'il me manquait encore plus maintenant, j'aurais aimé qu'il soit ici pour me soutenir. Pour me dire que ce n'était pas la mort et qu'il faudrait que je me montre digne du titre que j'allais acquérir.

Une fois apprêtée dans une robe fourreau en mousseline grise irisée. Un décolleté plus profond que ce que j'aurais choisi seule. La robe avait de fines bretelles et dévoilait mon dos arrêtant le plongé juste après ma chute de rein. La robe s'évasait au pied se terminant par une légère traîne un peu comme un arum à l'envers. Une robe digne d'une actrice de cinéma qui se rend à Cannes pour le festival portant le même nom.

Mais bon j'avais laissé carte blanche à Sulpicia et puis je devais reconnaître qu'elle était plutôt jolie cette robe. J'avais des escarpins assortis qui m'auraient très certainement tué si j'avais été humaine. Et pour accessoiriser le tout, de longs gants de la même couleur que ma robe également. Elle m'avait maquillée très légèrement mais assez pour l'occasion tout de même. Puis elle termina la préparation avec un chignon sophistiqué et serré. Lorsque je pus m'observer dans le miroir en pied qui se trouvait dans ma chambre je pus voir la transformation et c'était tout simplement incroyable. Mais un sentiment de manque et perte me submergea de nouveau. Je me sentais seule, terriblement seule, il me manquait atrocement.

-Ça ne va pas Bella ? Ça ne te plaît pas ? Demanda Sulpicia inquiète.

-Si c'est parfait. Tu as fait un travail magnifique. Lui répondis-je pour la rassurer.

-Mais ?

-Il me manque. Avouai-je dans un murmure.

-Je sais Bella. C'est un jour particulier aujourd'hui qui n'aurait certainement pas lieu s'il était toujours parmi nous.

-Je ne m'en porterais pas plus mal crois-moi. Je crois que je pourrais même me plier et obéir à son protocole si cela pouvait me le ramener. Elle rit d'un rire sans joie, toutefois je pus tout de même percevoir une pointe d'amusement causée par ma répartie.

-Je m'en doute. Tu sais à nous aussi il nous manque. Mais nous devons avancer, nous n'avons pas le choix. Pour notre bien à tous, pour celui de notre famille mais aussi pour celui de la communauté.

-Je sais Sulpicia. Seulement il y a des jours qui sont plus difficiles que d'autres et aujourd'hui fait partie de ces jours en question.

-Tu n'es pas seule nous sommes là, Aro, Marcus et moi. Tu fais partie de notre famille avant tout. Et pour Aro comme pour Marcus ils t'estiment bien plus que tu ne peux le penser. Tu es leur sœur de régence mais tu l'es dans le véritable sens du terme également. Tu es une Volturi et malgré ce que peuvent penser les sujets en dehors du château nous prenons soin les uns des autres et nous nous aimons tous sincèrement. Nous aimions même Caïus avec son sale caractère ce qui est peu dire. Tenta-t-elle de plaisanter.

-Oui malgré son caractère un peu vif il était adorable lorsque l'on apprenait à le connaître.

-Il ne laissait entrevoir cette facette de sa personnalité qu'à peu de personne. Tu as été une privilégiée. Mais sache que malgré tout le peu de temps que vous avez passé ensemble tu l'as rendu heureux. Et il l'a été véritablement je peux te l'assurer.

-Je l'ai été aussi. Et malheureusement je doute de pouvoir un jour retrouver cette sérénité d'esprit et cette sensation d'apaisement que j'avais lorsqu'il était présent.

-Tu le seras de nouveau je peux te l'assurer. Il faut seulement que tu arrives à te libérer de ce mal qui te consume et que tu regardes autour de toi. Que tu apprennes à faire confiance à ton intuition également. Et une fois ceci fait tu le seras j'en suis persuadée. Me dit-elle avec beaucoup de compassion et d'assurance également.

Je la regardais ne voulant pas la contredire mais je savais au fond de moi que je ne serais plus jamais celle que j'avais été avec Caïus. J'entendis Démétri arriver sur le pas de mes appartements, il savait que je l'avais entendu. Donc il restait silencieux jusqu'au moment où je le rejoindrais afin qu'il m'escorte dans la salle d'audiences transformée pour l'occasion en salle de réception. Normalement nous devions rejoindre Aro et Marcus pour pénétrer ensemble dans cette salle. Un rituel synonyme de cohésion au sein de notre communauté.

-C'est l'heure ma belle. M'informa Sulpicia.

Je sentis également Santiago arriver auprès de Démétri, pour assurer son rôle auprès de Sulpicia, nous allâmes les rejoindre. Lorsque j'ouvris la porte je fus surprise par la prestance de Démétri devant moi. Il était droit et fier dans son costume fait de soie et de satin blanc, seul le gilet était noir ce qui contrastait magnifiquement avec l'ensemble. Je le vis me détailler également ce fut Sulpicia qui nous permit de reprendre contenance si je puis dire.

-Tu es magnifique Démétri, et toi également Santiago.

-Vous êtes également sublime maîtresse. Lui rétorqua Santiago.

-Vous également ma reine. Vous serez sans conteste la plus belle femme de la soirée. Renchérit Démétri ses yeux bordeaux dans les miens.

-Merci Démétri, répliquai-je simplement. Car je ne suis pas sûre que la répartie que j'avais en tête soit toute indiquée en pareil moment.

Je me repris et revêtis mon traditionnelle masque d'impassibilité et j'avançais aux côtés de Sulpicia. Nos gardes juste derrières nous, afin de rejoindre Aro et Marcus qui eux nous attendaient aux pieds de la tour de Marcus.

Couronnement

Chapitre 23 : Couronnement

Pov Bella

Nous allâmes rejoindre Aro, Marcus et leur gardes respectifs pour nous rendre à la salle de cérémonie. Lorsque nous les rejoignîmes Aro nous complimenta et Marcus se contenta d'un simple hochement de tête pour signifier son accord avec les paroles de son frère. Je détaillais les tenues de cérémonie de mes futurs frères de régence. Ils avaient tous deux leurs couronnes sur leurs têtes, deux pièces richement ornées de pierres précieuses en tout genre, diamants, rubis, émeraudes... Celle d'Aro bien entendu encore plus extravagante que l'autre pièce. Ils avaient revêtu également leurs capes royales.

Ils arboraient ces tenues pour leur signification en ce jour spécial mais également pour les toiles sur lesquelles nous allions être représentés. Ils y auraient deux représentations sur peinture de créer pour cette cérémonie. L'une de nous trois seulement, qui viendrait se placer aux côtés de celle où ils posent avec Caïus lors de leurs sacrement à tous les trois dans la salle d'audiences. Puis une autre plus familiale je dirais où nous serons représentés avec Sulpicia et nos gardes personnels les plus proches du noyau familiale, ceux qui ont toute notre confiance. Celle-ci viendra également rejoindre la galerie des toiles de notre famille qui se trouvent dans le bureau d'Aro.

Ce dernier bien qu'ouvert au modernisme, préférait les représentations sur toiles plutôt que les simples clichés photographiques. Personnellement, avant je partageais son avis mais aujourd'hui cela avait peu d'importance pour moi.

Aro prit son téléphone alors que Rosalie arrivait pour prendre place à ma gauche.

-Oui maître, entendis-je la voix de Félix.

-Est-ce que tout le monde est présent ? demanda Aro.

-Oui maître il ne manque plus que vous.

-Très bien nous arrivons, déclara le roi.

Nous avançâmes tous ensemble Marcus, Aro, Sulpicia et moi. Les gardes étaient plus en retrait seuls Démétri, Rosalie et Alec étaient plus proche, en fait, nous formions trois lignes.

Ce changement dans le protocole était bien entendu pour assurer ma sécurité mais également pour montrer aux vampires présents, que les mesures avaient été renforcées. J'avais toute ma famille et gardes compris sous la protection de mon bouclier. Car s'ils devaient assurer notre sécurité mieux valait qu'ils ne soient pas eux mêmes victimes d'une attaque quelconque.

Nous arrivâmes devant les portes de la salle d'audience où Félix nous attendait bien sagement à l'extérieur. Une fois devant il les ouvrit et nous pûmes faire notre entrée. Je trouvais cela un peu trop tape-à-l'oeil. Pour Marcus, je crois qu'il s'était trop habitué au fait qu'Aro soit aussi exubérant et il n'y portait plus d'attention. Quant à Aro lui-même, il était tout sourire lorsque nous avançâmes parmi nos congénères qui s'écartaient de notre passage. La musique s'était arrêtée et seuls quelques chuchotis se faisaient entendre de part et d'autre de la salle.

Nous arrivâmes à nos trônes et nous fîmes un arrêt avant de nous retourner et de faire face à l'assemblée. Je sentais le poids des regards de la majorité de la salle, mais je n'en montrais rien. Je fixais devant moi détaillant chacun des vampires présents. Ceux que je connaissais et ceux qui m'étaient inconnus me concentrant sur ceux que je ne connaissais pas pour bien mémoriser leur visage et ainsi demander à Aro par la suite qui ils étaient.

-Mes amis, se fit entendre Aro après quelques secondes de silence. Je tiens à tous remercier pour votre présence parmi nous aujourd'hui, qui est jour historique pour notre communauté. Mais pour commencer je souhaiterais que nous gardions un silence total durant une minute symbolique en mémoire de Caïus, un roi, un frère, un compagnon.

Nous baissâmes solennellement la tête pour tous nous exécuter. Je dois dire que je le faisais avec plus de tristesse et de chagrin que la plupart de nos congénères. Durant cette minute je fis défiler les plus beaux souvenirs que j'avais de lui. La première fois que je l'avais vu, lorsqu'il s'était levé pour venir me protéger en personne, peu de temps après notre premier baiser suivit rapidement de notre première fois. Puis lorsqu'il était venu dans notre maison des collines après mon réveil. Sans oublier tous ces petits souvenirs anodins à l'époque qui prenaient une tout autre ampleur aujourd'hui.

-Bien merci pour votre marque de respect à ce souverain qui aura laissé sa trace dans notre communauté. Que ce soit en temps que régent ou en tant qu'homme. Il mérite cette attention car malgré un caractère quelque peu orageux. Il a fait de grandes actions durant son passage sur notre terre et il l'a quitté en héros si je puis dire. Puisqu'il a laissé sa vie pour protéger celle de sa compagne. Celle qui va devenir au cours de cette cérémonie votre reine, Isabella Volturi. Nous avons conscience que certains d'entre vous ont une vision assez perplexe de notre décision. Mais sachez qu'elle a fait preuve de beaucoup de sagesse envers des situations délicates. De beaucoup de fermeté pour d'autre où il fallait s'imposer et qu'elle a su gagner notre confiance à Marcus et moi. Tout comme elle a su le faire auprès de son compagnon. Ce qui vous en conviendrez n'est pas une simple banalité, lorsque l'on connaissait l'esprit entêté de notre frère. Dit-il un sourire aux lèvres, sourire que je vis se répercuter sur d'autres visages dans l'assemblée. Nous entrons dans une époque où les différences entre mâles et femelles ne sont plus si importantes que celles que nous leur avons accordé par les siècles passés. Et d'ailleurs l'ont-elles véritablement été un jour ? Car lorsque nous voyons nous autres vampires, comment il est difficile de pouvoir nous passer de nos compagnes lorsque les situations s'y prêtent. Je pense que notre évolution sur les humains nous permet justement de pouvoir nous plier à cette constatation. Nos femmes, pour rester correcte, ne nous sont pas inférieures et je dirais même que certaines fois elles ont peut-être un peu plus de bon sens que nous autres vampires de la gente masculine. Je pense qu'il est temps que nous aussi entrions dans la nouvelle ère qui se propage et laissons aux femmes la place qu'elles méritent. C'est pourquoi nous sommes également fiers qu'Isabella vienne renforcer notre système de régence de par sa volonté farouche, son recul naturel et ses expériences de la vie. De plus de par son régime alimentaire elle représente un autre aspect de notre société actuelle. Puisque l'on peut compter de plus en plus de nos congénères végétariens et que nos différences enrichissent également notre développement personnel comme collectif, termina Aro.

-Bien nous allons procéder au couronnement. Se fit entendre Marcus à son tour.

Il me tendit la main afin que je m'agenouille devant eux sur le petit coussin de velours rouge disposé pile devant Aro.

Ce que je fis ayant répété je savais ce que je devais faire. Une fois en position Démétri et Rosalie prirent place derrière moi debout pour assurer ma protection alors que je tournais le dos à la majorité des vampires pendant qu'Aro et Marcus procédaient à mon sacre.

-Isabella Volturi nous nous apprêtons à te conférer tous les pouvoirs qu'une reine doit pouvoir disposer pour régir sur sa communauté, sur notre communauté. Mais pour ce faire il te faut nous convaincre de ta dévotion envers nos semblables afin que nous puissions juger de ton engagement au sein de notre société. M'informa Aro.

-Moi Isabella Volturi compagne de feu Caïus Volturi. M'engage personnellement et solennellement à protéger mes futurs sujets ainsi que leurs intérêts et leurs biens en toute équité. Je m'engage également à maintenir et à conserver la paix au sein de notre congrégation. À combattre et à exterminer les hérétiques qui menacent notre communauté comme ceux qui menacent, enfreignent et violent nos lois. À prendre chacune de mes futures décisions royales en gardant à l'esprit les intérêts de notre communauté.

-Bien nous avons convié plusieurs congénères avec des dons spécifiques pour confirmer à la majorité de nos sujets la véracité des propos de votre future reine. Des vampires dont l'intégrité et les réputations ne sont plus à faire et qui seront de par ce fait les témoins officiels de l'engagement d'Isabella Volturi. Je demanderais donc à Jared Ilario et au Major Jasper Whitlock de bien vouloir se rapprocher afin de révéler devant tous ce qu'ils ont ressenti.

Je ne vis pas ce qu'il se passait dans mon dos mais j'entendis les deux vampires se rapprocher de nous autres. Sans pour autant dépasser mes gardes qui étaient la ligne de sécurité à ne pas dépasser.

-Bien comme vous le savez tous Jared à un don très utile dans notre situation. Il peut déceler si les propos qu'il entend sont vrais ou non. Le Major quant à lui est empathe et de ce fait est tout à fait apte également à distinguer un mensonge, une dissimulation ou tout simplement la vérité. Je vous demanderais donc messieurs en tant que témoins officiels de cette cérémonie, de partager avec nos semblables vos impressions sur les propos d'Isabella Volturi.

-Je suis en mesure de confirmer que les promesses de notre future reine sont véridiques. Je n'ai décelé aucun mensonge dans le serment qu'elle a fait. Confirma celui que je pensais être Jared vu que je ne connaissais pas sa voix.

À cause de la nature officielle de leurs positions à chacun. Je n'avais pu les rencontrer après les demandes officielles de Marcus et Aro de bien vouloir accepter d'être les témoins de cette cérémonie.

-Pour ma part je peux même ajouter qu'elle a mis beaucoup de convictions dans son discours. Et tout comme Jared j'affirme qu'Isabella Volturi est honnête dans ses promesses et s'acquittera de sa tâche avec un soin tout particulier. Tel est le sentiment que j'ai perçu de par l'engagement qu'elle vient de prendre devant nous. Accrédita Jasper.

Je lui en étais reconnaissante. Pour quelle raison je ne pourrais le dire. Mais le fait qu'il m'accorde du crédit et surtout qu'il le témoigne devant toute notre communauté, me touchait. Bien que j'avais conscience que je n'avais pas menti dans mon serment. J'avais bien l'intention de prendre soin de notre communauté au moins le temps que je resterais sur cette terre. J'y consacrerais toute ma non-vie et toute mon attention.

C'est tout ce que je pouvais faire pour leur avoir fait perdre un roi. Et pas n'importe lequel, le fer de lance du trio de régence. Celui qui imposait crainte et respect aux yeux de nos congénères mais également à ceux de nos ennemies. Je ne pouvais pas être moins que lui. Je devais maintenir sa mémoire et seuls mes actes pourraient arriver à cela.

-Bien puisque nous avons la certitude maintenant qu'Isabella Volturi se dévouera à notre communauté comme l'exige d'elle son futur statut. Nous pouvons conclure cette cérémonie.

Marcus alla sur mon trône où mon diadème reposait sur un épais tissu de velours argenté, qui je le savais était une cape pour la cérémonie. Il prit le diadème puis vint le donner à Aro. Ce dernier se plaça devant moi avec le bijou où diamant, ambre et rubis se côtoyaient faisant scintiller ma couronne royale. Marcus lui s'empara de la cape qu'il déploya nous pûmes alors constater qu'elle était assortie à ma robe et que sur le contour du tissu se trouvait de la fourrure d'une blancheur immaculée, l'attache qui sert à maintenir les pans de la cape était faite de notre blason familiale. Marcus vint se placer derrière moi pour déposer le tissu sur mes épaules puis revint devant afin de l'attacher. Quand il se recula Aro vint à son tour déposer le diadème sur ma tête, en déclarant solennellement :

-Nous Marcus et Aro Volturi te déclarons, toi Isabella Volturi compagne de feu Caïus Volturi, reine de Volterra et de notre congrégation vampirique. Il t'incombera de toujours agir pour le bien-être de nos congénères, de faire respecter les lois qui régissent notre communauté et surtout de toujours agir avec équité et impartialité lorsque tu devras prendre une décision. Tes agissements doivent être en permanence irréprochables car c'est ce que l'on attend d'un roi et dans ton cas d'une reine. De par ce statut nous te conférons tous les pouvoirs que tu es en droit de recevoir. Fais en bonne usage.

-Mon unique objectif est de servir notre communauté aussi bien que mon compagnon l'a fait avant moi.

Aro me gratifia d'un sourire tendre alors qu'il me tendit la main pour me relever. Il me fit passer à sa gauche et je pus enfin faire face à nos sujets. J'étais devant tous, alignés aux côtés de mes frères, puisqu'à partir de maintenant ils l'étaient officiellement. Tous s'agenouillèrent gardes compris en scandant des « Vives nos rois, vive notre reine ». Nous restâmes à nous faire couvrir d'éloges en tout genre pendant quelques minutes. Puis Aro reprit la parole.

-Merci pour vos vœux qui nous touchent tous sincèrement. Nous allons bientôt pouvoir passer aux festivités. Mais j'aimerai vous faire part d'un sujet que j'estime important. Comme vous le savez lorsque nous avons pris le pouvoir il y a de ça plusieurs siècles maintenant. Nous avions pris une décision l'une des premières d'ailleurs, concernant l'éventualité de la mort de l'un de nous. Nous avions décrétés à l'époque ne pensant pas qu'un jour nous ayons à vivre pareille tragédie. Que les régents toujours en places choisiraient une tierce personne pour venir apporter son soutien à notre gouvernance pour justement avoir une voix qui tranche en cas de désaccord. D'où la raison d'un trio à la place d'un duo ou même un quatuor. Dans ces conditions nous avons cru bon d'intégrer le fait qu'il faille que ce « futur régent » ait été transformé par l'un de nous, pour les raisons dont vous pouvez très aisément comprendre. Les liens du venin. Celui-là même qui uni un créateur à sa créature si je puis m'exprimer ainsi. Ce mélange d'ADN qui fait que le vampire transformé ne peut faire du mal à son créateur et dans notre cas nuire à notre gouvernement. Comme vous l'avez appris maintenant, Caïus a transformé Isabella. Suite à sa perte nous avons dû affronter de fortes crises de rébellions jamais subi auparavant. Le fait d'avoir perdu Caïus certaines têtes brûlés ont cru que nous nous étions affaiblis. Et j'avoue qu'ils n'avaient pas vraiment tort et que oui nous avons été ébranlés quelques temps. Le temps qu'il a fallu à Isabella pour se remettre tant bien que mal de la mort de son compagnon. Mais comme vous en avez très certainement entendu parler. Elles est partie avec quelques gardes et a reconquis notre pouvoir. Elle s'est battu tant physiquement que psychologiquement pour que notre famille garde le pouvoir et le contrôle. Et tout cela pour vous assurer, entre autre, une certaine sérénité à vous tous ici présents. Tout ça pour vous faire part de notre fierté dans le fait d'avoir cette femme à nos côtés et de pouvoir la considérer aujourd'hui comme une sœur. Je sais que cela n'est pas vraiment dans le protocole de cérémonie mais je crois que cette histoire a son importance. Et j'aimerai que lorsque vous quitterez ce château et que vous rencontrerez d'autres de nos semblables qui ne sont pas venus ou qui pour des raisons de sécurité et surtout de discrétion n'ont pas été invités, que vous leur racontez l'histoire d'Isabella Volturi. Proclama Aro en me prenant la main.

J'étais émue, ressentir la fierté et le respect d'Aro était véritablement troublant pour moi. J'avais beau garder mon masque d'impassibilité je sentais qu'il s'effritait peu à peu. Et si j'avais été humaine je n'aurais certainement pas pu retenir une larme ou deux de par l'émotion qui m'habitait présentement. Je lui serrais la main en remerciements silencieux et il me fit un sourire tendre. Je me sentais vraiment faire partie de cette famille et encore plus maintenant que mon compagnon n'était plus.

Ce qui était assez paradoxale en soit car lorsqu'il était en vie je les aimais mais je ne les voyais pas comme ma famille. Je parlais d'eux comme telle, mais je ne le ressentais pas vraiment, ils étaient les frères de Caïus et pour Sulpicia sa belle-sœur. Mais maintenant je prenais conscience devant tout le monde qu'ils étaient ma famille et que je les ressentais et les aimais de cette façon.

Ce que je trouvais étrange c'est le fait que prendre conscience de ça me donnait un léger espoir et surtout un certain apaisement. Mais l'espoir dominait le reste, l'espoir que je pourrais tout de même continuer ma vie sans forcément être seule. Bien que ma peine restait grande et que ma motivation première était à peine ébranlée. Je savais que je pourrais maintenant me reposer sur quelqu'un si tout ça devenait trop lourd pour moi.

-Bien évidemment cette histoire me permet de faire une petite transition concernant la suite de la cérémonie. Cérémonie qui s'achève par le bal d'ouverture qui marque également le début des festivités. Dans notre protocole il avait été élaboré que le futur régent devrait ouvrir le bal avec son compagnon. Ou dans la situation actuelle qui est la notre aujourd'hui, Isabella aurait dû le faire avec son créateur. Hors cela ne peut se faire. Mais comme il est important que le protocole soit suivi au plus près pour garantir la validité de cette cérémonie de sacrement. Nous avons parmi nous un vampire qui a lui aussi été transformé par la créatrice de Caïus lui-même. Ce qui pour l'occasion sera plus que l'on ne pouvait espérer pour ce jour si important. Et surtout se rapprocher au plus près de nos principes protocolaires auxquels nous tenons particulièrement.

Je regardais Aro suspicieuse, j'aurais aimé retirer mon bouclier pour pouvoir l'interroger. Mais j'avais peur que d'une part Edward capte notre conversation privée. Et puis on ne sait jamais un vampire avec un quelconque pouvoir pourrait en profiter voyant notre conversation silencieuse pour s'en prendre à nous. Donc je gardais mon bouclier en place et fulminais contre Aro, que je soupçonnais d'avoir comploté ce passage de la cérémonie. Car pour moi d'après les répétitions, j'étais censée ouvrir le bal avec Marcus.

-Donc je demanderais à ce vampire de bien vouloir se faire connaître s'il le désir bien entendu. Je vis Démétri faire un demi-tour avec un sourire discret mais bien présent.

Lui aussi devait se douter que c'était un coup tordu d'Aro. Et si l'avoir pour frère signifiait que je devais également subir tous ses coups en douces et tordus voire même ses coups bas. Je crois que je n'allais pas tarder à réclamer une réunion de famille pour remettre les points sur les « i » et les barres sur les « t ». Démétri s'approcha de moi et mit un genoux à terre.

-Ma reine m'accorderez vous cette danse ? Je jetais un regard noir à Aro qui s'amusa plus qu'il ne trembla.

Je fis un pas en avant pour prendre la main que Démétri me tendait. Aro mit ses mains sur mes épaules pour stopper ma progression. Ce que je fis le regard interrogateur.

-Ta cape. Ce ne sera pas pratique de danser avec ça. Tu la remettras après lors de la séance de pose pour les représentations sur toiles. Il la défit habilement et rapidement et je pus reprendre la marche au centre de la pièce au bras de Démétri.

Je savais que l'on allait ouvrir le bal sur une valse, donc je me mis en position auprès de Démétri qui était étrangement fier. Il avait même une lueur étrange dans son regard, quelque chose que je n'avais pas vu depuis... Non je n'avais pas le droit de repenser à tout ça. Je secouais la tête discrètement pour me chasser les images qui venaient d'assaillir mon esprit. Son regard changea et passa par de la curiosité.

-Tu savais ? Lui demandai-je tout bas, bien que je savais qu'au moins ceux autour de nous entendraient.

-Non, c'est une surprise pour moi également. Me répondit-il.

Mais il y avait autre chose, je le voyais. Démétri ne me mentait jamais mais je voyais une expression étrange dans son regard. Il dut voir que quelque chose me dérangeait car il me fit un sourire espiègle, celui-là même qu'il me faisait et qui me déstabilisait. D'ailleurs je dus faire beaucoup d'effort pour retenir celui plus niais que j'allais lui retourner.

Bon sang ! Me fustigeai-je intérieurement ça n'allait pas recommencer. Un sourire et je perdais mes moyens ? Je me renfrognais.

-Arrête ça ! Chuchotai-je vraiment très bas, alors que la musique résonnait à nos oreilles et que commencions à valser à son rythme.

-Je suis désolé. Mais je ne peux empêcher mon orgueil se gonfler de vous avoir dans mes bras pour cette première danse ma reine. Bon nombre de vos sujets aimeraient ma place. Donc j'en retire une immense fierté.

-Bon nombre ou un seul en particulier ? Demandai-je sachant pertinemment qu'il en avait un bien précis en tête.

-Bon nombre je vous l'assure. Mais vous me connaissez suffisamment bien pour avoir su me décrypter aisément.

-Je suppose que l'on ne pourra jamais rien faire contre cette vieille rivalité.

-Effectivement. Me répondit-il tout en me guidant dans notre danse.

La proximité avec Démétri me fit un bien fou, j'avais l'impression de relâcher un peu de tension en sa présence ou dans ses bras principalement. Il a toujours eu ce pouvoir étrange sur moi, celui de pouvoir m'apaiser sans forcement le faire exprès ou le vouloir. Et pour le moment j'appréciais cela, car j'avais l'impression que mon corps était presque meurtri d'avoir été trop tendu.

Je ne pensais pas que je pouvais ressentir pareille sensation en devenant vampire. Je pensais notre corps à toutes épreuves mais il me fallait admettre que même les vampires sont victimes de tensions qu'elles soient physiques ou psychologiques.

Nous passâmes le reste de la danse à nous observer, enfin moi à me perdre dans son regard. Il avait tant de prestance en ce moment, tournoyant autour de cette salle avec cette assurance et cette aura de fierté et je dirais même de puissance.

J'étais la reine mais en ce moment c'était lui le plus puissant de nous deux en tout cas c'est comme ça que je le ressentais. Il était élégant, prestigieux et surtout il était le plus fort d'entre nous, c'était ce qui se dégageait de lui. Je comprends maintenant pourquoi c'est lui que j'avais choisi pour être près de moi. Car j'avais dû ressentir cette aura à chaque fois qu'il m'était venu en aide.

Comme la fois où il avait défié Caïus avant que ce dernier ne décide de faire de moi sa compagne. Il était terrifiant et dangereux et j'avais eu peur pour lui car je savais que Caïus aurait eu le dernier mot de quelque façon que ce soit. Mais ce jour là le plus terrifiant des deux avait été Démétri. D'ailleurs les sbires de Stephan ne s'en prenaient pas à moi ou en tout cas ils le faisaient intelligemment si je puis dire à cause de Démétri. Voilà d'où me venait cette sensation d'apaisement, c'est que je me sentais en sécurité avec Démétri, il me protégeait et il le faisait bien. Plus d'une fois je me suis mise dans des situations délicates et il m'en avait sorti à chaque fois. Au plus les minutes passaient au plus je me détendais et au plus je me sentais bien malgré l'insistance de la foule à m'observer enfin à nous observer. Approximativement au milieu de la danse Aro et Sulpicia vinrent nous rejoindre sur la piste de danse, puis se fut le tour de Marcus avec Sophia ce qui me surprit je dois l'avouer. Démétri me fit un de ses sourires déstabilisants avant de me dire.

-Il va être grand temps que vous ouvriez les yeux sur ce qui ce passe autour de vous ma reine.

-Il semblerait. Y a-t-il beaucoup d'autre choses qui m'auraient échappées de la sorte ?

-Quelques unes oui. Répondit-il le regard plus sombre.

-Pourrais-tu m'en informer alors ?

-Ce n'est pas le lieu, ni le bon moment pour, mais je vous en parlerais. Rétorqua-t-il simplement.

Dans son intonation je perçus cependant quelques réticences. Je présumais que je n'apprécierais pas forcément ce qu'il allait m'apprendre. Les convives nous rejoignirent sur la piste de danse et rapidement elle fut envahie par une multitudes de couples. La musique s'arrêta et Démétri me gratifia d'un baise main digne d'un gentlemen. Il allait me raccompagner à mon trône lorsque Edward Cullen apparut devant nous.

-Ma reine accepteriez-vous de m'accompagner pour une danse. Je vis Démétri se saisir et serrer ma main un peu plus dans la sienne.

-Tu n'as pas trouvé Tanya ? Si tu veux je peux t'aiguiller. Lui répondit mon traqueur avant que je n'ai eu le temps de formuler ma réponse.

-Je n'ai vraiment pas besoin de tes services. Crois-moi, je suis là où je veux être. Mais toi tu devrais aller faire un tour vers le groupe de filles au fond de la salle, là-bas vers Jane. Apparemment plusieurs d'entre elles ne seraient pas contre un petit moment avec toi. Répliqua le télépathe. Bien que je ne sache toujours pas ce qu'elles te trouvent. Mais les goûts et les couleurs ne se discutent pas.

-Pour ta gouverne sache que d'une part ce n'est pas un simple bal que nous organisons et donc ma place est auprès de ma reine. De plus pour t'éviter de perdre du temps, sache que j'ai trouvé ma compagne et que le genre de moment que tu viens de sous entendre, elle seule peut en bénéficier.

-En voilà une bonne nouvelle. Se réjouit visiblement Edward. Et qui est l'heureuse élue que j'aille la remercier sincèrement. Démétri gloussa son amusement.

Moi par contre je ne sais pas vraiment ce que je ressentais présentement. Mais ma paix intérieur, ma sérénité d'esprit et mon apaisement physique eurent une vie aussi longue qu'un éphémère. Je regardais Démétri n'ayant toujours pas ouvert la bouche attendant qu'il réponde à cette question. Était-ce ça qu'il voulait me dire dans un lieu plus approprié ? Quoi d'autre vu le ton qu'il avait employé ce ne pouvait être que ça. Et moi dans tout ça ? Oui je sais qu'en plus d'être d'un égoïsme sans nom, j'étais de très mauvaise foi. Mais qu'allais-je faire si même le seul homme qui avait toute ma confiance m'abandonnait au profit d'une autre femme, de sa compagne ? Même en tant que reine je ne pouvais rien faire contre ça. Je ne pourrais l'obliger à rester avec moi, il me quitterait forcément et je ne l'aurais plus auprès de moi. Je me sentis subitement pas bien, vraiment pas bien.

-Bella est ce que ça va ? Demanda Jasper en s'approchant.

-Oui. Répondis-je en me reprenant car je voyais que tous me regardaient maintenant. Bien évidemment je mentais mais j'espérais que Jasper le comprendrait et surtout qu'il le tairait.

-J'accepte de danser avec toi Edward. Répondis-je au télépathe voulant mettre de la distance entre Démétri et moi.

Car le mal être qui commençait à se lasser de moi surtout depuis que j'avais pris conscience que je n'étais plus seule, réapparut subitement. Et tout ça avec l'annonce qu'il venait de faire.

Il avait trouvé sa compagne. J'avais l'impression de revivre une seconde fois la perte que j'avais ressenti lorsque Caïus s'était sacrifié pour moi.

Bien sûr que j'avais souhaité qu'il la trouve, mais c'était à l'époque où moi j'avais Caïus. Maintenant que mon compagnon n'était plus, j'avais encore plus besoin de Démétri. Il ne pouvait pas me laisser pour elle.

Je ne la connaissais pas mais je ne l'aimais pas si elle m'enlevait Démétri. Et elle le ferait sans aucun doute. Car quelle femme saine d'esprit accepterait cette proximité, cette complicité qu'il y avait entre nous et ce petit plus également car il y avait eu un plus. Et puis le fait qu'il risque sa vie pour une autre femme. Moi je ne l'accepterais pas, donc je pouvais me douter que d'ici à très peu de temps Démétri allait me faire part de son désir de quitter ma garde et me présenter par ce fait sa démission.

Je suppose qu'il ne sera plus jamais aussi proche que nous l'avions été par le passé et je m'en voulais maintenant. Car je n'aurais plus jamais l'opportunité d'être dans ses bras ou de l'embrasser comme je l'avais déjà fait. Même si pour le moment ce n'était pas ce que je désirais car il fallait que je respecte une période de deuil en mémoire de mon compagnon. Mais il serait hypocrite de ne pas m'avouer qu'il ne m'arrivait pas d'y penser de temps à autre.

Nous étions en train de danser avec Edward j'étais perdue dans mes pensées.

-Tu sais que c'est notre première danse. Lorsque tu étais humaine tu n'aimais pas danser. Tu étais tellement maladroite que tu étais persuadée que tu pouvais te casser une jambe rien qu'en pénétrant sur une piste de danse.

-Et des souvenirs humains qu'ils me restent je comprends, car c'est un trait de caractère qui ne m'a pas quitté après ma perte de mémoire.

-Tu sais Bella je suis peiné de voir et de sentir par l'intermédiaire de Jasper l'état dans lequel tu te trouves. J'aimerais vraiment pouvoir t'aider.

-Es-tu capable de ramener mon compagnon ?

-Non je ne le suis pas. Déclara-t-il dans un souffle.

-Dans ce cas il n'y a rien que tu puisses faire. Lui signifiai-je.

-Je suis là moi, je pourrai t'apporter ce qu'il te manque. J'ai conscience que je ne suis pas Caïus mais je t'ai toujours aimé et respecté Bella. Pas un seul jour n'est passé, pas une seule heure, ou une simple minute sans que je ne pense à toi.

-Edward Cullen, repris-je en arrêtant la danse en plein milieu de la piste. Certains regards convergèrent vers nous. Je suis Isabella Volturi, compagne de mon très regretté Caïus Volturi. Je suis également à partir de ce jour ta reine. Mais mon statut le plus important à mes yeux en ce moment même est celui de veuve si je peux me le permettre. Je n'étais pas mariée à Caïus et pour nous cela n'avait pas d'importance. Car nous nous aimions nous n'avions pas besoin de cérémonie pour l'officialiser ou pour s'en convaincre. Aujourd'hui mon compagnon n'est plus. Il m'a quittée en me sauvant la vie il y a trois mois de cela. Pour ces raisons je ne peux te laisser me déclarer ta flamme, je ne peux laisser qui que ce soit le faire. Car je suis en deuil et si tu me respectes comme tu viens de me le dire. Je te demanderai de ne plus vouloir me courtiser au moins durant un laps de temps que je jugerai nécessaire pour rendre hommage à la mémoire de mon compagnon.

-Je ne voulais pas t'offenser et je comprends ta position. J'ai manqué de tact et de discernement. Mais mon offre, celle de te soutenir et de t'aider tient toujours. Je serai toujours là pour toi et même si tu ne me retournes pas mes sentiments, je resterai toujours près de toi si tu en as besoin.

-Je te remercie Edward, j'en prends bonne note.

-Ma chère sœur puis-je à mon tour te demander l'honneur de m'accorder une danse. Me demanda Aro, intervenant dans la conversation.

-Bien évidemment. Lui répondis-je.

Edward Cullen s'éclipsa nous laissant Aro et moi sur la piste de danse au milieu des invités qui n'avaient pas perdu une miette de la remise en place que je venais d'efectuer à l'encontre du célibataire le plus en vu de notre congrégation.

-Je crois que je deviens sénile car je vais me répéter encore une fois ce soir. Mais je suis fier de toi. Tu as su gérer ce pauvre Edward avec beaucoup de diplomatie. Celle-là même qui te caractérisait avant.

-Je n'allais pas faire d'esclandre en plein milieu de la salle de bal. J'ai un statut à honorer maintenant.

-En effet. Répondit il en nous faisant valser.

-Aro ?

-Oui, répondit-il attendant que je poursuive.

-Que savez-vous de la compagne de Démétri ? Lui demandai-je. Il me regarda surpris. Démétri et Edward ont eu encore une petite joute verbale et Démétri pour rabattre le caquet de Cullen a répondu qu'il n'accordait plus de crédit aux femelles parce qu'il avait trouvé sa compagne. Lui expliquai-je brièvement.

-Je vois, répondit mon frère. Pour commencer maintenant que tu es reine, tu n'as plus besoin de me vouvoyer et je t'avoue que j'aimerais vraiment que tu me tutoies comme le fait Marcus et comme le faisait Caïus. Car cela met une barrière entre nous et j'aimerais vraiment que nous soyons tous véritablement unis.

-Bien je veux bien revoir ce précepte, lui répondis-je. Mais tu ne réponds pas à ma question. Le repris-je en le tutoyant. Qu'il voit que je n'étais pas dupe de sa vaine tentative de me faire dériver dans la conversation. Il me sourit amusé.

-D'accord. Ce n'est pas vraiment à moi de t'en parler mais je vais t'en révéler un peu. Pour le reste il te faudra aller en parler avec le concerné lui-même.

-Je veux juste savoir ce qu'il s'est passé et ce que je n'ai pas vu. J'en parlerai avec Démétri lorsque je penserai le moment adapté à une telle conversation. Est-elle réellement sa compagne ?

-Oui il a réellement trouvé sa véritable compagne. Répondit Aro me scrutant intensément, jaugeant mes réactions. Mais les choses ne sont pas simple entre eux. Il y a une personne qui s'interpose dans leur avenir commun. Une vague de désespoir m'engloba soudain.

Si je n'avais pas été un vampire j'aurai cédé sous le poids d'une telle pression et cela m'aurait dans le vrai sens du terme mise à terre. Étais-je la personne qui était entre eux ? Si ma logique était bonne et je ne doutais pas de cela, je l'étais véritablement dans le sens où il était en permanence avec moi. Et donc mes craintes, celles qui tournaient en boucles dans mon esprit depuis que je l'avais entendu annoncer cette terrible nouvelle, étaient fondées. Terrible pour moi il en va sans dire.

-Est-elle ici ce soir ? Lui demandai-je avec une curiosité malsaine.

Je savais que je ne devais pas le faire. Mais c'était plus fort que moi. Il fallait que je sache si celle qui m'achèverait était présente ce soir. Car Démétri ne montrait rien et restait seulement avec Alec à l'autre bout de la salle. Je ne pouvais donc pas savoir si elle était présente ou non. Je voyais bien qu'il me scrutait il ne perdait pas un mot de la conversation que j'avais avec Aro. Mais pour ma défense il fallait que je me prépare à la future et désagréable conversation que j'allais avoir avec lui.

-Oui elle est présente. Mais je crois sincèrement que tu devrais aller lui en parler. Dans peu de temps nous devrons aller poser pour les toiles. Ensuite tu devrais pouvoir t'absenter quelques minutes pour pouvoir régler cette histoire qui te tracasse.

-Non, nous verrons cela une autre fois. Par contre j'aimerai que pour la pose de la seconde toile, Félix se joigne à nous. Je pense que je vais le promouvoir d'ici peu de temps sans compter qu'il est très important pour moi. Il était le garde de Caïus et j'aimerai qu'il soit représenté à mes côtés également.

-Oui c'est tout à fait possible. Effectivement Félix a tout à fait sa place parmi nous. Acquiesça Aro.

La danse se termina et mon frère me gratifia d'un baise main tout comme l'avait fait Démétri un peu plus tôt. Repenser à lui et surtout le voir me déchira le cœur. Je pense que j'allais lui faciliter la tâche car je ne pourrais plus le savoir à côté de moi totalement inabordable. Même si cela avait été le cas par le passé je savais qu'il partageait mes sentiments donc pour moi c'était plus facile. Mais maintenant qu'il avait sa compagne il n'avait plus ces mêmes sentiments, puisqu'il était destiné à elle.

Je maudissais cette femme et je dois même admettre que je pourrais volontairement lui faire du mal pour m'enlever mon Démétri. Il avait été à moi avant d'être à elle. Il m'avait sauvée à plus d'un titre et aujourd'hui c'est lui qui allait m'anéantir, me terrasser. Mais je ne pouvais pas le montrer, j'allais devoir endosser de nouveau ma cuirasse que j'avais mise de côté ces derniers jours. Car je me rendais compte qu'il n'y avait qu'avec elle que je pouvais avancer. Que je ne pouvais faire confiance à personne puisque le seul qui avait ma confiance toute entière me trahissait, malgré lui certes mais il le faisait tout de même.

Je retournai à mon trône alors qu'Aro invita Lydia et que Sulpicia dansait quant à elle avec Matvey. Rose et Démétri vinrent se positionner derrière moi. Au bout de quelques minutes où je faisais mine d'observer la piste et ses danseurs alors qu'en fait j'étais en train de planifier ma première décision de souveraine. Décision qui me serait personnelle puisqu'elle concernait le remerciement de Démétri. Je sentis ce dernier s'approcher de moi.

-Ma reine. Commença ce dernier. Je tournais la tête vers lui mais mon regard ne devait pas être très tendre car il fronça les sourcils immédiatement après avoir croisé mes yeux.

-Avez-vous soif ? Me demanda-t-il.

-Non ! Répondis-je sèchement. Que voulais-tu ? Repris-je tout aussi durement. Il se raidit le front toujours plissé et les sourcils froncés.

-Je voudrais vous parler.

-Est-ce que ça concerne ma conversation avec Aro ?

-Oui. Répondit-il seulement.

-Dans ce cas cela peut attendre. Nous verrons cela plus tard. À moins que tu ne veuilles t'absenter dès maintenant ?

-Non ce n'est pas ça ! Répondit-il sec à son tour. Je suis ici et j'y reste. Mais je crois que nous devons éclaircir un point car il me semble que vous vous soyez méprise.

-Non j'ai parfaitement compris la situation. Mais comme tu l'as dit précédemment ce n'est ni le lieu et encore moins le moment. Nous aborderons ce sujet ultérieurement. Et ne t'en fais pas j'ai bien l'intention de t'accorder la requête que tu vas me demander. Je te rendrais ta liberté dès cette soirée terminée.

-Mais...

-STOP ! Lançai-je un peu plus durement.

Quelques têtes tournèrent vers nous alors que Démétri regagna sa place et que je fis un geste d'apaisement pour leur signifier de retourner à leurs occupations.

J'entendis Rosalie souffler d'agacement. Je tournais la tête pour voir ce qui la contrariait et je vis qu'elle évitait de me regarder mais qu'elle était visiblement très en colère.

Nous nous étions perdues depuis la mort de mon compagnon. J'avais l'impression que personne ne prenait au sérieux ma détresse et ma peine. Oui je savais qu'il n'était pas mon compagnon, mon véritable compagnon. Mais il n'en restait pas moins que j'étais véritablement amoureuse de lui. Je l'aimais énormément et je le considérais comme elle considérait Alec.

Pourquoi était-ce trop difficile à comprendre pour eux tous que je puisse avoir de vrais sentiments pour Caïus. Oui il avait un caractère difficile mais il était tellement plus que ça. Eux ne le connaissaient pas comme moi je le connaissais. Ils ne voyaient pas toutes les facettes de sa personnalité qu'il dissimulait aux yeux des gardes. Ces côtés qu'il ne dévoilait que dans l'intimité ou dans notre vie privée. Et c'était également le cas de Rosalie. Celle que j'avais toujours considérée comme ma sœur et même encore maintenant. Même si nous nous étions éloignées l'une de l'autre.

Je souffrais de cette distance qui s'était imposée à nous de par la tragédie que j'avais vécu et que je vivais toujours car je n'arrivais pas à me sortir de cette spirale infernale.

Mais aujourd'hui comment revenir sur nos liens ? Comment faire comme avant ? Cela était impossible puisque je n'étais plus cette Bella là et je crois que Rose attendait que je le redevienne. Mais malheureusement cela m'était impossible, il n'était plus et donc je n'étais plus non plus.

Aro et Marcus revinrent sur leurs trônes à leurs tours.

-Je crois que c'est une parfaite réussite. Qu'en penses-tu ? Me demanda Aro.

-Je pense que c'est le cas. Je m'attendais à plus de mécontentement. Je suis assez surprise, je dois l'avouer.

-Je crois que tu as réussi à semer le doute dans les esprits des plus réticents. Tout compte fait ils vont certainement t'accepter plus vite que nous le pensions.

-Tant mieux, renchérit Marcus. Cela nous garantira une certaine tranquillité dans l'avenir si Stephan ne peut pas réunir assez de vampires expérimentés dans ses rangs.

-Je partage ton avis mon frère. De plus tes exploits Isabella font le tour des conversations. Beaucoup sont impressionnés de par tes capacités guerrières comme celle de ta philosophie personnelle. Caïus était plus craint que respecté pour sa personne. Mais le fait qu'ils aient entendu la façon dont tu as parlé de lui pour remettre le jeune Cullen à sa place, a forcé leur respect te concernant et cela leur a permis de développer une sympathie pour Caïus.

-Tout compte fait le culot du télépathe a été une bénédiction en somme, conclut Marcus.

-Oui, c'est ce que l'on dirait, confirma Aro. Jane ? Appela-t-il.

-Oui maître. Fit cette dernière en s'approchant de son trône.

-Pourrais-tu je te prie aller trouver le peintre officiel pour lui demander de venir remplir ses obligations.

-J'y vais de ce pas. Répondit la garde.

-Isabella lève-toi que je te remette ta cape.

Je m'exécutais et Aro replaça le lourd tissu sur mes épaules. Puis je repris place dans mon fauteuil royal. Qui était en fait celui de Caïus. Aro m'avait demandé de choisir une pièce qui me serait personnelle mais je ne pouvais me défaire de ce siège qui avait accueilli si souvent et si longtemps mon compagnon. J'avais décidé que j'occuperais le même que lui, c'était également une façon de le garder encore près de moi.

Jane arriva avec un vampire qui avait du matériel de peinture. Chevalet, toile, mallette de peinture, la totale.

-Bien je demanderais à nos invités de bien vouloir continuer à festoyer. Nous allons partager votre plaisir de nos places. Que la fête continue ! Décréta Aro. S'il vous plaît veuillez-vous déplacer que notre ami puisse faire son travail. Demanda Aro à nos gardes.

Tous descendirent de l'estrade pour aller prendre place dans l'assemblée. Seuls Alec, Rosalie et Démétri restèrent plus proches que les autres, juste à côté du peintre. Je tournais le regard de l'autre côté de la salle pour ne pas avoir à croiser celui de Démétri qui ne cessait de m'observer avec intensité. Ce qui je dois avouer me déstabilisait mais surtout me dérangeait.

Le peintre mit environ une heure à reproduire la scène de la première toile officielle. Il refusa qu'on la voit pour le moment car pour lui elle était inachevée. Il la terminerait dans la pièce qu'on lui avait attribuée afin de ranger son matériel. Apparemment il esquissait dans un premier temps tous les détails durant la pose puis plus tranquillement il terminait avec les couleur et les effets de lumière. Il n'avait pas besoin que l'on reste assis durant des heures car tous les détails de couleurs restaient figés dans sa mémoire. Les avantages qu'octroyaient les dons vampiriques.

-Nous pouvons passer à la seconde toiles maîtres Aro, L'avertit l'artiste.

-Bien je demanderais à tous nos gardes royaux de bien vouloir revenir prendre place. Appela ce dernier et bien entendu tous s'exécutèrent.

-Félix ? Appelai-je.

-Oui maîtresse ? Me fit ce dernier sortant de la foule.

-J'aimerais que tu te joignes à nous. Et viens prendre place à mes côtés je te prie.

-J'en serais honoré maîtresse. Me répondit-il. Il vint se placer juste aux côtés de Démétri qui diminua encore la distance qu'il y avait entre lui et moi.

-Tous le monde est présent ? Demanda le peintre.

-Oui vous pouvez commencer. Lui dicta Marcus.

Et de nouveau une heure de pose, une heure plus facile à supporter vu que je n'avais pas Démétri en face de moi.

Mais ce n'était pas plus simple pour autant car je sentais toujours le poids de son regard. Ce qui m'agaçait fortement. Si cela n'avait tenu qu'à moi et surtout dans d'autres circonstances je lui aurais demandé de quitter le château sur le moment. Car j'avais de plus en plus de mal à gérer cette nouvelle et surtout la souffrance qu'elle avait créé en moi.

L'ombre de sa compagne planait dangereusement au-dessus de ma tête, comme une menace latente. Je dévisageai chacune des femelles de l'assemblée essayant de deviner qui elle pouvait être. Mais aucun signe, aucun indice ne vint m'indiquer si mon regard était tombé sur la bonne. Ce qui me mettait dans un état mental proche de la folie.

Déni

Chapitre 24 : Déni

Pov Bella

Enfin cette soirée se termina, nous dûmes attendre que tous partent pour enfin nous aussi pouvoir nous retirer dans nos appartements. Et, bien évidemment, Démétri m'accompagna dans ma tour.

-Ma reine ? qu'il m'agaçait avec son « ma reine » une fois ça va deux fois ça passe, mais apparemment il avait dans l'intention d'utiliser ce titre à chaque fois qu'il ouvrirait la bouche. Ne pouvait-il pas faire comme tout le monde et continuer avec les maîtresses.

-Démétri j'ai dit plus tard, je ne suis vraiment pas d'humeur pour avoir ce genre de conversation.

Il se renfrogna, je le voyais bien, mais je ne voulais pas avoir cette discussion ce soir car la décision que je venais de prendre le concernant était lourde de conséquence. Et je savais qu'en lui signifiant son congé ce soir je devrais en référer, et surtout, subir les reproches de mes frères. Car la présence de Démétri, pour le maintient de ma sécurité, était primordiale. Il fallait seulement que je trouve une alternative à sa présence. J'en avais une mais il fallait la mettre en place cela ne pouvait se faire du jour au lendemain. Et puis pour rester honnête avec moi puisqu'il est évident que je ne le serai pas devant lui. Je retardais inévitablement le jour où il me quitterait. Bien que sa présence ravivait la blessure, étirait le déchirement, amplifiait la tourmente de « l'annonce » de cette soirée.

-S'il vous plaît maîtresse laissez-moi...

-Écoute-moi bien Démétri. Tu as plus de passes droits qu'aucun autre garde n'en a et aucun autre n'en aura jamais. Mais ne pousse pas tes prérogatives, parce que je ne suis pas certaine que je le supporterais. J'ai dit nous en reparlerons plus tard. Je dois prendre certaines mesures avant cette conversation et j'entends bien pouvoir le faire sans avoir de pression de ta part. Suis-je bien compréhensible là ?

-Oui maîtresse. Laissez-moi seulement ajouter que ce n'est pas ce que vous croyez du tout.

-As-tu trouvé ta compagne oui ou non ?

-Oui mais...

-Donc c'est bien ce que je crois, le coupai-je. Je suis assez énervée j'ai besoin de me calmer. Appelle Alec je dois aller chasser. Une chose, Félix vient avec nous également. Je veux que tu le briefes comme il convient de le faire. Je tiens à ce qu'il soit parfaitement au courant du protocole de sécurité.

-Bien maîtresse, fit-il les dents serrées.

Je tournais les talons pour rejoindre mes appartements afin de me changer et être plus à l'aise pour aller chasser. Avant ma future chasse et la douche que j'avais prévu qui j'espérais me permettrait de me détendre un minimum, j'appelais Félix.

-Oui maîtresse, répondit-il à la première sonnerie.

-Félix j'aimerais que tu te tiennes prêt pour m'accompagner chasser d'ici une petite quinzaine de minutes. Si tu es prêt avant passe voir Démétri. Il a une ou deux choses à voir avec toi.

-Bien maîtresse. Je me change et je passe le voir dans ses appartements en attendant que vous soyez prête.

-Merci Félix, puis je raccrochais.

J'avais en tête de faire de Félix mon prochain garde celui qui prendrait la relève de Démétri. J'avais confiance en lui et, de plus, il avait la confiance de Caïus ce qui n'était pas rien.

Je passais sous la douche que j'attendais tant et qui fut totalement inefficace, ce qui m'agaça encore plus. J'en sortis et enfilai un jean, un tee-shirt et une paire de tennis. Puis je descendais devant les appartements de Démétri.

-Démétri, Félix allons-y, leur signifiai-je alors que je les entendais se déplacer à l'intérieur des appartements privés de mon garde.

-Alec nous attend aux portes du château, m'informa Démétri.

-Très bien allons-y. As-tu eu le temps d'informer Félix sur les règles à observer lorsque nous sommes en extérieur ? lui demandai-je.

-Oui il est au courant de tout.

-Bien dans ce cas Félix, j'espère que tu n'as pas de trop grand aprioris sur mon alimentation car tu vas devoir pénétrer sur mon terrain de chasse. Le fait que tes sens portent moins loin que ceux de Démétri il va te falloir te rapprocher de moi lorsque je chasse. En faisant attention tout de même à me laisser assez d'espace, d'une part pour ne pas effrayer mes proies et d'une autre pour ne pas que je te saute dessus dans ces moments où je ne suis plus vraiment maîtresse de mon corps.

-Je suis là pour ça ! s'offusqua Démétri, c'est mon rôle de vous couvrir durant vos chasses.

-J'ai décidé que je voulais Félix également. Il va falloir t'y faire Démétri, tu n'as pas le choix, pas plus que tu ne me le laisses, rétorquai-je tranchante.

-Je ferais ce que vous ordonnerez maîtresse, répondit Félix en adressant un regard désolé au traqueur.

Ce dernier arbora un visage fermé et je pourrais même ajouter en colère. Visage qu'il ne modifia pas d'un iota durant le trajet. Il s'imposa même à mes côtés lorsque nous prîmes la voiture pour nous rendre à la réserve. Et ce sous le regard contrit de ce pauvre Félix et celui plus désabusé d'Alec qui ne comprenait pas ce que Félix faisait avec nous. Quant à moi, j'essayais de me maintenir la tête hors de l'eau, de ne pas sombrer car sa proximité bien que soulageante me fit encore plus mal.

La chasse se passa assez bien et Félix comprit ce que j'attendais de lui. J'espérais sincèrement que mon mode d'alimentation ne lui posait pas de problème car il allait venir régulièrement avec moi, pour ne pas dire tout le temps. Il fallait que je prépare le départ de Démétri et pour ce faire, il fallait que je m'habitue à sa présence à lui, qu'il s'habitue à la mienne mais surtout qu'il apprenne à déchiffrer mes humeurs aussi bien que le faisait Démétri. C'était un point essentiel pour moi. J'avais pris cette mauvaise habitude avec mon traqueur et je ne voulais pas revoir ces petits travers à la baisse. J'avais conscience que je devenais capricieuse et que j'avais des manies et des désirs de Diva, mais j'étais une reine maintenant. Et je pense que je pouvais me montrer exigeante sur certains aspects des services que j'exigeai mes gardes.

-Alec j'aimerais que tu dises à Rosalie de venir me rejoindre dans ma salle d'entraînement lorsque nous rentrerons, avec Santiago également.

-Bien maîtresse.

-Félix quand seras-tu de garde dans les jours à venir ?

-Demain de 9 heures à 17 heures, puis dans trois jours, les mêmes horaires.

-Bien, dans ce cas, il va falloir que je vois avec Jane pour qu'elle adapte ses plannings. Tu effectueras ta garde de demain, mais après ça tu passeras sous mon service continu.

-Bien maîtresse, reprit Félix en lançant un coup d'œil curieux à Démétri.

-En attendant, tu viens avec nous en salle d'entraînement, il va falloir augmenter un peu tes capacités. Car il te faudra compenser le manque de pouvoir par des capacités de combat plus poussées.

-Je ferai comme il vous plaira, répondit ce dernier un peu perdu.

Alec disparut rapidement une fois sortit de la voiture. Quant à nous, nous rejoignîmes tranquillement la salle d'entraînement, celle que je m'étais réservée afin qu'elle soit toujours disponible pour moi et mes entraînements personnels.

Je devais les reprendre sérieusement car maintenant que j'étais couronnée je devais reprendre ma quête. Et pour cela je devais me préparer encore mieux que pour les clans que j'avais décimé. Car Maria n'était pas une simple guerrière, elle était puissante, expérimentée et surtout redoutable pour que même mon compagnon ne se soit pas frotté à elle.

Et j'avais bien l'intention d'être la future épine qu'elle aurait sous son pied. Elle était sur mon territoire et elle allait me le rendre. De gré ou de force et j'espérais bien que ce soit par la force. Car j'avais à l'esprit de récupérer ce domaine et ainsi redonner la totalité du pouvoir à ma famille. Mais j'espérais ne pas revenir de ce voyage. J'espérais que se soit le dernier combat que je fasse parce que je n'en pouvais plus de ce mal être constant. Je n'en pouvais plus de devoir souffrir en permanence. J'avais repris espoir quelques instants mais celui-ci avait été réduit à néant lorsque Démétri avait annoncé officiellement qu'il avait trouvé sa compagne.

Je ne savais pas qui elle était et je le soupçonnais de vouloir garder ça pour lui afin que je ne sache pas. Pour me préserver ? Pour la préserver, elle ? Cette seconde hypothèse était pour moi la plus plausible. Car de par mon changement de comportement dû à la mort de Caïus, il devait certainement penser que je serai capable d'actes plus ou moins identiques à ceux que j'avais subi pour le contraindre à rester auprès de moi. Ce qui je dois avouer m'avait traversé l'esprit. Ou pire peut-être avait-il peur que je ne la tue ou que je la fasse tuer, qui sait ? Est-ce que je serai capable d'une telle folie ? Honnêtement, je ne pouvais répondre à cette question car je n'en savais rien.

J'étais capable de tout lorsque je laissais mon démon régir et cela je le faisais de plus en plus souvent ces dernier temps à tel point que certaines fois, j'avais même du mal à le maîtriser lorsque je voulais reprendre la main. Il se battait contre moi. Pour l'instant, j'étais la plus forte, mais je sentais mon emprise sur lui considérablement faiblir. Et j'ai bien peur que le seul qui réussissait à me rappeler à lui, à m'aider à reprendre le contrôle de mes instincts, ne m'abandonne pour sa compagne. Donc oui, je pense que je serai capable de tuer celle que je considérais comme une menace pour ma personne. Comme il était facile pour moi maintenant de comprendre le caractère emporté de Caïus. Il avait une raison en fait, mais je pense que pour le comprendre il fallait en passer par là.

Nous arrivâmes à la salle et j'entrepris quelques exercices de bases, histoire de me dérouiller le corps bien que cela n'était qu'une façon de parler. En fait, c'était pour m'occuper car le regard insistant et persévérant de Démétri m'agaçait prodigieusement. Puis Santiago et Rosalie arrivèrent ce qui annonçait le début de l'entraînement.

-Santiago, j'aimerais que tu m'entraînes et Rosalie, je te demanderai de pousser la formation de Félix. Je veux que tu sois aussi dur et directive avec lui que tu l'as été avec moi.

-Bien maîtresse, répondirent-ils.

Puis nous commençâmes. Je connaissais Santiago par cœur mais il était celui qui me donnait encore un peu de résistance dans nos combats. Surtout depuis que j'avais laissé le contrôle à mon démon. Et c'est ce que je faisais à chaque entraînement car c'était en lui que j'avais le plus confiance dans ces moments. Je ne pouvais compter que sur moi que ce soient mes bons comme mes mauvais côtés. Et, jusqu'à présent, je pense que j'ai bien fait, car l'ancienne Bella, celle que j'étais à l'époque où j'étais une simple garde, n'aurait jamais tenue face aux clans que j'ai affronté. Étant donné que je n'aurais jamais accepté que mon démon prenne l'ascendant sur moi, c'était une certitude.

Au bout d'une heure avec Santiago où je réussis à prendre le dessus ce qui me frustra, je le renvoyais. Je m'installai aux côtés de Démétri qui ne faisait qu'observer depuis le début les entraînements de chacun. Je vis que Félix s'en sortait pas trop mal et je décidais de lui corser un peu son entraînement en l'obligeant à nous faire face à toutes les deux.

Je me relevais et rapidement je tentais de lui sauter dessus. Il anticipa mon geste ce qui me surprit agréablement il en va sans dire, car j'avais été extrêmement silencieuse. Puis nous enchaînâmes. Je dois dire que bien que cela ne poussait pas mon entraînement à moi, j'appréciais ce travail. Puis du coin de l'œil, je vis Démétri se raidir et laisser échapper un souffle d'agacement ou d'appréhension je ne savais trop le caractériser. Puis la porte de la salle s'ouvrit sur une femelle blonde. Elle nous porta un coup d'œil sans intérêt et alla directement vers Démétri qui s'était cette fois-ci véritablement raidi.

-Bonjour toi, lança-t-elle.

-Qu'est-ce que tu fais ici ? Je suis en service ! lui répondit-il un peu sèchement.

-Tu es toujours en service. Et j'ai l'impression que tu fais tout pour m'éviter depuis hier après-midi.

-Katya je t'assure que ce n'est pas le moment. Je viendrais te voir plus tard. Cette réponse déclencha ma compréhension, j'eus ma révélation, c'était elle.

Elle était sa compagne et il s'en était rendu compte lors de notre voyage dans sa famille. Mais pourquoi avoir répondu à mon baiser après l'avoir rencontrée ? Était-ce parce que j'étais sa maîtresse et qu'il n'avait pas voulu me blesser ou me repousser ? Ou bien était-ce seulement pour satisfaire un fantasme ? La rage me prit lorsque je réalisai que la femelle qui allait m'enlever mon Démétri aurait dû mourir lorsque son frère avait tenté de me violer. Je les avais protégé et aujourd'hui elle allait me prendre mon traqueur, mon garde, mon Démétri.

Je grognais de rage, puis s'en vraiment m'en rendre compte je sautais sur cette saloperie de femelle. Cette femelle qui venait se pavaner jusque dans ma salle d'entraînement, jusque dans mon château pour venir m'enlever le seul homme qui avait vraiment une importance dans ma vie maintenant que Caïus n'était plus. Je l'attrapais alors qu'elle minaudait, elle n'avait aucune notion de combat car elle ne m'anticipa aucunement. D'un mouvement vif, je lui arrachais un bras. Puis je fus projeter en arrière par un coup que me porta Démétri. Si j'avais été rageuse quelques secondes auparavant, cette fois-ci, je fus en plus blessée. Je pris une posture agressive devant Démétri. Il se retournait contre moi pour protéger sa compagne.

-Félix sort Katya d'ici ? lui ordonna le traqueur.

-Non ! repris-je avec une voix que je ne me connaissais pas. Laisse-la. Et toi de quel droit oses-tu me lever la main dessus ! je grognais d'avantage et ne lui laissai pas le temps de répondre quoi que ce soit.

Je lui sautai dessus et tentai de l'atteindre. Mais il était rapide et paraît mes coups avec assez d'aisance. Je finis tout de même par lui adresser un coup de poing assez puissant et j'entendis une de ses côtes certainement se briser dans l'impact. Je me reculai, un sourire perfide sur le visage. Il allait voir, il avait beau être Démétri et j'avais beau avoir du mal à me battre contre lui, je ne le laisserais pas me dominer et surtout m'humilier en s'exhibant avec sa blonde à son bras.

-Alors traqueur pas si fort qu'on le croyait hein ? le raillai-je. Je crois que je vais promouvoir Félix plus tôt que je ne le pensais. Tu ne fais pas le poids apparemment.

-Très bien, c'est ce que tu veux. Allons-y. Montre-moi de quoi tu es capable ! Ma reine ! cracha-t-il dédaigneusement.

Ce qui attisa ma colère qui je le pensais avait déjà atteint son paroxysme. Mais le voir me mépriser et ce devant tout le monde c'était plus que mon être ne pouvait le supporter. De nouveau je l'attaquais mais je dus vite me rendre compte qu'il avait modéré ses ardeurs un peu plus tôt. Je n'en restais pas moins malhabile, j'augmentais la vitesse de mes coups ainsi que leurs fréquences. Mais, même malgré ça, je n'arrivais pas à avoir le dessus.

-Et alors ma reine ! se moqua-t-il. Je te pensais un peu plus combative. Je vais finir par m'ennuyer, je rugis ma frustration et laissai la place à mon démon.

Ce qu'il dut apercevoir lorsque je réussis à lui porter coups sur coups. Il répondit lui aussi, j'avais devant moi le Démétri qui m'avait effrayée lorsqu'il avait mis en pièce celui qui était maintenant son beau-frère.

Il répondait également et je reçus à mon tour plusieurs coups. Je ne faisais plus vraiment attention à ce qu'il se passait, j'étais prise dans mon combat. Je ne voulais pas le laisser avoir le dessus. J'entendais seulement les couinements de sa blonde dans un coin de la pièce. Et je me promis d'aller m'en occuper une fois que j'en aurais terminé avec Démétri. J'aperçus seulement à un moment Félix qui avait tenté de s'interposer entre nous, mais heureusement pour lui Rosalie le retint. Puis subitement, je ressentis une douleur extrême dans tout mon corps, je m'effondrais au sol sans même me rendre compte de rien. Seule la douleur m'importait. Je n'avais jamais eu aussi mal de toute ma vie. Je hurlais de douleur à l'instar de Démétri qui se contorsionnait également au sol à proximité de moi. Je sentis une paire de bras me relever et me maintenir.

-Bella, tu es revenue ? Je peux relâcher la douleur mais seulement si c'est toi ? Qu'est-ce qu'il voulait dire par là.

Bien sûr que c'était moi, j'allais lui faire goûter de sa médecine à celui-là. J'allais lui envoyer Jane pour lui montrer ce qu'était la douleur.

- Libère-moi Major ! grognai-je entre mes cris de douleur. La douleur s'intensifia.

- Jasper, relâche-là, intervint Aro qui venait d'arriver à son tour.

- Je le ferai dès qu'elle aura repris le contrôle. Ce n'est pas elle qui est présente mais son démon. Si je la relâche elle s'en prendra à quelqu'un.

Je comprenais enfin ce qu'il voulait. Je n'avais pas pris conscience que je n'avais plus le pouvoir de mon corps. D'habitude je le savais, je le sentais mais là j'étais en parfait accord avec ma partie la plus sombre, à tel point que nous nous étions alliées et c'était une première apparemment. J'essayais de me calmer afin de reprendre le contrôle de mon corps. Il dut s'en apercevoir car je le sentis me coller contre un mur et remplacer la douleur par des vagues successives de calme.

-C'est bien Bella reviens et calme-toi.

-Félix, éloigne notre jeune amie responsable de ce qui vient de se passer d'ici. Et replace lui son bras par la même occasion, ordonna Aro.

Lorsque mes yeux croisèrent le corps de cette... femelle. Ma colère et ma jalousie ressurgirent avec force malgré les salves de calme que m'envoyaient Jasper.

-Non Bella elle s'en va. Calme-toi et reviens, m'incita Jasper d'une voix apaisante.

Il me fallut plusieurs minutes où tout le monde nous observait Jasper et moi dans ses bras. Il y avait la majorité de son clan et ma famille ainsi que mes gardes, Félix étant revenu. Mais il y avait surtout lui, Démétri, qui plus proche que les autres, les vêtements en lambeaux, m'observait le regard dur.

Pour qui se prenait-il ? Qui était-il pour se permettre ce genre de comportement et d'écart de conduite ? Jasper suivit mon regard et à son tour il fronça les sourcils.

-Démétri je pense qu'il serait bien que tu ailles faire un tour. Elle n'arrive pas à se calmer avec toi dans la pièce.

-Non ! décréta simplement le traqueur.

-Je t'assure que c'est pour elle. Elle ne risque rien et je m'en occupe personnellement. Mais tant que tu seras ici elle ne se calmera pas.

-Je ne bougerai pas.

-Dehors ! ordonnai-je à mon tour.

Après tout, il était encore mon garde. Pas pour longtemps certes, mais il me devait encore obéissance. Il me darda de son regard le plus féroce qu'il ne m'avait jamais porté. Puis partit lorsque Aro lui dit :

-Laisse-la se calmer. Tu auras ta conversation, mais ce n'est pas le bon moment. Il faut qu'elle retrouve un peu de son calme avant toute chose.

-Je n'en peux plus. Je ne vais pas tenir encore longtemps, lui répondit-il.

-Ne fais pas ça Démétri ! lui rétorqua simplement Aro.

Ce qui finit de m'anéantir. En fait, il restait à mon service seulement parce que mon frère le lui avait demandé.

-Pars Démétri et ne reviens jamais. Je ne veux plus de toi, lui lançai-je avec colère, mais le cœur en miettes.

Ça y est, le moment que j'avais tant redouté arrivait maintenant. Il m'abandonnait, mais pire il était seulement resté parce qu'il l'avait promis à Aro d'après ce que je comprenais. Je vis Démétri tourner les yeux vers moi. Puis il répondit :

-Comme il vous plaira ma reine, et il partit sans autre mot de la part de personne.

À ce moment, même mon démon me laissa seule avec ma déception, mon malheur personnel, mon déchirement, ma détresse.

Je sentis Jasper faiblir, j'étais à la limite de craquer.

-S'il vous plaît sortez tous, leur demanda-t-il. Je veillerais sur elle. Je vous le promets mais elle a besoin de solitude maintenant. Il tendit sa main à Aro ce dernier le toucha certainement pour lui montrer ce que je ressentais présentement. Au bouts de quelques seconde, Aro intervint à son tour.

-Laissez Jasper et Isabella. Ils doivent rester seuls quelques instants, dicta-t-il à toutes les personnes présentent.

Je me rendais compte que j'étais à la limite de pleurer enfin ce qui se rapprochait en version vampirique, de craquer. Tout le monde sortit me laissant seule avec Jasper. Qui pour moi était toujours de trop.

-Je suis désolé mais il te faudra supporter ma présence. C'était soit la mienne soit celle de toute ta famille.

-Merci, lui répondis-je. Pour ça et pour tout à l'heure.

-Qu'est-ce qu'il t'arrive Bella ? Je ne te reconnais plus. Tout à l'heure j'ai même eu l'impression d'être face à une étrangère. Tu n'as jamais été ça ? Me dit-il sans pour autant me relâcher.

-Je suis ça depuis qu'il m'a abandonnée, lui répondis-je.

-Et tu parles de qui ? De Caïus ou de Démétri ?

-C'est quoi cette question ?

-Je suis empathe Bella ? Tu ne peux rien me cacher. J'ai toujours senti votre affection à tous les deux.

-Je te parle de mon compagnon, Caïus. Le seul homme qui ne m'ait jamais trahi, ni même déçu, répliquai-je avec acidité.

-C'est bien ce qu'il me semblait, reprit-il. Tu as été jalouse de cette fille et tu as perdu le contrôle, conclut-il.

-Jasper s'il te plaît. Il est déjà difficile de faire face à certaines situations. Alors ne les énumères pas à haute voix cela les rends encore plus difficile à gérer.

-La question est pourquoi ?

-Pourquoi, quoi ?

-Pourquoi es-tu jalouse d'elle ? Je ne pouvais pas formuler la réponse à voix haute, cela me faisait encore plus souffrir. Dis-le Bella.

-Non je ne peux pas, répliquai-je meurtrie.

-Fais-le Bella, dis-moi pourquoi es-tu jalouse de cette femelle ? Ça te libèrera. Je sentis une puissante vague de pression m'arriver dessus.

Je savais que c'était Jasper qui utilisait son pouvoir pour me pousser à lâcher prise. Mais je ne pouvais pas, je ne le voulais pas. Une succession de pression de plus en plus forte m'atteignirent.

-Dis-le Bella ! Dicta-t-il plus autoritairement. Ce qui associé à la pression qui m'irritait au possible. Je tins quelques minutes avant de céder sous une rafale de ce sentiment de pression associé aux ordres qu'il m'aboyait.

-Parce qu'elle est sa compagne ! Criai-je agressive. C'est bon maintenant tu es satisfait ?

-Presque, fit-il en se reculant et me laissant libre de mes mouvements avec un sourire calculateur sur le visage.

Puis je l'entendis arriver, je me saisis d'appréhension. Je ne me sentais pas en état de l'affronter tout de suite. J'aurais voulu fuir, lui échapper, mais je savais que je ne le pouvais plus. Il entra fracassant littéralement la porte. Jasper se recula encore plus. Démétri me transperça de son regard. Il vint jusqu'à moi et me prit par le bras d'autorité.

-Lâche-moi ! lui ordonnai-je.

-Non ! Il va être grand temps que l'on ait une petite discussion tous les deux.

-Et moi je t'ordonne de me lâcher ! réitérai-je avec plus de conviction cette fois.

-Non ! dit-il encore plus fermement. Tu as assez fui maintenant je n'en peux plus.

-Jasper aide-moi s'il te plaît ? le suppliai-je.

-Je suis désolé Bella, mais cette conversation est nécessaire pour ton bien-être.

Je grognai et tentai de me débattre pour me libérer de la poigne de Démétri. Il se stoppa et me prit dans ses bras les refermant sur moi tel un étau. Puis il partit en courant en direction de notre tour. Nous ne croisâmes personne sur le chemin.

-Démétri lâche-moi. Je crois que tu as mieux à faire que perdre ton temps dans une discussion inutile.

-Elle sera tout sauf inutile cette conversation. Et j'aurais dû l'avoir avec toi depuis bien longtemps déjà.

-Depuis notre voyage en Russie par exemple. Ou peut-être celui aux États-Unis, je crois que ce moment là était le plus approprié.

-Non parce que je l'ai su après, en tout cas j'en ai eu la confirmation après, me rétorqua-t-il en me déposant dans sa chambre et s'interposant entre moi et la porte.

-Je t'assure que ça n'a plus d'importance. Je t'ai viré, je te libère de tes engagements auprès de moi.

-Non je ne crois pas parce que cela ne fonctionne pas comme ça.

-Cela fonctionnera comme moi j'en aurai décidé. J'ai le pouvoir absolu, rétorquai-je fière de ma répartie.

-Si puissante sois-tu, tu ne peux rien contre les liens d'âmes. Et pour ton information, Katya n'est pas ma compagne.

-Donc c'est quelqu'un du château, en déduisis-je.

-Oui, répondit-il seulement en s'approchant dangereusement de moi.

J'étais perdue, j'essayais de réfléchir pour savoir qui était cette femme. Mais le fait de le voir s'approcher de moi me déstabilisait et m'empêchait de pouvoir avoir un minimum de raisonnement. Il était à quelques centimètres de moi, lorsque je repris le contrôle de mon corps et de mon esprit. À moins que ce ne soit un réflexe mental, je ne saurai trop le dire.

- Que fais-tu Démétri ? Demandai-je abasourdie, en fait beaucoup plus déroutée qu'abasourdie.

- Je vais embrasser ma compagne, me dit-il simplement.

- Que... comment... je n'eus pas le temps de répondre que je me trouvais emprisonnée dans les bras de mon traqueur, sa bouche sur la mienne.

Mon cœur mort s'emballa alors qu'il passa la barrière de ma bouche pour aller caresser ma langue. Il gémit et moi je m'abandonnai dans cette étreinte complètement inattendue. Puis ses paroles me revinrent à l'esprit et me fit l'effet d'une douche froide. Je me retirais subitement de son étreinte. Il me regardait partagé entre la surprise et l'incompréhension.

-Tu as dit que...

-Que j'allais embrasser ma compagne oui. Tu es ma compagne Bella. Pas celle de Cullen et encore moins celle de Caïus, mais la mienne.

-Ça ne se peut pas ! m'emballai-je.

-Et pourquoi ? Explique-moi ce que j'ai de moins qu'eux ? rétorqua-t-il agacé.

-Ça n'a rien à voir. Mais d'après ce que j'ai vu avec Alec et Rosalie ils se sont reconnus tout de suite. Ils se sont aimés aussi vite. Ce qui n'est pas notre cas à tous les deux.

-En es-tu sûre. Parce qu'en ce qui me concerne. J'ai été tout de suite troublé lorsque je t'ai vu la première fois.

-Parce que je ressemble à ta créatrice.

-Non parce que tu me plaisais. Et ton odeur m'a totalement envoutée, tout comme toi. Et lorsque tu as réagi à mon rapprochement j'ai cru que j'allais me perdre et t'emporter avec moi pour te faire mienne sur le moment. Je n'ai jamais cessé d'être jaloux de tous ceux qui t'approchaient. Cullen que tu croyais être ton compagnon, Caïus qui s'est imposé comme tel, cet abruti de russe lorsqu'il t'a embrassée contre ton gré. Et même de Félix et Rose ou même d'Alec et Jane qui au départ étaient plus proche de toi que je ne pouvais m'autoriser à le faire. Et dernièrement de Jasper qui est arrivé à te calmer alors que moi j'ai échoué.

-Je croyais que tu allais me quitter, lui avouai-je. Je t'en voulais de la préférer à moi.

-Jamais, tu es ma compagne et c'est toi que j'aime. C'est toi que j'ai toujours aimé. Comment expliques-tu que nous sommes si réceptif l'un pour l'autre. Cette complicité que nous avions sans pour autant parler. Cette façon que tu avais de toujours devancer ou décrypter mes actions et mes états d'esprits.

Il avait pris mes mains dans les siennes pendant qu'il me décodait à voix haute nos actions et notre attitude mutuelle.

Moi j'étais restée bloquée sur les révélations précédentes. Ce pouvait-il qu'il ait raison ? Était-il mon compagnon ? Je m'étais trompée si souvent que je ne pouvais me laisser aller à croire cette incroyable hypothèse. Bien qu'une part de moi l'aurait souhaité. Car j'aurais pu moi aussi essayer de trouver un semblant de sérénité.

-Bella ? Bella ? M'appela Démétri. Apparemment j'avais dû déconnecter.

Je fixais mon regard dans le sien et me dégageais de ses mains. Puis je me dirigeais d'un pas décidé dans les appartements d'Aro. Il me fallait une réponse à cette question. Et il ne valait mieux pas qu'il me fasse tourner en bourrique, car je n'accepterais rien d'autre que des explications, mais surtout rien d'autre que la vérité.

J'arrivais devant les appartements de mon frère, je sentais qu'il y avait également Marcus et Sulpicia comme souvent d'ailleurs. Je pénétrais avant même que Sulpicia ait eu le temps de venir m'ouvrir.

-Bella ? M'interpella-t-elle surprise par mon audace.

-Désolée je dois parler à Aro et Marcus séance tenante. Lui signifiai-je en lui passant devant.

-Démétri qu'est-ce qu'il se passe ? Demanda ma belle-sœur.

-Je viens de lui révéler. Mais je ne sais pas ce qu'elle a, je ne m'attendais pas à ce qu'elle réagisse comme ça. Elle est venue tout de suite ici. Lui expliqua-t-il alors que je pénétrais comme une furie dans le bureau de mon frère.

-Vous le saviez tous les deux ? Et depuis combien de temps ? Leur demandai-je sèchement.

-Assieds-toi et calme-toi pour commencer, répliqua Marcus.

-Nous allons t'expliquer, continua Aro. Démétri pénétra accompagné par Sulpicia.

-Je suis désolé maître je ne pouvais pas la laisser croire que j'avais une autre compagne.

-Nous te comprenons Démétri et tu as agi au mieux. Rassure-toi nous sommes parfaitement d'accord avec toi, il était temps de l'informer. La situation devenait dangereuse pour tout le monde.

-Bon si vous cessiez de parler comme si je n'étais pas là ! Et que vous m'expliquiez pourquoi vous avez gardé cette information pour vous si longtemps. Tu savais que je souffrais de cette situation, reprochai-je à mon frère.

-Oui je le savais tout comme souffrait Démétri de te savoir avec un autre. Je vais reprendre l'histoire du début. Après la mort d'Athenodora, Caïus est devenu un peu comme toi. Sauf que pour lui le changement était moindre dans le sens où il ne ressentait pas de culpabilité et qu'en plus il avait déjà un tempérament... emporté dirons-nous. De plus comme tu le sais maintenant Athenodora n'était pas sa véritable compagne.

-C'est pas vrai ! S'exclama Démétri totalement surpris.

-Elle ne l'était pas, confirma Marcus.

-Donc pour Caïus le deuil a été plus facile en quelque sorte, bien qu'il s'entêtait à se morfondre dans une douleur qui l'avait quittée depuis bien longtemps. De plus le fait d'avoir Démétri en permanence sous les yeux faisait qu'il ne voulait pas se départir du souvenir de sa femme. Ce qui intensifia la rancœur exacerbée qu'il nourrissait à l'égard de Démétri et d'Edward également. Puis le jour où ils t'ont ramenée de leur expédition. Caïus a vu en toi au départ l'image de sa défunte épouse. Raison pour laquelle il t'a transformée. Nous ne reviendrons pas sur ce sujet que nous avons déjà abordé. La raison qui l'a poussé à faire de toi sa compagne est le fait qu'il pensait savoir que tu étais la compagne d'Edward. Bien qu'il nourrissait de sérieux doutes concernant ce dernier fait. Étant donné qu'il a vu Démétri changer et surtout il a su décrypter les sentiments qu'il te portait. C'est à cause de ça qu'il a fait de toi sa compagne car de cette façon, il prenait sa revanche si je puis dire sur Edward mais aussi sur Démétri car malgré ses doutes, il avait la certitude que ces deux hommes t'aimaient. Puis lorsque tu lui as dit qu'Edward n'était pas ton compagnon, il a validé les doutes qu'il nourrissait concernant Démétri depuis un long moment.

-Il savait qu'elle était ma compagne ? demanda Démétri retenant un grognement.

-Oui il le savait, affirma Aro. Et il s'en est douté le jour où il a fait d'elle sa compagne en l'officialisant. Il a eu ce doute lorsqu'il t'a vu la retenir lorsqu'elle allait céder et s'abreuver de l'humaine. Tu l'as retenu trop facilement. Ton ascendance a surpassé son instinct primaire. Et Caïus savait que seul un compagnon d'âme pouvait arriver à cet effet. Car lorsqu'il l'a poussé à boire l'humaine, il voulait confirmer ses doutes et vous y avez répondu tous les deux. Toi Démétri en intervenant physiquement lorsque tu l'as défié et Isabella lorsqu'elle s'est abreuvée de l'humaine pour te sauver la vie. Il se doutait que Cullen n'était pas son compagnon et à ses yeux, tu étais beaucoup plus dangereux que le télépathe.

-Il a fait ça seulement pour se venger de la perte d'une femme qui n'était même pas sa compagne ? Résuma Démétri totalement abasourdi.

-Les premiers temps oui, mais il faut savoir que Caïus ne savait pas qu'Athenodora n'était pas sa véritable compagne. Et nous ne le lui avons pas avoué tout simplement parce qu'avec le temps nous pensions qu'il allait s'en apercevoir. Pour Isabella, à l'époque où il a fait d'elle sa concubine, son intention première était bel et bien de te nuire. Puis il a développé des sentiments véritables pour elle. Elle a su le toucher plus qu'Athenodora n'avait su le faire. C'est la raison pour laquelle il l'a officialisée. Il s'est protégé en se servant de son statut de roi pour la garder auprès de lui.

-Et pourquoi ne m'avez-vous rien dit ? Demandai-je. J'aurai pu agir comme il se devait. Car vous saviez que si j'ai cédé à Caïus au tout début de notre relation c'est parce que je me sentais rejetée. Et maintenant nous savons que c'est parce que, lui, m'avait rejetée. Argumentai-je en désignant d'un mouvement de tête Démétri qui se trouvait juste derrière moi.

-Nous avons grâce au don de Marcus su dès ton arrivée dans la salle d'audience que vous étiez des compagnons d'âmes. Votre lien était très épais si je puis reprendre l'image que Marcus a utilisé la dernière fois. Et il est assez rare de constater ce genre de phénomène à l'état humain. Si tu avais été vampire au moment de la rencontre tu aurais su tout de suite qui il était pour toi. Mais le fait que tu sois humaine et que Démétri se soit bloqué sur la fausse information que tu étais la compagne de Cullen a faussé votre lien de reconnaissance si je puis dire et surtout cela a créé une confusion dans vos esprits. De plus comme vous êtes tous les deux des vampires aux pouvoirs cérébraux vous avez ce que je dirais une aptitude innée à privilégier cette partie là de votre personnalité.

-Le fait que nous ayons gardé sous silence votre lien était au début une protection que nous assurions autour de toi. Car si Caïus avait su tout de suite ce dont il s'est douté par la suite. Tu n'aurais pas survécu à la morsure. Il t'aurait drainée jusqu'à la mort par pur esprit de vengeance. Nous n'étions pas vraiment sûrs que tu ressortes vivante de ses appartements. Puis après il était trop tard pour avouer cela sans créer une situation encore plus dramatique pour l'un de vous, voire même, pour vous deux, termina d'expliquer Marcus.

Je restais totalement abasourdie, cette fois-ci c'était bel et bien le bon adjectif. Ils nous regardèrent durant le temps qu'il nous fallait à Démétri et moi pour digérer la nouvelle. Je sentis les mains de mon traqueur venir se poser sur mes épaules.

-Non ! Démétri retira ses mains de sur moi.

-Non quoi Isabella ? demanda Aro surpris.

-Non je n'accepte pas, répliquai-je en colère.

-Tu es folle ou quoi ? S'exprima pour la première fois Sulpicia.

-Sulpicia je t'aime bien mais garde tes commentaires pour toi.

-Explique-toi Bella ? Parce que d'une part nous ne comprenons pas et de plus ce n'est pas quelque chose que tu peux choisir.

-Bien, apparemment si, puisque cela a été fait jusqu'à maintenant. Je suis reine et nos sujets me connaissent comme étant la compagne de Caïus. De quoi aurions-nous l'air si j'arrivais à peine couronnée, affublée d'un nouveau compagnon ?

-Je ne suis pas « un nouveau compagnon ». Je suis ton compagnon ! Le seul et l'unique ! S'emporta Démétri.

-Je comprends ton raisonnement Isabella et j'avoue qu'il est avisé. Mais sache que la majorité des convives que nous avons reçu hier soir se doutent qu'il y a plus entre toi et Démétri.

-Ce n'est pas une raison. Et je ne salirais pas la mémoire de mon comp... de Caïus, reformulai-je rapidement lorsque j'entendis Démétri me reprendre en grognant.

-Oui j'ai eu le temps de penser à cette éventualité. Je pense qu'il serait bien que vous gardiez pour le moment votre relation confidentielle.

-Tu n'es pas sérieux Aro ? M'exclamai-je outrée.

-Je ne vois pas quelle autre solution serait plus adaptée ? Répliqua Marcus.

-Je suis en deuil dois-je vous le rappeler ? Et pas de n'importe qui, mais de votre frère ! Celui qui a gouverné avec vous durant presque deux siècles. Je ne peux pas entretenir une liaison. Quand bien même ce soit avec mon véritable compagnon.

-Et moi dans tout ça ? s'exclama Démétri. Dois-je encore me plier à tes exigences ? Combien de temps encore faudra-t-il que j'attende pour que je puisse être avec toi ? Combien de temps crois-tu que j'accepterai cette situation. Il t'a déjà pris à moi de son vivant, je ne le laisserai certainement pas s'interposer dans sa mort. Il en est hors de question ! Vociféra le traqueur. Déjà si j'accepte l'alternative d'une relation cachée ce n'est pas de gaité de cœur, car tu es ma compagne. La mienne, à moi et à personne d'autre ! Et je dois attendre avant de l'officialiser, que tu fasses le deuil d'un autre. Mais si je le fais c'est parce que tu as un statut social et qu'il te faut assurer une certaine apparence, mais ce n'est que pour cela. Comme je te l'ai déjà dit je vénère Caïus chaque jour pour t'avoir permis de vivre parce qu'il t'a protégée au péril de sa propre vie. Mais tu es mienne Bella. Et je compte bien t'obliger à accepter notre lien.

-Il faut être deux pour former un couple Démétri. Rétorquai-je le défiant d'essayer.

-Je peux te pousser à bout et tu le sais. Mais je peux également te quitter et nous avons tous vu dans quel état cela t'a mis lorsque tu as cru que c'est ce que j'avais en tête. J'en souffrirai c'est vrai. Mais j'ai déjà expérimenté une souffrance similaire ces dernières années. Et crois-moi tu viendras me chercher.

-Tu me fais du chantage Démétri ? Grognai-je.

-Non ce n'est pas du chantage, c'est ce que je ferai. C'est soit tu m'acceptes avec ce que cela implique parce que j'ai assez attendu, soit tu devras vivre sans moi parce que moi je ne supporterai pas de t'avoir sous le nez encore des années sans pouvoir être proche de toi. Il a fallu que je me batte contre mes instincts depuis le jour même où je t'ai vu. Mais aujourd'hui c'est fini !

-Bella, Caïus avait conscience qu'il te prenait à ton véritable compagnon. Ne crois-tu pas que ton entêtement à vouloir rester en deuil peut être revu à la baisse. Que tu le fasses aux yeux de notre communauté est une bonne chose pour l'image que cela donnera. Et puis nous pourrons trouver une explication convenable au fait que vous vous êtes reconnus sur le tard. Mais tu l'as dit toi-même, tu as souffert de cette situation et crois-moi on vous a tous vu souffrir en silence. Maintenant tu as l'opportunité de pouvoir être auprès de ton compagnon, ton véritable compagnon, ne t'obstine pas. Tu souffres c'est un fait, mais tu le fais souffrir également et crois-moi il a supporté plus que sa part dans cette histoire.

-Je ne peux pas faire ça à Caïus. Je ne peux pas le trahir, je l'ai fait une fois et j'ai toujours cette culpabilité qui me tenaille le ventre, je sentis un courant d'air derrière moi.

-Démétri où vas-tu ? Demanda Aro.

-J'ai besoin de réfléchir. Je ne peux pas rester dans la même pièce qu'elle a l'écouter prendre le partie d'un vampire qui a consacré ses dernières années à faire de ma vie un enfer. Un vampire qui me l'a prise de son vivant et qui aujourd'hui même mort continue à me pourrir l'existence. Je passerais avertir Alec qu'il me relève avant de partir.

-Démétri ne part pas, tenta Sulpicia.

-Je suis désolé maîtresse. J'ai besoin de solitude je ne serai pas capable d'assumer mes obligations pour le moment. Je dois prendre du recul pour savoir ce que je vais faire.

-Bien Démétri, seulement ne quitte pas le château sans nous avertir avant s'il te plaît ? lui demanda Aro.

-Je vous ferai part de ma décision. Ne vous inquiétez pas.

Aro hocha la tête alors que je voyais l'accablement de Sulpicia lorsque mon traqueur passa à ses côtés et qu'elle lui témoigna son soutien en lui posant la main sur l'épaule. Il partit et lorsqu'il passa la porte d'entrée des appartements royaux, Sulpicia se tourna vers moi le regard dur, en tout cas plus dur que je ne l'avais jamais vu. Sauf peut-être la fois où Caïus m'avait obligé à assister à leur repas avant de me forcer à vider l'humaine.

-Isabella, commença-t-elle ce qui n'envisageait rien de bon. Il va falloir que tu arrêtes cette obstination malsaine. Sais-tu tout ce qu'il a dû subir en silence ? Crois-tu que toi tu en aurais supporter la moitié ? Quand on voit ce que tu as fait à Katya parce que tu croyais qu'elle était sa compagne. Lui, il a dû vous voir, vous entendre, être le témoin de vos nombreux accouplements. Il a dû supporter tes humeurs, te voire pleurer un homme qui n'était pas tien.

-IL L'ÉTAIT ! criai-je blessée.

-Non il ne l'était pas ! rétorqua-t-elle sur le même ton. Tu es à Démétri et il va falloir t'ancrer ça dans le crâne. Que crois-tu qu'il puisse penser, voyant que toi, sa propre compagne, tu le rejettes ? Que tu lui préfères un homme qui, comme il l'a dit, a fait de sa vie un enfer. Qui l'a réduit en miette le jour où il t'a prise à lui ! Démétri est un homme bien et il mérite une compagne qui lui ressemble. Tu n'es plus cette personne Isabella. Je t'ai soutenu, je t'ai épaulé parce que j'avais vu que tu étais bonne, compatissante que tu avais de grandes qualités de cœur et d'esprit. Mais ce que tu es devenu est la pâle copie de Caïus et je l'aimais, je t'assure que je l'aimais. Mais il était loin d'être l'homme ou le roi que tu prétends. Réfléchis bien Isabella et surtout agis comme la reine que tu es supposée être. Ne le laisse pas partir parce que je t'assure que dans le cas contraire tu le regretteras. Mais en plus je me ferai un plaisir de raviver tes plaies en y versant du sel dessus aussi souvent qu'il me sera permis de le faire. Elle partit à son tour après son long monologue me laissant complètement déconfite.

-Les propos de Sulpicia sont à la hauteur de sa peine Isabella. Mais je ne peux malheureusement pas lui donner tort. Il faut que tu prennes une décision et il faut que tu le fasses avec toute l'objectivité qu'il t'incombe en tant que reine. Car c'est une décision personnelle mais celle-ci aura des conséquences directes sur ta manière de gouverner, m'expliqua Aro.

-Je ne doute pas quant à moi qu'une fois que tu auras pris le recul dont tu as besoin, tu prendras la bonne décision, conclut Marcus.

J'étais chamboulée et j'avoue que j'étais totalement perdue. Bien sûr que j'aimais Démétri, mais l'avouer, le reconnaître ou faire ce qu'ils attendaient tous de moi m'effrayait.

-Je vais y réfléchir. Je vais m'absenter un ou deux jours. Je veux retourner dans la maison des collines de ma sœur. Il me faut pouvoir avoir l'espace nécessaire pour prendre le recul dont j'ai effectivement besoin.

-Très bien. Lorsque tu reviendras nous pourrons commencer à régler nos affaires. Nous avons pris trop de retard dans les affaires du château.

-D'accord. Puis je me levais et partis à mon tour.

Une fois dans la pièce principale, je vis Alec avec Sulpicia. Je jetais un regard à ma belle-sœur qui était toujours énervée et préféra tourner la tête pour me le signifier. C'est avec un calme que je n'avais pas ressenti depuis très longtemps que je m'adressai à Alec.

-Alec, contactes Rosalie qu'elle vous prépare des affaires pour deux jours. Nous partons dans la maison des collines.

-Dois-je rappeler Démétri également ? Me demanda-t-il d'un ton neutre.

-Non, il a besoin d'espace lui aussi. Il y aura seulement Rosalie, Félix, toi et moi. Je me charge d'avertir Félix.

-Bien maîtresse. Me répondit-il en s'emparant de son téléphone.

Je fis la même chose pour contacter Félix afin de lui indiquer notre départ. Et Jane également pour qu'elle puisse parer à l'absence de Félix. Puis c'est totalement vide que je partis entourée de mes gardes pour la maison des collines qui j'espérais allait pouvoir m'aider à faire le tri dans ma tête.

Le bon ou le mauvais chemin

Chapitre 25 : Le bon ou le mauvais chemin ?

Nous venions d'arriver dans la maison. Et bien entendu, je me statufiais devant la porte de ce qui avait été ma chambre. Je me remémorais ce qu'il s'y était passé la dernière fois que j'y avais séjourné. Mais ce qui me perturbait s'était de repenser à la personne qui avait partagé cette pièce et cette intimité avec moi.

-Maîtresse avez-vous besoin que j'aille retirer les protections des meubles moi-même, me demanda Rosalie.

-Non Rose, répondis-je la voix faiblarde. Je ne veux plus de cette chambre.

-Vous voulez la mienne ?

-Non je vais prendre celle de Démétri, répliquai-je en me dirigeant dans la seule pièce qui m'était pratiquement inconnue dans cette maison.

Je l'avais seulement vu lorsque j'avais recouvert tous les meubles de la maison avec les draps avant de partir. Nous étions en froid à cette période et maintenant que je connaissais les raisons pour lesquelles il réagissait comme ça, j'en étais encore plus mal. Je soufflais pour la énième fois depuis que nous avions quitté le château lorsque l'on frappa à ma porte.

-Oui entre Rose.

-Maîtresse, puis-je passer outre le protocole et vous parler comme je l'aurai fait avant. Comme lorsque nous étions ici.

-Je ne suis plus à ça près aujourd'hui. Je t'en prie Rose à ton tour, acquiesçai-je complètement blasée et accablée.

-Bella, reprit-elle en s'installant sur le lit. Je ne suis jamais intervenu dans tes décisions, dans tes choix par le passé et Dieu seul sait que quelque fois cela m'a rendu complètement dingue. Mais aujourd'hui, je pense que tu as besoin qu'on te dise quoi faire.

-Que sais-tu de la situation ? lui demandai-je sans agressivité.

-Ce que Démétri m'en a dit avant de partir s'isoler lui aussi.

-Tu le savais ? lui demandai-je surprise.

-Depuis le premier jour. Enfin depuis celui où tu as été transformée. Aro et Marcus, lorsque Caïus t'a emmené avec lui, nous ont convoqué Jane et moi.

-Jane aussi ! Mais pourquoi ?

-Moi parce que je suis ta sœur ou du moins je l'étais à l'époque.

-Qu'est-ce que tu racontes ? Tu es toujours ma sœur !

-Je n'en suis plus certaine Bella. Depuis combien de temps ne m'as-tu pas traité autrement que comme une simple garde ? Depuis combien de temps n'avons-nous pas eu de discussions entre « sœurs » ? Sans parler que tu fais la même chose avec tout le monde. La dernière fois que tu t'es confiée à Jane remonte à quand ?

-La situation est délicate. J'ai perdu Caïus et toi tu as Alec. Et puis, pour être franche, je ne pouvais pas vous voir ensemble en dehors de vos périodes de travail, tout comme pour Jane et Santiago. Car voir vos attentions, vos gestes tendres me confrontaient au fait que moi, je n'ai plus mon compagnon.

-Il ne l'est pas Bella et il ne l'a jamais été. Il s'est servi de toi pour faire du mal à ton véritable compagnon. Il ne mérite pas la vénération que tu lui voues.

-Peux-tu en vouloir à Carlisle de t'avoir menti ? D'avoir protégé Emmett et sa compagne à ton propre détriment alors que tu étais sa fille ? De ne pas être intervenu en ta faveur lorsqu'ils allaient tout simplement te jeter au bûcher ?

-Non j'en conviens, je ne peux pas. Mais si aujourd'hui, je me trouvais à ta place et que je devais choisir entre Carlisle même vivant et Alec, mon choix irait indéniablement vers mon compagnon. Comment arrives-tu à vivre sans l'avoir auprès de toi ?

-Il a toujours été avec moi, lui rétorquai-je.

-Tu sais ce que je veux dire. Lorsque vous vous êtes retrouvés cette fameuse nuit. J'ai cru que tu allais le reconnaître et agir en conséquence. Mais non tu as été encore plus distante avec lui.

-Je ne sais pas. Jusqu'à présent, seule sa présence me suffisait semble-t-il, répondis-je avec sincérité.

-Pour toi oui, c'est possible. Et lui ? À ton avis de quoi a-t-il envie, lui ? Que crois-tu qu'il veuille maintenant qu'Edward et Caïus ne sont plus une entrave concrète à vos retrouvailles ? Et comment crois-tu qu'il perçoive ton déni, ton rejet de ce qu'il est ? Bella je t'ai vu aujourd'hui lorsque tu as attaqué Katya. Et je t'assure que c'est une chose que je ne suis pas prête d'oublier. Tu m'as fait peur Bella. J'ai moi-même dû appeler Jasper parce que je pensais que tu allais vous faire du mal, à tous les deux. Et c'est-ce que tu allais faire. Tout ça à cause de son manque et de ta jalousie.

-Il était là, je n'étais pas en manque. C'était simplement de la jalousie.

-Les liens d'âmes sont plus complexes que tu ne le penses. Lorsque nous restons trop longtemps loin de nos compagnons, nous frôlons l'état de folie. Et, même s'il était présent, il y a longtemps que tu le tiens éloigné de toi. Et je t'assure que c'est la même chose que d'être loin physiquement de son compagnon. Et je sais de quoi je parle, car j'ai failli te quitter Bella. Tout ça parce que tu me tenais loin de mon compagnon. C'est Démétri qui est intervenu pour me faire rester. Et nous avons joint Aro pour l'informer de la situation. C'est la raison pour laquelle il t'a fait revenir au château.

-Je ne sais pas vraiment comment je dois prendre cette information Rosalie. Je suis à la fois agacée, contrariée que tu n'aies pas eu assez de foi en moi pour venir m'en parler au lieu d'agir dans mon dos.

-Mais regarde ce que tu es devenu Bella ! Tu n'es plus celle que tu as été ! Tout le monde s'accorde à dire que tu es devenu aussi froide et je dirai même aussi cruelle que Caïus quand on voit ce que tu es capable de faire à ton propre compagnon. Je grognais d'irritation et d'avertissement aussi. Alec et Félix apparurent aussitôt.

-Rosalie ne la pousse pas, lui conseilla son compagnon.

-Il est temps que quelqu'un lui ouvre les yeux. Elle a beau être une reine, elle était ma sœur avant tout, lui répliqua-t-elle.

-Vas-y en douceur tout de même, lui conseilla-t-il. Alors que je me levais pour aller à la fenêtre et tentai de me calmer seule.

-Bella je ne veux pas te perdre, mais il y a certaine fois où je me demande si ce n'est pas déjà trop tard. Cette nuit-là, c'est lui qui est mort pas toi. Tu sais lorsque j'ai entendu Jasper te calmer et qu'il te demandait de revenir. J'espérais sincèrement que c'était ma sœur qui allait revenir. Tu es une reine maintenant et je ne doute pas que tu seras une bonne reine. Mais tu peux être tellement plus que ça, si tu arrivais à redevenir celle que tu étais avant.

-Ce n'est pas possible Rose, vous ne pouvez pas comprendre. J'aimais Caïus et je l'aimais sincèrement et de tout mon cœur. Je n'arrive pas croire ni à admettre qu'il était ce que vous essayez de me dépeindre. Bien sûr que j'aime Démétri également et ce, depuis le jour où je l'ai vu dans cet aéroport. Mais c'est lui qui a créé cette situation, c'est lui qui m'a rejetée le premier. Alors maintenant je vous entends tous venir me dire que je suis la méchante. Mais à l'origine de tout, c'est lui qui m'a repoussée. Pourquoi devrais-je remettre en cause mon engagement auprès d'un homme qui m'a aimée, qui m'a choyée et qui m'a acceptée ?

-Parce que Démétri est ton compagnon tout simplement et parce que Caïus est mort. Je conçois qu'il t'ait aimée, il ne se serait jamais sacrifié autrement. Et je comprends également que tu culpabilises parce que tu devais être celle qui aurait dû mourir enfin du moins enlevée dans un premier temps. Mais avant toute chose Bella, il s'est servi de toi avant de développer des sentiments à ton égard, tu n'étais qu'un simple pion. Et puis, tu oublies aussi qu'il n'a pas été que douceur et tendresse. J'ai vu ce qu'il t'a fait, je suis intervenue également et puis nous en discutions assez à l'époque.

Que répondre à ça ? Rien, parce qu'elle avait raison. Avais-je trop idéalisé Caïus ? Se pourrait-il que je me sois mise des œillères toutes seules ?

-Tu as devant toi deux chemins Bella, le bon et le mauvais. L'avantage que tu as sur beaucoup c'est que tu connais le bon chemin à emprunter. Vas-tu t'obstiner à avancer dans la mauvaise direction ? Ce n'est pas plus compliqué que ça !

-Ce n'est pas si facile, répliquai-je.

-Le plus difficile dans ta situation sera de mettre ton égo de côté. D'apprendre à baisser la tête et de demander pardon à ceux que tu as blessés. Ce sera également savoir reconnaître tes torts à voix haute et devant tout le monde. Mais une fois que tu auras pris conscience de ça, une fois que tu l'auras fait, tu reviendras celle que tu étais. Mais surtout, à ce moment-là, tu verras que, contrairement à ce que tu penses, nous ne t'avons pas abandonnée, c'est toi qui t'es isolée seule. Démétri est le seul qui se soit battu contre toi et je ne parle pas que d'un combat physique, mais aussi un combat beaucoup plus intense. Un combat contre ton esprit pour t'empêcher de te perdre d'avantage et cela à son propre détriment. Il ne mérite vraiment pas ce que tu lui fais endurer.

Je ne savais pas quoi penser, j'étais perdue, je crois qu'il n'y avait pas d'autre adjectif pour qualifier ce que j'étais. Tous prenaient le partie de Démétri, tous pensaient que j'étais trop cruelle avec lui. Avaient-ils raison ?

-Je t'ai entendu Rosalie. Maintenant j'aimerais pouvoir m'isoler dans mes pensées. Je ne peux pas partir seule. Donc vous allez me suivre à cause du protocole de sécurité mais s'il vous plaît laissez-moi un espace assez conséquent pour que j'ai l'illusion de solitude dont j'ai besoin.

-Très bien. Nous allons t'accompagner. Où veux-tu aller ?

-Près du sentier de randonnée, là où je m'installais lorsque je testais mon contrôle.

-OK allons-y, dit-elle en faisant demi-tour.

-Rose ?

-Oui ? répondit-elle en se retournant alors qu'elle tenait la porte ouverte pour sortir.

-Tu es toujours ma sœur et je t'ai toujours considérée comme telle, l'informai-je.

-Ce n'est pas la sensation que j'ai eu ces derniers mois. Mais si c'est vraiment le cas je sais que mes paroles seront entendues et surtout que tu reviendras. Et je t'attendrais sois en sûre. Je hochais la tête alors qu'elle sortait cette fois de la pièce.

Je me reconfectionnais une figure humaine avant de sortir à mon tour. Je ne prononçai aucune paroles et sortis sous bonne escorte. Notre conversation n'avait échappée à personne. Mais ce n'était apparemment un secret pour aucun. Tous avaient l'air d'avoir appris nos liens d'âmes avant moi.

Bien évidemment, je savais que Rosalie, tout comme Sulpicia, n'avaient pas tort et j'admettais que je n'avais pas été tendre avec personne et encore moins avec Démétri. Que ce dernier avait vécu bien plus que sa part de souffrance dans cette histoire. Je voulais lui épargner ça et au plus profond de moi, je souffrais de le savoir meurtri et par ma faute qui plus est. Mais comment revenir sur tout ça sans me discréditer, sans perdre la face et mon autorité. J'avais conscience que j'avais un problème d'ego. Qu'effectivement, Rosalie avait mis le doigt exactement sur mon problème. J'avais porté Caïus si haut avant, mais surtout après son décès. Je n'avais gardé que ce que je voulais me souvenir de lui et relégué ce qui me gênait loin au fond de mon esprit. Et puis, j'avais toujours cette culpabilité qui me rongeait, car je n'arrivais pas à me défaire de cette vision de lui sur moi me protégeant. Et lorsque je m'obstinais, comme me le répétait Rosalie ou Sulpicia, c'est cette image qui s'imposait à moi.

Je prenais conscience que Caïus n'était pas totalement l'image que j'essayais de faire paraître de lui. Ce n'est pas que j'en prenais conscience étant donné que je l'avais toujours su. C'est juste que je ne voulais pas l'admettre c'est tout. Et puis je ne pensais pas non plus que cela touchait autant mon entourage, je pensais que j'étais la seule à souffrir de cette situation. Ce qui me touchait le plus c'était de les entendre faire ressortir ce qu'il y avait de moins honorable chez lui. Il n'était pas si mauvais, il m'avait aimée même si ce n'était pas le cas au début il m'avait aimée. Il me l'avait dit et il avait été sincère.

Maintenant les véritables questions étaient : Comment lui aurait réagi à ma place ? Serait-il resté fidèle à ma mémoire ? Aurait-il rejeté sa compagne pour rester fidèle à notre histoire ?

Je devais en toute objectivité m'avouer qu'il y avait de fortes chances que non. Lui ne l'aurait pas repoussé et de ça, j'en étais pratiquement certaine.

Je devais me rendre à l'évidence, je m'étais enfermée dans ce monde de souffrance et d'adoration pour Caïus en délaissant tout ce qui pouvait m'aider à me sortir de cette torpeur. Je réalisais que j'avais le droit d'être affectée, d'être triste et de pleurer son absence. Mais cela ne m'empêchait pas de chercher du soutien auprès de mes proches, même si je pensais, et à mauvais escient semble-t-il, qu'ils ne comprenaient pas.

En fait, j'avais besoin d'un électrochoc pour me remettre. J'avais besoin d'une bonne remise en place, comme venait de le faire ma sœur. J'étais peut-être une reine, mais je devais admettre que je n'avais pas le savoir absolu, ni même la science infuse. Que je n'étais également pas aussi sage et réfléchie que je le pensais. J'avais véritablement un gros problème d'orgueil qu'il faudrait vraiment que je rectifie.

Qu'est-ce que je devais faire maintenant ? En toute impartialité quel conseil donnerai-je à ma sœur par exemple si elle était à ma place ? Je savais parfaitement ce que je lui dirais. Le problème était qu'il me fallait moi-même appliquer cela. Et je ne sais pas si je pouvais admettre mes torts.

Mais si mon refus le poussait à partir, à me quitter véritablement comme je l'avais cru quelques heures auparavant. Pourrais-je le supporter ? En toute conscience, non je ne le pourrais pas. Sinon je n'aurais pas réagi comme je l'avais fait en m'en prenant à cette pauvre fille.

Enfin pauvre fille c'était vite dit. Elle était tout de même venue draguer mon compagnon sous mes yeux. Donc ma réaction n'était pas si déplacée que cela. Et puis elle n'avait pas non plus à entrer dans notre salle d'entraînement alors qu'elle ne faisait pas partie de notre famille ni même de notre garde. Et puis, de toute façon, je ne l'aime pas je n'ai pas besoin d'autre justification. Cette dernière réflexion me tira un sourire sans le vouloir. Il faudrait vraiment que je dégonfle ma tête et rapidement.

Je prenais également conscience de ce que mes gardes, mes frères et ma belle-sœur avaient dû vivre avec moi ces derniers mois et du fait que j'avais été véritablement odieuse avec tous. Car j'étais persuadée que tout m'était dû à cause de ce que je vivais.

Donc si je résumais le fil de mes pensées. Il me faudrait présenter des excuses à... pour faire simple et court, à tout le monde. Mais principalement à celui que j'avais le plus blessé. Il me faudrait ravaler ma fierté et lui demander de me pardonner en même temps que de bien vouloir me reprendre.

Car oui je savais que sans lui je ne serais rien et que je n'arriverais à rien. Il avait toujours été là pour moi. À chaque étape de ma vie vampirique, il avait été présent, il m'avait aidée, soutenue, épaulée, protégée et sauvée. Et ce, plus souvent qu'à son tour . Il m'avait sauvée de tous les dangers extérieurs mais aussi de moi-même.

Et quel remerciement je lui offrais ? Je le repoussai alors qu'il avait toujours été admirable et irréprochable. Sulpicia avait raison à son propos, il méritait une femme à sa hauteur et je n'étais pas sûre d'être cette femme. Et encore moins de pouvoir changer assez pour le devenir. Je lui avais fait trop de mal et cela me frappa avec la force d'un tsunami. Je devais tenter de réparer ça et puis je dois dire que j'en avais marre de souffrir et d'être en permanence sous tension et en colère contre tout et tout le monde. J'avais une chance incroyable d'avoir mon compagnon pour m'aider à faire face à mes futurs devoirs. J'avais la chance de connaître un bonheur quasi similaire à celui que vivait Sulpicia et Aro. Pourquoi est-ce que je m'en priverai ? Par orgueil ?

Il avait raison, Caïus n'était plus et lui était encore bien présent. Il avait donné et perdu bien plus que n'importe qui l'aurait fait et accepté, même pour son compagnon.

Je sentis mon espoir réinvestir mon corps en même temps qu'une angoisse presque aussi puissante pénétrer par chacun de mes pores. Je devais le faire, je ne devais pas le laisser partir et me quitter. Et si je devais perdre ma crédibilité aux yeux de mes gardes parce que je ramperais devant mon compagnon pour le récupérer, tant pis.

Il méritait au moins ça pour ce que lui avait dû sacrifier pour moi. Je ne pouvais plus laisser cette situation s'envenimer. Je l'avais créée et devais la régler. C'est forte de ma décision que je pris mon téléphone et l'appelai. Il y eut deux sonneries avant qu'il réponde. Je me doutais qu'il devait se poser la question de savoir s'il allait prendre mon appel ou non. Je fus heureuse qu'il le fasse bien que j'avais la crainte qu'il m'envoie balader. Ce que j'aurais compris.

-Oui, répondit-il d'une voix neutre.

-C'est moi. je...

-Je sais ! répliqua-t-il d'une voix plus sèche.

-Viens me rejoindre s'il-te-plait ?

-C'est un ordre ?

-Non, tu es libre de le faire ou pas. Je lève mon bouclier pendant environ une heure. Si tu ne m'as pas rejoins d'ici la fin de l'heure, j'accepterai ta décision.

-Bien, répliqua-t-il, puis il raccrocha.

J'avais envie de pleurer, j'avais poussé ses limites un peu trop loin, je m'en rendais compte. Peut-être était-il déjà trop tard ? Et s'il décidait qu'il préférait souffrir seul, mais loin de moi parce qu'il n'en pouvait plus ? Ce pouvait-il qu'il le fasse ? Les vampires pouvaient arriver à survivre sans leur véritable compagnon, Marcus en étant la preuve concrète. Et si Démétri choisissait de prendre ce chemin-là ?

J'avais levé mon bouclier dès le moment où je le lui avais signifié. L'heure arrivait à son terme. Et je dus me rendre à l'évidence que mes craintes étaient fondées, il avait choisi qu'il avait assez souffert. Comment lui en vouloir ? Je l'avais moi-même poussé à cette extrémité.

Je replaçai mon bouclier à sa place initiale et restai prostrée sur ma branche, sur ce même arbre dans lequel je m'installais pour réfléchir, celui contre lequel il m'avait immobilisée lors de mon premier test. Je ne sentais personne autour de moi bien que je sache que tous étaient présents et pas loin. Mais ils avaient eu la sympathie de ne pas venir me déranger et de se faire discrets pour me laisser cette illusion d'intimité. Bientôt deux heures que j'avais appelé Démétri et j'avais passé la dernière heure à pleurer sur son choix et ses conséquences. Mais j'avais pris la décision de le respecter et d'essayer d'être moins dure avec mes gardes. D'essayer de revenir la Bella qu'ils voulaient tous que je sois. Et qui sait peut-être qu'avec le temps il entendrait parler de moi et des progrès que j'ai fait pour redevenir celle qu'il avait aimée et qu'il me reviendrait. De toute façon, je n'avais pas d'autres choix. J'allais descendre de mon arbre pour partir lorsque je le sentis s'approcher. Cette odeur qui m'avait envoutée dès l'instant où je l'avais sentie. Il approchait, je l'entendais, puis il réduit l'allure, je me doutais qu'il était vers l'un des gardes. Je levais mon bouclier pour lui signaler ma présence. Et rapidement, il se trouva au pied de l'arbre.

Lorsque je le vis apparaître dans mon champ de vision tout mon corps entra en fête. J'étais heureuse qu'il soit, tout compte, fait venu. Enfin, juste avant qu'une pensée moins joyeuse ne vienne semer le trouble dans mon esprit. Et s'il venait pour me signifier qu'il ne voulait plus de moi. Qu'il ne voulait pas me pardonner. Il coupa mes sombres pensées.

-Tu voulais me voir, je suis là. Je soufflais d'appréhension car son ton était froid et distant.

-Merci d'être venu. Je ne pensais plus que tu allais le faire.

-J'ai beaucoup réfléchi avant de me décider, m'avoua-t-il.

Je sautais de l'arbre car je devais lui parler les yeux dans les yeux. Il était de dos lorsque j'atterris à ses côtés.

-Je... je soufflai un bon coup avant de me décider à tout déballer. Je suis désolée Démétri, commençai-je.

-Désolée pour quoi au juste ? D'avoir cédé à tes pulsions et m'avoir embrassé alors que tu étais avec Caïus ? Désolée de m'avoir fait espérer qu'un jour je pourrais avoir droit à une place autre que celle de garde à tes côtés ? Désolé pour toi parce que je ne suis pas le compagnon que tu souhaitais ? Dis-moi au juste pourquoi tu es désolée, parce que pour moi ce n'est pas clair. Il s'était retourné et son regard était plein de tristesse, de reproche et de colère. Cela me faisait encore plus mal de voir dans quel état je l'avais mis.

-Je suis désolée de ne pas être à ta hauteur. De ne pas être celle que tu mérites véritablement. De t'avoir fait autant de mal par mes actions ou mes manques d'actions certaines fois. De ne pas avoir pris la peine d'ouvrir les yeux et de me contenter du peu que j'avais alors que je pouvais avoir beaucoup plus encore et surtout beaucoup mieux. Mais surtout, je suis désolée d'être responsable du fait que tu doutes de toi. De ne pas t'avoir accordé la place qui te revient de droit et ce, au profit de quelqu'un qui ne te voulait que du mal. Je ne suis pas une bonne personne, et je suis désolée que tu doives te contenter de moi pour compagne.

-Tu es sérieuse ? Me demanda-t-il incrédule.

-Je pense chaque mot que je viens de te dire et plus encore. Je sais ce que tu as dû traverser à cause de moi et de mes mauvais choix. J'ai pris connaissance de la souffrance que tu as dû endurer durant tant de temps. De la distance entre nous, mais surtout de ma proximité avec Caïus. Et je dois avouer qu'à ta place, je ne l'aurais pas supporté. Je n'ai déjà pas supporté que cette femelle t'approche alors que j'étais dans la même pièce. Et pour être on ne peut plus franche, je dois avouer que j'ai eu plaisir à ordonner l'exécution d'Heïdi pour les mêmes raisons. Mais de cela, je viens seulement d'en prendre conscience. Je ne pourrais jamais effacer ces mois, ces années où tu as dû vivre avec tout ça à l'esprit et dans un silence absolu. Mais je suis prête à accéder à tous les changements que tu jugeras nécessaire afin que tu restes avec moi. Il resta silencieux me défigurant littéralement.

Au plus les secondes passèrent au plus je me sentais de plus en plus mal. J'étais gênée, honteuse, misérable sous son regard.

-Ne reste pas sans rien dire, le suppliai-je.

-Je ne sais pas Bella. J'ai attendu ce moment tellement longtemps que j'ai peine à y croire. J'ai peur que si je tente le moindre geste quelqu'un d'autre ne vienne et t'arrache à moi encore.

-Je ne laisserai plus personne s'interposer entre nous. Plus jamais personne ne viendra prendre ta place, je te l'assure. Tu es à moi comme je suis à toi et j'accepte cela. Plus que ça j'en suis heureuse, enfin si tu acceptes mes excuses et que tu rentres avec moi au château.

-Bien sûr que je rentre avec toi, me dit-il, mais il ne bougeait toujours pas.

Cette crainte devait être ancrée plus profondément que je ne le pensais. Je fermais l'espace qui nous séparait qui n'était pas si grand mais qui l'instant d'avant me paraissait être un gouffre. J'étais heureuse de m'être mise à nue et je dois dire que Rosalie avait raison. En faisant abstraction de mon orgueil, j'avais l'impression de redevenir celle que j'étais avant, enfin au moins un peu. En tout cas, je retrouvais une certaine sérénité que j'avais perdue depuis bien longtemps.

Arrivée tout contre lui, je plaçai mes mains sur ses pectoraux et me lovai tout contre lui. Il enroula ses bras autour de moi et me serra fortement.

-C'est bien vrai. Cette fois, tu vas rester, je n'aurai plus besoin de faire semblant.

-Je suis à toi et rien qu'à toi. Nous serons aussi proche que nous le souhaitons. Mais j'ai bien peur qu'il nous faille adopter la stratégie d'Aro en public. Je ne peux pas pour le moment t'accorder, aux yeux du monde, la place qui te revient à mes côtés. Mais je le ferai, sois en sûr. Je trouverais la solution qui fera que je pourrais te présenter dans un futur proche comme mon véritable compagnon.

-Si tu me veux auprès de toi en privé et que tu ne sortes jamais sans moi, je pourrais supporter cette contrainte. Ce sera même la plus facile à laquelle j'aurai dû m'adapter depuis que tu es entrée dans ma vie.

Nous restâmes comme ça quelques minutes, sans un mot, juste en silence. Un silence reposant, réparateur dans mon cas. Car je pouvais de nouveau accumuler calme et bien-être à l'intérieur de mon corps. Comme pour la danse, mon corps se détendit et encore plus vite maintenant que nous avions pu nous expliquer. Mais principalement, parce que je savais que maintenant il serait avec moi et que je sentais au plus profond de moi que j'avais fait le bon choix. Que j'étais en accord et en harmonie avec moi-même. Même mon démon semblait d'accord avec ce fait, il était apaisé tout comme moi et cela était bon.

-Je pense qu'il vaudrait mieux rentrer, m'indiqua-t-il tendrement en déposant un baiser sur mon front.

-Nous rentrerons au château demain. Ce soir, nous restons ici.

-Je ne veux pas aller dans cette pièce, dit-il subitement.

-Ça tombe bien puisque j'ai emménagé dans ta chambre, lui répondis-je. Il me sourit avec malice. Tu sais que j'ai toujours eu du mal à ne pas perdre pied quand tu souris.

-J'avais remarqué oui.

-Il y avait bien longtemps que je ne l'avais plus vu.

-Il y a longtemps que j'avais perdu l'envie de sourire également. Et puis hier j'ai souri.

-Effectivement, répondis-je alors que nous partions main dans la main en direction de la maison.

-Nous arrivons près de Félix, m'indiqua Démétri.

-Et alors ce n'est pas comme si c'était un secret dans nos murs. Tout le monde était au courant avant moi.

-J'ai été mis dans la confidence assez tard, m'avoua-t-il.

-Quand ?

-Lorsque je suis venu te secouer dans tes appartements.

-Tu le savais à ce moment là ?

-Oui, répondit-il. Je t'ai laissée quelques indices pour que tu puisses comprendre, mais tu es trop bornée.

-Pourquoi ne pas m'en avoir parlé, tout simplement.

-Tu crois sérieusement que tu aurais cru ce que je te disais. Tu me tenais déjà responsable de sa mort. Si, en plus, j'étais arrivé en te disant : Bella arrête de pleurer pour lui, il n'est pas ton compagnon puisque c'est moi. Comment aurais-tu réagi ?

-J'aurai confirmé les doutes que j'avais fondé, avouai-je.

-Tu vois. C'était trop tôt. D'ailleurs, je pensais même qu'aujourd'hui était trop tôt enfin c'était avant de voir ta réaction quand tu as cru que j'avais une compagne. Ce qui me surprend c'est que pas une seconde tu ne t'es doutée qu'il pouvait s'agir de toi.

-Ben pas vraiment dans le sens où il est de notoriété publique que les âmes sœurs se reconnaissent. Et puis vu le temps que l'on passait ensemble, si je ne m'en étais pas aperçue avant c'est que ce n'était pas moi tout simplement.

-Alors qu'en fait nous nous sommes reconnus c'est le plus dramatique. Mais nous sommes passés à côté de ça et le résultat est là, soupira-t-il.

-Le résultat est que nous avons traversé beaucoup d'épreuves qui nous ont endurcis. Mais au final, nous sommes là toi et moi et c'est ce qui compte non ?

-Oui, c'est vrai, céda-t-il. Bien que je le soupçonnais de le faire pour ne pas partir sur un sujet plus délicat pour le moment. Nous arrivâmes près de Félix qui arborait un sourire conspirateur, lorsqu'il nous vit.

-Dois-je intervenir comme la première fois où nous vous avons surpris ensemble, nous demanda-t-il espiègle. Si j'avais pu, j'aurai pu rougir en repensant à la scène à laquelle il faisait référence.

-Si tu tiens à mourir, je te le conseille, lui rétorqua Démétri entrant dans son jeu. Félix me sourit d'un vrai sourire heureux et cela me ravit. Il y avait longtemps que je ne l'avais pas vu comme ça lui aussi.

-Bien si nous rentrions, lançai-je. Félix avertis Rose et Alec que nous retournons à la maison.

-Et si tu pouvais y aller plutôt que les appeler, je t'en serai reconnaissant, lui signifia Démétri avec un sourire entendu.

-Mouais, maugréa de bonne grâce le garde.

Il partit dans la direction par laquelle nous venions d'arriver. Nous rentrâmes rapidement. Une fois arrivés à l'intérieur, Démétri me conduit dans sa chambre, enfin la nôtre. Je ne jetais même pas de coup d'œil à celle que j'avais occupée précédemment. Je venais de ranger cette partie de ma vie dans un coin de ma tête. J'y repenserai de temps à autre, mais je ne ferai plus de ce passé, mon avenir. Lorsque nous arrivâmes dans la chambre, il ferma la porte et me prit dans ses bras avec avidité et douceur à la fois. Il m'embrassa avec cette même force d'amour que j'avais ressenti lorsque nous nous étions embrassés aux États-Unis. Mais au lieu de nous freiner comme la première fois, nous nous laissâmes aller. Ce baiser devint vite urgent, passionné et empli d'un désir ardent. Ses mains vinrent se perdre sur mes hanches qu'il plaqua tout contre lui. Je pouvais sentir son envie de me faire sienne. Envie que je partageais, que je souhaitais plus que tout. Je voulais m'unir à lui, car si la promesse de ses baisers était au quart de ses capacités physiques, j'avais hâte d'y être. Il remonta ses mains le long de mes côtes pour finir sur ma poitrine. Je me frottais effrontément contre lui. Il y avait certainement plus romantique comme première fois. Mais je pense que l'attente que nous avions dû endurer, et principalement lui, faisait que nous ne faisions pas dans le romantisme. Et puis, de toute façon, nous aurions bien le temps de pourvoir à cela une prochaine fois, car il y en aurait des milliers d'autres, je n'en doutais pas. Mais comme un écho à mes propres pensées, je l'entendis me dire.

-Je suis désolé mais je ne pourrais pas faire durer le plaisir bien longtemps.

-Il y avait longtemps, lui répondis-je. Ce qui l'arrêta net et il me regarda avec curiosité les sourcils légèrement froncés. Que tu n'avais pas complété l'une de mes pensées, terminai-je voyant qu'il n'était pas sur la même longueur d'onde.

Il sourit malicieusement et il reprit l'ascension de mon cou qu'il parsemait de baisers. J'avais, quant à moi, entrepris de le débarrasser de son polo qui m'agaçait sérieusement. Mais, pressée comme je l'étais, je le déchirais dans la manœuvre. Ce qui le fit sourire d'avantage, en tout cas je le sentis.

-Déchiré pour déchiré, déclarai-je. Et je finis par le détruire entièrement en faisant des lambeaux de tissu.

-Il va me falloir prendre des actions dans le textile. C'est mine de rien le deuxième que tu me détruis aujourd'hui, me taquina-t-il.

-Hum... et quelle a été ta façon préférée ?

-Je dirais bien les deux puisque la première fois ta jalousie m'a enorgueilli. Mais vu comment cela a dégénéré tout de suite après, je dirais que j'ai une préférence particulière pour cette méthode-ci.

-Tant mieux parce que c'est ma préférée aussi, répliquai-je malicieuse. Il répondit à ce sourire par un plus ou moins similaire.

-Si tu veux que l'on profite de ce moment, il va falloir se dépêcher car ils vont bientôt rentrer.

-Bien, je suppose que nous aurons bien d'autres occasions pour jouer un peu plus.

-Des milliers de fois, dit-il en me prenant sous les fesses afin de me porter.

Il me déposa sur le lit alors que j'admirais son torse finement sculpté, ses muscles ciselés dans une rare perfection. Je me mordis la lèvre en le dévorant du regard.

-Tu n'imagines même pas l'effet que cela me fait que de te voir me détailler comme ça. Déjà la première fois, ça m'avait troublée, mais maintenant que je peux en profiter, je suis aux anges.

-C'est ton corps qui a un effet incroyable sur moi, lui répondis-je en me frottant toujours plus contre son érection. Il me retira mon pantalon à vitesse vampirique ainsi que le sien.

-Tu ne portes pas de sous-vêtements ? lui demandai-je surprise.

-Non jamais, dit-il en s'allongeant au-dessus de moi et reprenant l'exploration de mon corps avec sa bouche.

-Alors comment se fait-il que tu en avais un lorsque je t'ai fait enfiler le kilt ?

-Parce que je le savais, répondit-il tout sourire.

-Qui ? demandais-je. Je voulais savoir qui m'avait trahi. Bien que je ne prenais pas cela dans le sens premier du terme, en tout cas dans sa portée.

-Jane, répondit-il.

-J'aurais dû m'en douter, il détourna rapidement mon attention en s'emparant de l'un de mes seins.

J'oubliais tout le reste instantanément. Il réussit à faire naître un feu qui me consumait littéralement. Je n'étais que lave en fusion et c'est certainement la chaleur qui devait se dégager de mon antre. Il relâcha le premier alors qu'il s'attaqua au second, mais dans le même temps, il descendit l'une de ses mains directement sur mon sexe. Ses doigts glissèrent entre mes lèvres intimes et humides, puis il les introduisit en moi en même temps qu'il mordilla mon sein. L'effet était dévastateur. Je me cambrai en jurant un :

-Oh putain oui ! de plaisir. Il fit quelques allers et retours avec ses doigts dans mes plis. Mais cela n'était pas suffisant. Prends-moi ! lui ordonnai-je. Pas comme la reine qui commande à son garde, mais comme la femme qui supplie son homme pour qu'il accède à sa délivrance.

-Oh que oui je vais te prendre, me dit-il en se déplaçant afin de s'installer entre mes jambes.

Jambes qu'il prit et qu'il positionna sur ses épaules. Cette première fois était vraiment loin d'être romantique et cette constatation me tira un sourire. Il releva mes hanches afin que je sois à la bonne hauteur pour la pénétration, puis je le vis prendre son sexe en main alors que moi je prenais appuis sur mes bras pour garder l'équilibre d'une part mais aussi pour maintenir la hauteur adéquate. Il se présenta devant mon entrée. Je le regardais intensément et lorsqu'il me pénétra il ferma les yeux en même temps qu'il laissa échapper un grognement, ce qui attisa mon désir. Le fait de le sentir à l'intérieur de moi était remarquable. Il était physiquement fait pour moi, il n'y avait aucun doute à cette constatation.

Il partit à l'assaut de mon antre et fis ses allées-et-venues avec fougue. À chaque coup de rein qu'il me donnait, il m'approchait un peu plus des étoiles. J'avais la sensation que je n'allais pas tarder à décoller et ce n'était pas une impression car mon corps était en feu. Nous étions pris dans une frénésie totale. Il n'était pas doux, il était sauvage et puissant et c'est tout ce que je voulais. Il retira mes jambes de ses épaules alors que mes parois commençaient à se resserrer doucement annonçant que j'allais bientôt atteindre le septième ciel.

Il n'arrêta pas pour autant ses coups de reins. J'emmêlais mes jambes aux siennes afin que nous soyons en totale fusion. Puis j'accordais mes mouvements de hanches à ses coups de reins afin de lui donner plus de profondeur.

Nos corps étaient emmêlés l'un à l'autre bougeant en rythme et en harmonie. Il avait une de ses mains sous mes reins accompagnant mes mouvements alors que j'avais l'une des mienne sur ses fesses et l'autre caressant son dos. Nos bouches se dévoraient littéralement. Les seuls sons qui résonnaient dans la pièce étaient nos corps qui claquaient l'un contre l'autre, nos gémissements et halètements lorsque nous arrivions à séparer nos bouches l'une de l'autre assez longtemps et nos respirations saccadées.

Il mettait toute la force de son amour dans chacun de ses gestes, coups de reins et baisers. Je sentais tout ça et j'essayais de répondre de façon identique. Mon vagin continua de se resserrer autour de lui et je sentis que j'étais proche de la jouissance. Il intensifia ses mouvements en y mettant encore plus de lascivité et de sensualité et cela suffit. Je me contractais avec force autour de son membre. Alors qu'il émit un grognement de délivrance et de plaisir en écho au mien.

Il fallut quelques secondes à mon vagin pour se décontracter et le libérer. Il fut plus long qu'il ne l'avait jamais été pour ce faire. Ce qui allait de paire avec les sensations que j'avais ressenti.

Je crois que tout allait être démultiplié avec lui. Car il était mon compagnon, mon âme sœur, celui qui avait été fait pour moi et inversement. Il n'était pas pensable de faire la moindre comparaison avec ce que j'avais pu vivre avant. Enfin, c'est ce que je pensais et j'espère que c'était également le cas pour lui.

Après avoir repris un rythme respiratoire plus normal ce qui me fit sourire car c'était un principe de base qui ne nous était pas indispensable, mais ce vieux réflexe humain avait la vie dure. Il m'embrassa sans pour autant se retirer de moi.

-Je te promets que nous aurons d'autres occasions d'améliorer ça, me dit-il.

-Je ne sais pas pour toi mais moi j'ai trouvé ce « ça » très bien. Mais je suis également pour la diversité, lui répondis-je avec un sourire taquin, qu'il me rendit.

Il leva la tête pour regarder un point sur le mur derrière nous. Puis se retira de moi et attrapa son jean par terre pour y prendre son téléphone.

-Qu'est-ce que tu fais ? lui demandai-je surprise en me redressant à mon tour.

-Ils veulent savoir s'ils peuvent rentrer maintenant. Apparemment ils ont une vague idée de ce que l'on vient de faire, m'informa-t-il appuyant sa phrase d'un clin d'œil.

-Quelle bande de pervers, répliquai-je sur le ton de la plaisanterie.

-Tu devrais aller prendre une douche avant qu'ils n'arrivent.

-Tu me rejoins ? lui demandai-je pleine d'espoir.

-Ce serait avec plaisir mais ils risqueraient de nous surprendre. Et cette fois-ci, tu aurais toutes les raisons de les traiter de pervers.

-Hey ! Nous ne sommes pas pervers. On aurait pu arriver sans rien dire ! entendis-je Félix dans l'appareil. Ce qui me fit glousser puis je partis dans la salle de bain.

-C'est bon, vous pouvez rentrer. Au fait, j'emprunte ta douche et un tee-shirt, le mien n'est plus en vie.

-Ouais, entendis-je dans le combiné accompagné de railleries de la part d'Alec. Mais je n'y prêtais plus d'attention dès que la porte fut fermée.

Je pris mon temps sous la douche, le temps d'apprécier les bienfaits que cette décision m'apportaient. Je me sentais plus calme et sereine, j'avais l'impression que tout rentrait dans l'ordre. Et, dans un sens, je m'en voulais de ne pas avoir ouvert les yeux plus tôt, surtout que c'est d'une telle évidence. J'avais toujours senti ce pouvoir qu'il avait sur moi et souvent je m'en étais fait la remarque toute seule en plus. Mon Dieu que je pouvais être aveugle, limite obtuse. Je sortis enfin de ma douche et après m'être habillée, je les rejoignis tous. Ils étaient dans la pièce à vivre de la maison, ils se charriaient. Démétri et Félix se cherchant en s'envoyant quelques coups, s'envoyant des objets de toutes sortes alors que Rose essayait de préserver son mobilier et ses bibelots. Alec attendait que sa compagne lui tourne le dos pour renvoyer à son tour les objets qu'elle venait de replacer, sur les deux joyeux lurons. Lorsque je pénétrais dans la pièce, ils cessèrent tout de suite leurs enfantillages. Cela me fit un pincement au cœur. Car c'est vrai que j'avais un statut important maintenant, mais j'avais pris plaisir à les entendre et les voir aussi joyeux, aussi léger, je regrettais que ma présence mette fin à cela.

-Ne vous arrêtez pas pour moi, leur indiquai-je. Mais c'était trop tard, la magie du moment s'était brisée.

-Désolée maîtresse, s'excusa Félix.

-Félix tu n'as pas à t'excuser de prendre du bon temps. Bien je vais profiter de votre attention à tous. Voilà ce n'est pas facile ce que je m'apprête à faire. Parce que, comme me l'a fait remarquer ma très chère sœur, j'ai ces derniers temps laissé mon ego et mon orgueil prendre l'ascendance sur celle que j'étais. J'ai laissé ma souffrance et ma peine prendre le pas sur tout le reste. Sur moi, sur Démétri et sur vous également. Je me rends compte que je ne vous aie pas mené la vie facile. Je n'ai pas tenu compte de votre soutien que vous avez tenté de me témoigner. De votre vie en vous séparant plus longtemps que nécessaire. Mais surtout, je ne vous ai pas apporté d'autres intérêts ni attentions que celle qu'on accorde à de simples étrangers. Alors que vous tous ici présents, plus Jane qui elle ne l'est pas, vous m'avez tous soutenue, aidée, épaulée et ce, depuis mon arrivée au château. Pour Jane, j'irai lui parler en rentrant parce qu'elle aussi mérite que je lui présente mes excuses. Donc je me répète Rose, je t'ai entendu, mais surtout je t'ai écoutée parce que tu avais raison, comme bien souvent d'ailleurs. Je vous présente à tous mes excuses et je vais essayer, avec votre aide bien entendu, de faire dégonfler la montgolfière qui me sert de tête. Terminai-je avec un sourire que je voulais léger.

-Compte sur moi et la prochaine fois, je tacherai de le faire avant.

-J'espère bien qu'il n'y aura pas de prochaine fois, répliquai-je.

-Moi non plus, renchérit Démétri.

Rose vint à moi avec un sourire radieux, puis une fois à ma portée, elle me prit dans ses bras. Ce geste, d'une telle banalité, me gonfla littéralement. En plus d'avoir enfin aplani ma relation avec Démétri mais surtout l'avoir accepté. Ce geste, ce contact avec ma sœur me transportait presque de bonheur, en fait, il me transportait au delà de ça. J'avais la sensation d'ouvrir les yeux après une longue période dans le noir et le flou le plus total. De retrouver une vision claire et simple de ma vie, comme si tout prenait une place logique.

-Je suis contente de te revoir, me dit-elle en m'étreignant.

-Tu avais raison. Je me sens mieux et surtout tout me paraît beaucoup plus simple maintenant.

-J'ai toujours raison, répliqua-t-elle avec sarcasme, avant de me relâcher.

Elle avait gardé une petite sculpture en bois qui devait sans doute avoir perdu quelques éléments dans le chahut un peu plus tôt. Je la lui pris des mains et visais mon compagnon qui l'esquiva. Il répondit en grognant, prenant une position d'attaque. Je fis la même chose en grognant et lorsqu'il voulut me sauter dessus, je l'esquivai et pris la fuite à l'extérieur, ne voulant pas détruire le reste du mobilier de ma sœur. Il me suivit ainsi que les autre gardes. Nous nous bataillâmes une partie de la nuit, ne se souciant plus de nos statuts, ni des fonctions qui étaient les nôtres. Nous étions que des amis, une famille.

Grâce royale

Chapitre 26 : Grâce royale

Nous étions en train de revenir de notre petite escapade salvatrice qui nous avait permis à Démétri et moi de nous parler. D'arranger notre situation et de mettre en place nos accords pour les temps à venir. Cela m'avait également permis de pouvoir me remettre en question sur d'autres sujets, comme mes relations avec mes gardes qui étaient également mes amis. Ma sœur que j'avais pu retrouver après de long mois de traversées du désert. Mais surtout revoir mes positions concernant mon avenir en tant que souveraine. Bien évidemment, je garderai mes objectifs tel que la récupération totale de notre territoire et le sud des États-Unis principalement, puisque de nouveau il n'y avait que cette partie du globe qui échappait encore à notre contrôle. Vu que c'est cette Maria qui en avait la jouissance et qu'apparemment elle ne le rendrait pas sans combattre. Ce n'était pas un problème pour moi, car maintenant j'avais un but enfin j'avais une autre alternative à ce combat bien évidemment. Je devais en ressortir vivante pour continuer ma vie avec Démétri. Mais aussi pour maintenir et aboutir à mon second objectif qui était celui de Caïus également, un sujet qui me tenait toujours à cœur.

L'éradication des loups, il en avait fait une priorité dans son système de régence et il était mort sous les dents de ces créatures. J'essaierai de ne pas reproduire la même erreur, j'essaierai de ne pas en faire une obsession. Et pour cela, je comptais sur Démétri car j'avais un grief à vie contre ces dégénérescences de la nature.

-Maîtresse ?

-Oui Démétri. Répondis-je en sortant de mes pensées.

-Nous sommes arrivés. Me signala-t-il alors que tout le monde était sorti de la voiture et attendait les visages soucieux que je sorte à mon tour.

-Désolée j'étais perdue dans mes pensées. Leur signalai-je alors que je que je quittai l'habitacle de la voiture.

Il est vrai que je n'avais même pas vu que Félix s'était garé dans le parking du château. J'étais vraiment très loin dans mes pensées.

-Alec, Rose et Félix vous pouvez disposer. Je vous rappellerai si j'ai besoin de vous. Démétri nous allons dans notre tour je dois me changer avant d'aller voir Aro et Marcus.

-Bien maîtresse. Répondirent-ils tous ensemble.

-Rose ? Appelai-je alors qu'elle pénétrait dans le château avec Alec.

-Oui.

-Tu pourras m'envoyer Jane dans mes appartements. Je dois m'entretenir avec elle.

-Je l'informe de suite. Répliqua-t-elle avec un sourire compréhensif.

Je rejoignis mes appartements Démétri s'arrêta sur son palier. Il me prit dans ses bras et m'embrassa avant de me laisser repartir, car Jane arrivait et que je voulais prendre une douche avant. Il en profita pour faire également la même chose. Tout compte fait qu'il ait ses appartements deux étages plus bas que moi allait nous faciliter dans notre relation. Car une fois à l'abri entre les murs de notre tour, personne ne viendrait nous déranger. Et surtout il n'y aurait pas de sortie furtive de la part de l'un ou de l'autre qui pourrait être découverte pour x ou y raisons et surtout par je ne sais qui.

J'ai pu prendre ma douche avant que Jane n'arrive. Apparemment personne ne l'avait mise dans la confidence, car elle était assez angoissée lorsqu'elle pénétra dans mes appartements. Je la fis passer dans l'ancien bureau de Caïus qui était désormais le mien. Et je lui avais présenté mes excuses plus ou moins de la même manière que je l'avais fait avec le reste de la garde. Elle avait paru surprise au début, puis avait eu une réaction plus ou moins similaire à celle de Rosalie. Les démonstrations d'affections en moins. Nous parlions de Jane là et bien qu'elle puisse être douce et attentionnée avec les personnes proches, et elles étaient peu nombreuses, je pense qu'il me faudrait un peu plus de temps pour gagner son pardon et justement pouvoir revenir dans ce cercle très fermé. Elle était entière et surtout je pense que je l'avais déçue car Jane était exigeante en amitié. Mais je concevais son point de vue et comme je le lui avais dit, elle verrait que ce n'était pas qu'une façade que j'avais bien l'intention de reléguer celle que j'étais devenue au loin. Surtout que je n'avais plus l'intention de faire du mal à Démétri, car là était son problème. Si elle avait été mon amie, elle était également et avant tout celle de Démétri. Le fait que je lui ai fait du mal ces dernières années, mais principalement ces derniers jours, était pour elle quelque chose de difficile à accepter. Elle repartie toutefois de mes appartements avec une attitude moins fermée, moins professionnelle qu'à son habitude et cela me soulagea car de cette attitude je savais que rien n'était totalement perdu.

Je descendis retrouver Démétri qui devait m'accompagner pour rejoindre Aro et Marcus.

-Viens par ici. Me dit-il en me prenant par la taille.

-On n'a pas le temps Démétri. Il faut que je reprenne ma place maintenant.

-Je sais mais je veux seulement un petit baiser car après je serai à tes côtés mais sans pouvoir te toucher. Sais-tu quel supplice cela va être pour moi ?

-Démétri je croyais que nous nous étions mis d'accord ! Soufflais-je dépitée que nos arrangements ne tiennent pas plus de quelques heures.

-Nous sommes d'accord. Mais tu ne peux pas démentir que le temps va paraître très long aujourd'hui.

-Je te l'accorde. Répliquai-je avec un sourire entendu.

Il m'embrassa passionnément, mais avant de me laisser envahir par le désir, je l'arrêtais. J'avais des obligations à assumer et malheureusement si la perspective d'un câlin crapuleux avec Démétri était bien plus tentant, je ne pouvais me dérober à mes devoirs.

-Où sont-ils ? Demandais-je à mon compagnon.

Je réalisais que cette désignation me paraissait plus naturelle avec Démétri qu'elle l'avait été avec Caïus au début. Et pour cause. Mais cela n'en était pas pour autant moins étrange comme sensation. Comme si je passais de l'un à l'autre sans aucune considération pour les deux. Je décidais de ranger cette impression loin dans mon esprit pour y revenir à tête reposée et avec plus de recul. Car pour le moment, tout était encore frais.

-Dans la salle d'audience. Me répondit-il.

-Très bien allons-y.

Lorsque nous pénétrâmes dans la salle, un vampire était en train de relater ses doléances. Je n'y prêtais pas grand intérêt car le sourire satisfait et soulagé d'Aro et le regard remplit d'approbation et de satisfaction de Marcus accaparèrent toute mon attention. Je vins prendre place sur mon trône et Démétri derrière moi à la place que j'occupais lorsque j'étais garde.

Le vampire répéta le motif de sa visite après m'avoir saluée. En fait, il venait car il rencontrait quelques difficultés avec un clan de de trois vampires nomades en Finlande qui faisait dans le racket apparemment. C'était bien la première fois que j'entendais cela. Apparemment, ce groupe s'en prenait après tous ceux qu'ils croisaient qui avait un peu d'argent mais privilégiait les vampires seuls ou en nombre inférieur. D'après ce que j'entendais, ils s'en prenaient aussi bien aux humains qu'aux vampires. Préférant cependant nos congénères car leurs revenus étaient plus conséquent. En plus, en s'en prenant à eux, il y avait moins de disparitions humaines et cela ne risquait pas de mettre le secret en danger. Ce qui faisait qu'ils nous tenaient éloignés de leurs activités. Et avec les événements que nous avions dû traverser ces derniers mois, ils comptaient sur le fait que nous soyons trop débordés pour intervenir. Ils exerçaient d'odieux chantages en menaçant de s'en prendre à l'un du clan et bien évidemment, ils prenaient pour cible les couples afin de se faire obéir et respecter.

Décidément, c'était à se demander pourquoi nous faisions le maximum pour garantir une vie de tranquillité à nos congénères lorsque des histoires pareilles arrivaient à nos oreilles.

-Julian pourrais-je te toucher je te prie ? J'aimerais voir à quoi ressemble ces personnes. Demanda Aro.

-Oui mon roi. Rétorqua-t-il.

Aro se leva et je vérifiais que mon bouclier était bien en place autour de lui. Avec les attaques répétitives de Stephan, il valait mieux ne rien laisser au hasard surtout avec des contacts. Aro prit la main dudit Julian et resta en lecture silencieuse quelques minutes.

-Je vois. Répondit-il brisant le silence. Afton appelle Jane, Santiago et Rosalie je te prie.

-Oui maître.

-Que se passe-t-il Aro ? Demandai-je à mon frère.

-Il se trouve que les vampires en questions sont ceux qui nous ont échappé en Écosse. Ils sont véritablement dangereux pour nos congénères et nous devons agir au plus vite.

-Bien, je suppose que tu vas envoyer une délégation rapidement.

-Oui ils doivent revenir voir le clan de Julian demain soir. Nos gardes les accueilleront comme il se doit.

Quelques minutes plus tard, Santiago et Jane arrivèrent suivis de près par Rosalie. Ils se fixèrent à côté du vampire et s'inclinèrent.

-Levez-vous. Leur indiqua Aro. Une fois fait, il continua. Vous allez partir en mission, vous accompagnerez Julian jusque chez lui. Demain soir, son clan recevra la visite d'anciennes connaissances que nous pourchassons depuis quelque temps.

-Quelle sanction devrons-nous appliquer maître ? Demanda Jane.

-La peine maximale pour le clan en entier. Ils ont eu la chance et la possibilité de pouvoir se reprendre une première fois en échappant à nos gardes, ils n'ont pas su la saisir. Julian vous racontera leurs méthodes dans le jet qui vous conduira en Finlande.

-Pourquoi les envoyer eux ? Rosalie est déjà engagée dans la sécurité de Bella, et je ne pense pas qu'il soit avisé d'éloigner Jane du château pour le moment. Questionna Marcus.

-Parce qu'ils ne connaissent pas ces gardes-là. Il s'agit du clan O'Brian d'Écosse, ce même groupe qui s'amuse à tuer les compagnons de nos congénères.

-Le groupe que le défunt Anthony Mac'Arthur nous avait signalé ? Demandai-je surprise.

-Oui ceux-là même. Nous avions envoyé Afton, Bastien et Corin durant le temps où tu étais indisponible. Mais ils n'ont trouvé aucune piste. Et je préfère envoyer des gardes qu'ils ne connaissent pas ou qu'ils n'auraient pas croisé les odeurs sur leur terre natale, pour être sûr que cette fois-ci, qu'ils ne nous échappent pas. Je ne peux pas envoyer Démétri à cause du nouveau protocole de sécurité qui t'entoure, donc je préfère miser sur la sécurité.

-Oui ils ont eu un délai plus que respectable pour se reprendre je suis d'accord avec ton raisonnement. Acquiesçais-je.

-Effectivement, je pense aussi qu'il faut les arrêter au plus vite. Accrédita Marcus à son tour.

-Rosalie, Santiago et Jane. Vous partez immédiatement il ne faut en aucun cas qu'ils s'échappent une nouvelle fois.

-Ils tuent les compagnons ? Demanda Julian.

-Seulement un des deux laissant l'autre se morfondre dans la douleur d'une telle perte. Lui expliquai-je.

-Mon créateur a une compagne ! Paniqua-t-il.

-Ne t'en fais pas, tu as agi comme il le fallait. Nous allons mettre un terme à leur persécution. Le rassurai-je. Il me regarda avec scepticisme. Mais me gratifia tout de même d'un :

-Merci ma reine.

Je suppose que mes précédentes actions menées sous le coup de la colère avaient déjà fait le tour de notre communauté. Et que je devais jouir d'une réputation plus ou moins identique à celle de mon ancien conjoint. Mais après tout, c'était le rôle que je m'étais donné donc je ne devrais pas être surprise que nos sujets réagissent de la sorte avec moi. Nos gardes quittèrent la salle pour aller se préparer après nous avoir salué.

-Julian tu attendras la garde dans la salle d'accueil près de Gianna. Ils passeront te chercher avant de partir.

-Je vous remercie, mes rois et reine, pour votre rapidité d'intervention.

-Nous te remercions de nous avoir tenus informés de ce qu'il se passait par chez toi. Pour le reste, cela est notre devoir. Lui répondit Aro. Julian partit attendre que nos gardes passent le chercher afin d'aller régler ce problème chez lui.

-Avant d'accueillir le prochain et dernier visiteur peux-tu nous informer de ta situation. Me demanda Aro.

Je lui tendis la main alors qu'il se réinstallait sur son trône. Lorsqu'il la prit, je retirais mon bouclier. Il fit défiler les derniers évènements à partir de notre discussion dans ses appartements. Il suivit toutes les pensées qui m'ont amenées à prendre ma décision finale puis les conversations qui en ont découlé. Il arriva sur le moment le plus intime de notre nouvelle relation, lorsque je remis mon bouclier en place.

-Désolée, mais ça, c'est privé.

-Je comprends. Me dit-il un sourire entendu. Bien je constate que tu es enfin revenue comme se plaît à dire Rosalie, j'en suis heureux. De plus, tu as suivi le bon raisonnement et surtout pris la bonne décision. Je pense effectivement que ton point de vue est celui qu'il faut adopter pour le moment.

-Tout est arrangé ? Demanda Marcus.

-Tout est comme ce doit être. Reprit Aro.

Pour ne rien dévoiler d'autre devant nos gardes. Bien qu'il s'agissait d'Afton, de Corin et de Renata. Pour le moment nous avions convenu Démétri et moi, que seuls nos proches seraient au courant. Soit Aro, Sulpicia, Marcus, les jumeaux, ma sœur et Félix ce qui faisait beaucoup en fait mais nous leur faisions confiance. Pas que nous ne fassions pas confiance aux autres mais personnellement j'avais moins d'affinité avec les autres gardes. Peut-être était-ce parce que ceux-ci avaient d'abord été mes amis avant de devenir mes gardes. Le fait est que j'aimais que les choses en soient ainsi.

-Bien et en ce qui concerne tes projets de nous réapproprier notre territoire du sud ? Demanda Marcus avec un intérêt particulier.

-Je reste sur mes positions concernant ce fait. Répliquai-je.

-Isabella soit raisonnable ce n'est pas vraiment le moment pour partir à l'assaut de ce bout de terre. Laissons-lui la jouissance encore quelque temps. Au moins le temps de regarnir notre garde. Tenta de me convaincre Aro.

-J'ai bien une solution pour ça aussi. Lui expliquai-je.

-Oui j'en ai pris connaissance et je pense que ce serait une bonne idée. Mais ne nous perdons pas dans notre discussion. Nous parlions de ton obsession de reconquérir le sud des États-Unis.

-Aro, ce n'est pas parce que ma vie reprend un sens à mes yeux que j'en oublie mes responsabilités. Et comme vous me l'avez vous-même confirmé, je dois asseoir ma position de souveraine aux yeux des plus réticents. Et le problème Maria est tout à fait ce qu'il me faut pour ce faire.

-J'en conviens, mais pas maintenant Isabella.

-Je ne suis pas d'accord avec vous. Si je démontre aux yeux de tous que je suis digne de les gouverner. Je ferai d'une pierre deux coups, car avec cet exploit je démontrerai également à Stephan et son clan que je ne suis pas femme à me laisser faire et ce quelque soit les plans qu'il fomente dans son esprit il ne pourra faire autrement que d'abandonner. Ce qui nous laissera encore plus de temps pour nous préparer à le contrer.

-Encore une fois bien que je sois partagé entre vos deux avis, je dois reconnaître que son argumentation est fondée. M'approuva Marcus. Cependant, je rejoins l'avis d'Aro en ce qui concerne le moment. Nous ne pouvons nous permettre maintenant de mener une telle action. Nous n'avons pas assez de garde pour ce faire. Car nous devons prévoir une délégation importante pour États-Unis avec toi mais nous devons aussi assurer la protection du château.

-J'ai également pensé à cela. Afton peux-tu aller me chercher le clan Cullen et celui de Denali je te prie, ainsi que Tanya. Nous les attendrons ici.

-Oui maîtresse. Me répondit-il.

Il partit exécuter ce que je venais de lui ordonner. Au bout de quelques instants, je sentis Démétri bouger derrière moi.

-Oui Démétri ?

-Puis-je me rapprocher ? Me demanda-t-il.

-Si tu le souhaites. Mais aucun des Cullen ni même leurs homologues végétariens ne viendront s'en prendre à moi et encore moins ici. Lui déclarai-je.

Bien que je savais pertinemment que ses craintes n'étaient pas pour ma sécurité, mais plutôt pour la menace que la présence d'Edward signifiait pour Démétri. Il lui faudra du temps pour accepter le fait que plus aucun autre homme que lui ne pourra ravir mon cœur. Que cet organe mort qui pourtant ne cessait de me rappeler à l'ordre, lui appartenait. Il se plaça à mes côtés lorsque je sentis et entendis arriver les Cullen. Et je pouvais même affirmer dans quel ordre ils allaient pénétrer dans la salle tellement le taux d'angoisse de Démétri était à son maximum. Ils entrèrent tous et le clan de Denali également. Je sentais une tension énorme dans ce dernier groupe et aux regards que je percevais, je savais que j'en étais la cause. Démétri grogna :

-Je te conseille de baisser le regard Kate. C'est ta reine quoi que tu en dises et quoi que tu en penses. Pour moins que ça elle en a tué de beaucoup plus coriace que toi. Mais sache que si tu ne t'exécutes pas sur le champ, je me ferai une joie de lui épargner cette corvée. L'avertit Démétri en colère.

J'avais dû mal interpréter son angoisse. Apparemment ce n'était pas à cause de la présence d'Edward mais ce qu'il avait pu entendre de la bouche de cette Kate. Ladite Kate baissa la tête.

-Excusez ma sœur, elle est encore très perturbée par le manque de Tanya chez nous et de son travail ici en Italie. Plaida une brune que je savais être Irina.

-Je peux comprendre votre position. Commenta Aro. Mais vous n'êtes pas sans savoir que la sanction de Tanya aurait pu être pire. Pas forcément pour elle mais pour vous. Je crois que tu n'as pas saisi la bonté d'Isabella dans cette sanction. Car il est vrai qu'elle fait un travail que vous particulièrement pouvez qualifier de pénible. Mais elle est encore en vie.

-C'est inhumain ce que vous lui infligez ! S'écria Kate.

-Parce que me torturer alors que je n'étais qu'humaine sans me laisser la chance de pouvoir me défendre, me sauver et tout ça sans me prendre la vie, tu appelles ça comment toi ? Était-ce plus humain de me martyriser à m'en faire perdre la mémoire ? Pour quoi ? Pour qui ? Un homme qui n'est même pas son compagnon pas plus qu'il n'était le mien. J'avais une vie, j'allais avoir un avenir et une famille loin des vôtres et surtout loin d'Edward Cullen. Mais non, elle a pris plaisir à me torturer, à me faire souffrir et pour rien, même pas pour se nourrir juste par pure vilénie. Crois-tu toujours que ma sanction est inadaptée ? Peut-être préfèrerais-tu que je lui inflige le châtiment qu'elle aurait dû recevoir pour un tel acte ?

-Non ! S'écria la brune typée du groupe. Votre sentence n'est pas à la hauteur du préjudice subi et nous reconnaissons que Kate est de mauvaise foi. Mais s'il vous plaît ne faites rien de plus, je vous en conjure. Me supplia Carmen.

-Je n'en ferai rien. De plus, si je vous ai fait appeler c'est que justement j'aurais à tracter avec vous. Vos services contre ma grâce concernant Tanya justement.

-Oh ! S'exclama Carmen surprise.

-Vous n'êtes pas sans savoir qu'à la mort de Caïus je me suis retirée quelques temps. Durant ce temps, l'anarchie a envahi notre monde. Mes frères ont envoyé plusieurs de nos gardes pour essayer de rétablir l'ordre et vous avez pu constater que nous avons perdu une bonne partie de nos forces dans ces combats. Je souhaiterais pouvoir regarnir nos rangs et pour ce faire, nous avons besoin de vos talents Eleazar. Votre don nous permettrait de pouvoir rétablir nos forces dans un temps plus ou moins acceptable.

-Il ne travaille plus pour votre famille ! S'indigna Irina. C'est une honte de proposer un tel marché.

-En quoi cela est-il honteux ? Je commence sincèrement à croire que vos liens sororales ne sont qu'une légende. Cela fait deux fois que vous vous indignez contre une décision que je prends qui vous est favorable qui plus est.

-Et quels seraient les conditions ? Nous coupa Eleazar.

-C'est simple vous nous recrutez des vampires ou futures vampires avec des spécificités particulières comme vous le faisiez avant pour mes frères. En contre partie, une fois que notre garnison sera digne de ce qu'elle était auparavant, vous pourrez rentrer avec Tanya.

-Rien de plus ? Demanda-t-il sceptique.

-Rien de plus vous concernant, je vous le promets.

-Puis-je prendre le temps d'en discuter avec ma compagne et les membres de mon clan, Tanya incluse ?

-Mais je vous en prie, prenez le temps qu'il vous sera nécessaire.

-Je vous remercie.

-Vous pouvez partir avec les vôtres. La suite de la conversation concerne le clan Cullen. Je suppose qu'ils vous en parleront, mais je tiens à m'exprimer en privé avec eux.

-Comme il vous plaira. Aro, Marcus, Isabella je vous souhaite une bonne journée. Nous salua Eleazar.

-Je suppose que je te verrai rapidement mon ami, car je ne doute pas que tu prendras la meilleure décision pour les tiens. Renchéri Aro.

Je sentais qu'il y avait quelque chose en plus dans cette dernière phrase. Je me faisais la note mentale de le lui demander plus tard. Ils partirent tous.

-Bien Bella que nous vaut cette petite entrevue. Je te sens légèrement plus angoissée mais aussi plus sereine. Te serais-tu enfin retrouvée ? Me demanda Jasper.

-Ton pouvoir est très impressionnant mais également très perturbant voire même embarrassant. Répliquai-je. Effectivement je me suis « enfin » retrouvée, car j'ai un entourage particulièrement bienveillant. J'en profite pour te remercier pour ton intervention dans la salle d'entraînement. Cette pauvre fille te doit la vie.

-Elle doit la vie à Rosalie et à Démétri. Moi je ne me suis occupé que de toi.

-C'est un fait et la raison de votre présence a justement un rapport avec ta sollicitude à mon égard. J'aurais besoin de tes services, les tiens en particulier bien que j'apprécierais également l'aide de ta famille.

-Ton projet de reconquérir le sud, je présume ? Annonça-t-il pas surpris le moins du monde.

-Tout à fait. Je dois faire mes preuves et comme tu le sais maintenant par le marché que je viens de proposer à Eleazar. Nous n'avons pas assez de gardes pour aller chercher ce lopin de terre aux États-Unis et protéger le château dans le même temps.

-Protéger le château ? Mais pourquoi vu que tu as rétabli la paix partout ailleurs ? Demanda Emmett.

-La situation est plus délicate qu'il n'y paraît. Reprit Aro. Il s'avère qu'Isabella a essuyé déjà deux tentatives d'enlèvements. La première est celle qui a coûtée la vie de notre frère lors de cette confrontation contre les loups-garous. Et la seconde c'était quelques jours avant le sacre d'Isabella. Un groupe d'une dizaine de vampires est venu pour l'attaquer sur son lieu de chasse ici à Volterra.

-D'où la raison de cette sécurité exacerbée et le fait que Démétri se trouve en permanence avec Alec auprès de Bella. Conclut Edward.

-C'est cela. Tu connais un peu notre protocole et évidemment cela ne t'aura pas échappé. Stephan puisque nous savons que cette deuxième tentative d'enlèvement a été organisée par lui, va retenter une action rapidement. Et nous pensons qu'il en a après la nouvelle reine. Nous ignorons cependant pourquoi il veut Isabella, et pourquoi même les loups s'intéressent à elle. Mais il semblerait qu'elle soit la cible de nos ennemis, et tous nos ennemis apparemment.

-Les loups-garous ne sont-ils pas censés être impulsifs, sans la moindre réflexion lorsqu'ils ont muté ? Demanda Carlisle.

-C'est ce que nous pensions également, mais ils s'avèrent qu'ils ont montré une capacité à agir en groupe en muselant leurs instincts. Une cohésion surprenante et impressionnante de la part de ces êtres que nous pensions sans réflexion. C'est d'ailleurs de cette façon que Caïus a perdu la vie. Il ne pouvait pas lutter contre la douzaine de mutants qui les ont attaqués avec Isabella. Et il ne fait aucun doute que c'est elle qu'ils voulaient et en vie puisqu'ils ne lui ont pratiquement fait aucun mal.

-C'est incroyable ! S'exclama Jasper.

-Et je peux t'assurer que si je ne l'avais pas vu de mes yeux, je ne l'aurais pas cru non plus. Affirma Aro. Mais j'ai tout vu et même beaucoup trop. Dit-il en maîtrisant sa voix.

Je savais qu'il pensait à la même scène que moi. Nous échangeâmes un regard entendu.

-N'est-ce pas un peu tôt alors pour partir à la conquête du sud ? Tenta Edward.

-C'est ce que je pense, mais Isabella a des arguments plutôt convaincants. Rétorqua Aro.

-Je pense qu'en allant provoquer Maria sur ce qu'elle considère comme étant ses terres. Et ce que tous vampires considèrent comme tel également. Je serai à même de faire d'une pierre deux coups. Car je récupèrerais les terres du sud prouvant aux réfractaires que je suis capable de gouverner aussi bien qu'un homme, en faisant ce que même Caïus n'avait pas osé faire. Et du même coup, je refroidirais les ardeurs de Stephan qui verrait également que je ne me laisserais pas faire et que je n'étais pas une faible femme non plus. Quant aux loups, j'espère qu'ils seront assez intelligents pour s'informer de ce que nous faisons et ils comprendront également que je ne serai pas une cible facile. Bien que pour eux, il soit facile de les éviter pour le moment, je n'ai qu'à éviter la pleine lune.

-Il n'en reste pas moins que Stephan soit votre souci majeur. M'interrompit Jasper.

-Effectivement. Mais je compte sur cette future action pour lui montrer que nous ne nous laisserons pas faire et cela le fera réfléchir un moment. Au moins le temps qu'il se concentre sur un autre plan. Ce qui fait qu'avec l'aide d'Eleazar, nous aurions le temps de nous préparer à un affrontement qui j'en suis certaine finira pas arriver. Car je n'ai pas l'intention de le laisser venir à moi mais bien de le pourchasser également par la suite. Nous leur avons laissé la belle vie jusqu'à présent, les laissant diriger et agir sur les évènements. Nous allons reprendre la main. Nous sommes la famille royale et c'est nous qui gouvernons, c'est nous qui dictons les règles. Nous ne subirons plus les aléas d'un vulgaire mégalo en mal de pouvoir et de reconnaissance ou de vengeance puisque le but de son obsession reste encore trouble.

-Wouah ! Si je m'attendais à ça de la part de la crevette. S'esclaffa Emmett. Démétri grogna en même temps que Renata.

-Emmett! Le rabroua sa compagne. On ne parle pas comme ça à la reine.

-Et alors je l'ai connu humaine, ça me passe bien au-dessus qu'elle soit reine ou pas.

-Emmett il y a des règles à respecter et celle-ci en est une importante ! Intervint à son tour Esmé.

-Je crois que ce que veut dire Emmett dans son langage c'est qu'il est impressionné par le tempérament et la fougue de notre reine. S'interposa Jasper.

-J'avais bien compris. S'amusa Aro. Mais comme l'a si bien fait remarquer Esmé. Il y a des règles jeune Cullen et le manque de respect envers ta reine peut être fortement sanctionné. De plus, je ne pense plus devoir avancer la loyauté et le dévouement de Démétri pour ce faire.

-Effectivement ce n'est plus à démontrer. S'amusa Jasper.

Ce qui je dois dire m'amusa également, mais je retins mon sourire bien que l'empathe ne devait pas être passé à côté de ce sentiment au vu de son sourire qui s'élargissait.

-Et qu'attends-tu de mon mari ? Trancha Alice.

Je trouvais curieux qu'elle le présente comme son mari et non comme son compagnon. Car pour nous vampire, le lien de compagnonnage primait sur celui du mariage.

-Je veux te demander ton aide Major. J'ai besoin d'un soutien, d'un instructeur mais aussi d'un tacticien. Tu connais les guerres, les batailles, les combats, et plus que tout, tu connais ces terres et Maria.

-Ce n'est pas rien ce que tu me demandes Bella. J'ai beau avoir une certaine renommée, si Maria me tombe dessus avec son armée je risque ma vie pour avoir déserté et l'avoir abandonnée.

-Je le sais Major. Mais je pense qu'en nous alliant, nous avons de bonne chance de pouvoir remporter ce combat. Et après tu n'auras plus besoin d'éviter le sud, tu n'auras plus à avoir peur pour ta... femme et ta famille. Nous serons débarrassés à tout jamais de Maria et de la menace qu'elle représente pour chacun de nous.

-Tu dis ça parce que tu as besoin de lui pour te faire valoir sur ton trône. Mais au fond, tu te moques bien de ce qu'il peut lui arriver ou qu'il perde la vie, tant que toi tu récupères ces foutue terres ! S'exclama Alice avec colère.

-Détrompe-toi Alice. Répliquai-je relativement calme. Le Major est celui que j'admire et que je respecte le plus dans votre famille. Pas que je ne vous respecte pas vous autres, mais il est celui pour lequel j'ai le plus de sympathie. Cela ne s'explique pas c'est comme ça, je n'ai aucune raison, ni justification particulière pour expliquer cela. Et ce n'est pas par besoin non plus car de toute façon il saurait reconnaître si c'était le cas ou pas.

-Et dire qu'ils ne s'étaient pratiquement jamais adressé la parole lorsqu'elle était humaine. Renchérit Emmett.

Je fus surprise car justement avec cette sensation de complicité que j'avais l'impression d'avoir avec le Major, j'avais toujours pensé que j'avais été plus proche de lui ne serait-ce qu'émotionnellement que des autres. C'est vrai que j'aurais pu en parler avec Rosalie, mais elle était si peinée à chaque fois que j'abordais le sujet que j'avais fini par sélectionner mes questions les basant principalement sur Edward. Vu qu'au départ nous pensions tous, enfin moi plus longtemps que les autres apparemment, qu'il était mon compagnon.

-Tu vois quand je te le disais Edward tu vas finir par l'admettre qu'elle n'est pas l'une des nôtres. Déclara Alice à son frère.

-Effectivement, je ne suis pas l'une des vôtres puisque je suis une Volturi. Et il serait grand temps que tu entres ça dans ton crâne Edward. Par contre, je ne comprends pas ton animosité me concernant Alice. Car hormis le petit souci que nous avons eu avec ma sœur et qui a été réglé sur le moment. Je ne pense pas avoir été désagréable, en tout cas je ne pense pas avoir fait quoique ce soit contre toi pour mérité cette attitude que tu as à mon égard.

-Je t'ai considéré comme une sœur, nous étions amies et les meilleures. Et aujourd'hui, je vaux moins que mon mari à tes yeux. J'aime Jasper, mais tu ne lui as jamais accordé ton attention lorsque tu étais humaine. En fait, pour résumer, tu es tout le contraire de ce que tu as été. Tu n'entretenais aucun rapport, pas même quelques mots avec Rosalie et Jasper et aujourd'hui elle est ta sœur et il est... je ne sais même pas comment qualifier ça ! S'énerva-t-elle.

-Un ami Alice, la désignation que tu cherches est « ami ». Lui indiqua Jasper avec sarcasme.

Je le regardais avec scepticisme et curiosité. Il y avait bel et bien quelque chose qui n'allait pas entre eux. Et cela se sentait même pour moi qui n'était pas empathe.

-Bien je ne veux pas polémiquer sur des sujets sans grands intérêts parce que pour le coup celui-là est bien sans intérêt pour moi. Donc Alice je suis désolée de ne pas me souvenir de ce que tu étais pour moi dans mon autre vie. Mais si tu as des remarques à faire ou des griefs à déposer, fais-le auprès de celle qui est responsable de tout ça. Ta cousine celle-là même que tu défendais il y a peu de temps. Pour ce qui concerne ma sœur, je te prierais dorénavant de garder tes attentions pour toi, car je ne supporte toujours pas que l'on s'en prenne à elle sans raison et surtout sans qu'elle puisse se défendre. En ce qui concerne Jasper, je suis assez surprise, je dois avouer que je n'ai pas eu plus de relation que ça avec lui car je trouve qu'il est celui avec lequel j'ai le plus d'affinité et cela s'est fait tout naturellement. Donc pour ça, je n'ai pas d'autres réponses à te fournir. Maintenant si nous avons fait le tour de ce qui te tracasse, j'aimerais que l'on puisse revenir à la raison première de votre présence ici. Jasper ceci dit au passage je te remercie, car j'apprécie beaucoup ta prise de position et j'accepte avec joie ton amitié, bien que tu l'avais déjà avant de le déclarer officiellement et tu le savais également. Il hocha la tête pour confirmer.

-J'ai quelques questions Bella ! Reprit Jasper.

-Je t'en prie, pose-les.

-Comment comptes-tu faire pour aller attaquer l'armée de Maria. Car je suppose qu'avec les attaques que tu as menées à travers le monde pour récupérer votre pouvoir. Elle aura certainement convenu d'une trêve avec Nettie et Lucy pour s'associer et te faire face au cas où.

-Oui Aro avait émis l'hypothèse qu'elles pourraient effectivement adopter cette stratégie.

-Si l'ambition d'Isabella s'avère être réalisable. Je pense appeler certains de nos congénères qui nous doivent des services, en appeler d'autres auxquels nous serons redevable par la suite afin de renforcer votre unité. Enfin si tu acceptes bien entendu.

-Mais pourquoi avoir besoin de notre aide alors qu'avec Alec à lui seul vous pourrez dominer l'armée de Maria ? Demanda Alice.

-Parce que comme nous l'avons expliqué en début de conversation. Il s'avère que Stephan observe de loin tout ce qu'il se passe autour de nous. Et s'il voit Alec quitter le château accompagné d'une bonne escouade de gardes. Il en profitera pour lancer une offensive alors que le plus gros de nos forces seront en Amérique. Expliqua Marcus.

-Et s'il vient à prendre notre château, il prend le symbole même de notre pouvoir. Renchérit Aro.

-De plus, une fois dans notre forteresse, il pourra se rallier aux réfractaires qui attribueront cette perte de pouvoir à une mauvaise régence de notre part à tous les trois. Dans le sens où nous avons encensé Bella et que nous l'avons intronisée malgré le scepticisme persistant de certains. Continua Marcus.

-C'est pour cela qu'Alec est fondamentalement lié au château. Car il peut pratiquement tout seul assurer la défense et la sécurité de notre place forte. Conclus-je.

-Oui c'est sûr qu'expliqué de cette façon c'est plus compréhensible. Déclara Alice.

-Dans tous les cas, quoi que nous fassions nous risquons beaucoup. Mais ce n'est pas qu'une question de pouvoir. Il s'agit d'un droit de vivre dans un monde régit par des lois. Des lois simples mais fondamentales qui nous préservent une certaine qualité de vie. Vous qui êtes végétariens comme moi. Vous ne pouvez pas concevoir la vision de Stephan de créer des élevages et des abattoirs pour les humains, comme il en existe tant pour les animaux. Nous ne pouvons le laisser les parquer pour les utiliser à la reproduction et à l'alimentation comme il souhaite instaurer ça. En plus, avec la technologie actuelle des humains, il pourrait y avoir des conséquences assez désastreuses pour tout le monde. Argumentai-je.

-Non effectivement nous ne pouvons pas tolérer cela c'est un fait. Acquiesça Carlisle.

-Nous disposons de combien de temps pour former les futurs volontaires ? Demanda Jasper.

-Cela dépendra entièrement de la décision d'Eleazar en fait. Car je ne prendrais pas le risque de partir si je ne suis pas sûre que tous les miens et le château soient en sécurité. Bien que je sois certaine de l'aboutissement de cette confrontation, je garde à l'esprit qu'elle sera l'une des plus difficile et des plus dangereuse que j'ai menée jusqu'à présent. Je dois prendre en compte que je risque de perdre la vie dans cette mission et je ne veux pas que la situation que nous avons rencontré lors de la disparition de Caïus ressurgisse. Si cela devait arriver tout de même, mes frères doivent pouvoir disposer de moyens adéquats et nécessaire pour agir sans perdre le pouvoir.

Je sentis Démétri se tendre à mes côtés lorsque j'avançais cette hypothèse, en plus d'avoir entendu ses dents grincer à la limite de se fendre.

Je reçus une vague de confiance et de calme je suppose que Jasper devait agir sur Démétri et je lui en étais reconnaissante.

-Maîtresse le clan Denali revient. M'avertit mon compagnon.

-Merci Démétri.

-Je vois que tu as pensé à toutes les éventualités. Avança Aro.

-Mais sache que nous ne souhaitons pas te perdre. Si l'affrontement devait être plus difficile et plus dangereux que ce que l'on espère. Nous souhaitons que tu abandonnes. Ces terres ne valent pas ta vie, Bella. M'informa Marcus.

-Je le sais bien, mais je ne pourrais pas, vous le savez. Je dois aller jusqu'au bout et je dois les récupérer et ne vous en faites pas j'ai bien l'intention de revenir entière et avec ce territoire également.

Les portes s'ouvrirent au moment où je finissais sur des paroles plus rassurantes, enfin j'espérais qu'elles le soient pour tout le monde. Le Clan Denali apparut dans son intégralité.

-Souverains nous avons pris notre décision. Nous informa Eleazar en se plaçant en face de nous à côté de leurs homologues.

-Eleazar, tu as été rapide comme toujours. Je t'en prie nous écoutons avec attention votre décision.

-Je consens à vous aider, à recruter vos futurs gardes, comme cela avait été mon travail dans le passé. Et ce jusqu'à ce que votre garnison soit renflouée en contre partie de la grâce royale concernant Tanya.

-Je n'ai qu'une parole Eleazar. Mais en attendant Tanya restera ici et effectuera ses tâches habituelles.

-J'ai une offre à vous soumettre à ce propos. S'exprima Kate.

-Je t'en prie. Rétorquai-je curieuse.

-Je souhaiterais vous proposer nos services à Irina et moi en contre partie de l'annulation de ses devoir envers Félix.

-Tiens donc! Pourtant je pensais qu'il était assez respectueux et qu'il n'abusait pas particulièrement de cet avantage.

-Hormis le fait de me faire traverser des pays entiers pour me faire chercher ses mets préférés. S'indigna Tanya avec dégout. Le problème est que pour ce faire je dois aller sur mes terres natales et il ne veut que des femmes qui ressemble à ma créatrice et cela m'est très douloureux. Expliqua Tanya.

Moi qui avait cru que Félix était plutôt gentil je devais avouer que je m'étais trompée. Je devais même avouer que j'étais surprise et limite amusée qu'il soit aussi vicieux car je n'avais pas soupçonné cela.

-De plus il a fait d'elle son cobaye, pour toutes ses nouvelles expériences de farces et autres tours puérils. Renchéri Irina.

-Soit ! Cela nous fera quatre bras supplémentaires. Tranchai-je. Donc à partir de maintenant Tanya tu es dispensée de tes services auprès de Félix. Démétri tu pourras en informer le concerné.

-Oui maîtresse. Rétorqua-t-il.

-Votre rôle sera de nous accompagner pour la confrontation avec Maria que nous allons organiser. Elles hoquetèrent de surprise. Jasper tu ne m'as pas confirmé. Acceptes-tu de m'aider ?

-Jasper, s'il te plaît. Le supplia Alice. Il la regarda, son regard était étrangement fermé cependant. Il releva la tête alors qu'elle baissa la sienne.

-Oui Bella tu auras mon aide. M'informa-t-il.

-Je t'en remercie. Le gratifiai-je soulagée.

-Je me porte volontaire également. Se proposa Edward. Je hochais la tête avec gratitude pour le remercier.

-Moi également. Fanfaronna Emmett. Je ne dis jamais non pour une bonne bagarre.

-Je viendrais également. S'avança sa compagne. Mais je savais que c'était pour ne pas laisser son compagnon partir seul.

-Vous pouvez compter sur nous également. Se fit entendre Esmé avec un hochement de tête de son compagnon pour confirmer. Je portais mon regard sur la dernière qui ne s'était pas manifestée. Ce que nous fîmes tous hormis Jasper.

-J'accompagnerais ma famille. Dit-elle simplement d'une voix fluette.

-Je vous remercie tous. Leur déclarai-je.

-Je vais quant à moi vous réunir d'autres volontaires. En attendant l'ancienne tour des gardes vous est attribuée, vous pourrez y prendre vos quartiers pour le temps que vous resterez avec nous. Leur proposa Aro. Ce qui sera mieux adapté à votre nouvelle situation.

-Merci pour ton offre Aro nous acceptons avec joie.

-Jane, lorsqu'elle rentrera de mission se penchera sur les plannings d'entraînement. Vu le nombre que vous allez être, nous vous répartirons en trois groupes qui seront respectivement sous les directives du Major, de Santiago et de Rosalie qui sont nos maîtres d'armes. Chacun de vous recevra un entraînement poussé et par nos trois experts pour vous donner toutes les chances de pouvoir ressortir vivant de cette future bataille. Encore une fois, je vous remercie tous et vous souhaite une bonne installation en attendant de pouvoir débuter. Conclus-je.

-Edward tu connais le château peux-tu je te prie conduire ta famille dans votre tour ? Lui demanda Aro.

-Oui, sans problème, Répondit-il.

Il arrêta son regard sur moi, il me fit un signe de tête puis il tourna les talons pour partir suivi de sa famille au grand complet.

Je me retrouvais seule avec mes frères et nos gardes dans un silence bénédictin. Je me sentais bien, car tout allait comme je l'espérais. J'avais le soutien d'un des plus grand guerrier vampire de notre monde et d'un clan avec de grandes capacités et grâce à cela, je ne doutais pas de mener à bien cette mission. La vie reprenait son cours et elle avait l'air de me sourire de nouveau. Et juste cette sensation me mit du baume au cœur, enfin pour une courte durée. Car Aro me ramena sur terre.

-Allez reprenons, nous avons encore une doléance à écouter. Je soufflais de dépit sous les sourires amusés et compatissants d'Aro et Marcus.

 


 

                                                                                 Chapitres suivants doutes et confusion

Date de dernière mise à jour : mercredi, 26 Avril 2017

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