Les tragédies et les bonheurs d'une vie !

Chapitre un

Bella

 

Ce matin en me réveillant, j’étais l'adolescente la plus heureuse du monde, c'est ce que je croyais à ce moment-là, mais en fin de journée, tout était différent.

Pour commencer la journée, mon père, Charlie Swan, m'a fait un petit déjeuner. Chose rare pour lui car, il ne sait vraiment pas cuisiner, il n'est même pas capable de faire cuire des pâtes. J’ai mangé toutes les gaufres aux chocolats qu'il m'a préparé avec tout son amour, l’ingrédient primordial. Quand j'ai eu terminé de manger, nous sommes allés à La Push, réserve amérindienne de la tribu Quileute à plus ou moins vingt-cinq minutes de route de la maison. C'est là que demeure mon meilleur ami et frère de cœur, Jacob Black.

Papa nous a amené à Port Angeles pour que Jake et moi y passions la journée. Papa lui, retourne à son travail. Il est chef de police, ou si vous préférez le shérif de Forks, ville que nous habitons, depuis maintenant quinze ans. Enfin bref, Jake et moi avons passé l'avant midi à l'arcade à jouer à toutes sortes de jeux les plus fous les uns que les autres, riant à s'en donner mal aux côtes. Nous avons mangé dans un fast food en grande quantité.

Ensuite nous sommes allés au cinéma, qui est adjacent à l'arcade, et là, ce fut LA question que tout le monde se pose quand ils vont au cinéma. Qu'est-ce qu'on va voir ? Jake voulait aller voir « Top Chronos », la nouveauté de l'été et moi je voulais voir « Men in Black 2 », j'ai adoré le premier volet. Je me suis alors servi de l'argument ultime et enfantin ; c'est ma fête donc c'est moi qui décide, tout en promettant à Jacob de revenir bientôt pour voir son film, qui m'intéresse aussi dans le fond.

Mon père et Billy, le père de Jacob et meilleur ami de mon père, nous attendaient à la sortie du cinéma. Il est temps pour nous de retourner à la maison. Sur la route de retour, il a été décidé, par les deux pères, que nous allions manger au «dinner» de Forks, Jake et moi étions vraiment contents. Manger au restaurant deux fois dans la même journée ce n’est pas une chose habituelle, donc super. C'est à ce moment-là que ma vie a basculé et ce pour toujours.

Nous étions à notre table, Billy et papa discutaient de la préparation d'un week-end de pêche pendant que Jake et moi parlions du prochain film que nous voulions voir et de celui d'aujourd'hui. Un repas tout à fait normal pour la grande famille un peu étrange que nous formons, mais toujours avec beaucoup de rires et de joie jusqu'à ce qu' un homme cagoulé fasse irruption dans le restaurant avec un fusil de chasse au canon coupé dans la main.

 

-         Hold up, personne ne bouge, criait-il, faisant paniquer beaucoup de gens dont moi.

 

Papa ne s'était pas encore changé donc il était toujours en uniforme et le voleur l'a remarqué immédiatement. L'homme cagoulé s'est rapidement avancé vers nous, m'a prise par le bras et tiré hors de mon siège. Son avant-bras s'est enroulé autour de mon cou pour ensuite, pointé son arme sur ma tempe, en regardant papa qui était debout.

 

-         Donne-moi ton arme, ordonnait-t-il à papa qui obéit en faisant des mouvements lents et sans prononcer un mot. Mon père a fait glisser son arme sur le sol vers nous.

Le voleur ne m’a pas relâché, malgré la coopération des gens et de ce que papa lui disait pour essayer de le convaincre de me laisser aller, offrant même de prendre ma place. L'homme n'avait pas prévu qu'une des serveuses déclencherait l'alarme silencieuse. Quand les policiers en services sont arrivés avec les sirènes et gyrophares allumés, le voleur a paniqué et a commencé à tirer au hasard dans la salle, vidant son arme.

Plusieurs personnes ont été touchées, dont Billy qui a reçu une balle dans une jambe, mais comme il est paralysé de la taille au pied, il a dit que ça ne lui faisait pas trop mal. Mon père, a été aussi touché, une balle l'a atteint à la poitrine. Le voleur m'a alors lâché avant de s'enfuir par la porte de derrière. Moi j'ai couru à mon père. Je me suis agenouillé près de lui, dépose sa tête sur mes genoux et mit mes mains sur sa chemise, déjà tachée de sang, essayant de faire pression le plus possible à l'endroit de la blessure.

 

-         Papa, ai-je dit, des larmes, pleins les yeux.

 

-         Ça va aller Bell, a-t-il essayé de me rassurer. Je n'ai pas connaissance à ce qui se passe autour de moi. Tout va bien aller. Son visage a pâlit rapidement, aussi rapidement que le sang qui coulait de la plaie malgré la pression que j'exerçais.

 

-         Reste avec moi papa. J'ai besoin de toi, ai-je dit en pleurant. Il efface mes larmes sur mes joues, laissant des traces rouges avec ses doigts ensanglantés.

 

-         Ça va aller. Tu es une jeune fille forte. Tout va bien se passer. Je suis tellement fier de toi. Sa respiration est devenue de plus en plus laborieuse. Je t'aime mon bébé. Depuis toujours et pour toujours, terminait-il difficilement.

Sa respiration s'est arrêtée, son cœur sous ma main a cessé de battre. Les ambulanciers ont enlevé mon père de mes bras pour l'amener à l’hôpital. Les sons et les gens autour de moi ont reprit vie, je voie Billy sur une civière, je voie des ambulanciers et des policiers courant dans tous les sens. Jacob est venu vers moi et me serrait très fort dans ses bras. Je ne sais pas combien de temps nous avons été ainsi, à pleurer tous les deux. C'est Samuel Uley, l'adjoint de papa, qui nous a conduit aux urgences, il n'a pas dit un mot durant tout le court trajet, vu la vitesse à laquelle il roulait.

Nous sommes arrivés à destination, Jacob a été conduit dans une salle d'attente, son père est opéré pour se faire retirer la balle qui est encore logée dans sa jambe. Je suis donc restée debout au côté de Sam qui essayait d'avoir des nouvelles de mon père, son ami et patron. J'avais l'impression que le temps s'était arrêté, le seul son que j'entendais est le tic-tac de l'horloge et j'ai envie d’arracher du mur.

 

-         Famille Swan, a dit un médecin. Je m'avance vers lui, Sam toujours à mes côtés. Le docteur m'a regardé. Isabella, je ne sais pas comment te dire...

 

-         Est-il vivant? Coupais-je le médecin, même si, intérieurement, je savais que les chances étaient nulles. Il a regardé Sam, ensuite moi et j'ai tout compris.

 

-         Nous avons tout essayé mais.... Il était déjà.... Je n'ai pas tout compris ce que le médecin disait, je combattais les points noirs qui apparaissaient devant mes yeux mais je n'ai pu les combattre très longtemps, le noir m'a envahi et je l'accueillis avec une certaine joie.

 

OoOo

 

Je reprends conscience me rendant compte que je suis dans un lit, Sam debout à mes côtés, les yeux brillants de larmes et des traces de celles qui ont déjà coulé. En quelques secondes, tout m'est revenu en mémoire, la douleur et la tristesse m'ont envahit encore une fois. Quand Sam s'est aperçu que j'ai les yeux ouverts il me demande comment je vais, je lui dis la vérité, je ne vais pas bien du tout. C'est une des choses que mon père m'a apprise, toujours dire la vérité, même si ça peut blesser, toujours être honnête avec soi-même et les autres. Sam hoche la tête simplement en signe de compréhension.

 

-         Je veux le voir, exigeais-je.

 

-         Je vais voir ce que je peux faire, me dit Sam qui me laisse seule pour aller voir je ne sais qui.

Il est décidé que je peux voir mon père à la condition que je ne sois pas seule, je demande à ce que Jacob m'accompagne mais ça m'a été refusé, il est trop jeune qu'on m'a dit. Donc encore une fois, Sam est avec moi et m'accompagne. En pénétrant dans la pièce, je voie mon père couché sur un lit, un drap recouvrant son corps, seulement sa tête et ses épaules sont visibles. Je m’effondre sur son torse et pleure comme je n'ai jamais pleuré. Je pleure la perte de mon père, la personne la plus importante dans ma vie.

Depuis ma naissance, mon père est tout ce que j'ai, j'avais. Quand je suis née, ma mère a fait une hémorragie et les docteurs n'ont pu ou n'ont pas essayé de la sauver. De ce que j'ai su, l'accouchement n'allait pas très bien et le docteur a demandé à mon père si, au cas où ça tourne mal, s'il voulait que se soit sa femme ou l'enfant qui doive être sauvé. Papa a répondu sa femme. Pas que son enfant n'était pas important, il se disait simplement qu'il pouvait en avoir d'autres, tandis qu'une femme... Le docteur qui n'avait pas les mêmes croyances et convictions que mon père m'a sauvé la vie au détriment de celle de ma mère.

Quand j'ai eu un mois, papa est revenu à Forks, dans l'État de Washington, il était policier à Galveston au Texas depuis 5 ans jusqu'à ma naissance. Je ne connais pas ses raisons et aujourd'hui, c'est sans importance. Aujourd'hui pour la deuxième fois de ma vie, la mort m'enlève quelqu'un le jour de mon anniversaire. Je ne fêterai plus jamais ce jour, c'est une promesse que je me fais et je compte bien la tenir celle-là.

Une main chaude qui se veut rassurante et réconfortante se pose sur mon épaule. Sam me dit alors que c'est l'heure, je ne peux pas rester plus longtemps. Je respire une dernière fois l'odeur de cuir de mon père et marche avec Sam - qui a les yeux bouffis et rouges - jusqu'à la salle où Jacob attend toujours qu'on lui donne des nouvelles de son père. Je m'assieds à ses côtés, sans échanger un regard, sans dire un mot. Jacob passe un bras sur mes épaules et nous attendons silencieusement, aucun mot n'a besoin d'être dit entre nous pour que nous comprenions l'autre.

Quelques heures plus tard, nous sommes informés que Billy va très bien et qu'il sortira dans deux jours, Sam est déjà avec lui quand le médecin permet à Jacob d'aller voir son père. J'accompagne mon ami au chevet de son père. En entrant dans la salle, je remarque les yeux bouffis et rouges du meilleur ami de mon père. Il nous dit alors que nous allons passer les quelques jours à venir à la maison de Sam. Lui et Émily, sa fiancée, ont accepté de nous recevoir  vu que lui est cloué dans son lit d'hôpital. Il me dit ensuite que quand il sortira, nous allons discuter lui et moi. Je hoche simplement de la tête; à vrai dire, je me sens comme un robot, froide et sans émotions fonctionnant grâce à un radar.

Billy est maintenant de retour à la maison, il me donne un nom ainsi qu'un numéro de téléphone et me dit de téléphoner. Je lui demande alors qui est cette personne et pourquoi je dois le contacter. Il me dit que c'est un ami de mon père qui est avocat. Je ne comprends pas, mais je passe l'appel quand même me disant que Billy a sûrement ses raisons de me dire de le faire.

 

-         Bureau de maître Cullen comment puis-je vous aider ? Répond une voix féminine.

 

-         J'aimerais parler à maître Cullen s'il vous plaît, dis-je d'une voix platonique.

 

-         Il est présentement occupé. Est-ce qu'il peut vous rappeler plus tard? Me demande-t-elle. Je lui donne les coordonnées de chez Billy ainsi que mon nom.

Pendant le temps qu'a duré mon appel, Billy est allé dans sa chambre et quand il est revenu, il m'a donné une grande enveloppe d'une certaine épaisseur. Mes yeux passent de l'enveloppe à Billy à maintes reprises, il me dit que ce sont les « papiers » de papa. Une copie de son testament, les papiers d'assurances et d’autres choses sont à l'intérieure.

Je sais que mon père est mort, je sais qu'il faudra bientôt préparer son enterrement, mais je ne veux pas le faire tout de suite. Je ferme les yeux ne voulant pas laisser couler les larmes qui menacent de sortir. Le téléphone sonne et Billy me dit de répondre, que c'est sûrement pour moi.

 

-         Résidence Black, répondis-je d'une voix monotone.

 

-         Puis-je parler à mademoiselle Isabella Swan? Demande un homme.

 

-         Elle-même, dis-je utilisant la phrase de Charlie, toujours d'une voix sans vie.

 

-         Mademoiselle Swan, je suis Carlisle Cullen, un ami de Charlie, je ne dis rien. Tout d'abord, je suis désolé pour la perte de votre père et vous offre mes plus sincères condoléances. Je hoche machinalement, oubliant que je suis au téléphone. Normalement, je ne m'occupe pas de ce genre de dossier, c'est un notaire qui le fait habituellement. Mais je n'ai pas pu refuser ce service à Charlie quand, il m'a demandé de veiller à ce que tout se passe comme il le désirait, s'il lui arrivait quelque chose avant que vous atteignez votre majorité. Je me doute que c'est sûrement difficile pour vous de venir me rencontrer à mon bureau à Seattle, donc je peux vous rencontrer demain, à votre demeure. Qu'en pensez-vous? Je ne suis pas certaine d'avoir tout compris. Je secoue ma tête pour me remettre les idées en place.

 

-         Je demeure chez Billy Black, lui dis-je toujours sans émotions.

 

-         Bien, je peux vous rencontrer chez lui à 13 h, est-ce que ça vous va?

 

-         Euh, oui.

Je raconte à Billy ce qui vient de ce dire et il me dit que tout ira bien, lui aussi connaît Carlisle et que si je désire, il sera présent pour cette rencontre, ce que j'apprécie grandement.

Je tourne l'enveloppe qu'il m'a remise un peu plus tôt, me demandant si je dois l'ouvrir ou non. Moi qui suis normalement curieuse de nature, je ne le suis pas beaucoup cette fois-ci. Je ne veux pas savoir ce que mon père a prévu pour sa mort, car ça va la rendre encore plus réelle qu'elle ne l'est déjà. Je me décide finalement à l'ouvrir, il y a beaucoup de « paperasse » et des photos. Des photos de papa, de maman, de moi avec papa. Je remets les papiers dans l'enveloppe et la mets de côté, demain sera là bien assez vite.

Le « demain 13 heures » de M. Carlisle est « maintenant 13 heures ». Je suis assise à la table de la cuisine de la maison Black, Billy est à mes côtés, même Carlisle, il ne veut pas entendre de monsieur ou de maître, a dit que c'est important que Billy soit présent. Il a aussi invité Harry Clearwater, un autre ami de papa, à nous rejoindre. Carlisle commence à nous lire le testament de mon père, il dit qu'il va commencer par les « bonnes choses ».

Harry hérite de certains articles de chasse et pêche ainsi d'une somme d'argent. Billy hérite d'une somme d'argent, plus généreuse que celle d’Harry, le reste des articles de chasse et pêche. Moi j'hérite de la maison, qui est claire de dette, de tout ce qu'il y a à l'intérieur et d'une grosse somme d'argent, sans compter l'assurance-vie personnelle et celle de la police. J'hérite aussi de ce qu'il y a à l'intérieur de son coffret en sûreté à la banque. Carlisle poursuit en expliquant que comme je suis mineur, je ne peux vivre seule dans la résidence Swan sans un tuteur et que je ne peux pas toucher l'argent avant mes 18 ans. Donc Charlie me confie au soin de Billy et c'est pour cette raison que ce dernier a reçu plus d'argent que Harry. Billy hérite donc de ma présence obligatoire dans sa vie quotidienne pour les trois prochaines années, car il est mon tuteur légal. Ça aurait pu être pire. Billy a la possibilité de choisir où on va rester. Je crois qu'on aura cette discussion en  « famille » quand Jacob sera de retour à la maison après l'école.

En ce qui concerne les obsèques de mon père, il demande à être incinéré et que ces cendres reposent dans le caveau familial au cimetière de Forks, je sais que c'est aussi là que repose ma mère. Comme papa était chef de police depuis quelques années et policier dans la ville depuis dix ans avant sa promotion, les funérailles seront donc des officielles. La seule chose que j'ai à faire est de choisir une urne, le jour et l'heure à laquelle le tout se déroulera. Carlisle me remet une enveloppe qui contient, selon lui, une lettre de mon père. Quand Carlisle nous dit qu'il a fait le tour, je le remercie de s'être déplacé. Il me dit que si j'ai besoin de quoi que ce soit, je peux compter sur lui, je lui serre la main en le remerciant encore une fois.

Après avoir reconduit Carlisle à la porte, je retourne m’asseoir avec Billy, nous discutons de la possibilité d'aller vivre à Forks, je dois avouer que je ne suis pas prête à retourner vivre dans cette maison, il y a trop de souvenir et c'est trop douloureux, du moins pour l'instant. Billy comprend mon point de vue et d'un commun accord nous décidons d'en parler avec Jacob quand il rentrera de l'école.

La décision est prise, nous resterons à La Push, je serai transférée d'école et commencerai après les funérailles de mon père. Billy étant le chef de la tribu, il sera facile pour lui de me faire intégrer l'école et ce même si je suis le seule visage pâle de la réserve qui fréquentera l'école.

Je suis assise sur mon lit et  regarde l'enveloppe que m'a donnée Carlisle, celle qui contient la lettre que mon père m'a laissée. Je prends une grande inspiration et mon courage à deux mains par la même occasion, j'ouvre l'enveloppe, respire le papier où il y a une minuscule trace de son odeur à lui et commence à lire.

Ma douce Isabella,

Je ne sais pas dans quelle circonstance je suis décédé mais je sais que tu es encore mineur. Comment j’ai fait pour le savoir ? C'est simple, tu lis cette lettre que j'ai écrit spécialement dans le cas où je décède et que tu n'es pas encore majeure. Comme tu lis cette lettre, tu as découvert que je te « confie » aux bons soins de Billy, je veux que tu comprennes et accepte cette décision.

Quand ta mère est décédée, je suis revenue m'installer dans ma ville natale pour être près de mes bons amis, que je considère comme la famille. Billy et Sarah, avant son décès, m'ont beaucoup aidé, ils m'ont aidé à  comprendre l'incompréhensible, à accepter l'inacceptable et surtout reprendre goût à la vie.

Le décès de ta mère m'a totalement anéanti, mais je me suis accroché à la vie, pour toi. Si tu savais combien de fois j'ai pleuré en me demandant ce que dirais ta mère quand tu as fait tes premiers tout. Premier mot, première nuit, premier pas, première fois sur le pot, tomber de ton vélo pour la première fois, tomber amoureuse, ta première peine de cœur. Je me suis permis de pleurer ma peine, je te demande de pleurer la tienne et de la vivre.

Avec le temps, tu as développé une très grande amitié avec Jacob, qui en passant aurait été un gendre parfait. Je sais, ça n'arrivera jamais. Billy et moi avons décidé que si l'un de nous venait qu'à trépasser et que nos enfants étaient encore mineurs, c'est l'autre qui en prendrait soin. Je t'avise immédiatement, ce n'est pas une chose qui a été décidé un soir de beuverie, c'est juste que Billy est comme mon frère  tout comme je sais que Jacob est le tien. N'ayant plus de famille de sang, tu aurais été placé en foyer d’accueil et je ne le veux pas.

J'ai une faveur à te demander, je sais que je ne devrais pas mais, c'est quelque chose qui me tient vraiment à cœur. Au moment où j'écris ces mots, je ne sais pas si tu as pensé à faire des études supérieures, où ce que tu aimerais faire quand tu seras grande, comme on dit. La faveur que je te demande est de faire ce que tu désires, fais de ta vie ce que tu as envie de faire. Profite de ce qu'elle t'a offert et va t'offrir dans l'avenir car on ne sait jamais quand la fatalité va venir nous frapper. Ne laisse pas mon départ t'anéantir, VIS ma belle, VIS pour moi mais surtout VIS pour toi.

Je veux te remercier pour tout ce que tu as fait pour moi, je te remercie d'avoir été l'enfant si douce que tu as été. Je te remercie d'avoir partagé un bout de vie avec moi. Je suis heureux d'avoir eu la chance de te voir grandir et devenir la jeune femme que tu es. Je suis fier de ce que tu es devenue et je serai toujours fier de toi et ce peut importe ce que tu choisis de faire.

Je t'aime mon bébé, depuis toujours et pour toujours

Ton père Charlie

J'ai été rejoindre Billy qui était déjà dans son lit, lisant un livre en buvant un dernier verre de whisky. Il me regarde et m'ouvre les bras, comme le ferait et aurait fait mon père. Je me précipite dans son étreinte chaleureuse et laisse place à mes larmes, me laissant bercer tendrement comme un enfant, l'enfant que je suis présentement et que je ne serai probablement plus dans quelques jours. Je me suis endormie, épuisée d'avoir tant pleuré, pour m’apercevoir à mon réveil qu'une odeur douce et apaisante pour moi, une odeur de cuir, l'odeur de mon père est autour de moi.

J'ouvre les yeux, espérant avoir fait le pire des cauchemars qui est possible de faire, mais je vois Billy, toujours assis dans son lit, assoupie, sa tête inclinée dans une étrange position qui va être douloureuse à son réveil. C'est à ce moment-là, que j'aperçois d'où me vient l'odeur de cuir si familière, celle qui me rappelle mon père. Je serre, dans mes mains, un chandail que papa avait laissé ici. Lui comme moi avait décidé de laisser des vêtements chez les Black, tout comme eux avaient des vêtements dans la maison Swan. Billy a dû me le donner durant la nuit espérant m'apaiser et me consoler pour un temps du moins.

Jacob entre en trombe dans la chambre en hurlant à son père que j'avais disparu. Dire qu'il est surpris de me voir dans le lit de son père est peu dire. Sans m'en rendre compte, un petit sourire se forme sur mon visage. Évidemment Billy s'est réveillé en sursaut quand Jacob a pénétré dans la chambre, Jake s'excuse d'être entré de cette façon. Je sais que Jake doit aider son père à se lever et s'habiller, je les laisse donc à leur occupation, je ferme la porte derrière moi leur donnant un peu de vie privée et je vais préparer le petit déjeuner même si je n'ai pas vraiment faim, les deux autres vont être affamés.

 

OoOo

C'est le jour des funérailles de mon père, et comme prédit, ce sont des funérailles officielles. Le service religieux est beau et très triste. Beaucoup de gens et plusieurs de ses collègues ont parlé de lui, tant qu'à moi,  je n'ai pas voulu parler de mon père devant tous ces gens, j'ai décidé de faire un petit quelque chose de plus privé pour quelques collègues et amis, sa famille en fait. Après le service, je porte l'urne jusqu'au caveau, avec Jacob près de moi, me soutenant tant  physiquement que moralement. Tous les policiers de Forks marchent en rang et aux pas derrière nous, dans leurs uniformes d'apparat. Je dépose les cendres sur le socle spécialement fait pour ça et le prêtre dit quelques mots et quelques prières. Des coups de feu sont tirés, je ne sais pas combien, je ne les ai pas comptés, j'ai vu que beaucoup de gens ont sursauté, mais pas moi, ce n'est pas un bruit qui me dérange. Au contraire, c'est un son qui me rappelle mon père quand il m'a appris à tirer. Le nouveau chef de police de Forks, qui n'est pas Sam à ma plus grande surprise, me remet l'insigne de shérif de papa et le drapeau de la ville de Forks. L'urne est mise dans le caveau et la porte refermée, je marche avec Billy, Jacob, Sam et plusieurs autres personnes de La Push et policiers, qui étaient et sont encore des amis et connaissances de mon père.

Sam nous explique qu'il ne se sent pas capable de prendre le poste de chef de la police. Pour lui, Charlie était et est toujours plus que son patron, il était et sera toujours un ami et pour lui, prendre sa place n'est pas concevable. Sam est Quileute et en tant que tel, il a un très grand respect pour les personnes disparues. Sam a dit une phrase qui m'a fait réfléchir, si mon père avait été Quileute, c'est moi qui aurais été nommée à sa place en tant que chef, quand j'aurais été en âge bien sûr. C'est à ce moment précis que je décide de ce que je vais faire de mon avenir, je vais suivre mes cours et devenir policière et un jour, je serai chef de police de Forks, comme papa. Je vais suivre les traces de l'homme qui était, est et sera à jamais mon modèle et mon héros.

J'ai fait part de ma décision de devenir policière à Billy qui m'encourage à poursuivre mes rêves. Jacob a pris la décision de devenir policier lui aussi, il dit que je ne serai pas la seule dans la famille à me promener avec une arme chargée. Mais je sais qu'il y a plus que ça dans la décision de Jake, il est excellent en mécanique, il pourrait même y faire carrière. Jake a dit une chose qui réchauffe mon cœur meurtri, le mot famille, chose que d'un sens je suis heureuse d'avoir malgré la perte de ma seule famille de sang. Billy nous dit que pour réussir dans nos projets nous devrons nous appliquer dans nos études et d'être sérieux car le programme est contingenté.

En ce qui concerne l'école, j'ai eu un peu de difficulté, pas avec les cours, mais avec certaine personne, Paul et Jared, plus précisément. Deux gars d'un an de plus que moi, qui me nommaient visage pâle ou l'albinos et pleins d'autres noms que je ne répéterai pas. Il y avait aussi des rumeurs qui disaient que l'école de la réserve était la seule école qui voulait encore de moi, je sais très bien qui a fait partir ces rumeurs. Moi, personnellement cela ne me dérange pas, mais pas Jacob, il a toujours été plus rapide que moi à se fâcher et il s'est battu souvent pour me défendre.

J'avais déjà rencontré Quil et Embry, les meilleurs amis de Jacob, et j'ai facilement été amie avec eux. Je me suis liée d'amitié avec Leah et Kim, mes premières vraies amies filles. Une belle complicité s'est développée entre nous. Je ne sais pas pourquoi je ne leur ai jamais parlé avant. Paul et Jared ont arrêté de m’écœurer le jour où Sam est venu à l'école avec sa voiture de police, il était venu me porter une boîte, des choses qui appartenaient à mon père, celle dans son bureau. Au début, les gars ont commencé avec des petits commentaires du genre que le seul visage pâle de la place avait apporté les flics à l'école. Ensuite Paul a fait un commentaire sur mon père, quelque chose du genre que ça prend juste une fille de flic pour en apporter sur la réserve, j'ai perdue la tête, je lui ai littéralement sauté dessus et j'ai commencé à le frapper comme papa m'a appris.

Au bout du compte, c'est Sam qui nous sépare, les gens probablement trop figés de me voir réagir pour la première fois depuis que je suis dans cette école. Au final, je me suis cassée quelques doigts mais Paul lui, a le nez cassé. Sam amène Paul et Jared au petit commissariat de la réserve. Quelques jours plus tard, les deux gars sont venus s'excuser pour leurs commentaires et depuis ce jour, nous sommes devenus amis. Je n'ai pas su ce que Sam leur a dit ou fait mais je pourrais le remercier, car Paul et Jared me protègent farouchement maintenant.

Jacob et moi avons pris nos études sérieusement, sans virer fou tout de même. Durant les vacances et les fins de semaine, nous en profitions pour faire des feux sur la plage avec les autres, nous buvons, je m'en suis même rendue malade à quelques reprises, fumer des substances illégales, plonger des falaises et même décorer la maison de la vieille pie de papier de toilette. Jacob et moi avons aussi eu notre première expérience sexuelle ensemble, nous avons bu et nous n'avons jamais recommencé, c'est trop « Ewww » de baiser avec la personne qu'on considère et aime comme un frère. Je suis soulagée quand il m'avoue qu'il partage mon point de vue et que lui aussi trouve ça un peu écœurant d'avoir fait la chose avec sa sœur. Je fais aussi la chose, à quelques reprises avec Quil, ce qui est fort agréable. Bref, tout ce qui fait de nous des ados normaux et hormonaux. Je ne sais pas si Jake sait pour Quil et moi, j'espère que non, il m'a déjà dit que peu importe ce que je fais, il ne me jugera jamais, l'important est de me protéger et de ne jamais toucher à ses amis. Je n'ai jamais tenté l'expérience avec Embry, il y a quand même des limites à baiser avec des gens que je côtoie régulièrement.

Durant ma dernière année à l'école de La Push, avant l'inscription pour l'académie de police, Sam nous propose, à Jacob et moi, de passer du temps avec lui quand il travaille sur la réserve, ce que nous acceptons avec joie. Je ne sais pas pour Jake mais je sais que pour moi l'expérience renforce simplement mon désir de devenir policière. J'adore patrouiller en compagnie de Sam, le regarder travailler est fascinant, le respect et l'autorité qui se dégage de la personne qui porte l'uniforme est palpable. Même ceux qui dans un excès de colère ou de boisson se fâche contre l'uniforme se repentent le lendemain. Je comprends un peu mieux ce que mon père aimait tant dans ce métier si passionnant. Malgré ce que les gens croient, ce n'est pas un métier routinier et sans passion. Je crois que le métier de policier est en fait une vocation.

Aujourd'hui est mon dix-septième anniversaire, je pense à mon père, qui est décédé il y a deux ans et je me demande si il serait fier de moi de mon choix de vie. Je n'ai jamais oublié ce repas dans ce «dinner» de Forks où je n'ai jamais remis les pieds depuis. Je n'oublierai jamais la voix rauque du voleur, ni ses yeux d'un bleu perçant, l'odeur d'alcool se dégageant de son haleine, ses grandes mains rugueuses et l'odeur de transpiration de sa chemise. Il m'arrive encore d'y penser, plutôt de refaire ce cauchemar trop réaliste à mon goût. En parlant du cambrioleur, il a été arrêté quelques jours après le décès de mon père. Je ne sais pas qui il est et je m’en fous totalement.

Aujourd'hui je commence mon cours à l'académie pour devenir policière où mon père a fait ses études. Dans un peu plus de trois ans, je serai diplômée de l'académie de police de Seattle. Jacob sait que depuis mon quinzième anniversaire je ne souligne plus ma fête et il respecte mon choix en ne m'offrant aucun cadeau ni souhait, il est juste plus attentif à moi durant cette journée. Nous allons sûrement aller manger au restaurant où commander et Jake va payer la facture en disant que c'est son tour, comme si je ne comprenais pas ce qu'il faisait.

Jacob et moi sommes colocataires et nous commencerons une vie d'étudiant sans Billy pour nous surveiller constamment. J'espère en profiter le plus possible sans compromettre mes notes. Nous courons nos cinq kilomètres comme tous les matins depuis un an et demi, nous avons commencé pour nous mettre en forme et nous continuons par habitude. Après avoir pris chacun une douche, un bon petit-déjeuner, nous marchons jusqu'à l'école. Pour soulager le stress présent Jake et moi disons des blagues, nous nous racontons des choses que nous avons faites quand nous étions petits. Nous nous présentons finalement à la porte de notre premier cours. Jacob met la main sur la poignée de la porte et me regarde droit dans les yeux avec l'air sérieux.

 

-         Prête Bell? Je hoche de la tête avec un grand sourire.

 

-         Je suis prête. Et toi Jake, es-tu prêt? Lui demandais-je. Il hoche la tête.

 

-          Aujourd'hui est le premier jour de notre avenir, me dit-il, il ouvre la porte et me laisse passer devant lui. Après toi sœurette. J'entre dans la salle. Une odeur de cuir m'entoure pour quelques minutes.

 

 

 

Un ennemi prend plus de place dans notre tête,

Qu’un ami dans notre cœur !

(Inconnu)

Chapitre deux

Bella

 

Sam nous a avisés que les années à l'académie policière sont chargées, et en bonne adolescente qui a extrêmement confiance en elle et qui ne croit pas nécessairement ce que les adultes lui disent, je ne le crois pas. Du moins jusqu'au premier cours de la première année de mes études. L'enseignant nous donne l'horaire et une liste des cours que nous aurons au cours de notre cursus scolaire. Dix cours obligatoires en lien avec le métier, plus de la gym et les cours de premiers soins. Le seul cours qui ne va pas revenir d'année en année est le cours de premiers soins. Ensuite l'enseignant ajoute qu'après les trois années d'études, il y a un quinze semaines de formation supplémentaire, encore une fois ce n'est pas obligatoire mais que si nous voulons faire carrière dans la police, il est mieux de prendre la formation. Si nous décidons de ne pas la prendre  nous allons être agent de sécurité ou gardien dans une prison, au mieux.

Je regarde Jacob qui a les yeux sur la liste des cours et sa bouche est ouverte. Je fais comme lui, je suis certaine que ma bouche est ouverte aussi grande que mes yeux. Je me dis que ces cours seront répartis sur trois ans, mais non, nous aurons tous ces cours mais à différents degrés de « profondeur » si je peux dire. En gros, cette année nous approfondirons certains sujets et les autres durant les prochaines années. Je ne suis pas capable de retirer mes yeux de la feuille et je me demande tout d'un coup si j'ai bien fait de choisir ce cursus scolaire, j'ai quelques doutes en ce moment, en ce qui concerne cette carrière.

L'enseignant dit que si certains d'entres nous croient ne pas pouvoir survivre aux trois prochaines années, que si la tâche devant eux leur semble trop lourde, qu'ils se lèvent et partent maintenant. Je lève finalement la tête et  remarque une vingtaine d'élèves sortir. Je suis surprise d'en voir autant quitter la classe, le prof nous sourit, d'un sourire arrogant. Quand la porte est refermée, il demande s’il y en a d'autres, personne ne bouge. Il nous dit alors que seulement le tiers d'entre nous terminerons le cursus complet, ce qui inclut les quinze semaines de formation. Plus de la moitié d'entres nous ne se rendront pas à la fin de la seconde année. Je me demande s’il est sérieux ou s’il essaie de nous faire peur. Un marmonnement général se lève dans la salle.

Jacob et moi avons la chance de ne pas avoir besoin de travailler car Billy paie tout, quand je dis tout, c'est vraiment tout. Il nous paie les cours, le loyer, l'épicerie, ce qui doit couter une fortune car Jake mange comme un loup affamé, il a toujours faim, Jake dit qu'il est en pleine croissance. Billy paie aussi l'électricité, internet, le câble, nos vêtements, les fournitures scolaires, le stationnement à l'académie, les factures de cellulaires. Tout ce que Billy nous demande en retour, nous concentrer sur nos études et les réussir, pas les meilleures notes, juste de réussir. Je regarde encore mon horaire de cours et soupire fortement, remerciant Billy et son grand cœur.

Les lundis :

De 8h à 11h – Notion de criminologie et interventions policières.

De 11h à 13h – Déjeuner.

De 13h à 16h – Technique de base de la communication.

De 16h à 17h30 – Diner

De 17h30 à 19h – Cours de premiers soins.

 

Les mardis :

De 9h à 11h – Gym

De 11h à 13h30 - Déjeuner

De 13h30 à 17h30 – Interaction avec des clientèles diversifiées.

De 17h30 à 18h30 – Diner

De 18h30h à 21h – Situations de crise et techniques d'interventions.

 

Les mercredis :

De 9h à 11h30 – Méthodes d'observations

De 11h30 à 14h – Déjeuner

De 14h à 16h30 – Opérations planifiées ou dirigées.

 

Les jeudis :

De 8h à 10h – Ressources communautaires et travail policier

De 10h30 à 12h30 – Gym

De 12h30 à 13h30 – Déjeuner

De 13h30 à 16h – Conduite préventive d'un véhicule.

 

Les vendredis :

De 7h30 à 11h – Pouvoirs et devoirs de la police en matière pénale

De 11h à 12h30 – Déjeuner

De 12h30 à 15h – Situation de crise et technique d'intervention.

De 15h à 17h30 – Diner

De 17h30 à 20h – Gym.

 

J'ai rejoint divers groupes d'études, ce qui aide grandement car il y a souvent des points que je ne comprends pas. Ce qui est intéressant avec ces groupes est que les trois années sont mélangées. Évidemment les plus anciens nous aident plus que nous pouvons les aider eux. Il y a aussi beaucoup de recherches à faire et plusieurs de mes compatriotes étudiants travaillent les fins de semaine donc tous les travaux doivent être fait durant la semaine. Comme je n'ai pas besoin de travailler durant la période que dure l'année scolaire, je profite des fins de semaine pour sortir, aller dans les bars, même si je ne bois pas à cause du bracelet jaune qu'on me donne à mon arrivée. Recevoir quelques amis à l'appartement et avoir des repas bien arrosés, passer quelques nuits en bonne compagnie. Je profite de la vie en fait.

Je passe aussi beaucoup de temps avec Jacob, pas seulement car nous vivons ensemble, parce que nous en avons besoin. Une fois toutes les deux semaines environ nous faisons une sortie, juste nous deux et nous discutons de tout et de rien. Plusieurs ont pensé que nous étions un couple, nous avons eu de la difficulté à leur faire comprendre que nous ne sommes pas ensemble, que nous ne l'avons jamais été et que nous ne le serons jamais. Je sais que Jake profite de la vie lui aussi, autant avec les femmes qu'avec les sorties. Par contre, tout comme moi, il est sérieux dans ses études et ce qu'il fait en dehors des cours ne l'empêche pas de réussir. J'ai été à La Push que pour le congé des fêtes et j'avoue que la réserve me manque beaucoup, je ne pensais pas dire ça un jour mais je m'ennuie de la maison rouge.

J'ai rencontré les gens vivant dans l'immeuble, il faut dire que c'est un petit immeuble de six appartements. Enfin bref, Jake et moi vivons à l'appartement numéro six, au numéro cinq c'est deux filles qui étudient pour être médecin. Au numéro un c'est un homme célibataire qui fait je ne sais quoi dans la vie. Au numéro deux, c'est une mère monoparentale avec son fils de sept ans. Au numéro trois, c'est un appartement vide et au numéro quatre c'est un homme, un vrai.  Il est propriétaire d'un centre d’entrainement ou gym, ici à Seattle, je l'ai rencontré lors d'une soirée que Jake a faite pour tous les habitants de l'immeuble. Je dois avouer que depuis ce soir là, j'ai un léger béguin pour cet homme.

 

*** 9 mois plus tard ***

 

Ce matin, je me suis éveillé dans mon lit des dernières années, dans ce qui est ma chambre depuis deux ans. Je suis enfin de retour à La Push et je suis heureuse, j'ai réussi à passer à travers ma première année et je crois que je m'en suis bien sortie malgré la difficulté de certain cours. J'ai trois mois de vacances, enfin faut le dire vite, trois enseignants nous ont donné des travaux pour l'été, sans compter que je vais travailler comme serveuse au petit restaurant sur la réserve en plus de passer du temps avec mes amis. Je crois que je ne verrai pas l'été passer encore une fois. Malgré tout, je suis heureuse d'être de retour à la maison, cette petite maison rouge si chaleureuse, pleine d'amour et de bonheur malgré toute la douleur que nous y avons tous vécus aux files des années. Je vais en profiter pour refaire le plein d'énergie pour l'année qui s'en vient, je sais qu'elle sera aussi chargée que la première, autant en étude qu'en temps à profiter de la vie.

À partir du treize septembre, je serai officiellement majeur et j'aurai le droit de faire ce que je veux avec la maison que Charlie m'a laissé. Pour l'instant, avec l'aide de Billy, la maison est louée depuis plus d'un an, les revenues que ça me rapporte sont placés dans un compte, pour les « en cas de » comme disait mon père. Au cas où la plomberie lâche, c'est au propriétaire de payer, s'il  y a des réparations, c'est, encore, le propriétaire qui paie. Enfin bref, il y a beaucoup de « en cas de ». Pour rendre le tout légal, il nous a fallu un avocat, j'avais pensé à Carlisle, mais Billy ne voulait pas, pour une raison que j'ignore toujours. Nous sommes donc allés voir une avocate à Port Angeles, assez loin de Forks et Seattle. Nous avons rencontré maître Maria Lopez. Nous lui avons expliqué ce qui nous apportait dans son bureau et elle nous a dit quoi faire pour que tout soit légal et que personne ne puisse rien faire contre Billy.

Elle nous a fait ouvrir un compte bancaire où l'argent est déposé mais, personne ne peut retirer de ce compte sauf si Billy et moi signons tous les deux le bordereau de retrait. Maria a aussi remarqué des irrégularités dans certains documents, comme, advenant mon décès, c'est Carlisle Cullen qui hérite de tout. C'était lui qui gérait les placements que mon père avait faits et beaucoup d'autres choses que je n'ai pas compris. J'ai donc tout transféré à Maria, ce qui n'a pas plus à Carlisle. Il a même essayé de trainer Billy devant la cour et c'est Carlisle qui a eu l'air fou. Il a proclamé que c'est ce que mon père voulait, de son vivant. Maria a fait remarquer qu'il n'y avait aucune trace écrite de ce qu'il avançait, donc je suis légalement libre de faire ce que je désire, avec l'appui de mon tuteur bien sûr.

Enfin bref, c'est du passé, il n'en reste pas moins que je vais toucher à un certain montant d'argent et je ne sais pas encore ce que je vais faire avec la maison. Est-ce que je la laisse en location ? Est-ce que je déménage dedans ? Si j'emménage, comment est-ce que je vais faire pour l'entretien en étant à Seattle neuf mois par année ? Je pourrais la laisser en location tant que je n'ai pas terminé mes cours. Ouais, je crois que c'est ça que je vais faire. Je secoue la tête pour me sortir de toutes ces idées et revenir au temps présent. J'ai des choses à faire et des gens à voir aujourd'hui, c'est important que des questions sur quoi faire avec la maison.

Après le déjeuner, je vais rejoindre Leah et Kim à la plage, nous allons faire un après-midi et une soirée de filles, il nous faut rattraper tout ce que nous avons manqué dans les neuf derniers mois. Nous avons gardé contact par internet mais avouons-le, ce n'est pas comme avoir la personne en face de nous.

Kim étudie pour être enseignante à Spokane, ville à la limite de l'État de Washington, près de l'État de l'Idaho, je ne sais toujours pas pourquoi elle s'est autant éloignée, elle aurait très bien pu faire ses études sans être si loin, c'est son choix et je dois le respecter.

Leah pour sa part étudie en biologie marine en Californie, elle aussi est loin mais ces cours ne se donnent pas n'importe où et elle a eu la chance d'obtenir une bourse complète pour cette école, qui est reconnue dans ce domaine. Dire qu'on ne s'est pas vue beaucoup est un euphémisme, nous avons beaucoup à nous dire.

Kim nous parle de ses cours, des gens qu'elle a rencontré et surtout des « hommes » comme elle se plaît à dire. Elle a toujours été la plus ouverte et la plus libérée sur ce point, plus que Leah et moi. Kim a eu une relation sérieuse durant plusieurs mois, ils ont décidé, d'un commun accord, de ne pas être exclusif pour les grandes vacances. Personnellement, je trouve ça étrange et dérangeant mais je suis qui pour juger de quoi que se soit où de qui que se soit ?

Pour reprendre les mots de mon père, chacun mène sa barque comme il l'entend, ce n'est pas à moi de leur dire quoi faire ni comment le faire. Quand elle nous parle de ce gars, de la façon dont elle le décrit j'ai l'impression qu'elle parle de Jared, elle a eu un fort béguin à l'école pour lui. Elle prend aussi un malin plaisir à nous décrire l'homme, dans toute sa splendeur, qui a su faire battre son cœur dans toutes les positions possibles. Je dois dire que certaines des choses qu'elle dit me font rougir des orteils aux oreilles, et les deux filles se paient ma tête allègrement. Je me dis que tant qu’elles rient de moi, elles ne le font pas de quelqu'un d'autre.

Leah a été plus sérieuse dans ces études, ce qui ne me surprend pas vraiment, c'est tellement sérieux ce domaine. Elle passe plus d'une heure à nous parler de ses cours, qui je dois l'admettre, semble très passionnant, si on aime la biologie marine et elle, elle adore ça. De ce qu'elle dit, elle n'a pas vraiment eu d'aventure, pas le temps. Comment peut-on manquer de temps pour ça? Même moi avec mes horaires chargés, j'ai réussi à me faire quelques gars. À force de vouloir savoir la véritable raison de son manque de vie sexuelle, Leah nous avoue être amoureuse de quelqu'un, mais avec elle en Californie, c'est une relation impossible, pour l'instant. Kim et moi mettons la pression pour savoir de qui il s'agit mais Leah reste muette sur son identité. De ce que je comprends, le gars qui fait battre le cœur de Leah est ici, à La Push. Je cherche parmi ceux que je connais, lequel il pourrait être. Quelques uns semblent, à mon avis, les plus possibles mais je n'arrive pas à me faire une idée fixe. Je trouverai bien.

Je leur parle aussi de mes cours, elles n'ont pas l'air de les trouver très intéressants, des gens que j'ai rencontré, des sorties que j'ai faite et des quelques hommes que j'ai eu dans mon lit. Rien de bien passionnant, jusqu'à ce que je leur parle du gars qui vit dans le même immeuble que moi et qui a attiré mon attention. J'ai immédiatement piqué la curiosité des filles et les questions déferlent de leur bouche comme une chute d'eau à la fonte des neiges au printemps.

 

-         Comment est-il ? Kim

 

-         Quel âge a-t-il? Leah

 

-         As-tu couché avec lui? Kim

 

-         De quelle couleur sont ses yeux? Leah

 

-         Est-il performant au lit? Kim

 

-         Vient-il de Seattle? Leah

 

-         Assez, dis-je en riant. Laissez-moi le temps de répondre. Tout d'abord, il est grand, aussi grand que Jake. Il est très musclé, il est bâti comme un joueur de foot américain. Il a vingt et un ans, il a les yeux bruns légers avec une touche d'or. Ses cheveux sont courts et légèrement vagués, d'un brun riche. Il est né à Seattle mais ses parents son originaire du Tennessee. Il y a deux ans, lui et son frère ont eu l’idée de partir un gym, centre d’entrainement, près de l'académie, ce qui leur attire beaucoup de clientèles. Et pour te répondre Kim, je ne sais pas si il est performant au lit, je n'ai pas eu la chance de me rendre jusque-là, mais je peux dire qu'il embrasse divinement bien et que...

 

-         On parle de moi? Demande une voix masculine que je connais bien.

 

-         PAUL, criais-je lui me levant pour le serrer dans mes bras.

Je remarque que Leah se raidit quand j'ai serré Paul dans mes bras, est-ce que Leah serait secrètement amoureuse de Paul ? Je les regarde en alternance et c'est évident comme le nez au milieu du visage que ces deux là iraient bien ensemble. Je peux dire que mon ami aussi a des sentiments pour Leah. Je comprends mieux maintenant ce qu'elle a voulu dire quand elle a parlé de la distance entre eux le temps de ses études. Paul n'a pas continué l'école, dès l’obtention de son diplôme de fin d'études à La Push, il s'est placé dans une entreprise en construction, il dit qu’il a plus besoin d’argent que d’un diplôme. Jared a arrêté ses cours après six mois d'études supérieures, son père est tombé malade et le manque d'argent l'a fait rejoindre Paul sur les chantiers de construction. Présentement, Jared est le principal soutient financier de sa famille, de ce que je sais, sa mère n'a pas un gros salaire, elle est secrétaire à temps partiel à l’école.

À l'heure du diner, nous prenons tous la direction du petit restaurant de la réserve, je ne suis pas vraiment surprise d'y voir Quil, Embry et Jake. Nous partageons une table tous ensemble et passons un merveilleux repas à rire de ce que tout le monde a vécu au cours des derniers mois.

Ces grandes vacances commencent très bien et bon Dieu que la vie est belle des fois.

Durant le premier mois des vacances, je travaille trois soirs par semaine, je flâne avec les filles et les autres, nous faisons des feux sur la plage. Je fais de la moto avec Jake, au grand malheur de Billy. Je n'ai jamais douté du talent de mécanicien de Jake, mais il m'a surpris au plus au point en réussissant à faire fonctionner ces deux vieilles choses qui ne démarraient même pas au départ. Billy nous confisque les clefs quand Sam est venu lui parler du délit de fuite que nous avons fait quand il a voulu vérifier notre permis de conduire. Nous avons de la chance tout de même, Sam n'a rien fait d'officiel pour ne pas nous nuire dans notre futur emploi, nous avons eu droit à un avertissement verbal seulement. Car oui, pour être policier il nous faut un dossier vierge, rien comme conduire un véhicule sans avoir le permis, alcool au volant, vol et ainsi de suite. Donc les motos sont rangées jusqu'au jour où nous aurons la classe moto ajoutée sur nos permis et que nous ayons des casques, pour notre sécurité. Devant Sam, Billy joue parfaitement son rôle de père en colère, mais aussitôt Sam parti, il éclate de rire et nous dit que si nous voulons faire des choses illégales, qui risquent de faire que nous avons étudié pour rien, il faut que nous soyons prudents. Il garde quand même les clefs des motos.

Dans le courrier d'aujourd'hui, je reçois les résultats de mes examens finaux. Je tourne et retourne l'enveloppe dans mes mains, comme si elle était brûlante. Si je ne passe pas, qu'est-ce que je vais faire ? Je ne veux pas faire autre chose qu'être policière et un jour, être chef de police de Forks, mais pour ce dernier point, on verra. Mes mains commencent à trembler sous le regard interrogateur de Billy et un petit sourire sournois de Jacob. Je remarque que la lettre de Jacob est ouverte sur la table de salon, s’il ne prend pas la peine de la cacher c'est qu'il a réussi, lui. Je regarde l'enveloppe comme si elle va  me jeter un mauvais sort, Jacob passe rapidement et me l'arrache des mains, il court dans la salle de bain et ferme la porte à clef. Je sais que je pourrais la défoncer assez facilement,  mais je ne crois pas que Billy  serait très heureux de faire réparer la porte encore une fois.

 

-         Jacob Black ouvre cette putain de porte, criais-je en frappant à coup de poing dans la porte. Le petit con a le culot de rire, j'entends Billy marmonner que ça va encore lui couter une porte.

 

-         Papa,  Bella  à  dit un gros mot, hurle Jacob en prenant une voix enfantine.

 

-         Donne-moi ma foutue lettre Black, hurlais-je.

Comme je me prépare à donner un coup d'épaule dans la porte et la défoncer, le con l'ouvre et je lui rentre dedans sans retenu. Je me retrouve couchée sur Jacob qui est tombé sous la surprise et l'impact. On se relève en riant tous les deux.

 

-         Bella, pourquoi stresses-tu autant pour tes notes? Demande Jacob très sérieux tout d'un coup.

 

-         Si je ne passe pas, je vais faire quoi ? Rétorquais-je lamentablement.

 

–                    Pourquoi tu ne passerais pas? C'est quoi cette question?

 

-         Tu as eu les mêmes cours que moi non? Tu sais qu'ils ne sont pas faciles. Que dire de plus. Jacob me tend mes résultats.

 

-         Tu es la première de notre classe Bella, arrête de stresser, déclare Jacob lâchant finalement la lettre.

Je lis ce qui est écrit et Jake a raison, en plus de réussir mes cours, j'ai une note du directeur de l'académie qui me félicite pour mes résultats, les plus hautes pour les premières années depuis des décennies. Je commence à danser seule dans la salle de bain, le genre de danse ridicule où l'on ne veut pas être vu. Malheureusement pour moi, Jake et Billy me voient et les deux rient de moi et avec moi. Je remets ma lettre à Billy et l'embrasse sur la joue en émettant un fort « smack ». Billy nous félicite tous les deux, car je viens d'apprendre que Jacob est juste derrière moi, j'ai eu quelques points de plus que lui en méthode d'observation, c'est pour cette raison que je suis première. Pour nous féliciter de nos résultats exceptionnelles, Billy nous invite au restaurant, pas celui de la réserve, pas ceux de Forks, nous allons tous à « La Bella Italia » à Ports Angeles. J'adore cet endroit, ils font des raviolis aux champignons si délicieux, que simplement le fait d'y penser, j'en ai déjà l'eau à la bouche.

Nous sommes au milieu de notre repas quand une main se dépose sur mon épaule, comme je ne m'y attends pas, je sursaute et un rire d'homme, un rire que je connais, se fait entendre. Je me retourne, pas pour voir qui c'est mais pour le voir lui, ce qui est  totalement différent.

 

-         Bella, il me fait un signe de tête. Jacob, il répète son geste. Monsieur, il sourit à Billy. Comment allez-vous, vous deux? Nous demande-t-il.

 

-         Très bien, répond Jake avant même que j'ai eu le temps d'ouvrir la bouche. Que fais-tu si loin de Seattle? Lui demande-t-il

 

-         Je suis ici avec mon frère, nous allons à Forks demain pour voir un endroit pour ouvrir un gym, répond-t-il souriant, comme toujours.

 

-         Un gym? Demande Billy.

 

-         Mon frère et moi sommes propriétaire d'un gym à Seattle. En discutant avec Jacob, qui est membre, nous avons décidé d'étudier le marché à Forks. Surtout que si ça fonctionne, nous serons le seul pour servir la population des environs. Le plus près est ici à Port Angeles.

 

-         Donc demain tu seras à Forks? Demandais-je souhaitant qu'il dise oui. 

 

-         Nous y serons pour la semaine.

 

Je vais tout faire pour aller à Forks le plus possible pendant la semaine. On discute encore un peu, il est temps pour nous de retourner à la maison.

 

-         Vous et votre frère êtes les bienvenues à venir à La Push pendant votre séjour à Forks, lui dit Billy à lui et son frère, Will,  qui nous a rejoints, acceptent volontiers.

Trois jours sont passés et je n'ai pas eu la chance de me rendre à Forks. Quand il est venu à la réserve, je travaillais donc je l'ai manqué. Kim et Leah l'ont rencontré, elles m'ont parlé de lui et quand je leur ai dit qu'il est le gars qui m'intéresse, Kim a eu l'air un tout petit peu mal à l'aise.

Je me demande bien ce qu'elle a fait pour se sentir comme ça, car ce n'est pas le genre de Kim d'être mal à l'aise. Leah me simplement dit qu'elle ne me voit pas avec lui, sans m'en expliquer la raison. Enfin bref, faut croire que je n’avais pas à le voir, c'est peut-être un signe du destin. La semaine passe et je ne l'ai pas revue depuis le restaurant à Ports Angeles et il est surement retourné à Seattle maintenant.

Jake qui connaît mon « fort » béguin pour cet homme, me dit de ne pas m'en faire, il est certain que je vais le revoir avant de retourner à l'école. Je fronce les sourcils et il me dit que le gym va ouvrir et que c'est lui qui sera responsable de trouver le personnel et il passera le reste de l'été à Forks. Jake me dit aussi qu'il a trouvé à se loger pour le reste de l'été, ici sur la réserve, dans l'appartement au-dessus de l'épicerie locale. Oh ! Mon ! Dieu ! L'épicerie est à cinq minutes à pied de la maison. Je vais pouvoir le voir régulièrement, je vais pouvoir l'inviter à manger à la maison où au restaurant, à la plage quand on fait des feux et peut-être même le faire plonger des falaises avec moi. Jacob me dit de me calmer si je ne veux pas ressembler à une fille excitée, je lui donne une gifle sur le bras et imite les filles trop excitées qu'on voit dans les films, ce qui nous éclater de rire tous les deux.

Une semaine est passé depuis que Jake m'a dit qu'il allait venir habiter sur la réserve, mais je ne l'ai toujours pas vue. Je vais rapidement à l'épicerie, je déteste quand je cuisine et que je me rends compte qu'il me manque quelque chose et que par le plus grand des hasards il en restait la dernière fois que j'ai vérifié.

J'ouvre la porte pour entrer quand je percute  de plein fouet une personne et tombe à la renverse. Une énorme main se présente dans mon champ de vision, je n'ai pas le temps de la prendre que Kim m'aide à me relever. Je regarde qui est devant moi et qui m'a offert son aide.

 

-         Bella est-ce que ça va? Me demande Kim m'inspectant pour trouver une blessure.

 

-         Ouais, répondis-je sèchement.

 

-         T'es sûr que ça va? Insiste-t-elle.

 

-         Oui, répondis-je très durement élevant un peu la voix.

Je pousse un peu Kim sur le côté et je vais rapidement chercher ce dont j'ai besoin et retourne à la maison en courant. Je n'en reviens pas, Kim était avec lui, elle a posé sa main sur son avant-bras après que je sois debout. Elle s'est même rapprochée de lui quand elle a remarqué que mes yeux se posaient sur lui. Et il n'a rien dit, même pas un petit '' Bonjour ''. Je soupire fortement et continue la préparation du repas. Je me sers un plat et mets les restes de côté, pour Billy et Jake. Je mange en silence, ce qui est rare dans mon cas, je me change et je vais au travail.

À mon arrivée, qui vois-je? Kim et lui, discutant en attendant leurs assiettes, assis l'un en face de l'autre, leurs mains se touchant. Je ne peux pas croire qu'elle a le culot de venir ici avec lui un des rares soirs où je travaille. En plus, elle connaît mon horaire de travail. Elle le fait exprès où quoi?

Je serre les dents, mets un faux sourire sur mon visage et commence à travailler. Quand leurs commandes sont prêtes, je vais leur servir sans un mot, sans un sourire et dépose vivement les assiettes sur la table, lui me donne un regard étrange, je m'éloigne ensuite le plus loin possible d'eux.

La cloche au-dessus de la porte sonne, ce qui annonce que des clients viennent d'arriver, je me tourne et pour la première fois depuis que je suis allée à l'épicerie, un vrai sourire apparaît sur mon visage. Sam et Emily, que j'ai appris à connaître et apprécier dans les deux dernières années, font leurs chemins vers une table avec banquette. Je me rends à eux avec des menus et leurs demandes s’ils veulent quelque chose à boire.

Je vais à la cuisine chercher leurs breuvages quand la clochette à côté de la caisse se fait entendre sans cesse, je vais voir et je le vois, qui s'amuse à appuyer sans cesse sur la maudite clochette. Je lui arrache de sous la main brusquement, me retenant pour ne pas lui enfoncer dans sa putain de gorge, et lui remets sa facture. Il me donne un regard curieux, je dirais que c'est  peut-être dû à ma brusquerie soudaine à son égard. Je vais remercier Emily d'avoir dit à Sam d'intervenir en me disant qu'il aime bien quand son café lui est servit chaud. Pourquoi remercier Emily? C'est le breuvage qu'elle a commandé et non Sam. Ce qui à pour effet qu'il paie finalement sa facture et pars rejoindre ma supposée meilleure amie Kim.

Sam et Emily sont les seuls clients, je m'assoie avec eux pour quelques minutes, juste pour prendre de leurs nouvelles. Emily me dit qu'elle est enceinte de 12 semaines et qu'ils vont se marier à Thanksgiving, je suis réellement heureuse pour eux.

À la fin de ma soirée, la cuisinière me souhaite une bonne fin de soirée et ferme la porte à clef derrière elle. Je commence à marcher vers chez moi quand je l'entends m’appeler.

 

-         Bella attend. J'arrête de marcher, mais ne regarde pas la personne qui me parle. Bella, puis-je te parler? Me demande-t-il.

 

-         Vas-y, dis-je simplement, il est silencieux pendant quelques minutes. Écoute Emmett, si tu n'as rien à me dire je vais retourner chez moi. Je reprends la marche quand il m'arrête et me tourne vers lui brusquement. Sans que je ne m'y attende, Emmett m'embrasse rageusement, je ne réagis pas, je suis trop choquée. 

Je me remets de mon choc, m'éloigne de lui sans rien dire et reprends ma marche. Quel est son problème à lui? Me demandais-je en courant le plus rapidement possible, m'éloignant de l'homme pour qui je commence à avoir quelques sentiments.

 

 

** En ce qui concerne la liste des cours, c'est la liste réelle des cours offerts en technique policière au Québec du moins. Le cours se donne réellement en trois ans et les 15 semaines de formation sont aussi réelles. Ce qui ne l'est pas est la façon dont j'ai disposé les cours, normalement, ses cours sont divisés dans les trois années de cours. Pour le bien de mon histoire, les personnages les voies tous durant leurs trois années.

 

 

Le bonheur vient de ce que vous ressentez,

Et non de ce que vous êtes !

(Inconnu)

 

Chapitre trois

Bella

 

 

C'est quoi ce comportement de gamine trop gâtée ? Je n'ai aucune raison d'être jalouse, ni d'être en colère, je ne suis pas en couple avec Emmett et il a le droit de faire ce qu'il veut avec qui il veut. En réalité, ce qui me fâche le plus c'est le comportement de Kim, elle sait très bien ce que je ressens pour Emmett et ça ne l'empêche pas de lui faire dû rentre dedans. Comment aurait-elle réagit elle si j'avais fait du rentre dedans à Jared quand elle avait un béguin pour lui ? Elle m'aurait sûrement sauté dessus et essayé de me défigurer. Quand elle m'a parlé de lui après l'avoir rencontré la première fois, j'ai été pourtant très claire en lui disant que c'était LUI le gars de Seattle. Pourquoi désire-t-elle le seul gars qui me plaît vraiment ? Pourquoi désire-t-elle le seul homme qui a retenu mon attention ? Pourquoi me fait-elle ça ? Je ne lui ai jamais rien fait qui mérite qu'elle agisse de la sorte. Et que veux dire le baiser qu’Emmett m'a donné ? Il m'a déjà embrassé avant, mais jamais comme ça, jamais avec autant de colère et force. Je ne comprends simplement pas.

Je me retourne pour la cinquantième fois dans mon lit, je n'arrive pas à trouver le sommeil, cette situation m'exaspère, non, je m'exaspère moi-même. Je mets un de mes oreillers sur mon visage, pour étouffer le cri que je laisse sortir, je ne veux pas réveiller les deux autres qui dorment sûrement à poing fermé. C'est dans des moments comme ça que j'aimerais avoir ma mère, elle saurait m'écouter, me réconforter et me conseiller. Elle m'aiderait à comprendre l'incompréhensible, pour moi. Au lieu d'une mère, j'ai Billy, qui malgré son bon vouloir, ne comprend pas grand-chose aux adolescentes et Jacob, qui pense plus avec sa queue qu'avec sa tête.

 

-         Est-ce que ça va Bella? Me demande Jacob endormit, passant la tête par la porte.

 

-         Ouais, répondis-je en soupirant.

 

-         Je n'en suis pas certain. Mais si tu as le goût d'en parler je suis là, me dit-il refermant la porte et retourne dans sa chambre.

Je roule des yeux à son dernier commentaire et change de position, encore une fois. C'est ça, je vais aller parler à un adolescent du comportement de Kim. Comme s'il pouvait comprendre quelque chose à tout ça. Pour lui, une fille est une vide couille, comment peut-il me dire ce que je dois faire avec elle. Je pourrai peut-être lui demander de se servir de Kim comme il le fait avec certaines filles à Seattle, c'est une idée de gé... non c'est une idée de merde, je ne peux demander à Jacob de faire ça et pas avec Kim, elle reste mon amie.

Je soupire, encore et me retourne, encore. Je trouve finalement le sommeil quelques heures avant que le soleil se lève et c'est une Leah très en colère qui me réveille en me donnant un fort coup de poing sur l'épaule. Je la frappe en retour avec force et rapidité, le cours de défense contre les coups frappés m'a beaucoup aidé avec ce genre de situation. Leah essaie de me frapper encore, j'arrête son poing avec une main et lui passe le bras rapidement derrière son dos, je lui donne un coup de genou derrière le sien, la faisant tomber à genoux. Je la pousse avec mon autre main pour qu'elle s'étale sur le plancher. Leah est maintenant couchée sur le ventre, un bras derrière son dos à coté de mon genou.

 

-         T'es folle. Lâche-moi, me dit-elle les dents serrées.

 

-         C'est moi la folle et c'est toi qui pénètre par effraction dans ma chambre et me frappe à l'épaule. Pendant que je dormais, en plus, argumentais-je. Leah se débat, je monte son bras un peu plus vers ses épaules, ce qui a l'effet désiré, elle cesse de bouger. Je sais que cette prise est douloureuse, nous en avons tous fait l'expérience durant les cours. Alors dit moi maintenant qui est la folle ?

 

-         Lâche-moi putain, tu me fais mal espèce de visage pâle, hurle-t-elle. Jacob entre en trombe dans ma chambre.

 

-         Bella, lâche-là, tu vas lui casser le bras, me dit-il simplement. Je la lâche, elle se relève, me jette un regard qui se veut intimidant et part.

 

-         Quoi? Demandais-je avec colère à Jacob qui me regarde étrangement.

 

-         Je ne croyais pas que tu te servirais de ce qu'on a apprit en cours contre ta meilleure amie. Il me laisse seule, même pas le temps de m'expliquer.

C'est ça, c'est à moi qu'on reproche des choses alors qu'en réalité je n'ai rien fait, sauf me défendre. Oui j'ai utilisé une des techniques que j'ai apprise à l'académie et alors ? Comme si j'étais la seule à le faire, putain de Black, je l'ai vu à plusieurs reprises faire ce genre de chose et jamais je ne l'ai accusé de quoi que se soit ou même porter un jugement sur ses agissements.

Je m'habille, un bermuda kaki et un t-shirt ajusté de la même couleur, mes chaussures de course et je suis prête pour aller faire mon jogging. J'espère que la tension que je ressens partira avec un peu d'exercice.

J'enfonce les écouteurs de mon Ipod et lève le volume au maximum, je vais aller courir sur la plage. Je  passe par la forêt pour m'y rendre, je n'ai donc pas besoin de faire attention à la circulation, c'est pour cette raison que le volume est si fort. Comme je n'ai pas vraiment fait d'étirements, je commence par une marche rapide, après quelques minutes je peux commencer à jogger doucement.  J'accélère mon rythme de temps en temps pour en arriver à courir à un rythme soutenu.

Dans ma vision périphérique je vois Kim avec lui encore, et la colère qui n'est pas loin de la surface, éclate. Au lieu de m'en prendre à elle ou à lui, je me donne à fond et cours le plus rapidement et le plus longtemps possible. Je ne crois pas avoir déjà couru si vite avant. Mes poumons brûlent comme du feu, les muscles de mes jambes sont douloureux. Je ralentis ma vitesse sans arrêter complètement. Je continue comme ça jusqu'à reprendre une respiration normale, pour finir en marchant.

Je regarde autour de moi et je m'aperçois que je ne me suis jamais rendue içi. Je sais où je suis évidemment, c'est juste que normalement je ne me rends pas si loin. À quelques mètres sur ma droite c'est la cour arrière de la maison de Sam et Emily. De ma position je remarque qu'il y a une personne à l'extérieur de la maison, une main se lève et je reconnais la femme du policier. Je la salue de la main et commence à marcher vers elle, sans que je ne sache vraiment pourquoi. Elle se déplace et elle aussi vient vers moi, on se rencontre à mi-chemin. Après des salutations de politesse, je commence à parler sans que je ne puisse m'arrêter. Je lui raconte toute la situation avec Kim, les pensées que j'ai eue au sujet de ne pas avoir de mère, je lui dis tout. Sans m'en rendre compte, Emily et moi avons marché jusqu'à sa maison et nous nous sommes assises sur un banc dans la cour arrière. Elle m'écoute sans rien dire, souriant de temps en temps. Quand j'ai enfin terminé, je m'excuse de ce que je viens de dire. Elle me sourit tendrement.

 

-         Ne t'excuse pas pour avoir besoin de te confier. Je suis heureuse que tu ais assez confiance en moi pour me choisir. Je ne lui dirai pas que c'est juste parce qu'elle se trouvait là. Pour ta situation avec Kim, c'est très simple, elle est jalouse. Je fronce les sourcils.

 

-         Jalouse de quoi? Demandais-je incrédule.

 

-         Tu as tout ce que tu désires. Me dit Emily, je veux protester mais elle lève la main me faisant comprendre qu'elle n'a pas terminé. Sais-tu pour quelle raison elle étudie si loin de sa famille? Je secoue la tête. Elle a une tante qui vit à Spokane, ses parents n'ont pas les moyens de l'aider financièrement. En la faisant vivre chez sa tante, ses parents économisent beaucoup d'argent. Tandis que toi, Billy paie tout et même plus. M'explique-t-elle.

 

-         Sais-tu comment Billy a eu l'argent pour tout payer? Dis-je sentant la colère revenir avec force.

 

-         Je le sais, mais Kim ne le comprend pas, je lève un sourcil. Tu sais, tant qu'on n'a pas perdu un proche, on ne comprend pas. Tout le monde, sans exception, à la réserve sait que tu as beaucoup d'argent et plusieurs en sont jaloux. Pour Kim, te « voler » l'homme que tu souhaites, est comme si elle essaie de prouver, à toi et à elle-même que tu ne peux pas tout avoir, malgré ton argent et qu'elle est mieux que toi.

La conversation continue et je comprends ce que me dit Emily mais ne je ne saisis tout simplement pas les agissements de Kim. Et Leah, selon Emily, Kim a surement été lui dire quelque chose et bien évidemment, Kim m'a fait passer pour la coupable, et Leah a simplement voulu défendre une amie. En ce qui concerne Jacob, elle me dit qu'il a fait ce que beaucoup de gens font, il a vu une situation sans comprendre et il a porté un jugement. Ce n'est pas parce qu'il est mon meilleur ami qu'il doit absolument toujours prendre mon parti dans n'importe quelle situation. Notre conversation est interrompue par Sam qui arrive pour le déjeuner. Il me fait un petit sourire, ce qui est rare venant de sa part. Je remercie Emily pour tout et elle me dit que sa porte est toujours ouverte. Je retourne sur la plage et rentre à la maison en courant mais plus lentement cette fois.

En entrant dans la maison, je ne suis pas vraiment surprise de voir les parents de Leah, les deux me regardent en plissant les yeux. Billy n'a pas l'air heureux lui non plus, il paraît qu'il faut faire face à la musique, je marche vers la cuisine et m'assieds à la place que Billy me désigne de la main.

Je ne dis rien, fixe seulement mon regard dans celui de chaque personne présente. Sue, la mère de Leah baisse les yeux sous l'insistance du mien. Harry ne me regarde même pas et Billy lui, me regarde avec autant d'intensité avant de retourner notre regard vers les deux autres au même moment. Sue commence à me dire que ce que j'ai fait à sa fille est inacceptable, que je n'avais aucune raison de la blesser.

J'explique que pour une raison que je ne connais pas, c'est Leah qui m'a frappé en premier pendant mon sommeil. Harry, en bon père qu'il est, se met en colère immédiatement et commence à me crier dessus, défendant sa fille tout en me traitant de menteuse. Il dit tout ce qui lui passe par la tête, me disant que je suis une fille qui n'a pas d'allure, une maudite visage pâle, que je me crois tout permis à cause de mon argent, qu'il va soumettre mon bannissement de la réserve au conseil tribal, que je n'ai qu'à retourner avec les miens, à Forks.

Dire que se fut un choc pour Billy et Sue est peu dire, mais pour moi, j'ai toujours sût que Harry n'a jamais été très chaud, disons, à mon déménagement sur la réserve, ni à mon amitié avec sa fille. Dire que pour mon père, cet homme était un de ses meilleurs amis. Il faut croire que le sentiment n'était pas réciproque.

Harry se lève et commence à marcher comme un animal sauvage pris en cage. Son visage est pourpre et il continue à hurler des choses, qui à ce moment n'a plus aucun sens. Il s'arrête brusquement, tombe par terre durement, mais mollement en même temps. Sue est figée, le visage très pâle et Billy a les yeux sortis de leurs orbites. Sans attendre, je me lève et rejoints Harry, je prends ses signes vitaux, il n'a plus de pouls et l'air n'entre plus, il expire seulement. Je hurle à Billy d'appeler le 911 pour faire venir une ambulance et commence le RCR. Sue qui est maintenant sortie de son choc me dirige dans mes gestes, elle est infirmière à la clinique de la réserve. Les ambulanciers sont arrivés ainsi que Leah et Seth, Harry est conduit à l'hôpital.

Je ramasse les clefs de Jacob et vais chercher la Rabbit. J'aide Billy à s'installer et nous partons pour l'hôpital de Forks. Je ne suis pas le genre de personne qui fait des excès de vitesse mais là, j'ai le pied au plancher. Une sirène de police retentit derrière moi; je me range sur le côté, priant que se soit Sam, je regarde dans le rétroviseur et ce n'est pas Sam, c'est le chef de police lui-même.

 

-         Savez-vous pourquoi je vous arrête mademoiselle? Me demande-t-il.

 

-         Oui chef, répondis-je.

 

-         Puis-je voir votre permis et les... Je ne le laisse pas terminer et lui remets les enregistrements, mon permis de conduire et la preuve d'assurance.

Il retourne à son véhicule et entre sûrement mes informations dans l'ordinateur, je pianote frénétiquement sur le volant, Billy a les mains fermées en poings tellement serrés que ses jointures sont blanches, mais il ne dit rien, ce qui n'est pas son genre. Le chef revient.

 

-         Avez-vous un lien avec l'ancien shérif, Charlie Swan? Me demande-t-il. Je lève un sourcil.

 

-         C'était mon père, dis-je.

 

-         Oh! C'est tout ce qu'il trouve à dire. Où allez-vous si rapidement? Enfin de retour à la situation présente chef, me dis-je sarcastique dans ma tête.

 

-         Nous allons à l'hôpital. Le meilleur ami de Billy et mon père, insistais-je sur mon père, a fait un arrêt cardiaque dans le milieu de notre salon, nous allons à l'hôpital pour voir comme il va, expliquais-je espérant pouvoir reprendre la route rapidement. Il souffle par le nez.

 

-         Je vais vous laisser passer, mais juste pour cette fois. Si je vous reprends à conduire à cette allure, je n'aurai pas d'autre choix que de vous donner une contravention. Il me redonne les papiers. Je vais vous escorter, à la vitesse où vous rouliez, vous n'aurez aucun mal à me suivre. Il retourne à sa voiture. Je le laisse passer devant et le suis jusqu'à l'hôpital.

Quand nous arrivons à l'hôpital, Sue nous dit qu’Harry est vivant, mais dans un état critique, les médecins ont dit que s’il survit aux vingt-quatre prochaines heures, il sera tiré d'affaire. Billy me dit de rentrer à la maison, il va rester avec Sue et sa famille. Je veux rester pour Leah, mais cette dernière me dit que tout ça est de ma faute avant de me cracher au visage. J'essuie rageusement une larme, la traitresse qui a coulé sans que je ne le veuille. Je vais retourner à la maison, roulant plus lentement cette fois.

En passant près de l'école je voie le McCarthy's gym. Une envie soudaine me prend et je donne un coup de volant brusque pour aller me garer et j'entre dans le gym. Je ne sais pas pourquoi je suis ici, c'est une impulsion qui m'a fait entrer et je vais suivre cette impulsion jusqu'au bout, on ne sait jamais ce qui peut arriver.

Je discute avec la personne à l’accueil et lui demande si je peux m'inscrire pour deux mois seulement. Je ne sais pas si la fille, une rousse, est conne ou si je ne suis pas claire dans ma question mais elle me dit que les inscriptions se font pour six mois où un an. Elle me demande lequel je préfère.

Je soupire et commence à marcher vers la sortie quand la voix d’Emmett me dit que j'ai la possibilité d'utiliser ma carte de membre dans n’importe quel McCarthy’s gym, même si je m’inscris à Forks. J'essaye de cacher mes sentiments à son égard, je ne veux pas qu'il voit que je suis blessée de son comportement. Je retourne au comptoir et il m'explique ce qu'offrent les deux gyms, évidemment il y a plus de services offerts à Seattle. Je m'abonne pour un an, je vais travailler ma musculation pour le reste de l'été et ajouter la boxe quand je serai à Seattle.

Après une séance d'une heure et demie, je retourne à la maison et prends une douche. Mon Dieu que ça fait du bien, j'ai tellement eu chaud pendant ma course et l'entrainement. C'est là que je réalise que je ne me suis pas lavée depuis hier soir après mon travail. Je pouvais bien trouver que je ne sentais pas bon. Je rougis en pensant à Emmett qui a travaillé avec moi, m'expliquant quoi faire et comment bien le faire pour un maximum d'effet.

 

OoOo

Plus qu'un mois avant la rentrée scolaire et tout a finit par rentrer dans l'ordre, pas tout mais en bonne partie du moins. J'ai finalement eu une conversation avec Leah qui m'a dit que Kim lui a dit que je l'avais menacée et Leah a réagit au quart de tour, sans prendre la peine d'écouter ce que j'avais à dire pour ma défense. Quand je lui ai expliqué que j'ai vu Kim avec Emmett et qu'elle lui faisait du rentre dedans, mon amie m'a dit que j'avais le droit de la menacer, ce que je n'ai absolument pas fait.

Je n'ai toujours pas reparlé à Kim. Harry est passé au travers de ses vingt-quatre heures critiques, les médecins ont dit que c'est grâce au fait que le RCR a été donné rapidement. Je ne l'ai pas revu mais Sue m'a dit de tout oublier.

Je discute avec Emily une fois par semaine, et j'aime ça. J'ai finalement dit à Emmett la raison de mon comportement si étrange envers lui, il m'a avoué qu'il trouvait, au début, du plaisir avec Kim, mais qu'il ne sait pas comment faire pour lui faire comprendre qu’il n’y a rien de sérieux entre eux. Il m’a invité à sortir avec lui quelques fois, ce que j’ai refusé, malgré mon béguin pour lui, je ne ferai pas ça à Kim, moi.

Comme mon anniversaire approche, je dois me rendre à Port Angeles pour rencontrer Maria, l'avocate conseillère que Billy et moi avons engagée. Elle veut discuter de certaines choses qui sont, selon elle, importante. Je n'ai pas discuté de ma situation réelle avec Emmett. Il sait que Billy n'est pas mon vrai père - comme si ce n'était pas évident - que mon père est décédé il y a près de trois ans, mais il n'en sait pas plus, malgré toutes les questions qu’il me pose. Ce n'est pas le genre de chose qu'on dit à n'importe qui, surtout pas quand on parle d'héritage. Il sait que j'ai quelques petits placements que mon père avait faits avant son décès. Il y a seulement Billy, Jake, moi, Maria et malheureusement Carlisle Cullen qui sait ce qui en est exactement en ma possession.

Maria m'explique que j'ai la possibilité de toucher le montant total d'un coup ou de le prendre par versement mensuel, trimestriel ou deux fois l'an. Je peux aussi en prendre une partie et placer le reste dans différents comptes ou dans le même compte et ne prendre que les intérêts qui seront versés mensuellement.

Elle nous parle aussi de la maison, n'ayant plus besoin de tuteur, je peux en faire ce que je veux, ça je le savais déjà. Elle me donne toutes les options qui s’offrent à moi à ce sujet qui sont de la prendre et y vivre, de la vendre ou de la laisser en location.

Ensuite elle en vient aux investissements possibles que je peux faire, si cela m'intéresse, elle va me donner des noms de personnes qui travaillent en investissement. Elle souligne aussi l'importance de me faire un testament légal. Je suis surprise par sa remarque, Maria explique que tant que j'étais sous la garde de Billy, si quelques choses m'arrivaient, tout lui revenait, grâce au papier légal que nous avons fait après avoir appris qu'à mon décès, Cullen aurait hérité de tout. Aussitôt que j'aurai atteint ma majorité, s’il m'arrive quelque chose, ce que je ne souhaite pas, tous mes avoirs iront à la tutelle publique, façon détournée de dire aux gouvernements. Je lui demande si elle peut s'occuper de ça et elle refuse, disant qu'un notaire serait beaucoup mieux placé pour me conseiller et qu'elle n'a pas vraiment les compétences pour faire ce genre de choses. Ce n'est pas le même discours que m'a servi Carlisle il y a près de trois ans.

Maria me donne les coordonnées de quelques notaires et gestionnaires financiers. Elle prépare le document qui rend officiellement Billy comme la personne qui s'occupe de la maison, c'est lui qui devra gérer pour recevoir le paiement de la location, ce qui n'est pas un problème. Choisir les locataires, advenant le cas que les locataires en place présentement, décident de quitter. Il devra aussi s'occuper de trouver les gens pour s'acquitter des travaux que les locataires ne paient pas. Je vais même lui verser un salaire, malgré ses protestations.

Nous retournons à la réserve et j'ai la tête pleine de questions sans réponses. En tant qu'adolescente qui ne pense pas vraiment à l'avenir, je veux mon argent tout d'un coup pour en profiter et en faire profiter mes amis le plus possible. Mais en jeune femme sérieuse qui ne sait pas de quoi l'avenir peut être fait, je sais qu'il serait préférable de ne pas faire ce genre de chose. J'ai un mois pour essayer de tout régler, pour que tout soit en place avant qu'il soit trop tard et que je doive prendre les décisions avec empressement par manque de temps.

Billy me dit que même si je  « touche » mon héritage, il continuera à payer tous les frais pour mes cours, je ne suis pas d'accord mais il me convint en me disant que c'est ce que mon père aurait fait si c'est lui qui était mort et que papa aurait dû prendre soin de Jacob. Je sais qu'il a probablement raison.

Suite à la rencontre avec Maria, je passe beaucoup de temps à rencontrer des personnes dans différents domaines, j'ai demandé à Maria de m’accompagner car j'ai peur de ne pas tout comprendre, et comme Billy est mon tuteur, il doit être présent aussi. Nous avons trouvé un gestionnaire qui m'a offert plusieurs options très satisfaisantes selon Maria. Nous avons aussi trouvé une notaire qui m'a expliqué en détail les choix qui s'offrent à moi en termes de testament, nous avons aussi trouvé une banque qui a la possibilité de traiter avec des grosses sommes d'argent, ce qui n'est pas possible dans des petites villes comme Forks.

Tout est en place pour le jour fatidique de mon anniversaire, le jour où je serai majeure. Il a été décidé qu'une somme me sera donnée à mon anniversaire, plusieurs dizaines de milliers de dollars. Le reste sera divisé dans les placements que mon père avait fait et qui rapporte encore, j'aurais aussi différents comptes fermés. Je ne pourrai pas toucher à ces comptes avant que le terme tombe à échéance. Si je le fais, j'aurai une pénalité qui retirera de l'argent du compte. L'intérêt sera déposé mensuellement sur mon compte courant. Ces comptes arriveront à terme à différentes dates ayant la possibilité de remettre le capital dans le compte et prolonger le terme. Pour l'instant,  Billy et Jake  vont hériter de tout si un malheur m'arrive, j'ai la possibilité de faire les changements que je souhaite au fur et à mesure que j'avance dans la vie.

 

OoOo

Les grandes vacances sont maintenant terminées et c'est avec une carte de crédit avec quelques dizaines de milliers en poche que je suis de retour à Seattle. Emmett est toujours à Forks, il revient dans une semaine, son frère et lui ont finalement trouvé les personnes qui seront en charge du gym, Emmett y est resté pour bien les former. Il devra se rendre à Forks une fois toutes les deux semaines environ, afin de garder un œil sur le gym, je vais peut-être en profiter pour me rendre voir Emily et Billy de temps en temps. Tout va bien avec Emmett, nous ne sommes toujours pas un couple, mais je crois que ça ne devrait pas tarder. Il ne faut pas se le cacher, rien n’est privé sur la réserve et je n'ai pas envie que ma vie soit sur la sellette une fois de plus.

J'ai finalement reparlé à Kim quelques jours avant mon départ, elle m'a dit que tant que je n'étais pas en couple avec Emmett, elle avait le droit de « s'essayer » avec lui. Toujours selon elle, elle l'a eu le premier soir. Je dois admettre qu’elle a raison sur ce point, ce qu’ils ont fait ensemble est privé et ne regarde qu'eux. Emmett m’a proposé d'en parler, mais j’ai refusé.

Ça fait deux semaines que je suis revenue à Seattle et Emmett n'est toujours pas de retour, il m'a dit qu'il a eu un contretemps, dès qu'il arrive il va me prévenir. Je me dirige avec Jacob vers le gym, nous nous sommes tous les deux inscrits à des cours de boxe. Les enseignants se présentent, car oui, les gars et les filles seront dans deux groupes séparés, il ne faut surtout pas mélanger les genres. Mon instructeur se nomme Laurent, un homme d'origine africaine qui a vécu en France pendant des années et qui a su me mettre à l'aise immédiatement. Il nous explique la routine d'entrainement et je réalise que je n'aurai pas besoin de faire autant de musculation qu'avant, je vais en faire avec la boxe. J'attends Jake à la sortie, je ne sais pas ce qui lui prend autant de temps, il est toujours le dernier à sortir de la douche, à vrai dire, il est plus longtemps que moi dans la salle de bain. Il me fait presque penser à une fille qui se prépare pour une grande soirée.

 

-         Bella que fais-tu ici? Me demande Emmett qui apparaît devant moi.

 

-         J'attends Jake, nous venons de terminer nos cours de boxe. Tu es arrivé quand? Lui demandais-je.

 

-         Je suis arrivé il y a quelques heures. Me répond-il, je me sens un peu offusqué qu'il ne m'est rien dit, mais je ne lui fais pas voir. Comment as-tu trouvé ton cours?

 

-         Très intéressant, j'ai hâte d'être au prochain cours. Jacob arrive finalement.

 

-         Je t'envoie un texto dès que j'arrive chez moi. Me dit Emmett avant d'embrasser ma joue rapidement. Jake et moi prenons le chemin de la maison.

 

-         Tu es bien en couple avec Emmett? Me demande Jacob.

 

-         Non, pas encore. Pourquoi ? Lui demandais-je curieuse.

 

-         C'est juste que si j'avais une copine aussi belle que toi, je lui aurais bouffé les amygdales. Me dit-il sérieux.

 

-         En y pensant bien, nous étions sur son lieu de travail et peut-être qu’il ne veut pas de moi comme copine. Avançais-je comme explication. Jake hausse les épaules, septique.

Emmett m'envoie un texto deux heures après qu'on se soit rencontrés par hasard devant les portes du gym. Il m'invite chez lui, je dois refuser j'ai des cours demain et je dois faire quelques recherches. Quelques minutes après, Emmett déboule dans mon appartement et me soulève littéralement  de ma chaise et m'embrasse passionnément. Prise par la chaleur du moment, j'ai totalement oublié ce que je faisais et qui est dans la pièce.

C'est le raclement de gorge de Jacob qui me ramène à la réalité, il me dit qu'il va terminer les recherches dans sa chambre, me laissant seule avec Emmett qui recommence à m'embrasser. Le baiser s'échauffe rapidement et il nous amène dans ma chambre, laissant un sentier de vêtements derrière nous.

Ce sont les coups incessants sur ma porte de chambre qui me réveille, Jacob hurlant de me dépêcher sinon nous allons être en retard. En retard de quoi me demandais-je? Je me lève péniblement, entrainant la couverture avec moi. J'ouvre la porte quand je termine de me couvrir. Je lui dis d'aller courir sans moi et lorsque je m'apprête à refermer la porte il lâche la bombe.

 

-         Oublie la course, j'y suis déjà allé. Il te reste vingt minutes pour te préparer et nous rendre à l'académie, nous allons être en retard.

Je jette un œil sur ma petite pendule et mes yeux s'écarquillent, je me rends compte que je vais être vraiment en retard si je ne me dépêche pas. J'enlève le drap, Jake me dit que maintenant il sera aveugle pour le reste de sa vie et couvre ses yeux d'une main s'éloignant de la porte que je n'ai pas refermée. Je prends les premiers vêtements que je trouve et m'habille le plus vite possible. Je vais à la toilette, brossent mes dents, bois un verre de jus d'orange, pas le temps de prendre un petit déjeuner. J'embrasse et souhaite une bonne journée à Emmett qui est maintenant éveillé, lui dit de fermer à clef quand il partira et je pars pour mes cours en me faisant la promesse de ne plus jamais faire ce genre de chose pendant la semaine. Je dis à mon « frère » qu'il aurait pu me réveiller avant, ce qu'il a supposément essayé de faire avant d'aller courir ainsi qu'à son retour, mais il n'a pas eu de réponse.

Nous arrivons avec quelques minutes d'avance à notre premier cours, je soupire de soulagement d'être à temps et je m'assieds à ma place, passant une main dans mes cheveux, je réalise que je n'aie pas pris le temps de les démêler. Je fouille dans les poches de mon paletot et trouve ce que  j'ai besoin pour m'attacher les cheveux, je me fais un chignon à la hâte malgré le nid d'oiseau que j'ai sur la tête.

 

 Les habits des riches et des pauvres,

Sèchent également au soleil !

(Inconnu)

Chapitre quatre

Bella

 

Heureuse est le bon qualificatif pour me décrire en ce moment. Je suis avec Emmett depuis un peu plus de deux mois maintenant et ça va très bien, on s'entend bien, sur tous les points vus, surtout au lit. Ça va bien dans mes cours, je n'ai pas trop de difficulté à suivre et selon les tests en blanc que les enseignants nous ont fait  passer, je réussis très bien. Jake réussit bien lui aussi et Billy n'a pas de gros problèmes. Les investissements que j'ai faits rapportent, pour l'instant, plus que prévu donc plus d'argent qui entre dans mon compte que prévue et plus que je peux en dépenser en une journée shopping. Je suis en parfaite santé, que demander de plus? Il y a une chose qui me rendrait encore plus heureuse, mais je ne peux pas me l'acheter et ce même si je mets tout mon héritage, la présence de mes parents. 

En fin de semaine je me rends à la réserve, à l'occasion du mariage de Emily et Sam, enfin il était temps, je crois qu'ils ont été fiancés pendant deux ans. C'est un long dimanche de fiançailles. Il m'arrive de m'arrêter et de penser à mon avenir, à ce que je veux. Si je mets de côté les projets en ce qui concerne ma carrière, je sais que je veux des enfants, beaucoup d'enfants si c'est possible. Est-ce que je souhaite épouser quelqu'un? Oui, peut-être quand j'aurai trouvé la bonne personne et que si il veut se marier, je ne le désire pas au point d'obliger quelqu'un à m'épouser. Je traverserai le pont quand je serai rendu à la rivière, c'est ce que disait mon père quand il parlait de l'avenir. Enfin bref, comme je ne me suis pas encore acheté de voiture, car selon Jake, Billy et Emmett,  j'en n'ai pas besoin, et que la Rabbit est en panne, je vais donc faire la route avec Emmett. Comme si ça me dérangeait de passer trois heures en sa compagnie dans une voiture, je vais pouvoir lui faire une petite gâterie pendant qu'il conduit, je sais qu’il adore ça. Jacob pour sa part fera le trajet avec le remorqueur, il ne veut pas qu'un quelconque mécanicien touche à sa précieuse auto. Dès fois je crois qu'il est totalement en amour avec sa voiture, je plains la pauvre fille qui devra se battre contre la VW pour avoir la première place dans le cœur de mon dérangé de frère. Emmett m'a dit que le jour où Jake va rencontrer la bonne fille ça lui passera, je vais le croire sur parole sur ce point, il est un gars après tout. Enfin bref, Emmett va donc m'accompagner au mariage, j'ai tellement hâte de le présenter officiellement à Emily. Quoique, elle doit bien se douter à quoi il ressemble, je lui en ai tellement parlé.

Pour le cadeau de mariage je ne savais pas quoi leur offrir, normalement les cadeaux offerts sont pour aider le nouveau couple à « s'installer dans leur nouvelle vie » et les cadeaux offerts sont pour la future maison, eux ont déjà tout ce dont ils besoin et même plus, ce qui complique un peu les choses. En discutant avec Billy pour des idées, ce dernier m'a proposé de me joindre à lui et Jacob, ce que j'ai acceptée d'emblée et ce, sans même savoir ce qu'ils allaient leur offrir. Nous leur offrons trois billets d'avion pour n'importe quelle destination aux États-Unis, ils ont un an pour les utiliser. Pourquoi trois me demanderez-vous? Emily est due pour accoucher un peu avant Noël c'est aussi simple que ça. En plus, elle a de la famille qui habite dans un autre État, donc ils pourront leur rendre visite quand le bébé sera né sans passer des jours en voiture.

Le temps que nous serons sur la réserve, Emmett viendra s'installer à la maison rouge, il m'a fallu un peu de persuasion pour convaincre Billy par contre. Il a accepté à la condition qu’Emmett dorme seul dans la chambre de Jake, ce dernier dormira sur un matelas de camping, très peu confortable, dans le salon. Je suis certaine que nous pouvons passer trois nuits dans la même maison, à partager un lit sans qu'Emmett et moi se saute dessus comme des babouins en chaleur. Billy n’a instauré qu’une seule règle, pas de relation sexuelle, dans sa maison, sans être marié, chose que je peux très bien respecter en partageant un lit avec mon copain. À bien y penser, je ne me rappelle pas d'une seule fois où nous avons partagé un lit et être totalement inactifs, il faut ajouter à ça, qu'on n'a pas de « parents » qui nous demandent d'être abstinent. Au final, c'est mieux de ne pas être dans le même lit.

Emily étant d'une autre tribu, le mariage ne peut pas en être un traditionnel, c'est donc un mariage civil, le juge de paix qui officiera a accepté de se déplacer et de venir sur la réserve. Je suis arrivée un peu plus tôt à la salle du conseil tribal, où se déroulera le mariage, pour aider avec les préparatifs de dernière minute. Chaque chaise est recouverte d'un tissu blanc qui est retenu par une boucle à l'arrière du dossier. Les chaises sont disposées de façon de former l'allée par où Emily fera sont entré. À l'endroit où Sam attendra sa douce, il y a une arche en bois, Il y a des loups sculptés sur la tête de l’arche, animaux très présent dans la culture et les légendes Quileute. Moi je dépose des fleurs en pots le long de l'allée, pour agrémenter le tout. Nous ne décorons pour le mariage car la soirée aura lieu dans cette salle et que, pendant le repas, qui se tiendra au petit restaurant sur la réserve, certaines personnes vont refaire la disposition de la salle pour la soirée. Quand tout est terminé, je vais à la maison pour me préparer.

Même si c'est un mariage civil, j'ai appris que les tenus des futurs mariés sont officiels, dans le sens où Emily portera une robe de mariée et Sam un habit. Je me suis donc trouvée une robe plus « chic » pour l'occasion qui n'en reste pas moins simple. Ma robe est à manches courtes, m'arrive un peu au-dessus du genou, la vendeuse me dit que cette longueur ne fait ni trop « fille »  ni trop « femme », juste bien pour mon âge. Avec la robe, j'ai pris une veste longe avec des manches longues, un ton plus haut que la robe qui est chocolat. En ce qui concerne ma coiffure, je me fais un chignon simple et laisse tomber quelques mèches que je boudine lâchement. Mon maquillage consiste à un peu de mascara, perméable à l'eau et un peu de glosse, juste pour mettre mes lèvres en valeur. Mes souliers ont un petit talon, Emmett qui m'accompagne fait 6 pieds ( +/-1,83 mètre) et moi 5 pieds 9 pouces (+/- 1,75 mètre), je ne pouvais donc pas prendre des talons trop hauts, j'aurais été plus grande que lui et Dieu sait qu'il n'aurait pas apprécié, il est tellement à cheval sur ce genre de chose. Par-dessus le tout, pour les déplacements car il fait froid ici en octobre, je mets mon fameux paletot en cuir brun. Je me fous de ce que les gens penseront de ça, je l'aime moi mon paletot et je suis super bien dedans.

Quinze minutes avant le début de la cérémonie ma famille arrive à la salle et nous prenons nos places. Jacob et Billy vont se placer du côté du marié, Emmett et moi prenons place avec la famille et amis de Emily. Ce n'est pas que je n'apprécie pas Sam, c'est juste que je suis plus près de Emily que lui et avec tous les policiers qui sont présents, le côté de Emily paraît vide et je trouve ça un peu triste. Plusieurs coéquipiers de Sam me saluent avec un signe de tête, pour la plupart, ils sont des policiers qui ont travaillé avec mon père ou sous ces ordres, donc ils me connaissent aussi. Emmett jette des coups d'œil en direction de ces hommes et les fixe durement, malgré que la majorité soit accompagnée ou plus vieux que nous. J'ai presque, je dis bien presque, envie de rire de Emmett, comme si son regard le plus menaçant pouvait les déranger. Même moi je suis plus intimidante que lui quand je le souhaite ce qui n'est pas peu dire mais d'un autre côté, ce n'est pas sa faute, il est tellement bon enfant. Je m'assieds sur la première chaise au bord de l'allée, je veux bien voir Emily faire son entrée.

Une petite musique douce se fait entendre et Sam va prendre place devant nous, il porte un habit classique noir avec une chemise blanche. Ce qui me fait sourire est sa cravate qui est une sorte de rose, je continue de fixer la cravate pour essayer de déterminer la sorte de rose. La marche nuptiale retentis, je me lève comme les autres invités et me tourne pour regarder la future mariée faire son entrée. Emily est superbe, ses longs cheveux sont bouclés, remontés et retenus par une parure de tête fait de fleurs séchés, surtout des roses et deux longs rubans descendent dans le milieu de son dos. Son maquillage est léger et naturel, ce qui fait ressortir sa grande beauté. La robe, selon moi, est magnifique. La robe en soie, de couleur rose rhume, longue, avec dentelle sur le bas de la jupe. Le haut est couvert de dentelle, le col est en « V », pas trop prononcé et les manches à mi-biceps. Le dos est tout aussi surprenant, le haut a aussi un « V » mais beaucoup plus prononcé qu'à l'avant. La section de la jupe à une boucle à la taille, mais cette boucle est formée de deux larges rubans. Chaque ruban descend jusqu'au trois quarts de la jupe et chaque ruban est composé de quatre sections qui forment quatre étages. Sur chaque section il y a un motif de dentelle et une rose en tissu. La jupe est plus longue à l'arrière qu'à l'avant et c'est ce qui forme une petite traine. La robe a été modifiée pour s'ajuster à son ventre bien rebondi mais il n'en reste pas moins qu’Emily est superbe. Son bouquet est fait majoritairement de roses séchées et de feuillages séchés. Maintenant je comprends la raison de la couleur de la cravate de Sam, c'est la même couleur que la robe d’Emily.

Je n'avais jamais assisté à un mariage, donc je ne savais pas vraiment à quoi m'attendre. J'ai vu comme tout le monde des cérémonies à la télévision et dans les films, j'en ai entendue parler aussi. Je pensais que le tout serait terriblement romantique, je fus déçu. Pas que ce n'est pas émouvant, c'est juste que je pensais que tout le monde et même moi allait pleurer, de ce que j'ai vu, beaucoup avaient un sourire aux lèvres, heureux pour le couple. Le couple fait son chemin vers la sortie suivit par les familles et amis. Emmett et moi rejoignons Jacob et Billy qui, comme moi, ont préféré attendre que la cohue soit passée avant de sortir de la salle. C’est plus facile pour Billy de circuler quand il y a moins de monde, dû à son fauteuil. Le trajet jusqu’au restaurant se fait dans la bonne humeur, grâce à Jacob, qui nous fait une version « Jacobienne » de la cérémonie, ce qui signifie que Jacob imite, d'une façon affreuse, les mariés et le juge de paix. Le restaurant, qui a été réservé pour l'occasion, est décoré et les tables sont disposées en groupe pour l'occasion. Billy nous conduit à notre table et je découvre que nous sommes placés avec les « flics » de Forks et leurs compagnes. Emmett émet une sorte de grondement, je cache mon sourire derrière une main et étouffe mon rire du mieux que je peux sous une fausse toux. 

 

-         Bellissima. Me lance le plus ancien policier qui prend place à la table.

 

-         Monsieur Volturi. Le saluais-je joyeusement. Comment allez-vous? Lui demandais-je poliment mais toujours aussi souriante et heureuse de le voir.

 

-         Combien de fois je t'ai dit de me tutoyer et de m'appeler Aro? Demande-t-il sur un faux ton de reproche.

 

-         Souvent. Dis-je en riant un peu. Depuis que j'ai cessé de dire « oncle ». Ajoutais-je augmentant son sourire.

 

-         Alors, comment vont tes études à l'académie? Me demande-t-il.

 

-         Comment sais-tu... Commençais-je oubliant de le vouvoyer.

 

-         Sam et Billy. Me coupe Aro, je lève un sourcil. Santa Maria que tu ressembles à Charlie quand tu fais ça,  je lui fais un petit sourire en coin. Alors l'académie? Demande-t-il encore impatient.

 

-         Ça va bien. Répondis-je simplement.

 

-         Ça va plus que bien, elle était la meilleure l'an dernier. Me vante Emmett me mettant mal à l’aise.

 

-         Jacob juste derrière moi. Ajoutais-je, Aro éclate de rire.

 

-         Jacob est toujours derrière toi Bellissima, comme toujours. Toute la table, sauf Emmett, éclate de rire et moi je rougis.

Je présente Emmett à tous les gens qui partagent notre table et différentes conversations se passent entre les gens. Aro questionne Emmett, un peu de la façon que Billy l'a fait quand je lui ai annoncé que nous étions ensemble. Aro était présent lorsque mon père a commencé son travail comme policier à Forks. Aro n'a jamais voulu être le shérif, il a toujours dit que la paperasse n'était pas pour lui. Ce qui est amusant, surtout quand on sait qu’il est inspecteur en chef, donc il doit remplir des tonnes de paperasses. Aujourd'hui je me demande si ce n'était pas pour permettre à mon père de passer plus de temps avec moi, quoique, Aro ne soit toujours pas shérif. Je prends des nouvelles de sa femme, Sulpicia qui est absente aujourd'hui, ainsi que de ses deux fils, Marcus et Caïus, qui désirent faire carrière au FBI, à eux quatre, ils forment une vraie famille Italienne.

Aro est né en Italie et ses parents ont immigré aux États-Unis quand ce dernier n'avait que quelques mois. Lors d'un de ces voyages annuels en Italie il a rencontré l'amour de sa vie, il l'a fait venir ici et ils ont fondé une famille. J'ai toujours apprécié cette famille, ils partagent beaucoup de valeurs que mon père avait et que j'ai acquises par la même occasion. La famille Volturi est une famille fortunée, ce qui n'a jamais empêché Aro de travailler de longues heures. Si on oublie les gens de La Push, Aro et sa femme ont été de très bons amis de papa, pour ma part, je les nommais oncle et tante, j'ai arrêté quand j'ai eu une dizaine d'années et que j’ai compris qu’il n’était pas mon oncle et ma tante. Emmett à l'air de se détendre quand il se rend compte que la majorité des hommes me connaissent depuis très longtemps. Certains, comme Aro, ont même changé mes couches quand mon père travaillait et qu'il n'avait personne pour me garder et m’apportait au poste avec lui. Le reste du repas se déroule dans le rire, car Aro s’amuse à raconter des histoires me mettant en vedette et Billy en rajoute en contant les mauvais coups que Jake et moi avons faits.

La soirée se passe très bien, jusqu'au moment où la porte frappe le mur avec force, un silence emplit la salle, seule la musique continue de jouer. Tout le monde a les yeux rivés sur la porte, attendant de voir qui est cette fameuse personne qui fait une telle entrée. Rachel Black, en état d’ébriétés avancé, fait une entrée pour le moins fracassante et ce n'est pas peu dire. Je remarque Billy secouer de la tête en regardant ses genoux, mal à l'aise, ce que j'ai rarement vu. Jacob va rejoindre sa sœur et essaie de la calmer en lui parlant, ensuite il la prend par le bras pour la sortir de la salle et cette dernière se met à hurler. Jacob la lâche et Rachel tombe par terre car elle tirait sur son bras et Jake en la lâchant elle a trébuché, elle se relève difficilement, regarde les gens dans la salle et avance vers Emmett et moi en titubant.

 

-         Si ce n'est pas mon sexy Emmett. Ici, à La Push. Avec la salope qui se tape tout ce qui bouge. J'écarquille les yeux. Tu m'as laissé pour ça? Hein? J'espère qu'elle en vaut le coup. Te suce-t-elle aussi bien que moi? De... Que... Quoi? Fait-elle toutes les choses cochonnes que tu aimes tant? C'est quoi ça? J'ai de l'argent maintenant, tu peux la laisser tomber et revenir dans mon lit. Elle se frotte à lui comme une chienne en chaleur.

Paul, qui n'a aucun lien avec Rachel, l'attrape par la taille et la mets sur son épaule comme une vulgaire poche de patate. Cette dernière hurle, se débat et frappe le dos de Paul qui ne la lâche pas. Billy s'excuse auprès des jeunes mariés et quitte la salle, Jacob sur ses talons. Je prends mon paletot et quitte moi aussi, je ne veux et ne peux pas rester ici et je veux savoir ce qui se passe. Aro  s'avance vers moi et me serre dans ses bras, me disant dans le creux de l'oreille qu'il est là pour moi si j'ai besoin de n'importe quoi. Je l'embrasse sur la joue et lui m'embrasse sur le front avant de replacer mon paletot et me laisser aller rejoindre ma famille. J'ai besoin de comprendre et ce n'est pas en étant dans cette salle que je vais comprendre la situation. En arrivant à la maison, on entend Rachel hurler depuis l'extérieur, je ferme les yeux et prends une grande inspiration, ce qui ne change rien, mais c'est ce que tout le monde fait avant d'affronter une situation stressante. J'entre dans la maison, Emmett sur mes talons, quand Rachel pose ces yeux sur moi, j'y voie de la fureur pure, je sais qu'elle va me dire quelque chose mais je ne sais pas quoi. Je me prépare mentalement à n'importe quoi, encore une fois, comment peut-on se préparer à entendre quelqu'un nous dire des bêtises?

 

-         QUE FAIS-TU ICI TOI? Hurle-t-elle en me pointant du doigt.

 

-         Je vis ici. Répondis-je le plus calmement possible.

 

-         Tu vis ici. Répète-t-elle. Tu crois que tu as ta place ici? Tu crois que tu fais partie de cette famille?  Oui, pensais-je. Juste parce que ton père t'a laissé ici?  C'est un coup bas qui fait mal. Je sais que tu profites de mon père, je sais que c'est lui qui paie tout pour toi. Comment sait-elle, c'est supposé être un secret. Toi, pointe-t-elle Emmett, tu n’as jamais voulu m’accompagner ici et là, pour elle, tu le fais, crache-t-elle à Emmett

 

-         Je suis avec Bella, il est normal que je l’accompagne, dit-ildurement.

 

-         Tu es avec elle par profit, affirme-t-elle. Je ne suis pas assez fortuné pour toi? C'est quoi ces questions.

 

-         Je ne comprends pas, réponds Emmett.

 

-         Quoique ça ne me surprenne pas. Vous faites un beau couple, deux profiteurs. Elle secoue la tête. Tu profites des femmes et elle de ma famille. Savais-tu que ta petite chérie a une maison à elle?  Savais-tu qu'elle est assez riche pour acheter la réserve et Forks au grand complet ? Je regarde Emmett qui est plus que surpris. Elle ne t'a pas dit? Mais c'est qu'elle est cachotière la gamine. Fuck elle ne dira pas ça. Elle a hérité de quelques millions et elle ne le dit pas à son homme. La vache elle l'a dit. Mon père qui n'a pas assez d'argent pour manger trois fois par jour paie tout à la gentille petite fille blanche. Savais-tu qu'elle... Billy n'en peut plus et la coupe.

 

-         RACHEL. Hurle Billy. Tu vas arrêter ça immédiatement. Tu ne connais pas toute l'histoire et c'est peut-être mieux qu'on parle de tout ça demain. Quand tu seras dans un meilleur état. Annonce Billy.

 

-         Je vais coucher où? Demande-t-elle. La p'tite putain blanche à ma chambre, en plus de mon homme. Crache-t-elle.

 

-         Je vais partir. Dis-je me rendant rapidement dans la chambre qui m'a hébergée pendant les dernières années et ramasse ma valise.

 

-         Emmett tu restes avec moi cette nuit? Roucoule Rachel. Comme dans le bon vieux temps, pas si vieux que ça, seulement quelques semaines. Propose-t-elle provocante.

Emmett va chercher sa valise et me rejoints à l'extérieur, je peux dire qu'il n'est pas d'humeur. Nous montons dans sa voiture et roulons vers Forks en silence. Je me demande si Billy et Jacob savaient pour Rachel et Emmett. Je me demande si l'un d'eux me l'aurait dit finalement? Je ne peux croire que ma famille m'est caché quelque chose comme ça, c'est trop important pour ne me pas le dire, du moins selon moi. Une phrase que Rachel a dite me reste en tête, « pas si vieux que ça, seulement quelques semaines». Nous trouvons une chambre dans le seul hôtel de la ville, je paie pour la chambre, ne sachant pas si Emmett la partagera avec moi. Je peux dire que d'après son langage physique, il n'est pas d'humeur à faire des blagues. Finalement il me suit, je vais prendre une douche et me mets en pyjama. Emmett m'attend assis sur le lit, le dos collé sur la tête de lit, les bras croisés sur sa poitrine.

 

-         As-tu quelque chose à me dire? Me demande-t-il.

 

-         Et toi? Demandais-je en retour espérant reculer cette maudite conversation.

 

-         Non, je ne cache rien MOI. Insiste-t-il sur le moi.

 

-         Je ne cache rien non plus. Crachais-je.

 

-         Tes millions, ce n'est rien peut-être. Je ferme les yeux.

 

-         Toi avec Rachel ce n'est rien? Il y a quelques semaines en plus. Crachais-je.

 

-         J'ai baisé avec elle sur une base plus ou moins régulière. Elle était ce qu'on appelle une « fuck-friend », tu sais ce que c'est? Je hoche de la tête. J'ai mis fin à ça quand je me suis rendu compte qu'elle avait des sentiments pour moi. Je ne suis pas prêt pour ce genre de relation. Et à ce que je sache, nous n’avons jamais dit que nous avions une relation exclusive, ce dernier commentaire est comme une douche froide. Contente maintenant. À toi, explique. En passant, Kim m'en avait parlé de ton « supposé » énorme héritage, je ne l'ai pas cru, je pensais qu'elle disait ça pour se rendre intéressante. Mais là, avec Rachel qui en parle... Explique Emmett.

 

-         Écoute et écoute bien car je vais le dire qu'une seule fois. Et là je raconte en partie l'histoire à Emmett, sans jamais lui donner l'info qu'il souhaite tant, c'est-à-dire le montant de mon héritage. Je confirme pour la maison et je lui dis que les gens ont exagéré pour le montant d’argent en ajoutant que c’est un héritage, crachais-je le dernier mot.

Je sais qu'il n'est pas complètement satisfait de ma réponse, mais il ne pose plus de questions sur mon compte bancaire. Je ne lui pose pas d'autres questions sur Rachel car il a été très clair dans son explication, pour lui c'était strictement sexuel et que nous ne sommes pas exclusif. Elle aussi, au début du moins, ce n’était que physique, mais elle a développé des sentiments pour lui et il l'a laissée tomber comme une vieille chaussette sale et puante. Il s'est servi d'elle pour son plaisir personnel finalement.

Pour la première fois depuis que je suis avec Emmett et que je suis dans le même lit que lui sans qu'on ne se touche. Lui voulait qu'on ait la baise de « réconciliation », c'est moi qui n'ai pas voulu, je me suis aperçu de la façon dont lui me voie et je n'ai pas apprécié. Car si je suis totalement honnête avec moi-même, je commence à avoir des sentiments pour l'homme endormi à mes côtés et maintenant je sais que si je lui dis, je sais ce qui va m'arriver. Suis-je prête à perdre ce que j'ai avec lui? Non. Suis-je capable de garder mes sentiments pour moi? Oui. Suis-je capable d’accepter qu’il aille voir ailleurs ? Peut-être. Donc je vais continuer d'agir comme avant, sans rien laisser paraître. Peut-être avec le temps il changera d'idée sur les relations amoureuses, peut-être qu'un jour il saura que ça peut être agréable d'aimer, peut-être que je serai la personne qui sera avec lui quand ça lui arrivera, mais j'en doute.

 

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Inconnu

 

La première fois que j'ai vu cette beauté brune je suis totalement et éperdument tombé amoureux d'elle, mais elle, elle ne m'a même pas jeté un coup d'œil. Il faut dire que c'était lors des funérailles de son père, donc je peux lui pardonner de m'avoir ignoré pour ce gars qui la suivait comme un petit chien de poche. Quand j'ai appris qu'elle désirait s'inscrire à l'académie de police de Seattle, j'y ai vu ma chance de me rapprocher d'elle et de me faire remarquer par elle. Étant un an plus vieux qu'elle, il me serait facile de l'approcher lors de sa première journée et lui offrir mon aide pour trouver les locaux où se déroulent les cours en l'accompagnant. Par la suite je pourrais la présenter à mes amis, j’étais certain qu'elle serait ravie de rencontrer des gens comme elle, des gens blancs. De fil en aiguille nous serons amis et ensuite je ferai tout pour la faire tomber amoureuse de moi.

Ce plan parfait est rapidement tombé à l'eau. Je l'attendais devant l'entrée principale, celle que toutes les premières années utilisent à leurs premières journées. Quand je l'ai aperçu, elle marchait vers moi, je me suis replacé les cheveux que je coiffe de façon à ce que je ne paraisse pas coiffer. J'ai lissé mes vêtements, j'ai même fait mon fameux sourire sexy, celui qu'aucune fille ne sait y résister. Et là, mon plan a basculé. Elle n'est pas seule, elle est encore avec cet Indien. Il a un bras posé lâchement sur ses épaules et il rit de quelque chose qu'elle a dit. En passant près de moi, j'ai entendu l’un des plus beaux sons de l'univers, le rire de ma beauté brune. Ce qui m'a un peu frustré est que ce rire ne m'était pas dédié, il était pour un autre. Je suis entré dans le bâtiment derrière eux, les suivants juste au cas où elle aurait besoin de demander les directions. Encore une fois, elle n'a pas eu besoin de moi. J'ai passé la journée à la suivre sans qu'elle ne me remarque une fois de plus.

Je l'ai suivi partout où elle allait, je la regardais évoluer dans les bâtiments sans problème, toujours accompagné de cet imbécile qui se dit son frère. Elle s'est fait des amis dans toutes les années confondus, comme il y a plus de garçons que de filles, évidemment elle est donc souvent entourée de mâles en ruts. Je sais qu'elle a eu des « activités » avec certains d'entre eux, mais encore une fois, elle ne m'a toujours pas remarqué.

Pendant les grandes vacances elle est retourné avec Jacob dans la minable réserve où elle est obligée de vivre. Je ne comprends pas pourquoi elle habite avec lui? Une déesse comme elle mérite un grand manoir, avec des dizaines de chambres, piscine intérieure et extérieure avec des gens qui font tout pour qu'elle n'ait qu'à profiter de la vie, le genre de chose que je peux lui offrir. Mais là encore, elle préfère une minuscule maison avec une seule salle de bain, quelques chambres et aucun confort ni luxe. Je me suis arrangé pour recommencer ma deuxième année, espérant que cette fois-ci elle me remarque.

Enfin l'année commence et je suis dans tous ses cours, j'ai même la chance d'être assis à côté d'elle. Son parfum m'envoute, j'utilise toutes mes forces pour ne pas la renifler comme le ferait un chien. Pour elle, je suis aussi transparent qu'une vitrine, c'est comme si je n'étais pas présent. Je ne me décourage pas, je vais tout faire pour qu'elle me remarque et quand elle le fera, car elle me remarquera, elle sera subjuguée par ma beauté et mon charme.

Quelle ne fut pas ma surprise quand j'ai vu ce mammouth osé embrasser ma beauté un après-midi à la fin des cours. Ou encore quand il vient la rejoindre pour le déjeuner, en plus il a l'air d'apprécier l'autre con qui partage la vie de ma belle. Une seule chose me console avec le mammouth, c'est qu'il vient d'une famille fortunée et qu'il va lui faire goûter aux luxes que l'argent et le prestige apportent à notre monde, elle laissera peut-être tomber les minables qu'elle appelle ses amis.

Étant un homme discret, je sais des choses que les autres ignorent, comme que ma belle brune a un portefeuille très bien garni, que son copain n'est pas l'homme d'une seule femme et que bientôt elle se retrouvera seule. Je me présenterai alors à elle, je serai comme le prince charmant en armure brillante, arrivant sur son cheval blanc pour la sauver de sa solitude et de sa peine, je l'emmènerai dans mon château où nous serons heureux pour l’éternité.

Pour que tout arrive avant qu'il ne soit trop tard, je dois élaborer un excellent plan. Pour commencer, je dois l'empêcher de se rendre à un mariage à La Push, je trafique la voiture de Jacob. Ce qui n’a pas fonctionné, elle se rend avec le mammouth. Il faut que je donne du trouble au mammouth, je vais voir son ex  « fuck-friend », pas si ex que ça, et la bourre de connerie. Elle me croit sur parole et décolle pour gâcher la vie du mammouth. Le seul point négatif dans la dernière partie de ce plan est que ma belle sera blessée, mais c'est un mal pour un bien n'est-ce pas? Elle m'en sera reconnaissante quand elle saura la vérité.

Samedi soir assis sur un tabouret peu confortable au comptoir dans un bar minable où la majorité des étudiants de l'académie se tiennent, je regarde les gens s'enivrer avec de la bière et du whisky bon marché, du bas de gamme quoi. J'essaie de ne pas grimacer au goût amer de ma boisson, qui normalement est si douce dans ma bouche, je remarque une magnifique rousse s'avancer vers moi, je lui fais mon sourire le plus dévastateur, celui qu'aucune femme ne sait résister. Nous discutons un peu tout en s'envoyant des signaux provocateurs, faisant comprendre à l'autre ce que nous voulons. J'aime baiser, j'ai simplement hâte de connaître ce genre de plaisir avec ma beauté. J'ai hâte de sentir sa peau contre la mienne, de pouvoir la déguster et la faire jouir à maintes reprises avant de connaître le bonheur de plonger mon membre gorgé dans son entre jambes qui sera tellement humide et juste pour moi. Après une trentaine de minutes à parler et boire plusieurs shooter, la rousse me conduit à sa minuscule chambre et je la baise en pensant à ma belle brune. Je ferme les yeux voyant son visage, j'imagine que les gémissements de plaisir de la fille sous moi sont ceux de ma belle brune. Après lui avoir donné au moins deux orgasmes je viens en criant.

 

-         BELLLLLAAAAAA.

Je me lève, m'habille et retourne chez moi et me douce, pour enlever l'odeur de cette salope sur mon corps. Je ne veux pas passer plus de temps à sentir ce parfum bon marché, qui me répugne, sur ma peau délicate.


 

 

 

Si des embûches se dressent sur votre chemin,

Changez de direction, mais non de destination !

(Inconnu)

Chapitre cinq

Bella

 

 

Aujourd'hui  c'est le 23 décembre, premier jour du congé pour les fêtes de fin d'année, je vais me rendre à la maison de Billy mais j'ai décidé de ne pas y rester. Leah m'a invitée à rester avec elle et j'ai refusé, sachant que Harry ne m'apprécie pas vraiment, je vais me louer une chambre à l'hôtel de Forks. La conversation qui s'est déroulé le dimanche suivant l'arrivée de Rachel m'a laissé un goût amer et je ne sais pas si je peux faire face à cette situation.

 

Flash-Back

 

Dimanche midi, je suis de retour chez Billy, Emmett m'a dit que sa place n'est pas à mes côtés pour cette situation délicate et familiale. Je crois surtout qu'il ne souhaite pas faire face à la famille Black et Rachel. Je le dépose au gym et me rend à la réserve avec sa jeep, je n'aurai qu'à le reprendre quand j'aurai terminé à la maison. À mon arrivée, Jacob sort de son garage et me serre très fort dans ses bras, il s'excuse pour la veille et embrasse le dessus de ma tête. Nous entrons ensemble dans la maison que j'ai, un jour trouvée si chaleureuse, aujourd'hui elle me paraît froide et austère. Billy et Rachel sont à la table de la cuisine buvant un thé. Billy nous invite à nous assoir pour commencer la discussion.

 

-         Bella je veux que tu saches que les choses qui vont se dire ici aujourd'hui devront rester dans cette maison. Me dit Billy, je lève un sourcil.

 

-         À ce que je sache, ce n'est pas moi qui aie divulgué le montant de mon héritage. Ce n'est toujours pas moi qui ai dit que tu payais tout pour moi. Et je précise que TU as insisté pour tout payer, je n'ai rien demandé. Et ce n'est pas moi qui ai révélé tout ça et même plus. Dis-je avec colère.

 

-         Pourquoi voulais-tu que mon père garde un secret de moi? Demande Rachel.

 

-         Ce n'était pas mon idée, mais la sienne. Dis-je pointant Billy. Et de ce que je soupçonne, il y a des choses qui ont été gardé secret à mon encontre aussi. Mes yeux voyage de Rachel à Billy.

 

-         Rachel il y a des choses que tu ne sais pas, tout comme Bella. Nous dit Billy. Rachel, sais-tu comment tu as pu poursuivre tes études? Sais-tu comment j'ai pu payer tes deux premières années? Rachel secoue la tête. Charlie. C'est tout ce que dit Billy.

 

-         Quoi? Rachel, Jacob et moi demandons en même temps.

 

-         C'est Charlie qui a payé tes deux premières années et ensuite c'est moi avec l'argent que j'ai hérité de lui. Charlie a payé pour tous les articles scolaires et les vêtements pour mes enfants depuis que Sarah est morte. Je suis sans voix.

 

-         Où a-t-il prix l'argent pour faire vivre deux familles? Je jette un regard de tueur à Rachel.

 

-         Charlie avait cet argent, le comment il l'a acquis ne regarde personne. Réponds Billy, je le regarde. Lui ne me regarde pas.

 

-         Savais-tu en ce qui concerne Emmett et Rachel? Demandais-je à Billy. Son silence me répond.

 

C'est donc comme ça que j'ai appris que mon père avait littéralement fait vivre la famille Black pendant des années, le comment il a fait m'est encore inconnu, un jour je le saurai, je mets ça en arrière pour l'instant. Billy voulant être reconnaissant paie tout pour moi. Finalement Jacob avoue que c'est lui qui a tout dit à sa sœur, il ne voulait pas faire ça pour faire du mal. Il ne voyait pas la raison de garder des secrets dans la famille. Il affirme qu'il ne savait pas pour Rachel et Emmett, que s’il avait su, il me l'aurait dit et je le crois.

Je ne sais pas si je dois être en colère contre eux ou essayer de comprendre. Rachel me parle de sa relation avec Emmett qui a pris fin quelques semaines au par avant, ce qui veut dire qu'à chaque fois que Emmett et moi nous nous sommes embrassés pendant ma première année, il était dans une relation. Que depuis que nous sommes ensemble, si je peux dire, il allait à Rachel. D'après le regard de Jacob, il en déduit la même chose que moi, je comprends mieux les raisons bidons que m'a données Emmett pour ne pas être présent cet après-midi. Rachel nous dit qu'elle ne savait pas pour le mariage de Sam, que c'est un malheureux hasard si elle a fait irruption pendant la soirée. C'est un jeune homme qui, selon elle, étudie avec Jake, qui lui a dit où trouver Emmett. Il lui a dit que ce dernier était en couple avec une autre pendant qu'elle était avec lui. Jacob prend parole expliquant ma situation avec Emmett, disant qu'on a formé un couple un peu après les grandes vacances et que rien ne s'est passé avant ça. Je ne sais pas si sa sœur le croit, je sais qu'il dit la vérité. Rachel annonce qu'elle revient vivre avec son père, Billy est très heureux de cette annonce, Jacob pour sa part n'a pas l'air vraiment content. Ce qui pour moi signifie que je n'ai plus ma place dans cette maison que j'ai prise pour la mienne au cours des dernières années.

Fin Flash-Back

Jacob m'a offert de prendre sa chambre pour le congé des fêtes, que lui allait dormir dans le salon, mais j'ai refusé aussi. Je lui ai dit que les fêtes de fin d'année se font en famille et que clairement, je ne fais plus partie de la famille Black. Est-ce que j'y ai déjà réellement eu ma place? Ce qui le fâche à chaque fois que je dis ça, mais c'est ce que je pense. Pour lui je suis toujours sa sœur et que j'ai ma place dans sa maison, ce qui réchauffe mon cœur. Il m'a dit que son père aussi me considère comme une fille, sur ça, je ne fais que lever les épaules. Rachel a eu raison pour une chose, on ne se fait pas de cachotterie dans une famille et Billy m'en a trop fait. Je vais aller voir Billy et sa famille la veille de Noël, je lui prépare un cadeau qu'il n'est pas près d'oublier. J'ai aussi prévenu la patronne du restaurant que je serai disponible pour travailler  pendant le congé scolaire. Elle en a été plus que ravie, habituellement les employés lui donnent toutes sortes de raisons, les plus absurdes les unes que les autres, pour ne pas venir. Elle m'a remerciée et m'a offert une augmentation de salaire, ce que j'ai refusé, ne me sentant pas à l'aise d'accepter. Comme si recevoir 50¢ de plus de l'heure va faire une différence pour moi.

Je me suis finalement acheté une voiture ou plutôt un camion, un Dodge RAM Laramie Longhorn neuf, je vais pouvoir me déplacer sans dépendre de qui que ce soit. J'ai fait ajouter un couvert plat sur la boîte de mon camion, pour protéger ce que je vais y déposer quand il pleut. Emmett reste à Seattle pour cette période de l'année, il va passer du temps avec sa famille et malgré ce que j’espérais, il ne m'a pas invité.

Vingt-quatre décembre quinze heures, je suis devant la porte chez Billy, les bras pleins de cadeaux. La majorité son pour Jacob, malgré ce qui s'est passé en octobre, il est toujours mon meilleur ami et mon frère de cœur. Je me suis rendu compte que rien ne pourra nous séparer l'un l'autre. Rachel ouvre la porte et me donne un sourire charmant, elle doit croire que j'ai des choses pour elle. Je dépose les paquets sous le sapin et fais un sourire à Billy, serre Jake dans mes bras et donne un signe de tête à Rachel.

Une heure après mon arrivée, nous échangeons les cadeaux, faut dire que Jake a beaucoup insisté. Jake m'a offert une fin de semaine pour deux dans un spa de Seattle. Billy lui m'a donné un bracelet en or et Rachel un livre sur les relations familiales, très subtile son message. Billy a reçu de Jake et Rachel un voyage de pêche dans une pourvoirie, moi j'attends. Rachel a reçu de Jake une chaine en or et de Billy un bon d'achat de deux mille dollars dans le centre commercial de Seattle. Jake reçoit un livre sur la mécanique de Rachel et un nouvel ordinateur portable de Billy. C'est maintenant mon tour de remettre les cadeaux que je leur offre. Je commence par Rachel, je lui remets une enveloppe qu'elle ouvre rapidement. Elle n'a pas l'air d'apprécier, je lui ai pourtant offert un abonnement d'un an au gym et un certificat cadeau lui permettant d'acheter tout ce qu'elle désire à la librairie de Port Angeles. Elle a le culot de me demander si c'est tout, la conne. Je regarde Jake et lui dit d'ouvrir les boîtes, ce qu'il ne sait pas c'est qu'il n'y a rien dans les boîtes, il y a seulement des indices. Après avoir ouvert les dix boîtes il découvre que son cadeau est un nouveau coffre à outils, plein d'outils bien sûrs. Jake me lève du sol et me fait tourner comme si je n'étais qu'un enfant. Je vois bien que Rachel n'est pas très heureuse et moi j'en jubile. J'offre à Billy une enveloppe, il me donne un regard inquiet mais l'ouvre quand même. Dans l'enveloppe il découvre un chèque certifié de ma banque, le montant couvre mes études, la moitié du loyer, la moitié des factures le tout depuis les deux dernières années. Il y a aussi le montant couvrant la totalité de mon ordinateur et de mon cellulaire et la preuve que le forfait est maintenant à mon nom. Billy veut me redonner mon chèque, ce que je refuse, je lui dis que s’il ne le prend pas, je prendrai les dispositions pour faire déposer l'argent dans son compte. Quand Rachel a vu le montant elle a insisté pour qu'il accepte ce qu'il finit par faire de reculons. Jake pour sa part est en colère contre sa sœur, il ne pensait pas qu'elle était aussi avare.

Je prends ce que Jake m'a donné et je quitte pour aller rendre visite à Emily qui a finalement eu son bébé. Il y a deux semaines elle a eu une petite fille de sept livres et douze onces (3,52 kilos) vingt pouces de long (50.8 cm). La petite se nomme Samantha et elle est magnifique, ses cheveux sont aussi noirs que ceux d’Emily et elle a la peau tannée comme ses parents. Je n'ai pas la chance de voir ses yeux mais je me doute qu'ils sont bruns très foncés. Ne sachant pas quoi offrir comme cadeau quand quelqu'un a un bébé, j'offre aux parents un abonnement à un club de livres pour enfants, ils recevront deux livres par mois pour les trois prochaines années. Je leur offre aussi des vêtements de différentes grandeurs. Emily me remercie chaleureusement en me serrant dans ses bras. Sam me remercie en ajoutant que c'est trop, Emily lui dit de se la fermer et d'accepter sans rien dire.

Emily m'offre un paquet qui a la forme d'un gros livre, je le déballe rapidement comme l'enfant excitée que je suis encore. Elle m'a offert un album photo que j'ouvre pour y découvrir des photos de mon père et moi, des photos que je n'avais jamais vues. Les larmes aux yeux je continue à regarder les photos, Emily me dit finalement que les photos viennent des albums que le service de police de Forks et La Push possède depuis des années. Je remercie sincèrement Emily et Sam qui contre toute attente a les larmes aux yeux lui aussi. Il m'explique que la création des albums vient d’Aro, il dit que c'est une façon de garder une trace des policiers et leurs familles. Il est temps pour moi d'aller travailler, je laisse donc la petite famille à leur festivité et me dirige vers mon camion serrant l'album sur mon cœur.

J'ai vu Jake régulièrement durant le congé, je n'ai pas revu Billy ni Rachel. Billy me manque, mais je crois que c'est finalement une bonne chose d'avoir coupé le cordon avec lui, il a, en quelque sorte, remplacé mon père, et je me suis rattachée à lui trop fortement, me prenant réellement pour sa fille. Chose que je ne suis pas et qui m'a énormément blessé quand la réalité de la situation m'est apparue. Je n'ai pas pleinement vécu mon deuil, je n'ai pas pleinement réalisé la perte de mon père car j'ai pris et mis Billy à la place de mon père. Involontairement, mais je l'ai fait quand même, je me souviens très bien de la première fois que j'ai présenté Billy à Emmett, j'ai dit notre père, comme si il était vraiment mon père. Je n'en veux pas à Billy, ce n'est pas de sa faute, il n'a rien fait pour que cette situation se produise, il a simplement été présent, m'appuyant dans mes décisions et mes choix, comme le ferait un père mais aussi comme le ferait  un tuteur, le meilleur ami de mon père ou même un oncle.

La reprise des cours s'est fait normalement, sauf que cette fois-ci je porte attention à tous les gars qui partagent mes cours. Car d'après les dire de Rachel, un gars de mon entourage lui a parlé de ma relation avec Emmett. Il s'agit peut-être d'une ruse de sa part mais je ne veux pas prendre de chance. J'essaie de repérer ceux qui me semblent suspect et d'analyser leurs comportements, ce qui n'est pas aussi facile que je le pensais. J'ai parlé de mon « projet » avec Jake, il va m'aider en posant des questions, ce qui ne sera pas trop étrange en venant d'un gars. Je suis certaine que ce n'est pas Jake, il m'aurait dit s’il avait su quelque chose. Mis à part Jake, il y a ce gars étrange qui est assis à côté de moi dans la majorité de mes cours, je sais qu'il reprend l'année, ce qui est bizarre car normalement il n'y a pas de deuxième chance à l'académie. Enfin bref, je ne le connais pas, je ne lui parle pas, je ne crois pas qu'il est dans mes groupes d'étude, je ne sais même pas si il sait que je suis avec quelqu'un, donc j'en déduis que ce n'est pas lui. Quand j'ai fait part de mon idée à Jake concernant le gars étrange, il m'a clairement fait comprendre que pour lui, il est plus suspect que n'importe qui d'autre. Nous verrons bien qui a raison.

Le matin de la St-Valentin je me suis fait réveiller par la sonnette de porte, un livreur m'a tendu un énorme bouquet de roses. J'ai immédiatement pensé que ça venait d’Emmett, je signe la preuve de livraison et le livreur me dit qu'il a déjà reçu son pourboire. Jake arrive à la cuisine en même temps que moi, il me dit qu'il ne savait pas qu’Emmett était si romantique. Je prends la carte et commence à la lire en lecture silencieuse, je ne veux pas que Jake sache ce qui est dit, juste au cas où il y est des choses personnelles.

 

Ma beauté,

Voici 41 roses, une pour chaque mois depuis que je t'ai vue pour la première fois.

C'est ce jour-là que je suis tombé amoureux de toi.

J'espère qu'un jour tu partageras mes sentiments.

Avec tout mon dévouement.

 

Je regarde Jake avec horreur et lui tend la carte, son visage souriant disparaît, laissant place à un visage froid, le genre qui m'aurait effrayé si je ne le connaissais pas, non, il m'effraie même si je le connais. Il téléphone chez le fleuriste, qui a son numéro sur la carte et commence à dire qu'il y a surement eu une erreur. D'après les réponses de Jake, le fleuriste lui demande notre adresse et le moment de la livraison. Jake ferme son téléphone et me regarde avec horreur.

 

-         Ils n'ont eu aucune commande à faire livrer ici. Me dit-il sans mettre de gant blanc. Leur livreur n'a pas commencé sa journée de travail, il est encore trop tôt. Termine-t-il.

Je fixe Jake comme si il avait deux têtes, il me fait une blague, je vais attendre et quand il va voir que je capote il va me dire que ce n'est pas vrai. Mais non, il est totalement sérieux. Peut-être que les fleurs ne m'étaient pas destinées? C'est possible ça, une erreur. Je fais part de cette idée à Jake, il semble douter mais ne peut pas être en total désaccord avec moi. Je reprends la carte et la relie quand un détail me saute aux yeux.

 

-         Jacob, c'est une vieille carte. Lançais-je, Jake m'interroge du regard. La personne qui l'a envoyé l'a écrite avec une machine à écrire. On ne peut pas écrire une carte avec une machine à écrire chez un fleuriste, dis-je lui montrant l'écriture de la carte qu'il reprend.

Je prends les roses et me pique un doigt sur une épine, je suis certaine que ce bouquet ne vient pas de chez un fleuriste, car les fleuristes vendent des roses sans épines. C'est vraiment étrange, je fais mon chemin jusqu'à l'extérieur et jette le bouquet dans le conteneur à déchet. Il n'y a aucune raison que je garde cette chose qui m'effraie un peu. Je remonte à l'appartement rapidement ayant la sensation qu'on m'observe et je me prépare pour aller à mes cours, je ne peux laisser ce genre de chose me perturber dans mon apprentissage.

Sur mon temps de déjeuner, je suis appelée au secrétariat de l'école, je m'y rends en me posant des tonnes de questions. À mon arrivée un livreur est présent et me remets une boîte de chocolats, je signe le reçu de livraison et cherche pour une carte, que je trouve à l'intérieur de la boîte.

 

Ma belle brune,

J'ai remarqué que tu n'as pas apprécié mes roses.

J'espère que tu apprécieras ces 41 chocolats fait spécialement pour toi.

Avec tout mon amour.

Je referme la boîte et retourne auprès de Jake, je lui montre la carte. Il m'arrache les chocolats des mains et jette la boîte dans la poubelle et mets la carte dans sa poche. Je fronce les sourcils et il me dit qu'il a aussi gardé la première, peut-être que ça servira. Au milieu du dernier cours de la journée, le directeur est venu dans la classe, il nous annonce que les élèves du comité des fêtes livreront les Valentin dans l'heure qui suit. Quelques minutes plus tard, quatre garçons déguisés en cupidon accompagnés de trois filles font irruption dans la classe, sous le rire des élèves. Quand notre nom est nommé, il faut lever la main pour qu'on puisse recevoir nos valentins, quand mon nom est nommé, je lève ma main avec hésitation, deux cupidons s'avancent vers moi et me remettre huit cartes. Mes yeux s'agrandissent, ce n'est pas possible, j'ouvre la première carte, elle est de Jake. Les six suivantes sont de différentes personnes avec qui je partage les cours, la huitième me fait frissonner.

 

Ma tendre,

Tu n'as pas apprécié mes cadeaux précédents.

Peut-être que cette simple carte saura te faire comprendre tout mon amour pour toi.

J'espère que l'an prochain nous la fêterons ensemble.

Ton éternel « Valentin ».

Je montre la carte à Jacob, qui étrangement pâli à la vue du message. Le cours se poursuit mais je ne porte pas attention et Jacob non plus. L'enseignant, un ex-policier, s'est rendu compte que quelque chose n'allait pas, il nous a demandé de rester après le cours. Quand tout le monde est finalement sorti de la classe, Jacob et moi allons rejoindre l'enseignant qui est assis derrière son bureau. Il nous regarde pendant quelques minutes avant de prendre la parole.

 

-         Vous êtes les deux meilleurs élèves que l'académie a eus depuis deux décennies. J'aimerais savoir ce qui vous a tellement dérangés pour que vous ne suiviez pas le cours? Ok, les fleurs avant le pot, comme disait mon père.

 

-         Il se passe des choses étranges aujourd'hui. Répondis-je vaguement. L'enseignant lève un sourcil, espérant plus que ça comme réponse.

 

-         Bella a reçu des messages et cadeaux étranges au cours de la journée. Précise Jacob donnant les deux cartes qui accompagnaient les cadeaux et la simple carte qu'un cupidon m'a donnée.

 

-         Effectivement, c'est étrange. Dit l'enseignant fronçant les sourcils, ce qui fait des plis dans son front. Avez-vous remarqué que la dernière carte est écrite à la main? Nous secouons la tête. Il commence à analyser les cartes et nous demande ce que nous pouvons en déduire. Ensuite nous discutons des cadeaux, il émet des hypothèses. Nous restons avec lui pendant une heure. Gardez l'œil ouvert et mademoiselle Swan, ne vous déplacez pas seule, on ne sait jamais ce que ce genre de personne a derrière la tête. S’il voulait m'effrayer, il a réussi.

 

En arrivant à l'appartement il y avait une rose de coller sur la porte, je prends la maudite carte et soupir de soulagement. C'est d’Emmett me souhaitant une bonne St-Valentin, Jacob aussi à l'air soulagé, je crois que mon frère ne me laissera plus seule pour un temps. Emmett vient après le diner et Jacob lui parle des cadeaux et des cartes, Emmett réagis aussi fort que Jacob, lui non plus ne me laissera plus hors de sa vue. Je remarque même les deux gars discutés à voix basse, je me demande quel complot ces deux préparent, et je ne suis pas certaine d'apprécier le résultat.

Quatre mois se sont écoulés depuis la fameuse fête de l'amour et je ne suis jamais seule lorsque je me déplace et ça commence à m'énerver au plus haut point. Je n'ai rien reçu de mon « admirateur secret » depuis la dernière carte et c'est très bien ainsi pour moi, mais ça ne change rien pour mes deux gardes du corps. Pour eux, je suis toujours en danger, j'ai même essayé de les convaincre de me donner un peu de liberté en leur disant que j'ai toujours ma bombe de poivre sur moi. Qu'en plus des cours de boxe je prends des cours d'autodéfense et les cours à l'école sur comment porter les coups. Rien, ils ne comprennent rien, ils me pensent sans défenses et ça me rend de mauvais poil. Je suis contente, je vais avoir quelques semaines de congé de ces deux-là, je vais passer quelque temps à Forks, chez Aro plus précisément, pendant les vacances. Aucun des deux ne peut dire que je serai en danger. Aro est inspecteur au service de police de Forks, ces fils, Marcus et Caïus, vont bientôt entrer au FBI, je ne peux pas être mieux « gardé ».

Vous vous demandez pourquoi j'irais chez la famille Volturi? C'est simple, l'enseignant à qui nous avons montré les cartes est un ami « intime » d’Aro, donc ce dernier lui en a parlé car dans mon dossier c'est clairement indiqué que je suis de Forks et la deuxième personne à contacter en cas d'urgence est Aro, comme par hasard. Je ne vous dis pas la surprise que j'ai eue quelques jours après avoir discuté avec l'enseignant de voir un Aro Volturi sur le pas de ma porte à six heures du matin, demandant, non, exigeant de voir les cartes. Ce que Jacob et Emmett ne savent pas, c'est qu’Aro m'a donné un petit révolver de bas calibre. J'ai acquis mon port d'arme quand j'ai eu l'âge, donc je peux l'avoir sur moi en toute légalité, enfin presque, car il n'est pas enregistré à mon nom.

J'ai été un mois à vivre chez les Volturi tout en passant énormément de temps avec Leah, Paul, Jared et Kim. Je suis heureuse d'apprendre que Leah et Paul forment maintenant un couple, mais un peu déçu que Kim est enfin mis le grappin sur Jared. J'ai visité Emily et Samantha qui a énormément changé, c'est une beauté Amérindienne, elle va en briser des cœurs quand elle sera grande, elles sont aussi venu me voir chez Aro, ce qui a fait grand plaisir à Sulpicia qui adore les enfants.

J'ai finalement été voir Billy, une journée que je savais que Rachel travaillait, j'ai beaucoup parlé avec lui et je me suis excusée pour le comportement enfantin que j'avais eu. Billy ne m'a pas jugé quand je lui ai dit comment je me sentais envers lui, il m'a dit qu'il s'en doutait, il ne m'a rien dit car au fond de lui, il appréciait être mon « père de substitution ». Il m'a parlé des travaux à faire sur la maison, je ne m'attendais pas qu'il en aurait autant. J'ai parlé avec Paul et Jared qui ont accepté de travailler pour moi à un prix d'ami, ce que j'ai refusée, je leur ai dit que je pouvais payer le tarif qu'il chargerait à n'importe qui, ce qu'ils ont fait, je crois. J'ai aussi passé beaucoup de temps à discuter avec Sulpicia qui m'a conté comment elle a rencontré mon père et moi et plein d’histoire sur ces enfants et son enfance en Italie.

Je suis venue passer les deux derniers mois des vacances à Seattle avec Emmett qui m'a finalement présenté au reste de sa famille, ce qui n'a pas été la meilleure rencontre que j'ai eue dans ma vie jusqu'à présent. Sa mère a oublié qu'elle n'est pas venue au monde avec une cuillère en argent dans la bouche, donc elle m'a immédiatement jugée, prétendant devant tout le monde que je m'intéresse à son fils pour son argent et le prestige que peut m'apporter le nom de McCarthy.  Comme si j'avais besoin de ça pour savoir qui je suis et où je vais. Son père est un ivrogne total, il n'était pas capable d'articuler clairement et il ne pouvait pas marcher sur une surface plane sans trébucher, à deux heures de l'après-midi. Ce que je ne savais pas est qu’Emmett a un autre frère ainé, ce dernier est tout le contraire de ses deux frères. Il a les yeux bleus, les cheveux blonds, grand, mince. Il est resté en ma présence que quelques minutes et il ne m'a rien dit, se contentant de me fixer. Emmett m'a dit que son frère est du genre timide, ce que je trouve étrange vue son âge. Mon instinct me dit qu'il y a plus que de la gêne dans son comportement, mais je ne sais pas quoi. Avez-vous déjà eu cette étrange impression de déjà vu? C'est ça que j'ai vécu avec James, le frère de Will et Emmett et ça m'a tracassée et me tracasse encore. J'ai le sentiment que je l'ai déjà vue mais je ne sais pas où.

Contre toute attente je me suis rapidement trouvé un emploi dans un bar comme serveuse sur le plancher. Emmett n'apprécie pas vraiment, il me dit que ce genre d'emploi n'est pas pour moi et qu'avec mon argent je n'ai surement pas besoin de travailler comme le fait les gens normaux. Ce qu'il ne comprend pas c'est que j'ai besoin de travailler, je n'aime pas rester assise dans mon appartement à rien faire. Et je lui ai demandé comment peut-il présumer que j'ai beaucoup d'argent? La réponse fut assez claire, il a ses contacts et il sait combien j'ai eu. Je lui ai alors dit que LUI il travaille même si il est fortuné. Il m'a simplement dit que LUI n'est pas fortuné, sa famille l'est, ce n'est pas la même chose. J'ai alors pensé que ce qu'il aimerait c'est que je sois plus comme sa mère et moins comme la fille que mon père souhaitait que je sois. J'ai gardé mon emploi et je suis heureuse de ma décision. Je me souviens de ce que mon père m'a écrit, «Ce que je te demande est de faire ce que tu désires, fait de ta vie ce que tu as envie de faire. Profite de ce qu'elle t'a offert et va t'offrir dans l'avenir car on ne sait jamais quand la fatalité va venir nous frapper. Ne laisse pas mon départ t'anéantir, VIE ma belle, VIE pour moi mais surtout VIE pour toi. » Et c'est ce que je fais.

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 Inconnu

 

Ma belle brune passe une grande partie de l'été à Seattle, j'en suis plus qu'heureux. Je tiens enfin ma chance de me faire voir par elle. Elle n'a pas apprécié mes cadeaux lors de la St-Valentin et je crois que je lui ai fait un peu peur. J'ai donc calmé mes ardeurs en ce qui concerne les marques d'affection, pour l'instant du moins. Je vais profiter des deux mois où elle sera loin de ce chien de Jacob pour m'approcher d'elle, je sais qu'il me suspecte pour les cartes et les cadeaux, je sais aussi qu'il n'a pas de preuves suffisantes pour m'accuser. Bella sera mienne bientôt, je ferai tout en mon pouvoir pour que ça se fasse. Je sais qu'elle travaille dans un bar près de son quartier, je crois que je vais passer beaucoup de soirées dans ce bar, si minable soit-il. Au moins j'aurai tout le loisir de la contempler et même de lui parler. Je pourrai alors me présenter à elle d'une façon officielle.

Quand nous serons diplômés, je sais que je serai engagé dans la même ville qu'elle et qu'elle sera ma coéquipière. Mon père a déjà fait les démarches pour que ça se réalise et je sais aussi que ça lui a couté cher. Nous savons qu'elle désire travailler à Forks, donc mon emploi y est déjà garanti. Il veut autant que moi qu'elle rejoigne notre famille, moi par amour et lui pour son argent, il dit qu’elle a besoin d’un homme comme lui pour gérer sa fortune. Je sais qu'il m'aidera en faisant tout son possible et même plus, dans le sens que si des choses, disons illégales doivent être faites, il le fera.

Je regarde les photos que j'ai prises d'elle dans sa vie quotidienne, ma queue durcit quand je regarde celle d'elle sous la douche après un entrainement ou en bikini sur la plage. Je baisse mon pantalon et me pompe en m'imaginant que c'est elle qui me caresse, je viens vite et fort, dans le plus puissant orgasme que je n'ai jamais eu, pour l'instant. Je sais que le jour où c'est elle qui me caressera avec ces petites mains douces, je suis certain que mon extase sera décuplée. Ma jouissance sera encore plus forte. J'ai tellement hâte de pouvoir sentir son magnifique corps contre le mien.

 

 

 

Tout ce qui nous ennuis chez les autres,

Peut nous aider à se comprendre soi-même !

(Inconnu)

Chapitre six

Bella

Mon père m'a toujours dit d'assumer les conséquences de mes actes et/ou décisions et je dois dire que ce n'est pas toujours facile ou même positif. J'ai pris la décision de vivre à Seattle pendant deux mois durant les grandes vacances, pour être plus près d'Emmett. J'ai pris la décision de travailler dans un bar, malgré les désirs d'Emmett, que je travaille avec lui ou pas du tout. J'ai pris la décision de m'éloigner de Billy même si ça me faisait mal. Les conséquences, le comportement d'Emmett a beaucoup changé depuis que je passe plus de temps en sa compagnie et je me suis éloigné de mes amis. Pour rester et travailler à Seattle j'ai lâchée mon emploie au restaurant, j'ai découvert que travailler avec des gens saouls n'est pas ma tasse de thé et mon emploie à créer un petit conflit entre Emmett et moi. Je m'ennuie de Billy, les conversations que nous avions le soir devant une tasse de chocolat chaud pour moi et un verre de whisky pour lui, me manque. Même ses conseils un peu démodés me manquent, ce qui n'est pas peu dire. Le résultat de tout ceci est que les conséquences sont douloureuses au bout du compte et la prochaine fois, je vais y repenser à deux fois avant de prendre une décision un peu hâtive.

Je ne sais pas comment qualifier ma relation avec Emmett, nous sommes ensemble depuis près d'un an maintenant, nous faisons beaucoup de sortie que je désignerais comme des sorties de couple, sans savoir si cela en est vraiment. Il m'a présenté à sa famille, ce qui n'est pas rien, nous passons beaucoup de temps ensemble. Il m'a apporté à un congrès quelconque, ce qui veut surement dire quelque chose. Du moins je pense que ça signifie plus que « c'est la fille que je baise depuis un an ». Mon instinct me dis de ne pas trop m'investir dans cette relation, mais j'ai tellement envie que ça marche que je suis prête à faire presque n'importe quoi, je dis bien presque. Car si je fais tout ce qu'Emmett désir pour qu'il soit heureux, je dois lâcher mes études pour aller dans une autre branche, il aimerait que j'étudie les finances. En fait, il ne me l'a pas demandé directement, il m'a fortement fait remarquer que si je faisais mes études en finances au lieu de police nous pourrions travailler ensemble, au gym. Façon peu détournée de me dire qu'il n'apprécie pas mon choix de carrière mais tellement clairement.

Pour en revenir à ma relation avec Emmett, il est très protecteur et excessivement jaloux, peut-être un peu trop pour un gars qui ne veut pas de relation sérieuse et qui ne m'a pas encore dit qu'il m'aimait. Mon patron au bar ne veut plus qu'Emmett vienne au bar les soirs que je travaille car Emmett n'apprécie pas que les clients me sourient où me parlent. Bordel je travaille dans un bar, il s'attend à quoi? Que les clients m'envoient leurs commandes par pigeon voyageur. La plupart des clients sont très respectueux des serveuses, seulement quelques-uns sont plus, comment dire, ils aiment nous donner quelques petites tapes sur les fesses quand on passe près d'eux, mais rien de plus.

Je ne sais pas si c'est moi qui me fais des idées mais Emmett a un peu changé depuis que je suis de retour de Forks. Ce que je veux dire c'est qu'il a toujours été très physique comme homme et je ne m'en suis jamais plainte, j'avais tout de même quelques soirs par semaine ou je pouvais me reposer. Mais là, s'il ne jouit pas au minimum trois fois par jour, il est de mauvaise humeur.

Normalement Emmett n'a pas vraiment connaissance quand j'ai mes règles, car avec la pilule je le suis pendant la semaine mais là, je ne peux me cacher derrière mes travaux, donc la première journée que j'ai eu mes règles, il m'a dit que lui ça ne le dérangeait pas qu'on couche ensemble. J'ai donc accepté, surtout pour lui faire plaisir et je vous assure que je ne l'ai pas refait et ne le referai jamais plus. C'est dégelasse, ça m'écœure au plus haut point. J'ai donc refusé de coucher avec lui par la suite, je lui ai fait des fellations, je l'ai masturbé, je lui ai permis de se masturber entre mes seins, de se masturber et de me venir dans le visage. Enfin bref, les quatre jours que ça dure il n'a pas eu l'air à se plaindre. Mais cette fois-ci, il ne voulait pas se contenter de mes mains ou ma bouche, non, il a voulu qu'on essaie par en arrière. Je ne juge pas la sodomie ou ceux qui la pratiquent, mais c'est non merci pour moi. C'est une sortie seulement, une entrée interdite, surtout pour un gars qui n'a pas de sentiment pour moi. Je crois que c'est le genre d'expérience qu'on fait avec une personne qu'on aime et qui nous aime en retour. Peut-être un jour je trouverai la bonne personne et je ne crois pas qu'Emmett est la bonne personne. Pour l'instant il est là et j'en profite, tout comme lui profite de moi.

Emmett et son frère cherchaient une jeune femme, en forme, avec un corps potable, pas une beauté extraordinaire pour promouvoir leur gym, Will, le frère d'Emmett m'a approché pour me proposer l'emploi. J'ai été surprise, mais il m'a dit qu'il trouvait que j'avais un très beau visage, un corps bien proportionné, ferme, sans gras et de belle courbe et juste assez musclé, pas trop comme ces femmes qui font du culturisme, mais juste ce qu'il faut avec des muscles bien définis sans que se soit exagéré. Emmett n'a pas apprécié ni accepté, il a simplement dit que je ne suis pas, et je cite : « parfaite»  et que je ne fais pas l'affaire. Y a-t' il quelqu'un qui est parfait? Personnellement je ne le crois pas, mais pour Emmett, oui. Il est arrivé avec une superbe blonde, que je nomme affectueusement Blondasse, elle, elle est parfaite. Même le frère à Emmett a bavé quand il l'a vue, genre de réaction que je suis loin de provoquer. Je me suis éclipsé sans que personne ne s'en rende compte, c'est un peu vexant tout de même.

Finalement je suis plus que ravie que les cours recommencent demain. J'ai laissé mon emploi au bar pour me concentrer sur mes cours. Si je me fie aux années précédentes, cette année sera plus difficile. En plus nous allons avoir un nouveau cours en remplacement des  premiers soins, ce sera un cours sur l'entretien d'une arme à feu, comment l'entreposer, comment s'en servir. Nous allons aussi apprendre à nous servir d'arme non létale. Par contre, le cours de gym va ressembler à un camp militaire, c'est ce que j'ai entendu dire entre les branches, il paraît que nous allons devoir escalader un mur à l'aide d'une maudite corde. Comme si un policier dit « normal » ferait une chose comme ça. Je ne désire pas faire partie du *S.W.A.T., je veux travailler dans une auto-patrouille, donner des contraventions et discuter avec la dame qui vend le café et les beignets au coin de la rue à Forks. Aucun policier de Forks n'a besoin de savoir grimper un mur avec l'aide d'une corde merde. Enfin bref, je vais faire ce qui est demandé pour réussir même si je trouve ça un peu con. Le plus important c'est que je réussisse mon année pour être admissible pour les quinze semaines de formation et je ne veux pas décevoir Jacob, il souhaite qu'on soit encore l'équipe Black-Swan, la meilleur paire d'étudiant que l'académie a eu dans ses murs depuis quelques décennies. Chaque enseignant nous dit ça, mais aucun ne nous dit depuis combien de décennies par exemple.

En arrivant à l'école je remarque quelques personnes que j'avais comme clients quand je travaillais au bar, dont un en particulier. Ce gars me fait un peu peur, je n'avais jamais vraiment porté attention à lui jusqu'à ce qu'il se présente au bar et ne commende que des shooter et du whisky, le plus bas de gamme que le bar possédait. Les autres serveuses m'ont dit qu'il venait seulement quand c'est moi qui étais sur le plancher et en plus, il me laissait de généreux, très généreux pourboire. Le problème d'être serveuse dans un bar est qu'une minorité de clients espère finir la soirée avec elle. Pour en revenir à... c'est quoi son nom déjà? Ça commence par un E... Edmund, Edwin, bref. Je ne m'en rappelle pas et si je suis honnête avec moi-même, ce n'est pas important, l'important c'est qu'il me fait peur. Après lui avoir un peu parlé au bar, je me suis mis à le voir partout où j'allais. Je l'ai même vue un matin, très tôt le matin, juste avant ma course. La première fois que je l'ai vue à l'épicerie, je me disais que c'était un hasard, surtout qu'un soir il m'a dit qu'il étudie à l'académie. Ce qui est étrange car je ne me souviens pas de l'avoir vue. Enfin bref, mais après ce matin-là, je ne croyais plus vraiment au hasard de la vie. Une chance que l'école recommence, Jacob sera avec moi pour la course du matin et les autres déplacements, je vais me sentir un peu plus rassurer. J'ai beau savoir me défendre et avoir atteint une certaine capacité physique, je ne sais pas si je ferai le poids contre un adversaire qui connaît les mêmes techniques que moi. Je traîne toujours ma bombe de poivre avec moi, juste au cas où je pourrais en avoir besoin.

Le directeur de l'académie nous a parlé de la remise des diplômes qui aura lieu le 20 juin, comme le groupe a considérablement diminué nous avons droit à une dizaine d'invités chacun, il y a trois ans nous étions près d'une centaine, maintenant, nous sommes une trentaine, tout au plus. Pour en revenir au bal, si nous n'avons pas dix invités, ou si nous en avons plus que dix, il faut aviser le comité de remise des diplômes, eux redistribueront les billets à ceux qui en auront besoin. Je regarde Jacob et nous écrivons une liste sur une feuille, lui va inviter Billy et Rachel, évidemment, Quil, Embry, Jared, Kim et Samantha. Je le regarde étrangement au nom de la fille de Sam, il m'écrit qu'il se garde un billet pour un « en cas que », je souris à l'expression de mon père et j'ajoute des noms à la liste, ceux que moi je vais inviter, Sam, Emily, Aro, Sulpicia, Leah, Paul et Emmett. Moi je n'ai pas de « en cas que » donc ma liste s'arrête là. Je fais un énorme sourire à Jake et lui fait remarquer que seul Emmett est un pur Américain, pour l'instant. Sur quatorze invités il y a deux Italiens, un Américain et onze Amérindiens, nous ne passerons pas inaperçu, j'en suis certaine. Le directeur précise qu'il y aura une autre cérémonie après les quinze semaines de formations.  Celle-là sera plus officielle, nous recevrons nos vrais badges de policier, celle qui nous suivra toute notre carrière et pour certain, toute notre vie. Nous serons en uniforme d'apparat tout comme les officiants de la cérémonie. Je vais refaire la même liste lors de la cérémonie officielle car ce sont tous gens qui ont laissé leur marquent dans ma vie, à divers degré.

Début décembre et l'enfer commence, pour les trois prochaines semaines nous quittons la chaleur et le confort des bâtiments de l'académie pour aller vivre dans un foutu camp militaire. Au départ je pensais que c'était une blague, j'ai vite réalisé que c'était sérieux. Surtout quand nous avons eu une liste de choses que nous allons avoir besoin, passeport, vêtements chauds, chaussures d'hiver, manteau chaud, gants chaud, bonnet chaud, chandail chaud, sous-vêtements, trousse de toilette et la liste continue comme ça. Je me demande bien où nous allons aller. J'ai aussi découvert que sur les trois semaines nous allons en passer la moitié à dormir dans une tente et l'autre moitié dans une sorte de campement où il n'y a pas d'eau, pas d'électricité. Ce qui veut dire que la douche est un ruisseau et la toilette un trou qu'on creuse. Bordel de merde on est en décembre, l'eau va être gelée. On va tous être malade, c'est surement la raison pour laquelle qu'à notre retour des trois semaines c'est le congé des fêtes de fin d'année. Je n'ai pas encore eu la chance de dire à Emmett que je pars pour trois semaines, il passe beaucoup de temps à faire de la promotion de ses gym avec la magnifique et plantureuse, mannequin  Rosalie Hale, dite Blondasse. Je ne sais même pas s'il se rendra compte que je ne suis pas là pour un temps. Une chose est certaine, il ne pourra pas m'appeler car nous n'avons pas droit au cellulaire, l'armée nous fournira, semblerait-il, un moyen de communication pour les urgences seulement.

Une chose merveilleuse c'est passé le mois dernier, Jacob a rencontré une fille qui habite dans notre immeuble. Elle se nomme Vanessa, Jake et moi l'appelons affectueusement Nessie. Un soir pendant un repas bien arrosé, elle nous a avoué quel se demandait qu'elle genre de relation Jake et moi avions et qu'elle avait un peu peur de l'approcher, au fur et à mesure des rencontres elle a bien vu qu'il n'y avait rien de plus qu'une grande amitié entre nous. Surtout quand je lui ai raconté qu'à l'âge de trois ans, j'ai fait manger de la boue à Jake, et que lui m'a fait embrasser un crapaud quand j'avais quatre ans, voulant se venger de la tarte à la boue. Qu'à l'âge de six ans nous avons joué au dentiste, j'ai attaché un fil à sa dent et l'autre extrémité à la poignée de la porte, nous avons fait venir son père et quand il a ouvert le porte, qui bizarrement ouvre vers l'extérieur, la dent à arracher. Quand nous étions un peu plus vieux, il m'a bandé les yeux et il m'a plongé un doigt dans le beurre d'arachide, tout en me mettant un sac plein de crotte de chien sous le nez. J'ai vraiment cru que j'avais un doigt dans la merde. Jake et moi en avons encore beaucoup de connerie comme celle-ci a raconté mais ça, c'est pour une autre histoire.

Premier décembre, six heures du matin, Jake et moi sommes devant l'entrée principale de l'académie, nous attendons que les équipes soient formées avant de partir pour une destination qui nous est encore inconnue. Il a été décidé que les noms de chaque membre des équipes seront faits par tirage au sort, il y aura dix équipes de trois. Mon équipe se compose de moi, évidemment, Jake, soupire de soulagement et Edward, je ne sais même pas qui il est. Quand toutes les équipes sont formées, je remarque le gars étrange, celui qui m'a suivi durant l'été, s'avancer vers nous. Je réalise soudain qu'il fait partie de mon équipe, je suis doublement soulagé que Jake soit avec moi. Pour nous rendre nous, allons prendre l'autobus, je suis un peu déçu, car je pensais prendre mon camion, je ne m'en sers pas beaucoup, tout est à dix minutes à pied de l'appartement.

-         Jake? Demandais-je.

-         Mmm. C'est son genre de réponse quand il est soit fatigué ou quand il est distrait.

-         Où crois-tu qu'on va? Demandais-je quand le chauffeur entre dans la circulation.

-         Je sais pas Bell. Marmonne Jake. Au nord de l'État. Me dit-il regardant autour de lui. J'éclate de rire. Quoi?

-         On est en route pour Jasper. Dis-je, je regarde du coin de l'œil je voie Edward froncé les sourcils.

-         Où ça? Demande Jacob.

-         On va à Jasper en Alberta, Canada. Plus précisément Jasper National Park. Annonçais-je.

-         Comment sais-tu ça? Demande Jacob incrédule.

-         J'ai entendu le directeur parler avec le chauffeur avant notre départ. Je glousse en voyant le visage de Jacob.

-         Ce n'est pas sérieux? Edward, que je vais surnommer Eddy, parle pour la première fois depuis que nous sommes monté dans le bus.

-         Installez-vous bien messieurs, nous serons là dans une dizaine d'heures. Annonçais-je sous les regards des deux gars.

Les premières heures se sont passées normalement, j'ai discuté avec Jacob qui me parlait de Nessie. Eddy a posé quelques questions sur nos vies personnelles, Jacob a répondu avec facilité tandis que moi, j'ai eu plus de retenue. J'ai le sentiment qu'il y a quelque chose de pas très nette avec Eddy, je ne sais pas quoi encore mais je sais qu'il y a quelque chose. Il est trop parfait, vêtement griffé sans aucun faux pli, coiffure parfaitement stylée, sa façon de bouger et parler est parfaite, il est le parfait gosse de riche, mais je voie dans ses yeux qu'il y a quelque chose de louche avec lui. Quand Jake lui pose des questions sur lui il reste évasif dans ses réponses, tout ce que nous avons appris de lui c'est que son père est un grand avocat et sa mère est une décoratrice d'intérieur reconnu. C'est à ce moment-là que je réalise que je ne sais même pas son nom de famille, pas que ça m'intéresse vraiment mais c'est un minimum, je trouve, de savoir le nom complet de la personne avec qui tu vas partager une tente pendant une semaine et demie.

Après une heure de discussion qui ne mène nulle part, je mets mes écouteurs de IPod et pose ma tête sur l'épaule de Jacob qui est à ma droite, Eddy est à ma gauche. Jake m'enlève un écouteur et le mets dans son oreille, je lève le volume, et il pose sa tête sur la mienne. Je sais que dans cette position, plusieurs pensent qu'on forme un couple, ce qui ne me dérange plus maintenant car moi je sais ce que je ressens pour lui et lui pour moi. Je sens un regard insistant sur moi, le genre qui mets mal à l'aise, je tourne la tête et pour essayer de voir qui me regarde et ce fut le regard de Eddy que j'ai rencontré. Un regard dur plein de colère.  C'est quoi son problème lui? Je le fixe durement, il me fait un rapide faux sourire et détourne le regard, je ne repose pas ma tête sur l'épaule de Jake, qui me demande silencieusement ce qui se passe, je soulève les épaules et prends mon livre. Sur l'heure du déjeuner le chauffeur s'arrête dans un restaurant de restauration rapide, nous avons trente minutes pour nous dégourdir les jambes et manger. Je vais rapidement commander mon repas qui consiste à deux hamburgers, une grosse frite et un grand Pepsi. Jake qui m'a suivi comme toujours c'est commander quatre hamburgers, une frite format géant et une orangeade format géante. Je peux vous garantir qu'on s'est fait regarder par plusieurs personnes comme si ils n'avaient jamais vu personne manger.

C'est une chose que j'aime chez moi, je mange beaucoup et de tout ce que je veux, sans me priver et je n'engraisse pas. Je fais tellement d'exercice physique que je mange plus qu'une fille dite normale, si je me compare à celles que je connais du moins. Même Emmett me dit que je mange trop, donc quand je vais au restaurant avec lui je mange moins et je reste sur ma faim. Je mange rapidement pour avoir le temps d'aller à la toilette et de marcher un peu avant qu'on reprenne la route. Je demande à Jake de changer de place avec moi, il refuse, il ne veut pas être assis à côté de Eddy. Le reste de la route se fait rapidement, je me suis endormi, ce qui m'arrive à toutes les fois où je voyage et que ce n'est pas moi qui conduis. Jake m'a réveillé à notre arrivée, je m'étire rapidement et on s'installe les uns derrière les autres pour descendre du bus et voir ce qui s'en vient pour nous.

Le commandant en chef nous a accueillis et nous a expliqué ce que nous allons faire ici, ce n'est pas du tout ce que le directeur nous a dit. Nous ne vivrons pas dans des tentes, nous n'allons pas chasser nos repas, nous allons avoir de l'eau chaude pour nous laver. Nous sommes ici pour faire l'expérience des armes non létales. Nous allons apprendre à nous servir des gaz en tous genres, des armes avec des munitions non mortelles. En plus de les utiliser nous allons aussi en subir les effets, il paraît que si nous sommes exposés à certain gaz plus d'une fois, notre corps et notre système nerveux les reconnaissent et combat les effets plus efficacement.

Pourquoi sommes-nous au Canada pour cet apprentissage? C'est simple, l'armée Canadienne a le temps de nous aider et il est moins couteux de venir au Canada. La bonne nouvelle, pour plusieurs, est que nous ne sommes pas soumis à l'horaire très strict de nos hôtes. Le petit déjeuner, eux disent déjeuner, se déroule de six heures trente à sept heures trente. Le déjeuner, diner pour eux, est de midi à treize heures pour tout le monde. Le diner, leurs soupers, est à dix-huit heures, le couvre-feu à vingt-deux heures et les lumières se ferment à vingt-deux heures trente.

Les équipes qui ont été faites avant notre départ restent en place, nous serons jumelés avec trois réservistes, nous passerons les trois prochaines semaines en leurs compagnies. Nous sommes invités à rejoindre le bâtiment de la cantine où notre repas nous attend, ce soir au menu spaghetti aux boulettes de viande avec pain et eau. Ce n'est pas mauvais, mais ça manque un peu d'épice à mon goût, quand le repas est terminé nos trois petits futurs soldats nous accompagnent à notre cabane où il y a trois lits superposés. Sans rien dire ou même demander je grimpe dans le lit du haut et Jake prend celui du bas. Eddy prend la couchette du haut, à côté de moi et les trois autres prennent les couchettes restantes. Nous discutons avec les « nouveaux » pour apprendre à les connaitre un peu, nous allons quand même partager une salle de bain et un petit dortoir avec eux.

À la fermeture des lumières mon cellulaire et celui de Jake sonnent, je réponds sans regarder qui m'appelle, c'est un Emmett très en colère qui est au bout du fil. Je lui demande s'il y a une urgence car ce n'est pas dans ses habitudes de me m'appeler à dix heures trente du soir. Il commence à me crier dessus en me disant qu'il est neuf heures trente et d'arrêter de le prendre pour un con. C'est à ce moment que je réalise que nous avons une heure de plus qu'à la maison. J'essaie d'expliquer calmement à Emmett que je suis avec ma classe au Canada pour le cours sur les armes non létales et que je serai ici pour les trois prochaines semaines. C'est là que monsieur m'annonce qu'on va être un certain temps sans se voir car quand je reviendrai aux États-Unis, monsieur sera partie avec sa famille dans le Tennessee pour y passer les fêtes de fin d'année et qu'il va en profiter pour faire les démarches pour y ouvrir un gym et embaucher des membres de sa famille. Je n'ai absolument rien à redire à ça, je lui souhaite un bon voyage et je lui dis que je vais communiquer avec lui plus tard dans la semaine, si cela m'est possible, quand j'aurai quelques minutes. Jake discute encore quelques minutes avant de terminer sa conversation, il me dit que Nessie à croiser Emmett et qu'il n'avait pas l'air très heureux. Ce n'est pas dans les habitudes de Jake de me dire ce genre de chose, il doit y avoir autre chose, soit il ne sait pas comment me le dire, soit il va attendre que nous soyons seuls. Je m'excuse d'avoir utilisé mon cellulaire après le couvre-feu et que ça ne se produira plus. Les soldats lèvent les épaules et nous souhaitent une bonne nuit.

La première chose que je fais en me réveillant est m'habiller et aller courir avec Jake et les trois soldats, ensuite douche et à sept heures je suis au réfectoire et prends mon petit déjeuner. Quand tout le monde a mangé l'instructeur commence à nous parler des fameuses armes non létales ou aussi appeler sublétale ou incapacitante. Ces armes ne sont pas conçues pour tuer ou blesser lourdement mais pour maitriser, faire la dispersion dans le cas d'une émeute ou pour de l'autodéfense. Bien évidemment il arrive des cas ou la personne peut se blesser légèrement ou gravement à cause d'une chute ou même la personne peut mourir si on ne se sert pas adéquatement de l'arme en question. Il y a plusieurs groupes d'armes non létales, il y a les armes à munitions.

Dans cette catégorie on retrouve des petits pistolets ou revolver qui tirent des munitions en caoutchouc de petit calibre. Il y a aussi des balles pour des fusils de calibre 12 pour le maintien de l'ordre. Une balle de fusil de calibre 12 tirés à courte portée peut tuer la personne qui reçoit la balle, quoiqu'elle soit en caoutchouc. Il y a aussi les lanceurs de balles de défense, le plus connu est le Flash-Ball, qui envoie deux balles de caoutchouc souple de quarante-quatre millimètres de diamètre, qui s'écrasent à l'impact sur une surface d'une soixantaine de millimètre. Il y a aussi le fameux lanceur de dards à impulsions électriques, mieux connue sous le nom Teaser Gun. Il neutralise l'adversaire en lui administrant une décharge électrique de forte tension (50 000 V) mais de faible intensité (6 mA). Il se présente sous forme d'arme de contact, soit en boitier soit en matraque ou d'arme à distance, projette des fils à très courte portée.

Il y a aussi des armes d'éléments comme exemple le canon à eau qui sert habituellement à séparer les foules car l'eau est envoyée en grande quantité et sous forte pression, repoussant et gênant les déplacements. Ensuite dans cette catégorie il y a les gaz. Les gaz paralysants ou lacrymogènes, se présentent généralement en bombe pour un usage aux contacts, ou grenade contre les foules. Se présente sous forme de gaz ou gel irritant qui aveugle la victime et occasionne une sensation de brûlure au niveau des yeux et des voies respiratoires. Même si la détonation d'une grenade lacrymogène est faible, elle peut toutefois blesser grièvement la personne qui la tiendrait au moment de l'explosion, ça peut aller jusqu'à une amputation. Les risques de crises d'allergies pour les personnes asthmatiques sont particulièrement importants.

La mousse, aussi appelé la Sticky Foam qui est destiné à maitriser les foules. Envoie un liquide qui est une colle qui empêche les mouvements des victimes et dispose de caractéristiques fortement acides. La Sticky Foam n'a jamais été utilisé en Amérique. Les ondes électromagnétiques sont des armes utilisées que par l'armée, comme le canon à son et les dispositifs de lumière.

Donc pour résumer nous allons tirer des balles de caoutchouc, se faire tirer des balles de caoutchouc. Nous allons lancer des grenades de gaz et être exposé quand la grenade explosera. Nous allons donner des chocs électriques et en recevoir. Y sont fous c'est canadiens. J'avais hâte d'apprendre à les utiliser mais là, je n'ai qu'une seule envie, retourner à Seattle et me cacher sous mes couvertures pour les trois prochaines semaines.

Après le déjeuner l'instructeur à pris cinq groupes au hasard et les a identifiés comme  les tireurs, car oui aujourd'hui l'essai se fait avec les balles de caoutchouc, je ne suis pas dans ce groupe. Non, moi et ma chance légendaire, je suis dans le groupe des receveurs. On me donne un casque, un masque, un gilet pare-balles et des gants, pour me protéger. Je me prépare et je remarque que le gilet n'est pas complet, je demande des explications et la réponse qu'on me donne paraît si simple mais tellement douloureuse. Ce gilet protège le cœur et les poumons. Ce qui veut dire que je peux, et je vais surement recevoir des balles dans le ventre et les cuisses.

Nerveusement je vais rejoindre les autres qui sont en attente de se faire tirer dessus, les tireurs sont en ligne devant nous, l'instructeur nous dit de rester le plus immobile possible, ce que je fais. J'ai été touché par trois projectiles, un dans la cuisse droite et deux dans l'abdomen et putain de bordel de merde que ça fait mal. Les petites plaques rouges qui se sont formées sous l'impact se sont rapidement transformé en très grosses contusions violacées et très, très douloureuse. Après m'avoir fait examiner par un des médecins de la base, c'est maintenant mon tour de tirer sur quelqu'un, je ne pensais pas que je gèlerais pendant quelques secondes. Je me suis vite repris et tiré à deux reprises sur le con qui m'a tiré dessus trois fois. Je n'ai pas été chiante, je l'ai atteint une fois dans chaque cuisse, j'ai essayé de lui tiré sur l'entre jambe mais les gars ont cette région protégé.

Le diner s'est fait dans une certaine tranquillité, plusieurs discussions à voix basse entre les gens, ce qui est fort agréable après avoir entendu hurler pendant l'après-midi. Jake discute avec les deux soldats avec qui nous sommes jumelés, me laissant dans mon monde d'observation. J'aime observer les gens interagir entre eux, on en apprend beaucoup sur une personne quand on la regarde évoluer dans un groupe. Je remarque que tout le monde parle avec quelqu'un, tout le monde sauf moi, qui les observe et Eddy qui me regarde. Je lui fais un petit sourire qu'il me rend, il se rapproche.

-         Comment vont tes contusions? Belle façon de commencer une conversation.

-         Elles vont bien, souriais-je. Les tiennes? Rendis-je la politesse.

-         Je n'en ai pas, me répond-il.

-         Comment ça? Demandais-je.

-         Je n'ai pas reçu de balle, je fronce les sourcils. Mon père s'est arrangé pour que j'assiste à l'exercice en tant qu'observateur seulement, me dit-il fièrement. Si tu le souhaites je peux lui demander de faire la même chose pour toi, m'offre-t-il.

-         Pourquoi être venue si tu ne veux pas faire les exercices? Demandais-je réellement curieuse.

-         Tu sais que ça fait partie du cursus scolaire, donc si je ne venais pas, il y a de bonne chance que je coule ce cours. Selon mon père ce n'est pas une obligation de participer, activement du moins, quel genre de père il a.

-         Qui est ton père? Lui demandais-je.

-         Je crois que tu l'as déjà rencontré, je pense à un avocat que j'aurais rencontré qui demeure à Seattle. Mes yeux s'élargissent.

-         Cullen, Carlisle Cullen, crachais-je. Eddy me fait un grand sourire en réponse, Jake se tourne brusquement vers moi, les yeux pleins de colère.

-         Qu'est-ce que ce trou de cul a encore fait? Demande-t-il avec rage.

Je n'ai pas le temps de dire quoique ce soit qu'un fort raclement de gorge se fait entendre derrière nous et le silence se fait dans la cantine.


 

*S.W.A.T : Special Weapons And Tactics : unité de police d'élite aux U.S.A, équivalent du GING français

Que chaque jour soit un nouveau départ,

Et pardonnez-vous pour hier !

(Inconnu)

Chapitre sept

Bella

 

 

Par tous les feux de l'enfer c'est quoi ça? Il y a une soirée costumée et personne n'a été avisé. Je regarde l'homme et son costume, c'est vraiment laid, je me demande en quoi il est déguisé. Il porte des bottes d'équitation lui arrivant au genou, des pantalons d'un beige foncé affreux, qui sont extrêmement ressortie au niveau des cuisses jusqu'à la ceinture. Une sorte de veston rouge à doubles boutons et un chapeau à large rebord que je n'arrive pas à décrire. Je regarde autour de moi et je dirais que les élèves de l'académie ont tous le même regard que moi, seuls les réservistes ont l'air de savoir et comprendre ce que l'homme fait ici. Je regarde encore le nouvel arrivant et c'est plus fort que moi, j'éclate de rire rapidement suivit par Jake et Eddy, le reste de la classe emboite le pas. Quand le rire s'arrête l'instructeur va rejoindre l'homme et il nous explique qu'il fait partie de la GRC, ce qui signifie Gendarmerie Royal du Canada. En gros, la GRC est un groupe de policier qui fournit un service de police municipal dans les provinces et les territoires du Canada à l'exception du Québec et l'Ontario. En plus la GRC est spécialisée dans les  enquêtes qui touchent les deux pays, soit le Canada et les États-Unis. L'instructeur nous explique que le policier canadien est ici pour nous aider à nous familiariser avec les méthodes de travail des autres corps policiers, car en étant près des frontières ils arrivent souvent qu'on doive travailler conjointement pour certaines causes. Je dois avouer que si j'oublie son habit totalement ridicule, le sujet est fort intéressant. Je retourne au dortoir seul pour profiter de la salle de bain avant que les gars s'en servent. Je n'ai jamais apprécié de passer derrière les gars, pas qu'ils ne se ramassent pas, c'est l'odeur qui m’écœure, je vais devoir leur apprendre l'utilisation du sent bon.

Je n'ai pas été courir ce matin, mes contusions sont encore très douloureuses, j'apprécie vraiment d'avoir une journée de théorie aujourd'hui. Nous passons la journée à écouter et poser des questions au policier Canadien qui est devant nous. Les réservistes n'ont pas passé la journée avec nous, ils sont venus nous rejoindre à l'heure du diner. Nous avons discuté avec eux de ce que nous avons appris durant la journée, qui a été très intéressante à mon avis. Quand mon cellulaire sonne, je m'éloigne d'eux pour avoir un semblant de vie privée et maudissant de m’être fait prendre avec ça sur moi.

Emmett s'excuse de sa mauvaise humeur lors de notre dernière conversation. Il s'excuse aussi de la façon dont il a agi durant les dernières semaines, il m'explique que la promotion va très bien et que le projet d'ouverture d'un gym dans le Tennessee est plus stressant qu'il le croyait plus que quand c'était juste sur papier. Je lui dis que je comprends, quand en réalité je ne le comprends pas du tout. Emmett commence à m'expliquer que les banques ne veulent pas leur prêter autant qu'il le souhaitait au départ et qu'il a besoin d'un certain montant comme mise de fonds, c'est là que je réalise la véritable raison de son appel. Comme je ne dis rien, il me demande carrément de lui prêter l'argent dont il a besoin. J'hésite, je ne sais pas si c'est une bonne idée de mélanger les amis et les affaires. Je lui dis que je vais voir ce que je peux faire à mon retour à la maison, il soupire fortement en me disant qu'à mon retour lui sera déjà parti. Je lui demande trois jours pour penser à tout ça. Emmett coupe la conversation peu après ma réponse. Je retourne au dortoir et j'essaie de rejoindre le gestionnaire de mes placements, il m'explique que je peux investir dans cette compagnie en exigeant d'avoir certaines parts où leur prêter avec des intérêts. Je lui demande selon lui quelle est la meilleure idée, il me dit que si je veux vraiment les aider le mieux est de leur prêter la somme demandée, car j’ai moins de chance de perdre de l’argent, mais que si j'ai des parts dans l'entreprise je vais avoir un montant à tous les mois quand les profits commenceront à entrer. Dans le pire des cas, si l’entreprise ne fonctionne pas et que j’investie, je perds mon investissement. Ou bien, je vais devoir débourser si l'entreprise fait du trou. Je le remercie et appelle Maria, je lui demande de préparer des papiers en béton qui me couvrent, peu importe ce qui peut arriver, je vais prêter la somme à Emmett et son frère.

J'attends deux jours avant de rappeler Emmett et lui dit que je vais prêter l'argent à son frère et lui. Il est vraiment content et me remercie chaleureusement. Quand je lui dis d'aller chez mon avocate en compagnie de son frère et de signer les papiers et qu'après signature elle leur dira où se rendre pour finaliser l'emprunt, sa bonne humeur s'évapore un peu. Il m'accuse de ne pas lui faire confiance, que je n'ai pas besoin d'un avocat pour lui prêter une somme qui n'est rien pour moi. Je suis bouche bée, il a vraiment pensé que j'allais lui passer près de cent mille dollars comme ça, que j'allais faire un transfert de compte et qu'il ferait ce qu'il veut avec cet argent sans aucune garantie de le ravoir. Je lui dis simplement que c'est à prendre ou à laisser. Il finit par accepter de se rendre chez mon avocate, c'est moi qui mets fin à la conversation. Pendant quelques minutes je regrette ma décision, je frotte mes yeux et secoue ma tête pour changer mes idées.

La première semaine est maintenant terminée et j'ai les cuisses couvertes de contusions car nous avons essayé toutes les sortes d'armes et de balles en caoutchouc. La semaine qui commence nous allons faire l'expérience des gaz, cette expérience me fait un peu peur car en plus de nous brûler les yeux et le système respiratoire, il coupe aussi les autres sens en nous désorientant. C'est là que nos réservistes vont nous être utiles. Eux vont porter des masques, ils pourront nous aider à sortir de la brume des gaz et nous fournir les conseils et les choses dont nous aurons besoin pour reprendre le dessus sur les effets. Les médecins et infirmiers de la base seront aussi présents, il y a des possibilités que certains d'entre nous perdent connaissances ou aient besoin de soin plus spécifique. Je sais que nous allons faire l'expérience à deux reprises cette semaine et une fois la semaine prochaine, il paraît que la deuxième fois nous allons rester plus longtemps que la première ainsi que la troisième fois, mais j'ai le droit de ne pas aimer.

Entre l'essai un et deux nous allons subir et utiliser le fameux Teaser Gun. Disons que la semaine se promet d'être douloureuse et je suis presque, je dis bien presque jalouse de Eddy qui, avec l'aide de son petit papa chéri - notez le sarcasme - ne fera pas les expériences auxquelles nous sommes soumis. J'ai discuté avec un des réservistes et il m'a dit que nous sommes évalués pendant les trois semaines que nous sommes ici, pas seulement à la fin comme nous le croyons. Ils nous évaluent sur notre comportement en général pendant les exercices, donc Eddy ne sera pas très bien noté et ces notes comptent pour l'obtention de notre diplôme. Quand et si Eddy est policier, son père ne pourra pas lui fournir un mot pour ne pas utiliser ou être victime de ce genre de chose car, avouons-le, avec internet les civils peuvent facilement se procurer des armes non létales.

Il a été décidé que seules les grenades seront utilisées, car ce sont elles qui sont le plus souvent utilisé. Nous nous plaçons tous ensemble en un groupe et quelques personnes lancent des grenades à plusieurs endroits. Chanceuse comme je le suis, une grenade tombe près de moi et explose, ce qui signifie qu'une majorité du gaz m'entoure. Mon souffle se coupe et mes yeux se ferment, j'ai de la difficulté à respirer, je ne sais plus vers où me diriger. Un soldat masqué se précipite vers moi et me pose des questions, me demandant d'essayer de respirer tout en me faisant marcher dans une direction quelconque. Je suis rapidement sortie du nuage de gaz et l'air frais entre maintenant dans mes poumons mais je ne peux toujours pas ouvrir mes yeux. J'entends le soldat demander l'aide d'un médecin, je ne pose pas de question, il sait ce qu'il fait.

Mes yeux sont fortement arrosés et doucement je peux les ouvrir sans trop de douleur. Pendant que j'ouvre mes yeux, mes sensations reviennent et je sens quelque chose couler sur mon front, je crois que c'est l'eau qu'ils ont utilisée pour nettoyer mes yeux, mais non, le docteur me dit que j'ai une coupure, un éclat de grenade m'a touché. Jake panique quand il me voit et Eddy menace de porter plainte contre ce camp. C'est à ce moment précis que je me demande jusqu'à quel point son père à du pouvoir, nous sommes au Canada et lui est avocat aux États-Unis, de ce que l'homme de la GRC nous a dit, un avocat ne peut pratiquer son droit d'exercer seulement si il est admis au barreau du Canada. Je dis à Eddy de se mêler de ces affaires, que si j'ai besoin d'un avocat je ne ferai pas appel à son père et je dis à Jake de se calmer, ce n'est pas la première fois que je vais avoir des points. Je lui rappelle quand nous avons essayé de nous construire une cabane dans un arbre et que je suis tombé du plancher que nous n'avions pas cloué. Quelques pilules contre la douleur, sept points plus tard, je suis de retour dans le champ où nous avons été gazés. C'est maintenant au tour des réservistes, ils vont nous démontrer comment nous réagissons après plusieurs expositions aux gaz. Aucun des hommes ne semble vraiment désorienté, leur respiration est légère, leurs yeux sont irrités mais ils réussissent à sortir de la brume sans trop de problèmes.

Deux jours après la première expérience avec les gaz, nous allons tester le Teaser. Pour une fois, ma malchance ne m'a pas suivi, je fais partie de ceux qui vont l'utiliser en premier. Ma victime est le réserviste qui m'a été désigné lors de notre arrivée. Nous avions été prévenus des effets mais les voir de mes propres yeux est autre chose. Voir l'homme devant moi se raidir pendant quelques secondes avant d'être pris de convulsion et tomber par terre en se tordant n'est pas agréable. Je regrette de ne pas avoir subi les effets en premier car de les voir avant d'en faire l'essai ne me donne vraiment pas envie de l'essayer. Les rôles ont été changés et quand les électrodes ont pénétré, je me suis raidie mais ce que je ne m'attendais pas est la sensation du courant électrique parcourant tout mon corps. Le cœur commence à battre irrégulièrement et rapidement, la respiration devient laborieuse et les jambes s'engourdissent et se paralysent, c'est pour cette raison que nous tombons. La sensation de picotement reste un certain temps après que le courant n'entre plus par les électrodes.

La deuxième expérience avec les gaz a été plus facile que la première fois, je n'ai pas réussi à sortir du brouillard, mais je marchais dans la bonne direction. Mes yeux et mes poumons ont un peu moins brûlé que la première fois, mais ce n'est toujours pas agréable et pas aussi facile que pour les réservistes. Je me demande combien de fois il faut être exposé au gaz pour résister comme le font les réservistes.

L'instructeur nous dit que pour la dernière semaine nous aurons quatre tests écrits qui se dérouleront sur deux jours. Ensuite nous aurons notre dernière expérience avec les gaz et les deux journées restantes, il y en a une ou nous aurons la possibilité de faire le parcours d'entrainement et la dernière nous ramassons nos choses car nous partons à six heures du soir pour retourner à la maison. Je suis ravie que le voyage se fasse de nuit, la route va paraître moins longue et à notre arrivée nous aurons qu'à préparer nos valises pour nous rendre à La Push.

 

J'ai souri en repensant aux tests que nous avons passés, la majorité des questions étaient sur comment nous avons vécu les effets des choses que nous avons faits. Je repense à ce que mon réserviste m'a dit quand il m'a dit que Eddy ne passerait pas les tests car il n'a pas fait les expériences, ça, c'est une chose qu'il ne peut pas s'acheter, les résultats. Je me pose des questions sur Eddy, il agit étrangement, il passe la plupart de son temps à me regarder, essayer de m'aider si je suis mal ou blessée. Il m'a même offert un massage un soir où j'avais quelques courbatures, ce que j'ai refusé sans même me poser des questions. Je repense aux semaines que j'ai passées dans ce camp et je suis fière de moi, j'ai réussi à faire ce qui nous a été demandé sans rechigner et me plaindre, je me demande si mon père aurait été fier de moi lui aussi.

Aujourd'hui est le jour où nous pouvons essayer de faire le parcours des soldats, ce n'est pas une obligation, juste une offre. Comme je suis certaine que Eddy ne le fera pas, j'ai décidé de le faire, comme à son habitude Jake le fait aussi, en disant que si sa sœur le fait, lui aussi peut le faire. Le parcours n'est pas très long, il est plein d'obstacle et la seule chose qui nous est demandée est de le faire le plus rapidement possible. Sur trente élèves de l'académie nous sommes une dizaine qui vont faire ce foutu parcours, les autres seront là pour nous encourager.

Le départ est donné, je passe la course dans les pneus assez facilement, ensuite nous devons passer par-dessus un mur, il n'y a pas de corde, nous devons sauter, nous accrocher avec nos mains et nous hisser par la force de nos bras pour sauter de l'autre côté. L'obstacle suivant est de ramper dans la boue sous des fils barbelés, passer à quatre pattes dans un tunnel de bois, grimper dans un filet et enfin se rendre le plus rapidement possible à l'arrivée. Évidemment les réservistes ont été les plus rapides mais Jake et moi avons été les plus rapides de l'académie, je suis arrivé à la fin peu après Jake, encore une fois l'équipe Black-Swan est la meilleure.

Après une petite danse totalement ridicule je vais au dortoir prendre une douche et ensuite commencer à préparer mes bagages. Je n'ai pas grand chose mais je veux être certaine de ne rien oublier, Jake m'accompagne au dortoir, juste pour être certain que Eddy ne me suive pas. Je vérifie si j'ai eu des appelles pendant que je faisais le parcours ou quand j'étais sous la douche, le seul que j'ai en est un de Billy. Je n'ai pas reparlé avec Emmett depuis que j'ai accepté de lui prêter de l'argent, Maria m'a confirmé que lui et son frère sont allés signer les documents et c'est tout. Avoir su qu'il allait m'ignorer, je ne lui aurais pas prêté d'argent.

Je pensais que faire la route de nuit était une merveilleuse idée, je me suis totalement trompé. Premièrement je n'ai pas réussi à m'endormir avant minuit, donc pas beaucoup de sommeil. En partant à six heures, heure de Jasper, l'arrivée c'est fait à cinq heures, heure de Jasper, il est quatre heures à Seattle à notre arrivée. Jake et moi sommes retourné à l'appartement et nous avons laissé nos bagages dans le salon et nous avons été nous coucher. Il ne m'a pas fallu longtemps avant que le sommeil vienne me chercher pour m’amener dans le merveilleux monde des rêves qui n'ont aucun sens logique. Je me suis réveillé à onze heures en pleine forme, je vais me laver, prendre un café et un bon repas. Je laisse une note à Jake qui lui dit que je suis allé terminer mes achats pour Noël, il ne me manque que deux cadeaux, celui de Jake et celui de Nessie.

Je sais ce que je vais offrir à Jake, je lui offre un cours de conduite de moto. En ce qui concerne Nessie, je n'ai aucune idée, la seule chose qui me vient est un paletot comme le mien, elle m'a dit à plusieurs reprises qu'elle aimerait en avoir un. Finalement c'est ce que je lui offre, j'ajoute un blouson de moto en cuir pour Jake. Quand mes achats son terminé, je vais dans une petite boutique qui offre comme service d'emballer les cadeaux. J'adore cet endroit, j'ai la possibilité de choisir le papier, le ruban, la carte où les employés peuvent le faire pour nous, tout ce qu'ils veulent savoir c'est le sexe de la personne à qui est dédié le cadeau et quel est son âge. Je quitte le centre commercial deux heures après mon arrivée, les paquets sur le siège arrière de mon camion et je chante des chants de Noël. Il a été décidé que nous prenons mon camion pour nous rendre à La Push, Jake va laisser sa Rabbit à Nessie qui va rendre visite à ses parents qui demeurent à Port Angeles et elle viendra nous rejoindre pour le premier janvier.

Le moteur du camion n'est pas encore éteint que Billy ouvre la porte de sa maison et nous regarde avec un énorme sourire. Je descends du camion et me dirige vers Billy, je me penche pour l'embrasser sur la joue, il me serre dans ses bras en me souhaitant la bienvenue. Je suis heureuse d'être de retour à cet endroit qui signifie beaucoup pour moi. Je vais aider Jake à entrer les cadeaux et nos sacs de voyage, nous nous installons dans sa chambre qui a maintenant un lit superposé, lit double en bas et lit simple en haut. En voyant ce lit nous éclatons de rire, je dis, toujours en riant, que c'est moi qui prends le lit du dessus. Il faut dire que Jake est quand même rendu à 6 pieds 5 pouces (1,98 mètre) et avec toute la musculation qu'il fait il est aussi large que Emmett. Il faisait tellement pitié dans le petit lit qu'il avait dans le dortoir au camp militaire, les bras de chaque côté et les pieds qui dépassent, c'était vraiment drôle. Je lance mon sac sur le lit du haut et je sors de la chambre pour aller rejoindre Billy qui est dans la cuisine, essayant de faire je ne sais quoi avec n'importe quoi.

 

-         Qu'est-ce que tu fabriques? Demandais-je à Billy avec un sourire dans la voix.

 

-         Du *tout s'qui, me répond-il. J'éclate de rire.

 

-         Je vais le faire, je regarde ce qui traine dans le frigo et les armoires pour préparer le fameux *tout s'qui. 

 

Je trouve tout ce dont j'ai besoin pour faire une soupe aux choux, un pain de viande avec sauce aux champignons, pommes de terre sautées avec poireaux et pour dessert gâteau aux bananes et aux noix. J'allume la radio et choisi une station qui diffuse que des chansons de Noël, je danse et chante en préparant les plats. Je fais quelques portions de plus, Rachel se joindra à nous après son travail, elle est secrétaire médicale dans une clinique à Forks. Billy m'a dit qu'elle a beaucoup changé depuis qu'elle est revenue, elle est moins égoïste et moins avare, surtout depuis que Billy a arrêté de payer pour tous ces caprices. Enfin bref, j'ai décidé de donner une chance à Rachel, je sais qu'elle n'a pas toujours eu la vie facile et à vrai dire, je l'aimais bien avant, quand nous étions petites.

Le repas se passe comme dans mes souvenirs, tout le monde essaie de parler plus fort que les autres, tout le monde rit. Le calme revient finalement durant le dessert quand Jake et moi racontons notre expérience au camp. Il faut dire que quand on le dit, ce n'est pas comme quand on le vit. C'est vrai, aller dire à quelqu'un que vous avez été gazé à trois reprises, que vous avez eu un choc de Teaser, fait un parcours d'entrainement militaire, étudier les méthodes de travail entre deux pays, et se faire tirer dessus avec des balles de caoutchouc à deux reprises et tout ça, en trois semaines. Rachel demande si tout ceci est vrai, je sors mon téléphone et lui montre les photos et les vidéos que j'ai pris et faites prendre par d'autres, pour la première fois en un an, j'ai vu du respect dans ses yeux. Il y a même des photos de moi pendant que je me fais coudre le front, assise sur un rocher, en arrière-plan on voit encore la brume des gaz. Billy marmonne des choses incompréhensibles pour moi car il parle Quileute, Jake me dit qu'il ne peut pas répéter ce qu'il entend, même si il est adulte son père va lui laver la bouche avec du savon.

La journée du 24 se passe comme dans mes souvenirs, du temps ou j'étais petite, je passe la journée en pyjama, assise devant la télévision à regarder des vieux films de Noël, mangeant une tonne de cochonnerie et buvant beaucoup de boisson gazeuse chaude et des chocolats chauds, avec guimauve. Jake et Rachel m'accompagnent dans mon retour dans le passé, Billy nous regarde souriant et c'est même lui qui nous prépare nos chocolats chauds, il est le meilleur pour les faire. Je ne sais pas comment il fait pour que les guimauves absorbent juste ce qu'il faut de liquide sans devenir trop grosse et trop engorgée de liquide.

Le soir vers vingt et une heures, habillé en lutin, Jake, Rachel et moi, faisons le tour de nos amis et allons leur porter les présents que nous avons pour eux. C'est Rachel qui en a eu l'idée et je dois avouer qu'elle est super cette idée. Nous commençons par les Clearwater, je donne à Leah un certificat cadeaux au centre commercial de Port Angeles, d'une valeur de cinq cents dollars, elle me serre très fort dans ses bras, je donne à Seth trois jeux vidéo. Leah m'offre un tour de cou en cuir avec un pendentif qui s'ouvre, à l'intérieur il y a une photo de moi et mon père, l'autre en est une d'elle et moi.

Ensuite nous nous dirigeons chez Paul, qui éclate de rire en nous voyant, je lui tire la langue et lui donne son enveloppe. Comme je n'ai pas vraiment d'imagination, j'offre à Paul un certificat cadeaux dans un magasin d’outil, je sais qu'il en a besoin pour son travail, d'une valeur de cinq cents dollars. Il m'embrasse à pleine bouche, je me recule et essuie mes lèvres en grimaçant. Il m'offre un bracelet en cuir tressé, un bracelet Quileute qui signifie l'amitié, une promesse d'amitié éternelle. Nous continuons notre route en faisant quelques arrêts pour des amis de Rachel.

Nous trouvons Quil et Embry marchant sur le bord de la route, je leur explique que cette année, je leur offre un cadeau pour les deux. Ils ont l'air surpris et ouvrent l'énorme boîte, à l'intérieur se trouve une caisse de boîte de condom. Jake leur offre un nombre incalculable de bouteilles de Vodka et de Téquila. Nous éclatons tous de rire et leur souhaitons un joyeux Noël.

Notre prochain arrêt est chez Jared où Kim est présente, je donne à Kim son cadeau, sur une feuille j'ai écrit le nom d'une boutique avec l'adresse. Elle me regarde étrangement, je lui explique que cette boutique en est une qui se spécialise dans les robes de bal. Qu'elle n'a qu'à se présenter et choisir la robe de son choix, c'est moi qui paie. Elle me saute au cou et m'embrasse sur la bouche, beurk c'est dégoûtant, j'ai préféré le baiser de Paul tout compte fait. Elle me dit que mon cadeau est chez elle, elle va venir me le porter demain.

En ce qui concerne Jared j'ai eu un peu plus de difficulté à choisir, je sais que sa famille n'est pas très fortunée en raison de la maladie de son père et en plus sa mère à perdue son emploie. Je lui offre une enveloppe et je lui dis de l'ouvrir avec ses parents, que c'est un cadeau pour sa famille de la part de la famille Black et la famille Swan. Il fronce les sourcils et me remercie hésitant. Dans l'enveloppe il y a un chèque certifié de quarante mille dollars, Billy à mis vingt milles et j'ai mis vingt milles moi aussi. Il me donne une petite boîte en me disant que ce n'est pas grand chose, je l'ouvre et découvre un pendentif en forme d'étoile de shérif, j'enlève le bracelet que Paul m'a offert et y met le pendentif. C'est parfait.

Mon dernier arrêt est chez la famille Uley, qui nous accueille avec des sourires, pour eux je leur offre une fin de semaine dans un centre de villégiature, la date est déjà choisie car c'est moi qui garde la petite Samantha. Je peux dire qu’Emily est très heureuse de son cadeau, Sam pour sa part à l'air content d'avoir un peu de temps en compagnie de sa femme. Nous continuons à faire la tournée des gens que Rachel connaît. Quand tout est terminés, nous retournons à la maison et buvons un café aromatisé en compagnie de Billy qui rit des réactions des gens en nous voyant.

Le matin de Noël se passe tranquillement, l'échange de cadeau va se faire en après-midi, normalement on était supposé le faire hier soir mais nous n'avions plus envie quand nous sommes arrivé de la distribution des cadeaux. Donc ce matin on peut dormir, mais comme je ne suis pas une personne qui dort beaucoup le matin, je me lève assez tôt. Billy, qui est déjà à la table, buvant un café et m'offre une tasse que j'accepte volontiers. Je raconte à Billy des souvenirs de mes Noël avec mon père, il comble mes blancs par ses souvenirs à lui quand une frappe à la porte se fait entendre. Billy va ouvrir, il revient avec Jared accompagné de son père, Jared me serre très, très fort dans ses bras, les yeux pleins d'eau. Son père serre la main à Billy et embrasse mes joues, je leur donne un petit sourire mal à l'aise, je ne m'attendais pas à une telle réaction. La mère de Jared arrive quelques minutes derrière eux et elle nous remercie chaleureusement. Je leur offre une tasse de café que les trois acceptent, monsieur Mahan nous parle de sa maladie, il a un cancer des poumons. Un est complètement atteint et l'autre est touché à 50%. Le plus triste est qu'il vit probablement ses dernières fêtes. Pour changer le sujet, je conte à Jared ce que j'ai fait dans les trois dernières semaines, ce qui a eu l'effet que j'espérais, j'ai fait rire les gens présents. Quand Jake et Rachel se sont levés, la famille Mahan est retournée à leur domicile.

Cette année il n'y a pas beaucoup, ni de gros cadeaux sous le sapin chez les Black. Le plus gros est le paletot pour Nessie. Jake et moi avons offert des cadeaux communs à son père et sa sœur. Nous leur offrons des billets d'avion à destination d’Hawaï, ils vont aller passer deux semaines chez Rebecca, la sœur jumelle de Rachel, toute dépense payée. Rachel saute partout en riant et pleurant de joie. Billy s'excuse et va à la salle de bain, quand il revient il a les yeux bouffis et rouges. Ensuite nous offrons un sonar pour la pêche à Billy. Une fin de semaine pour quatre, elle invitera des amies, dans un spa à Rachel, Jake m'a dit qu'elle avait adoré quand il lui a offert pour son anniversaire. Je donne à Jake ses cadeaux et il m'a fait un énorme sourire que je ne comprends pas. Il me donne mon cadeau qui consiste en un cours de conduite pour moto. J'éclate de rire, nous ne sommes pas frère et sœur de sang mais c'est tout comme.

Rachel m'offre un bon d'achat chez Victoria Secret, elle offre à Jake un bon d'achat dans une boutique quelconque. Billy m'offre une bague, je la regarde comme il faut et je m'aperçois que c'est la bague de policier de mon père. Je lui demande où il a eu ça, il m'explique que quand Paul et Jared ont fait des travaux dans ma maison, ils l'ont trouvé entre deux planches des escaliers qui mènent à l'étage. Je me souviens que mon père disait souvent qu'un jour quand l'escalier serait à  refait, nous aurions une surprise. Je serre Billy dans mes bras et l'embrasse sur la joue, me promettant de remercier les gars de lui avoir ramené. J'offre finalement à Jake son blouson de cuir.

Je passe le reste de la semaine avec la bande, je suis heureuse d'être ici, Dieu que mes amis m'ont manqué. La semaine a passé tellement vite que j'ai réalisé que le congé était bientôt terminé quand Nessie est arrivé. Le manque de place se fait sentir par la présence de Nessie, je ne sais pas où je vais dormir, je ne peux quand même pas dormir au-dessus d'un couple. Jared, Paul, Kim et Leah m'offrent tous une place où rester pendant le restant du congé, je prends l'offre de Leah. J'ai tellement de choses à lui dire, les choses que je ne lui ai pas dites par e-mail, comme ma relation complexe avec Emmett. Je veux aussi savoir où elle en est avec Paul car si j'ai bien remarqué, leur relation a évolué depuis la dernière fois que je lui ai parlé. Pas besoin de poser des questions sur Kim et Jared, c'est assez évident qu'ils forment un couple.

En ce qui concerne ma relation avec Emmett, si je suis honnête avec moi-même, je ne sais pas quoi en penser. Je ne suis même pas certaine de l’aimer. Il passe énormément de temps avec Blondasse, le fameux mannequin qui fait la promotion des gyms, la belle et magnifique Rosalie Hale. Je me doute qu’il fait plus que de la promotion avec elle, et ça me fait un peu peur. Bien qu’on ait jamais discuté d’une relation exclusive, je n’ai pas eu de relation avec qui que se soit depuis que je suis avec Emmett sur une base régulière. En réalité, je ne lui fait pas vraiment confiance. C'est comme quand je lui aie prêté une somme considérable, ce qu'il ne sait pas, si il n'a pas lu attentivement les documents, c'est que c'est à McCarthy's gym que j'ai prêté l'argent, pas à Emmett McCarthy. J'ai prêté de l'argent à l'entreprise et si je n'ai aucun remboursement, je peux prendre un recours contre les propriétaires de l'entreprise ou saisir leurs entreprises. C'est en discutant avec Maria que j'ai pu faire la distinction entre les deux, le propriétaire et mon «copain», quoique je n'aurais pas prêté cette somme à une entreprise si mon «copain» n'avait pas été l’un des propriétaires.

Je décide d'appeler Emmett, pour prendre de ces nouvelles, savoir comment va son projets et comment se déroule le temps dans sa famille. Ce n'est pas Emmett qui répond, même si c'est sur son cellulaire que j'appelle, c'est une femme, pas très âgé d'après la voix. Elle me dit que Emmett lui a demandé de répondre car il attend un appelle important. Quand je lui demande ou il est elle reste vague en me disant qu'il est sous la douche ensuite qu'il est à l'extérieur avec ces frères et cousins. Elle me dit qu'il me rappellera et coupe la communication. Emmett me téléphone dans les minutes suivante  et nous discutons un peu, il s'excuse de son comportement, me disant que c'est due au stresse que lui procurait l'ouverture d'un nouveau gym et me remercie de lui avoir fait le prêt. Nous nous donnons rendez-vous à mon retour à Seattle, lui devrait arriver une journée avant moi. Il me dit que je lui manque. C'est la première fois que Emmett me dis une chose comme celle-ci, je ne réponds rien.

Ça faisait à peine trois minutes que j'étais de retour à l'appartement quand Emmett a débarqué dans mon salon, il a du me voir quand je suis passé devant son appartement. Nous n'avons pas échangé un mot qu'il m'a pris dans ses bras et m'a apporté à ma chambre. Nous avons passé la nuit à « rattraper » le temps que nous avons été loin l'un de l'autre et régler les conflits. Quoique c'est un comportement étrange, même venant de lui, surtout si on prend en considération tout ce qui c'est passé dans le dernier deux mois environ. Heureusement que j'ai décidé de revenir une journée plus tôt qu'à mon habitude car je ne sais pas comment j'aurais pu survivre à ma première journée de cours avec seulement quelques heures de sommeil.

 


 

* Tout s'qui : est un plat facile à faire, on fait quelque chose à tout s'qui(tout se qui) reste.

 

 

Le lifting le moins cher,

Le rire !

(Inconnu)

Chapitre huit

Bella

 

Je regarde fixement Miss Blondasse et Aro alternativement. Je ne veux pas et ne peux pas croire ce que je viens d'entendre. Je fixe finalement mon regard dans celui de mon frère, lui demandant silencieusement de me sortir d'ici avant que je fasse une chose que je pourrais peut-être regretter. Jake me fait un signe de tête et me prends par le coude m’obligeant ainsi à le suivre jusqu'à sa voiture. Je monte sur le siège passager et nous roulons en silence, sans but. Nous ne pouvons pas aller à l'appartement car Billy et Rachel nous y attendent surement et je n'ai pas le goût de les voir, pas pour l'instant du moins. Quand la voiture c'est arrêter, je remarque que nous sommes à une plage quelconque, je vais m'assoir sur le sable et fixe mon regard sur les vagues.

 

Flash Back (6 mois plus tôt)

Après mon retour de La Push en janvier ma relation avec Emmett est redevenue semblable à celle que nous avions avant que débarque Miss Blondasse. Notre relation devient plus stable qu'avant, moins axé sur le sexe, nous passons plus de temps à apprendre à nous connaître et j'adore ça. Emmett m'a confié avoir fait plus que de la promotion avec Miss Blondasse, me jurant que ça ne se reproduira plus. J'ai décidé de lui donner une chance et de lui pardonner. Emmett est plus compréhensif qu'avant, surtout en ce qui concerne mes études, il ne me dit plus que je devrais changer de branche d'étude, je ne sais pas s’il accepte mon choix ou s’il s’est rendu compte que je ne changerai pas. À la fin janvier Emmett m'a dit qu'il m'aimait et ensuite il m'a demandé si je voulais être sa petite amie officiellement. J’étais tellement surprise par cette révélation que machinalement «moi aussi» et nous sommes un couple depuis.

Les mois de février à mai ont défilé sans aucun problème pour moi. Ma relation avec Emmett continue sur sa lancée, nous avons même fait quelques projets pour le congé que je vais avoir avant de commencer ma formation de quinze semaines. La formation se déroule du cinq juillet au dix-huit octobre, la cérémonie de remise des badges est le vingt-cinq octobre. Enfin bref, nous avons parlé de la possibilité d'aller passer une semaine chez une de ces tantes dans le Tennessee. En même temps, il veut me montrer à quoi à servi mon prêt. En parlant du prêt, je n'ose pas demander à Emmett quand il commencera à me rembourser, je ne suis pas à l'aise d'aborder ce sujet avec lui, surtout que nous sommes maintenant en couple. À l'école c'est tout le contraire, c'est un rush constant, les enseignants nous bombardent de test blanc pour nous préparer à ce qui s'en vient en juin. Normalement je ne m'en fais pas trop pour les examens mais cette fois-ci, je suis très stressé, si par malheur je ne passe pas un seul examen, je n'ai pas mon diplôme. Je n'ai pas passé trois ans à étudier comme une malade pour ne pas réussir. Donc plus je stresse, plus Emmett essaie de me rassurer en me disant que tout ira bien.

Fin Flash Back

 

Il y a une semaine que les examens sont terminés et j'ai eu mes résultats et je les passe tous haut la main, tout comme Jake. Demain est la remise des diplômes et tous nos invités seront présents, j'ai tellement hâte de revoir mes amis, ils m'ont tous énormément manqué et un peu inquiète car Jake et moi sommes tous deux les majors de la promotion. Donc nous ferons le fameux discours ensemble, au moins je ne serai pas seule devant tout le monde. Aro et Sulpicia ainsi que Sam et Emily seront présents, les deux hommes qui me font le plus pensé à mon père, ne serait-ce que par leur profession et amitié avec lui, n'a pas de prix pour moi. Je regarde ma montre, c'est maintenant l'heure de partir. Je monte dans mon camion avec Leah, Paul, Jared et Kim, Jake prend Rachel, Nessie et Billy, la famille Uley et la famille Volturi nous rejoindront sur place. En arrivant je cherche Emmett et je ne le trouve nulle pars. Je vais prendre ma place dans le premier rang de chaise face à la scène spécialement montée à l'extérieur pour l'occasion. Le directeur tapote le micro et se racle la gorge pour attirer l'attention ainsi demander le silence.

 

-         Chers parents, familles et amis,

          Chères étudiants et étudiantes,

 Je vous remercie d'être venus si nombreux pour cette cérémonie, qui honore la promotion 2006-2007.

 Cette cérémonie de remise de votre diplôme représente un moment infiniment joyeux, qui consacre l'ensemble de vos études menées jusque-là, et une étape vers votre avenir.

 Il y a trois ans, je vous souhaitais la bienvenue à l'Académie Policière de Seattle, aujourd'hui je reviens vers vous pour vous féliciter de vous en être sortis, et surtout pour en être sortis diplômés.

 En effet, notre école à une tradition d'exigence et d'excellence pour décerner son diplôme. Nombre de vos camarades ont abandonné en chemin, ce qui renforce votre mérite et démontre votre endurance et votre courage.

 Vous avez dû relever des défis importants au niveau intellectuel, et nous sommes convaincus que vous saurez tirer parti des moyens que nous avons mis à votre disposition tout au long de votre future carrière professionnelle.

 Je tiens également à remercier les responsables pédagogiques et administratifs pour leur engagement et leur collaboration de tous les instants.

 Chers diplômés, je vous souhaite à tous beaucoup de succès dans vos entreprises ainsi qu'une vie remplie de bonheur. Je laisse maintenant la parole au duo, que nous appelons affectueusement, le duo Black-Swan, nos deux meilleurs élèves depuis vingt ans. Les élèves, les invités et tous les membres de l'Académie applaudissent. Jake et moi montons sur la scène, je prends une grande inspiration, n’aimant pas que l’attention soit sur moi et nous prenons place au lutrin.

 

-          Merci monsieur le directeur. Jake et moi parlons en même temps, ce qui fait rire l'assistance.

 

-          C'est un honneur et un privilège de prendre la parole, au nom des étudiants, pour prononcer le mot de la fin de cette cérémonie, qui, si elle clôt une étape importante de notre vie, reste tournée vers l'avenir. Commençais-je le discours.

 

-          Une cérémonie porteuse de promesse que nous nous sommes faites envers nous-mêmes et envers tous ceux qui nous entourent. Des promesses de grandeur, d'idéalisme, d'horizon, de voyage, de pays, de continents mais surtout d'accomplissements. Personnels et professionnels. Dis ensuite Jake.

 

-          Or que dire si ce n'est au revoir? Un au revoir en toute simplicité et en toute légèreté qui, s’il évoque un départ vers de nouveaux horizons, ne témoigne pas moins du bagage des trois dernières années passées ensemble sur les bancs d'école ou autour d'un verre. À la bibliothèque, au gym et même à Jasper Park au Canada. Les étudiants éclatent de rire à ma dernière phrase.

 

-          Un au revoir et un merci aux professeurs et aux mentors qui nous ont accompagnés tout au long de notre cheminement académique. Qui ont questionné nos certitudes, déconstruit nos connaissances, aiguillé nos intuitions. Aux professeurs qui ont participé au débat, l'ont alimenté, bonifié, mais qui ne l'ont surtout pas clos. Qui nous ont finalement montré que plus que la certitude, le doute encourage le développement, le dépassement et la réalisation de soi. Ajoute Jake en me cédant la parole.

 

-          Un au revoir à la direction, avec qui, à force de rencontres, nous avons établi un dialogue afin d'améliorer notre quotidien estudiantin, notre environnement intellectuel, notre milieu de vie académique. Un dialogue à l'image de la diversité du corps étudiant et parfois du choc des cultures. Jake montre une photo agrandie de l'agent de la GRC, en uniforme, que nous avons rencontré. Un au revoir au personnel de l'Académie qui, bon an mal an, garde le phare, en constitue le ciment, guide les étudiants, les conseille et les oriente à travers les méandres de l'administration qui nous pèsent parfois. Je vois quelques enseignants me saluer de la tête.

 

-          Un au revoir qui emporte avec lui le souvenir d'un passage à la fois long, pour certain, Jake regarde Eddy, et bref à l'Académie qui est devenu au fil du temps le point de convergence des idées, des couleurs et des esprits. Notre point de convergence à nous. Qui est peuplé de longues heures à la bibliothèque et de polycopiés certes, petit rire des étudiants et enseignants. Mais qui est surtout peuplé de rencontres, d'échanges, de dialogues, de débats, de remise en question, de doutes, de certitudes, d'échecs et de succès. Bref, de vie et d'amitiés. Continue Jake.

 

-          Car qu'auraient été ces trois années sans les personnes que nous avons rencontrées? Qu'aurait été la formation dans ce lieu et même les nuits blanches devant nos écrans d'ordinateur sans ces personnes qui ont habité le mouvement de la ville, l'ont construit, rythmé et animé? Ces personnes qui sont devenues au fil du temps des amis. Ces amis à qui nous disons aujourd'hui au revoir. Dis-je.

 

-          Un au revoir chargé de sens, mais empreint de dynamisme, de liberté et de confiance, qui nous pousse inéluctablement vers de nouvelles réalités. Des réalités originales, différentes, bigarrées. Mais dont nous sommes très certainement désormais outillés pour en affronter les contours, les formes et les défis.  Termine-t-il.

 

-          Il ne faut pas oublier de remercier vous, familles et amis de longues dates qui nous ont soutenus et appuyées au cours des années, je regarde Sam et Aro. Vous êtes en partie responsable de notre réussite. J'aimerais dire que les amis sont des anges qui nous remettent sur nos pieds quand nos ailes ne savent plus voler. Dis-je ma dernière phrase en regardant Jacob et mes amis de La Push. Cette phrase a plus de sens pour moi que tout le reste du discours.

 

-          À vous tous, à nous tous, nous nous disons au revoir. Mais nous nous disons surtout, ce n'est qu'un au revoir. Jake et moi parlons en même temps. Félicitations à nous, promotions 2006-2007. Les étudiants se lèvent et lancent leurs toques de finissants en l'air.

Après la cérémonie, Jake et moi allons rejoindre nos invités et nous allons prendre place à la table qui nous est désignés. Je m'assieds entre Aro et Sam qui me félicitent chaleureusement pour avoir été l'une des majors. Le repas se passe bien, je discute avec Aro qui m'annonce qu'il va avoir trois recrues au service de police de Forks. J'attends impatiemment qu'il me nomme les heureux élus, ce qui fait rire Sam et Aro. Aro décide finalement de me dire que Edward Cullen est l'un des choisis, en ce qui concerne les deux autres, ce sera le fameux duo Black-Swan. Je serre Aro dans mes bras, je le remercie de m'offrir l'opportunité de faire ma formation dans la ville de mon père. Il me dit aussi qu'il sera mon superviseur, ce qui veut dire que je vais travailler avec lui ainsi que Sam. Une chose me chiffonne tout de même, pourquoi Eddy vient aussi à Forks? Pourquoi il ne reste pas dans sa ville, avec sa famille? Je mets ces questions de côté pour l'instant et j'écoute Aro annoncer la nouvelle à Jake qui est dans un état que je qualifierais près de la jubilation. Durant la soirée, Will fait son apparition et m'amène un peu à l'écart, Aro qui doit surement avoir eu connaissance de l'entrée de Will, vient nous rejoindre et écoute la conversation.

 

-          Bella, il faut que tu viennes avec moi, me dit Will.

 

-          Pourquoi? Demandais-je plus durement que j’aurais voulu.

 

-          Emmett a eu un accident et je t'amène à l'hôpital, me répond Will.

 

-          Je viens avec toi, me dit Aro qui dépose une main sur mon épaule.

Je vois Aro se diriger vers notre groupe et d'après les réactions il doit leur dire ce qui se passe. Je rejoins Aro et nous nous dirigeons vers sa voiture. Il conduit rapidement en direction de l'hôpital ou à ma plus grande surprise Blondasse est là, avec les parents et l'autre frère d’Emmett. Will va dire quelque chose à l'oreille de sa mère. Elle se dirige vers nous, serrant la main d’Aro et m'ignore totalement. Aro discute avec la mère d’Emmett et lui fait dire ce qui s'est passé pour qu’Emmett se retrouve ici. Elle lui dit qu’Emmett était à la maison familiale en après-midi pour leur annoncer ces fiançailles avec la belle et richissime Rosalie Hale. Pendant le repas, Emmett s'est levé en disant qu'il devait partir, qu'il était attendu à une cérémonie quelconque. D'après ce que Rosalie a dit, elle était occupée à lui faire une gâterie quand l'accident a eu lieu.

Je suis sans voix. Miss Blondasse qui s'est approché de nous me regarde avec un regard plein de dédain, Aro à l'air tout aussi stupéfait que moi, j'entends quelqu'un prendre une respiration de surprise, je me tourne et voix Jacob, les yeux pleins de fureur. Je regarde fixement Miss Blondasse et Aro alternativement. Je ne veux pas et ne peux pas croire ce que je viens d'entendre. Je fixe finalement mon regard dans celui de mon frère, lui demandant silencieusement de me sortir d'ici avant que je fasse une chose que je pourrais peut-être regretter. Jake me fait un signe de tête et me prends par le coude m’obligeant ainsi à le suivre jusqu'à sa voiture. Je monte sur le siège passager et nous roulons en silence, sans but. Nous ne pouvons pas aller à l'appartement car Billy et Rachel nous y attendent surement et je n'ai pas le goût de les voir, pas pour l'instant du moins. Quand la voiture c'est arrêter, je remarque que nous sommes à une plage quelconque, je vais m'assoir sur le sable et fixe mon regard sur les vagues, essayant de savoir où je me suis tellement trompé.

Je ne sais pas combien de temps j'ai été comme ça, je suis revenue à la réalité pour voir Will qui me donnait un sourire triste. Je ne sais pas si je dois être en colère contre lui ou le remercier de m'avoir permis de découvrir la vérité. C'est lui qui parle en premier, s'excusant pour ce qu'il a fait, il me dit que ça fait un certain temps qu'il souhaite me le dire mais qu'il ne savait pas comment me le dire. Je ne lui dis rien, que peut-on dire de toute façon? Il n'a rien à dire, surtout pas au frère de l'homme que vous pensiez aimer et que ce dernier vous trompe depuis longtemps. Après quelques minutes de silence il me demande la raison pour laquelle j'ai accepté de leur prêter une telle somme? Je réponds que c'est la somme qu’Emmett m'a dit qu'il avait besoin, Will m'apprend que le montant était de cinquante milles et non cent. Je fixe Will stupéfaite me demandant ce qu'ils ont fait du surplus. Est-ce que je veux vraiment connaître la réponse? Oui, mais pas ce soir. Je dis finalement à Will qu'on se parlera une autrefois, je demande à Jake de me ramener à la maison, demain nous retournons à La Push et je n'ai pas l'intention de revenir ici, dans cette ville, sauf par obligation.

 

 

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Emmett

Couché dans un lit d'hôpital, seul avec mes remords, je me demande, pour la centième fois, pourquoi j'ai accepté de faire ça à une fille comme elle. J'aimerais dire que ma rencontre avec Isabella, non Bella Swan fut un agréable hasard du destin ou de la vie. Mais ce serait un mensonge, il a été décidé que je devais me lier d'amitié avec cette jeune femme et la faire tomber amoureuse de moi.

J'ai toujours été un peu a part du reste de ma famille, dans le sens qu'étant un enfant illégitime n'est pas toujours facile de se faire une place dans une famille. Ma mère a trompé mon père pendant des années et elle a malheureusement tombée enceinte. Mon géniteur n'a jamais rien voulu savoir de moi et Joseph McCarthy a permis à ma mère de me donner son nom. Car dans notre monde, celui de la haute société, ce n'était pas très bien vu. Will est le seul qui m'a toujours accepté, il n'a jamais mis de barrière entre nous, pour lui je suis son petit frère un point c'est tout. Mais pour James, c'est tout à fait différent, il ne m'a jamais apprécié, il m'a toujours dit que je suis la cause des constantes disputes de ses parents.

Il y a un peu plus de trois ans, un ami de James est venu me voir et il m’a demandé ce que je serais prêt à faire pour que James m’accepte finalement dans la famille. Je me souviens de lui avoir répondu que je ferais n’importe quoi. Il m’a sourit et il m’a parlé de cette fille de Forks, qui venait étudier à Seattle et qu’elle allait emménager dans mon immeuble. Il m’a dit qu’elle se nommait Isabella Swan et qu’il serait bien que je garde un œil sur elle. Je me suis dit qu’il n’y avait rien de mal à ça.

Quand je lui ai dit qu’elle avait emménagé, il m’a conseillé de me lier d’amitié avec elle, encore une fois, je n’y ai rien vu de mal. Du peu que j’avais vu d’elle, elle me paraissait d’être une fille bien. Il a fallu quelques mois avant qu’on se rencontre officiellement. Je ne m’attendais pas à ce qu’elle soit ce genre de fille. Le genre de fille aimable, drôle, gentille, compréhensive, amical, belle et plein d’autre chose. Il a été facile de développer un béguin pour Isabella, je ne pouvais pas m’impliquer d’avantage avec elle, elle était encore mineur et je ne voulais pas de problème avec la justice. La famille en avait déjà plein les bras avec James et toutes ces frasques.

L’ami de mon frère est venu me voir un soir et il m’a demandé comment se déroulait notre plan. Je lui ai alors dit tout ce que je savais, j’ai même parlé du béguin qu’elle avait pour moi. Il a éclaté de rire et il m’a dit d’y aller à fond et de profiter de ma jeunesse.

Entre temps, Will m’a parlé d’une discussion qu’il avait eu avec Jacob, le meilleur ami d’Isabella sur le manque de centre d’entraiment dans sa région. Après une légère étude de marché, nous avons décidé d’approfondir les recherches car Forks serait un endroit idéal pour ouvrir un autre gym.

Nous avons ouvert le gym et l’ami de James, est encore une fois venu me voir et m’a demandé d’approfondir ma relation avec Isabella. Ne voulant plus baiser Rachel car elle était tombé amoureuse de moi, il m’a été facile de décider qu’Isabella serait un bon plan cul. J’ai passé quelques temps avec Kim, une amie d’Isabella. Kim fut pour moi une véritable source d’information sur celle que je voulais baiser, mais étant un homme avec des besoins, je me suis un peu amusé avec elle avant de me concentrer sur Isabella. Pendant le peu de temps que j’ai passé avec Kim, j’ai bien vue qu’Isabella était jalouse, ce qui faciliterait ce que je devais faire.

J’ai finalement mis Isabella dans mon lit, ou plutôt dans le sien et bordel que j’y ai pris mon pied. Elle n’a pas l’air de ça mais elle est une vraie tigresse au lit. Quand Isabella m’a demandé de l’accompagner au mariage d’un couple à la réserve, j’ai un peu hésité, mais je me suis rapidement repris en me disant que je pouvais y aller en tant qu’ami spécial. J’ai été plus que surpris de voir Rachel, mon ancien plan cul que j’avais revu un soir, quelques semaines au par avant.

J’ai appris des choses sur Isabella qui m’ont vraiment surpris. Je savais qu’elle était orpheline mais je ne savais pas qu’elle était plus riche que la famille McCarthy. Je pensais que j’avais réussi à la mettre dans ma poche. Kim m’avait dit des choses, mais pas avec autant de détail et je dois avouer que je ne l’ai pas réellement cru, car Kim était jalouse d’Isabella et maintenant j’en comprends la raison.

J’ai poursuivit ma relation avec Isabella et j’ai même réussi à lui faire passer un été à Seattle. J’ai essayé de lui faire changer de métier, me disant qu’elle serait parfaite pour nous aider avec la gestion des centres, je me suis dit que si elle le faisait, j’allais lui offrir des parts et ainsi, nous aurions un plus gros financements, mais Isabella à une tête de cochon, elle n’a pas voulu m’écouter. J’ai bien remarqué qu’elle s’éloignait un peu, j’ai alors décidé de la présenter à la famille. J’ai dit à mes parents qu’elle était une étudiante qui travaillait dans un bar pour subvenir à ces besoins, ce qui a eu l’effet escompté sur ma mère.

Quand Will a proposé à Isabella de devenir porte parole pour nos centres, j’ai refusé car je ne voulais pas qu’elle soit trop impliquée avec mon frère. Pas que j’avais peur qu’il essaie de me la « voler», je savais que Will l’appréciait et ce n’est pas une bonne chose quand t’impliques ton plan cul avec la famille. J’ai donc trouvé un mannequin qui a accepté de faire la promotion, la belle et plantureuse Rosalie Hale. En moins d’une semaine, je couchais déjà avec elle.

Ma relation avec Isabella ne s’est pas améliorée et je ne peux pas mettre le blâme sur elle, je sais que c’est moi qui m’éloignais et quand j’ai voulu y mettre un terme, l’ami de James m’a brutalement fait comprendre que je devais poursuivre le plan et que je pourrai la laisser tomber quand il l’aura décidé. J’aurais dû demander en quoi consistait réellement le plan, j’aurais dû poser plus de question, mais je ne l’ai pas fait.

J’ai continué de voir Isabella sur une base régulière et quand Rosalie me posait des questions, je lui disais que c’était Isabella qui ne me lâchait pas, qu’elle n’acceptait pas de me voir avec une autre. Même si j’avais voulu lui dire la vérité, qu’aurais-je dit ? Je baise avec elle car ça fait partie d’un plan.

Le gym de Seattle et de Forks allait très bien et nous en étions content. Nous parlions d’ouvrir un nouveau gym dans le Tennessee et d’y engager les membres de notre famille. Quelle belle idée, le problème est que nous n’avions pas les fonds nécessaires. Après s’être fait refuser un prêt à la banque et que les parents nous ont envoyé chier, j’ai voulu me calmer en baisant sauvagement avec Isabella mais elle n’était pas là. J’ai réussi à la rejoindre pour apprendre qu’elle était à l’extérieur du pays pour quasiment un mois. J’étais tellement fâché que je l’ai envoyé chier. C’est là, avec l’aide de Dimitri l’ami de James, que j’ai eu l’idée d’emprunter l’argent à Isabella. Elle ne me le refuserait pas, j’étais certain qu’elle était amoureuse de moi. Elle a un peu hésité au début mais elle a fini par accepter, c’est pourquoi j’étais un peu sous le choc quand elle a dit qu’il fallait passer par son avocate, moi qui pensait qu’elle me faisait confiance. J’ai signé les documents sans les lire, contrairement à Will. Après avoir signé les documents, Will m’a simplement dit que ça allait me coûter cher.

Dimitri m’a clairement fait comprendre qu’il fallait que je reprenne les choses en mains et qu’il ne fallait pas qu’Isabella m’échappe. C’est pour cette raison que je lui ai dit que je l’aimais. D’après sa réaction, je savais qu’elle ne s’attendait pas à ce que je lui dise quelque chose comme ça, mais ces quelques mots ont eu l’effet escompté. La relation est devenue plus stable et elle était moins sur ces gardes en ma présence.

Isabella a finalement terminé ces cours et elle a réussi haut la main, elle est même major de sa promotion. Malgré que je profite d’elle, je suis très fier d’elle, elle a travaillé fort pour être ou elle est. J’avais prévu me rendre à la remise des diplômes et de lui avouer toute la vérité après la soirée, mais cet après-midi Rosalie m'a dit que nous devions nous rendre chez ma mère pour lui apprendre les deux bonnes nouvelles, avec tout ça, j'ai totalement oublié la remise des diplômes. C'est pendant le repas que Will m'a demandé comment Bella a pris la nouvelle de notre rupture que je me suis souvenue d'elle.

J'ai voulu me rendre directement à l'académie, mais Rosalie m'a demandé de la déposer chez moi, je ne pouvais quand même pas lui refuser. Dans la voiture Rosalie m'a dit que j'avais l'air tendue et elle m'a offert ces services pour me détendre. J'ai accepté, au fond je ne suis qu'un homme, je ne peux refuser une fellation. Nous avons eu un accident car pour une raison qui m'échappe, mes freins n'ont pas fonctionné et l'accélérateur a collé au fond, résultat, j'ai fait un accident. J'ai des côtes de cassé, dislocation de la mâchoire et un bras cassé.

Will est venue me voir un peu plus tôt et il m'a dit qu'il allait chercher Bella, il pense que je lui dois la vérité, et je suis là, seul dans ma chambre, avec mes remords pour ce que j'ai fait à Isabella Swan, une merveilleuse jeune femme qui mérite bien plus qu'un homme comme moi. Il y a une frappe à ma porte, je n'ose pas regarder qui est là, de peur que se soit Bella. Au lieu d'être elle, c'est James qui me félicite pour ce que j'ai fait, il me raconte comment Bella a réagi quand maman a raconté ce qui m'est arrivé. Il est déçu qu'elle n'ait pas dite que Rosalie est enceinte. Il rit franchement en me disant que le grand con qui est toujours avec Bella l'a amené loin de l'hôpital, il dit qu'elle n'a pas pleuré mais pas loin. Il me félicite encore une fois et il ajoute que maintenant il est vengé.

Je ferme les yeux le plus fort que je peux et j'essaie de faire taire mes remords, ce qui ne fonctionne pas du tout. Rosalie vient me voir, je n'ouvre pas les yeux, elle me dit que tout ira bien maintenant que nous sommes débarrassés de la petite conne qui était entre nous. Je laisse une unique larme couler, cette seule larme contient toute la culpabilité que je ressens. Couché dans un lit d'hôpital, seul avec mes remords, je me demande, pour la centième fois, pourquoi j'ai accepté de faire ça à une fille comme elle.

Je me réveille en sursaut, quelqu'un vient de me frapper à l'épaule. Je repère facilement la personne qui m'a fait ça, je découvre un gars, début vingtaine. Je n'ai pas le temps de réagir qu'il me frappe au visage, il me dit que je mérite ce qu'il m'arrive et que si un jour je croise Bella, je dois faire demi-tour, changer de trottoir ou même de l'ignorer totalement. Il ajoute que je lui ai fait assez de mal comme c'est là et que si j'en ajoute, il dévoilera à Bella que je n'ai jamais été sincère avec elle et ce depuis le début, il me dit qu'il a les preuves de ce qu'il avance et qu'il ne se gênera pas de les utiliser. Il me frappe encore une fois et il me laisse seul, me demandant dans combien de temps Jacob viendra me voir, j'espère avoir la capacité de me défendre car avec lui ça ne sera pas que seulement quelques coups de poing. Il m'a averti une fois que si je faisais du mal à sa sœur que je paierais. Pour la première fois de ma vie, j'ai la chienne de quelqu'un. Il ne faut pas oublier qu'à partir de maintenant, il a le droit de se promener avec une arme chargée en toute légalité. 

 

 

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Edward

Mon père pense que Bella me tombera dans les bras quand elle découvrira tous les mensonges qu’Emmett, le mammouth, lui a dit et fait vivre. Pour ma part je ne le crois pas, je suis toujours invisible pour elle, elle ne me parle pas, ne me regarde pas et elle a même changé de place durant les cours. Ce qui fait que je suis désormais assit près de Jacob, ce qui n'est pas aussi agréable que d'être près de Bella.

J'ai essayé de savoir ce qu'avait fait mon père pour provoquer une telle colère de ma belle lorsqu'elle a appris qui était mon père lors de notre séjour en dehors du pays. Il m'a dit qu'il n'a absolument rien fait contre elle, qu'il l'a rencontré lors de la lecture des volontés de son père, ce qui doit surement l'avoir traumatisé et que c'est plus facile d'accuser une personne comme lui que quelqu'un d'autre. Personnellement, j'ai de la difficulté à croire ce qu'il avance mais d'un autre côté, qui suis-je pour le contredire?

C'est finalement la journée de la remise des diplômes et mon père m'a dit qu'il ne manquerait pas ça pour rien au monde. Je n'ai pas dit à mon père que Bella et Jacob sont les majors de notre promotion, je sais qu'il ne sera pas content qu'elle ait si bien réussie, pour lui, le rôle d'une femme est à la maison, à élever les enfants. J'ai longtemps partagé cette opinion, mais j'ai regardé évolué Bella durant les trois dernières années et je peux garantir qu'elle est vraiment et sera vraiment plus heureuse d'avoir une carrière que d'être enfermé dans un manoir luxueux.

Mon père m'a inculqué ses idées bien précises sur le rôle d'une femme en société. La femme ne doit pas être sur le marché du travail, car son travail est d'élever les enfants selon les convictions de l'homme. Quand les enfants son majeurs, elle peut travailler si le mari est d’accord. La femme doit savoir cuisiner, même si il y a une cuisinière dans la maison. La femme doit toujours être à son meilleur, du matin à son réveil à son coucher le soir. Une femme doit savoir se tenir en société, ne jamais contredire son époux et surtout ne jamais rien faire qui va à l'encontre des mœurs. Une femme doit toujours être bien habillée, car on ne sait jamais quand quelqu'un viendra à la maison. Une femme doit porter des tenues légères la nuit, pour être sexy et excitante pour son homme.

Bella m'a fait découvrir que tout ce que mon père m'a appris est un pur mensonge. Une femme peut, si elle le veut, travailler et avoir une carrière et être heureuse. Qu'une femme à le droit à son opinion et ces convictions sans que se soient nécessairement mal vues en société. Elle m'a aussi fait découvrir qu'une femme peut avoir des mœurs un peu plus légères sans être infidèle lorsqu'elle est en couple. J'ai vu Bella à son réveil quand nous étions à Jasper et je peux garantir qu'elle est magnifique sans être coiffé à la perfection, sans maquillage. J'ai vue Bella dans un pantalon de jogging défraichit et trop grand pour elle avec un t-shirt d'un vieux groupe de musique qui avait des trous. Pas vraiment ce que je m'attendais d'une femme mais bon Dieu qu'elle était belle. J'ai alors décidé que jamais je ne lui demanderais de changer ce qu'elle est pour moi et ce, même si ça va contre tout ce que mon père pense et dit. Je veux une femme heureuse et épanouie, pas d'une coquille vide comme ma mère.

Quand le directeur a appelé le duo pour faire le discours, j'ai vu mon père se raidir, et ma mère avoir un petit sourire qu'elle a rapidement caché. Leurs discours en est un commun, rien de bien spécial. De toute façon, comment peut-on être original lors d'un discours de graduation, c'est presque impossible, sauf si le lauréat parle de sa vie personnelle. Ce qui n'est pas toujours possible, surtout pas quand ils sont deux à faire le discours, même si ils ont beaucoup de vécu ensemble. Enfin bref, j'ai remarqué l'absence du mammouth, je me demande ce qui a pu le retenir loin de la cérémonie.

La cérémonie se termine et nous allons tous nous assoir pour le repas, évidemment, mon père s'est arrangé pour que nous ayons la table près de celle de Bella et Jacob avec leurs invités. Je peux dire qu'il y a une grande quantité de la meute de chiens de la réserve qu'elle aime tant. Un couple se distingue des autres, ils sont blancs et d'après l'accent léger qu'ils ont, ils ne sont pas originaires des États-Unis. J'écoute ce qui se dit à la table voisine quand l'homme blanc dit à Bella que trois personnes feront leurs formations à Forks. C'est sans surprise que mon nom est dit, mon père m'a dit que c'est là que j'irais, Jacob et Bella seront aussi présents. Mon père qui écoute lui aussi la conversation me dit que l'homme se nomme Aro Volturi, inspecteur en chef à Forks et que malgré tout ce qu'il a essayé, il n'a pas réussi à « acheter » ma place auprès d’Aro. J'apprends aussi que Bella passera une partie de sa formation avec Aro.

Quand Bella a quitté la soirée, je l’ai suivis jusqu’à l’hôpital, pas pour faire un mouvement envers Bella, simplement pour savoir ce qui ce passe et comment Bella va réagir. Mon cœur, hé oui j'en ai un, c'est déchiré quand j'ai vu son regard emplit de tristesse. J'aurais aimé la serrer dans mes bras, mais je sais que ce n'est surtout pas le moment. Malgré ce que mon père pense et dit, Bella n'est pas le genre de fille qui tombera amoureuse de moi simplement parce qu'elle découvre que son copain l'a trahit. Je reste donc caché dans l'ombre, observant Bella quitté l'hôpital avec Jacob, Aro commence à parler en italien et quitte lui aussi l'hôpital après avoir regardé un homme blond, d'où je suis caché, je peux dire que l'homme n'est pas à l'aise. Je reste dans l'ombre des couloirs, je veux aller voir l'homme qui a détruit le cœur de la plus belle et aimante jeune femme qui un jour sera mienne.

Je suis resté quelques minutes dans la chambre du gros con, il n'a même pas essayé de se défendre, j'ai cru voir dans ces yeux du soulagement quand il m'a vue, ce qui est vraiment étrange. Je croise Jacob Black dans les portes de l'hôpital et je suis heureux de ne pas être l'homme qui doit lui faire face à ce moment précis. Tout en lui dégage fureur et j'avoue qu'il fait un peu peur à voir. Je retourne à ma voiture en souriant, imaginant ce que Jacob fait subir à Emmett.

 

 

La sagesse est la récompense,

D’une vie passée à écouter !

(Inconnu)

Chapitre neuf

Bella

 

Je suis revenue à La Push le lendemain de la remise des diplômes, je ne voulais et ne pouvais pas rester dans cet endroit. J'avais besoin de me retrouver dans un endroit familier où que je savais que j'allais être bien. Ce que j'avais momentanément oublié c'est que je n'avais plus de place où demeurer à La Push, j'ai passé la première nuit dans la chambre de Jake, dans le lit du haut. Je n'ai pas beaucoup dormi cette nuit-là, je me demandais ou j'allais bien pouvoir aller vivre pour le temps que dure ma formation, car voyez-vous, je n'ai fait aucune démarche pour aviser mes locataires que j'allais reprendre la maison au début juillet. Donc je ne peux prendre ma maison, je ne peux vraiment pas rester chez les Black et partager une chambre avec Jake, je ne veux pas non plus aller chez aucun de mes amis et j'oublie d'aller vivre chez Aro, il est quand même mon supérieur et évaluateur pour ma formation, même raison pour ne pas aller chez Sam. Ce serait très mal vu que je demeure chez lui. Si je ne trouve pas, j'irai vivre au motel quelque temps, j'en ai les moyens après tout.

J'ai trouvé à me loger assez rapidement, je loue une petite maison sur la réserve, elle appartient en fait au conseil qui l'a récupéré si on peut dire suite au décès d'une vieille dame, la vieille pie. Emily, Sue, Leah, Kim et la mère de Jared m'ont aidé à la nettoyer de fond en comble. Billy, Emily, Sue et madame Mahan m'ont fourni tout ce que je pouvais avoir besoin pour la maison, j'aurais pu tout acheter mais ils m'ont tous dit que je le ferai quand j'aurai un « vrai » toit à moi, pas une vieille cabane comme ça. Je suis tout de même bien dans cette petite maison, j'ai finalement ce que j'ai besoin, un endroit tranquille où je peux vivre et cuver ma peine.

Les deux semaines de congé avant que la formation commence ont passé rapidement, plus que je ne m'y attendais à vrai dire. J'ai eu une longue discussion avec Kim, elle m'a dit qu’elle avait fait ce qu’elle a fait avec Emmett par jalousie, comme m'avait dit Emily il y a de ça un plus d'un an. Quand je lui ai demandé la raison de sa jalousie, elle m'a tout dit ce qu'elle avait sur le cœur contre moi. Elle m'a dit des choses qui remontait à quand je l'ai rencontré à mon arrivée à l'école ici sur la réserve. Tant qu'à avoir une conversation à cœur ouvert, j'ai dit à Kim tout ce que je pensais, ensuite je me suis permis de lui dire que je ne lui en voulais pas, nous étions jeunes et nous avons réagi comme on pensait, même si ce n'était pas la meilleure façon de faire. J'ai passé un peu de temps avec Leah, mais pas beaucoup plus qu'une ou deux soirées, je n'en peux plus de voir tout le monde heureux, ça m'en lève le cœur. En parlant de gens heureux, Jake agis étrangement avec moi, je lui ai demandé à plusieurs reprises quel était le problème, il n'a rien dit.

Emmett m'a téléphoné à deux reprises depuis que je suis partie de Seattle, je n'ai pas répondu à ces appelles, je n'ai juste pas envie de savoir ce qu'il a à me dire. Will aussi m'a téléphoné, selon son message, il veut me parler du prêt que je leur ai fait, à ça aussi je ne suis pas prête à faire face pour l'instant. Quelques jours, peut-être une semaine après être revenue à la réserve, j'ai été faire un tour au McCarthy's gym, pour me défouler, me défoncer, me redonner une dose d'énergie. À ma plus grande surprise c'est Emmett qui est à l'accueil, sur le coup, j'ai eu envie de partir, mais en le regardant bien, j'ai décidé de rester. Je me suis retenue pour ne pas éclater de rire. Je sais maintenant pourquoi Jake est si étrange avec moi. Emmett a les deux yeux noirs, il a une contusion sur le côté droit du visage et il a de la difficulté à se tenir droit. Je vais faire mon parcours d'entrainement, Emmett ne m'approche pas, à vrai dire il a disparu je ne sais où et ça fait bien mon bonheur. Je retourne à la maison après une heure trente et en route je me promets d'aller parler à Jake, juste pour qu'il me confirme ce que je pense. Jake ne m'a pas avoué que c'est lui qui a donné du poing à Emmett, mais il n'a pas dit que ce n'était pas lui non plus. Il n'a pas besoin de me l'avouer, je sais pertinemment bien que c'est lui qui lui a refait le portrait. Une part de moi est heureuse de ça, une autre est un peu en colère contre lui, car si Emmett avait porté plainte, il n'aurait pas pu faire la formation. Il n'en reste pas moins que je vais devoir le remercier pour l'avoir fait à ma place.

Aujourd'hui est LA journée de toutes les journées. Dans exactement trois heures je vais me rendre au commissariat de Forks où l'on me donnera mon uniforme, mon arme, mon badge temporaire, mes bottes, ma plaque, ma matraque, mes menottes et ma casquette, que je vais porter juste les jours de pluie, comme faisait mon père. Ce qui risque d'être régulier en raison des nombreux jours de pluie qu'il y a dans cette ville. Enfin oublions la température, il n'en reste pas moins qu'il est quatre heures du matin et je n'arrive plus à dormir. Je me lève, me change et je vais courir, restant sur le bord de la rue principale, juste au cas où il m'arriverait quelque chose. Je cours à un rythme assez lent, pour moi, pendant une heure, je retourne à la maison, prends une douche chaude, espérant me détendre. Je m'habille et essaie de manger un peu. À six heures quinze je vais chercher Jake et je peux dire que d'après son apparence, il n'a pas dormi beaucoup lui non plus. Nous faisons le trajet en silence.

En arrivant nous sommes accueilli par Aro qui nous amène au vestiaire et nous remet nos uniformes et nous demande de nous changer. Jake me fait rire en demandant ou est le vestiaire des femmes, comme si il s'attendait qu'il y en ait un. Aro ouvre la porte et dit que c'est là, Jake me pousse à l'intérieur et je l'entends demander ou est celui des hommes, Aro ouvre la porte encore une fois et répète que c'est là. Je rassure Jake en lui disant qu'il n'aura pas le temps de voir beaucoup. Je me suis mis un t-shirt blanc que je garde sous ma chemise, mon père le faisait toujours donc j'ai décidé de le faire moi aussi. Chose que j'avais oubliée, c'est que Eddy sera présent ce matin et qui m'est revenue en mémoire quand je l'ai vue, torse nu et en boxer, avec le visage de Homer Simpson dessus, dans le vestiaire. D'après la couleur de son visage je peux garantir qu'il est plus gêné que moi, Jake éclate de rire et lui dit qu'il avait les mêmes quand il avait dix ans. Je me change rapidement et je vais rejoindre Aro qui nous attend dans son bureau, pour nous remettre notre matériel. Je place l'étui de mon arme dans ma ceinture, ma matraque est à sa place le long de ma jambe droite et mes menottes dans le milieu de ma ceinture, dans mon dos. Mon badge à la poche avant gauche de ma chemise et je suis prête pour ma journée. Aro nous donne nos affectations pour la journée, Eddy va passer la journée avec le chef, Jake patrouille avec Sam et moi je suis avec Aro, qui a justement une enquête en cours.

Ma première journée passe rapidement et j'ai adoré, je ne sais pas si c'est le fait que j'ai travaillé avec un homme qui aime son travail et que ça se ressent. Ma première semaine a passé rapidement, j'avais l'impression qu'elle venait de commencer que j'apprends qu'à partir de demain, qui est samedi, je commence la patrouille avec un policier que je ne connais pas. J'espère que la semaine de patrouille passera aussi rapidement que mes cinq jours avec Aro. Et bien non, il n'y a rien d'amusant de patrouiller à Forks. Je ne sais pas si c'est à cause des heures que j'avais mais il n'y a rien de palpitant dans la ville de minuit à huit heures du matin. Dans toute la semaine nous avons amené un homme dans la cellule de « dégrisement » et donné une contravention. J'ai bue une tonne de café durant mes deux premières nuits, je n'arrivais pas à bien dormir dans la journée, mais ma troisième journée, j'ai dormi comme un bébé, j'étais tellement épuisé. Jake pour sa deuxième semaine il a travaillé avec Aro, Eddy est resté avec le chef. Pour la troisième semaine j'ai enfin eu la chance de patrouiller avec Sam, de jour à La Push. Je dis enfin car Jake m'a tellement parlé de son expérience que j'en étais presque jalouse. C'est maintenant au tour de Jake de patrouiller de nuit, j'ai presque pitié de lui, j'ai bien dit presque. C'est tellement ennuyeux. Pour la quatrième semaine j'ai travaillé avec Aro, petite semaine tranquille, nous avons été prendre une plainte et fait l'interrogatoire du supposé suspect et ensuite remplir les rapports. Jake à été avec le chef pour la première fois et Eddy a fait sa première patrouille, celle de nuit. Enfin il quitte le commissariat, j'ai pensé que la petite merde avait payé pour ne pas sortir de là. La cinquième semaine ressemble en tout point à la semaine d'avant, sauf pour notre cher Eddy qui patrouille avec Sam et je sais que Sam va tout faire pour le faire suer, pour une raison que j'ignore, mais pas pour longtemps, Sam n'apprécie pas Eddy.

Enfin la sixième semaine et c'est mon tour de travailler avec le chef, lui par contre n'a vraiment pas l'air heureux de me voir devant lui, il me donne un petit sourire qui ne me dis rien de bon. Jake patrouille avec Sam, j'ai hâte de savoir ce que Sam à fait à Eddy car après sa première journée, la petite merde voulait changer de place avec moi. Et Eddy est avec Aro, il revient  entre les quatre murs de cet endroit, j'aime l'endroit mais c'est tellement plus palpitant d'être dehors. Septième et dernière semaine où nous sommes surveillés, à partir de la semaine prochaine nous travaillons en équipe entre-nous ou seule. Jake patrouille de nuit et Eddy la merde est avec Aro. Je vous jure, la petite merde puante passe plus de temps assis sur une chaise que dans une voiture. La dernière journée de la septième semaine, le chef me demande d'aller chercher un dossier, ce que je fais, je le dépose devant lui et attend de voir ce qu'il va me demander ensuite, surement un café encore.

 

-         Assis Swan, m'ordonne le chef. Aujourd'hui nous allons travailler sur des cas non résolue, je me demande s’il y en a beaucoup des cas non résolue dans cette ville. Nous allons commencer par celui-ci. Lie-le et dis-moi ce que tu en penses.

Je prends le dossier et l'ouvre et la première chose que je vois sont les photos de mon père, la tête sur mes genoux. J'avale la boule qui s'est logé dans ma gorge et lie et relie le dossier à maintes reprises. Je lie et relie le témoignage que j'ai donné à Sam et Aro à l'époque. Je lie et surtout revit ce qui s'est passé. Après je ne sais combien de temps je referme le dossier, me demandant comment se fait-il que ce dossier soit classé non résolu, quelqu’un a été arrêté. Je regarde le chef droit dans les yeux.

 

-         Je ne peux pas travailler sur ce cas chef, dis-je froide et détachée de mes émotions.

 

-         Pourquoi? Demande le chef souriant.

 

-         Je ne peux travailler sur ce dossier car je suis un des témoins principaux de cette affaire, lui crachais-je froidement.

 

-         Pour qui te prends-tu? Me demande-t-il les dents serrées.

 

Je me lève et j'ouvre la porte du bureau, je veux que quelqu'un m'entende.

 

-         Je suis Isabella Marie Swan, fille de feu Charles Anthony Swan, appeler Charlie, et je ne peux et ne veux pas travailler sur le dossier du meurtre ‘’non résolu’’ de mon père, crachais-je assez fort et la porte de Aro s'ouvre.

Aro fait irruption dans le bureau du chef, il me pousse à l'extérieur et ferme la porte. Tout le monde dans le commissariat entend le chef se faire passer un savon par Aro qui ne laisse pas le temps à l'autre homme de répondre quoique se soit. Quand Aro sort du bureau le chef me dit que je ne serai jamais policière à Forks. Je le regarde froidement et n'ajoute rien. Il me dit de retourner chez moi et qu'il ne veut plus me voir près de lui. Je fais ce qui m'a été demandé et Eddy me donne un regard de reproche. L'espèce de lèche cul a le culot de me rejoindre au vestiaire et de me faire la morale sur ma façon d'agir et de parler au chef. Une chance que c’est Aro qui évalue ma formation car si c’était le chef, j’aurais royalement coulé.

Huitième semaine, enfin nous sommes laissés sans supervision, dans le sens où nous patrouillons seuls dans la voiture le jour et à deux, pour l'instant, durant la nuit. Cette semaine je patrouille de nuit avec Eddy et Jake patrouille de jour. Dans mon cas ça signifie que je vais passer cinq nuits avec Eddy, le lèche cul de service. La première nuit il m'attendait dans les vestiaires, lui déjà en uniforme, donc je me suis changé devant lui. Pour ceux qui connaissaient mon père, savent que lui arrivait à la maison habillé dans son uniforme, alors pourquoi dois-je me changer? Car je ne suis pas vraiment une policière à Forks. Enfin bref, revenons à Eddy qui prends plaisir à dévorer mon corps des yeux que j'en ai des frissons.

Durant notre patrouille nous avons discuté de tout et de rien. La deuxième nuit, je suis arrivé assez tôt pour ne pas le croiser dans le vestiaire donc je l'attendais près de la machine à café. Pendant la nuit, je lui ai demandé ces raisons d'avoir choisi cette carrière, il m'a dit qu'il allait me le dire à la fin de la semaine, je lui ai donné mes raisons et il n'a rien dit. À la troisième nuit, Eddy m'attendait avec un café et un beignet, je l'ai remercié sans y mettre beaucoup de conviction. La quatrième nuit, rien, nous avons discuté de n'importe quoi et tout c'est relativement bien passé. À la fin de la cinquième nuit il m'a dit qu'il était content d'avoir passé du temps en ma compagnie et il m'a serré dans ses bras. Je suis peut-être dans l'erreur mais j'ai l'impression qu'il a reniflé  mes cheveux, je me suis dégagé de lui rapidement, ne voulant aucun contact physique avec lui.

Pour la neuvième semaine je fais toujours la patrouille de nuit, j'ai le sentiment que je vais beaucoup patrouiller de nuit car au final, c’est le chef qui décide de mes affectations même si ce n’est pas lui qui m’évalue. Enfin, je me la ferme et je fais ce qui m'est demandé, je ne suis qu'en « stage » finalement. Donc je passe la semaine avec Jake et je lui raconte ma semaine avec Eddy. Je pensais que Jake allait trouver le tout très amusant, au contraire, il ne rie pas du tout, il me dit de me méfier de lui et il me parle de ces doutes sur lui en ce qui concerne les quarante et une roses, les quarante et un chocolat et la carte livrée dans la classe. Je ne sais pas quoi dire à ce sujet, j'essaie de me souvenir et c'est vrai que je l'ai toujours trouvé étrange et il m'a fait peur durant mon été à Seattle mais par la suite je n'ai rien remarqué d'étrange. Je pense aux raisons qui font que je ne l'apprécie pas, outre son comportement bizarre. La seule raison qui me viens est qu'il est le fils d'un trou du cul, un fils de pute, un homme qui a voulu m'arnaquer, un homme qui a voulu profiter d'une jeune fille de quinze ans. C'est assez pour que je ne l'aime pas.

Dixième semaine je patrouille seule de jour et j'adore. Je n'ai aucune difficulté à faire mon travail, bien au contraire, les gens qui ont bien connu mon père et moi par le fait même, sont heureux de me voir même si je leur donne une contravention ou un avertissement. Cette semaine je patrouille que dans la ville de Forks, à ma prochaine patrouille de jour je vais répondre aux appels qui viennent de La Push et Forks. Jake est encore de nuit, il passe la semaine avec Eddy.

Onzième semaine et je suis de retour à la patrouille de nuit et pour mon plus grand malheur je suis, encore une fois, jumelé avec Eddy. La première nuit a été un vrai charme, ce que je veux dire par-là, Eddy ne m'a pas parlé, sauf en ce qui concerne les choses en lien avec notre boulot. Je ne sais pas ce qui s'est passé durant la journée mais à la deuxième nuit, il y avait une rose sur le siège de la voiture. J'ai dit à Eddy qu'elle devait être pour lui, surement d'une admiratrice « secrète ». Et là, il me regarde droit dans les yeux, un petit sourire de con, et il me dit que la rose est pour moi et qu'elle vient d'un « admirateur » pas vraiment secret, lui. J'ai pris la rose, je me pique avec une épine, et je vais la mettre à la poubelle sous le regard ahuri d’Eddy. Je monte dans la voiture et attend que le gars se décide d'embarquer à son tour. Le matin après ma troisième nuit je découvre une enveloppe dans mon casier, comme je suis seule j'en profite pour l'ouvrir et lire ce qui se trouve à l'intérieur.

 

Ma belle brune,

Je sais que ton ancien petit ami t'a beaucoup blessé mais ce n'est pas une raison pour me blesser comme tu le fais en refusant l'inévitable. Hein?

Je sais que quelque part au fond de toi tu as des sentiments pour moi. Des sentiments de dégoût oui!

Je t'aime depuis le jour ou je t'ai vue pour la première fois, je sais que tu es celle que le destin a mise sur ma route, n'essaie pas de combattre ce que la vie nous offre d'une façon si précise. Il délire ou quoi?

Je ne sais pas si tu crois aux âmes sœur, non, moi j'y crois, ça ne me surprend pas de lui, et je sais que nous sommes des âmes sœur.

Laisse-moi te prouver et te montrer à quel point tu serais bien avec moi.

Donne-moi une chance ma belle.

Avec tout mon amour

Edward Cullen.

Il n'est vraiment pas bien, il va falloir que je mette les choses aux claires avec lui, je n'ai aucun sentiment et n'aurai jamais aucun sentiment pour lui. Il a besoin de soin, c'est évident. Eddy n'était pas présent lors de la quatrième nuit, j'ai donc patrouillé avec un agent disponible, et à vrai dire, j'étais heureuse de ne pas le voir. Lors de la dernière nuit, Eddy est présent, je fais comme si je n'avais jamais eu ou même lu sa lettre, je vais attendre à la fin de la nuit. Il me demande si j'ai reçu sa lettre et ce que j'en pense, je ne réponds rien, les seuls mots que je dis son ceux qui sont en rapport avec le travail. À la fin de la nuit, je lui redonne sa lettre et lui dit qu'il peut aller s'essuyer le cul avec, que je n'ai jamais et n'aurai jamais de sentiment pour lui. Que sa connerie d'âme sœur est pour les fillettes qui croient encore au prince charmant. De me foutre la paix et de faire son travail. Après lui avoir dit ça, je retourne à la maison, sachant qu'à partir de la semaine prochaine je vais le voir un peu moins. Nous sommes en solo, enfin. Ce qui veut dire que l'un de nous est en patrouille de nuit, un autre de jour et le troisième au bureau.

Douzième semaine, le chef ne m'aime vraiment pas, je suis encore de nuit, je commence à ressembler à un foutu vampire à travailler de nuit, des cernes foncés sous les yeux, mon teint, déjà claire, est encore plus pâle. Jake est au bureau cette semaine, le chanceux, j'aimerais bien être assise sur une chaise confortable, ça changerait du siège de la voiture. Eddy lui, est de jour, ce qui signifie que je ne le vois que le matin quand je termine et que lui commence. Une chose me chiffonne, aucun de nous n'a travaillé de soir, vous savez entre les patrouilles de jours et celle de nuit. Il y a surement une bonne raison à ça. Depuis que cette formation est commencée j'ai à peine vu mes amis et ils commencent à me manquer. Je sais que j'ai voulu m'isoler pour vivre ma peine sans voir leur bonheur mais là, il y a des limites quand même.

Treizième semaine, je suis au bureau, j'ai presque envie de faire une petite danse de la victoire, mais ce que je ne m'attendais pas, c'est que j'ai eu de la difficulté à faire ma première journée, hé oui, mon système est viré à l'envers et avouons-le, deux jours pour se remettre dans le bon sens ne sont pas beaucoup. Je n'ai pas vu le chef et c'est bien comme ça, j'ai travaillé avec Aro, oui nous sommes supposés être en solo, mais pas au bureau, il pourrait être risqué si un « novice » fait des erreurs dans certains dossiers. Donc nous sommes fortement supervisés mais nous faisons le travail seul quand même. J'adore être en compagnie de Aro, il est un très bon pédagogue, il devrait, selon moi, se diriger vers l'enseignement, il aurait beaucoup de succès.

Quatorzième semaines, le chef ne m'aime pas, savez-vous pourquoi? Je suis ENCORE une fois en patrouille de nuit. Mais comme la formation est presque terminée, je patrouille à Forks et La Push, une première pour moi depuis que je suis en solo, avant le chef ne voulait pas. Jake lui est de jour, lui aussi patrouille à la réserve mais contrairement à moi, ce n'est pas sa première fois. Ce qui fait que Eddy  le lèche cul est au bureau. Il passe énormément de temps au bureau et j'ai entendu dire, vous savez les potins de bureau, enfin, j'ai entendu dire qu'il passe beaucoup de temps avec le chef dans son bureau. S’il continue sur sa lancée, il aura le nez brun notre cher Eddy. Ça lui va bien je trouve comme nom, Eddy au nez brun. Semaine tranquille, j'ai emmené quelques personnes en cellule de « dégrisement » et fais remorquer leur auto. Il y a qu'une personne que j'ai été reconduire à son domicile, je ne me sentais pas capable d'emmener le père de Jared au commissariat.

Quinzième et dernière semaine, pour terminer ma formation je suis de jour, en patrouille, Jake est de nuit et le lèche cul national, Eddy au nez brun est encore une fois au bureau. Je me contente de faire mon boulot, heureuse de ne pas être de nuit encore une fois. La semaine a passé très rapidement, me promenant entre Forks et La Push. Les quatre premières journées ont été normales. Il ne me reste que quelques heures avant que ma cinquième journée se termine. Dans quelques heures je saurai si je suis engagé à Forks, ce qui me surprendrait. Dans une semaine j'aurai le titre officiel de policière. Agent Isabella Swan, ça sonne bien. Je reçois un appel d'urgence, il faut que je me rendre à un domicile où il y a eu un ou des coups de feu. L'adresse me mène directement à La Push, j'arrive et devant moi est la maison familiale des Mahan. Je sors de l'auto et je marche vers la maison où Jared me rejoins en courant.

 

-         Que fais-tu ici? Me demande-t-il avec colère.

 

-         Je suis ici car nous avons eu un appelle pour des coups de feu qui ont été tiré, dis-je sur un ton professionnel.

 

-         Retourne à ta voiture Bella, tu n'as pas affaire ici, me dit encore une fois Jared.

 

-         C'est agent Swan monsieur Mahan et je suis ici pour faire mon travail, lui dis-je toujours sur un ton professionnel.

 

-         Bella, m'avertit-il. Retourne à ta voiture, dit-il lentement, essayant de me pousser.

 

-         Je fais mon travail Jared. Ne m'oblige pas à te mettre en état d'arrestation pour entrave au travail d'un policier, l'avertis-je. Il me donne un regard très froid, mais me laisse finalement passer. Il m'ouvre la porte qui est, semble-t-il fermer à clef et me suit à l'intérieur de la maison.

J'entre dans la maison et je découvre monsieur Mahan, au premier coup d'œil il s'est tiré une balle dans la tête. Je demande du renfort par ma radio et dis ce qui s'est possiblement passé. Malgré l'horreur de la scène, malgré ma certitude qu'il est décédé, je dois vérifier ces signes vitaux et donner les premiers soins. J'entends Jared qui demande aux curieux et surtout à sa famille de ne pas entrer dans la maison. Il n'a pas fallu très longtemps pour que Sam et Aro viennent me rejoindre, immédiatement suivi par les ambulanciers qui ont pris la relève pour l'emmener à l'hôpital, ou je suis certaine que son décès sera prononcé. La maison des Mahan est maintenant une scène de crime, plusieurs autres policiers viennent pour aider à sceller la « scène » et faire l'enquête, qui selon moi est inutile. Je découvre une note que monsieur Mahan a laissée pour sa famille, il explique la raison de son geste, je la montre à Aro. Nous devons interroger la famille proche de la victime, je ne me sens pas à l'aise, je suis lié à eux, ne serait-ce que par Jared. Aro me dit qu'il va m'aider, il me conseille de penser à la personne en tant que victime et non le père de mon ami. Nous conduisons la famille au petit commissariat qui est sur la réserve et l'interrogatoire commence. Évidemment ce n'est qu'une formalité. Ce que j'apprends c'est que ce n'est pas la première fois que la victime essaie, mais il a toujours été arrêté par un membre de sa famille.

Jared a remarqué que son père agissait de façon étrange ce matin, c'est pour cette raison qu'il est revenue du travail plus tôt que normalement. Nous disons à la famille qu'ils pourront retourner chez eux dans quelques jours, le temps que nous terminions notre enquête. J'offre à la famille d'aller s'installer chez moi en attendant, ce que madame Mahan accepte. Jared s'excuse de la façon dont il m'a parlé, je lui dis que ce n'est rien. Je retourne à la maison, termine l'inspection des lieux avec Sam et retourne au bureau pour faire mon rapport des évènements. Quand je remets mon rapport à qui de droit, le chef me demande dans son bureau. Le chef donne mon rapport à Eddy pour que ce dernier le lise et lui dise les erreurs que j'ai faites.

Eddy relève certaines erreurs que j'ai commises et j'ai l'étrange sentiment qu'il se fait un plaisir de me les remettre sur le nez, le chef en ajoute en disant que « Edward » a été gentil car il n'a pas relevé la faute professionnelle que j'ai faite. Je n'ai commise aucune faute professionnelle, j'ai suivi ce que j'ai appris à la lettre. Selon le chef, je n'avais pas le droit d'interroger la famille car je suis en relation avec un membre et que mon opinion est biaisée. Je sens mon sang bouillir, je ne sais pas si je vais pouvoir me retenir très longtemps. Je prends une grande respiration pour essayer, je dis bien essayer de me calmer et commence à expliquer que l'inspecteur Aro Volturi était présent à mes côtés tout le temps qu'a duré l'interrogatoire et que si ce dernier avait jugé que je n'étais pas apte à faire le rapport des évènements, il ne m'aurait pas laissé le faire. Le chef me regarde et ajoute en souriant.

 

-         Nous avons besoin que de deux nouvelles recrues, l'une d'entre vous sera envoyée ailleurs. Je sais déjà qui restera et qui partira. Je vois l'horreur dans les yeux d’Eddy et moi bien...

 

-         Écoute-moi bien espèce de con, je m'en fous d'aller travailler ailleurs, au contraire, je suis contente de ne pas à avoir à servir sous tes ordres et de voir ta face de trou de cul tous les jours. Mais dis-toi bien une chose, un jour je reviendrai et je prendrai ta place, dis-je la voix pleine de venin.

 

-         Est-ce une menace? Demande-t-il.

 

-         Non. C'est une promesse, je sors de son bureau et claque la porte, je vois Aro et Sam me sourire et me lever les pouces.

Comme Forks est une petite ville et que ce qui se passe dans le commissariat doit rester entre ces murs, toute la ville est au courant de ce que j'ai dit au chef. Plusieurs personnes me disent que j'ai bien fait et me souhaite bonne chance dans ma carrière. Personnellement, je me demande si je peux avoir une carrière, il reste que j'ai criée et traitée de nom le chef de police, je vais le savoir aujourd'hui. Car aujourd'hui est la journée de la remise officielle de nos badges permanents. Nous sommes tous en uniforme d'apparat. J'ai gardé la même liste d'invités que j'avais pour la remise des diplômes, Emmett en moins. Jared et Kim ne seront pas présents, ce qui est compréhensible. Debout sur la scène, je regarde dans la salle et je ne vois pas Aro ni Sam, pourtant Emily et Sulpicia sont présentes. Je me concentre sur ce qui se passe. Quand l'homme qui dirige l'assemblée, le gouverneur de l'État de Washington, termine son discours, je vois des hommes faire leurs apparitions, eux aussi en uniforme, se placer devant chaque étudiant. Aro se place devant moi, Sam devant Jacob et le chef devant Eddy. Aro me remets mon badge officiel et une arme, cette arme m’appartiens désormais. Après les félicitations les invités nous rejoignent sur la scène. Du coin de mon œil je vois des chefs et shérif de police se promener parmi nous. J'espère qu'un de ces hommes est ici pour moi, même si Aro m'a dit de ne pas m'en faire, que je vais trouver du travail, il m'en a même fait la promesse. 

 

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Jasper

Pourquoi suis-je ici? Ah oui, j'accompagne le shérif de la ville. Il est venu à Seattle pour rencontrer un élément prometteur, selon ces dires. Je regarde la cérémonie qui se déroule sobrement, il y a environ une trentaine de personnes sur la scène, ce qui me surprend le plus c'est qu'il n'y a qu'une seule femme et c'est elle qui a l'air la plus heureuse. Enfin bref, je ne suis pas ici pour savoir qui est heureux ou pas. Je suis ici car ma mère, qui est une amie de longue date de la femme du shérif, m'a fortement recommandé pour accompagner l'homme lors de son voyage. Il aurait bien pu prendre quelqu'un qui travaille pour lui. Mais non, c'est moi qui m'y colle. Le pire dans tout ça, c'est que je ne suis même pas policier, je suis un Ranger, c'est ma mère qui travaille pour la police.

La cérémonie est terminée et le shérif se dirige vers le groupe de nouveaux policiers et il discute avec un homme, qui selon son uniforme est directeur de l’école. L'homme lui parle de « l'élément » prometteur, mais un autre homme lui dit qu’il est impossible de l’avoir car il est déjà engagé. Je regarde plus attentivement dans la même direction que le shérif de ma ville et c’est là que je le vois. Ce n'est pas possible n'est-ce pas? Non, ça ne peut pas être vrai? Que fait-il ici lui? Je serre les poings et des dents. Souhaitant que ce ne soit pas cette personne que nous soyons venus engager.


 

 

Ce sont les choses-mêmes que nous pensons savoir,

Qui nous empêchent d’apprendre ce que nous devrions savoir !

(Inconnu)

Chapitre dix

Jasper

 

Je suis le shérif qui se dirige vers l'homme sur qui son regard s'est porté et je suis presque soulagé quand nous passons devant lui sans que Nathan, le shérif, ne lui porte la moindre attention. Il s'arrête au côté d'un homme grand, les cheveux aussi noirs que les plumes d'un corbeau et je dirais que d'après son uniforme il est un haut gradé, donc surement pas la personne qu'il souhaite engager.

 

-         Aro Volturi, lance d'un ton joyeux Nathan.

 

-         Nathan Scott, réponds l'homme sur le même ton. Que fais-tu ici? Lui demande-t-il.

 

-         Je suis venu offrir un emploi à un nouveau diplômé, dit Nathan.

 

-         Si loin de ton Texas que tu adores tant? Lui sourit Aro.

 

-         J'ai entendu dire qu'il y avait un très bon « élément » et j'en ai besoin, explique le shérif Nathan.

 

-         Quel est le nom de cette personne? Demande-t-il sérieux tout d'un coup.

 

-         Un certain Edward Cullen, annonce Nathan, la jeune fille au côté d’Aro émet un petit rire, je fronce les sourcils et le shérif donne un regard étrange à Aro.

 

Aro nous dirige vers Edward Cullen, le seul homme sur terre que je n'aime pas. Vous devez surement vous demander comment je le connais, surtout que nous venons de deux États très différents et très loin l'un de l'autre? La réponse est simple, la famille Cullen possède un petit ranch dans la ville de Galveston et c'est la ville ou je suis né, celle que j'habite encore avec ma famille et où je travaille. Il y a de ça quelques années, je débutais comme Ranger, Edward et son père son venu à la maison pour rencontrer mon père qui s'occupe du recrutement des Ranger. M'sieur Cullen a essayé d'acheter, oui, oui, acheter mon père pour que son fiston puisse rejoindre nos rangs. Mon père a évidemment refusé, les Cullen n'ont pas apprécié et Carlisle a poursuivi la ville en disant que mon père faisait du favoritisme. Le principal argument à avoir été dit est que mon père m'a engagé moi, son fils et qu'avant moi, il a engagé mon frère aîné. Mon frère et moi avons travaillé fort pour être accepté dans les Ranger, nous avons passé tous les tests requis, fait nos preuves et même plus encore. Mais Cullen a gagné, en partie du moins. Mon père a été suspendu temporairement et pour une période indéterminée. Mon frère et moi avons dû refaire tous les tests et classements pour prouver que nous avons été engagés pour ce que nous valons et non parce que nous sommes les fils d'un des recruteurs. Il a fallu plus d'un an pour tout compléter et tout prouver. Mon père a récupéré son emploie comme recruteur, mon frère et moi avons réintégré les rangs des Ranger. Quand tout fut terminé, Edward a décidé de ne plus être un Ranger, il voulait être policier, le p'tit con a donné toute cette merde à ma famille pour changer d'idée au bout du compte. Enfin bref, je suis ici, regardant le patron, si on veut, de ma mère discuté avec le p'tit con et son père qui, pour une fois n'a pas l'air heureux.

Après quelques minutes de conversation, le trou de cul, Carlisle Cullen, annonce que son, précieux, fils ne travaillera jamais pour notre ville ou même pour toute autre ville dans le Texas car, selon lui, son fils n'a aucune chance d'avancement. Il veut surement dire qu'il ne peut pas soudoyer qui que ce soit pour engager son fils. Carlisle ajoute que de toute façon son fils a déjà un emploi à sa hauteur. À sa hauteur? Qu'est-ce que ça veut dire « à sa hauteur »? La seule jeune femme qui a reçu son badge passe derrière nous.

 

-         Lèche cul, dit-elle en toussant faussement.

 

Je me tourne pour lui donner un morceau de mon esprit, ce n'est pas quelque chose qui se dit devant les dirigeants des services de police et surtout pas quand l'un d'eux est un employeur potentiel. Je change rapidement d'avis quand je la vois entourée par Aro et deux policiers très grands et très musclés qui rit avec elle. Je réalise qu'elle connaît surement Edward vu qu'ils sont de la même promotion et de la même académie. Il n'en reste pas moins qu'il y a des choses qui ne se disent pas, je décide malgré tout de suivre ma première idée. Je me dirige vers elle et me place devant pour la regarder droit dans les yeux. Elle me regarde avec un regard intense et froid.

 

-         Que puis-je faire pour vous? Me demande-t-elle poliment, mais d'un ton froid que je qualifierais de « policier ».

 

-         Le petit commentaire que tu as dit était fortement déplacé, impolie et... Elle me coupe.

 

-         Premièrement nous n'avons pas élevé les cochons ensembles donc vous allez me vouvoyer car le tutoiement fait très impoli. Deuxiè... Je la coupe à mon tour.

 

-         Pardon? Je ne suis pas impolie c'est... Elle me coupe encore.

 

-         Deuxièmement ce que j'ai dit concernait Eddy le lèche cul. Si vous vous êtes sentie visé ce...

 

-         Isabella Swan, ça suffit, dit durement un homme en fauteuil roulant. Ladite Isabella baisse les yeux vers lui.

 

-         Swan.... Swan.... Comme dans Charlie Swan? Demande Nathan que je n'ai pas vue nous rejoindre.

 

-         Oui monsieur, lui répond la petite impertinente, très poliment  tout de même.

 

-         Ou est-il? Je ne l'ai pas vu depuis qu'il a quitté Galveston. À vrai dire je n'ai pas eu de ces nouvelles depuis plusieurs années, dit Nathan.

 

-         Il est décédé, répond-elle et elle se tourne vers l'homme en fauteuil qui lui donne un petit signe de tête. Veuillez m'excuser je dois partir, je suis attendu. Ce fut un plaisir de vous rencontrer, dit-elle en serrant la main de Nathan avant de pousser le fauteuil vers la sortie.

Aro explique qu’Isabella est la fille de ce Charlie et que c'est un sujet qui lui est encore délicat. Nathan discute encore un peu avec Aro, je ne porte aucune attention à leur conversation, je regarde Edward et son père qui sont collés sur le chef avec qui Nathan avait discuté au début. Carlisle n'a pas l'air content de ce qu'il entend, je me demande si c'est en rapport à ce que lui dit l'autre homme. Je ris intérieurement en pensant que peut-être ils ont trouvé une chose que leur argent ne peut acheter. Un travail. Nous retournons à nos chambres, nous retournons au Texas demain et j'ai hâte. Deux jours dans cette ville est amplement de temps pour moi. Il manque quelque chose ici, il manque de verdure, il manque d'espace, comme dans toutes les « grandes » villes. Moi j'aime les petites villes où il fait bon vivre, ou il y a de la place pour bouger et où nous connaissons le nom de notre voisin.

Il n'y a pas que du bon dans les petites villes, je le sais, je l'ai appris d'une douloureuse façon. Quand j'étais au encore à l'école une nouvelle famille a emménagé et j'ai fait la rencontre de la plus belle, la plus douce et la plus gentille jeune fille que je n'avais jamais rencontrée. Nous avons développé une grande amitié qui est rapidement devenue de l'amour. J'étais certain que je ferais ma vie avec elle, que nous aurions une maison, des enfants, quelques chevaux et un gros chien. Elle a partagé ce rêve pendant quelques années, jusqu'au jour ou elle a commencé ses études. Ne vous méprenez pas, je n'ai absolument rien contre les femmes qui étudient ou même travaillent, ce que je veux dire c'est que, elle, elle a due s'éloigner pour poursuivre ses études en design de mode, elle voulait être créatrice, ce que j'ai toujours encouragé.

Quand elle a commencé ces études, on se voyait le plus souvent possible et ça fonctionnait bien, mais petit à petit nous nous sommes éloignés. J'ai alors pensé que quand elle reviendrait à la maison, tout redeviendrait comme avant. Mais non, elle n'est pas revenue dans notre ville, elle s’est installer à Houston, qui se trouve à une heure de route de la ville où j'habite et travaille, mais je faisais le trajet matin et soir, juste pour être avec elle, ne serait-ce que quelques heures par jour. Je l'ai demandé en mariage, elle a accepté et elle a immédiatement commencé à faire les dessins de sa robe. Le bonheur que j'avais alors a duré six mois. C'est là, qu'elle m'a arraché le cœur et l'a transpercé avec les talons aiguilles de sa paire de chaussures préférées. Elle m'a quitté, abandonné pour aller vivre son rêve dans la ville lumière, comme elle disait. Elle m'a accusé de la retenir, de l'empêcher de vivre sa vie. Il y a un mois et demi que Alice Brandon m'a quitté comme si je n'étais rien pour elle, elle a fait comme si nos cinq années passées ensembles n'était qu'une poussière. Je suis retourné dans ma petite ville, dans ma famille et j'essaie toujours de me remettre. C'est pour cette raison que ma mère m'a, d'une certaine façon, obligé de venir dans cette ville, si loin de mes souvenirs.

Le shérif, qui connaît ma situation personnelle m'a laissé seul, il ne m'a même pas demandé pour aller manger en sa compagnie, il sait que je ne ferai rien de stupide et je sais qu'il est capable de s'en sortir seul en cas de problèmes. Je vais donc me promener dans cette ville qui m'est inconnue, à la recherche de quelque chose à faire quand quelque chose attire mon attention, c'est un panneau qui annonce un centre d'entrainement, le McCarthy's Gym, en réalité ce n'est pas la réclame qui a attiré mon attention, c'est la femme, plus précisément les vêtements qu'elle porte. C'est une création de mon Alice, j'en suis certain, je me souviens même quand elle en a fait les dessins. Je ne sais pas combien de temps j'ai passé à regarder ce panneau, une voix d'homme me sort de ma contemplation, me disant que c'est une belle femme sur le panneau. J'ai presque envie de rire, comme si j'étais là à regarder cette femme pour sa beauté. Ouais bon, vue de l'extérieur c'est surement ce que j'aurais pensé moi aussi. Je lui dis que je connais la personne qui a créé ces vêtements et que j'admirais simplement le travail. Quand je me retourne pour voir à qui je m'adressais, je fus surpris d'y voir un homme, quelques centimètres de moins que moi, aussi musclé qu'un joueur de football. Il me fait un sourire et me dit que cette beauté est sa petite amie et que l'entreprise qu'elle représente est la sienne. Je lui donne simplement un petit signe de tête et fais le geste de soulever le devant de mon chapeau quand je me rappelle que je ne le porte pas. Je le félicite pour son beau travail et reprends ma route, errant dans la ville. C'est quoi cette connerie de le féliciter pour son travail, je rie de moi-même et sans m'en rendre compte je suis de retour à l'hôtel. Je retourne à ma chambre et me prépare pour la nuit, demain l'avion décolle à six heures, heure local.

Ça fait une semaine que je suis de retour de mon voyage éclair à Seattle et ma mère, qui travaille pour les affaires internes au service de police de la ville, me dit qu’ils ont finalement trouvé quelqu'un qui va venir travailler dans la ville. Je suis content qu’ils aient trouvé quelqu’un car le gouverneur de l'État menace de fermer le commissariat et d'envoyer tous les gens qui y travaillent, soit à la retraite forcée ou dans une autre ville. Le gouverneur croit que les Ranger suffisent à faire le travail, ce qui est faux. Les Ranger sont là pour travailler conjointement avec la police et non contre comme pense beaucoup de gens, la police et les Ranger se complètent parfaitement bien. Donc pour en revenir à ma mère, je lui dis que je suis content pour eux et lui demande de m’en parler un peu. Ce qu’elle fait, mais je ne l’écoute pas. Je vais embrasser ma mère sur la joue, prends mon chapeau et me rend au travail, oubliant les petits tracas qui importunait ma mère. Tant que Cullen ne vient pas vivre et travailler ici, le reste je m'en fous.

 

 

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Bella

 

Moins d’une semaine, il m’a fallu moins d’une semaine pour me trouver un emploi. Malgré ce que j’ai hurlé au chef, j’aurais aimé travailler à Forks, mais faut croire que la vie en a décidé autrement. Le lendemain de la remise des badges, Aro a communiqué avec moi et il m’a parlé de la discussion qu’il a eu avec le shérif Scott et que ce dernier est désespéré de se trouver un policier. Aro m’a fortement recommandé et il est certain que je vais bientôt recevoir un appel. Comme Aro me l’a prédit, le shérif Nathan Scott m’a téléphoné et il m’a offert un emploi. Il m’a expliqué la situation et m’a demandé si j’étais intéressée.  Bon, il veut m’engager pour garder la station ouverte, mais bon, un emploi est un emploi.

Depuis qu’Eddy travaille au commissariat, je ne peux sortir de la réserve sans que je me fasse arrêter pour n'importe quelle raison, excès de vitesse, vérification des papiers, vérification du véhicule, vérification de l'ivresse au volant et j'en passe. Je ne savais pas qu'on pouvait demander de vérifier si j'avais une arme sur moi, surtout que théoriquement je suis policière, imaginez-vous que ça l'a été fait. À chaque fois, les patrouilleurs s'excusent en me disant qu'ils ne font que suivre les ordres. J'ai essayé avec la voiture de Jacob, celle de Paul, de Leah et même celle de Rachel, je me fais arrêter à chaque putain de fois. Sans parler que mes amis ne veulent plus prendre mon camion car la même chose leur arrive. Jake m'a confié que le chef lui a demandé de me faire la même chose, ce qu'il ne fait évidemment pas.

Ce soir je vais manger avec Sulpicia et Aro, pour fêter mon embauche. Je sais que ce dernier à beaucoup à voir avec cet emploi et je l’en remercierai jamais assez. En route pour me rendre chez Aro, je ne suis pas surprise de voir les gyrophares s'allumer derrière moi, je stationne sur le côté de la route, baisse ma fenêtre et arrête le moteur. Je prépare mes papiers et j'attends de voir qui est l'heureux élu qui m'a arrêté. C'est Eddy lui-même qui appariait sur le côté de mon camion, tout souriant. Je serre les dents pour ne pas lui crier toutes les bêtises que j'ai envie de lui dire.

 

-         Bella, dit-il d'un air surpris, comme si il ne savait pas que c'est moi.

 

-         Agent Cullen, répondis-je poliment, mais durement.

 

-         Ou allez-vous si vite? Je ferme les yeux et ravale la bile qui est dans ma gorge. Comme je ne réponds pas il poursuit. Les papiers du véhicule et... Je lui tends tout ce dont il a besoin.

 

Je le regarde par mon rétroviseur se rendre à sa voiture, il revient quelques minutes plus tard l'air sérieux.

 

-         Je vous demanderais de sortir du véhicule, me dit-il, ce que je fais avec hésitation. Je pourrais vous mettre en état d'arrestation pour contravention non payée. Quoi? Je vais faire un marché avec toi, j'efface ton dossier si tu acceptes de sortir avec moi.

 

-         Quoi? C'est tout ce que j'ai pu dire.

 

-         Tu sors avec moi pour une période indéterminée et j'efface ton dossier. Me sourit-il.

 

-         Non. Dis-je

 

-         Très bien, c'est comme tu veux. Isabella Swan vous êtes en état d'arrestation... Et Eddy le lèche cul me menotte et en profite pour me caresser les fesses, me dit mes droits et m'embraque dans l'auto-patrouille.

J'ai le droit qu'à un seul appel, je téléphone à Aro et lui demande de communiquer avec Maria et de venir me rejoindre au poste. Il n'est pas question que je reste ici et encore moins pour une chose qui est totalement fausse. Le chef vient se payer ma tête, me disant toute sorte d'insanité, mais contre toute attente je reste de marbre et froide, je ne dis rien, je fixe le mur devant moi. Aro se présente avant mon avocate, il me fait sortir de la cellule et m'amène à son bureau, le chef dit que c'est un traitement de faveur, il a raison et je m'en fous royalement. J'explique à Aro ce qui s'est passé, il entre dans mon dossier, c'est vrai que j'ai des contraventions non payé, toutefois, je n'ai aucun mandat d'arrêt contre moi ni un avis de la cour. Je crois que même le juge va se poser des questions quand il va se rendre compte que la majorité des contraventions sont pour des « excès » de un à deux kilomètre de plus que la limite permise.

Je me demande bien qui aura l'air fou à ce moment-là. Quand Maria est arrivé, elle m'a dit que maître Cullen attendait pour me rencontrer car, apparemment, ce dernier aurait été appelé pour me défendre, imaginez-vous donc que je suis sa future belle-fille, et qu'il a tous les droits de me représenter. C'EST QUOI CETTE MERDE! Une chance que Maria lui a rappelé que peu importe le lien qui nous unit, il n'a aucunement le droit de décider à ma place. Aro me dit qu'il nous faut régler ça le plus rapidement et le plus discrètement possible car je risque mon emploi.

Maria me dit qu'elle va payer ma caution pour que je puisse sortir et nous allons attendre la date pour passer devant le juge. Aro pense que ce n'est pas la chose à faire, il dit que si je reste ici, demain je serai devant le juge et là, tout sera réglé en quelques minutes. Je regarde mon avocate et un ami, car oui Aro est un ami maintenant, s'obstiner en prétendant que ce sont eux qui ont la meilleure solution et bien sûr raison. Je demande alors à chacun d'eux de m'expliquer leur point de vue.

Maria dit que si je reste ici pour la nuit, ça va faire une tâche dans mon dossier et que je ne pourrai jamais travailler en tant que policière, jamais. Aro pour sa part, dit qu'en restant ici, je vais prouver que je suis victime d'abus et qu'il n'y aura aucune trace dans mon dossier, il ajoute ensuite la seule chose qui risque de faire pencher la balance pour lui. Je suis attendue dans deux semaines pour mon emploi. Si j'attends comme le suggère Maria, je ne pourrai pas avoir l'emploi car la date restera à être fixée et je ne pourrai pas quitter la ville. Je décide donc de rester dans la cellule pour la nuit, Maria respecte mon choix même si elle n'est pas d'accord. Aro me dit qu'il va passer la nuit avec moi, juste pour être certain que Cullen ou n'importe qui d'autres essaie de faire pression sur moi pour une raison quelconque.

Comme j'ai passé la nuit au commissariat, je passe devant le juge ce matin, quand il a lu le dossier j'ai vu ces yeux s'écarquiller. Il a demandé ce que je plaidais, j'ai dit non coupable. Il a ensuite écouté ce que le chef et Eddy ont dit et quand est venu mon tour de parler le juge a dit qu'il n'avait pas besoin de m'entendre. Je panique, c'est quoi, il va me juger coupable. Il dit qu'il n'a pas besoin de m'entendre pour se rendre compte qu'il y a harcèlement, le nombre de fois où j'ai été vérifié, fouillé et le nombre de contraventions qui, selon lui sont exagérés, prouve que je ne suis coupable de rien. Il dit même que si je le désire je peux porter plainte contre le commissariat de Forks et son chef, ce que je décline. Il me blanchit de tout, ce qui veut dire que c'est plus que non coupable. Je suis libre de faire ce que je souhaite. Je me rends à la fourrière pour récupérer mon camion, je paie ce qui m'en coute et je me rends à la maison pour me laver, me changer.

Il faut deux jours supplémentaire pour compléter mon embauche, en fait, recevoir la confirmation officielle de mon embauche, la dame me dit que pour ma première semaine je n'aurai pas besoin de chercher à me loger, car le service de police va me loger, le temps que je trouve quelque chose. Je la remercie, même si je trouve cela étrange et je commence à faire mes bagages, je vérifie sur « Google map » pour estimer la durée du voyage que j'ai à faire et ça me prendrait quarante-trois heures de route sans aucun arrêt pour m'y rendre en voiture. Je  me fais un itinéraire qui me prendra cinq jours, pour me rendre à ma destination finale, j'aurai donc quatre jours pour trouver à me loger, car je commence dans dix jours à partir d'aujourd'hui. Ce qui est pleinement satisfaisant, je fais mes bagages et me dis que s’il me manque quelque chose, je n'aurai qu'à me l'acheter rendu là-bas.

Je discute avec Billy qui me dit de ne pas m'inquiéter pour la maison que j'ai louée sur la réserve, qu'il va tout arranger pour que chaque personne reprenne les choses qui m'ont été prêté. En ce qui concerne ma maison à Forks, on continue comme on fonctionnait dans les années précédentes. La veille de mon départ Jake m'organise un feu sur la plage et toute la bande est présente, avec en plus Emily, Sam, Aro et Sulpicia. Tous sont présents pour me souhaiter un bon voyage, d'être prudente, une bonne chance, de donner de mes nouvelles et surtout revenir les visiter aussi souvent que je le peux.

Il y a eu quelques invités surprises, et quand je dis surprise ce fut une surprise pour tout le monde, car personne ne l'avait invité, Will McCarthy est venu à la réserve pour me parler de la situation du prêt que j'ai fait à l'entreprise et au lieu de me trouver chez Billy, car il pense que je demeure là, il m'a trouvé sur la plage. J'ai accepté de discuter avec lui, il m'a montré les papiers sur l'ouverture du McCarthy's Gym au Tennessee et selon ce que je lis, la totalité de la somme n'a pas été investie, je fronce les sourcils. Will m'explique qu'il vient de découvrir que Emmett c'est fait un chèque personnel à partir du compte de la compagnie. Après cette mauvaise nouvelle au sujet de son frère et de son arnaque, il me remet un chèque certifié de vingt mille dollars, en me disant que c'est tout ce qu'il peut me donner. Will me fait une offre assez alléchante et je lui demande quelques jours pour y redonner une réponse. Je lui offre de rester et de terminer la journée avec nous et il accepte, il a été très surpris d'apprendre que je partais si loin pour travailler.

Un autre invité s'est présenté sans invitation mais ce dernier ne fut pas accueilli en grande pompe ou à bras ouverts. Monsieur le lèche cul en personne, Eddy au nez brun est arrivé avec un énorme bouquet de roses et un visage triste. Il n'a jamais eu la chance de se rendre à moi, il fut bloqué par Jake, Sam et Aro qui lui ont « gentiment » fait comprendre que cette fête est privée. Il a essayé de dire qu'en tant que policier il a le droit de venir et de vérifier si tout est en règle. C'est à ce moment que Paul, lui demande le plus sérieusement du monde : « Ou est ton uniforme? » Notre cher Eddy commence à bégayer, ne sachant pas quoi répondre à ça. Il repart en me disant qu'un jour, bientôt, je vais me rendre compte que je ne peux vivre loin de lui et je reviendrai vers lui, mais que peut-être qu'il ne sera pas disponible à ce moment-là. Il laisse le bouquet de roses sur le sable et il part. Paul, Jared et Will me donne un regard de questionnement tandis que Leah, Kim, Sulpicia, et Emily ont un regard d'horreur. Les seuls à savoir ce qui se passait dans sa tête, si il en a une, de Eddy son Jake, Nessie, Aro et Sam. Jake explique en gros la situation avec Eddy je peux voir l’horreur dans le regard des autres.

Il est six heures du matin et je suis prête à partir, je ferme la porte, la verrouille et cache la clef sous le paillasson, comme m'a dit Billy. Mes amis sont là, les garçons prennent mes valises et les déposent sur le siège arrière de mon camion, les filles pleurent en me serrant dans leurs bras. Quand vient le tour des gars, Paul et Jared sont émotifs mais ne le laissent pas voir, mais Jake, c'est une autre histoire. Il pleure à chaude larmes et moi aussi d'ailleurs, ce n'est pas facile de dire au revoir, non, à bientôt à l'homme qui a été et est toujours le plus présent dans ma vie, surtout depuis les dernières cinq années. Après les dernières recommandations et accolades je monte dans mon camion et je prends la route. J'ai donné une copie de mon itinéraire à Jake, de cette façon il sait le chemin que je prends et je crois que d'une certaine façon, ça l'a rassuré. Je quitte La Push et me dirige vers St-Regis dans l'État de l'Idaho par la I-90. Sans compter les arrêts, il me faut dix heures trente pour me rendre à destination, avec les arrêts pour manger, mettre de l'essence et quelques pauses pipi j'ai mis douze heures en tout. Je me trouve rapidement une petite chambre dans un minuscule motel, prends une douche, car il n'y a pas de bain et me couche. Je suis certaine que je me suis endormie avant même d'être totalement à plat sur le matelas.

Je me suis réveillé bien reposé, c'est une bonne chose car dans mon infinie intelligence, je n'avais pas calculé tous les arrêts que j'allais faire donc j'ai encore une longue journée devant moi. Je reprends la route par la I-90E en direction de Casper dans le Wyoming. Encore une fois, il me faut douze heures avec les arrêts. Cette fois je me trouve un motel un peu plus grand, ce qui fait que je peux me relaxer et détendre mes muscles qui sont douloureux d'être assis pendant de si longues périodes. Pour ma troisième journée ma destination est Salina au Kansas, je prends la I-25S et fourche sur la I-70E pour m'y rendre, trajet qui me prends un peu plus de douze heures car encore une fois je n'ai pas pensé à la circulation. Je me console en me disant que mes deux prochains jours seront moins longs.

Ce matin je prends la route à sept heures trente au lieu de six heures, selon les renseignements que j'ai pris sur internet, il me faudra, supposément, sept heures trente pour me rendre à Fort Worth au Texas. Je vais faire un peu moins d'arrêt donc je me dis qu'en dix heures je devrais être arrivé dans la ville. Petite danse de joie dans ma tête car il y avait peu de circulation sur la I-35S, j'ai donc mis un peu moins de neuf heures pour arriver à bon port. J'ai besoin de vêtement plus adapté à la température du Texas, ce que je n'ai pas en grande quantité dans mes bagages. Je trouve facilement un Wal-Mart et m'y achète tout ce dont j'ai besoin.

J'ouvre une mallette et prends une grande enveloppe, j'y retire les papiers et les regarde pour la centième fois. Quand j'ai eu l'âge, j'ai été voir ce qu'il y avait dans le coffret de sureté que mon père avait à la banque. Il s'agissait de renseignements concernant ma mère, j'y ai appris beaucoup de choses qui m'ont expliqué beaucoup aussi. Je sais maintenant où mon père a pris l'argent pour aider Billy avec sa famille et où il a eu l'argent que j'ai hérité, ça venait de ma mère. Ma mère vient d'une famille riche, d'un dirigeant d'une compagnie de pétrole. C'est de là que vient une grande partie de mon argent. Dans cette enveloppe il y a aussi le nom d'une banque ainsi que le numéro d'un autre coffret. J'avais l'intention de m'y rendre, un jour, mais là, je me dis que tant qu'à me rendre dans cette ville, je peux aller vérifier. Car imaginez-vous que je vais travailler dans la ville où mes parents ont vécu et où je suis née, je vais travailler dans le commissariat ou mon père a commencé sa carrière. Je remets l'enveloppe dans sa mallette et la verrouille.

Après une nuit de sommeil agité je prends la route, pour la dernière fois pour un long moment j'espère. Je prends la I-45N et roule pendant six heures trente et me stationne finalement devant le commissariat de police de la ville Galveston. J'entre et demande de rencontrer madame Élise, c'est avec elle que j'ai discutée au téléphone. Après une discussion d'une heure, après avoir rencontré le shérif Nathan, l'homme qui m'a un peu parlé à Seattle et les autres policiers. Élise  m'apprend que c'est chez elle que je vais être hébergé pour la semaine, je m'empresse de refuser en disant que je vais aller à l'hôtel, ce qu'elle refuse et elle insiste pour que je me rende chez elle. Je suis donc Élise jusqu'à sa maison qui est en fait un magnifique ranch, le genre d'endroit qu'on rêve de posséder pour nos vieux jours.

Je suis Élise à l'intérieur où elle me montre la chambre que je vais prendre pour la nuit. Je trouve vraiment étrange qu'une famille offre le gîte et le couvert pour une semaine, à une personne qu'ils ne connaissent pas. Élise aura beau me dire que ça fait partie de l'entente que nous avons, j'en reste toutefois très mal à l'aise. Enfin bref, Élise me dit de prendre le temps pour m'installer et de la rejoindre à la cuisine. Je la remercie et elle me laisse seule, je sors ma trousse de bain et quelques vêtements, je regarde ensuite par la fenêtre et admire le paysage pendant quelque temps et je vais rejoindre Élise. En arrivant dans le bas des escaliers un homme, que je présume être le mari d’Élise, entre dans la maison.

 

-         Qui êtes-vous mam'zelle? Me demande-t-il de sa voix chantante, caractéristique des gens du Sud.

 

-         Isabella Swan monsieur. Dis-je, lui tendant la main qu'il prend. Je remarque que l'homme porte un uniforme de Ranger, pantalon brun, chemise beige, chapeau et botte de cow-boy.

 

-         C'est vous la p'tite terreur du Nord. Me dit-il riant. Je lui souris sans comprendre ce qu'il veut dire.

 

-         Jackson laisse la pauvre fille tranquille. Rie Élise.

 

-         J'la taquine, c'est tout. Répond-il à son épouse.

 

Je n'ajoute rien et je vais à la cuisine, j'offre de l'aide à Élise pour le repas mais elle refuse. Son mari qui nous rejoint maintenant habillé avec un jeans et une chemise me demande si je veux voir l'écurie et les chevaux, ce que j'accepte avec empressement. Faisant rire le couple. Finalement j'aide Jackson à nettoyer l'écurie, et faire le « bardas » comme il dit, nous terminons au moment où Élise nous appelle pour le diner. Je me dirige vers la chambre pour me nettoyer un peu et me changer avant d'aller rejoindre le couple à la salle à manger. Une chose que je ne m'attendais pas est qu'il y est deux personnes de plus à la table avec Élise et Jackson. Les trois hommes se lèvent à mon arrivée et je m'assieds à la place que me montre poliment Jackson, à la gauche d'un des deux hommes et en face de l'autre. Je donne un petit sourire à l'homme à mes côtés et regarde celui en face de moi. Je n'ai jamais vraiment été chanceuse mais là, c'est le summum de la malchance.

 

 

Le mieux que nous puissions offrir est l’amour,

Mais non nos conseils, et encore moins notre jugement !

(Inconnu)

À partir d’aujourd’hui, je vais publier deux chapitres par semaine, le lundi et le vendredi. Bonne lecture !

 


 

                       

Chapitre onze

Jasper

 

 Quand ma mère m'a dit qu'ils avaient finalement trouvé quelqu'un et que le commissariat restera ouvert, j'étais vraiment heureux pour elle et aussi pour les policiers. C'est là que ma mère nous a appris que la personne viendra vivre avec nous pour une semaine, je ne dis rien, mon père non plus, nous attendons qu'elle s'explique. Elle dit que c'est une demande que lui a fait Nathan, je fronce les sourcils, il croit que si cette personne s'installe dans un motel, elle ne restera pas. Donc après un tirage au sort, c'est ma mère et notre famille qui s'y colle. Je me demande comment on va s'entendre avec une personne qu'on ne connait pas, un policier en plus. Je n'ai rien contre les policiers, c'est simplement que ce n'est pas tous les policiers qui apprécient la présence des Ranger et dans la famille nous le sommes tous de père en fils. Enfin bref, le nouveau va arriver dans une semaine, maman dit qu'il va venir en auto et que cette personne nous vient d'un état plus au Nord. Je me demande de combien plus au Nord cette personne est originaire? Pas que j'ai une rancune contre les Nordistes mais je viens d'une famille qui a participé à la guerre de sécession, je porte même le nom d'un de mes ancêtres, il a été le plus jeune Major dans toute l'histoire des Sudiste, le Major Jasper Whitlock est décédé lors de l'évacuation de Galveston. Quand la guerre a été terminée, sa famille a emménagé dans la ville pour lui rendre un dernier hommage. Et mon père a décidé qu'il était temps qu'un Whitlock porte le nom de ce célèbre ancêtre.

 Ce matin ma mère m'annonce que la nouvelle policière va arriver aujourd'hui, je gèle. A-t-elle dit la nouvelle policière? Depuis près d'une semaine nous parlons d'un policier et non d'un « une ». Pourquoi ma mère n'a rien dit avant?  Je la regarde et réalise que « nouvelle recrue » peut être un homme comme une femme, donc c'est moi qui n'ai pas été assez curieux pour demander des précisions. Je réalise tout d'un coup qu'une fille ou femme, peu importe, une personne de sexe féminin vivra avec nous. Je soupire et me dis que ce n'est que pour une semaine après tout, je vais travailler toute la semaine et je ne la verrai que quelques heures par jour tout au plus. J'embrasse ma mère et lui souhaite une bonne journée et surtout, beaucoup de plaisir avec sa recrue.

 La nouvelle de l'arrivée d'une nouvelle personne a rapidement fait le tour de la ville, je n'étais pas encore arrivé à la maison que je savais déjà qu'il s'agissait d'une jeune femme, qu'elle a un camion de l'année, qu'elle a les cheveux longs bruns et que pour une femme, elle est assez grande. Je secoue la tête en me disant que si cette jeune femme n'est pas habituée aux potins et commérages des petites villes, elle sera malheureuse. J'ai aussi entendu dire qu'elle est dans la catégorie des « éléments perturbateurs », ce qui ne me surprend pas, c'est probablement la seule personne que ma mère a réussie à trouver.

 J'arrive à la maison et j'aperçois un camion qui m'est inconnu, surement celui de la recrue, je dois avouer qu'elle a très bon goût, luxueux et couteux, mais bon goût tout de même. Ce qui signifie qu'elle est surement une p'tite fille à papa, du genre de Cullen, elle n'a qu'à faire des p'tits yeux de chiot et elle obtient tout ce qu'elle veut. Mon frère aîné arrive derrière moi sifflant en voyant le camion, il confirme mes pensées en me disant que notre mère s'est engagé à prendre soin d'une fille qui ne connais surement le sens du mot travail.

 Nous entrons dans la maison et allons rejoindre notre mère qui est à la cuisine, seule, ce qui ne me surprend pas vraiment. Peter demande ou est la nouvelle et maman lui répond en souriant  que la nouvelle est à l'écurie avec notre père. Je lève les sourcils, me demandant ce qu'elle peut bien faire là? Je ne crois pas que ce soit le genre de chose qu'elle a l'habitude de faire, pas que je la juge trop sévèrement, c'est juste que ce n'est pas donné à tout le monde de pouvoir faire ce genre de chose. Enfin bref, Peter et moi allons nous nettoyer les mains et aidons notre mère à terminer le repas et mettre la table. Je suis dans la salle à manger quand j'entends ma mère appeler mon père et « elle » pour le diner, papa arrive avant elle et nous nous asseyons en attendant qu'elle arrive. Ce qui ne dure que quelques minutes, juste assez de temps pour que papa nous dise qu'elle a fait un bon travail.

 La porte s'ouvre et  mon père, mon frère et moi se levons, comme maman et papa nous ont appris, en signe de politesse et c'est là que je la vois. Non, ce n'est pas possible, pas elle. C'est une p'tite impertinente, impolie et mal engueulé. Je ne peux croire que c'est elle, la fille que j'ai vue à Seattle que le commissariat a engagé.  Mon père lui montre son siège de la main et elle s'y dirige lentement, elle s'assoit à côté de mon frère, juste devant moi. Son nom me reviens quand maman fait les présentations, je suis surpris de voir qu'elle est très polie, contrairement à ce que j'ai vue, mais je ne m'attends pas à ce que ça dure longtemps, surtout que mon père va surement lui faire passer un interrogatoire en règle. Après quelques minutes de silence, mon père commence, j'écoute attentivement ses réponses et observe son langage physique.

 

-         Alors Miss Isabella, d'où es-tu? Demande mon père.

 

-         Je préfère Bella monsieur. Je viens de Forks, mais j'habite à La Push depuis cinq ans maintenant. Dit-elle en souriant gentiment.

 

-         Où? Demande Peter, elle lui sourit.

 

-         Forks et La Push, dans l'État de Washington. Dit-elle en souriant doucement.

 

-         C'est une ville La Push? Demande mon père curieux.

 

-         Non, c'est une réserve Amérindienne. Je repense et me rappelle bien de l'avoir vue avec des « natifs ».

 

-         Pour quelle raison as-tu déménagé là? Mon père passe en monde Ranger.

 

-         J'ai été habité chez le meilleur ami de mon père. Dit-elle sans sourire. Mon père lève un sourcil, il en veut plus. Mon père est décédé quand j'avais quinze ans, il souhaitait que je demeure avec l'homme qu'il considérait comme un frère. Termine-t-elle.

 

-         Ta mère ne pouvait pas s'occuper de toi? Demandais-je un peu durement.

 

-         Ma mère est morte en me donnant naissance. Je gèle, tout comme les autres membres de ma famille. Donc non elle ne pouvait pas s'occuper de moi. Dit-elle avec du venin dans la voix. Je vois ma mère sourciller, je lui ai parlé de ma rencontre avec une forte tête.

 

-         Tu as toujours vécu à ces deux endroits? Demande mon père espérant changer de sujet.

 

-         En réalité non. Mon père est retourné à Forks suite au décès de ma mère. Je suis née ici, silence, au Texas. Ajoute-t-elle rapidement.

 

 Le repas se poursuit avec le jeu de questions-réponses de mon père, nous avons appris qu'elle a étudié pour être policière car son père était policier. Elle a été, avec son meilleur ami Jacob, majore de sa promotion. Elle a parlé de sa vie avec son père et des activités qu'elle a faites en sa compagnie.  Nous avons appris beaucoup de choses à son sujet, mais sans grand détail, elle sait comment donner le minimum de renseignement en disant beaucoup de mot. Elle a bien appris ses leçons la p'tite impertinente, quoique pour l'instant, ce surnom ne lui va plus, mais pour combien de temps encore?

 À la fin du repas, le cellulaire d’Isa...Bella sonne et je peux dire que mon père n'apprécie pas beaucoup, et un point de négatif qui apparaît et ça ne fait pas une journée qu'elle est ici. Elle s'excuse et s'éloigne de la table, je vois mon père porter une attention particulière à la conversation, Peter et moi faisons la même chose. « Jake je ne peux pas te... Quoi? Est-ce qu'il va bien? Donne-moi des nouvelles dès que tu en as. Oh et Jake, n'oublie pas qu'il y a deux heures de plus ici. Moi aussi. » Elle revient s'assoir à la table et s'excuse pour le dérangement, ma mère lui demande si tout va bien car clairement, quelque chose la dérangeait et elle a dit que tout va bien. Nous avons terminé le dessert en silence, elle aide ma mère à ramasser, faire et ranger la vaisselle, son téléphone sonne encore et elle s'excuse, répond et monte rapidement à sa chambre. Mon frère et moi allons faire une promenade à cheval avant que ce dernier retourne chez lui, où doit surement l'attendre sa copine.

 J'ai passé une mauvaise nuit, le simple fait que cette fille si impolie soit sous le même toit que moi m'a empêché d'avoir un sommeil reposant. Je vais faire mon « bardas » à l'écurie, prends une douche et je vais prendre mon petit déjeuné. Ma mère, mon père et Miss impoli sont tous à la table, mangeant tranquillement et je peux dire que d'après les cernes sous ses yeux, Bella n'a pas bien dormi, ce qui me fait sourire un peu.

 Ma mère nous annonce qu'elle a parlé à ma sœur hier soir et que cette dernière lui a dit qu'elle était enceinte. C'est moi qui a annoncé à la famille qu'elle avait un petit ami et là, elle dit qu'elle est enceinte. Ma p'tite sœur qui  a un an de moins que moi a quitté la ville ainsi que le Texas à l'âge de seize ans pour vivre son rêve. Plusieurs personnes ont pensés que mes parents étaient des mauvais parents de la laisser faire, mais ce que les gens ne savent pas c'est que me sœur n'a jamais réellement été seule, un ami de la famille a toujours gardé un œil sur elle. Enfin bref, je n'ai pas revu ma sœur  depuis plus d'un an. Nous nous parlons au téléphone et échangeons des mails régulièrement, mais sans plus. Habituellement nous pouvons la voir lors des fêtes de fin d'année mais pas l'an dernier, elle a dit qu'elle avait un contrat et qu'elle ne pouvait pas se déplacer, ce qui a beaucoup peiné ma mère mais elle n'a rien dit. 

 Bella se renseigne sur les directions pour se rendre à la banque ainsi qu'au bureau de la ville, ce qui attire mon attention. Qu'est-ce qu'elle va bien pouvoir faire au bureau de la ville? Malgré les questions persistantes de mon père, elle fait comme hier, elle dit beaucoup de choses sans rien dire, donc au final elle ne répond pas à aucune question encore une fois. Quand elle a obtenu les renseignements qu'elle a besoin, elle retourne à sa chambre, je ne la revoie pas avant que je parte pour le travail et j'en suis fort heureux. Elle me fait tellement suer, elle est douce, gentille, polie, docile et même charmante avec tout le monde, mais moi je sais qu'elle n'est pas comme ça, je l'ai vue sous son vrai jour et j'attends simplement le jour où elle laissera sortir cette partie d'elle-même. En un peu moins de vingt-quatre heures, elle a réussi à être dans les bonnes grâces de ma mère et avoir la sympathie de mon père.

 Je passe mon avant-midi au centre, le centre pour nous Ranger est comme le commissariat pour les policiers. Plusieurs de mes coéquipiers me posent des questions sur la nouvelle saveur du mois, Bella. Je n'ai rien à leur dire, je ne la connais pas et à vrai dire, je ne me forcerai pas pour la connaître non plus. J'espère qu'elle ne restera pas trop longtemps. Vers une heure en après-midi je reçois un appel d'urgence qui provient de la banque, je saute dans ma jeep de travail et je m'y rends le plus rapidement possible. Je me rends à la banque en quelques minutes, mon frère est déjà sur place et je lui demande ce qui se passe ici. Il dit qu'à l'intérieur se déroule un vol à main armée. Au moment où il termine sa phrase on entend un coup de feu, quelqu'un vient de tirer. Nous demandons des renforts au service de police, qui met que quelques minutes à arriver sur place. Un deuxième coup de feu se fait entendre, mais cette fois-ci, d'une arme différente. Le premier fut tiré par un fusil et le second par un révolver. Nous prenons tous positions, nous attendons les instructions pour avancer et essayer de voir ce qui se passe à l'intérieur. Une femme sort en courant et criant, suivit de plusieurs personnes, même les employés sortent. Le directeur de la banque nous dit qu'il y a toujours deux personnes à l'intérieur, dont le voleur et la personne qui leur a permis de sortir. Un troisième coup de feu est tiré et un cri de douleur se fait entendre, je regarde vers mon frère. La porte vitrée vole en éclat et un homme, ensanglanté, ayant de la difficulté à marcher s'avance vers nous, les bras au-dessus de sa tête, tenant toujours un fusil de chasse.

 

-         AIDEZ-MOI! Hurle-t-il.

 

-         ESPÈCE DE BATARD, RAMÈNE TON GROS CUL ICI. JE N'AI PAS TERMINÉ AVEC TOI. Hurle en retour une femme, la voix me dit quelque chose. L'homme se couche au sol et les policiers se préparent à lui passer les menottes quand la femme sort de la banque, couverte de sang elle aussi. La femme court sur l'homme et commence à le ruer de coup. REDONNE-MOI CE QUE TU M'AS VOLER TROU DE CUL. Elle lui colle son flingue sur la tempe droite. DONNE.

 

 Je cours sur cette femme et je la plaque au sol, elle se débat, elle réussit à s'échapper. Elle se lève et me regarde droit dans les yeux. Pas vrai, ce n'est pas possible, la folle qui menace de tuer le « voleur » n'est nul autre que Bella Swan. Le voleur nous dit où il cache ce qu'elle lui demande, je regarde l'objet en question et je ne peux y croire, elle a menacé un homme avec une arme pour une bague. Elle me l'arrache des mains et ne me remercie même pas. Nathan approche et lui demande ce qui s'est passé et elle raconte son histoire. Moi je m'éloigne et j'entends les gens dire à quel point cette jeune femme est formidable, qu'elle leur à tous permis de sortir sans se faire blesser.

 Nathan décide de prendre en charge le voleur, nous laissant avec la furie. Je m'éloigne rapidement, mais sans courir, de la banque, mais pas assez rapidement car mon chef me dit d'embarquer la femme et de l'emmener au centre pour l'interroger. Je retourne vers Bella, lui exige de me suivre, ce qu'elle fait en marmonnant et bougonnant des choses totalement incompréhensible. Il ne m'a pas fallu longtemps pour me rendre au centre, je veux en finir le plus vite possible. Je lui demande, non, j'exige qu'elle me raconte ce qui s'est passé. Elle me raconte une histoire de coffret et de la découverte d'une bague et que l'espèce d'imbécile qui a essayé de voler la banque a décidé de faire les poches des clients, ainsi que de prendre les bijoux, c'est ainsi qu'il a pris la bague, non la chevalière. À vrai dire je me fous totalement de ce qu'elle me dit, je ne l'écoute que d'une oreille. Peter entre dans mon bureau et  secoue la tête, il demande à Bella de lui raconter son histoire, ce qu'elle fait après avoir soupiré. Après ce qui me semble des heures, Peter me dit qu'il va la reconduire à son camion et que nous avons à parler à son retour. 

 Je n'attends pas le retour de Peter et je me sauve, je vais patrouiller, loin du centre de la ville. Je me rends à un vieux manoir abandonné, celui-là même que mon père, Peter et moi-même avons essayé d'acheter depuis quelques années. Mon père et Peter n'ont jamais voulu l'acheter pour le manoir en lui-même, c'est pour les terres. Les terres du manoir sont les voisines des terres de ma famille, avoir pu en prendre possession, nous aurions pu agrandir notre harde de chevaux. Pour ma part, au départ je voulais l'acheter pour les terres mais aussi pour le manoir, je m'imaginais bien ici avec ma belle Alice. Le manoir est assez grand que j'aurais pu lui faire un atelier dans l'une des pièces, mais Alice n'est plus avec moi. Enfin bref, nous avons voulu acquérir ces terres car nous aurions pu grossir notre harde de chevaux, mais la ville a toujours refusé, disant que malgré que personne n'y habite, les taxes de la ville et de l'état sont payées à chaque année et que même l'électricité et le gaz sont toujours en fonction et payé. Mon père n'a jamais su qui était le propriétaire, renseignement qu'il n'a jamais eu, malgré qu'ils soient un Ranger.

 Mon cellulaire sonne et je sais que c'est mon frère, je ne décroche pas et je retourne au centre, où Peter m'attend, il me donne un regard qui en dit long mais ne dit rien. Je retourne à mon bureau où j'y vois ce qu'a dérobé le voleur à cette « gentille » Bella, elle l'a surement oublié ici en quittant avec mon frère. C'est une chevalière d'homme,  surement celle de son petit ami je me demande quel genre d'homme peut bien être avec ce genre de fille. Je regarde la chevalière attentivement et découvre que c'en est une de policier, pas n'importe quel policier, c'est une chevalière du service de police de Galveston. Je regarde à l'intérieur de l'anneau pour y trouver le nom du policier à qui elle appartient et j'y vois le nom de « Charles Anthony  », je n'arrive pas à lire le reste du nom. Je fais une recherche dans les fichiers et ne découvre personne de ce nom. Le seul que je trouve a quitté la ville. Ce qui est étrange est que la raison de son départ n'est pas indiquée. Ce n'est pas très important, ce qui l'est c'est que je vais pouvoir prouver que la p'tite n'est pas seulement impertinente mais voleuse aussi.

 J'arrive au ranch et je vais rejoindre mes parents et Bella dans la cuisine, je dépose lourdement la chevalière sur le comptoir. Les yeux de Bella s'écarquillent, elle avance sa main pour la prendre, mais je mets la mienne sur la fameuse preuve. Mes parents nous regardent attentivement.

 

-         Où as-tu eu cette chevalière? Demandais-je d'un ton professionnel.

 

-         Elle appartenait à mon père. Me répond-elle sur le même ton.

 

-         À ton père? Questionnais-je, elle hoche de la tête. Tu sais, avec ton métier tu devrais savoir que ce n'est pas bien de mentir. Elle fronce les sourcils. Cette chevalière appartient à un policier. Un policier de Galveston en plus, pas de Forks. Je vois mes parents hausser les sourcils. Un dénommé Charles Anthony... Commençais-je.

 

-         J'ai dû confondre cette chevalière avec celle de mon père que le voleur a pris. Explique-t-elle. Elle s'excuse auprès de mes parents, et sors de la cuisine. Me donnant un coup d'épaule en passant.

 

 Mon père qui est resté muet me frappe derrière la tête et bon Dieu que ça fait mal. Il me dévisage attendant que je cesse de me frotter la tête.

 

-         Il est grand temps que tu retrouves ton sens de l'observation qui fait de toi un excellent Ranger. Si tu ne le retrouve pas rapidement je te fous à la porte et tu iras postuler pour être policier. Me dit-il et il s'en va en claquant la porte.

 

 J'ai demandé à ma mère si elle avait compris ce que mon père a voulu dire et elle ne m'a pas répondu. Les deux jours suivants je n'ai pas beaucoup vu Bella et c'est bien comme ça. Elle commence son travail aujourd'hui et je dois avouer que je suis content, car aujourd'hui c'est moi qui est en congé et je ne me sentais pas à l'aise de passer la journée avec elle. Je vais en profiter pour aller me promener avec mon cheval. Deux heures plus tard, je suis arrivé au bout de notre terre, je décide de me rendre au manoir, juste pour le plaisir. À mon arrivé j'y vois les camions de l'entreprise qui se spécialise en rénovation qui s'active, comme ce sont des gens de la ville, je les connais. Je vais faire un tour à l'intérieur pour m'informer, je veux savoir qui a bien pu acheter cet endroit. Je n'apprends rien sur le propriétaire, tout ce que je sais, c'est que le manoir n'a pas été acheté, le propriétaire est revenu, finalement.

 Au diner, mon père nous demande comment a été notre journée, Bella et ma mère disent que tout c'est bien passé, quand vient mon tour de parler, j'annonce ce que j'ai appris durant la journée, mon père ne dit rien et Bella s'étouffe, ma mère tapote son dos doucement. Elle s'excuse et va à la salle de bain, je continue de parler comme si elle ne m'avait pas interrompue. À son retour, je lui demande si elle a trouvé à se loger, car la semaine est presque terminée, elle dit qu'elle a trouvé. Mon père lui demande ou elle va rester et elle dit que l'appartement qu'elle a loué n'est pas prêts, il reste la peinture à faire et qu'en attendant, elle ira au motel. Ma mère s'offusque et lui dit qu'elle va rester à la maison, Bella veut refuser, mais mon père lui dit que ça ne se fait pas et elle accepte. Ce n'est pas possible, elle va rester ici plus longtemps que prévu, mais qu'est-ce qu'elle a fait à mes parents pour les enrouler autour de son p'tit doigt comme ça.

 Quelques jours après avoir découvert que quelqu'un faisait faire des travaux au manoir, j'ai fait des recherches et j'ai trouvé le nom sur le permis de rénovation et devinez quel nom c'est? Isabella Swan, la p'tite impertinente, impolie et voleuse a réussi, surement avec son argent, à acheter le manoir. Après avoir découvert qu'elle m'avait « volé » la maison que je voulais je la détestais encore plus.

 Il arrive parfois que les policiers et Ranger doivent travailler ensemble, vraiment ensemble et ces journées sont surtout pendant les fins de semaine, car les deux sont souvent en sous-effectif. Je disais donc que si l'un ou l'autre est appelé à se déplacer, il doit aviser son « partenaire », aujourd'hui est une journée comme celle-ci. Je commence ma journée en me disant que comme d'habitude tout serait tranquille. Je reçois un appel du répartiteur d'urgence qui me dit que je dois me rendre à un appartement au cœur de la ville, chicane de couple  et coup échangé. Le répartiteur me dit que mon partenaire est déjà sur les lieux. Je me rends rapidement à l'adresse, putain de merde, mon partenaire du jour est UNE partenaire, et c'est Bella. Elle est déjà à l'intérieur et à commencer l'intervention sans suivre les règles, j'entre à l'intérieur et Bella est debout entre l'homme et la femme, un enfant accroché à sa jambe.

 La femme et l'homme ont des contusions qui commence à apparaître sur leurs visages, donc j'en déduis que les deux se sont frappé mutuellement. Tout le monde crie et je ne comprends rien, je mets deux doigts dans ma bouche et siffle fort, ce qui gèle deux des trois adultes et fait pleurer l'enfant.  Bella se tourne vers moi et me donne un regard meurtrier, je hausse les épaules. Je demande à la femme de me donner sa version, elle me dit que son petit ami a menacé de frapper l'enfant. L'homme la coupe en disant que le gamin n'est pas le sien et qu'il a besoin d'être éduqué comme un homme. À force de poser des questions je comprends que la femme a simplement défendu son fils contre l'homme qui voulait le « corriger ». Je m'approche de l'enfant qui se colle encore plus contre Bella, qui étrangement est resté silencieuse jusqu'à maintenant. Elle pose des questions simples à l'enfant, ce que je trouve totalement ridicule, mais ce dernier répond. Elle ne lui pose aucune question sur ce qui s'est passé, je me retiens pour ne pas lui dire d'aller droit au but. Je décide de poser des questions au gamin qui recommence à pleurer, Bella me donne, encore, un regard meurtrier et console l'enfant. Je lui fais remarquer que je n'ai pas juste ça à faire, elle me dit sur un ton très gentil qu'elle peut terminé seule, que si je suis attendue ailleurs je peux quitter.

 Elle console l'enfant et lui demande qui a téléphoné le 911? L'enfant répond que c'est lui, elle le félicite et lui dit qu'il a fait la bonne chose, je soupire. L'enfant, fier de lui, commence à raconter ce qui s'est passé et plus encore. Il parle de la « farine » que l'ami de sa mère donne à des hommes et femmes et même la nuit et que c'est pour cette raison que tout le monde criait et se « tapait ». Bella serre l'enfant dans ces bras et lui demande s’il aimerait voir sa voiture de police, ce que l'enfant accepte avec joie. Peu de temps après qu'elle soit sortie de l'appartement, une nouvelle équipe fait son apparition avec un mandat pour la fouille de l'appartement. Nous découvrons la « farine » et mettons l'homme et la femme en état d'arrestation pour vente de drogue. La femme nous demande ce que nous allons faire du gamin, je n'ai pas le temps de répondre que Bella lui dit que le père de l'enfant viendra le chercher au commissariat. Je dois avouer qu'elle a fait un bon boulot avec le gamin, mais c'est tout. Quelques jours après l'évènement, l'homme porte plainte contre Bella, il dit qu'elle l'a frappé au visage. Je me fais un plaisir de lui faire remarquer qu'elle devait attendre son partenaire avant d'entrée, à quoi elle répond qu'elle est capable de se débrouiller seule.  

 Un matin j'ai remplacé le sucre par du sel, ce que je ne savais pas, c'est qu'elle ne met pas de sucre dans son café. J'ai versé du poivre à gratter dans ses uniformes, j'ai mis du colorant rouge dans son shampoing, j'ai remplacé son parfum par de la valériane, une odeur particulièrement aimée par les chats. Rien de bien méchant jusqu'au jour où je ne trouvais plus mes bottes, tous mes chapeaux avait disparu, mes chemises de travail ont aussi disparu. Le jus d'orange remplacé par du jus de citron, et la goutte qui a fait « déborder le vase » comme on dit, le verre d'eau que je prends à chaque repas était du vinaigre. C'est ce soir-là, trois semaines après son arrivée que j'ai éclaté.

 

-         Non mais ça va pas dans ta tête? Criais-je. Je n'ai rien dit pour mes bottes, mes chemises, mes chapeaux, le jus d'orange mais là c'est trop. Hurlais-je.

 

-         Dit la personne qui met du poivre à gratter dans mes uniformes, remplacer mon shampoing par du colorant rouge, mettre de la valériane dans ma bouteille de parfum. Énumère-t-elle.

 

-         Et du sel à la place du sucre. Ajoute ma mère.

 

-         C'est quoi ton fou... problème? Exige-t-elle.

 

-         C'est toi mon maudit problème. Tu es impolie, impertinente, voleuse et en plus tu es menteuse. Crachais-je, elle plisse les yeux sans rien dire. Quand je t'ai vue à Seattle, j'ai immédiatement su quel genre de personne tu es et je vais le démontrer à tout le monde. Tout d'abord... Je suis coupé par une frappe à la porte.

 

 Mon père va ouvrir et Bella et moi on continue à se dévisager, papa est vite de retour suivi par nul autre que Carlisle Cullen. Il nous regarde de haut avant d'arrêter son regard sur elle. J'aurais dû me douter qu'elle avait un lien quelconque avec lui. Carlisle salue Bella qui se raidit et serre les dents, est-ce que je me serais trompé sur ses liens avec lui? Carlisle dit qu'il souhaite discuter avec Bella, en privé. Bella le conduit au salon, qui est la pièce d'à côté et elle ne ferme pas la porte entre les deux pièces, d'une certaine façon, elle nous permet d'écouter ce qui va se dire, mais pour quelle raison?

 

-         Comment vas-tu Bella? Demande Carlisle sur un ton doucereux.

 

-         Que voulez-vous? Réplique-t-elle poliment sans être poli.

 

-         Je suis venue te rendre visite. Ok, elle le connait.

 

-         Pourquoi? Je ne vous ai rien demandé. Qui vous a dit que j'étais ici? Crache-t-elle.

 

-         Tu sais... Commence-t-il.

 

-         Nous n'avons pas élevé les cochons ensemble, je vous demande donc de me vouvoyer comme je le fais. Un petit sourire se forme sur mes lèvres, elle m'a dit la même chose.

 

-         Voyons Bella, ne sois pas comme ça. Tu sais un jour tu seras ma belle-fille alors... Un étrange sentiment monte en moi.

 

-         Premièrement, pour vous m'sieux Cullen se sera Isabella, non, Miss Swan. Deuxièmement, je ne serai JAMAIS votre belle-fille.

 

-         Isa...

 

-         Qu'êtes-vous exactement venu faire ici m'sieux Cullen? Exige-t-elle.

 

-         Je suis venu ici par affaire et j'ai pensé venir te saluer. J'ai entendu dire que tu t'es acheté un petit manoir, as-tu besoin d'aide pour quelque chose? Lui offre-t-il.

 

-         Je ne me suis pas acheté un petit manoir. Et si j'ai besoin de quelque chose en ce qui concerne la loi je vais faire appel à mon avocate. Dit-elle sur un ton presque mortel.

 

-         Elle ne sait pas gérer une fortune comme la tienne. Affirme-t-il. Une fortune hein, j'avais peut-être raison au final.

 

-         Que savez-vous de ma fortune? Demande-t-elle exaspéré.

 

-         Je me suis occupé des affaires de ton père pendant des années, je sais donc exactement combien tu vaux. Je me demande « combien elle vaut »?

 

-         Dehors. Sortez d'ici, je ne veux plus jamais vous voir. Dit-elle froidement.

 

-         Tu n'es pas... Mon père se rend au salon.

 

-         Elle a dit dehors Cullen. Ne reviens jamais ici car la prochaine fois je te mets en état d'arrestation. Dit froidement et durement mon père.

 

 Bella est assise au salon, la tête entre les mains, mon père s'assoit dans son fauteuil et ma mère dans le sien. Je prends place sur le même divan qu'elle, mais le plus loin possible. Un silence pesant règne dans la pièce, personne ne sachant comment briser le silence. Mon père se racle la gorge, il lui demande comment elle a rencontré Cullen, ce qu'elle fait. Encore une fois, elle n'entre pas dans les détails, mais elle en dit assez pour que nous comprenions. Ensuite elle explique l'obsession que Edward, Eddy au nez brun comme elle l'appelle, a développé pour elle et que Carlisle s'est mis dans la tête qu'elle sera sa belle-fille. Papa ne pose pas de question sur sa « fortune », mais sur le manoir. Elle soupire.

 

-         Pour commencer, je n'ai pas acheté le manoir. Il était à moi avant même que je vienne habiter ici. QUOI? Elle ferme les yeux. Mes parents ont habité ce manoir avant ma naissance, à la mort de ma mère, mon père a transféré les titres de propriété à mon nom. Donc je n'ai pas acheté le manoir Dwyer.

 

-         Quel sont les noms de tes parents ? Demande ma mère.

 

-         Charlie Swan et Renée Dwyer. Dit-elle tristement.

 

-         Le vrai nom de ton père ? Demande mon père.

 

-         Charles Anthony Swan. Elle baisse la tête, je me sens coupable tout d'un coup de l'avoir traité de voleuse.

 

 Je vais chercher la chevalière et décide de lui remettre, pour la première fois depuis qu'elle est ici, je prends le temps de l'observer étant si près, je dois avouer qu'elle est assez jolie, je dirais même belle. Elle a une cicatrice étrange sur le front et une sur le menton et je vois ce que mon père a voulu dire par mon manque d'observation. Elle porte une chaine à son cou et sur cette chaine il y a deux chevalières, une de policier et une de shérif de Forks, j'avance ma main pour toucher les chevalières mais j'arrête mon mouvement et lui donne ce qui lui revient, la chevalière de Galveston. Elle lui revient, elle a sa place dans cette chaine aux côtés des deux autres. Je remarque aussi le bracelet en cuir tressé qu'elle porte avec un pendentif en forme d'insigne de shérif. La porte d'entrée s'ouvre et ma sœur fait irruption dans le salon avec son petit ami, les deux gèlent sur place en nous voyant, je me demande bien pour pourquoi? La réponse à cette question ne tarde pas à venir.

 

-         Bella? Dit l'homme qui accompagne ma sœur, Bella le regarde longtemps sans sourciller.

 

-         Toi? Dit-elle le pointant du doigt.

 

 

L’amour est la goutte d’eau qui redonne la force,

À une fleur flétrie de se relever !

(Inconnu)

Chapitre douze

Bella

 

 Je serre les dents en regardant les nouveaux arrivants, je les serre tellement fort que je m'en fais mal aux dents. Je regarde Élise serrer sa fille dans ses bras et me présenter à cette dernière, je me lève, la salue poliment en lui tendant la main, qu'elle ne prend pas et ne répond pas à ma salutation. Je m'excuse auprès de Élise et Jackson et je monte à ma chambre, la parfaite excuse déjà préparée au cas où l'un d'eux me poserait des questions, ce qui ne vient pas et j'en suis ravie. Je ferme la porte, la verrouille et décide de téléphoner à la seule personne susceptible de m'écouter me plaindre.

 

-         Agent Black. Réponds mon meilleur ami.

 

-         Agent Black ici l'agent Swan. Souriais-je.

 

-         Bella! La joie s'entend dans sa voix. Comment vas-tu?

 

-         Pas bien Jake, pas bien du tout. Murmurais-je.

 

-         Qu'est-ce qui se passe? J'entends l'inquiétude dans sa voix.

 

-         Je viens de rencontrer la fille d’Élise et son fiancé. Dis-je.

 

-         Et? Demande-t-il pour plus de précisions.

 

-         Jake, tu ne me croiras pas, même moi j'ai de la difficulté à le croire et pourtant je l'ai vue de mes yeux. Je ferme mes yeux et Jake ne dit rien. C'est Miss Blondasse Jake. Rosalie « Blondasse » Hale est la fille de Élise et Jackson et le fiancé c'est...

 

-         Emmett. Crache Jake.

 

-         Lui-même.

 

 Je discute pendant un certain temps avec Jake, il me conseille d'aller vivre au motel en attendant que ma maison soit prête. Je raconte aussi la visite de Carlisle Cullen, j'ai cru entendre Jake gronder, le genre de grondement qui ressemble à celui que ferait un animal sauvage. Il me demande tous les détails, je les lui donne, quand je parle de la partie de « futur belle-fille » il éclate, j'éloigne le téléphone de mon oreille, de peur de devenir sourde temporairement de cette oreille. Je m'imagine dire au shérif Nathan qu'un appelle à mon meilleur ami m'a rendu sourde, un demi-sourire se forme sur mon visage. Je demande à Jake comment va Aro, il me dit qu'il va bien, je suis ravie de l'entendre. Lors de mon arrivée ici, Jake m'a téléphoné pour me dire que Aro c'est fait tirer dessus, ce qui m'a paniqué. Quand l'histoire est finalement sortie, il s'avère que c'est un gosse qui a tiré, il jouait avec l'arme de son père et Aro se trouvait au mauvais endroit au mauvais moment. Il a été atteint à l'épaule. Avec le recul c'est presque drôle, il a des années de carrière derrière lui et il n'a jamais été blessé, il va promener son chien et se fait tirer dessus.

 Jake me donne des nouvelles de tout le monde que je connais, surtout de Nessie, je suis certaine qu'un jour ils vont se marier. Jake me demande si je vais être présente pour Noël, je lui dis que je ne le sais pas encore, je vais m'informer et le lui dire le plus vite possible. J'ai un peu de difficulté à me dire que Noël est dans moins d'un mois, à Forks, la température est maussade et grise, plus que normalement durant cette période, il y a même un peu de neige. Mais ici... le soleil brille à l'année et il n'y a pas de neige. Jake me dit que si je ne vais pas à lui pour les fêtes de fin d'année c'est lui qui viendra à moi et je suis certaine qu'il le fera. Je termine ma conversation avec Jake en me disant qu'il a probablement raison, je dois aller m'installer au motel, ce sera plus simple pour tout le monde.

 Je me réveille un peu avant le lever du soleil, je décide de me lever et d'aller courir dans l'un des sentiers qui parcourent les terres du ranch. Mes écouteurs bien enfoncés dans mes oreilles, je me dirige le plus silencieusement possible dans la maison, je ne veux réveiller personne. À mon retour à la maison je m'aperçois que j'ai couru pendant une heure, je me sens pleine d'énergie et ma mauvaise humeur est restée quelque part dans le sentier. Mais elle me rattrape rapidement quand je vois Rosalie et Jasper dans la cuisine, je ne dis rien, je remonte à ma chambre et me prépare pour ma journée de travail. Je retourne à la cuisine en uniforme, c'est con je sais mais ça me
rend plus confiante. À mon entré je vois Jackson, Peter et Jasper eux aussi habillé pour leur journée de travail, Élise déclare qu'elle est malade aujourd'hui et me donne un clin d'œil, je lui donne un petit sourire de compréhension. Emmett me regarde et me donne un petit sourire, je lui fais un signe de tête.

 

-         Ça te va bien l'uniforme Bella. Me dit-il un peu gêné.

 

-         Et dire que quelqu'un que je connais, non, pensait connaître m'a très fortement recommandé de lâcher l'Académie pour aller étudier en finance et gestion. Lui souris-je.

 

-         Qui a fait ça? Me demande Peter incrédule.

 

-         Personne. Répondis-je.

 

-         Cette personne ne te connais vraiment pas pour t'avoir dit ça. Tu es totalement à ta place dans la police Isaaaabellllllllaaaaa. Ajoute Peter, étirant mon nom et me donnant un coup de poing joueur sur l'épaule.  Emmett baisse les yeux.

 

 Je souhaite une bonne journée à tout le monde et me dirige vers l'extérieur, je sais que quelqu'un me suit, j'entends le bruit de bottes derrière moi. Je me retourne vivement et Jasper s'arrête dans ses pas, je peux vous assurer qu'il ne s'attendait pas à ça. J'attends qu'il dise quelque chose car il n'a aucune raison de me suivre, mais le silence persiste entre nous, je me tourne et recommence à marcher vers la sortie et finalement me rend au commissariat. Première chose que je demande à mon arrivé est d'avoir mon horaire pour la période des fêtes, un des « vieux » me dit que c'est certain que je travaille durant cette période, je lève un sourcil, il me dit que je suis la plus récente donc j'ai le plaisir de travailler durant les fêtes de fin d'année, le quatre juillet, à la Thanksgiving et autres dates comme ça. Je le remercie et regarde la feuille devant moi, il a raison, j'ai trois jours de congé consécutifs, du vingt-sept au vingt-neuf inclusivement. Je vais aviser Jake et peut-être lui offrir à lui, Nessie, Billy et Rachel de venir me voir ces trois jours-là. Je soupire et je me rends à ma voiture de patrouille. Aujourd'hui je me rends à l'école primaire pour parler avec les enfants, le shérif ne m'a pas vraiment laissé le choix, surtout pas après ce qui s'est passé il y a quelques semaines.

 Après ma journée je vais au magasin de meubles, le seul de la ville, je dois meubler le manoir, je ne peux pas garder ceux qui sont dedans. J'achète les quatre électroménagers plus un lave-vaisselle, trois sets de chambres, le mien et les deux autres pour les chambres d'amis. Des bancs pour le comptoir déjeuner dans la cuisine, une grande table pour la salle à manger ainsi que le vaisselier, deux causeuses, deux fauteuils, un sofa pour le salon, trois rocking-chairs pour les chambres à coucher, une bibliothèque pour le salon, ainsi que les appareils électroniques. Une chance que j'ai un bon fond d'argent dans mon compte car je n'aurais jamais pu me procurer tout ça avec mon seul salaire, pas que je n'ai pas un bon salaire, c'est que ça ne fait pas des années que je travaille. Enfin bref, la livraison et l'installation se fera la semaine prochaine, quand les travaux seront terminés.

 Je n'ai pas envie de retourner au ranch, mais je ne peux pas aller n'importe où je suis toujours dans mon uniforme. Pourquoi est-ce que je fais ça? Ah oui, pour faire comme mon père. Une conversation que j'ai eue avec Peter me revient, il y a un endroit où je peux aller, un endroit où je vais pouvoir manger et prendre une bière tranquillement tout en étant en uniforme. Je me rends à La Cavalerie, un petit resto-bar pour les policiers et Ranger et leur famille. Les gens qui y travaillent sont des membres d'un des deux services de l'ordre de la ville ou quelqu'un de leur famille. J'entre dans l'endroit et m'assieds au bar, la serveuse me demande une pièce d'identité, je la lui donne et me demande pourquoi elle a besoin d'une preuve, je suis déjà en uniforme et mon insigne est visible. Je commande finalement mon repas et une bière, à la fin de mon repas, la serveuse commence à sauter sur place et crie « Rosalie », putain de merde, je viens ici pour ne pas la voir et c'est elle qui me court après. Jackson vient me voir et me salue, je lui souris et annonce que je vais entrer, il me donne un signe de tête et soulève le devant de son chapeau. Salutation que beaucoup de Texans font, tout genre et âge confondus. Si je reste dans le coin plus longtemps, je crois que je vais m'en procurer un, ainsi que des bottes, j'aime bien le style.

 J'avise finalement Élise que je vais aller m'installer au motel, ma maison sera prête dans une semaine, elle me demande si c'est la présence de sa fille qui me pousse à partir, je ne connais pas beaucoup Élise mais je peux vous dire qu'elle sait quelque chose, je lui dis que non, elle me donne un regard qui dit qu'elle ne me croit pas, mais ne pose pas plus de question. Élise me demande si je vais être présente pour le diner de ce soir, elle veut faire quelque chose de spéciale pour moi, je la remercie et réponds positivement. Je profite de ma journée de congé pour réarranger mes valises, je mets dans une tout ce que j'aurai besoin pour la semaine, il ne me sert à rien de toutes les avoir dans la chambre que je vais me prendre aujourd'hui, les autres vont rester dans mon camion. Jake m'a confirmé qu'il viendra me rendre visite, il va arriver le vingt-six au soir et repartir le vingt-neuf en après-midi. Billy et Rachel ne viendront pas, mais Paul, Leah, Jared et Kim se joindront à Jake et Nessie, ce qui fait que je vais devoir meubler une nouvelle chambre. Lors du diner la conversation est légère, je discute surtout avec Charlotte qui s'est jointe à nous ainsi que Peter, à vrai dire je n'écoute pas vraiment ce que disent Miss Blondasse et Mammouth, comme l'a appelé Eddy. Je porte une attention particulière quand Miss Blondasse dit qu'elle et Emmett aimeraient acheter un pied-à-terre dans la région car Emmett aimerait ouvrir un McCarthy's Gym dans la ville. 

 

-         J'ai été voir au bureau de la ville et j'ai appris que le vieux manoir a été acheter finalement. Dit-elle, je ne parle pas.

 

-         Pas acheter, le... la propriétaire est revenue. Dit Peter.

 

-         Je me demande si il, elle vendrait? Blondasse me regarde, je serre les dents.

 

-         Pense pas. Répondis-je.

 

-         Nous avons une offre à te faire. Dit-elle, je lève un sourcil. Nous t'offrons cent mille dans l'état qu'il est présentement. Un sourire doux se forme sur mon visage.

 

-         Non. Répondis-je simplement.

 

-         Cinquante mille en argent. Je fronce les sourcils et j'agis comme si j'y pensais.

 

-         Je ne sais pas comment te dire ça, commençais-je. Mon ‘’manoir’’ n'est pas à vendre. Dis-je finalement. Et à vrai dire, même si il l'était, je ne le vendrais pas à toi ou Emmett. Je vois son visage se durcir. Je ne sais pas pour toi, mais je sais qu’Emmett n'est pas solvable. Dis-je. Miss Blondasse se lève rapidement.

 

-         Emmett est solvable, surement plus que toi. Me dit-elle, je vois Mammouth, baisser la tête. Il est propriétaire de trois... Je la coupe.

 

-         Il est propriétaire que d'un seul McCarthy's Gym, celui de Forks et celui du Tennessee ne sont plus à lui, Will m'a cédé les parts d’Emmett. Et vlan dans les dents.

 

-         QUOI? Hurle Emmett et Rosalie en même temps.

 

-         Je t'ai prêté cent mille dollars Emmett pour que tu puisses ouvrir un gym au Tennessee. Tu ne m'as jamais donné le moindre dollar en remboursement. J'ai aussi la preuve que tu t'es fait un chèque de cinquante mille que tu as déposé dans ton compte personnel.

 

 Will m'a proposé d'être copropriétaire avec lui pour rembourser TA dette et j'ai accepté. Donc si tu souhaites ouvrir un McCarthy's Gym ici, tu dois avoir mon approbation en plus de celle de Will et de la banque.

 

 Donc non Emmett n'est pas solvable à mes yeux, j’attends quelques secondes avant de poursuivre. Tu sais Rosalie, c'est une petite ville ici, je sais très bien ce que tu dis à mon sujet, fais simplement attention que je ne donne pas MA version des faits, n'oublie pas que j'ai des témoins. Oh et en passant, il faut te calmer Rosalie, ce n'est pas bon pour le bébé. Terminais-je.

 

 Je me lève, regardent les gens autour de la table et je peux dire que personne ne sait quoi dire. Si un regard pouvait tuer, Jasper me tuerait avec ses yeux. Peter et Charlotte n’ont pas trop l'air surpris. En ce qui concerne Élise et Jackson, je ne sais pas, leur expression n'est pas claire pour moi. Je remercie Élise et Jackson pour leur hospitalité, Charlotte et Peter me raccompagnent à la porte et me souhaite bonne chance, je leur dis que je ne vais pas loin et qu'on va se revoir. Charlotte me dit que si Jackson pense que je dois quitter la ville, il fera en sorte pour que ça se fasse et que Rosalie est la p'tite fille chérie à son papa. Je hoche la tête en réponse et me dirige à mon camion où mes valises sont déjà à l'intérieur. Je prends la route en direction du centre de la ville. Je suis bizarrement soulagée, je commence à fredonner un air qui passe à la radio, je sens que les prochains jours seront mouvementés.

 

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 Jasper

 

 C'est quoi cette merde? La p'tite impertinente est de retour et elle frappe fort, très fort même. Elle a attaqué le fiancé de ma sœur et je peux garantir que toute la famille se ralliera derrière le couple contre elle. Je regarde Emmett la tête entre les mains, Rose qui fulmine, ma mère est estomaquée et mon père, je ne saurais dire, je sais qu'il pense à quelque chose mais quoi? Peter et Charlotte on l'air de se foutre de ce qui vient d'arriver, c'est quoi leur problème? Emmett a l'air de se ressaisir et prend son téléphone, nous le regardons tous mais surtout nous écoutons ce qui va se dire. Rose met le téléphone sur le haut-parleur, elle sait que nous voulons savoir et de toute façon, nous n'avons aucun secret entre nous.

 

-         Bonjour. Dit une voix d'homme.

 

-         Qu'est-ce que tu as fait Will? Demande Emmett en colère.

 

-         De quoi parles-tu? Demande-t-il avec incompréhension.

 

-         Isabella Swan. Dit Emmett.

 

-         Oh! C'est tout ce que dit le fameux Will, le frère d’Emmett.

 

-         Oh quoi? Demande Emmett.

 

-         Écoute Emmett, tu étais en couple avec Bella depuis des mois quand tu as commencé ta relation avec Rose. Ce n'est pas ce que Rose m'a dit. Et qu'as-tu fais? Tu n'as pas laissé Bella, non, tu lui as emprunté de l'argent. Le double de ce que nous avions réellement besoin. En plus de ne pas mettre la totalité de cet emprunt dans l'entreprise, tu en as empoché la moitié pour je ne sais quelle raison. Je fronce les sourcils. Tu as profité d'elle Emmett, tu as profité des sentiments qu'elle avait pour toi. Je pensais que tu avais repris ta vie en main, mais non, tu as continué à jouer avec la pauvre fille. Pauvre fille, elle lui a quand même prêté un bon montant d'argent. Le jour même de sa graduation tu t'es présenté chez les parents avec Rose et vous avez annoncé qu'elle était enceinte et vos fiançailles. Ai-je  besoin de te rappeler LA raison de l'accident que tu as eu ce soir-là? J'aimerais savoir. Ça fait bientôt un an que tu lui as emprunté cet argent et tu ne lui as rien remis. Avant son départ pour le Texas, je lui ai proposé de l'associé avec moi et je lui ai remis un petit montant, elle a accepté sous certaines conditions. Si tu regardais ton courrier tu le saurais. Wow, je ne m'attendais pas à ça. As-tu revu Bella? Demande Will.

 

-         Ouais. Réponds Emmett très mal à l'aise.

 

-         Et? Insiste-t-il.

 

-         Elle ne veut pas me parler. Dit-il.

 

-         Ça te surprend? Penses-y Emmett, elle a découvert que tu la trompais depuis des mois.Des mois!

 

-         Tu lui as dit. Crache Emmett.

 

-         Il fallait bien que quelqu'un lui dise. Will soupire en frustration. Putain Emmett, tu as foncé dans un mur car tu te faisais sucer pendant que tu conduisais.QUOI? En te rendant à sa graduation en plus. Il fallait bien qu'elle le sache. Ok, trop de renseignements, je n'ai pas besoin de savoir que ma sœur fait ce genre de chose.

 

-         Ce n'est pas pour ça que j'appelle. Il a l'air très mal à l'aise et avec raison. Son frère, sans le savoir, vient de dire à toute la belle-famille de son frère que ce dernier se fait sucer par la seule fille de la famille. Je veux savoir si elle est réellement copropriétaire avec toi? Exige-t-il.

 

-         Oui, je lui aie offert de l'être pour les trois gym, mais elle a refusé, elle a dit qu'elle ne pouvait pas te départir de tous tes revenus, surtout que tu vas être père, tu reprends ta place quand elle sera remboursée en totalité et sans intérêts. Explique-t-il, j'avoue que si tout ce que je viens d'entendre est vrai, Bella n'est pas comme je pensais.

 

 Emmett termine sa conversation avec son frère, je regarde Rose qui est très pâle, aussi pâle que les vampires qu'on voit dans les films. Mon père et ma mère ont le visage rouge tandis que Peter et Charlotte se retiennent pour ne pas rire, et moi bien, je ne sais pas. Ce n'est pas ce que Rose m'a conté et je ne sais pas quoi croire, je n'arrive pas à imaginer la raison pour laquelle ma sœur m'aurait menti. Non c'est impossible, peut-être que Bella n'a pas fait tout ce que ma sœur dit qu'elle a fait, mais elle a surement fait quelque chose, Rose ne déteste pas quelqu'un sans raison. Peter éclate finalement de rire, Charlotte qui a un peu plus de retenue que lui, lui fout une claque derrière la tête, ce qui a l'effet surement contraire qu'elle souhaitait, il rit encore plus fort. Ma mère le dévisage, mais même ça ne le fait pas arrêter, quand mon père donne un coup de poing sur la table, Peter se fige et cesse de rire. Rosalie éclate en sanglots et ma mère la prend dans ses bras, Emmett s'approche mais ma sœur le repousse, il nous dit qu'il va faire un tour et nous laisse en famille, il faut dire qu'il n'en fait pas vraiment partie, il est peut-être fiancé avec ma sœur, mais il n'est pas encore marié et à vrai dire, nous ne le connaissons pas. Je l'ai croisé quand j'ai regardé ma sœur sur une immense affiche portant les vêtements qu'Alice a créés mais sans plus. Je regarde les autres membres de ma famille et personne ne sait quoi dire ou même quoi penser.

 

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 Emmett

 

 Je monte dans le SUV que Rosie et moi avons loué à notre arrivé et je roule en direction du centre de la ville, je sais que Bella s'y est loué une chambre et je veux lui parler, elle mérite la vérité, surtout après ce que Jacob m'a dit quand il est venue me voir dans ma chambre à l'hôpital.

 

Flash-Back

 

 Je pensais avoir la paix surtout après que Edward, je crois, soit partie de ma chambre, soulagé que ce n'était pas Jacob, il me fait peur parfois ce gamin. Il est fort comme un ours et je peux vous assurer qu'il a la technique pour le combat. Je sens quelque chose de durs me frapper dans le visage, merde, je suis certain que je vais avoir un œil au beurre noir.

 

-         Bonsoir trou de cul. Me dit une voix que je connais trop bien. Je t'ai avertie que si tu faisais mal à ma sœur j'allais te péter la gueule. Me crache Jacob, il se déplace silencieusement en plus.

 

-         Fais ce que tu veux. Lui murmurais-je.

 

-         Je pensais que tu l'aimais. Il est tellement en colère qu'il en tremble.

 

-         Je... Je... Je l'aime, euh l'aimais bien, dis-je.

 

-         Quoi? Tu l'aimais bien? Tu l'as trompé pendant des mois. Ce n'est pas aimer quelqu'un ça. Tu l'aimais pour le cul et le fric qu'elle a et qu'elle t'a prêté. Elle lui a dit. Et oui trou de cul elle me l'a dit. Il n'y a jamais eu de secret entre elle et moi. J'ai dû penser à voix haute. Oui tu le fais.

 

-         Que veux-tu Jake? Demandais-je finalement.

 

-         Je veux comprendre et ne m'appelle pas Jake, seulement mes amis ont le droit de m'appeler comme ça et tu ne fais pas partie de cette catégorie. Me dit-il les dents serrées.

 

 Je lui dis donc que j'aime les deux femmes, mais que Rosie à quelque chose de plus et que je ne voulais pas faire du mal à Bella. Et quand j'ai décidé de lui dire, elle était dans ses révisions donc j'ai préféré attendre qu'elle soit diplômée. Ok, ce n'est pas totalement vrai mais ce n'est pas totalement un mensonge non plus. Une chose que j'ai oubliée est que Jake est un très bon observateur et il a su lire la demi-vérité dans mes paroles. Il me frappe dans les côtes qui sont déjà très douloureuses. Il me frappe une fois de plus au visage et je dois dire qu'avec la force, il y a mis toute sa puissance.

 

-         Ne t'approche plus jamais d'elle. Ne lui parle plus. Si j'entends que tu essaies je te jure que tu vas le regretter. Il se penche vers moi et me chuchote dans l'oreille. Je connais une tonne de façon de te buter et de faire porter le chapeau à quelqu'un d'autres. Fais ce que je te dis. Si ça se sait il ne pourra jamais être policier. Ne t'en fais pas pour moi, je saurai faire autre chose, mais protéger ma sœur passe avant tout. Ne l'oublie jamais. Je le regarde partir et je me jure de ne jamais aller contre lui et sa volonté.

 

Fin Flash-Back

 

 J'arrive finalement dans le stationnement du motel et j'y vois le camion de Bella, je me stationne et passe une main dans mon visage, me demandant si c'est une bonne idée d'être venue ici. Oui Jake est loin mais je vais retourner à Seattle et il n'y a que quelques heures entre Forks et Seattle. Je m'informe à la réceptionniste et elle me donne le numéro de la chambre, je m'y dirige, comme je lève la main pour frapper mon cellulaire sonne, c'est ma Rosie qui demande à me voir, je fais demi-tour et retourne au ranch Whitlock, je parlerai à Bella une autre fois. Quand je me serai calmé et elle aussi d'ailleurs, car je la connais malgré tout et je peux vous assurer qu'elle bouillait à l'intérieur malgré son apparence calme.

 

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 Extérieur

 

 Au ranch Whitlock, Rosalie pleure sur l'épaule de sa mère, elle ne pleure pas en raison de ce qui a été dit, elle pleure car elle s'est rendu compte que l'homme qu'elle aime n'est pas vraiment celui qu'elle croyait. Car oui Emmett lui a fait croire que la situation était la faute de Bella. Il lui a dit que cette dernière n'a jamais accepté leur rupture et qu'il ne savait plus comment réagir avec elle. Après avoir entendu ce que Will a dit, elle a réalisé qu’Emmett est un homme menteur et profiteur, car il a profité de la naïveté d'une jeune femme qui a subi beaucoup d'épreuve à un âge où normalement on ne pense qu'à faire la fête.

 Peter et Charlotte savaient déjà une partie de la vie de Bella, pas qu'elle leur a raconté quoi que ce soit de plus qu'elle l'a fait avec le reste de la famille, c'est simplement que Peter a un ami qui connait Bella et Peter a voulu en savoir plus sur elle quand elle est arrivé au Texas, plus précisément quand elle est venue s'installer dans la maison familiale. Marcus Volturi lui a dit tout ce qu'il savait, même la façon dont le père de Bella est décédé et sa relation avec un certain Emmett. Marcus en sait beaucoup sur Bella car cette dernière s'est confiée à ses parents qui eux en ont parlé devant leurs enfants. Peter et Charlotte savaient même pour le prêt que Bella a fait à cet Emmett. Quand Rosalie est arrivée avec Emmett, Peter a eu l'intuition que ça allait virer en vinaigre et il ne s'est pas trompé.

 Jackson ne sait pas que penser de toute cette situation. Il ne peut croire que sa petite fille soit impliquée dans une telle affaire ignoble. Jackson ne sait pas quoi faire, il n'a jamais eu aucune raison de douter de la parole de sa fille, mais après avoir entendu ce que le frère du petit ami de sa fille a dit, il ne sait plus quoi croire. Il connait bien sa fille et il devine qu'elle ne connaissait pas la situation réelle. Il est impossible, pour lui, que son bébé soit activement impliqué dans tout ça. Élise est en colère contre Bella, personne n'a le droit de faire pleurer son bébé, sa fille unique, sa fierté. Elle n'a pas vraiment continué les recherches pour trouver un nouveau policier, mais elle se promet de s'y remettre activement, elle sait qu'elle ne pourra jamais travailler avec une personne capable de faire une telle chose à sa petite fille chérie.

 En ce qui concerne Jasper, c'est un peu plus compliqué. Il adore sa sœur et il l'a cru sur parole quand Rosalie lui a dit que Bella a interféré dans son couple avec Emmett, que Bella avait développé une sorte de fixation pour son futur beau-frère. Rosalie lui a dit que Bella n'était pas la fille douce et innocente que tout le monde croit et qu'elle est entourée d'une bande de personnes tout aussi louche qu'elle, Rosalie parle des yeux noircit de Emmett et elle suspecte un des bâtards qui traine avec Bella. Mais à ce moment précis, Jasper se demande jusqu'à quel point sa sœur connaissait la véritable histoire car il ne voit pas pourquoi Will aurait menti, surtout que l'homme ne savait pas que six autres personnes écoutaient la conversation qu'il avait avec son frère.

 La réaction de Emmett quand la « vérité » a éclaté en dit long sur sa culpabilité. Est-ce que Emmett a mérité de se faire noircir les yeux par un ami proche, il se dit que si quelqu'un avait fait ça à une bonne amie, lui aussi aurait fait la même chose. Mais ce qui embête le plus Jasper n'est pas seulement ce qui se passe devant lui, c'est qu'avec le temps il a appris à apprécier Bella l'impertinente. Il ne le dira pas à personne mais il a bien aimé lui jouer des tours et qu'elle se venge. Il aime travailler avec elle, malgré sa brutalité et son ‘’ je m'en fou ‘’ apparent, il a découvert une jeune femme douce et tendre quand la situation le demande.

 Les quelques fois où il a eu la chance de la regarder dans les yeux, il y a vu un peu de joie mais, au-delà de ça, il a vu de la douleur. Il a eu envie de lui enlever cette douleur mais c'est rapidement repris en main, il ne veut pas s'impliquer avec personne, même pas pour être ami. Car par expérience il sait qu'une relation amicale entre homme et femme ne se termine pas bien, vraiment pas bien. Il y a toujours une des deux personnes qui souffrent et il s'est promis de ne plus souffrir. Quand il a découvert que Bella avait récupéré le manoir, ça l'a mis en colère, mais comment en vouloir à une personne qui ne savait pas qu'elle possédait une demeure depuis sa naissance. Jasper soupire, ne sachant plus quoi faire ni quoi penser de tout ça. Si Jasper est honnête avec lui-même, il dirait qu'il commence à avoir quelques sentiments pour Bella, mais il ne veut pas être honnête, même avec lui-même, c'est plus simple de détester une personne que de risquer d'avoir mal.

 Pendant ce temps à Forks, Edward Cullen ne sait plus quoi faire. Son père lui a promis qu'il travaillerait avec Bella, ici à Forks, mais ça ne s'est pas passé comme ça. Le chef en place n'a jamais apprécié Bella, parce qu'elle est très appréciée, respecté et même aimé dans la ville. Le chef ne comprend pas que Bella a vécu toute sa vie dans la ville et que son père était l'homme le plus aimé et le plus respecté dans cette ville et que les drames qui ont fait de Bella ce qu'elle est la rendent plus humaine aux yeux des gens. C'est une ancienne mentalité mais, c'est comme ça ici et qu'il ne pourra jamais remplacer le chef Swan. Donc le chef a été contre l'entente qui a été faite entre les Cullen et lui, en plus de ne pas engager Bella comme policière, il a fait de sa vie un enfer en exigeant toutes sortes de choses les plus farfelues les unes que les autres. Il ne voulait pas qu'elle soit engagée près de SA ville comme il dit, donc elle est partie au Texas, le seul endroit qui a voulu d'elle. Son père pensait que c'était une bonne chose qu'elle ne se trouve pas d'emploi, il disait que de cette façon elle serait plus facile à convaincre que ce n'est pas une vie pour elle et qu'elle serait plus heureuse si elle était avec un homme comme lui. Quand il s'est présenté à la plage, la veille de son départ, il a eu un moment de lucidité, elle ne l'aime pas et ne l'aimera probablement jamais et ça lui a fait mal, très mal. Il s'est donc inscrit sur un site de rencontres pour gens fortunés et il a commencé à discuter avec une jeune femme, qu'il croit, serait une femme parfaite pour lui. Elle travaille mais elle ne met pas sa vie en danger et elle peut même travailler à partir de sa maison, ce qui est un plus pour elle dans le modèle de vie que son père veut absolument pour lui. Elle n'a pas une fortune familiale comme Bella mais elle a gagné son argent par la sueur de son front, ce qui est, à ses yeux plus séduisants que l'argent facile comme lui a eu.

 

 L’oublie et le rire sont mieux,

Que mémoire et tristesse !

(Inconnu)

Chapitre treize

Bella

 

 Il y a deux semaines j'ai emménagé dans ma maison et le temps passe à une vitesse vertigineuse et pour l'instant j'adore. Je profite de chaque temps libre pour décorer, je ne peinture pas, non, c'est déjà fait. Ce que je fais c’est la déco, c'est surtout des photos que j'ai fait agrandir et encadrer, certaines sont des paysages de La Push, d'autres sont de la bande et moi et une en particulier qui orne le haut du foyer dans le salon, une photo de mes parents que j'ai trouvés dans une caisse quelconque. Sur le mur de l'escalier j'ai une panoplie de photos de toutes sortes de moments que j'ai partagée avec mon père, sur certaines Billy et Jake y sont aussi. Mais ce matin je n'ai pas le temps de penser à la décoration de ma maison, je dois me présenter au tribunal de la ville de Houston. Hé oui, le p'tit vendeur de drogue que Jasper et moi avons arrêté il y a de ça plusieurs semaines, m'a formellement accusé de brutalité et aujourd'hui c'est le jour du procès. Aujourd'hui je saurai si je vais être suspendue pour une période indéfinie ou si je garde mon emploi tel qu'il est maintenant. Maria ne peut pas me représenter car c'est une affaire dite interne, c'est donc l'avocat du  service de police de Galveston qui me défendra. Jasper sera appelé à la barre mais comme je suis entré sans lui, il ne pourra pas dire si j'ai frappé le suspect ou non.

 La victime, le suspect que nous avons arrêté, commence son récit en expliquant comment j'ai fait irruption dans sa demeure sans y être invité et sans mandat. Je reste de marbre. Il explique ensuite que pour une raison qui lui est totalement inconnue je l'ai frappé au visage tandis qu'il essayait de me demander la raison pour laquelle j'ai défoncé sa porte. Il ajoute que je lui ai fait des menaces sans qu'il ne fasse rien contre moi. Enfin c'est le résumé de son témoignage. Je reste toujours de marbre, de l'extérieur car en dedans je bous littéralement. Ensuite Jasper fait son entrée, il explique qu'il a reçu un appel qui l'a envoyé à l'adresse de la présumée victime. À son arrivé, j'étais déjà à l'intérieur, un enfant accroché à une de mes jambes et que la présumée victime et sa conjointe du moment se chamaillaient avec moi entre les deux. Les deux personnes avaient des contusions qui commençaient à paraître. Il raconte ensuite le reste de son intervention. Il ne peut pas confirmer ou infirmer les accusations qui sont portées contre moi.

 La femme qui se trouvait là vient témoigner, elle dit que c'est son enfant qui m'a ouvert la porte, que je me suis interposé entre les deux pour qu'ils cessent de ce frappé. Elle ajoute qu'en aucun temps j'ai frappé qui que ce soit. Un témoin surprise fait son apparition juste avant que ce soit mon tour de parler, le foutu voleur qui m'avait volé la chevalière de mon père. Il raconte que je lui ai tiré dessus et frappé à maintes reprises sans raison. J'avale difficilement la bile qui menace de sortir, ce n'est pas possible que quelqu'un croie ce con. L'avocat me représentant fait avouer au voleur les raisons de ma rencontre avec lui et comme ce n'est pas illégale pour un citoyen d'avoir une arme et de s'en servir, du moins ici au Texas, je ne peux être accusé de ça. Ce témoin est refusé pour le procès. Je reste de marbre.

 Je suis appelé à la barre, je ne dis rien, l'avocat fait entendre l'appel fait au 911, nous entendons clairement l'enfant dire que sa maman et son beau-père se frappent. Ensuite le répartiteur lui demande de rester en ligne jusqu'à ce que la police arrive. Je raconte alors comment l'enfant m'a ouvert et c'est collé à moi quand je me suis interposé, j'ai dû repousser la « victime » car il voulait s'en prendre à l'enfant, mais qu'en aucune circonstance je n'ai levé la main sur l'homme. Il y a plusieurs enregistrements qui sont écoutés et je réponds aux questions. Le père du gamin vient dire ce que son fils lui a dit mais je sais que ça n'aura pas beaucoup de poids.  Le juge nous dit qu'il rendra son jugement le lendemain, je retourne donc à la maison en me demandant vraiment ce qui va m'arriver.

 En arrivant chez moi, je pensais me changer les idées en faisant un peu de course, ce qui ne fonctionne pas, j'essaie de choisir des photos pour ajouter sur les murs, ça ne fonctionne pas non plus. Je vais faire un tour à La Cavalerie et je discute avec Peter et Charlotte, ce qui fonctionne pendant un temps, mais pas longtemps. Peter me dis que Rosalie et Emmett partiront un peu après Noël et que malgré ce qui s'est passé, Élise et Jackson ne m'en veulent pas car l'histoire à été mise au grand jour. Il essaie de me convaincre que sa sœur ne savait pas qu’Emmett était encore en couple avec moi et que si elle avait su, elle ne se serait pas impliquée davantage avec lui. Je ne peux pas lui dire que je ne le crois pas et je ne veux pas lui mentir donc je ne dis rien. C'est plus simple de cette façon.

 Je n'ai pas beaucoup dormi durant la nuit, faut croire que je suis plus stressé que je ne le croyais. J'arrive au tribunal et je vais prendre place dans la salle, je reste debout jusqu'à ce que le juge arrive et s'assoit, il se racle la gorge et commence avec son Bla Bla juridique, je ne comprends pas grand-chose, pas que je suis totalement ignorante c'est juste que je veux entendre son verdict et rien d'autre.

 

-         À la lumière des témoignages et des preuves apportées à mon attention, je déclare l'accusé non coupable. Je souffle de soulagement. Je lui conseillerais par contre, d'attendre son partenaire si une situation comme celle-ci se représente. Termine le juge, je le remercie, serre la main de l'avocat et me dirige vers la sortie.

 

 Le shérif s'est déplacé pour le procès, il me serre la main et me dit que demain je fais du bureau, je fronce les sourcils mais ne dis rien, je ne peux quand même pas contredire mon patron. Jasper qui est aussi présent s'avance vers nous et me tend la main, j'hésite pendant un quart de seconde et prends sa main, il me la serre fortement en me félicitant pour ma victoire. Je le remercie et serre sa main le plus fort que je peux, juste pour lui faire ce qu'il me fait, un petit sourire sexy apparait sur ses lèvres, minute, ai-je dit qu'il a un petit sourire sexy? Non ce que je veux dire c'est qu'il me fait un petit sourire suite à mon geste, c'est tout. Nathan pose sa main dans le bas de mon dos, je me raidis, il me dirige vers la sortie, en arrivant à l'extérieur il me souhaite une bonne journée et il me laisse sur le trottoir. Je marche à mon camion le cœur léger en sifflotant un air quelconque, j'arrête brusquement quand je sens quelque chose s'agripper à ma jambe. Je regarde vers le bas et j'y vois le petit garçon, il me fait un énorme sourire, son père n'est pas loin derrière lui. Le gamin me dit qu'il est heureux car son père lui a dit que je vais rester policière. Je le remercie et je lui dis que je suis contente de le revoir, il me dit que maintenant il va toujours vivre avec son père mais qu'il va partir. Je regarde l'homme qui est son père et il me dit qu'il a été transféré dans une ville au Connecticut. Je leur souhaite bonne chance et de faire attention à eux. Je monte dans mon camion, le sourire aux lèvres en me disant que j'ai peut-être fait la différence dans la vie du p'tit garçon.

 En arrivant à la maison je découvre Rosalie « Miss Blondasse » assise dans la balancelle sur la galerie, je plisse les yeux et je marche lentement pour la rejoindre. En arrivant à sa hauteur, elle se lève et me demande si elle peut me parler. Je lui offre d'entrée et elle accepte, avec joie je dirais. Elle regarde les travaux que j'ai faits faire et elle me dit que ça ne ressemble plus à ce qu'elle a dans son souvenir. Je lui donne un petit sourire qui n'atteint pas yeux, je l'invite à passer au salon. Nous nous asseyons l'une en face de l'autre, aucune de nous ne dit quoique se soit. Je décide de prendre les choses en main.

 

-         Que veux-tu Rosalie? Lui demandais-je.

 

-         Je veux... Je suis venu pour... Elle soupire. Je suis venue m'excuser pour la façon dont je t'ai traité à Seattle et depuis que je suis revenu au Texas. Me dit-elle.

 

-         Pourquoi? Demandais-je.

 

-         Je ne savais pas que tu étais avec Emmett. Je lève un sourcil. Il m'a dit que tu étais une « fuck-friend » et que tu n'arrivais pas à décrocher. J'écarquille les yeux.

 

-         Quoi? Je ne sais pas quoi d'autre dire.

 

-         Après ton départ de la maison de mes parents, Emmett a téléphoné Will et il a tout déballé. Même pour le prêt. Elle baisse les yeux.

 

-         Ne te sens pas coupable, tu ne savais pas. Dis-je sans grande conviction.

 

-         Peut-on repartir sur de bonne base? Me demande-t-elle avec espoir.

 

-         Je ne sais pas Rosalie. Lui répondis-je sincèrement.

 

 Elle hoche la tête et se lève, je la reconduis à la porte et la salue une dernière fois et ferme la porte derrière elle. Je ne sais vraiment pas si je dois croire ce qu'elle m'a dit où même si je suis prête à repartir sur de nouvelle base comme elle dit. Je ne fais pas confiance facilement et j'ai eu raison de me méfier jusqu'à présent. Non, je ne suis pas prête à être amie avec Miss Blondasse et non je ne veux pas lui donner une chance de me faire quelque chose une fois de plus. Je secoue la tête pour me changer les idées, je téléphone à La Push pour leur dire que j'ai gagné mon procès, Billy doit se faire un sang d'encre de ne pas avoir de mes nouvelles, il m'a tenue pendant deux heures au téléphone hier, il me donnait des conseils, ces vieux conseils pleins de sagesses.

 

OoOo

Vingt-six décembre

 

 Je viens de terminer ma journée de travail et je ne me change pas et je file en direction de Houston, Jake et les autres arrivent dans une heure trente et j'ai une heure de route à faire, si tout va bien et qu'il n'y a pas trop de trafic. Il me faut une heure quinze pour arriver, je me stationne et fonce dans l'aéroport, j'ai tellement hâte de les revoir que je ne tiens plus en place et je ne voie personne autour de moi. Après ce qui me paraît une éternité je vois finalement trois têtes à cheveux noirs qui dépassent les autres. Dès que je suis certaine que ce sont eux, je cours à leur rencontre et je suis soulevé de terre par nul autre que Jake. Il me fait tourner dans ces bras comme si j'étais un enfant, il me dépose sur mes pieds et embrasse le dessus de ma tête. À peine m'a-t-il lâché que je me fais prendre dans un câlin d'ours par Paul, suivis de Jared qui embrasse mon front. Kim, Leah, Nessie et moi on se fait un câlin de fille, ce qui veut dire qu'on se serre toutes les trois en criant et sautant sur place. Les gars vont chercher les valises et nous les rejoignons. C'est à ce moment-là que je vois la famille Whitlock qui nous fixe, Jacob qui a repéré Emmett se dirige vers lui, maintenant qu'il est devant lui, Jake lui tend la main.

 

-         Emmett. Dit Jake lui tendant la main. Ça fait longtemps. Lui dit-il sur un ton menaçant.

 

-         Ça fait un temps Jacob. Réponds Emmett insistant sur le nom de Jacob, je vois les yeux d’Emmett s’écarquiller.

 

-         Si c'est pas McCarthy. S'exclame Jared en lui donnant un coup de poing joueur sur l'épaule, mais d'après la grimace que Emmett a fait, je peux dire que c'est douloureux.

 

-         Tu n'as rien fait à notre petite sœur n'est-ce pas? Demande Paul d'un ton menaçant.

 

-         Non. C'est tout ce que dit Emmett.

 

 Rosalie dit à Emmett que c'est le temps de partir, Emmett hoche la tête et s'éloigne de nous rapidement. Peter me donne un clin d'œil et je lui présente mes amis. Nous discutons un peu et Peter offre de prendre deux personnes avec lui, car dans mon infinie intelligence je n'ai pas pensé que je n'avais pas assez de place dans mon camion pour tout le monde. Il a été décidé que les trois gars vont embarquer avec Peter et les filles avec moi, Charlotte inclus. Je suis certaine que les gars vont bien s'entendre avec Peter et les filles avec Charlotte. Je remarque Jasper nous regarder et je ne peux pas dire quel est le sentiment que dégagent ses yeux, j'ai la folle impression que c'est un mélange de colère et de jalousie, ce qui est impossible.

 

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Jacob

 

 La route avec Peter s'est bien passée, il nous a demandé de lui parler de Bella, de lui dire les niaiseries qu'elle a faites quand elle était ado. Nous hésitons et il nous dit que c'est pour l'écœurer un peu quand il la croisera, nous lui racontons des petites choses, mais quand Jared raconte comment elle a cassé le nez de Paul, sans en donner les raisons, fut le déclencheur, nous racontons tout ce qui nous est arrivé avec Bella. Quand Peter stationne son camion devant une immense maison rouge ma mâchoire se décroche. Putain de merde, en plus d'être toute une maison, Bella l'a fait peindre de la même couleur que notre maison à La Push. Je descends toujours sous le choc de ce que je vois et je peux vous assurer que Jared et Paul sont stupéfaits eux aussi.  Les filles sont debout la bouche ouverte elle aussi, je rejoins Nessie et passe un bras autour de sa taille. Bella nous regarde souriante et elle nous invite à entrer, nous la suivons en marchant tranquillement, quand Bella ouvre la porte, je gèle sur place.

 Je ne sais pas à quoi je m'attendais, mais surement pas à ça. Le hall d'entrée est blanc, fermé du reste de la maison par une porte vitrée. Bella nous fait avancer dans le salon, putain, son salon est plus grand que la maison de mon père. Enfin bref, le plancher est en bois et d'après la couleur je dirais que c'est du chêne rouge de très haute qualité. Les murs sont blancs, tous les meubles sont noirs et il y a une tonne de photos sur les murs. Les coussins sur les meubles sont blancs. Très Bella finalement. La salle à manger et la cuisine ont un plancher de céramique, le mur qui sépare la cuisine de la salle à manger est en pierre des champs, un autre est un mur fait de vitre et le reste est d'un beige pâle. Il y a quelques photos agrandies de paysages de La Push. La cuisine me fait sourire, je ne sais pas où ni comment elle a été cherché ça, mais elle a été capable de trouver la couleur qu'il y a sur les murs dans la maison de Billy, vieux blanc.

 Bella nous conduit ensuite à l'étage, elle nous dit que chaque chambre à un thème, Nessie et moi allons avoir la chambre « falaise », en entrant j'ai vraiment l'impression d'être sur les falaises de la réserve. Il ne manque que l'odeur de l'océan et le bruit des vagues. Ce que j'aime le plus dans cette chambre, en plus de la salle de bain privé, c'est le miroir au plafond au-dessus du lit. Jared et Kim on la chambre « forêt », tout ce que je peux dire c'est WOW! La forêt où nous avons joué enfant est là, et c'est magnifique. Paul et Leah ont la chambre « plage » et comme les deux autres on a l'impression d'être sur First Beach. Je regarde attentivement et dans une des murales je vois deux loups, un argent et un sable. Je vais voir dans la chambre que prendront Jared et Kim et je découvre deux loups, un brun pâle et l'autre brun chocolat. Je vais dans la chambre que je vais avoir et je découvre un loup brun rouille et un noir. Je fronce les sourcils et demande à Bella ce que cela signifie. Elle me sourit tendrement et me dis que c'est sa façon de nous avoir avec elle. Je ne comprends pas et elle nous explique que c'est sa façon à elle de nous avoir avec elle, elle a toujours aimé nos légendes et à sa façon, elle les a rendus vivante en ajoutant des loups dans les fresques qui sont sur les murs des chambres. Bella nous montre sa chambre, je souris tendrement, sa chambre est la plus sobre, les murs sont violet pâle et la literie est violet foncé, la réplique exacte de sa chambre à Forks. Nous allons tous prendre une douche avant de décider de commander de la pizza pour ce soir, nous discutons de tout et de rien, nous rions énormément, je suis vraiment content de voir que Bella n'a pas vraiment changé malgré l'éloignement. La soirée se termine, je vais me coucher et passer un peu de temps avec ma douce Nessie et profiter du miroir au plafond.

 Je ne sais pas quel heure il est quand je sens quelque chose me secouer, ou essayer de me secouer une épaule, j'ouvre les yeux et je vois Bella, me souriant d'un sourire brillant, elle me demande en chuchotant si je veux aller courir avec elle. Je hoche la tête et elle sort de la chambre, je réussis à me lever sans réveiller Nessie et je vais rejoindre Bella qui est dans la cuisine, elle me dit que nous allons courir dans les sentiers derrière la maison, je lui donne mon plus grand sourire et nous partons. Avant que nous soyons séparés, nous courions en silence, aujourd'hui Bella n'arrête pas de parler, à un tel point qu'elle oublie de bien respirer. Nous retournons à sa maison même si nous n'avons pas fait un long trajet. En arrivant un silence complet nous accueil, ce qui signifie que tout le monde dort encore, il faut dire qu’il est encore très tôt. Bella me parle de chose sans importance, je plisse les yeux et lui dit d'arrêter le babillage et de se rendre au but, elle me demande de l'accompagner, sans en dire plus elle marche vers les escaliers, je la suis sans rien dire. Elle me conduit au grenier, je me demande bien ce qu'elle veut me montrer? Le grenier est une pièce qui fait la taille de la maison et contrairement à un grenier ordinaire celui-ci est vivable, si je peux dire.

 Je regarde attentivement et je découvre que c'est un atelier pour peintre, il y a même une toile sur un chevalet qui n'est pas complète. Les toiles exposées sont pour la plupart des paysages mais celle qui n'est pas terminée est un portrait, et c'est celui d'une très belle femme. Je réalise que c'est probablement sa mère qui est l'artiste et que le portrait est en réalité un autoportrait.

 Nous nous asseyons sur des chaises et Bella me parle des découvertes qu'elle a faites depuis qu'elle est ici. Pour faire un résumé, elle est beaucoup plus riche que nous l'avons toujours pensé. En plus de trouver les titres de propriété de la maison, elle a découvert que sa mère venait d'une famille qui était et est toujours propriétaire d'une compagnie de pétrole. Cette famille a donné un énorme montant d'argent à Renée quand elle a voulu épouser Charlie. Ils étaient contre le fait que leur fille épouse un homme du peuple et ils l'ont payé pour ne plus qu'elle les revoit. Avec une partie de l'argent elle a acheté des actions dans l'entreprise de ses parents sans que ceux-ci ne le sachent. Aujourd'hui ma sœur a 1% des parts de la plus grosse compagnie pétrolière aux États-Unis. Le reste de l'argent a été placé et c'est de cette façon que Charlie a pu faire vivre deux familles.

 Je ne sais pas quoi dire à tout ça, je suis sortie de mes pensées par Bella qui me passe une main devant le visage. Elle me dit que tout ceci ne changera rien entre nous, même si elle est convaincue de ce qu'elle dit, je peux dire que ce n'est pas vrai, les changements ont déjà commencé. Il suffit de regarder sa maison, non son manoir. Elle se lève et marche vers la fenêtre où se situe le chevalet et elle me dit qu'elle serait prête à donner toutes ces possessions et argent si elle pouvait avoir ses parents avec elle. Je me suis peut-être trompé finalement, elle n'a pas tellement changé. Je marche à elle et la serre dans mes bras pour la réconforter.

 Durant la journée Peter nous a tous invités à La Cavalerie, nous avons tous accepté d'y aller. Bella m'a demandé si j'ai ma carte qui indique que je suis policier, c'est alors qu'elle explique que c'est un resto-pub pour les policiers et leurs familles et amis. Je lui dis que je l'ai toujours sur moi, en cas que, ce qui fait que nous serons trois avec nos identifiants pour faire entrer six personnes, ça va être assez facile. Le soir venu nous montons tous dans le camion de Bella, je peux vous dire que si Bella se fait arrêter, elle sera dans le trouble car nous sommes trop nombreux mais c'est le genre de chose que Bella fait.

 En arrivant à l'endroit, Bella soupire fortement, elle me dit de me préparer à prouver que je suis policier.  J'ai l'impression d'avoir déjà vu l'homme à la porte, celui qui va nous demander nos identifiants. Je lui présente mes papiers et il me donne qu'un simple signe de tête. Je lui dis qui m'accompagne, Nessie et Paul, Bella dit que Leah et Kim sont avec elle, l'homme fronce les sourcils mais ne dit rein. Peter arrive et dit que Jared est avec lui. Nous entrons et c'est vraiment super, dans un coin il y a un taureau mécanique et la musique n'est pas trop forte. Nous nous dirigeons vers une table et Bella commande une tournée de bière pour notre table, notre serveuse pour la soirée est Charlotte, la copine de Peter. La soirée se passe bien jusqu'au moment où l'homme de la porte se présente à notre porte et se présente comme étant Jasper Whitlock, j'éclate de rire, ce n'est pas possible, il porte le nom de la ville où se situe le camp militaire, il fronce les sourcils. Je lui dis que Bella m'a raconté les petits tours qu'il lui a fait, il rit un peu et ajoute que Bella c'est venger. Peter présente tout le monde à son frère, quand Jasper enlève son chapeau je me souviens ou je l'ai vue, il était à Seattle et c'est avec lui que Bella a eu une petite prise de bec. Il passe le reste de la soirée avec nous, Bella ne lui porte pas vraiment attention, ce qui ne me surprend pas beaucoup car je sais qu'elle ne l'apprécie pas vraiment. Nous racontons à Peter et Jasper toutes sortes d'histoire sur notre vie sur la réserve, des moments hilarants, à mon avis. J'arrête de rire quand Bella avoue avoir couché avec Quil. Paul et Jared crachent la bière qu'ils avaient dans la bouche et éclate de rire. Kim, Leah et Nessie font un « ewwww » avant de rire elle aussi et moi, je la regarde.

 

-         Bella, tu m'avais promis de ne pas coucher avec un de mes amis. Lui dis-je.

 

-         Je te l'ai promis après avoir baisé avec. Me répond-elle.

 

-         Mais Bell.... Elle éclate de rire, je ne peux pas rester fâché avec elle, pas quand elle rit comme ça. J'embrasse le dessus de sa tête.

 

 La soirée se poursuit et se termine dans la bonne humeur, Jasper nous invite tous à se rendre au ranch familial pour une promenade en chevaux, nous acceptons tous de bon cœur, sauf Bella.

 

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Jasper

 

 Je ne le dirai jamais à personne et j'ai de la difficulté à me l'avouer à moi-même, mais hier soir j'ai entendu le plus beau son du monde, le rire de Isabella Swan. Avant j'avais vu de la tristesse dans ses yeux, hier soir je n'ai vu que du bonheur. J'ai pensé à tort que ce Jacob était le petit ami où avait été un petit ami de Bella mais, j'ai rapidement découvert qu'il y a une complicité entre eux qui me fait penser à celle que j'ai avec mon frère et ma sœur.

 Quand nous avons été reconduire Rose et Emmett à l'aéroport, nous avons tous vu Bella avec ses amis, j'ai eu un sentiment de jalousie quand j'ai vu les trois hommes la serre et l'embrasser, quand Jacob est venue parler à Emmett, mon père s'est raidi, se rappelant que Rose pense que ce dernier a blessé Emmett. Je peux dire que d'après la réaction d’Emmett, il a reçu des menaces de la part des deux autres hommes aussi. Enfin bref, j'ai été surpris d'entendre toutes les histoires sur l'enfance et l'adolescence de Bella, je ne m'imaginais pas qu'elle était ce genre de personne, une personne qui sait s'amuser et faire des mauvais coups. Hier soir j'ai vu une personne totalement différente de celle que j'ai rencontrée et côtoyée à la maison. Je peux vous dire qu'hier soir j'ai vu une personne rayonnante de bonheur et Sainte-Enfer qu'elle était belle.  

 Quand Jacob m'a dit que je devais « manger des croutes » pour piéger Bella sans subir de vengeance, je me demandais ce qu'il voulait dire et il s'est mis à me conter toutes les choses qu'il a fait subir à Bella et la vengeance qu'il a reçue. Paul et Jared m'ont conté des choses et je dois dire que je vais y réfléchir à deux fois avant de faire quelque chose à cette jeune femme. Avant de partir je les ai invités à faire du cheval à la maison, ils ont tous accepté avec joie, sauf Bella.

 Ce matin j'ai avisé mon père et il n'avait pas l'air content, je lui ai un peu raconté ma soirée et il m'a dit que si j'ai réellement vu des étoiles dans les yeux de Bella, il veut en être témoin. C'est le bruit de pneu sur le gravier qui me sort de mes pensées, je me dirige vers l'entrée, mais mon père y est déjà et de plus, il est dehors se présentant à tout le monde. Quand j'arrive à leur hauteur, mon père me donne un simple signe de tête, confirmant que ce que je lui ai dit est vrai. Je les invite à me suivre à l'écurie où mon père est présent, mais comment fait-il pour marcher si vite à son âge? Enfin bref, nous leur montrons les chevaux disponibles pour la randonnée, ils n'ont qu'à choisir. Mon père dit qu'il va rester pour aider à seller les chevaux.

 

-         Ce n'est pas parce qu’on n’en a pas qu'on ne sait pas comment faire. Crache Leah, mon père lui donne un regard par son manque de politesse. Les autres éclatent de rire. Désolé m’sieur Whitlock, c'est juste que tout le monde nous juge nous natif, en se disant que nous sommes tellement pauvres et sans éducation que nous ne savons pas faire une chose aussi simple que de seller un cheval. S'explique-t-elle.

 

-         Tu as étudié en quoi Leah? Lui demande mon père.

 

-         Biologie marine en Californie. Je suis stupéfait.

 

-         Et vous? Demande mon père aux autres.

 

-         Enseignement, dit Kim. Je travaille en construction, dit Paul. J'ai recommencé mes études et je suis en mécanique, dit Jared ce qui fait sourire Bella. Je suis représentante pour une compagnie de cellulaire, dit Nessie. Policier, dit Jacob.

 Mon père les félicite et s'excuse d'avoir jugé sans savoir, il propose donc son aide si quelqu'un en a besoin. Je regarde Bella se diriger vers le fond de l'écurie, la section des mères comme on l'appelle. Une jument sort sa tête et se laisse caresser par Bella et elle demande si elle peut monter celle-là. Mon père les yeux très grands accepte.

 Je prends la tête du petit convoie, je les conduits jusqu'à la limite entre chez Bella et nos terres, cette dernière réalise où nous sommes et continue la randonnée jusque chez elle. En arrivant je vois qu'elle a changé la couleur extérieure, Jacob doit voir mon expression et il me dit que c'est la couleur de sa maison sur la réserve. Elle m'invite à entrer, avec les autres pour un rafraîchissement, j'accepte, curieux de voir les travaux qu'elle a fait faire à l'intérieur. Je suis surpris car malgré son choix de couleur, l'intérieur est chaleureux. Je prends le temps de regarder chaque photo, beaucoup sont de ses amis, celle qui attire mon attention est celle au-dessus de la cheminée, c'est une vieille photo qui représente un couple. D'après la ressemblance je peux assurer que c'est surement les parents de Bella, ce que me confirme Leah. Je ne voulais pas monter à l'étage sans permission, mais c'est plus fort que moi. Je regarde les photos qui  sont exposées, la plus surprenante en est une d'elle et son père en uniforme de shérif, les deux sont souriants. Je ne m'étais pas rendu compte que j'étais suivi et j'ai sursauté quand Paul me dit que cette photo a été prise le matin de la mort de Charlie. Il me dit comment qu'il a fallu plus d'un an à Bella avant même de regarder cette photo. Comme je ne dis rien il me demande si je sais comment son père est mort, je lui dis qu'il fut tué, c'est ce que Bella nous a dit. Il secoue la tête et me dit que Charlie est mort lors d'un cambriolage dans un petit resto de Forks, sous les yeux de Bella, Jake, le père de Jake et les clients. Il doit voir dans mon visage que je ne comprends toujours pas, il soupire.

 

-         Je vais te dire qu'une seule chose, cette photo a été prise le matin du quinzième anniversaire de Bella et c’est la dernière photo qu’elle a de Charlie vivant. Son père n'était plus en service quand il a été tué le soir même. Merde, elle a vu son père mourir.

 

 Avant de partir je regarde Bella caresser la jument, lui donner des morceaux de pommes et la jument réagis au toucher de Bella, pas de façon négative, elle cherche même les caresse, ce qui est très surprenant car cette jument a perdu son petit et depuis elle n'est plus la même. Elle mange à peine et  s'éloigne quand on essaie de la toucher, je vais devoir en glisser un mot à mon père. Nous retournons au ranch et mon père invite tout le monde à manger avec nous, ce qui est accepté par tous, même Bella et ce même si on voit un peu moins de joie que les autres. Ma mère qui n'avait pas reparlée à Bella depuis l'incident avec Rose a été heureuse de la revoir et surtout de rencontrer ses amis. Quand ils sont tous partie ma mère m'a dit qu'elle n'avait jamais vu Bella si rayonnante et mon père ajoute qu'elle est très belle quand elle est heureuse et que le jour où elle sera en amour elle sera magnifique, ce qui provoque un petit pincement dans mon cœur. Pourquoi est-ce que je réagis de la sorte? Je n'aime pas Bella « l'impertinente » Swan.

 

 

La hâte sert surtout à sauver quelques minutes,

Après la perte de plusieurs heures !

(Inconnu)

 Chapitres suivants les tragedies et les bonheurs d'une vie

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Commentaires (1)

1. hp-drago lundi, 26 Janvier 2015

Coucou m'dame
J'adore cette histoire, elle est génial, j'ai hâte de la relire

bisous bisous

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Date de dernière mise à jour : mercredi, 26 Avril 2017